‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 53 sur 310 · INDES ANGLAISES · texte numérisé non relu

INDES ANGLAISES

de médication excitatrice et de traitement reconstituant qu'on trouve dans la thérapeutique thermale ou marine. Là où de puissants et ingénieux moyens d'action sont maniés par des médecins expérimentés (Aix en Savoie, Néris), nul doute qu'indépendamment de toute considération de minéralisation et à l'aide d'une thermaliié énergique, on ne parvienne à rappeler l'influx nerveux dans les parties qui en étaient dépourvues, à réveiller la conlractilité musculaire, et finalement à rétablir l'équilibre dynamique nécessaire aux fonctions de la vessie. On obtiendrait des résultais analogues près des sources sulfurées et chlorurées sodiques fortes (Bore'ges, Cuuterets, Bolaruc, Bour bonne , Bourbon-// Archambault). On en cite à Tœplitz en Bohême, et surtout dans les eaux dites indifférentes de Wildbad et de Gastein; mais c'est toujours à la condition de diversifier les procédés d'application, bains, douches générales on locales, injections, e! de les mesurer, ainsi que l'emploi des degrés variés de température, selon les données idiosyncrasiques et constitutionnelles des sujets. Ainsi, chez les enfants ou chez les pubères, il est assez commun de voir l'incontinence nocturne liée au lymphatisme, quelquefois au retard de la seconde dentition, d'autres fois, dans le sexe féminin, à la difficulté d'établissement des menstruations. On prescrira de préférence les eaux dont la spécialisation embrasse ces conditions morbides ou physiologiques [VOV. CDL015LRÉES SODIQUES (EAUX). DYSMÉNORRHÉE]. Les bains de mer, à la fois en vertu des éléments minéraiisateurs de l'eau et de l'action du froid qu'on met en jeu , peuvent combattre avec succès l'incontinence d'urine nocturne, et même plusieurs espèces d'incontinences pour ainsi dire purement nerveuses, ou dépendant d'un état général affaibli. Mais tous les sujets ne réagissent pas également, dans le jeune âge, sous l'influence du traitement marin, et il en est qui se trouvent mieux de la médication thermale [voy. Enfance]. Enfin les eaux ferrugineuses (Spa, Orezza, Bus&ang) contribueront, dans certains cas, à ranimer l'activité des fonctions digeslives et à seconder l'efficacité des autres agents fortifiants II est à regretter de ne rencontrer dans les monographies spéciales que peu d'exemples relatifs à la cure de l'infirmité dont nous traitons, et pour laquelle nous croyons donner ici les préceptes les plus rationnels.

INCRUSTATIONS. Voy. DÉPÔT.

INDES anglaises. Les sources minérales sont extrêmement nombreuses dans les possessions anglaises de l'Inde, et se rencontrent souvent à de grandes hauteurs. La plupart sont thermales, mais généralement peu minéralisées. C'est surtout dans la province de Tenasserim , dans quelques régions de l'Himalaya, dans le Konkan et le Sinde, qu'elles ont été signalées. On peut consulter, pour leur dénombrement, une

INDICATIONS. lai

notice du docteur Macpherson, insérée dans Indian Aimais (Calcutta» 1854), et extraite par M. Réunion t dans le BulneologîicAe Zeitung, t. II, p. 122. Malheureusement les analyses chimiques et l'indication des températures fout défaut dans ce catalogue, qui comprend sommairement toutes les minéralisations que nous connaissons.

