‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 47 sur 310 · HUM AGE · texte numérisé non relu

HUM AGE

a ordinairement 10° à 12°. Il existe en outre dans l'établissement des douches de tous les calibres et de toutes les espèces, ainsi qu'un bain de lames ( Wellenbad). »

poURDEL (France. Somme). Village maritime, à l'entrée de la baie de Somme, entre Saint-Valéry et le Crotoy. Chemin de fer du Nord.

Bains de mer.

HOiiNGHAM (Angleterre, comté d'York).

Bicarbonatée sodique. Tempér.?

La plus récente analyse, celle de IM.West, assigne à celte eau 0gr,5ft0 de bicarbonate de soude et 0gr,0i2 de chlorure de sodium, pour 1 litre. M. Granville, au contraire, y avait signalé la présence de sulfate de magnésie. Quoiqu'on emploie cette source en boisson et en bains, elle ne paraît pas douée de propriétés authentiques.

hi bertesbrennen (Prusse, prov. de Saxe). Dans une vallée de

la chaîne du Flarz.

Chlorurée sodique. Tempér. ?

Eau : 16 onces. Eau: un litre.

Grains. Gratn.

Chlorure de sodium 144,9040 = 17,3884

— de calcium 85,7472 = 10,2896

— de magnésium.. . 0,1875 = 0,0225

— de potassium 0,5685 =' 0,0680

~ de lithium 0,1114 = 0,0131

— d'aluminium.... 0,4161 = 0,0493

— d'ammonium 0,1681 = 0,0202

— de strontium 0,7262 = 0,0877

— de haryum 0,0254 = 0,0034

Carbonate de chaux 0,5810 = 0,0691

Phosphate de chaux 0,0100 = 0,0010

Azotate de chaux 3,3301 = 0,3994

Carbonate de fer 0,0051 = 0,0001

Bromure de magnésium .. . 0,2687 = 0,0322

Iodure de magnésium 0,0022 = 0,0001

Silice 0,2690 = 0,0323

Pouc. cub. Cent. cub.

Gaz acide carbonique. 0,439 = 21,95

(Bauer.)

HEMAGE. Le humage est un mode d'inhalation des eaux minérales qui consiste à aspirer les vapeurs émanées de ces dernières au moyen d'un appareil particulier. Cet appareil se compose d'une pièce renfermant l'eau minérale ou réunissant les vapeurs qui se dégagent d'une source, d'un tuyau et d'un embout plus ou moins évasé. M. Lambron décrit ainsi la pratique du humage, telle qu'elle est mise en usage à Ludion, où elle constitue le mode à peu près exclusif d'inhalation :

a La poitrine du malade, loin d'être active, loin de faire un effort

HUMERA. M3

d'inspiration, doit eue passive; elle doit recevoir la vapeur nui entre doucement, par le fait seul du courant produit par toute inspiration sur les objets légers qui environnent la bouche.

» A Ludion, les malades ne placent donc pas la bouche immédiatement sur l'embouchure, à peu près pareille à celle d'un porte-voix, qui termine le tuyau d'aspiration, de manière à le fermer hermétiquement. Bien au contraire, ils s'en tiennent à quelques millimètres, et, par des inspirations plus ou moins fortes et opérées lentement, ils font entrer la vapeur sulfureuse jusque dans les cellules pulmonaires les plus pro. fondes.

» Les avantages du hnmage sont incontestables : on évite une atmosphère trop chaude; le corps n'est pas mouillé par la vapeur condensée; le malade introduit, avec la vapeur d'eau sulfureuse, une certaine quantité d'air atmosphérique non altéré; il respire une vapeur dont la richesse en acide sulfhydrique est pour ainsi dire constante, puisqu'elle est fournie par la vaporisation naturellement produite par la température même de la source; on peut graduer cette richesse d'une manière fixe en plaçant des appareils à humage sur des sources de plus en plus chaudes, sulfureuses et facilement décomposables.

» Nous avons retiré de bons effets du humage intermittent des eaux sulfureuses à l'état gazeux dans la phthisie, dans les bronchites chroniques et l'affection granuleuse du larynx et du pharynx. » (Ann. de la Société d'Injdr. méd. de Paris, t. IV.)

Malgré ces observations de M. Lambron, nous pensons que {'aspiration simple des vapeurs, pratiquée dans de bonnes conditions, est préférable au humage. [Voy. Inhalation.]

hoiera (Espagne, province de Madrid). A proximité de la capitale. Source également nommée Sumas-Aguas.

Ferrugineuse bicarbonatée. ïempér. , 22° centigr.

Eau : 200 livres. Eau : un litre.

Grains. Gram.

Chlorure de sodium 6,3 = 0,0007

— de magnésium 9,0 = 0,0009

— de chaux 4,0 = 0,0002

Carbonate de magnésie 140,0 = 0,0700

— de chaux 16,0 = 0,0040

— d'alumine S, 6 = 0,0004

— de fer 18,0 = 0,0045

Acide, silicique 2,0 = 0,000«

Ponces cul). Cent. euh.

Gaz acide carbonique 127,45 = 31,75

Dicx. des Eaux miser. — T. h. g

il* HUTTERSBACH.

Ces eaux sont utilisées seulement en boisson. M. le docteur Rubio exprime le vœu que leur usage se répande à Madrid. Elles peuvent être en effet considérées comme des eaux gazeuses d'une pureté remarquable.

nouxE. Voy. Humus.

HITMIQEE (Acide). Voy. HUMUS.

HUMIS. Toutes les fois que les corps solides hydro-carbonés, comme les végétaux enfouis dans l'intérieur du sol, sont exposés à l'humidité, ils subissent une putréfaction ou décomposilion lente qui a pour but de modifier leur constitution primitive, et de donner naissance h d'autres produits tout à fait différents. C'est au mélange de ceux-ci que l'on a donné le nom de tourbe ou de terreau.

La tourbe, d'après des recherches attentives, contient, entre autres principes, une substance soluble dans l'eau et les alcalis, insoluble dans la plupart des acides, à laquelle on a indistinctement donné les noms de humus, acide humique, humine, ulmine, acide ulmique, gêïne, acide géique, matière extractive.

Lorsque les sources minérales sont situées dans le voisinage de dépôts de végétaux en voie de décomposition, elles apportent avec elles des traces d'humus qu'à notre avis on a très souvent confondues avec les acides crénique et apocrénique, tout en convenant cependant que ceux-ci ont pour origine l'humus des couches profondes du sol.

C'est plutôt par voie de supposition que par voie expérimentale que les analystes signalent l'humus dans les eaux minérales; car il n'existe pas de procédé qui permette de reconnaître cette substance avec certitude. Aussi nous semble-t-il plus rationnel de l'inscrire sous le nom de matière organique non azotée, toutes les fois que le résidu de plusieurs litres d'eau minérale, exposé à l'action de la chaleur, noircit d'une manière sensible, et qu'une autre partie de résidu, additionnée de chaux potassée, placée dans un tube et chauffée jusqu'au rouge, ne dégage pas de vapeurs ammoniacales. Dans le sens contraire, la substance organique soluble serait azotée.

A côté de l'humus se place le lignite, qui s'est formé de la même manière, mais auquel les chimistes ont reconnu des propriétés un peu différentes.

Quoique les auteurs soient muets à cet égard, il est à supposer cependant que beaucoup de sources très chargées de gaz carbonique contiennent du lignite en solution, et même qu'une partie de ce gaz a pour origine la transformation du bois en lignite. [Voy. Carbonique (Acide.)]

■ll/TTERSBACll (Allemagne, grand-duché de Bade), Dans un vallon latéral de la vallée de la Kinlzig, à 2 kilom. de Gengenbach.

Chlorurée sadique (ferrugineuse). Tempér. ?

HYDllOPIStE. 115

Oh lie posiètlo pas d'analyse bien exacle sur celte source, qui parait jaillir du granit, et a reçu récemment des aménagements convenables. — Établissement de médiocre importance. Site agréable. Cette eau s'emploie à l'intérieur et en bains, à titre de médication ionique.

