HYGIÉNIQUES (CONDITIONS
mieux, la caloi ificalion devient plus active, et permet ainsi de donner plus de développement au traitement hydrothérapique. Mais si l'obstacle vient du foyer même qui produit le calorique animal, s'il a son siège dans les voies respiratoires et s'il dépend d'une lésion organique, il faut s'abstenir, et ne pas continuer le traitement hydrothérapique : le malade serait incapable de le supporter. Nous déduirons de ce qui précède qu'il existe une contre-indication capitale du traitement hydrothérapique : c'est le cas d'affaiblissement réel et constaté de la production du calorique animal. Nous disons affaiblissement réel, car on trouve beaucoup de malades, de femmes nerveuses, par exemple, qui ont toujours froid, et chez lesquelles le peu d'activité de la calorification tient uniquement au genre de vie qu'elles mènent. A celles-là l'hydrothérapie est indispensable; il ne faut que ménager le traitement au début. Mais dans les maladies du poumon qui ne permettent plus une réparation suffisante du calorique animal, dans laphlhisie, par exemple, le traitement hydrothérapique est formellement contre-indiqué. Hors ces cas, certains médecins hydrothérapisles ne reconnaissent pas de contre-indication à un traitement hydrothérapique bien dirigé, et convenablement approprié aux forces du malade.
int.iiMtji in (Conditions). Nous exposerons, dans un article ultérieur [voy. Traitement thermal], qu'à côté des propriétés médicamenteuses des eaux minérales et des procédés balnéolhérapiques auxquels ces dernières peuvent être soumises, les conditions hygiéniques rencontrées près de la plupart des stations thermales jouent un rôle également important, et qu'à nos yeux c'est l'ensemble de ces éléments divers qui constitue le traitement thermal proprement dit. Il nous a paru utile de présenter, dans un article spécial, quelques considérations sur cet élément particulier du traitement thermal.
La médecine possède deux sortes de moyens pour conspirer avec l'organisme au rétablissement de la santé : les uns consistent dans l'emploi de médicaments ou de procédés thérapeutiques; les autres dans des pratiques purement hygiéniques, et ces divers ordres de moyens peuvent, suivant les circonstances, être usités séparément ou combinés ensemble; car l'hygiène peut, aussi bien qu'une médication proprement dite, et quelquefois à un bien plus haut degré, entraîner dans un organisme altéré des modifications salutaires, c'est-à-dire une impulsion vers le retour aux conditions normales, (l'est surtout dans les maladies chroniques, auxquelles la médication thermale est exclusivement adressée, qu'elle doit contribuer à remplir cet objet, à l'aide des moyens lents et graduels, mais continus et persistants, dont elle dispose.
Si l'on veut, en effet, que l'organisme subisse ces changements profonds et successifs qui peuvent seuls le ramener de l'état morbide à l'état
HYGIÉNIQUES (CONDITIONS,. i 37
normal, il faut d'abord qu'il se trouve environné des conditions le plus en rapport avec le jeu régulier des organes, avec l'accomplissement parfait de leurs fonctions. Or quels moyens apparaissent propres à le faire entrer et à le maintenir dans cette voie nécessaire, si ce n'est ceux que nous pouvons puiser dans l'usage bien dirigé des agents qui constituent la matière de V hygiène, atmosphère, aliments, exercice? (Durand-Fardel, Traité thërap. des eaux min., 1857.)
Jl est difficile, dans l'étiologie et dans la pathogénie si obscures et certainement si complexes de la plupart des maladies chroniques, de ne pas faire jouer un rôle considérable à ces éléments essentiels de la vie physique, sans parler de ceux non moins réels, mais plus difficiles à saisir, de la vie intellectuelle ou affective. De là ressort l'indication presque constante de chercher à changer les conditions au milieu desquelles ces maladies se seront développées.
Ou ces conditions étaient par elles-mêmes nuisibles, et ont pris une part quelconque à la constitution de la maladie, et alors il est évident que leur éloignement est indispensable à la guérison ; ou elles étaient indifférentes, mais impropres alors à solliciter de la part de l'organisme les efforts salutaires exigés pour son retour à la santé, et il y aura tout a gagner à en changer la modalité.
