‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 273 sur 310 · NUAGE · texte numérisé non relu

NUAGE

rivière dTrbanya, et dans l'inléricur de la montagne à 2 kilomètres de distance, deux sources ferrugineuses bicarbonatées, froides, dont on ne connaît ni la constitution ni l'utilité.

urbekoaua de ALZOiLA (Espagne, prov. de Guipuzcoa). Plusieurs sources réunies en un seul réservoir et donnant un volume considérable d'eau.

Bicarbonatée calcique. Tempér., 31° cenligr.

Eau : une livre de Castilîe. Eau: un litre.

Grains. Grain.

Carbonate de chaux 1,31 = 0,1 38

Chlorure de sodium 0,68 = 0,072

— de magnésium 0,06 = 0,006

— do calcium 0,09 = 0,009

Sulfate de chaux ' 0,16 = 0,016

— de soude 0,15 = 0,015

Acide filicique 0,03 = 0,003

Matière organique quant, indét. quant, indét.

2,48 = 0,259 (Moreno et Lletget.)

On emploie ces eaux en boisson et en bains, dans les affections de l'appareil urinaire, calarrbales ou calculeuses, dans celles de l'utérus et de s!js annexes, et comme sédatives, dans beaucoup d'étals névropalhiques, dyspepsie, gastralgie, rbumatalgie, etc. On leur associe l'usage de sources ferrugineuses très voisines.

Il y a un établissement de date assez récente, avec piscine et bains privés, et dont l'installation est bonne.

UtÉ'l'IlRH'I'E Vov. BLENNORRHÉE.

1 KlM.i: (France, isère, arrond. de Grenoble). A 12 kilomètres de Grenoble et 633 de Paris, dans une jolie vallée, au pied de la chaîne des Alpes dauphinoises. Altitude: L\l'i mètres. Chemins de fer de Paris à la .Méditerranée et du Dauphiné.

Chlorurée sodique sulfureuse. Tempér., 26 à 27° centigr.

Eau : un litre.

Grain.

Carbonate de chaux ) 0 ;>0510

— de magnésie j

Sulfate de chaux 1,80454

— de magnésie 2,56665

— de soude 2,29911

Chlorure de sodium ",23617

Iodure de calcium 0,00038

Arsenic quant, indét.

Acide sulfhydrique libre 0,01597

Azo,c | quant, indeï.

Acide carbonique )

14,12792 (V. Gerdy.)

Pour des motifs que nous avons développés ailleurs [voy. Classification], ces eaux, que signale une minéralisation très effective, nous semblent devoir èire rangées parmi les eaux Chlorurées sodiques. Dans cette catégorie, elles occupent une place capitale eu égard à la proportion de principes fixes qui les distingue, et sans préjudice de l'élément sulfureux auquel elles empruntent des propriétés très formelles dans la pratique, sinon une signification rigoureuse pour leur classement. On remarquera, de plus, que le caractère pour ainsi dire mixte de la source d'Uriage lui appartient en propre parmi les eaux minérales françaises, et qu'à l'étranger, Aix-la-Chapelle, avec une composition de beaucoup inférieure et différant sous plusieurs rapports, peut seule prétendre à lui être comparée.

Cette source émerge, limpide et laissant dégager de nombreuses bulles de gaz, à l'extrémité d'une galerie souterraine de 300 mètres qu'on a pratiquée par suite de très remarquables travaux dans un sol extrêmement mobile, et dont le fond s'appuie au rocher (lias, étage des bélemnites). Elle se trouble au contact de l'air, par la décomposition du gaz hydrogène sulfuré, le soufre se séparant, restant en suspension dans l'eau, et donnant à celle-ci une teinte opaline fort prononcée. L'odeur hépatique est manifeste; la saveur accuse une amertume en rapport avec les sels neutres qu'indique l'analyse. Enfin, on recueille dans les réservoirs où ces eaux séjournent une boue blanchâtre ou grisâtre, constituée en majeure partie par du soufre hydraté et des carbonates terreux.

Il y a en outre à Uriage des sources ferrugineuses, que M. Gerdy a cru devoir, d'après des recherches spéciales, considérer comme crénatées [voy. Crénates]. L'une d'elles, très rapprochée de l'établissement, est avantageusement employée en boisson.

L'établissement thermal d'Uriage proprement dit, comprend : 100 cabinets de bains, 10 cabinets de douches générales et locales de toute sorte, indépendamment d'appareils à douches en injection et à douches faciales, dont sont munis huit cabinets de bains; 2 cabinets de bains et douches de vapeur; 2 salles de respiration, l'une pour l'eau minérale pulvérisée ei le gaz sulfuré, l'autre pour le gaz et pour l'eau en vapeur. Les indigents reçoivent leur traitement gratuit dans 12 cabinets de bains et 2 cabinets de douches, séparés des autres services. On a disposé six cabinets de bains pour la cure du petit-lait.

C'est au sortir de la galerie de captage que l'eau est distribuée pour ses diverses destinations. Mais sa température étant insuffisante pour la plupart des modes d'emploi, on l'élève à l'aide d'un procédé fort simple. Une lentille de fonte, dont la cavité est en communication avec un courant de vapeur chaude, occupe le fond de vastes cuves de pierre de taille

qu'on remplit d'eau minérale. Celle-ci s'échauffe par contiguïté, sans altération notable dans sa composition.

