‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 4 sur 310 · GANGLIONNAIRES (TUMEURS · texte numérisé non relu

GANGLIONNAIRES (TUMEURS

mal prolongé de trente à soixante jours, et répété deux, trois et même quatre ans de suite, dans les formes graves. Beaucoup de ces tumeurs sont très rebelles, et l'on en rencontre d'entièrement réfractaires. Le premier effet obtenu, en général, consiste dans la résolution du tissu cellulaire qui environne les ganglions engorgés. La diminution de volume dans ces derniers peut même promettre de bons résultats ultérieurs; mais on a toujours à craindre des récidives plus ou moins promptes, et c'est un motif de plus pour apporter dans le traitement beaucoup de persévérance. Les eaux de Chattes, en Savoie, sulfureuses et cblorurées, et de plus notablement iodo-bromurées, offrent une application effective dans les mômes cas, particulièrement comme usage interne. De même celles de Wildegg et de Saxon. Les eaux mères de Nanheim, Kreuznach, Kissingen, Hambourg, Lavey, Salins, sont administrées dans le même sens eu bains, en douches, en applications topiques. Les résultats obtenus aux bains de mer concordent, par plusieurs points, avec ces différentes médications, et l'on ne doit pas s'étonner si la méthode hydrothérapique elle-même a revendiqué son intervention, comme capable de suractiver les fonctions générales, et de modifier aussi victorieusement les manifestations locales que l'état constitutionnel lui-même. A cet égard, ainsi qu'à bien d'autres, il y a à tenir compte des conditions individuelles d'âge, d'antécédents, etc., sur lesquelles le choix du médecin se basera.

Si, comme les observations de M. Hérard l'ont démontré, il existe un dépôt de matière tuberculeuse au milieu des ganglions, et cela dans les dix-neuf vingtièmes des cas d'engorgements scrofuleux, il est heureux d'apprendre de la même autorité (Annal, de la Soc. d'hydrol., t. V), que la matière tuberculeuse est susceptible de résolution. Les propriétés des eaux chlorurées sodiques et sulfureuses seront utilisées pour arriver à ce but.

Dans le cas où la maladie se présente avec un commencement de travail inflammatoire ou suppuratif, on peut espérer, en apportant au traitement les ménagements convenables, de voir ces phénomènes activés, et, par suite, se prononcer une action détersive et cicatrisante qui est quelquefois très prompte. De semblables effets sont communs à la plupart des eaux chlorurées, fortes ou faibles, sulfurées, eau de mer. Mais il ne faudrait pas se contenter de ce seul résultat, et l'on ne perdra jamais de vue la cure de la diathèse elle-même. Reste à savoir si le traitement thermal, en particulier, doit être dirigé de manière à produire la suppuration dans les engorgements ganglionnaires, lorsqu'elle n'existe pas. Quelques praticiens en ont fait une règle, et conseillent les douches très chaudes portées sur la tumeur, les applications topiques, etc. Les faits

Page 1