‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 245 sur 310 · SCORBUT · texte numérisé non relu

SCORBUT

frances prolongées. Ils agissent à la manière des procédés hydrolhérapiques, en relevant les forces. Mais il y a à redouter l'exaspération du mal, pour peu qu'il sommeille, et son rappel même, en certains cas. Le traitement marin ne peut donc être que rarement conseillé. miiiwi (Italie, Sicile). Dans le val de Mazzara. Sulfurée calcique. Tempér. , 33°.

Cent. euh.

Acide sulfhydrique 333,7

G ra m .

Acide carbonique 0,252

Carbonate de chaux , . . . 0,275

Chlorure de calcium 1,415

— de sodium 0,084

— de magnésium...., 0,133

(Furitano, 1825.)

Alfio Ferrara qui a également analysé l'eau de cette source, lui attribue une température bien supérieure (62 à 63° centigr.), et plusieurs sels différents de ceux signalés par Furitano; le travail de ce dernier mériterait donc d'être repris.

SCORBUT. On trouve le scorbut inscrit parmi les maladies rangées naguère indistinctement dans le ressort des eaux minérales. Il serait admissible du moins d'opposer l'emploi des eaux ferrugineuses à un état morbide dont l'altération des qualités du sang fait le principal caractère. Les événements militaires des dernières années ont permis d'étudier les effets des eaux sur la cachexie scorbutique. L'un de nous en a fait l'objet d'un mémoire, relatant des observations nombreuses recueillies à l'hôpital thermal de Balaruc, en 1855, sur des malades de l'armée d'Orient (Annales de la Société d'hydrologie médicale, III, 194). Des faits analogues ont été recueillis à Bourbonne, Amélie-les-Bains, Vichy et Guagno. Il résulte de cette expérience que l'action reconstituante de la médication hydrominérale s'exerce aussi efficacement dans la période de dépérissement consécutive au scorbut que dans toute autre cachexie acquise. On remarquera que les stations dans lesquelles on a traité des scorbutiques avec succès appartiennent à des eaux de classes différentes, chlorurées sodiques, sulfurées, bicarbonatées sodiques. Quoique le relevé des guérisons n'ait pas été donné partout de manière à permettre un examen comparatif, il est certain que la thermalité d'une part, la minéralisation de l'autre, y compris les différents modes balnéaires et l'influence des circonstances hygiéniques, ont atteint un but uniforme, celui delà réparation de l'économie, de la disparition des traces de la cachexie, et du retour des forces générales.

SCROFULE. Que l'on regarde la scrofule comme une constitution morbide ou comme l'expression d'un état diailiésique, elle n'en occupe pas moins le premier rang dans le cadre des maladies chroniques. Ses manifestations, ses périodes et ses formes sont distinctes, mais avec une constance de caractères sur lesquels il n'y a pas à se méprendre. Les affections scrofuleuses se compliquent souvent de symptômes appartenant à d'autres maladies ; elles-mêmes peuvent empiéter sur la marche d'accidents qui leur sont étrangers, (le sont là autant de considérations qui, concurremment avec l'examen de l'âge, du sexe, du tempérament, de l'idiosyncrasie, des antécédents, des habitudes du sujet, serviront à déterminer le choix et la direction de la médication hydrominérale.

En premier lieu, les eaux minérales s'adressent-elles directement à l'état général de l'organisme qui représente la scrofule, à ce qu'on entend, d'un avis assez unanime, par diathèse scrofuleuse? Una savante discussion engagée sur cette question à la Société d'hydrologie médicale de Paris, nous semble l'avoir résolue. La thérapeutique des eaux minérales réunit les deux moyens effectifs à opposer aux progrès, on pourrait presque dire les seuls correspondant à la nature de la scrofule, à savoir : les agents hygiéniques d'une part, et de l'autre de véritables médicaments.

