SAINT-GERVAIS
qu'elles prennent temporaircmenj. C'est ainsi qu'on voit du soufre se déposer sur les parois des conduits de quelques-unes. Enfin ces eaux renferment en abondance de la glairine, qui n'apparaît pas au sortir de la roche, mais seulement au contact de l'air, et se dépose sous forme de plaques gélatineuses d'un jaune grisâtre, qui sont un mélange de glairine et de soufre (Payen).
Un établissement avec cabinets de bains, appareils de douches et étuves, et suffisamment installé pour recevoir les malades s'élève, à vingt minutes de dislance du village, dans un site alpestre.
Les eaux de Saint-Gervais prises à l'intérieur et à jeun, à la dose de quatre à six verres, bus à un quart d'heure d'intervalle, produisent des effets laxatifs, variables toutefois d'après les impressionnabilités individuelles. La source ferrugineuse est prescrite pour l'indication contraire. Lu général, elles stimulent vivement l'estomac. Leur emploi doit donc être surveillé. M. Payen recommande, dans quelques cas de dyspepsie, d'alterner l'eau minérale avec l'eau très pure et très aérée du torrent voisin. Outre les effets évacuants dont il a élé parlé plus haut, le même observateur assure qu'on obtient une action diurétique très marquée, et l'expulsion des graviers, quand ils existent.
Les bains n'offrent rien de spécial, sinon qu'ils procurent à la peau une souplesse et une onctuosité, que l'on fait dépendre de la présence d'une proportion notable de matière organique dans les eaux de Saint- Gervais. Cette circonstance doit, en effet, être prise en considération eu égard à la spécialisation rapportée à ces thermes. On ne remarque ni sudation, ni phénomènes comparables de loin ou de près à ceux de la poussée, consécutivement aux bains. Toute propriété substitutive semble donc étrangère à l'action de ces eaux par rapport au tégument externe et à ses altérations. Quant aux douches, elles servent d'auxiliaire au traitement hydrominéral de Saint-Gervais, comme partout ailleurs. L'usage de l'éluve y est à peu près abandonné.
Effets dérivatifs d'une part, au moyen de l'eau en boisson; action sédative et topique, de l'autre, dans le bain ; telle paraît pour nous la caractéristique formelle de la cure suivie à Saint-Gervais. SI. Payen (loc. cil.) insiste avec raison sur le double privilège de ces eaux, d'être moins stimulantes que les eaux exclusivement sulfureuses, et moins purgatives que les eaux chlorurées sodiques fortes. Pour peu qu'il s'agisse d'états névropathiques ou de phénomènes d'éréthisme , complications également fréquentes dans la marche et le développement des dermatoses, on trouvera à Saint-Gervais une thérapeutique efficace. Nous ne pensons pas que la minéralisation de ces sources les approprie positivement au traitement de la diathèse elle-même, herpétique ou scrofu-