HYDROGÈNES CARBONÉS. Si l'on considère que beaucoup d'eaux minérales ont pour point de départ le voisinage des volcans éteints ou encore en activité, et des houillères, dont quelques-unes subissent depuis des siècles une combustion lente et souterraine, on est en droit d'en conclure que les hydrogènes carbonés peuvent se rencontrer parmi les gaz carbonique, azote et oxygène qui se dégagent, spontanément des sources. Les fontaines ardentes ou de feu, citées par Pline et par quelques auteurs contemporains, ne sont, par le fait, que des sources qui émettent des hydrogènes carbonates, gaz très inflammables, comme on sait. Mais, soit que les chimistes n'aient pas apporté sur ce sujet tout le soin qu'il mérite, toujours est-il que l'on voit rarement ces gaz figurer dans les analyses des eaux minérales. On doit faire une exception cependant pour les eaux d'Aix-la-Chapelle et de Coeze, en Savoie, qui, d'après MM. Liebig et Pyrame Morin, renferment de l'hydrogène protocarboné, et cela en proportion notable.

Voici comment on arrive à déceler ces gaz dans les produits volatils des sources :

Après avoir recueilli au griffon, et sous l'eau, une grande quantité de gaz libre dégagé spontanément, on y ajoute une certaine quantité de potasse caustique, qui, après plusieurs agitations, s'empare de tout l'acide carbonique. On place dans le résidu gazeux un bâton de phosphore qui absorbe seulement l'oxygène; on retire le phosphore, et l'on fait passer le gaz dans une éprouvette remplie de mercure. On détermine le volume exact du gaz; après quoi on y introduit, à l'aide d'une pipette, de l'acide sulfurique fumant qui dissout tout l'hydrogène bicarboné. Comme le résidu peut être constitué par un méiange d'azote et d'hydrogène protocarboné, on le fait arriver dans une éprouvette graduée, munie d'une armature métallique: on en détermine le volume, et l'on y introduit le double d'oxygène. En faisant détoner le mélange au moyen d'une étincelle électrique, tout l'hydrogène protocarboné se convertit en eau et en acide carbonique. Après avoir absorbé celui-ci par la potasse, on enlève l'excès d'oxygène par le phosphore, et lorsque le gaz ne subit plus de diminution, on inscrit le résidu comme de l'azote. La différence entre les volumes du gaz, avant et après la combustion et la soustraction de l'oxygène, représentent le volume de l'hydrogène protocarboné. HYDROGÈVE SULFURÉ. Vov. SULFHYDRIQUE (GAZ).

hydropisie. Nous avons énoncé , aux articles Anasarqle el

Asciti:, les circonstances dans lesquelles un épanchemenlou une infiltration séreuse localisée pcul se prêter avec succès a l'administration d'un traitement thermal; mais Vhydropisïe, qui comporte toujours avec elle l'idée d'une disposition générale de l'économie aux épanchements séreux, est toujours une contre-indication à l'emploi des eaux minérales.

Les différents états morbides dont l'hydropisie peut, dépendre à titre symptomatique, affections du cœur, albuminurie, cachexies graves, sont généralement par eux-mêmes au-dessus des ressources de la médication thermale, surtout sous les formes ou au degré où l'hydropisie survient ou se généralise. Quant à celte dernière, elle s'oppose à l'usage de tout traitement externe, et la plupart des eaux minérales, les bicarbonatées et les chlorurées en particulier, ne sont propres qu'à en accélérer le progrès: Nous ne prétendons pas cependant que quelques verres d'une eau sulfurée ou d'une eau ferrugineuse ne puissent être utilement prescrits à un hydropique; mais ce n'est plus la un traitement thermal.

En résumé, nous considérons comme une faute thérapeutique l'envoi d'une hydropisie caractérisée près d'une station thermale quelconque.

HIDROSK. Voy. Organiques (Matiëues).

iiidr«tiiérapie. (De u3wp, eau, et G:pa7r.-uw, je traite). L'hydrothérapie est généralement considérée comme une importation allemande. On la 'croit inventée par un paysan silésien, nommé Vincent Priessnitz. En effet, ce fut à l'occasion de cures merveilleuses opérées par cet homme, que, de 1837 à 1840, on entendit parler pour la première fois de ce traitement. Cependant les recherches de 3131. Scoutetten et A.-L. Boyer, professeur à la Faculté de Montpellier, ont démontre qu'en réalité il n'y avait rien de nouveau, si ce n'est le nom, dans la méthode curalive prétendue nouvelle. Quelques auteurs persistaient néanmoins à attribuer à Vincent Priessnitz l'invention de l'enveloppement dans le drap mouillé ; mais M. Boyer a démontré que Elliolson et Floyer avaient décrit ce procédé et indiqué ses applications, et M. Gillebert- Dhercourt a cité un passage de Il.AVillisoùil est dit que cet enveloppement était un remède populaire chez les Irlandais, qui l'opposaient à la lièvre. Mais, s'il n'a inventé aucun des procédés usités en hydrothérapie, l'empirique silésien a sans contredit le double mérite d'avoir créé, à l'aide de pratiques tombées dans l'oubli, un traitement systématisé, et d'avoir appelé l'attention générale sur celui-ci par ses nombreux succès.

A l'époque de son introduction en France, l'hydrothérapie avait été définie : une méthode qui a pour but de conserver la santé, ou de concourir à son rétablissement en faisant un emploi raisonné de l'eau et des principaux moyens hygiéniques (Scoutetten). Si cette définition n'est pas parfaite (et en effet elle n'implique en aucune façon l'idée de la

provocation des sueurs, qui joue cependant un grand rôle dans l'hydrothérapie), néanmoins elle présente celle-ci comme un traitement rationne! et conforme par conséquent aux notions scientifiques. Tel n'a point été l'avis de M. Fleury, qui prétend que le traitement institué en Allemagne n'est qu'un amas de formules empiriques et antiscieutifiques ; aussi ce médecin s'est-il appliqué à tracer d'autres formules au moyen desquelles il a eu la pensée Savoir jeté les hases de l'hydrothérapie rationnelle et scientifique. Les idées de M. Fleury à cet égard ne paraissent pas avoir été acceptées par tous ses confrères en hydrothérapie; nous savons, en effet, que des médecins, auxquels on ne peut refuser une certaine autorité, ont conservé l'usage de plusieurs procédés rejetés par M. Fleury, et que, sous d'autres rapports, ils ne suivent pas les mêmes errements dans l'administration de l'hydrothérapie.

Les limites qui nous sont imposées par la nature de cet article ne nous permettent pas d'entrer dans ce débat. Notre but est d'édifier le lecteur sur le genre de traitement que comporte la méthode hydrothérapique, et sur les diverses maladies auxquelles elle s'applique le mieux. Pour le remplir aussi succinctement, mais aussi complètement que possible, nous croyons devoir : 1° exposer les effets produits par l'eau à diverses températures; 2° décrire les divers procédés mis en usage dans le traitement hydrothérapique; 3° exposer les indications et les contre-indications de celui-ci.

§ 1. Des effets physiques et physiologiques déterminés par l'application extérieure de l'eau froide ou tempérée. — Bien avant que l'attention fût rappelée sur l'hydrothérapie, on avait su apprécier la valeur thérapeutique du bain froid: d'intéressantes études ont été publiées par L. J. liégin sur ce sujet. Mais, grâce au défaut d'études analytiques complètes, l'administration de l'eau froide est restée abandonnée au caprice de chacun ; il en résulte naturellement qu'on n'en a pas obtenu toujours les mêmes effets : de là la divergence des opinions sur l'action thérapeutique du bain froid. Ainsi on rencontre des auteurs qui le regardent comme essentiellement sédatif] et d'autres qui le considèrent comme stimulant. L'examen expérimental manquait donc à ce point important de physiologie. M. Gillebert-Dher court s'est efforcé de combler cette lacune en se livrant à de nombreuses recherches microscopiques et thermométriques. C'est à son travail, publié dans la Gazette médicale de Lyon (n"s21, 26 et 26, 1856), que nous emprunterons ce qui va suivre.

On doit distinguer deux ordres d'effets causés par le froid : iu ceux qui résultent de son action propre : ce sont les effets physiques, et 2° ceux qui sont l'expression de la résistance vitale : ce sont les effets physiologiques.