Nous n'avons pas à insister sur les effets salutaires des conditions d'aération, de régime, d'exercice, que les scrofuleux sont à même de trouver sur divers points des pays de montagnes ou des côtes. Il a été démontré d'ailleurs qu'on aurait tort d'attribuer à ces circonstances, quelque favorables qu'elles puissent être, pour un certain nombre d'individus, une intervention capitale dans le traitement. Beaucoup de malades appartenant aux classes pauvres et habitant un rayon très rapproché des stations thermales, ne subissent pas, en venant séjourner dans cellesci, de changements appréciables, quant à leur manière d'être et de vivre. On constate néanmoins chez eux autant, sinon plus de beaux résultats, que dans d'autres catégories de scrofuleux. Il faut bien reconnaître que le déplacement ne suffit pas pour modifier une maladie constitutionnelle, et que, si l'on parvient non-seulement à en atténuer ou guérir les manifestations, mais encore à rendre l'économie plus résistante à celle mystérieuse influence qu'elle subit depuis un temps plus ou moins long, c'est qu'une puissante médication a été mise en œuvre et s'exerce avec sûreté.

Les eaux Chlorurées sodiques répondent formellement à l'indication de la scrofule. Leur composition intime, bien plus que les propriétés excitantes et reconstituantes dont elles font preuve en certains cas, leur crée eu quelque sorte une action spéciale. C'est ce qui ressort de l'expé-

rience et des faits pleins d'intérêt qu'a produits la discussion déjà citée {Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, t. V, 62 et suit. ). Nous aurons l'occasion plus loin de mettre ces eaux en parallèle avec celles d'autres classes; mais, sans sortir du point de vue général, il est urgent de bien poser la règle suivante de pratique : toutes les fois qu'il s'agira de remédier à des affections scrofuleuses confirmées et profondes, et par conséquent empreintes du degré le moins contestable de constilutionnalité, c'est aux eaux fortement minéralisées par le chlorure de sodium qu'on devra recourir. La pratique de l'Allemagne nous a devancés à cet égard ; les observations recueillies et poursuivies à Kreuznach, Kissingen, Nauheim, Hombourg , Soden, Wiesbaden, ne laissent aucun doute, depuis longtemps, sur l'appropriation de ces eaux, remarquablement riches en chlorures, au traitement de la scrofule. En France, l'attention des médecins s'est fixée assez tardivement sur les ressources que nous possédons à un titre égal, sinon supérieur, à l'étranger. Balaruc, Bourdonne, Bourbon-l 'Archambault, Niederbronn, LaBourboule, Lamotte, peuvent certainement soutenir la comparaison avec les eaux de la Prusse et du duché de Nassau. Si la moindre proportion de sels qu'elles renferment semble leur assigner une certaine infériorité, il ne faut pas oublier qu'au delà d'une quantité déterminée de principes, et souvent minime, l'organisme n'accuse et ne ressent vraiment plus d'impression de l'agent thérapeutique. Aussi est-il le plus ordinairement difficile déjuger la valeur efficiente des eaux minérales par le chiffre de leur analyse. Ajoutons que, contrairement aux sources allemandes, celles que nous avons signalées parmi les nôtres sont presque toutes thermales à un haut degré, circonstance dont on doit tenir grand compte à certains égards, et que quelques-unes, comme Bourbonne, Bourbon-l' Archambault et Balaruc, sont notablement bromurées, même un peu iod orées. Enfin, il est démontré que l'association des Eaux Mères à l'emploi des eaux salines accroît l'efficacité de la médication vis-à-vis des scrofules, et de même qu'on l'applique à Lave;/, en Suisse, depuis les savantes expérimentations de M. Lebert, à Kreuznach, à Nauheim, et dans beaucoup de stations de la Suisse et des bords du Rhin, l'établissement de Salins, dans le Jura, réalise les mêmes données; au besoin, les marais salants de l'ouest et du midi de la France contribueraient à l'extension d'un moyen qui promet beaucoup [voy. Eaux mères].