Il paraîtrait qu'aux Indes, comme en Afrique, des idées superstitieuses s'attachent aux sources thermales, et la découverte d'une eau chaude dans quelque endroit en fait bientôt un lieu de pèlerinage pour les dévots. Cependant il en est de renommées pour leurs vertus médicales : on cite celles de Malacca, de Munnee /\arn, de Lnkkee Pass, et près de Delhi, les eaux de Sonah, que de vastes constructions abritent pour la commodité des baigneurs indigènes. Ces sources sont réputées presque toutes sulfureuses. On les laisse à la portée des malades de chaque classe. Mais jusqu'ici les Européens n'en ont pas fuit un usage régulier. Quoique des médecins de l'armée anglaise aient essayé de les appliquer au traitement du soldat, leurs efforts sont restés infructueux. Il faut convenir aussi que les conditions de salubrité d'air et de climat manquent à la plupart des siations thermales indiennes. M. Macpherson en excepte les bains sulfureux de Bukle&ir, près de Calcutta. Plusieurs sources abondantes, dont la température s'échelonne entre 28° et 72° centigr. , un site très agréable, au bord d'une petite rivière, non loin de la ville de Tantipara, dans d'excellentes données hygiéniques, tout est réuni là pour réaliser une installation des plus utiles, et sur laquelle les habitants de la contrée ont pris les devants en y fondant un petit temple sous l'invocation du dieu Maha, le Priape de l'Inde.

INDICATIONS. Le traitement thermal est exclusivement indiqué dans les maladies chroniques. Si quelquefois on voit administrer des eaux sulfureuses ou bicarbonatées, pures ou coupées, dans le cours de maladies aiguës ou à leur déclin, c'est à simple titre de médicament; et cette pratique n'appartient en rien à la médication qui nous occupe.

Mais l'emploi des eaux minérales, comme celui de tout autre agent thérapeutique, comporte des exceptions : nous les signalons ailleurs [voy. CoNTUE-lNDtcmoNs]. Même dans la généralité de leurs applications, il y a des règles à observer, et qu'on a trop souvent omises pour se perdre dans des banalités oiseuses ou des éloges intéressés. C'est déjà beaucoup sans doute que de reconnaître à celte médication le privilège sur un grand nombre d'autres de procurer une guérison rapide et radicale dans des circonstances données. Il faut encore que les conditions de son utilité soient établies à un point de vue vraiment médical.

La méthode la plus rationnelle pour envisager les indications des eaux minérales nous paraît devoir les rattacher aux notions que nous possé-

dons touchant les caractères de la médication thermale elle-même. Celleci, disons-nous dans un autre article, se divise, d'après ses attributions diverses, en altérante, reconstituante, substitutive, résolutive et sédative [voy. Médication thermale]. Tout en laissant à l'empirisme la part toujours assez large qui lui revient, nous ne pouvons mieux faire que de rechercher, dans les maladies chroniques, les conditions correspondantes à chacun des caractères assignés à la médication thermale, et de montrer comment on en peut déduire l'indication des eaux minérales.

Celte interprétation placée entre l'exposé des préceptes et celui des faits permettra au lecteur de compléter les lacunes et de relier un ordre d'idées à l'autre.

1° Indications relatives à la médication altérante. — « On appelle altérants les médicaments qui changent d'une manière insensible, et sans provoquer d'évacuations, l'état des solides et des liquides. •> (Dictionn. de Nysten, 10e édit.) La médication altérante est donc celle qui change insensiblement la manière d'être de l'organisme, c'est-à-dire qui se montre la plus propre à modifier les états constitutionnels etdiathésiques. Or les eaux minérales représentent au plus haut degré ce caractère de médication antidialhésique, caractère qu'il est si difficile d'assigner à aucun des agents de la thérapeutique ordinaire. L'existence d'un étal diathésique ou constitutionnel est une des indications les plus importantes et les plus spéciales du traitement thermal. Que ce soit à titre curatif ou de simple modificateur, nous n'avons pas à l'examiner ici [voy. Diathèses]. Eu égard à l'indication, il suffit pour nous que ce soit à titre salutaire et supérieur aux autres médications.

Cependant nous devons éliminer la diathèse cancéreuse , contre laquelle les eaux minérales sont parfaitement impuissantes, et sur les manifestations de laquelle elles semblent plutôt exercer une influence fâcheuse. La diathèse tuberculeuse, bien que très difficile également à saisir par elle-même, semblant dépendre de conditions générales mieux spécialisées que celles de la précédente, peut êlre, alors surtout que les manifestations en sont très locales, enrayée ou ralentie dans sa marche.

