INDIFFÉRENTES (EAUX
mêmes difficultés dans l'emploi des eaux minérales; en effet, les agents actifs de ces médications ne sont plus applicables ici. Il faut s'en tenir à des eaux qui ne nous représentent que l'expression affaiblie de celles qui se fussent trouvées indiquées dans des circonstances plus favorables. La prédominance calcique dans les bases offre ce caractère remarquable, d'amoindrir les propriétés excitâmes, en même temps que l'activité thérapeutique, qui appartenaient aux eaux sodiques les plus rapprochées. La classe des sulfatées, en particulier, plus souvent calciques ou mixtes que sodiques, présente dans les eaux de Foncaude, à'Ussat, de Bagnêres, (.VFncansse, des types intéressants d'eaux minérales revendiquées par la médication sédative. On en trouvera d'autres encore parmi les sulfurées dégénérées, converties par leur transformation en de légères compositions alcalines fortement chargées de matières organiques. Enfin la plupart des classes présentent, au bas de leur échelle de minéralisation, des eaux faiblement minéralisées [voy. Faibles (Eaux)] qui appartiennent au même ordre d'applications.
Si l'on a bien saisi l'enchaînement des considérations que nous venons d'exposer, on a pu se faire une idée précise des indications des eaux minérales, de la spécialisation de leurs applications, comme de la généralisation de leurs caractères. Entrer plus avant dans cette étude, nous forcerait d'aborder l'examen des faits particuliers; mais ce sujet appartient aux articles consacrés à chacun de ces derniers.
Cependant, une fois ces indications posées dans un but dogmatique, qui était le nôtre ici, il reste quelques principes à émettre touchant leurs conditions d'application. Il y aurait à dire comment et dans quelles circonstances la médication doit se plier aux indications prescrites par l'état scrofuleux ou herpétique, par la faiblesse ou l'anémie, par le catarrhe ou par l'engorgement.
C'est là un sujet d'éludé tout particulier, et que nous renvoyons à l'article Opportunité, car la détermination du moment où l'application doit se conformer aux indications n'est autre chose qu'une question d'o/>portunité.
INDIFFÉRENTES (Eaux). Osann admet, dans sa classification des eaux minérales, un ordre d'eaux indifférentes {indifférente thermal Wasser). Il comprend sous celte désignation celles qui se distinguent par une très faible proportion de principes, soit fixes, soit gazeux, et dont les effets thérapeutiques ne sont pas en rapport avec la composition que leur assigne l'analyse chimique. Les hydrologues allemands ont adopté celte manière de voir. On qualifie en général, parmi eux, A' indifférentes, les eaux dans lesquelles la somme des éléments minera Usa leurs n'excède pas Qfr,50 par litre. Toutes les sources désignées ainsi ont une chaleur élevée.
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Leurs caractères physiques ne les distigueraient pas de l'eau réputée pure, à la thermalilé près. Sont citées, comme les plus remarquables, les eaux de Gastein, de Neuhaus, de Tûffer, eu Autriche; de Pfeffers, en Suisse; de Wildbad, dans le Wurtemberg; de Daruvar, en Esclavonie; de Schlangenbad , dans le duché de Nassau. Ru France, les eaux de liains, à'Aix (Provence), de Foncaude, de Néris, de Plombières, se rapprochent beaucoup de celles que nous venons d'énumérer. Nous ne saurions accepter cette dénomination à' indifférentes, qui entraîne avec elle une idée négative au point de vue de l'application, parfaitement inexacte. L'expression d'eaux faibles, plus usitée en Fiance, si elle n'est pas excellente, vaut mieux cependant, et c'est celle que nous avons cru devoir adopter. [Voy. Faibles (Eaux).]
INFILTRATIONS. Au point de vue de l'hydrologie minérale, les infiltrations provenant des pluies, de la rosée, des brouillards humides, se divisent en superficielles et en souterraines.