Les eaux Sulfureuses ne viennent qu'au second plan dans le traitement de la forme constitutionnelle générale dont nous nous occupons. Il est exact de dire avec Astrié (Thèses de Paris, 1852, p. 162) qu'elles ne guérissent pas directement les scrofules comme les dartres, mais qu'elles modifient heureusement l'ensemble de l'organisme et mettent la maladie

en voie de guérison; Bordeu avait fait la même remarque. Elles agissent alors en vertu de la suractivité qu'elles impriment aux organes et aux fonctions, et par le mouvement réparateur consécutif à leurs effets. Vainement à côté du principe sulfureux, caractéristique de ces eaux, voire même en ayant égard aux sels alcalins qu'elles contiennent, sulfates et bicarbonates sodiques, silicates, chereberait-on l'explication de leur utilité vis-à-vis de la scrofule dans des proportions relativement insignifiantes de chlorures, énoncées par l'analyse chimique, ou dans le peu d'iode propre à la matière organique, glairine ou sulfuraire. La médication par les eaux sulfurées n'est point altérante à vrai dire; et si elle sort de son rôle de méthode excitante et substitutive , c'est sinon exceptionnellement, du moins le plus souvent, d'une manière lente et infiniment moins décisive que par l'emploi bien dirigé des eaux chlorurées sodiques. L'expérience établit de plus en plus cette ligne de démarcation. Sans doute ce n'est pas sans raison que les monographies sur les eaux sulfureuses énumèrent de véritables succès obtenus par elles chez les scrofuleux ; elles ont le seul tort de ne pas préciser la signification de cette application et de ces résultats (Durand-Fardel, Traité thér. des eaux min., 1857). Dans un savant travail sur la thérapeutique hydrominérale des maladies constitutionnelles {Annales de la Soc. d'hydrol. médic., VI, 203 et suiv.), M. le docteur Allard a cherché à combler la lacune de ses devanciers. Jl s'appuie sur l'action élective qu'exercent les eaux sulfureuses par rapport au tégument externe ou interne, et il pose en fait que, si la diathèse scrofuleuse ne doit pas dépasser ces limites, comme cela s'observe chez beaucoup de sujets, il y a déjà un parti très avantageux à tirer d'une pareille propriété. De plus, nous le reconnaissons avec lui, on n'a pas pris en considération suffisante, soit pour approuver soit pour rejeter l'usage des eaux sulfureuses, la période de la scrofule à laquelle elles conviennent. Il y a des divisions à admettre dans l'évolution de cette maladie constitutionnelle. Celles que M. Bazin a établies (Leçons tàéor. et cliniq. sur la scrofule, 1858) nous semblent répondre le mieux aux besoins de notre étude. La première période caractérisée principalement par des affections superficielles tégumentaires, éruptions cutanées et affections catarrhales, trouvera dans l'élément sulfureux sa médication spéciale. M. Allard (loc. cit.) a démontré l'importance de ce point de vue, la confirmation qu'il reçoit des nombreuses observations recueillies près des diverses sources sulfurées, efla confusion qu'on aurait pu éviter en l'adoptant à l'endroit d'une foule d'affections indifféremment traitées comme scrofuleuses ou darlreuses, et qui en dernière analyse représentent une première phase, définitive ou non, de la scrofule. Baréges, Ludion, Cauterets, Schinznach, peuvent être proposées alors, pourvu

que cette période ne prenne pas une marche subaiguë, auquel cas, parmi les eaux sulfurées sodiques ou calciques, ou préférerait Saint-Sauveur, Amélie, Molitg, \Olettc, Saint- Honoré, Enghien, Allevard, Aix (Savoie). M. Allard insiste même pour que ces eaux à minéralisation moins active soient employées toutes les fois que la scrofule initiale s'accompagne d'une tendance inflammatoire. Mais à mesure que la maladie constitutionnelle fait des progrès, et que l'affection tégumentaire ne représente plus qu'un symptôme secondaire, les eaux chlorurées sodiques, bromurées et iodurées, acquièrent une supériorité irrécusable sur la classe des sulfurées.