Quant aux diathèses que représentent la scrofule, Y hermétisme, la goutte, la gravelle, le rhumatisme, c'est à leur sujet que les propriétés spéciales des eaux minérales se montrent avec le plus d'avantages. Sauf les contre-indications particulières, au sujet desquelles nous renvoyons une fois pour toutes à l'article Contre -indications, et surtout aux articles concernant chacun de ces divers états morbides, nous pouvons établir que l'existence de quelqu'un des états diathésiques que nous venons d'énumérer indique toujours par elle-même les eaux minérales, ainsi que les états constitutionnels qui se trouvent placés sur leurs limites,

représentant tantôt une diathèse affaiblie , tantôt un tempérament exagéré.

Les eaux minérales qui ont à intervenir clans les cas de ce genre sont spécialement des eaux fortement caractérisées, telles que les bicarbonatées sodiques, les chlorurées fortes, les sulfurées les plus fixes, les eaux à therrnalité élevée. L'action thérapeutique sera encore d'autant plus sûrement atteinte, que les agents accessoires de la médication thermale se rencontreront plus complets, les conditions climatériques et topographiques par exemple.

2° Indications relatives à In médication rlconstttuante. — Si les diathèses se présentent à nous comme des états à caractères très précis et très spéciaux, et réclament des médications très spéciales, les maladies chroniques nous offrent d'un autre côté, dans une foule de circonstances, des conditions fort peu définies, communes aux états pathologiques les plus divers, et que l'on peut exprimer par l'abaissement de l'organisme au-dessous d'un certain degré : c'est la faiblesse, ou mieux V atonie. La convalescence des maladies aiguës, l'évolution des maladies chroniques, sont souvent entravées par la langueur de l'économie, la torpeur des fonctions, l'amoindrissement de la nutrition, en un mot. C'est à ces conditions qu'il faut opposer une médication reconsti tuante, qualification qui répond plutôt à l'objet recherché qu'elle n'exprime un ordre particulier de moyens. Or le traitement thermal offre pour cette action reconstituante des ressources multipliées.

Bien que les eaux nettement minéralisées et actives par elles-mêmes en soient effectivement les agents les plus sûrs, cependant on peut dire que la médication thermale tout entière y est propre, et que souvent les adjuvants hygiéniques y prennent une part aussi grande que les principes minéralisateurs. Tout cela est une question d'application individuelle. Les eaux les moins minéralisées peuvent se trouver les mieux applicables, quand à l'affaiblissement de l'organisme se joint une excitabilité particulière du système nerveux. Dans tous les cas, ce que nous pouvons affirmer, c'est que toutes les fois qu'une médication reconstituante se trouve indiquée, les eaux minérales se présentent comme le moyen le plus puissant et le plus rapide dans ses effets. C'est sur ce terrain particulier que l' hydrothérapie se rapproche de la médication thermale, et le traitement marin paraît comme un intermédiaire qui emprunte à l'une et à l'autre de précieux éléments.

Nous ajouterons enfin que, si les indications relatives à la médication altérante se montrent en tète des indications du traitement thermal, c'est parce que les eaux minérales en sont la plus haute expression, et la revendiquent tout spécialement; mais que c'est la médication reconsti-

tuante qui en représente les applications les plus communes et les plu-. étendues, abstraction faite de toute forme pathologique spéciale.

3° Indications relatives à la médication substitutive. Ici nous rencontrons des indications beaucoup plus restreintes et moins faciles à déli nir, ou du moins à préciser. La médication substitutive appartient plus encore aux maladies aiguës qu'aux maladies chroniques; cependant les inflammations chroniques et les dyscrasies des membranes muqueuses ou cutanées, en d'autres termes, les affections catarrhales, réclament souvent l'emploi de modificateurs qui semblent agir par une véritable substitution.

L'école de Bordeu, dont les idées, tout en se circonscrivant dans un cercle trop restreint, n'en avaient pas moins, pour beaucoup d'applications, un grand caractère de vérité, reconnaissait surtout celte action des eaux minérales. Faire passer la maladie chronique à l'état aigu, tel semblait, à ses yeux, l'unique problème à résoudre. Plus tard, la doctrine de l'exciiation sembla s'inspirer des mêmes données thérapeutiques. Or il est incontestable que l'excitation est un effet liés général des eaux mi néiales. Jl n'est pas moins certain qu'une action véritablement substitu tive est souvent provoquée par elles; mais ceci ne représente qu'une faible partie de leurs propriétés. Bien plus, nous pensons qu'il est rare que l'action substitutive puisse être exclusivement invoquée; quelque chose de plus spécial est plus nécessaire, dans la plupart des cas, pour atteindre la guérison.