Le changement, tel est le fait qui domine les influences hygiéniques, considérées comme adjuvant des eaux minérales: aussi, toutes choses égales d'ailleurs, devra-t-on faire choix des stations thermales qui, par l'éloignement, le climat, le caractère du site, les habitudes même de la localité, différeront le plus du séjour du malade. C'est surtout dans le traitement des maladies diathésiques et constitutionnelles que de semblables conditions seront réclamées avec sollicitude. Qui ne sait, en effet, que le changement de milieu et d'habitudes est souvent le seul moyen auquel on puisse avoir recours pour enrayer dans sa marche le développement d'affections générales contre lesquelles la thérapeutique demeure impuissante? Nous en dirons autant lorsque les eaux minérales auront à faire l'office de médication reconstituante. Pour aider le traitement thermal à remonter l'énergie des fonctions, à modifier puissamment la nutrition, il faut changer autant que possible le mode d'activité de l'organisme. Sans doute, dans le traitement d'affections simples, où l'action, soit substitutive, soit résolutive, des eaux minérales sera spécialement invoquée [voy. Médication THERMALE], ce concours de circonstances nouvelles n'offrira plus la même importance. Mais cest sur le véritable terrain des eaux minérales, agents les plus précieux des médications altérante et reconstituante, qu'il faudra surtout s'efforcer de les réunir.
Les conditions atmosphériques, l'exercice, la [distraction, tels sont
138 HYPOCAViSTE.
les trois éléments pris dans le sens hygiénique, que l'on doit rechercher
près des eaux minérales,
Nous renverrons aux articles Altitude, Climat, Exekcice, Saison. Il suffisait de signaler, dans le présent article, l'importance générale de ces différents sujets, dont aucun n'est indigne de fixer les préoccupations des hommes de l'art. S'il importe de tenir compte d'abord des propriétés des eaux minérales, des modifications qu'elles sont appelées à apporter dans la constitution de nos organes et dans l'exercice de nos fonctions; s'il importe d'apprécier l'aide qu'elles rencontrent, pour seconder leur action, dans les agents multiples de la balnéolhérapie, il faut penser encore que les eaux minérales offrent des ressources non moins réelles à la médecine morale et à la médecine affective.
Le repos d'esprit, l'éloignement des affaires, l'interruption d'un labeur journalier, l'attrait ici d'une contrée sauvage et d'une solitude active, 1!» d'un société brillante et de plaisirs mondains, agissent puissamment sur certains organismes. L'influence d'une médication sera souvent doublée par l'heureuse appropriation de ces conditions variées au caractère et aux penchants des individus.
Et ce n'est pas seulement sur les névroses que ces influences, en apparence artificielles, exercent leur empire. Les maladies organiques ne les réclament pas moins impérieusement, et ce n'est pas une étude d'un médiocre intérêt, que de rechercher la part qu'elles peuvent prendre à leur traitement salutaire, à côté des agents les plus formels de la thérapeutique.
hïpaïiiie (Grèce, Péloponèse).
Chlorurée sadique. Tempér. , 20° centigr.
Eau : un litre.
Grain.
Chlorure de sodium 9,926
— de potassium 0,222
— de calcium 0,047
— de magnésie 0,705
Acide silicique 0,010
— carbonique libre 1 ,329
— sulfhydrique libre 0,006
14,667 (¥. Geiger, 1859.)
Cette eau minérale passe pour laxative.
1IYPOCAUSTE. Appareil souterrain qui, dans la disposition des thermes anciens, chauffait les bains, et fournissait de l'air chaud à la partie de l'édifice où était le laconicum. On a découvert plusieurs hypocaustes assez bien conservées en France à Saintes, à Lillebonne, à
HYPOCttONDUIE. l.Ui
Liliane; tu Savoie, à Aiv; en Angleterre, à Worcester et à Hope, dans le coinlé de Ghester. Pour la description de ces appareils, voy. Bains, Étuve.
UYPOCilOftMtii:. Les eaux minérales sont indiquées dans l'hv puchondrie quand les troubles fonctionnels des organes renfermés dans la cavité abdominale l'emportent sur les phénomènes vésaniques. Dans ce dernier cas, elles n'auraient à intervenir qu'autant qu'on jugerait à propos de les faire entrer dans le traitement moral ou hygiénique de cette maladie. Lorsque les auteurs du Dictionnaire de Nysten, 10/ édit. , ont avancé « que le traitement de l'hypochondrie consiste presque uniquement dans l'emploi des moyens hygiéniques et des influences morales, » ils ont méconnu tout un côté de l'histoire de cette maladie, le plus important peut-être, dans ce sens qu'il se prête aux indications les plus faciles à préciser et à remplir. Les eaux minérales agissent très formelleineni, à titre médicamenteux, dans l'hypochondiie; cependant nous convenons volontiers qu'en dehors d'elles, la thérapeutique de l'hypochondrie est à peu près négative.