Ici se placent des eaux d'une nature mixte, celles qui, comme Aix-la- Chapelle en Prusse, Uriage en France, réunissent le double privilège d'être fortement chlorurées et de contenir une proportion de principes sulfureux qui les classe au niveau des sources de sulfuration moyenne, el leur assigne déjà, comme sulfureuses, une activité considérable. Ces eaux constituent en quelque sorte le trait d'union entre les deux ordres de spécialisation que nous venons de passer en revue. Uriage surtout, beaucoup plus riche en chlorures que la première, possédant un caractère sulfureux plus constant, et devant en outre des propriétés assez énergiquement purgatives à la présence d'une quantité importante de sulfates dans sa composition, s'adapte à des indications bien diverses de la scrofule, que ses manifestations à forme maligne soient circonscrites ou étendues, ou qu'elles soient par-dessus tout invétérées. Action topique, médication altérante, ces eaux comprennent en elles une des plus formelles concordances qu'on puisse rencontrer en matière médicale.

Après avoir signalé les eaux minérales spéciales pour le traitement de la scrofule, prise à l'état simple, et esquissé les titres de cette spécialisation, nous devons mentionner celles des autres classes qui peuvent passer pour d'utiles auxiliaires.

Telles sont les eaux iodurées, désignées plutôt relativement à une qualité, subsidiaire qu'à un véritable caractère de classification. Ainsi les eaux sulfurées sodiques, en même temps chargées en bromures et en iodures, de Challes (Savoie) ; celles, chlorurées sodiques, de Wildegg, et les eaux, carbonatées calciques, de Saxon, en Suisse, toutes deux remarquablement iodurées, la seconde surtout, et qu'on a lieu de croire douées de propriétés résolutives. La valeur de ces eaux dans le sens curatif n'a pas encore été suffisamment sanctionnée par l'expérience pour qu'on puisse juger si, par elles-mêmes, elles peuvent enrayer la marche de la scrofule, ou si l'on doit les regarder uniquement comme des adjuvants du traitement thermal.

Les eaux ferrugineuses interviendront dans des circonstances particu-

Hères, lorsque l'anémie compliquera nu suivra la scrofule et qu'il faudra remédier directement à l'appauvrissement du sang (Spa, Pyrmont, Schwalbach, Orezza , Bussang , Passy).

Nous en dirons autant des eaux propres aux états névropathiques (Plombières, Ussat, Schlangenbad) ou à la dyspepsie (Vichy, Ems, Saint-Galmier, Pougucs, Vie-sur -Gère). Mais ce n'est plus de la scrofule proprement dite qu'il peut être question dans l'appropriation de ces eaux, soit sulfatées, soit bicarbonatées, à quelque minéralisation, énergique ou faible, qu'elles appartiennent. Et si dans certaines stations où la pratique balnéaire tient le plus de place (Loèche, Baden, Suisse), on a revendiqué le traitement des scrofuleux, ce ne saurait être qu'en raison des effets généraux obtenus d'immersions prolongées, par manière de révulsion à la surface de la peau. Il n'y a rien en ceci qui doive être assimilé à une cure antidiathésique.

Les bains de mer, au contraire, se rapprochent beaucoup de l'emploi des eaux chlorurées sodiques, et l'on conçoit que la scrofule entre dans leurs attributions. Nous ferons observer seulement que les éléments dont se compose le traitemeut marin sont très complexes, inhalation de l'air des côtes et de la mer, bain froid ou chaud, eau de mer en boisson. L'appréciation de son mode d'action ne peut donc avoir que des points de contact avec ce qui précède. Nous dirons plus : si les bains de mer peuvent produire à eux seuls des modifications notables dans certaines formes de la scrofule, alors que la constitution diathésique n'est pas encore tout à fait déterminée, ou bien qu'il s'agit de relever un organisme épuisé, il reste douteux qu'il en soit de même dans les localisations invétérées et dans les périodes d'entier développement de la maladie. Du moins c'est ce que les observateurs les plus autorisésdans cette question ont déclaré d'un commun accord [voy. t. I, p. 35 et Marin (Traitement)].