Le froid, ou l'eau froide, agit eu soustrayant du calorique animal; son action propre est donc toujours réfrigérante, et, à moins d'attacher à celte expression une autre signification , il est difficile d'admettre que cette action, au moins primitivement, puisse tantôt avoir ce caractère, tantôt ne l'avoir pas. La réfrigération s'exerce d'abord au point de contact, et ne s'étend que difficilement aux couches profondes. M. Velpeau, en effet, a constaté que l'anesthésie produite par le froid sur la peau diminuait au fur et à mesure qu'on atteignait des couches sous-cutanées plus profondes. Les expériences de M. Gillebert-Dhercourl confirment cette observation de M. Velpeau, et démontrent en outre que la caloricité est, à cet égard, soumise aux mêmes lois.

A + 5° centigr. et au-dessous, le froid éteint la sensibilité et la contractilité musculaire; il arrête la circulation capillaire dans le point de contact, qui pâlit et dont la température s'abaisse très notablement. Il se produit alors une véritable coercition du mouvement vital. L'application prolongée du froid, au degré indiqué, ne fait pas varier l'action de celui-ci; elle ne peut que la rendre plus profonde et plus étendue. De plus, elle lui impose une durée proportionnelle à la sienne. Le réveil des phénomènes vitaux n'a lieu que quelque temps après que l'action du froid a cessé; il se fait spontanément, si celle-ci n'est pas trop puissante ni trop prolongée. Dans le cas contraire, ce réveil exige l'aide de moyens artificiels.

Au-dessus de + 5° centigr. , la coercition du mouvement vital est moins subite et moins forte; la circulation capillaire résiste quelques secondes à l'impression du froid. Cependant, si celui-ci agit au delà d'une ou deux minutes, il détermine des effets analogues aux précédents, c'est-à-dire des effets essentiellement physiques.

Entre -f- 10° et-f-lZi° centigr., la coercition du mouvement vital n'a pas lieu. Le cours du sang dans les capillaires superficiels n'est pas suspendu; il n'éprouve que de courtes oscillations. Une légère décoloration paraît cependant; mais, après une minute environ, le cours des globules reprend une nouvelle activité ; il devient bientôt plus accéléré qu'avant l'application du froid. Les vaisseaux sont alors manifestement plus pleins et plus rouges, La résistance vitale parait donc ici dans toute sa puissance ; les effets auxquels elle donne lieu sont ceux que nous appelons physiologiques. Toutefois l'application réfrigérante se prolongeant au delà de six, de huit ou de dix minutes, le cours du sang se ralentit de nouveau; les vaisseaux se décolorent une seconde fois, et la circulation capillaire s'arrête complètement. Alors l'action prolongée du froid a comprimé la résistance vitale , et a dissipé les effets physiologiques qui en étaient la manifestation. Dans ce cas, le mouvement secondaire de

HVDKOTHÉnAPIF. ,ig

réaction est toujours très lent à se produire spontanément après lu retrait du corps réfrigérant; il exige presque toujours des secours artificiels.

Entre + 20° ct+ 2U° cenligr., les effets sur la caloricité et la circulation ne deviennent sensibles qu'après quarante minutes de contact; ils consistent dans un léger abaissement de température de la partie soumise à l'expérience, dans un léger ralentissement du cours du sang et une faible décoloration des vaisseaux. Ces phénomènes ne sont jamais précédés par aucun de ceux qui décèlent un mouvement de réaction vitale.

Ces résultats, fournis par l'expérimentation, s'accordent avec les phénomènes observés pendant les bains froids et les bains tempérés. En effet, au moment de l'immersion dans l'eau froide à -f- 10° ou -f- 14° centigr. , on éprouve une vive sensation de froid, une forte soustraction de chaleur et un spasme général ; la respiration est saccadée, anhéleuse; le pouls est petit, concentré et dur; la peau devient plus ferme, en même temps qu'elle pâlit. C'est à ces phénomènes qu'on peut donner le nom d'eflèts primitifs ou affectifs. Mais, après une minute environ de séjour dans l'eau froide, la respiration devient plus libre et plus ample; le pouls reprend de la régularité, de la force et de la plénitude; la peau se colore au delà du ton naturel; les mouvements musculaires acquièrent plus de liberté et plus d'énergie; une sensation de chaleur et de picotement se répand sur toute la surface du corps, et s'accompagne d'un bien-être réel. Suivant le même auteur, ce sont les effets secondaires ou réactionnaires qui se prolongent quelque temps encore après le bain, si celui-ci cesse aussitôt que la réaction s'est manifestée. Au contraire, si le bain est prolongé au delà de six à huit minutes, les signes de réaction s'effacent progressivement; ils sont alors remplacés par le retour de la sensation du froid, par un tremblement général, par la rigidité des membres, la pâleur et l'insensibilité de la peau, et par un engourdissement général. Ces nouveaux phénomènes constituent les effets tertiaires, déprimants ou sédatifs indirects. Us augmentent en raison directe de la durée du bain, et, après celui-ci, le retour à l'état normal ne peut avoir lieu qu'à l'aide d'un réchauffement artificiel.

Si l'eau du bain a une température plus rapprochée de celle de l'homme, si elle varie seulement entre -f- 22° et -f- 26° centigr. , les choses se passent autrement. Ici plus de saisissement, plus d'impression pénible; au contraire, le baigneur éprouve une sensation agréable; le pouls et la respiration n'éprouyent pas de modification notable. La peau garde son coloris naturel. En un mot, on ne remarque aucun des effets primitifs observés dans le bain à + 10° ou -f 14° centigr. ; par la même raison les effets secondaires ou réactionnaires font également défaut. Néanmoins, après vingt minutes de séjour dans ce bain, on peut constater

déjà une diminution notable de la température animale, et si le bain est suffisamment prolongé, on voit également arriver les frissons, le tremblement général et même l'engourdissement , aussi bien (pie dans le cas précédent; seulement ils ne se produisent qu'après un temps beaucoup plus long, deux ou trois heures par exemple. Quoique ce résultat soit le même au fond, cependant il doit être distingué avec raison du précédent, en ce qu'il s'est produit en quelque sorte primitivement. L'effet déprimant est toujours précédé des effets primitifs et secondaires; celui-ci, au contraire, se manifeste d'emblée, quoique lentement : c'est pourquoi ce médecin l'appelle effet sédatif direct ou antipldogistique.

Il est donc démontré, par ce qui précède, qu'à température et à durée égales, l'influence du. froid exerce un même mode d'action sur la sensibilité, la caloricilé et la circulation. Coercitive des phénomènes vitaux dans sa plus grande intensité, cette action en devient excitante à un degré moyen , et simplement tempérante et modératrice^ son degré le plus faible. Mais pourquoi cette différence dans les effets du froid à diverses températures? Elle tient au degré différent de sollicitation exercé alors par celui-ci sur la résistance de l'organisme contre les influences extérieures, résistance à laquelle MM. Trousseau et Pidoux ont donné le nom de spontanéité vitale. C'est entre + 10° et + 14° centigr. que la spontanéité vitale se manifeste le plus librement; au-dessus de-f- 22°, elle est difficilement sollicitée et mise enjeu; au-dessous de 0°, elle est coercéedès le principe et devient impossible.

C'est donc le degré d'influence du froid sur la spontanéité vitale qui doit être pour le médecin la règle et la mesure de l'administration de l'eau froide, soit générale, soit locale.

Une température de -f- 10° à -f- lk° centigr. , qui excite plus ou moins vivement la spontanéité vitale, doit donc être considérée comme un agent excitant, tonique, hypersthénisant.

Mais la durée du contact du froid exerce quelquefois sur les effets de celui-ci une influence très notable : ainsi, portée au delà d'un certain terme, elle amène l'épuisement des forces; elle éteint la réaction spontanée, et elle fait ainsi que le bain, pris à -J- 10° ou + \U\ perd sa vertu excitante et tonique.

Il s'ensuit que, pour être excitant, un bain froid ne doit pas avoir plus de lk° centigr. au-dessus de 0U, ni durer, dans aucun cas, plus de deux ou trois minutes, ce qui veut dire qu'il devra cesser aussitôt que la spontanéité vitale aura été convenablement sollicitée.

Une température de -f- 22° à -f- 26° centigr., n'éveillant point la spontanéité vitale et ne soustrayant le calorique que peu à peu, constitue un agent à'hyposthénisation, de se dation directe.