L'hypochondrie proprement dite, telle que i'a décrite Fr. Hoffmann, présente un ensemble de caractères composés de symptômes dyspeptiques, avec prédominance saburrale ; intestinaux, avec flatulence et constipation ; bilieux, avec ralentissement du cours de la bile; enfin de langueur de la circulation abdominale, avec étal hémorrhoïdaire, sous l'influence desquels se trouve l'état mental. C'est sur cet ensemble de phénomènes abdominaux que portent spécialement les indications, et c'est à ce litre que les eaux minérales sont indiquées.
Les eaux minérales indiquées seront donc celles qui se trouveront les plus propres à rétablir les fonctions digeslives, à activer les fonctions intestinales, à stimuler les fonctions hépatiques, à ranimer la circulation abdominale, à développer les hémorrhoïdes.
Dans le traitement ordinaire de l'hypochondrie, on n'obtient guère de résultais avantageux que des purgatifs. Bien que les effets de ces derniers soient passagers et qu'il soit impossible d'insister sur leur usage, sans inconvénients, au delà d'une certaine mesure, on pouvait déduire de celle observation que les eaux minérales purgatives seraient indiquées. Il en est effectivement ainsi. Les eaux minérales purgatives sont spéciales dans le traitement de l'hypochondrie, les chlorurées sodiques et les sulfatée» sijt/iques, les premières surtout, dont les propriétés physiologiques sont plus complètement en rapport avec les indications multipliées (pie nous avons exposées plus haut. Les eaux chlorurées sodiques relâchent et fortifient, dit justement M. Gardey.
L'Allemagne est beaucoup plus riche que la France en eaux minérales
140 HYPOSULF1TES.
purgatives : c'est sans doute pour cette raison que le traitement de l'hypochondrie y est beaucoup plus en faveur que parmi nous. Karlsbad, Hombourg , Wiesbaden , sont les stations les plus fréquentées par les hypochondriaques. Si ces deux dernières, par leur situation et le caractère de leur installation, semblent présenter toutes sortes de conditions favorables au traitement moral, on ne saurait précisément en dire autant de la première.
Lorsque les symptômes dyspeptiques ou bilieux dominent, on préférera les eaux de Karlsbad, à condition toutefois que la faiblesse ne soit pas très prononcée; mais si les indications semblent devoir se rapporter plutôt a l'état hémorrhoïdaire, il ne faut pas hésiter à recourir aux eaux de Hombourg ou de Wiesbaden, ou aux eaux analogues.
Celte distinction des hypochondries, suivant que les symptômes dyspeptiques ou hépatiques prédominent, ou bien les phénomènes hémorrhoïdaires, nous paraît importante, bien qu'elle n'ait pas encore été signalée avec une certaine précision. Nous n'avons pas a y insister ici, en dehors de l'ordre de faits thérapeutiques qui nous occupe.
Nous n'avons mentionné jusqu'ici que des stations étrangères. En France, nous trouvons Vichy, qui répond très nettement aux indications rapportées à Karlsbad, au point de vue de la prédominance des symptômes dyspeptiques ou hépatiques. On obtient, en effet, à Vichy des résultats avantageux dans ces sortes d'hypochondries. Cependant les propriétés purgatives de Karlsbad s'y laissent regretter, et assigneront toujours à cette dernière station une prééminence réelle. D'un autre côté, nous ferons remarquer que les sources ferrugineuses de Vichy permettent d'employer ces eaux dans des cas où l'épuisement du système nerveux à la suite de pertes séminales, ou un certain degré d'anémie, ne permettent pas de recourir à Karlsbad. Nous pensons du reste que, dans ces derniers cas en particulier, la médication purgative est peu praticable, et Vichy reprendrait à leur sujet un certain avantage sur les eaux de Hombourg, par exemple.
Lorsque le système nerveux est très affaibli, des eaux peu minéralisées, telles que celles de Wildbad en Allemagne, la Malou en France, se prêtent quelquefois mieux à sa reconstitution.
Les eaux chlorurées sodiquesen France n'ont guère été recommandées contre l'hypochondrie. Nous ferons une légère exception en faveur de Niederbronn. Ce qui les rend sans doute moins propres au traitement de cette maladie que leurs analogues de l'Allemagne, c'est qu'elles sont en général beaucoup moins gazeuses et moins digestives.