Envisagée, ainsi que nous venons de le faire, comme une entité morbide, la scrofule a pu revêtir aux yeux de beaucoup de médecins une forme tantôt éréthique, tantôt torpide, et l'on a tiré de ces circonstances différentes propositions d'indication qui se retrouvent à chaque pas dans les études de médecine thermale. Mais il est à craindre que souvent l'acuité ait été prise pour synonyme d'éréthisme, et la chronicité comme l'indice de l'asthénie. Nous partageons à cet égard les opinions émises par M. Sée (Annales de la Soc. d'hydrol. V, 255). Tous les scrofuleux, suivant lui « quels qu'aient été leurs attributs extérieurs, devien- » nent égaux devant la maladie qui nivelle pour ainsi dire les forces et » les tempéraments plus ou moins rapidement, selon la gravité inhérente » aux diverses manifestations locales. ■> On doit, dans le choix et pour l'application des eaux minérales prendre en sérieuse considération les

différences de constitution et d'organisation apparente ou réelle, propres aux individualités qu'on leur soumet. Celte vue se relie d'une manière intime à celle de la marche de la maladie ; mais les caractères essentiels de la diathèse scrofulcuse n'en subsistent pas moins toujours les mêmes, et les indications que nous avons déjà données leur restent applica* blés, sous quelque aspect qu'ils se présentent.

Il en est de même des symptômes de dyspepsie, d'anémie, et de l'état nerveux, rattachés souvent sous la qualification des scrofules à un ordre distinct d'idées et de vues thérapeutiques et qui n'offrent cependant rien de spécial, ni sous le côté nosologique, ni dans le sens de la cure minérolhermale, telle (pie nous l'enseigne l'observation.

Les seules affections scroi'uleuscs sur lesquelles il importe de fixer l'attention, outre la diathèse, celles qu'où reconnaît faire partie intégrante de l'étude de la scrofule, ce sont les localisations de cette maladie constitutionnelle, à savoir: la scrofule des ganglions, des muqueuses, de la peau, des os et des viscères ; aussi dans le sein de la Société d'hydrologie, ont-elles été l'objet d'un examen particulier. Nous empruntons à cette discussion (toc. cit.) les principaux traits de notre exposé.

Affections ganglionnaires. — Les eaux chlorurées sodiques ont une supériorité marquée, comme médication résolutive, dans le traitement des adénopathies scrofuleuses, et c'est aux sources le plus fortement minéralisées qu'on doit s'adresser (Bourbonne, Bataruc, Bourbon-l' Archarnbault, La Bourboule, Lamotte, Uriage; ISauheim, Kreuznach, Kissingen, Soden). Si les engorgements sont de nature subinflammatoire, ils offrent plus de chances de guérison. M. Hérard a démontré par des faits probants que la matière tuberculeuse elle-même des bubons scrofuleux était susceptible de résolution. L'emploi des eaux mères, l'usage interne des eaux iodo-bromurées {C halles-Saxon, Wildegg), sont autant de compléments du traitement hydrothermal, sur lequel à ce propos nous nous sommes plus longuement expliqué ailleurs [Voy. Ga.nglioa- NAIRES (tumeurs)]. Des observations nombreuses témoignent que près des sources sulfurées, à Enghien, et surtout à Luchon, à Ax, il s'obtient des résultats satisfaisants pour la cure des tumeurs glandulaires, mais la spécialisation des eaux chlorurées sodiques est beaucoup plus déterminée.

Affections de la peau et du tissu cellulaire. — Pour l'école actuelle de l'hôpital Saint-Louis, les affections cutanées dans la scrofule inarquent une phase d'évolution de celte unité pathologique, et cette période ellemême varie dans ses degrés d'intensité comme dans ses progrès (Bazin, Allant, loc. cit.). Mais, suivant la remarque de M. Gerdy (Annales, V, 122), le principe dartreux se joint aux éléments de la diathèse scro-

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frileuse dans un bon nombre de cas, et joue un grand rôle alors dans le

développement des accidents.