Les différents effets qui viennent d'être exposés se produisent aussi bien dans les bains locaux que dans les bains généraux; l'administration des premiers doit donc reposer sur les mêmes bases, et être soumise aux mêmes règles que celle des seconds.

Jusqu'ici il n'a été question que des effets immédiats des bains froids ou tempérés. Nous devons appeler encore l'attention sur ceux que détermine l'usage fréquent et méthodique de ces bains, et que, pour celte raison, on peut appeler effets consécutifs. La fréquence de la stimulation causée par l'eau froide, et l'étendue de l'organe qui en est le siège, produisent l'excitation habituelle de toutes les fonctions assimilatrices et éliminatrices. Un équilibre fonctionnel plus parfait résulte bientôt de cet état de choses; aussi, en même temps qu'on voit la production de chaleur devenir plus active, l'appétit se développer, les digestions s'opérer sans fatigue et sans trouble, et l'embonpoint revenir, on remarque que l'excès de sensibilité s'efface, et que les sueurs profuses reprennent des proportions compatibles avec la santé.

L'usage du bain tempéré produit des effets analogues, mais dans un ordre opposé : ainsi il est modérateur quand l'autre est excitant; il ramène donc à un degré normal la suractivité morbide des diverses fonctions; il apaise la chaleur fébrile, diminue la fréquence de la circulation, etc. Dans l'un comme dans l'autre cas, les fonctions de la peau, toujours troublées dans les maladies, sont régularisées, et l'on sait combien l'intégrité de ces fonctions importe au maintien ou au rétablissement de la santé.

§ 2. Usage interne de l'eau. — L'usage de l'eau à l'intérieur doit être envisagé à deux points de vue. Comme simple breuvage, l'eau fraîche est sans contredit la plus salutaire de toutes les boissons; mieux que toute autre, elle éteint la soif, elle tempère la chaleur de l'estomac, et Fhumectation qu'elle exerce sur la muqueuse gastrique est sans mélange d'aucune autre action organoleptique, comme il arrive, par exemple, pour la bière, le vin ou les spiritueux. On a remarqué d'ailleurs depuis longtemps que l'usage habituel de l'eau fraîche, en boisson, fortifie et entretient l'estomac dans une grande aptitude fonctionnelle, tout en conservant la pureté et la vivacité du goût.

Considérée comme remède et administrée froide et en petite quantité, l'eau exerce son effet tonique, et excitant; elle provoque, en effet, sur les muqueuses une réaction semblable à celle qu'elle produit à la peau : elle peut donner lieu à des contractions intestinales et exciter le mouvement péristaltique. Bue en grande quantité et à une température moins basse, elle devient antiphlogistique ; car elle augmente la fluidité du sang, et elle combat la tendance à l'augmentation de la fibrine. Dans ces con-

t22 HYDUOTHÉP.APIE.

ditions, elle est encore évacuante et dépuralive, car elle facilite et accroît

toutes les excrétions; elle délaye les mucosités gastriques, etc.

Les injections rectales et vaginales participent à la fois de l'usage interne et de l'usage externe de l'eau. Les premières sont de simples lavements, ou des douches rectales ou ascendantes, suivant l'appareil qui est mis en usage. [Voy. Ascendante (Douche) et Douchl.]

Les irrigations vaginales, suivant le volume d'eau employée et la force de projection, sont tantôt de véritables douches internes, tantôt de simples irrigations. Les appareils sont analogues aux précédents.

Dans certains établissements les unes et les autres sont administrées la malade étant couchée. C'est, bien entendu, le degré de sensibilité de l'organe qui règle et le volume et la force du jet. En général, on se sert des canules courbes usitées pour ce genre d'opérations. La durée de la douche est également déterminée par le degré de sensibilité; elle peut varier entre deux et trente minutes.

La température de ces diverses injections est toujours réglée sur l'effet qu'on tient à obtenir, c'est-à-dire que pour un effet excitant, elle devra avoir de + 12° à -f 16° centigr., et pour un effet sédatif, de + 22° à -f- 26° centigr.

M. Gillebert-Dhercourta recommandé et employé fréquemment contre certains engorgements hypertrophiques indolents, l'eau alternativement chaude et froide. Un tuyau de caoutchouc bifurqué amène dans le Wagin tantôt l'eau chaude, tantôt l'eau froide. Il paraît que cette alternance du froid et du chaud rend la résolution de ces engorgements plus rapide.

§ 3. Usage externe de l'eau. — Du grand bain. — Dans le principe, il se prenait dans de grandes cuves de bois; depuis longtemps déjà les établissements bien organisés ont substitué à celles-ci des bassins en marbre ou en pierre, ayant lm,30 de profondeur et 3 mètres de longueur sur 2 de largeur. Une eau vive et froide, eau de source, y coule constamment, de manière à y entretenir une température constamment froide, c'est-à-dire d'environ -f- 10° à 4 2° centigr. C'est la température des sources en France.

11 est bon de se précipiter dans la piscine, soit la tète la première, soit autrement. Le malade qui vient de suer doit surtout s'empresser de faire ce saut, afin d'éviter le refroidissement que causerait toute hésitation. Dans ce cas, arrivé sur le bord du bassin et enveloppé de sa couverture de laine, il se débarrasse rapidement de celle-ci et se plonge aussitôt dans l'eau, en ayant soin d'immerger la tète. Une fois dans l'eau, on doit s'y remuer constamment, s'y frictionner avec force et y plonger de nouveau la tête. Le séjour dans le bain varie d'une demi-minute à une minute et

HYDROTHÉRAPIE. |f)

demie. En sortant de l'eau, le baigneur est immédiatement enveloppé d'un drap sec avec lequel les gens de service le sèchent et le frictionnent rapidement sur tout le corps, et jusqu'à ce que la rougeur de la peau, produite par l'eau froide, soit encore accrue par les frictions.

Quelquefois le grand bain, ou le bain de piscine, est précédé d'une affusion d'eau tiède ou d'un plongeon dans un bassin contenant de l'eau à 32° centigr. C'est ce qu'en hydrothérapie on appelle bains chauds et froids, ou alternés.

Dans les conditions de durée et de température que nous venons d'indiquer, le bain de piscine est excitant et tonique.

On ne doit y faire arriver les malades que lorsque ceux-ci sont familiarisés avec les effets de l'eau froide. Ceux qui sont disposés aux congestions cérébrales ou thoraciques doivent s'en abstenir, de même que ceux qui éprouvent une oppression marquée en sortant de l'eau.

Après le grand bain, comme après tous les exercices hydrothérapiques, le malade doit faire de l'exercice.

Demi-bain. — On le prend dans une baignoire large et à basses parois, dans laquelle on ne verse que la quantité d'eau nécessaire pour couvrir les membres inférieurs du malade, qui se tient assis. Pendant toute la durée du bain, qui peut varier de trois à dix minutes, le malade est vivement frictionné par tout le corps par les aides , qui , pour cet effet, trempent souvent leurs mains dans l'eau du bain. De son côté, le malade se frictionne également.

La température de l'eau de ce bain est tantôt froide et tantôt dégourdie, suivant qu'on veut produire une excitation plus ou moins vive.

Eu employant de l'eau très froide, et en bornant les frictions humides aux membres inférieurs, on peut donner à ce bain un grand effet dérivatif;

Avec de l'eau tiède, il peut être employé comme préliminaire du grand bain froid, quand on veut donner des bains alternativement chauds et froids. Dans ce cas, après avoir été frictionné partout avec de l'eau tiède, le malade se plonge dans la piscine ; il revient ensuite au demi-bain, après quoi il se plonge une seconde fois dans la piscine.

Ces diverses pratiques sont toujours suivies de frictions prolongées avec un drap sec.

