ISCH1A
le rhumatisme et la paralysie. Il est plus légitime de rapporter la spécialisation de Gurgitello à un type participant à la fois des eaux bicarbonatées et chlorurées SOD1QUES [voy. ces mots]. Cette minéralisation, unie à une thermalité puissante, rend facilement compte de succès dont la portée gagnerait à être moins louangeusement vantée.
Ces eaux s'emploient à l'intérieur et à l'extérieur. En boisson, on leur associe du lait de chèvre. Elles sont administrées en bains, en douches et en lotions. On utilise aussi des boues et du sable chauffés à l'aide des eaux thermales.
Un hospice, un établissement, dit Bains de l'hôpital, avec baignoires et étuve humide, constituent une installation modeste. On prend également des bains dans les maisons particulières.
Il y a auprès de Gurgitello d'autres sources analogues, dont on fait peu d'usage.
U° Olmitello.
Tcmpér. , Uk" cenligr. — -Source remise en honneur par M. Chevalley de Rivaz, lequel ne nous signale que sa composition qualitative, d'après M. Guarini, à savoir : 1° des carbonates de soude, de chaux et de magnésie; 2° des sulfates de soude et de chaux; 3° du chlorure de sodium; W de la silice; 5° des traces d'oxyde de fer; 6° du gaz acide carbonique libre. Dans les dépôts laissés par la source, on a surtout distingué le bicarbonate de soude et le chlorure de sodium. Il ne semble pas que l'eau d'Olmitello ait d'autres propriétés que les précédentes, sinon qu'on la prescrit davantage dans la gravelle urique. Elle se prend principalement à l'intérieur, et à des doses qui peuvent être poussées assez loin sans inconvénients. A cause de l'éloignement de cette source, les habitants des environs seuls en font usage sur les lieux où elle surgit. Elle se transporte très facilement.
De même que celle d'Olmitello, beaucoup d'autres eaux que nous avons seulement nommées, et dont la minéralisation est analogue, servent à des traitements qu'il est d'usage de suivre à Casamtcciola, petit village situé sur la pente septentrionale de l'Epomée, véritable localité de plaisance, où l'on trouve des ressources matérielles suffisantes.
C'est aussi à peu de dislance de Casamicciola que sont situées les étuves de Castiglione, alimentées par les vapeurs qu'émet la source minérale de ce 'nom. L'établissement se compose de deux petites maisons : l'une, appelée étuve inférieure, est une espèce de fosse entourée de quatre murs supportant un toit voûté. C'est dans celte fosse, où des tuyaux de terre cuite amènent la vapeur, que le patient est placé entièrement nu. L'étuve supérieure ne diffère de la première que par une disposition en gradins. Dans l'une et dans l'autre, la température s'élève à 50° et 57°
IUO 1SCHEL UlJ 1SCHL.
centigr. Les éluves de Cacciuto et de Santo-Lorenzo sont installées de même que celles de Ca.stiglione ; mais à Testaccio on trouve une étuve sèche, d'une température de Uk° centigr., entretenue par des exhalaisons souterraines de nature volcanique.
La saison la plus favorable à l'usage des eaux et des étuves d'Ischia est depuis le commencement du mois de mai jusqu'à la fin de septembre (Uievalley de Riva?), Les attraits de cette contrée et de ses eaux sont assez puissants pour mériter de nos jours la vogue que les anciens y atlachaient, et que témoignent de nombreuses inscriptions latines.
1SCIBEL ou ssîhl (Autriche). Petite ville sur les deux rives de la Traun, à 529 mètres au-dessus du niveau de la mer, au centre de trois vallées et entourée de hautes montagnes, dans les Alpes tyroliennes. — Chemin de fw de .Munich à Vienne, station de Salzburg. Autre route par la descente du Danube à Ratisbonne et Linz.
Chlorurée sodîque. Froide.
Eau : un litre.
Giam.
Chlorure de sodium 233,61
de calcium 0,44
— de magnésium 1 ,54
Bromure de magnésium 0,05
Sulfate de soude 5,60
— de chaux 2,04
— de magnésie 0,59
Carbonate de fer 0,40
244,27 Seegen reproduit celle analyse sans nom d'auteur. La source ainsi minéralisée porte le nom de Salzberyquelle, et se trouve à 2 kilomètres de la ville, dans la montagne de Salzberg. M. Rotureau l'indique comme à la fois chlorurée et sulfureuse. Elle est réservée pour l'usage des bains, et transportée, dans ce but, à l'établissement d'Ischel. il en est une autre, à 1 kilomètre de la ville, sur la roule de Salzburg, la Marialu/'sequclle, non encore analysée jusqu'ici, mais qui participe des principes de la précédente, est également froide, et s'emploie quelquefois < n boisson.