Ul'POSULFlTES. Les hyposulfites ne sont pas considérés comme des principes minéralisateurs normaux des eaux minérales; toujours, du
HYPOSULFiTKS. lil
moins nu le suppose, ils résultent de l'altération des sulfures dès que les sources reçoivent le conlact de l'air; c'est donc dire qu'ils se rencontrent principalement dans les eaux sulfurées dégénérées. Il convient cependant d'ajouter que la présence des hyposulfites dans les eaux a été admise autant par voie hypothétique que par voie expérimentale : c'est qu'en effet la séparation de l'acide hyposulfureux à côté de l'acide sulfureux n'a pas été indiquée d'une manière très certaine. Voici par exemple le moyen que l'on trouve indiqué par M. O. Henry :
L'eau minérale est additionnée de bicarbonate de potasse, et mise en ébullilion pendant quelque temps. Par ce moyen, l'acide sulfhydrique et les sulfures sont décomposés, et les hyposulfites ne sont pas attaqués. Lorsque la solution ne répand plus d'odeur sulfureuse, on la traite par le chlorure de baryum; on sépare le précipité de carbonate, de sulfate et de silicate de baryte, et dans le liquide filtré, on ajoute la liqueur titrée d'iode. On calcule ainsi l'acide sulfureux, en se rappelant que 100 parties de soufre équivalent à 150 d'acide hyposulfureux.
Ce procédé nous semble entaché d'une erreur très grande, qui provient de la présence des sulfites; or tous les chimistes savent que ces sels absorbent l'iode presque à la manière des hyposulfites; ensuite rien ne prouve que pendant l'ébullition de l'eau sulfurée avec le bicarbonate de potasse, une minime proportion de l'acide sulfhydrique ou des sulfures ne se convertit pas, soit en sulfite, soit en hyposulfite.
Il nous semble que ces difficultés peuvent être levées par le mode opératoire indiqué par M. Werther pour séparer entre eux les sulfures, les carbonates, les sulfates et les hyposulfites alcalins.
On introduit dans un flacon, de la contenance de deux ou trois litres, une petite quantité de carbonate de cadmium très pur, récemment précipité et conservé à l'étal de bouillie épaisse. On précipite ainsi tout l'acide sulfhydrique libre, le soufre des sulfures alcalins et l'acide carbonique à l'état de sulfure et de carbonate de cadmium, sels d'une très grande insolubilité. Dans le liquide séparé du précipité, on verse une solution de nitrate d'argent, et l'on fait bouillir pendant longtemps. Il se dépose, entre autres sels, du sulfure d'argent formé d'après l'équation suivante :
S202, KO -j- Az05, AgO = S03AgO + SAg -)- Az05.
Le mélange des sels insolubles est traité ensuite par l'ammoniaque, qui abandonne seulement, sous la forme d'un précipité noir, le sulfure d'argent. Celui-ci est dissous dans l'acide nitrique bouillant, et la liqueur est additionnée d'acide chloihydrique qui précipite tout l'argent à l'état de chlorure. Chaque équivalent de chlorure d'argent représente ainsi un équi\ aient d'hyposulfite de soude.
le* HYSTÉRIE.
Asirié a lait une élude particulière de l'action physiologique et thérapeutique des sulfites et des hyposulfilcs. Voici comment il s'exprime à ce sujet :
« Tas byposulfites et les sulfites se rencontrent en quantité appréciable dans beaucoup d'eaux sulfureuses des Pyrénées. Leur action chimicophysiolngique a été établie par des essais répétés, desquels il est résulté que ces deux sels agissent à peu près de la même manière: qu'ils sont rapidement absorbés; qu'ils exercent sur les matières mucoïdes etalbuminoïdes la même, action fluidifiante que les sulfures, mais à un moindre degré; que les réactions sont pins nettes et plus promptes avec les sulfites qu'avec les byposulfites; que les hyposulfite et sulfite de soude éclairassent, fluidifient le sang, et lui donnent une teinte rosée très belle qu'il conserve.
