PUBERTÉ
régime débilitant, croissance rapide, onanisme, impressions morales, etc. Par quelque côté qu'ils se rapprochent ou se distinguent, ces étals constitutionnels ou morbides réclament une même médication, également urgente et efficace, à savoir celle qui contribue à modifier la constitution primitive ou acquise, en donnant une nouvelle activité aux fonctions de nutrition, en favorisant les mouvements de composition et de décomposition nécessaires au libre jeu de l'organisme, et finalement en restaurant les forces radicales de l'économie.
Ces données sont communes aux deux sexes. Nous devons y joindre la complication qu'elles présentent, en bien des cas, de dispositions névropalhiques que n'excluent, chez les garçons comme chez les jeunes filles, ni une apparence de constitution forte, ni l'extérieur apathique propre à beaucoup de jeunes lymphatiques. Il faut tenir compte des indications inhérentes à une susceptibilité nerveuse, entraînant presque Constamment l'imminence de sérieux désordres fonctionnels, et commandant la plus grande réserve dans l'administration des agents thermaux ou marins.
Enfin, l'évolution menstruelle prend, dans la crise de la puberté chez les femmes, un rôle éclairé par les découvertes modernes, et sur lequel l'attention des praticiens reste suffisamment fixée. Il n'est pas toujours facile de savoir si l'apparition ou le retard des règles à l'âge nubile tient sous sa dépendance les diathèses morbides concomitantes avec celle époque, telles que la chlorose, la scrofule, le rachitisme ; ou si celles-ci exercent une influence plus ou moins prononcée sur la déclaration formelle de la puberté. Mais en réservant le côté théorique de la question, on peut dire que l'établissement et le retour de la menstruation chez les jeunes filles concordent toujours avec la réparation des forces. A mesure que les actes digestifs reprennent leur type normal, on voit se dissiper les signes d'affaiblissement qu'avait amenés une détérioration antérieure de la constitution, el qui s'annonçaient par de la pâleur, de l'amaigrissement, et un défaut remarquable de résistance aux agents extérieurs. La venue des règles, si elle ne juge pas ces accidents, suivant l'opinion de M. Raciborski (Du rôle de la menstruation, 1 800), du moins Complète sans aucun doute leur guérison.
Les eaux minérales s'offrent en grand nombre pour remédier aux difficultés de la puberté. Parmi elles, en ne considérant que les avantages de la minéralisation effective, c'est la classe des Chlorurées sodiques (voy. ce mot) qui, en raison de sa spécialisation pour la diathèse lymphatique et la scrofule, fournit les indications capitales. Noos citerons à ce propos les stations de Nauheim, Areuznach, Soden, Aix-la-Chapelle) Uriaije, Bourbonne.
l'UDA (LA). 595
Les eaux Sdlfurées (voy. ce mot) viendraieutcn seconde ligne, comme exerçant une aption plutôt sur les fonctions sécrétoires et perspiraloires de la peau et des muqueuses, que sur le principe de la dia thèse elle-même. Néanmoins on trouve dans leur nombre des sources qui ont subi une sorte de dégéNérkscence (Voy. ce mot) etqui, par suite de.ce phénomène s'approprient très convenablement à la condition de névropathie dont nous parlions plus haut : ainsi Suint-Sauveur, Molitg, Lu Preste devront être préférées alors à Luc/ton, Cauterets, Sehinzuach, Aix-en-Savoie qui, dans des circonstances opposées, sont à même de rendre de réels services.
Si les troubles de l'innervation sont portés à un degré qui menacerait de devenir excessif, c'est aux sources Faibles (voy. ce mol) qu'il faut envoyer les jeunes malades {Néris, Plombières, Bains, Bourbon-Lancu Gctstein, Wildbad).
Les eaux ferrugineuses, comme médication interne, peuvent revendiquer une large part pour le traitement des accidents de la puberté (Passy forges, Orezza, Spa, Pyrmont, Sclwalbach). Dans les stations où, comme à Luxeuil, à Spa, le traitement externe et interne est réuni les résultats n'en sont que plus immédiats.