Tes eaux sulfureuses exerceront une action élective sur cette forme d'affections, (l'est sur un pareil terrain que leurs applications ont pu prendre faveur par rapport aux scrofulides, mais la distinction des manifestations et de l'état diathésique, sur laquelle nous avons insisté, est ici plus nécessaire que jamais. En effet, les observations confirmatives se multiplient dans la classe des chlorurées sodiques pour appuyer le traitement de la scrofule cutanée, soit qu'elle se montre, comme l'a constaté M. Gerdy à Uriaye, sous la forme de plaques douteuses, où la peau se transforme, sans ulcération et par une destruction interstitielle, en cicatrices ; soit qu'elle se manifeste sous la forme d'ulcérations superficielles, succédant aux lésions élémentaires des éruptions pustuleuses ; soit qu'elle se développe sous la forme d'un engorgement de la peau et du tissu cellulaire sous-jacent: soit qu'elle se présente sous la forme d'abcès de l'épaisseur du derme.

Le lupus, rangé par M. Bazin (Leçons théor. et eliniq. sur la scrofule, 1858\ au nombre des scrofulides malignes, et comme essentiellement caractérisé par le tubercule (ibro-plastique, résiste avec une ténacité opiniâtre à l'action des eaux minérales, comme à toute autre médication. Néanmoins cette affection, malgré sa marche lente, sa durée fort longue, et le caractère phagédénique qu'elle prend souvent, n'est pas complètement réfractaire à un traitement basé sur des propriétés altérantes, à la condition d'apporter à ce traitement le temps et la persévérance convenables, précepte qui concerne la cure des scrofules plus encore peut-être que celle d'autres états constitutionnels. On voit;l'exlension du lupus s'arrêter, ses symptômes se modifier et s'améliorer notablement, et il y a des exemples assez nombreux de guérisons obtenues même dans des cas désespérés. Bien entendu, la médication topique prescrite dans les formes malignes de la scrofule s'associe très bien à l'emploi des eaux.

Quant aux collections purulentes, étendues ou non, avec la forme d'engorgements froids, leur résorption complète s'observe rarement. Si la suppuration est établie, l'excitation générale communiquée à l'organisme et la suractivité imprimée localement aux tissus malades peuvent avoir pour effet d'amener les parties lésées à un degré de phlogose suffisant pour bâter l'évacuation du pus et favoriser une prompte guérison. M. Gerdy, qui a traité ce point de la question avec soin (Annales, loc. cit.), est d'avis qu'il faut laisser au traitement thermal son entière intervention et ne pas se hâter d'ouvrir les abcès scrofuleux. Lorsque ceuxci étaient ouverts, qu'il existait des clapiers, des décollements assez

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étendus, des amincissements de !a peau, il a constaté une influence moins directe de la médication, mais dérivant en ces circonstances des effets réparateurs obtenus dans l'état constitutionnel.

Affrétions des muqueuses. — Ce qui s'entend de la peau, en fait de scrofules, se retrouve d'une manière très analogue dans les afl'cctionsdes muqueuses; flux muqueux, muco-séreux ou muco-purulenls des fosses nasales et du sac lacrymal, du conduit auditif externe, des bronches, de la vulve, du vagin et de l'utérus, des intestins; éruptions vésiculeuses et pustuleust s de la pituitaii e, de la conjonctive et du bord des paupières, de la mufpieuse vulvo-vaginale, etp. ; hypertrophies des amygdales, avec ou sans propagation de l'état fluxionnaire à la trompe d'Eustache et altération de l'ouïe. Ces diverses affections empruntent à leur date et aux circonstances individuelles, autant qu'à la diathèse qui les prédomine, une résistance plus ou moins prononcée d'après laquelle la pratique se formule, et nous ne pourrions que retomber dans des redites à cet égard. Nous insisterons seulement sur les succès que fournit l'ophthalmie sciofuleuse, d'une manière particulière, chez (es enfants soumis à l'influence des eaux chlorurées sodiques (Nauheim, Kreuznach, Uriage). L'engorgement chronique des amygdales et la surdité qui raccompagne fréquemment sont plus difficiles à faire disparaître. L'ozèue offre également une opiniâtreté que la prolongation et ia répétition du traitement pourraient seules surmonter. Ce que nous avons dit de la part que prennent les eaux sulfureuses à la cure des scrofules s'approprie aux catarrhes bronchiques, liés à cette même disthèse, mais ne dépassant pas ses premières périodes. Plus lard, les progrès de l'affection générale réclament la médication spéciale. Il en est de même pour toutes les altérations de muqueuses du même ordre, et dans tous les cas c'est la maladie constitution!!. Ile qu'il importe d'atteindre par les agents dont on dispose.