Bain de siège. — Il est très employé en hydrothérapie comme révulsif ou dérivatif^et comme sédatif. Sa température et sa durée varient donc en raison du but qu'on se propose. Les principes que nous avons posés nous dispensent de revenir, à propos de chaque exercice, sur les conditions qui déterminent l'effet excitant ou l'effet sédatif. Cependant, à propos du bain de siège qui est administré dans un si grand nombre de cas, nous

serons forcé de ne pas ménager les détails. Disons d'abord qu'il est pris dans un appareil ordinaire, disposé pour admettre à volonté un courant continu d'eau froide, qui, maintenant l'eau du bain à une température constante, celle de-J-10" ou -f- 12° cenligr., assure un refroidissement progressif. Or, d'après ce que nous avons exposé plus baut sur les effets du froid, un bain de siège de deux ou trois minutes va déterminer dans la partie immergée un mouvement réactionnaire qui sera dérivatif d'une congestion céphalique ou thoracique. Mais ce mouvement réactionnaire ne sera bien prononcé que dans la peau et les couches sous- cutanées; il pourrait se présenter tel cas où l'on aurait intérêt à porter cette réaction dans des couches plus profondes. Cet effet ne pourra être obtenu qu'en prolongeant le bain. Qu'arrivera-t-il si l'on donne une plus longue durée au bain de siège? Les effets affectifs, gagnant en profondeur, refouleront à l'intérieur, après les avoir éteints à la surface, les effets réactionnaires. Il est facile d'apprécier les avantages que l'on peut retirer de pareils effets, soit dans un but de dérivation, soit comme moyen de résolution. Quant à la soustraction de chaleur, elle sera supportée assez aisément, car elle n'aura été que partielle; d'ailleurs, les frictions prolongées et le mouvement aideront à ramener à la périphérie les phénomènes de réaction.

En conséquence, disons que les bains de siège froids sont dérivatifs, révulsifs ou résolutifs, et que leur durée doit être proportionnée à l'intensité de l'effet qu'on veut produire, en tenant compte toutefois des forces et de la constitution du malade.

Les bains de siège sont encore employés comme sédatifs; mais alors leur température doit être plus élevée que celle dont il vient d'être question : à cet effet, elle peut varier entre + 20° et -f- 28° centigr. Leur durée n'est pas moindre de vingt minutes; elle peut être portée à une heure et plus, suivant qu'on se propose de produire une sédation générale ou simplement locale. Dans ce cas, c'est la plus courte durée qui convient.

Bains de jambes, et bains de pieds. — Ceux-ci sont administrés seulement comme dérivatifs. Ils se prennent dans des bassins à eau courante. Dans certains établissements on use beaucoup, comme dérivatifs, des bains de pieds alternativement chauds et froids. Deux petits bassins, l'un contenant de l'eau chaude, l'autre de l'eau froide , étant placés devant le malade, celui-ci plonge ses pieds jusqu'à la cheville dans le premier, puis dans le second ; il les replace une seconde fois dans l'eau chaude, puis dans l'eau froide : ce qui fait en tout quatre immersions alternatives, commencées par l'eau chaude et terminées par l'eau froide; chacune d'elles doit durer deux minutes. Ce genre de bains dissipe très

bien les congestions céphaliques, et son usage quotidien ramène, au bout d'une ou de deux semaines, l'activité organique et la chaleur dans les pieds chez les personnes qui les avaient auparavant habituellement froids.

Priessnitz a préconisé les bains partiels de la tête, des bras, etc.; nous pensons que ces pratiques sont aujourd'hui inusitées dans les établissements hydrothérapiques, à moins de ces cas exceptionnels qui relèvent toujours de l'initiative du médecin.

Douches. — Tout en renvoyant à l'article Douches, nous devons entrer ici dans des détails particuliers. En hydrothérapie, on connaît plusieurs sortes de douches : il y a des douches à jet unique et plus ou moins gros (de 10 à 30 millimètres de diamètre), et d'autres à jets multiples, que, suivant leur direction ou leur calibre, on désigne sous les noms de douches en pluie ou en poussière. Leur force de projection est déterminée par une chute qui varie entre 6 et 8 mètres.

Au premier aperçu, il est aisé de se rendre compte de la différence d'action de ces diverses douches. A température égale, elles produiraient un effet identique à celui du bain de piscine, si ce n'était la force avec laquelle elles frappent le corps. Or c'est le degré de puissance de ce choc qui constitue la différence d'action qui existe entre elles. Tandis que les douches eu pluie ou en poussière bornent leur choc à la surface cutanée, les douches en colonne unique portent leur action plus profondément; elles atteignent les couches musculaires et les parenchymes abdominaux, en leur faisant subir une sorte de massage qui active doublement en eux le mouvement circulatoire.

On peut donc les classer ici, sous le rapport de leur action propre : douches en pluie ou en poussière déterminant une puissante révulsion sur toute l'étendue de la peau, et une sédation du système nerveux; douches en colonne unique; grosse douche, etc., déterminant, outre la révulsion indiquée ci-dessus, une excitation tonique générale.

L'administration des douches est soumise à des règles communes et à des règles particulières.

En règle générale, on doit faire un exercice modéré avant de se présenter à la douche. C'était pour obliger les malades à cette condition que Priessnitz avait placé ses douches à une certaine distance de son établissement; cet exemple a été suivi ailleurs. Toutefois il ne faut pas que la peau soil en sueur, et que la respiration soit précipitée au moment où l'on va prendre une douche. Si l'exercice avait produit ce résultat, il faudrait, avant de prendre la douche, se faire frictionner avec un drap sec, et attendre que les mouvements respiratoires eussent repris leur rhythme habituel.

12fi HYDROTHÉRAPIE.

On doit présenter la tôle la première à la douche, afin d'éviter le spasme qui se manifeste au début et chez les personnes qui ne sont pas encore familiarisées avec le froid. Toutefois, quand il s'agit de prendre la grosse douche, il faut éviter son choc et protéger la tête en plaçant audessus les mains jointes. M. Wertheim a conseillé, dans la même intention, decommencer par doucher la plante des pieds. D'après ses observations, cette pratique empêcherait complètement le spasme de se produire. Cependant elle ne dispenserait pas de mouiller la tête, ce qu'il faut faire de temps en temps pendant la durée de la douche. Si la tète restait trop longtemps exposée à l'action de l'eau froide, il en résulterait de la céphalalgie.

Durant la douche, le malade doit se frictionner constamment et successivement les différentes parties du corps.

La douche ne doit pas durer au delà de trois à quatre minutes au plus; chez les malades débiles, elle doit se borner à trente à quarante secondes. Dans quelques établissements, on n'observe pas rigoureusement cette règle : c'est à tort , caria douche trop prolongée perd ses effets toniques, et elle est souvent suivie de malaise.

En général, les douches s'administrent sur tout le corps; ce n'est que dans quelques cas rares et exceptionnels qu'elles sont bornées h une de ses parties. Il paraît cependant qu'à Bellcvue on procède différemment et à l'opposé des autres établissements sur ce point.

Il arrive quelquefois qu'on donne en même temps une douche à jet multiple et une douche à jet unique. Cette dernière est alors administrée sur un seul point, tandis que l'autre agit sur tout le corps : c'est ainsi que chez les personnes qui font difficilement la réaction aux pieds, on frappe ceux-ci avec une douche à gros jet, pendant que le malade reçoit une douche en pluie ou en poussière. C'est ainsi que, pour favoriser la résolution des engorgements spléniques, dans les fièvres intermittentes, M. Fleury a proposé de diriger un fort jet sur la région splénique, pendant qu'une douche de poussière serait donnée sur tout le corps.

Pour faciliter l'administration des différentes douches et varier davantage leur action, on a donné des directions différentes à leurs jets : il en est qui sont verticales; d'autres sont horizontales et obliques; d'autres sont mobiles. Enfin il y a des douches en lame, en couteau, en nappe, en flots; il y a encore des douches oculaires, périnéales, anales ou hémorrhoïdaires, etc. Il suffit de citer ces noms pour donner l'idée de la chose et de ses applications.

Des affusions, des lotions, des ablutions et des frictions avec l'eav froide. — Ces différentes pratiques tiennent en quelque sorte le milieu entre les douches et les bains de piscine. On pratique les affusions en

versa ni du l'eau froide ou dégourdie sur la lèlc ou sur le corps du malade, qui se tient debout ou assis dans un baquet ; ou bien le malade étant placé debout, à une distance d'environ U mètres, on lui lance avec force et successivement le contenu de quelques seaux d'eau froide.

Les allusions sont surtout employées en même temps que le bain partiel, et pendant que les aides frictionnent le malade avec l'eau contenue dans le bassin. Priessnilz recommandait de verser l'eau sur la partie affectée.