Les infiltrations superficielles constituent un des principaux agents de. trouble dans le régime et dans la conservation des eaux minérales. On en combat les effets; soit en détournant ou recueillant les infiltrations à l'amont par des galeries, tranchées, drains ou saignées, .soit en isolant les eaux minérales dans leur trajet, au travers des terrains perméables, par des cuvclages ou par des tubages amorcés sur la roche solide ou sur les couches imperméables. Il est souvent convenable, après cet isolement, de réagir sur les eaux minérales, et de les réunir plus complètement, patvoie de pression hydrostatique, pour laquelle on utilise les infiltrations elles-mêmes (Luchon, la Molou...). On sait, en effet, que sur des sources captées et aménagées, il arrive souvent que les infiltrations, rendues abondantes soit par des pluies, soit, en pays de montagne, par la fonte des neiges, agissent spontanément comme agents de conservation, et déterminent un accroissement simultané de volume et de température, par suite de teneur en principes minéralisateurs. On ne saurait trop insister sur les conséquences et sur les applications pratiques de cet ordre de faits.
Ce sont les infiltrations superficielles qui, par suite, soit de leur action immédiate sur les terrains, soit de l'action réciproque des terrains traversés par elles, donnent naissance à certaines eaux minérales simples, telles que les eaux de mine, les carbonatées et sulfatées calciques, les ferrugineuses sulfatées, les sulfurées calciques froides, etc. [Voy. le mot Gisement.]
Quant aux infiltrations souterraines, à celles auxquelles il paraîtrait convenable de rattacher, entre certaines limites, les infiltrations auxquelles doivent donner lieu les grands lacs, les mers, les océans, et qui
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pénètrent à de grandes profondeurs, elles peuvent provoquer, selon là distance à laquelle elles sont parvenues, soit des nappes artésiennes jaillissantes, dont la température et l'agrégat minéral participent de la profondeur de ces nappes, soit des sources thermo- minérales, par leur pénétration en des points où, sous l'influence simultanée d'une liante température et d'une pression considérable, doivent se développer des réactions chimiques ci des phénomènes de dissolution dont les opérations de nos laboratoires ne sauraient nous donner une idée satisfaisante.
INFUSOIRES. Les animaux infusoires, que le microscope décèle parfois dans les eanx minérales sont indépendants de l'origine des sources; aussi est-ce seulement dans les bassins de ces dernières, là où les conferves soumises à l'action des rayons lumineux et solaires se développent en abondance, qu'on les observe. Il suffit de se rappeler que presque jamais on ne découvre d'infusoires dans les eaux douces courantes et pures, pour s'apercevoir immédiatement que s'ils n'ont pas pour origine première les matières organiques en voie de décomposition (question en litige encore maintenant), ils trouvent là un milieu propice à leur développement : tels sont les animalcules rotifères signalés par Tu r pin dans la barégine, et par M. Filhol dans la matière organique azotée de Cauterets et de Ludion. De leur côté, MM. Fontan et Joly ont vu que la coloration rouge de la barégine de plusieurs sources sulfurées des Pyrénées, et plus particulièrement des eaux de Salies, était due à la présence d'infusoires compris dans les monades (Monas sulfuraria). Des observations analogues ont été faites en Allemagne par Elirenberg, Stiebel, Fresenius. C'est ainsi que "W'crncck et Schulz signalent la présence du Gallionelln ferruginea dans les eaux qui, comme celles d'Ems, de Krontbal, de Soden, de Wiesbaden. contiennent des principes ferriques et de l'acide silicique.
MM. O. Henry et Lhéritier, dans leur travail sur les eaux de Plombières, ont décrit ainsi les animalcules vivant dans la matière organique de ces sources :
« Ils circulent, autour des îlots de matière végélo -animale, à la manière des poissons. L'une de leurs extrémités présente un petit appendice qui paraît leur servir de tentacule; le bord de leur corps est plus transparent que le milieu, dans lequel on distingue des globules opaques, jaunâtres sur quelques points, noirâtres sur d'autres. Ces infusoires accomplissent plusieurs espèces de mouvements : ils tournent quelquefois sur eux mêmes comme une toupie; d'autres fois ils se replient à la manière des sangsues; on les voit devenir globuleux par la contraction de leurs extrémités, ou s'allonger pour passer entre deux corps qui leur