Les bains de mer agissent différemment, en général, selon qu'il s'agit de garçons ou de jeunes filles. Chez les premiers, il n'est pas douteux que les qualités de l'air des côtes, l'exercice, la natation, associés à des immersions graduelles, ne corrigent en très peu de temps de fâcheuses dispositions de langueur. L'accoutumance aux réactions franches et totales les prémunit certainement contre le rappel de cet état et leur imprime un nouvel essor. Les exemples de pareils succès sont nombreux. S'il peut en être ainsi dans certains cas de puberté maladive chez les jeunes filles, il faut bien distinguer les effets du MARIN [TRAITEMENT] (voy. ce mot) comme hygiène et comme médication. C'est ainsi que l'action perturbatrice et congeslive du bain île mer devrait faire redoubler de précautions et de surveillance en présence d'un organisme débilité menacé du molimen menstruel, et que la moindre surexcitation inopportune peut jeter dans un trouble profond.
D'ailleurs qu'il s'agisse de la médication thermale ou du traitement marin, les prescriptions, comme les procédés, doivent se subordonner entièrement à l'appréciation de la situation physiologique et morbide Nous en dirons autant du choix de la localité à déterminer dans le même sens.
PUDA(La) (Espagne, prov. de Barcelone). Plusieurs sources jaillissant d'un terrain tertiaire à proximité du bourg d'Espa rra^uera et que leur odeur hépatique a fait dénommer ainsi.
596 PUENTE VIESCO.
Sulfurée calcique. ïempër. , 29° centigr.
Eau : 44 livres. Eau : un litre.
Grains. Grain.
Chlorure de sodium 383,32 = 0,923
— de magnésium 14,64 = 0,035
— de calcium 3,86 — 0,008
Sulfate de chaux 176,17 = 0,424
Carbonate de chaux 186,36 == 0,429
— de magnésie 28,24 = 0,067
Pouc. cub. Cenl. cub.
Gaz hydrogène sulfuré 21,97 = 26,5
(Moreno, 1845.)
L'origine de ces eaux est rapportée aux effets du tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Elles s'emploient en boisson et en bains, contre les maladies de la peau, vraisemblablement reliées au lymphatisme et à la scrofule. On les recommande encore dans les affections calarrbales des bronches, mais lorsqu'elles présentent une forme passive ou alonique. Il y a un établissement bien installé, ouvert seulement du mois de juillet à la fin de septembre à cause des influences palustres du voisinage. Un hôpital est réservé aux indigents. Station pittoresque, très fréquentée. Les eaux de la Puda se transportent en grande quantité dans la Catalogne.
PUENTE NANSA (Espagne, prov. de Santander).
Sulfureuse. Tempér., 27° centigr.
Établissement de bains récemment installé. Pas d'analyse publiée.
PUENTE VIESGO (Espagne, prov. de Santander). Bourg dans la belle vallée de Toranzo, sur la route de Burgos.
Chlorurée sodique. Tempér., 35° centigr.
Eau : une livre. Eau : un litre.
Grains. Grain.
Chlorure de sodium 7,86 = 0,833
— de magnésium 1,68 = 0,178
— de chaux 1,07 = 0,113
Sulfate de soude 2,02 = 0,214
— de chaux 1,45 = 0,153
— de magnésie 1,08 = 0,114
Acide silicique 0,07 = 0,007
Gaz acide carbonique petite quantité.
Azote quantité indéterminée.
(Herrero et Iniguez.) Ces eaux, très anciennement connues, s'emploient en boisson et en
bains, particulièrement dans les affections rhumatismales. Il y a un établissement assez fréquenté.
PUERTOIX.INO (Espagne, prov. de Ciudad-Real). Près du bourg de ce nom, trois sources de même composition.
Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér. , 17 à 20°centigr.
Eau : une livre de Caslille. Eau : un litre.
Grains. Gram.
Carbonate de chaux 1,70 = 0,180
— de fer 0,45 = 0,047
— de magnésie 5,50 = 0,583
Pouc. cnb. Cent. cub.
Gaz acide carbonique 28,67 = 774,0
(Moreno, 1832.)
Ces eaux sont employées, de très ancienne date, en bains et surtout en boisson, dans les étals dyspeptiques et quelques affections de l'utérus, spécialisation à laquelle on joint les maladies de la peau, sans déterminer leur nature. Il s'en exporte une très grande quantité. Établissement médiocrement installé au milieu d'agréables conditions de résidence.
PUISERENT. Le puisement des eaux minérales s'opère soit pour l'analyse, soit pour l'expédition. Nous avons déjà indiqué à l'article Autorisation (voy. ce mot) les précautions à prendre pour que les eaux minérales destinées aux analyses soient puisées avec toutes les garanties de pureté possible. Nous n'y reviendrons donc pas.
Quant au puisement pour expédition, il est tellement lié à l'opération du transport sur les lieux d'emploi que nous réunirons ici ce qui concerne cette dernière opération.