Les lotions et les ablutions se font sur tout le corps au moyen d'épongés ou de linges trempés dans l'eau froide ou tempérée. Comme le demibain, elles constituent un excellent moyen pour tâter la puissance réactionnaire de chaque malade. C'est ordinairement par elles qu'on commence un traitement hydrotliérapique. On se sert d'abord d'eau à -j- 20° ou 2k°, et chaque jour on en abaisse graduellement la température; de sorte que le malade se trouve ainsi habitué a l'eau froide sans s'en apercevoir.

Frictions. — « Si l'eau nous représente l'instrument dont l'hydrothérapie se sert, dit Schedel, il est certain que les frictions en constituent l'âme : ce sont elles qui assurent la réaction , qui activent et peut-être occasionnent les éruptions, et qui amènent particulièrement les effets dérivatifs que l'hydrothérapie cherche souvent à produire. ■> Si l'on se rappelle tout ce qui a été dit précédemment sur les divers procédés hydrothérapiques, dont les frictions constituent en quelque sorte une partie intégrante : frictions pendant le bain, la douche, etc.; frictions après chaque exercice, on comprendra la justesse de l'observation faite par Schedel. Il existe un mode de frictions très usité en hydrothérapie, qui mérite ici une mention toute spéciale : nous voulons parler de la friction avec le drap mouillé. Elle se fait de la manière suivante : on trempe dans l'eau un drap de grosse toile, et après l'avoir tordu, ou simplement laissé égoutler, on le jette rapidement sur le corps du malade, de manière à l'envelopper complètement du premier coup; aussitôt on frictionne vivement et successivement toutes les parties, pendant deux minutes environ, en ayant soin de ne pas déplacer le drap, afin de ne pas irriter ou excorier la peau. Le malade doit aider lui-même aux frictions. Après le temps indiqué, on remplace vivement le drap mouillé par un drap sec, par-dessus lequel on recommence les frictions, qu'on ne cesse que lorsque l'humidité du corps est complètement essuyée. Une vive réaction est la conséquence de cette pratique, qui est d'un très fréquent usage, soit au début, soit dans le cours d'un traitement hydrotliérapique, et qui est d'une grande ressource, pendant la saison froide, pour les malades qui veulent continuer chez eux une partie du traitement.

De lu ceinture humide et des compresses mouillées. — La ceinture humide a joué un très grand rôle dans l'hydrothérapie silésienne; aujourd'hui son usage paraît être un peu plus restreint. Elle est constituée par une sorte de bandage de corps composé de deux parties : l'une qui est de toile, et que l'on applique autour du corps après l'avoir préalablement trempée dans l'eau et bien tordue; l'autre qui est de laine ou de caoutchouc, et qu'on applique par-dessus la première, de manière que celle-ci en soit exactement recouverte. La ceinture humide ne doit être renouvelée que lorsqu'elle est sèche, c'est-à-dire, suivant la saison et suivant la constitution des malades, deux ou trois fois par jour. Pour en assurer les effets, il faut la porter jour et nuit constamment. Après deux jours environ d'application, cette ceinture provoque des démangeaisons et des rougeurs sur toute l'étendue de la partie qu'elle recouvre. Cet effet se décèle par l'existence d'une large bande rouge à plaques irrégulières, érythémoïdes, et où bientôt se manifestent des éruptions vésiculeuses et pustuleuses. Toutefois, chez quelques malades, les effets de la ceinture se bornent à développer un simple érythème, et ne donnent lieu à aucune éruption.

La ceinture humide est très utilement employée dans la dyspepsie, le pyrosis, les spasmes d'estomac, les coliques qui accompagnent ou précèdent la venue des règles, etc. On l'emploie encore comme dérivative. Les compresses mouillées produisent des effets qui varient en raison de leur mode d'application. Si la compresse est fortement tordue avant d'être appliquée, et si son renouvellement ne s'opère que lorsqu'elle est chaude et sèche , elle détermine des effets excitants, et alors on l'appelle compresse échauffante ou stimulante; elle est employée comme résolutive dans les engorgements articulaires, les hydarthroses. Priessnitz en recouvrait les articulations atteintes de goutte ou de rhumatisme; AI. Gillebert-Dhercourt croit devoir s'en abstenir dans ces cas. Si, au contraire, la compresse est formée de plusieurs doubles, si elle est fortement imbibée d'eau et si on la renouvelle avant qu'elle soit échauffée, elle constitue une application calmante ou rafraîchissante. Son emploi est indiqué dans les phlegmasies par causes externes, les contusions, les hémorrhagies, etc.

De la sudation. — La provocation des sueurs, trop fréquemment employée en hydrothérapie, il y a une quinzaine d'années, mais aujourd'hui pcut-êire trop négligée, est usitée dans tous les cas où les sudorifiques sont indiqués, toutes les fois qu'on rencontre le besoin d'accélérer le double mouvement d'assimilation et d'élimination, et enfin dans l'intention de modifier les fonctions de la peau, Priessnilz faisait suer ses malades en les enveloppant tantôt dans des couvertures de laine, tantôt dans

un drap mouillé recouvert de couvertures de laine. En sa qualité de mauvais conducteur du calorique, la laine s'oppose au rayonnement de la chaleur animale, qu'elle retient alors autour du corps du patient. Sous l'influence de la stimulation exercée sur la peau par cette concentration, et par un nouvel acte de la spontanéité vitale, la sueur s'écoule en plus ou moins grande abondance. Toutefois ce résultat est lent à se produire. On a vu là un inconvénient ; on a également reproché à ce procédé de provoquer par le contact de la laine, sur toute la surface cutanée, une sensation très désagréable ; enfin on a accusé en particulier Y enveloppement humide d'affaiblir la peau. Pour éviter cela, et en vue de satisfaire l'impatience des malades, M. Fleury a proposé de rejeter l'un et l'autre enveloppement et de leur substituer Vétuve sèche. M. Andrieux (de Brioude), plus préoccupé de la lenteur du procédé que des autres inconvénients qui lui étaient reprochés, continue à mettre en usage l'un et l'autre enveloppement; mais, pour hâter leur effet, il recouvre les malades d'une sorte de carapace en cuivre et à double fond, dans laquelle il introduit de l'eau chaude. Dans l'un et dans l'autre cas, la sudation est terminée dans vingt ou trente minutes, au lieu d'exiger trois ou quatre heures; néanmoins l'enveloppement est encore, dans certains établissements, le mode le plus usuel de la provocation des sueurs. C'est celui qui est employé le plus habituellement à Longchène. M. Gillebert-Dhercourt fonde les motifs de sa préférence sur ce que la sueur, lentement excrétée, est plus dense, plus grasse, plus acide et plus saline que celle dont la provocation a été brusquée par la haute température de l'étuve sèche ou humide. Il trouve dans la première un caractère éliminateur qui ne peut exister dans la seconde. On consultera avec fruit les deux mémoires que ce médecin a publiés dans la Gazette médicale de Lyon (n° 2,' 1852 ; nos 5 et 6, 1853). Les résultats des recherches auxquelles il s'est livré semblent justifier pleinement son avis. Au reste , ce médecin ne paraît pas être exclusif ni systématique dans sa préférence. « Si, guidé par une observation impartiale, nous conservons, dit-il, notre confiance et nos sympathies à l'enveloppement, moins exclusif que les collègues que nous avons pour adversaires dans cette question, nous ne rejetons absolument aucun des procédés qu'ils présentent, n i\ous décrirons donc chacun des procédés employés pour provoquer les sueurs.

De l'enveloppement sec, ou du maillot Jiydrolhérapique. — Il se pratique de la manière suivante : une épaisse couverture de laine est étendue sur un pliant ou lit de sangles. Le malade, entièrement nu, se couche dessus, de façon que le bord supérieur de la couverture atteigne la hauteur de ses oreilles ; il place ses bras étendus de chaque côté de son corps; il étend également ses jambes, et les rapproche l'une de l'autre.

DlCT. DES EAt'X MINER. — T. 11. !)