L'eau d'Uriage s'administre sous toutes les formes. Bue à jeun, à la dose de U ou 6 verres, convenablement espacés, lorsque aucune contreindication ne s'oppose à son usage interne, elle est assez fortement purgative et détermine des évacuations faciles et abondantes. A dose plus faible, pure ou mélangée, elle stimule l'appétit, accroît les fonctions nutritives, et exerce une action altérante. A l'extérieur, en bains et en douches, sans parler des effets dus à la température du liquide et au mode d'application, elle exerce une double influence topique et générale, modificatrice de l'état de la peau, d'une part, en vertu de ses éléments salins et du soufre qu'elle dépose, reconstituante et tonique, de l'autre, à la manière des eaux le plus fortement minéralisées. La pratique complémentaire des frictions et du massage s'ajoute à celle des douches, pendant toute leur durée, et étend leurs résultats. L'organisation récente des salles d'inhalation ouvre la voie à un nouvel ordre d'applications thérapeutiques. Au moyen des bains de petit-lait, on peut toujours intervenir par une médication sédative dans les diverses circonstances du traitement.

Ce que nous avons dit du point de vue chimique s'entendra encore de la spécialisation des eaux d'Uriage. Elle se déduit de leur minéralisation à deux prédominances, embrassant, d'une manière générale, le lymphatisme et les affections de la peau.

On ne saurait douter qu'une eau qui contient, par litre, la somme de \k grammes de sels, au nombre desquels le chlorure de sodium entre pour un peu plus de la moitié, ne constitue un médicament énergique dont il est possible de multiplier l'efficacité par les procédés d'administration. Et comme cela a déjà été démontré dans les divers articles relatifs à cette question, les eaux ainsi minéralisées s'adressent très particulièrement aux états morbides à racine lymphatique. La scrofule, avec toutes ses manifestations, se retrouve en tète des meilleurs résultats d'Uriage. Qu'elle soit représentée par une disposition constitutionnelle, ou qu'elle occupe, simultanément ou par localisation, ses divers sièges habituels, l'enveloppe cutanée, les muqueuses, les ganglions, le tissu osseux ou les articulations, elle se modifie fréquemment de !a manière la plus heureuse, à la condition d'un traitement suffisamment prolongé et répété avec autant de persistance que le réclament les progrès de cette diathèse. M. Gerdy {Etudes sur les eaux minérales d'Uriage, 1849) a cité des faits décisifs de guérisons obtenues dans les circonstances en apparence les plus graves.

C'est surtout chez les enfants et les adolescents qu'on recueille des

observations de grande valeur à Uriage. Les uns présentent cette faiblesse, native ou acquise, défaut de développement ou conséquences d'une mauvaise hygiène. Les autres franchissent avec peine une période fonctionnelle et languissent, à vrai dire, en proie à quelqu'une de ces chloro-anémies qui se relient surtout à l'influence diathésique. Il est enfin des personnes débilitées par une des nombreuses causes qui détendent le système nerveux et appauvrissent le sang. L'intervention d'une médication stimulante et réparatrice à la fois, comme celle dont on dispose, sous des formes variées, dans cette localité thermale, se recommande d'elle-même.

Bien souvent le vice herpétique et la diathèse strumeuse se rencontrent confondus et marquent l'économie de leur double cachet. A une pathogénie complexe convient un agent curatif qui s'approprie aussi bien à l'une qu'à l'autre origine. En effet, à côté des résultats obtenus dans les diverses affections scrofuleuses, il est certain que les maladies de la peau, considérées en dehors de l'état général qui les entretient, trouvent à Uriage, ainsi que l'a dit M. Gerdy (loc. cit.) généralement d'utiles ou d'importants secours. A cet égard, les bases du traitement correspondent aux données morbides et individuelles; toutes les lésions cutanées ne sont pas également guéries par ces eaux, et on ne les combat qu'en se conformant, comme il est de précepte de le faire, aux indications particulières. [Voy. Peau (Maladies de la).] Ce que nous voulons seulement établir ici, c'est que des bains, empruntés à une eau minérale qui réunit les propriétés des eaux sulfureuses et celles de l'eau de mer, deviennent, par le fait, substitutifs et astringents dans leur application aux dermatoses, tandis que par absorption ou ingestion ils peuvent imprimer à l'organisme des effets salutaires rentrant dans la méthode soit altérante, soit dérivative.

A cet aperçu se rattache l'extension qu'ont prise les attributions des eaux d'Uriage. Nous citerons le rhumatisme chronique, sous toutes ses formes; les affections catarrbales en général, soit des bronches, du larynx, du conduit auditif externe, soit des organes génilo-urinaires. Los maladies de l'utérus, quand il n'y a pas à redouter d'accidents de congestion, et que l'engorgement de tout ou partie de cet organe est surtout dû à une disposition diathésique, peuvent être soumises au même ordre de traitement. Il en est de même des névropalhies, dyspepsies, gastralgies, enléralgies, etc., dans lesquelles l'éréthisme masque un état général et disparaît à mesure que les forces se relèvent et qu'une meilleure impulsion préside à toutes les fonctions.

Nous ne devons pas omettre l'usage plus suivi d'ailleurs, et à tort peutêtre, par les habitants de la contrée que par d'autres, et qui consiste à

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