Les eaux sulfureuses sont les agents les plus ordinaires de la médication substitutive. Les dermatoses et les affections catarrhales en sont l'objet le plus habituel; mais ces eaux ne perdent pas pour cela la spécialisation de leur action contre l'herpétisme, élément essentiel d'un grand nombre de ces affections. Sans doute, dans l'action des chlorurées sodiques fortes sur les manifestations du lymphatisme et de la scrofide, une action substitutive se joint souvent à leurs propriétés spéciales. Nous mentionnerons encore les eaux bicarbonatées sodiques dans un grand nombre d'affections de l'appareil gastro-intestinal, y compris celles d'Ems dans le traitement des affections catarrhales.

On remarquera que celle médication, beaucoup plus simple que les précédentes, se rattache bien plus directement à l'emploi méthodique d'une eau minérale appropriée, sans qu'il faille accorder la même importance à l'intervention des agents accessoires et complémentaires du traitement thermal, moyens balnéaires et conditions hygiéniques.

k° Indications relatives à la médication résolutive. — La médication résolutive paraît, au premier abord, plus simple encore que la précédente. Elle se trouve indiquée dans une foule de circonstances où la résolution

INDICATIONS. ISS

d'un engorgement est réfractaire à l'action des agents ordinaires de la thérapeutique. L'indication des eaux minérales a trait plus souvent aux engorgements des organes eux-mêmes, foie, rate, utérus, etc., qu'aux tumeurs indépendantes de ces derniers. Ceci est un fait d'observation. On voit chaque jour des engorgements du foie ou de la matrice ne céder qu'à l'application des eaux minérales, sans que l'on puisse croire avoir mis en jeu autre chose que leur action directement résolutive. Ceci s'obtient presque exclusivement des eaux bicarbonatées sodiques, sulfatées sodiques, chlorurées sodiques, et des plus minéralisées d'entre elles (eaux fortes).

Mais il s'en faut que l'indication résolutive se produise toujours avec un tel caractère de simplicité.

Si la résolution des engorgements est difficile à obtenir, c'est en général par suite de quelque circonstance jusqu'à un certain point étrangère «i leur propre évolution, c'est-à-dire qu'ils doivent leur persistance à l'existence d'un état diathésique ou constitutionnel prononcé, ou bien à un état général d'affaiblissement de l'économie, de langueur de l'organisme. L'indication résolutive est alors subordonnée à l'indication altérante ou à l'indication reconstituante. Ces cas rentrent donc parmi ceux que nous avons énumérés plus haut, et auxquels il faut presque toujours revenir lorsqu'il est question de rechercher les véritables applications de la médication thermale.

.">" Indications relatives à la médication sédative. — Ces indications sont celles qui tiennent certainement la moindre place dans la médication thermale. Celle-ci fournit les éléments d'une hydrothérapie tempérée, qui lend à ramener l'équilibre dans les fonctions sans entraîner de réaction vive, et dont la tolérance est généralement assurée, moyennant une direction méthodique. Si les névralgies elles-mêmes y trouvent rarement une guérison formelle, l'état névropalhique, c'est-à-dire la prédominance générale et presque toujours désordonnée du système nerveux, y rencontre assez souvent une influence sédative difficile à obtenir par d'autres procédés. Cependant il ne faut pas se méprendre sur la portée de cette action, et considérer les eaux minérales comme de véritables antispasmodiques.

L'état névropalhique est presque toujours entretenu ou exaspéré par quelque autre condition morbide, troubles fonctionnels, faiblesse, altération de ia nutrition, de la composition du sang, prédominance constitutionnelle ou diathésique. Nous rentrons encore ici dans les indications relatives à la médication altérante oxx reconstituante. Mais ce qui rend ce problème thérapeutique si difficile et quelquefois impossible à résoudre, dans le cercle des agents ordinaires de la thérapeutique, entraîne les

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