» le sulfite et l'hyposulfite de soude, pris à l'intérieur, produisent sur l'organisme des pbénomènes d'excitation générale analogues à ceux que provoque, l'ingestion des sulfures alcalins ; mais ces phénomènes sont beaucoup moins marqués qu'après l'ingestion de ces derniers. L'action de l'hyposulfite ou du sulfite est plus douce; elle irrite rarement les premières voies; l'appétit est provoqué sans ardeur épigaslrique | lé cours des urines augmente presque toujours d'une manière notable. »
Il résulte de ces considérations que le sulfite et l'hyposulfite de soude, considérés au point de vue de leur action thérapeutique, doivent prendre place à côté du sulfure de sodium, c Je suis convaincu, ajoute Asirié, que beaucoup d'eaux sulfureuses, dépourvues de goût et de réaction sulfurée, doivent aux byposulfites et aux sulfites qu'elles contiennent le privilège de participer à l'action des eaux sulfurées, dans le traitement des maladies qui réclament leur emploi : c'est ainsi que je comprends l'action des sources de Nossa, près de Vinça , de l'eau bleue à Ax, de bien d'autres sources, plus ou moins sulfurées, et celle des sulfureuses dégénérées, appliquée à la curation des maladies dartreuses et catarrhales, etc. » (Astrié, De la médic. therm. sulfur. appliquée au trait, des mtdail. chron. Thèse de Paris, 1852. j Ce rapprochement de l'action des eaux sulfurées et des eaux sulfureuses dégénérées, au sujet des affections herpétiques et du catarrhe pulmonaire, est un point sur lequel il importe de faire des réserves.
HYSTÉRIE- Bien des hypothèses se sont produites sur la nature de l'hystérie, et ont fait varier les loi nulles du traitement qui lui convient. Avec M. Briquet, auquel on doit un savant traité sur la matière, nous regardons {'affection hystérique, ainsi que l'appelait Sydenham, ou Yhystéricisme, nom adopté par des auteurs modernes, comme un état dynamique, comme une maladie dépendant du système nerveux. Quelle
HYSTÉRIE. m
que soit la cause attribuée à l'hystérie, productrice ou déterminante, il est certain qu'avec elle les fonctions du centre encéphalo-rachidien perdent leur équilibre normal, et que de ce désordre, réagissant sur divers organes d'une manière plus ou moins prolongée, naissent des anomalies et des complications, effets bizarres ou graves trop souvent considérés comme primordiaux. M. Briquet {Traité clinique et thérapeut. de l'hystérie, 1859) insiste avec raison sur la nécessité de distinguer la part de la névropalhie générale et celle des réactions secondaires, dont les organes deviennent le siège et le centre à leur tour. Ainsi se déroulent successivement ou partiellement, selon que telle ou telle influence l'emporté, mais toujours enchaînées à l'état hystérique, les manifestations du côté de l'encéphale, de l'estomac, de l'utérus, du cœur, des poumons et des appareils musculaires. Nous n'avons pas à entrer ici dans la discussion du point de départ de ces phénomènes, lequel est localisé exclusivement par M. Briquet dans la partie affective du cerveau. Mais il est un côté de la question qui nous intéresse plus directement, c'est à savoir que le degré d'intensité de l'hystérie se mesurera au degré de susceptibilité nerveuse imprimée par l'hérédité, par les prédispositions idiosyncrasiques et par l'action des causes déterminantes. En tête de ces dernières, figurent toutes les circonstances débilitantes, maladies longues, convalescences pénibles, affections constitutionnelles, traitements affaiblissants, défaut d'alimentation, etc., autant de motifs de souffrance et de malaise à mettre à côté des émotions morales dans la pathogénie de l'hystérie.
Les eaux minérales et le traitement marin se partagent les indications tirées des considérations qui précèdent. 1" Il s'agit de remédier à l'altération plus ou moins prononcée de l'économie, tantôt antérieure à l'apparition des premiers symptômes hystériques, tantôt consécutive à ceux-ci. 2" Il faut atténuer le développement excessif de l'impressionnabiiilé nerveuse. Médication reconstituante, action sédative, tels sont les deux termes précis de cette thérapeutique.
On ne s'étonnera pas si la fréquence d'une maladie qu'entretiennent et propagent tant de causes physiologiques et morbides, peuple, chaque année, de ses victimes, les stations thermales les plus différentes. Aussi est-il peu de notices sur les eaux minérales qui n'en revendiquent la cure. En se reportant aux bases que nous avons posées, il sera facile de démêler la spécialisation réelle qui revient aux unes ou aux autres. Evidemment là où les eaux ferrugineuses permettent parleur thermalilé ou leurs aménagements un traitement thermal proprement dit et ne sont pas bornées par conséquent à leur simple rôle complémentaire, il y a avantage a les employer ; nous citerons à cet égard, Luxeuil, certaines sources de Bugni'res-de-hi.gorre, Hennés, Sglvanés, Charbonnières, en