Le puisement pour expédition s'est jusqu'à présent pratiqué par remplissage de bouteilles ou de cruchons, de 250, 500, 800, 900 et 1000 grammes.
Dans quelques localités on puise encore par immersion du vase dans le bassin de la source. Le plus souvent on use du robinet. A Vichy, sur l'indication de M. J. François, on a pratiqué sur la Grande-Grille le puisement par propulsion à la pompe foulante immergée dans le bassin de la source. L'immersion du vase à remplir dans la source, l'emploi du robinet de remplissage présentent l'inconvénient de produire de l'intumescence dans l'intérieur du vase et de multiplier le contact de l'eau avec l'air qui y est contenu On a, depuis plusieurs années (O. Henry), conseillé l'adaptation d'un tube plongeur en prolongement du bec du robinet de remplissage. Ainsi, le vase se remplit de bas en haut; Fin-
tumescence est réduite et le contact de l'eau et de l'air limité à la section transversale du vase. Le tube plongeur est encore peu employé. D'abord il a été fixe et rigide, en verre on métal étamé. On lui a substitué (O. Henry) le tuyau plongeur en caoutchouc avec lest à son extrémité.
De tous les moyens employés, le plus convenable est sans contredit le puisement à la pompe foulante immergée, ou à piston plongeur déprimé. La pompe refoule l'eau dans une caisse ou cloche hermétique sur le pourtour de laquelle on pique un ou plusieurs robinets de remplissage. On a observé que le puisement sous pression est conservateur de l'eau minérale.
Pour les eaux dites de profondeur, qui ne s'élèvent pas spontanément à la surface, on a imaginé différents appareils de puisement. Ainsi la pompe aspirante, la pompe pneumatique, élèvent Peau dans des vases intermédiaires sur lesquels s'opérerait le puisement (O. Henry, Boulomié). Ces appareils qui exercent une aspiration ne s'appliquent avec avantage que sur les eaux à principes fixes; ils favorisent trop le départ des gaz natifs. Four les eaux de profondeur, mieux est de recourir à la pompe simplement élévatoire et plutôt à la pompe foulante à tige avec cloche, ou réservoir intermédiaire.
Pour les ferrugineuses, les bicarbonatées diverses, pour les sulfureuses, on s'est préoccupé depuis plusieurs années du départ préalable de l'air contenu dans les vases à remplir. On a proposé l'introduction dans ces vases d'un gaz inerte, tel que l'acide carbonique pour les ferrugineuses, pour les bicarbonatées; l'hydrogène ou l'azote, pour les sulfureuses. Les procédés pratiques propres à ce moyen conservateur sont encore en expérimentation.
Au double point de vue de la conservation des eaux et de l'économie dans le puisement et le transport, si importantes l'une et l'autre alors que l'usage des eaux minérales à distance des sources tend à se généraliser et à se diversifier, on a cherché à opérer le puisement non plus en bouteilles et en cruchons, mais en vases de capacité plus considérable.
En 18/r9, pour l'approvisionnement de la buvette d'eau de Labassère, installée à Bagnères, à 1/j kilomètres de la source, MM. J. François et Soubies ont successivement employé les lourds de porcelaine, puis les barriques de merrain de chêne fin, préalablement dégorgé. Le bouchage se fait avec des bondes de caoutchouc. Le robinet de prise est muni d'un tube plongeur.
(,'est surtout avec les vases de capacité (pie le remplacement préalable de l'air qu'ils renferment par un gaz inerte acquiert de l'intérêt, ■W. Porrct a présenté à cet effet un appareil, encore en expérimentation,
au moyen duquel le puisement à la source se ferait en barriques pour transporter l'embouteillage sur les lieux mêmes de l'emploi [Gazette des eaux, t. III, 1860). Reste à savoir si, dans la pratique, le transport en barrique, qui donne de bons résultats pour une faible distance et pour un emploi presque immédiat, comme à Labassère, se comporterait de même dans le transport sur des points éloignés de la source et pendant un temps plus ou moins long. L'expérience prolongée, faite en toutes saisons de l'année, par toutes les conditions météorologiques, peut seule prononcer. On sait en effet que les vases à parois en bois n'ont qu'une imperméabilité relative et qu'ils sont pénétrables par les gaz. Les tourils de verre, de grès, leur seraient supérieurs sous ce rapport.