Affections osseuses. — Les eaux minérales, comme on l'a déjà vu, exercent dans la scrofule une action à la fois reconstituante de l'état général et modificatrice des lésions locales. Qu'elles ne semblent pas, ainsi qu'il a été objecté, porter une influence directe sur ces dernières, là n'est pas le vrai côté de la question. C'est dans la combinaison d'une thérapeutique altérante d'une part, et excitante ou substitutive de l'autre, que réside leur raison d'emploi et de réussite. On trouvera dans la discussion, souvent invoquée par nous sur ces sujets complexes, la relation de faits et de preuves à l'appui des ressources qu'offrent diverses stations thermales, aussi bien que les bains de mer, pour le traitement de la scrofule des os. M. Gerdy (Annales, loc. cit.), a montré comment fa périostite strumeuse, qu'elle soit à la période d'engorgement ou à la période de suppuration, se guérit en général très bien par des eaux réellement nié-

dicamenlcuses. Il en est do môme pour i'ostéile siégeant clans le tissu spongieux des os longs ou des os courts, ou pour celle de la diaphyse. La guérison est surtout en pareil cas une question de temps et de soins, pourvu qu'aucune complication do lésions locales ou générales ne rende tout secours impuissant. Le mal de Pott ne fait pas exception. Un traitement thermal convenable et de suffisante durée rend d'incontestables services dans les maladies du système osseux, dont nous ne séparons pas celles désarticulations. Ce traitement, indépendamment des indications précédentes, comporte d'ailleurs des remarques conditionnelles [voy. Carie, Nécrose, Mal vertébçal de Pott].

Affections des viscères. — Les affections abdominales et thoraciques, engorgements viscéraux, altérations tuberculeuses ou simples congestions temporaires qui se rattachent à la marche de la scrofule, rentrent dans l'ensemble des considérations auxquelles la diathèse peut prêter.

L'état scrofuleux lui-même figure fréquemment comme complication de diverses dyscrasies ou d'états morbides qui ne semblent avoir qu'un rapport éloigné avec lui, et auxquels il imprime néanmoins certains traits qu'on ne saurait négliger dans la direction du traitement. Nous nous en référons sur ce sujet à ce que la plus haute expression de la maladie constitutionnelle nous a fourni d'indications.

Enfin, on ne saurait douter (pie la scrofule, à son début ou à une période peu avancée, représente comme une exagération du lymphalisme. Les eaux minérales et le traitement marin apportent à ce degré des moyens de prophylaxie que l'expérience justifie sur une notable échelle. C'est surtout chez les enfants et les pubères qu'il devient utile d'en disposer, en vue de prévenir ou d'arrêter, à l'aide de puissants modificateurs, le développement des manifestations encore peu actives. C'est aussi à ces époques de la vie que la constitution subit des changements salutaires, auxquels la thérapeutique hydrominérale communique un mouvement énergique.

Les modes du traitement se conformeront aux conditions variées des scrofuleux. Il est nécessaire d'y apporter parfois des ménagements et une sage méthode, en harmonie avec la nature des lésions, l'âge, l'impressionnabilité et la force de résistance du sujet. L'appropriation des procédés balnéaires conserve alors une importance réelle et à laquelle on ne saurait trop s'attacher, non-seulement pour arriver au butcuralif, mais encore pour s'expliquer comment des sources d'une minéralisation relativement faibles ont pu enregistrer des succès dus en grande partie au mode d'emploi de ces eaux et aux circonstances adjuvantes. L'hydrothérapie témoigne dans ses résultats à l'endroit de la scrofule de ce que l'on peut obtenir par des moyens perturbateurs et révulsifs bien a ppliqués.

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