SAINT-HIPPOLYTE-D'ENVAL
leuse; mais elle peut beaucoup sur le$ manifestations de l'affection cutanée, et souvent il suffit d'une atténuation dans les accidents locaux pour rompre le cercle vicieux de la maladie. C'est là une des nombreuses questions d'opportunité soulevées par la pratique hydrologique. Saint- Gervais, dont la réputation s'étend à propos des maladies de la peau, nous semble mériter une attention particulière au point de vue qui vient d'être signalé.
Pour des motifs analogues, on conseillera les mêmes eaux dans les troubles des fonctions digestives, alors qu'il s'agit de vaincre l'inertie des organes et de combattre une constipation opiniâtre, dépendant d'un état de faiblesse générale. Certains rhumatismes viscéraux, à forme névralgique, ont cédé promptement à Saint-Gervais.
Nous devons mentionner, sur le témoignage de M. le docteur Payen, l'efficacité de ces eaux contre le vers solitaire. Des faits nombreux existent de l'expulsion de l'entozoaire, en tout ou en partie, sous leur influence.
Un air pur, des habitudes d'existence calme, concourent à l'heureuse influence du séjour de Saint-Gervais. On doit toutefois se précaulionner contre l'humidité assez habituelle dans cette région. Aussi les deux mois chauds de l'été sont-ils préférables pour y suivre un traitement.
La découverte des sources de cette station ne remonte pas au delà de 1808. Depuis lors, elles sont fréquentées.
ttAlNT-HlPPOLYTE-D'ENVAL (France, Puy-de-Dôme, arrond. de Riom). Sur la rive droite du ruisseau d'Erabène, dans une belle vallée dite le Bout-dit- Monde.
Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., de 13 à 18° centigr.
Deux sources assez abondantes dont l'une, la plus chaude, est renfermée dans une cabane en maçonnerie. Voici la composition de celle-ci.
Eau : un litre.
Grarn.
Bicarbonate de soude 0,0682
— de magnésie 0,2730
— de chaux 0,7329
Suirate de soude 0,0782
Chlorure de sodium * 0,0900
Acide silicique 0,0550
Matière organique traces
Perte , 0,0530
(NlVKT.)
Les eaux d'Enval, dit M. JNivet, sont très en vogue dans le canton de iliom; on les ordonne aux personnes affectées de chlorose, de dyspepsie*
SAINT-HONOP.K. is:
de gastralgie et de gastrite chronique ; elles conviennent aussi dans les inflammations subaiguës et invétérées de la muqueuse géniio-urinaire.
SAivr-noxoRÉ (France, Nièvre, ai rond, de Château-Chinon). A /i0 kilomètres d'Autnn et à 64 de Nevers, à 13 kilomètres de Paris, ligne de Nevers.
Sulfurée sodique. Altitude: 27*2 mètres. Tempér. 26 à 31° centigr.
Saint-Honoré, situé dans un pays riant et pittoresque, est la seule station thermale sulfureuse du centre de la France.
Les eaux de Saint-Honoré se divisent en deux groupes. Te premier est composé de la source de la Marquise et des anciens Puits-Romains, dont la température aux griffons est de 31". Le second, plus sulfureux, marquant 26°, comprend les sources de la Crevasse et de Y Acacia. Il y a en outre la source de la Grotte, vers l'angle S.-E. de rétablissement.
Les sources, qui donnent un débitde 970,000 litres d'eau minérale par vingt-quatre heures, jaillissent à la limite du porphyre rouge quartzifère et de calcaires et schistes liassiques métamorphiques. Près des anciens puits, un dick de pétrosilex chlorité paraît être la roche congénère de ces eaux.
L'analyse la plus récente des eaux de Saint-Honoré est celle de M. Ossiau Henry, faite avant les travaux de captage des eaux et à l'époque où elles se mélangeaient et recevaient les infiltrations étrangères. Aussi ce travail a-t-il besoin d'être refait pour chacune des sources. M. .Henry a trouvé pour 1000 grammes (1 litre) d'eau de Saint-Honoré prise à l'émergence :
Cent. cub.
Acide sulfhydrique libre 0,70
carbonique libre 1/9 vol.
I indéterminés.
G mm.
Bicarbonate de chaux / n nna
— de magnésie )
— de soude et potasse 0,040
Silicate de potasse ) n „„ ,
— de soude |
— d'alumine 0,023
Sulfure alcalin 0,003
Sulfate de soude -,....;... 0,132
— de chaux 0,032
Chlorure de sodium 0,300
— de potassium évalué 0,005
Iodure alcalin traces
Lithine * . . traces
Oxyde de fer, matière organique 0,007
Manganèse indices
Matière organique I ..... . ,
■ •■,.,. c indéterminées
— glainne rudimeutaire. )
Azote .
Traces d'oxygène.
688 SAilNT-HONORÉ.
M. Henri a en oulre analysé les bulles de gaz qui viennent crever à la source, il les a trouvées ainsi composées:
Acide sulfhydrique fort peu, mais sensible
Acide carbonique j environ j
Azote )
Oxvgène très peu.
Acide carbonique j enyjron ,es 4/„ du yolume d,eau
Azote )
La prédominance des bases sodiques et la très minime proportion des bases terreuses, la présence des silicates en notable quantité, et du sulfate de soude, nous portent à penser que ces eaux sont plutôt sodiques que calciques. L'étude des conferves thermales qui y vivent tend à confirmer encore notre opinion. Il est à désirer qu'une analyse nouvelle vienne éclairer ce sujet.
L'établissement, construit depuis quatre ans seulement sous la direction de \I. François, peut être considéré comme un modèle d'architecture thermale. Il se compose de deux ailes latérales consacrées aux bains et aux douches. Les salles d'inhalation sont placées entre les deux galeries cl sur une place plus reculée. Une buvette de chacune des sources est placée dans la salle médiane. L'installation des douches est très complète ; des appareils de tous les genres permettent d'y faire de l'hydrothérapie froide. Une usine à vapeur est affectée au service des vapeurs et à la caléfaclion de l'eau nécessaire à l'administration des bains et des douches.
L'aménagement des vapeurs se dégageant naturellement des sources constitue la partie la plus intéressante de l'établissement de Saint-Honoré, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, sa spécialité thermale. « La salle d'inhalation de Saint-Honoré, dit M. Allai d, est une grande salle de 8 mètres de longueur sur 9 de largeur, assise sur le réservoir des anciens puits, au milieu de laquelle deux ouvertures en forme de puits de 1"',50 de largeur sur 2 mètres de profondeur reçoivent les jets en cascades des sources. Une roue hydraulique horizontale, à palettes héliçoïdes, tournant sans cesse au fond de chacun de ces puits sous l'impulsion d'un jet continu d'eau sulfureuse venant directement de la source, désulfure l'eau à sa température naturelle en la battant avec l'air, et imprime à la vapeur sulfureuse naissante un courant ascendant jusque dans la salle, 2lx et 27° centigr. On éprouve en entrant dans la salle une sensation d'odeur sulfureuse qui n'a rien de désagréable et une chaleur douce générale. Il n'est pas nécessaire d'y revêtir des vêtements ad hoc; on peut y lire, y écrire, sans autre inconvénient que celui de voir le papier mouillé au bout de quelque temps. L'expectoration, d'abord facilitée, quelquefois même augmentée dans une courte période de légère excitation, ne larde, pas à diminuer et même à se supprimer quelque-