Depuis l'application de certaines eaux minérales à des bains et douches de vapeur, à l'alimentation de buvettes éloignées de la source, à l'inhalation, à la pulvérisation, aux bains d'eau divisée (hydrofère de M. Mathieu de la Drôme), enfin depuis l'extension si remarquable prise par l'usage des eaux dites de table, le besoin plus pressant d'économie dans le puisement et dans le transport a fait diriger les recherches vers l'usage de vases de capacité propres à conserver l'eau dans son intégrité native et à transporter l'enbouteillage sur les lieux mêmes de l'emploi. C'est dans ce but que MM. Henry ont proposé des vases en tissu imperméable et inattaquable, de forme cylindrique, se fermant à soufflet et se remplissant dans le bassin même de la source par l'écarlement des deux bases du cylindre (voy. Traité d'analyse chimique des. eaux minérales, 1858, p. 205 à 207). Nous ne sachions pas que ce moyen ail encore été mis en pratique. La forme de ces vases, qui serait celle des lanternes chinoises, ne permet pas l'expulsion complète de l'air intérieur. Le remplissage à la source n'y est pas sans difficulté et nécessite des manœuvres spéciales.
Nous regardons comme préférables les outres de caoutchouc purifié que proposent i\IM. Debosque et .1. François, et pour la réussite desquelles ils se sont livrés à de longues et intéressantes recherches. Il fallait arriver à l'imperméabilité la plus complète, à une grande résistance, à une durée soutenue, à une innocuité entière. Si nous sommes bien informés, ces vases se comporteraient déjà avec un succès complet pour plusieurs variétés d'eaux minérales.
Ces vases, en forme d'outre vide, sont entièrement privés d'air. Ils se remplissent par simple gonflement, soit sous la pression au robinet de puisement, soit avec une pompe foulante. Ils se vident par simple compression et par retour à leur forme première à l'état vide. Dès lors, pas le moindre contact île l'air extérieur, pas d'air à expulser préalablement. Ils tendent à réaliser la source transportée i\ dislance. Leur poids est
600 PULLNA.
limité et ne représente pas au delà de 80 à 100 grammes par litre effectifd'eau transportée, alors que dans l'expédition on bouteilles et cruchons ie poids de la bouteille et de la caisse (paille et bois) s'élève jusqu'à 1100 à 1300 grammes pour un litre d'eau expédiée.
Nous faisons des vœux pour la réussite pratique de ce moyen aussi simple qu'ingénieux, que nous croyons appelé à rendre les services les pi us importants à l'usage à dislance des eaux minérales. Ce moyen a en effet pour lui le bon marché. Une outre, arrivée à destination et pourvue de son robinet de puisement, devient une véritable buvette à laquelle, par simple immersion au bâin-marie ou par étuvée dans un courant d'air chaud, on attribue la température d'élection.
On y trouve tout à la fois économie dans la main-d'œuvre à la source, et dans le transport. Dans la main-d'œuvre, car on y supprime de fait la bouteille, le bouchon, le capsulage ou le goudronnage, la caisse et l'emballage, tels qu'ils se pratiquent actuellement pour l'expédition ; dans le transport, car on s'affranchit du port de la bouteille et de la caisse pour y substituer celui d'un vase très léger.
Que l'on admette, pour les grands centres de consommation, un matériel spécial de vases de distribution, faisant retour au magasin central, comme on le pratique depuis longtemps, on supprime de fait la bouteille, le bouchon, l'emballage et la caisse, et l'on réalise une économie notable sur le prix de revient et surtout sur celui de vente.
puits. Quelques sources d'eaux minérales ne peuvent s'élever spontanément jusqu'à la surface du sol et restent aménagées dans des puits. Ce sont les eaux dites de profondeur. Nous avons conseillé pour leur élévation l'usage de la pompe foulante sans aspiration, quand on ne peut en rendre possible et facile le puisement à la main.
On désigne souvent ces sources sous le nom générique de puits, suivi d'un nom propre.
Celte désignation s'est étendue dans le bassin de Vichy à plusieurs sources résultant de sondages. C'est ainsi que l'on dit : Puits Lard y et Puits Larbaud, pour désigner les sources Lardy et Larbaud. Cette désignation paraît provenir, à Vichy du moins, de la dénomination de puits forés donnée aux sondages.
PUITS DE LA POIX [voy. CLERMONT].
pullxa (Etats autrichiens, Bohème). Village à proximité de Sedlilz et de Saidschiilz.
Sulfatée magné sique. Froide.
Il n'y a pas d'établissement thermal. Ces eaux ne sont point usitées sur place : on en fait usage seulement à distance, à litre de médicament purgatif.