‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 275 sur 310 · URINE · texte numérisé non relu

URINE

caractère d'alcalinité déterminé et durable paraît dépendre beaucoup plus de la disposition individuelle, que de la nature de la maladie ou du mode d'administration du traitement. Dans le très grand nombre des cas, l'urine est alcaline aux heures où l'on fait usage de l'eau minérale en boisson ; quelquefois pendant la durée ou à la sortie du bain: mais au bout de quelques heures, elle tend plus ou moins à reprendre ses caractères ordinaires. L'apparition de la diarrhée lui rend aussitôt ses qualités acides. Le travail de la digestion, indépendamment de la nature des aliments, agit souvent de la même manière. Pendant le cours d'un traitement, les caractères acides ou alcalins de l'urine présentent, en général, de grandes variations (Durand-Fardel, Sur les réactions ac. ou aie. des urines, in Revue médicale franc, et étrang., 1849).

Quelle est la signification d'un tel phénomène ?

On a supposé que, sous l'influence des principes alcalins introduits dans l'économie, les qualités de nos humeurs, du sang en particulier, se trouvaient modifiées, et que, par suite de cet état, auquel on a donné le nom de saturation alcaline de l'économie, les acides qui font la base de nos sécrétions les plus importantes, les sécrétions excrémentitielles en particulier, neutralisés par ce changement de milieu, disparaissaient et se trouvaient remplacés par des produits alcalins. En d'autres termes, on a supposé que l'alcalisation de l'urine n'avait lieu qu'alors que l'économie, se trouvant saturée de sels alcalins, ne rencontrait plus d'acides h éliminer, et rejetait au dehors des sécrétions alcalines, au lieu des sécrétions acides qui appartiennent à l'état physiologique.

Il ne nous paraît pas nécessaire d'insister sur ce qu'offre d'inadmissible, chimiquement et physiologiquement parlant, cette explication, qui fait de l'état de saturation un état véritablement toxique, incompatible avec la vie [voy. Saturation]. Mais ce mot de saturation, qu'on emploie d'une manière si banale, à propos des traitements thermaux, se comprend mieux dans le sens physiologique. Il signifie alors qu'il est une certaine limite dans laquelle l'économie accepte les substances qu'on y introduit, limite variant suivant les conditions individuelles, et qui se mesure par ce qu'on appelle la tolérance. Mais la cessation de la tolérance ne s'annonce pas ordinairement par des phénomènes paisibles et continus, comme ceux qui nous occupent ; elle se traduit au dehors par des phénomènes pathologiques. L'alcalisation de Turine n'est donc pas plus un phénomène de saturation physiologique que de saturation chimique.

C'est un simple phénomène c\' élimination, point de vue beaucoup plus rationnel que les précédents, et développé pour la première par l'un de nous devant l'Académie de médecine, en 1852 (Durand-Fardel, De V alcalis, de l'urine consid. comme phénomène d'élimination, m Bull.

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