Un urinai est placé entre ses cuisses. Cela l'ait, l'aide procède à l'enveloppement en ramenant successivement à droite et a gauche les côtés opposés de la couverture, et en les glissant sous les épaules et sous le corps entier du malade. Pour mieux exécuter ce temps de l'opération, l'aide devra maintenir ou tirer à lui avec une main le côté de la couverture, non relevé encore, pendant qu'avec l'autre main il bordera le côté ramené en avant sous les épaules et sous le corps du malade. Il est essentiel, pour éviter le passage de l'air extérieur au dedans du maillot, que la couverture soit exactement appliquée autour du cou, sans gêner cependant la circulation. Le malade étant empaqueté aussi hermétiquement que possible, on étend encore par-dessus lui un vaste édredon ou lit de plumes, dont les bords sont également bordés sous son corps, des épaules aux pieds, et l'on attend ensuite l'arrivée de la sueur, qui ne paraît guère qu'après deux heures d'enveloppement. Elle est ordinairement précédée d'une certaine excitation, qui disparait en général aussitôt que la transpiration survient. Alors on donne à boire au malade quelques gorgées d'eau froide. S'il accuse du mal de tète, on lui met sur le front des compresses trempées dans de l'eau froide, et qu'on renouvelle toutes les dix ou quinze minutes. Quand la sueur paraît trop lente à venir, on conseille au malade de faire quelques mouvements en se frottant le corps avec les mains, et en frottant aussi les jambes l'une contre l'autre. Au reste, l'époque de l'apparition de la sueur est très variable; il en est de même de la quantité de transpiration donnée par chaque malade; la saison, aussi bien que les dispositions organiques individuelles ou accidentelles, sont les conditions qui déterminent et provoquent ces variations. « Combien de temps la transpiration doit-elle être maintenue? » dit Schedel. Il est difficile de répondre catégoriquement a cette demande : tant de raisons, tant de circonstances peuvent porter le médecin à arrêter ou à prolonger la sudation. Dans tous les cas, il devra prendre pour guide à cet égard la vigueur et la constitution du sujet.

De l'enveloppement humide. — Celui-ci se fait de la même manière que l'enveloppement sec, à cette différence près qu'on place par-dessus la couverture de laine un drap mouillé, et que le malade, se couchant sur celui-ci, en est enveloppé d'abord. Le reste de l'opération se pratique ensuite comme nous l'avons dit plus haut.

Par ce procédé, la sueur vient encore plus lentement que par le premier; elle ne se produit qu'après que le drap a été échauffé et séché. Cependant on voit des personnes réfractaires au premier procédé suer facilement dans l'enveloppement humide.

Il se peut que Priessnitz. comme M. Fleury le lut a reproché, ait abusé de Penu'ioppement humide, et qu'il ait substitué sans discernement

celui-ci à renveloppéinenl sec; toutefois 'nous croyons pouvoir alïirmer <|u'il n'en est pas ainsi dans lous les établissements hydrothérapiques : ainsi )\. Lubanski a réservé l'enveloppement humide pour les maladies fébriles; d'un autre côté, d'après M. Cillebert-Dhercourt, on spécifie comme il suit les diverses indications de l'un et de l'autre enveloppement :

L'enveloppement peut être employé à deux fins, soit pour exciter simplement la peau et répartir plus également la chaleur animale, soit pour provoquer des sueurs plus ou moins abondantes. La voie sèche et la voie humide peuvent être, en diverses circonstances, employées à ces deux intentions; cependant la dernière est plus spécialement réservée pour les cas où la peau du malade est sèche et aride; alors son usage n'est souvent qu'un moyen préparatoire à celui des sudations par la voie sèche. L'enveloppement humide est celui que réclament aussi spécialement les maladies aiguës; on en fait alors des applications courtes, mais répétées. Pour cela, ainsi que l'a indiqué M. Lubanski, on dispose, l'un à côté de l'autre, deux lits préparés pour l'enveloppement humide. Le malade se couche d'abord sur l'un d'eux ; il y est enveloppé; puis il le quitte pour passer sur l'autre aussitôt que la chaleur de son corps a échauffé le drap qui l'enveloppait. Cette opération peut se répéter ainsi six ou huit fois de suite ; le terme de celte répétition est la cessation de la chaleur fébrile et la diminution de la fréquence du pouls.

De ïétiwe sèche. — Ce procédé, recommandé par M. Fleury, est décrit comme il suit parce médecin : « Le malade, entièrement nu, est placé sur un siège élevé, les pieds reposant sur un escabeau ; il est entouré jusqu'au cou par deux couvertures de laine, qui laissent la tête entièrement libre, qu'un cerceau ou un dossier demi-circulaire éloigne du corps, et qui l'enferment dans une atmosphère exactement circonscrite. Une lampe à alcool à quatre becs est placée sous le siège. Aussitôt que la sueur commence à couier, on ouvre une fenêtre pour permettre à l'air extérieur de pénétrer librement dans l'appartement, et le malade boit toutes les dix minutes un quart de verre d'eau froide (8° à 10°). »

« Lorsqu'on se propose, ajoute >l. Henry, d'employer le calorique a titre à' excitant , à' irritant cutané, d'agent de la médication transpositive, lorsque l'on veut obtenir l'effet révulsif, on allume les quatre becs de la lampe à alcool, et l'on porte rapidement la température a -f- 60° ou 65*. » La durée du bain ne doit pas dépasser vingt-cinq à trente minutes; autrement il surviendrait du malaise, voire môme la syncope.

» Lorsqu'on veut obtenir l'effet sud art figue, simple, spoliait f 0\x dépuratif, il ne faut point que la température de l'éluve dépasse UQ° à 50°; en la maintenant dans ces conditions, l'opération peut avoir une durée de plusieurs heures, sans que le malade en éprouve la plus légère incom-

132 UYDROTHÉMPIF.

modité. La suent' s'établit par évaporât ion d'ab..td, par Iranssudatîon ensuite, et elle ne tarde pas à devenir tellement abondante qu'elle ruisselle sur tout le corps. »

Du bain froid après la transpiration, le corps étant en sueur. — Quel que soit le moyen employé pour exciter la transpiration, il est d'usage que le malade, tout couvert de sueur, se jette dans l'eau froide, qu'il prenne une douche froide, ou qu'il soit frictionné avec un drap trempé dans l'eau froide. Celte pratique a pour but de dissiper l'excès de chaleur dont le corps du patient est pénétré, et de fortifier la peau. L'expérience en a démontré la parfaite innocuité. On a cherché à expliquer celle-ci de différentes manières. Il est présumable que la véritable raison de cette innocuité gît dans la brièveté du bain, de la douche ou de la friction froide. « L'eau froide, dit M. Fleury, termine brusquement la transpiration, délivre les malades de la chaleur incommode qu'ils ressentent, en leur faisant éprouver une sensation agréable ; elle les met à l'abri des accidents qui pourraient résulter du contact de l'air froid; enfin elle exerce une action tonique, locale et générale, extrêmement favorable. C'est grâce au bain froid qu'il est permis de soumettre les malades à des transpirations aussi fréquentes et aussi abondantes, sans les épuiser, sans débiliter le système musculaire; c'est grâce à lui que la peau supporte impunément une semblable suractivité de ses fonctions perspiratoircs. C'est en associant le bain froid à la sudation que Priessniiz a véritablement transformé la médication sudorifique, et qu'il a rendu à la thérapeutique un service dont l'importance sera appréciée par tous les praticiens qui voudront bien expérimenter cette méthode. ■>

Toutes précautions sont prises pour empêcher que le malade ne se refroidisse en allant du lit de sudation à la piscine. Dans les lieux où les sudations se font dans des chambres particulières , les gens de service portent dans des fauteuils ou roulent dans de petites voitures les malades encore enveloppés de leurs couvertures. Ailleurs on a créé des salles exprès pour la sudation dans le voisinage des piscines, afin d'éviter plus certainement le refroidissement. Ces créations constituent certainement un progrès, et nous ne comprenons pas pourquoi elles n'auraient pas lieu partout.

Nous nous dispenserons de parler des moyens hygiéniques dont l'hydrothérapie fait usage; en effet, que dire du régime alimentaire et de l'exercice, qui ne se trouve déjà dans tous les traités d'hygiène ou de thérapeutique? Nous noterons cependant que l'alimentation, durant le traitement hydrolhéraqique , doit être aussi substantielle que possible, afin de réparer plus promptement les pertes que celui-ci entraîne.

§£1. DES 1 INDICATIONS DU TRAITEMENT HÏDROTHÉKAP1QUE. — L'ex-

citation tonique, la sédation et la dépuration, voilà donc les trois leviers de l'hydrothérapie; mais ceux-ci pouvant se prêter à un certain nombre de combinaisons, il en résulte que l'hydrothérapie peut donner lieu à un assez grand nombre de médications, que M . Flem y divise en deux classes, savoir :

Première classe. — La médication antiphlogislique , la médication hémostatique, la médication sédative hyposthénisante.

Deuxième classe. — La médication reconstitutive et tonique, la médication excitatrice, la médication révulsive, la médication résolutive, la médication sudorifique, altérante, dépurative, la médication antipériodique, la médication prophylactique ou hygiénique.

Médication antiphlogistique. — On l'obtient au moyen des applications prolongées d'eau tempérée, c'est-à-dire de celles qui n'excitent pas de mouvement réactionnaire. Elle convient aux phlegmasies aiguës superficielles, au début des maladies fébriles, telles que la fièvre typhoïde.

Médication hémostatique. — Elle résulte de l'action propre du froid, qui est alors administré à une basse température. Elle s'applique, comme son nom l'indique, à tous les cas d'hémorrhagie.

Médication sédative hyposthénisante. — Celle-ci peut être obtenue directement, au moyen d'une température modérée, ou indirectement par l'application prolongée de l'eau très froide. Dans ce dernier cas, on se le rappelle, le froid, après avoir comprimé la réaction, donne lieu aux effets tertiaires ou déprimants. Le premier mode d'application se rapproche, par ses effets, de la médication antiphlogistique, mais en bornant la durée de l'application du froid à quarante ou cinquante secondes, on obtient ainsi une sédation directe du système nerveux, qui dissipe très rapidement les accidents ataxiques de la fièvre typhoïde. Le second mode d'application de la médication hyposthénisante convient plus spécialement aux accidents traumaliques : c'est la médication que Baudens opposait aux entorses, aux phlegmons profonds, etc.

Les médications dont il vient d'être question résultent des effets immédiats du froid; celles que nous allons exposer sont le produit des effets consécutifs, et par conséquent ne manifestent leurs propres effets que lorsqu'elles ont été appliquées sans interruption pendant un certain temps.

Médication reconstitutive et tonique. — Celle-ci résulte de l'application courte du froid à -j- 10° ou -(-14° centigr. Elle exige un temps plus ou moins considérable, et un régime substantiel plus suivi que la plupart des autres médications hydrothérapiques. Elle convient spécialement à la chlorose et à l'anémie, au lymphatisme exagéré, aux sujets débiles et ayant un système musculaire peu développé.

134 MYDKO J HhlîAPIE.

Médication excitatrice. — Elle s'obtient également par l'application de l'eau froide à + 10° ou -f- 14° ceuligr. La forme d'application qui réussit le mieux alors est la douche. Elle convient toutes les fois qu'il importe d'exciter la motililé et la sensibilité, par exemple dans les paralysies.

Médication révulsive. ■ — C'est une des plus importantes du traitement liydrothérapique. Elle exige également une température de -{-'10" ou -f- 14" centigr. Mais la révulsion pouvant se produire soit par augmentation d'action organique, soit par congestion, il faudra donner à l'application réfrigérante une durée variable, suivant qu'on voudra obtenir l'un ou l'autre effet : par exemple, deux minutes d'application pour augmenter l'action organique; dix, quinze, vingt minutes pour donner lieu à la congestion. iNous ne pourrions indiquer, même sommairement, tant ils sont nombreux et variés, les cas où la médication révulsive est indiquée. L'intelligence du lecteur suppléera à celle difficulté.

Médication résolutive. — C'est la médication excitatrice, appliquée à la résolution d'une tumeur ou d'un engorgement. Nous ne nous y arrêterons pas davantage.

Médication sudori figue, altérante et dépurative. — ■ Naturellement celle-ci exige l'emploi combiné des sudations et des différentes praiiques bydrialriques. Le grand nombre des cas auxquels elle s'applique fait qu'elle est le plus généralement employée de toutes les médications hydrothérapiques : ainsi elle convient à la plupart des affections chroniques de la peau, du foie, de la rate, du tube digestif; aux congestions sanguines chroniques, aux rhumatismes, à la goutte, aux névralgies, etc., à la syphilis et à la scrofule.

Médication antipériodique. — En administrant une douche on un bain froid peu de temps avant le retour des accidents périodiques, on empêche la manifestation de ces derniers. Les travaux de Giannini (voyez son ouvrage : De la nature et du traitement des fièvres), de MM. Fleury, liecquerel et Basset ont mis ce fait hors de doute. On peut donc faire ainsi disparaître des accès fébriles, des névralgies, en un mot tout accident, indépendant d'une lésion organique, qui se montre sous le type intermittent.

Médication prophylactique ou hygiénique. — Celle-ci se déduit des précédentes. Les médications qui ont dissipé une maladie peuvent, dans une certaine mesure, prévenir le développement de celle-ci chez un sujet qui y est disposé : par exemple, beaucoup de gens doués d'une très grande impressionnabiliié contractent, sous l'influence des changements de l'atmosphère, des affections catarrhales ou rhumatismales; si, pour guérir celles ci, ils ont recours au traitement hydrothérapique, il arrive

qu'après avoir subi celui-ci, non-seulement ils sonl débarrassés de leurs maux, mais encore qu'ils ne sont plus aussi aptes à les contracter de nouveau. De même, en traitant l'affection scrofuleuse par l'hydrothérapie, on arrive à modifier radicalement le tempérament lymphatique, qui en est la disposition première. Donc, en faisant suivre quelques pratiques hydriatriques à des sujets très impressionnables, à des enfants très lymphatiques, à des jeunes fdles nerveuses, etc. , on dissipera certainement les dispositions morbides qui existent chez ces sujets, et l'on empêchera les manifestations qui en sont la conséquence.

La faculté qu'a le médecin de localiser ou de généraliser, suivant le besoin, ces diverses médications, permet d'étendre encore le champ déjà si vaste des applications du traitement hydrothérapique. Nous en avons dit assez pour éclairer le médecin dans les différentes voies qu'il pensera devoir suivre. Rappelons encore cependant celte observation de M. Gibert, à savoir que, dans beaucoup de cas où l'hydrothérapie serait impuissante à guérir par elle-même, elle concourt cependant heureusement au rétablissement de la santé, en aidant à l'action des remèdes, ou en rendant ceux-ci tolérables à l'économie.

Des contre-indications de l'hydrothérapie. — Ou dit généralement qu'il ne faut pas traiter par l'hydrothérapie les malades qui ne font pas bien la réaction, et l'on n'explique pas assez clairement ce qu'on entend par là. Il en résulte que les cas où l'hydrothérapie peut être contre-indiquée ne sont pas bien définis. Veut-on dire que la spontanéité vitale s'éveille difficilement chez le malade en question , ou que celui-ci se réchauffe à peine après avoir pris un bain ou une douche? M. Gillebert-Dhercourt, s'appuyant sur ses propres expériences et sur les observations de Bégin, déclare que la spontanéité vitale ne manque pas d'être excitée par un froid de + 10° à -j- 14° centigr. ; mais il fait observer aussi que la réaction qui en est la conséquence s'éteint au bout de quelques minutes, si le bain se prolonge. Il faut donc préalablement s'assurer si ce malade, qui se plaint de ne pouvoir réagir, ou qu'on voit transi après un bain froid, si ce malade n'a pas exagéré la durée de son bain. Si les conditions de durée ont été observées, si la même difficulté à réagir se représente, après une modération, soit dans le nombre, soit dans les formes des applications réfrigérantes, il faut rechercher si quelqu'une dos fonctions qui concourent le plus directement à la production du calorique animal n'est pas troublée ou empêchée, et nous pouvons dire avec assurance que, dans ce cas, on rencontrera un trouble ou un empêchement. Si l'obstacle vient des fonctions digestives, il peut ne pas être insurmontable; alors, en conduisant le traitement avec beaucoup de modération et de prudence, on atteint le moment où, les fonctions digestives se faisant

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