Les ressources médicalrices seraient donc bien restreintes à Ischel, si 'es conditions hygiéniques, d'une part, et de l'autre une installation très intelligente, ne suppléaient à leur défaut. Les relations auxquelles cette station a donné lieu ne tarissent pas sur la pureté de l'air qu'on y respire, ainsi que sur ses beautés pittoresques et sur les genres variés de distractions qu'elle offre aux malades. A ces conditions s'ajoute uneTrinkhalle, où l'on a réuni toutes les eaux transportantes de l'Allemagne, y compris les moyens de suivre la cure du petit-lait de vache, de brebis et de chèvre. Attenant à la Trinkhalle, deux établissements sont affectés aux
ISOM BO.NA. 19..J
bains d'eau salée, aux douches, aux inhalations ci aux applications de boues, Une école de natation et une gymnastique médicale complètent cet ensemble de moyens, qui donnent à Ischel une signification peu compara Me à celle d'autres lieux thermaux.
.Nous emprunterons à M. Rotureau {Des princip. eaux de l'Europe, 1858) l'exposé intéressant du mode d'inhalations de vapeur chlorurée qu'on utilise en cet endroit : « On entre d'abord dans une première pièce, » dite de repos, où la température est déjà plus élevée que celle de l'air » extérieur; puis on pénètre dans une seconde pièce, qui est la salle » d'inhalation proprement dite. Une sorte de cuve en bois blanc, à couo vercle mobile et à hauteur d'appui, forme dans celte pièce le récipient » des vapeurs d'eau salée que le malade vient respirer, et que des tuyaux » apportent de l'étage inférieur. Pour faire usage de cette vapeur, il » suffit de lever le couvercle, de se courber sur le récipient et de la res- » pirer à pleins poumons. » Le reste du procédé rappelle trop bien les effets de toute étuve humide pour qu'il soit nécessaire d'y insister. D'ailleurs, on prend à Ischel des bainsgénéi aux de vapeurs salées, de même qu'on pratique le humage, tel que nous venons d'en représenter la description. Les bains de boue se préparent en délayant dans de l'eau chauffée une matière argileuse, mêlée de chlorure de sodium cristallisé. On y reste pendant quinze à trente minutes, et l'action topique de ces boues est assez énergique pour qu'il faille ensuite se soumettre à un séjour de dix minutes ou moins dans un bain d'eau.
Ces diverses pratiques ont été appréciées ailleurs, [voy. Vapeur. Boues minérales]. Évidemment elles s'adressent, les unes au lymphatisme et à la diathèse strumeuse, les autres aux manifestations rhumatismales. Quant à l'efficacité des inhalations chlorurées dans les laryngites chroniques essentielles, comme dans les bronchites chroniques simples, nous avouons que, faute d'aucun renseignement clinique à cet égard, il nous est impossible de rien décider sur l'emploi d'un pareil moyen appliqué à ces affections. Nous garderons la même réserve pour le traitement de la phlhisie pulmonaire à Ischel, quoique le docteur Mastalier ait comparé l'air des sauneries de cette localité à celui qu'on respire sur les côtes de la mer. La situation alpestre de la vallée d'Ischel peut revendiquer sans doute une large part dans l'amélioration acquise par les valétudinaires, 1rs convalescents et les phlhisiques qui fréquentent en grand nombre, chaque été, ce séjour réputé pour être délicieux.
ISOLA BOX A (États sardes, province de San-Remo). Source sulfureuse froide qui sort d'un rocher de gneiss, et abandonne un dépôt abondant de soufre sur le sol. Elle a clé 1res recommandée par Fodéré, mais semble délaissée aujourd'hui.
1U2 ÎVAISDA.
ITALIE. Dans la vaste péninsule qui se développe au sud et à l'est de la chaîne principale des Alpes et qu'on comprend sous le nom d'Italie, sont répandues de nombreuses sources minérales. Elles participent, d'une part, de la composition tantôt granitique, tantôt calcaire , des versants alpestres et de ceux de l'Apennin; de l'autre, elles correspondent aux deux traînées de matières volcaniques qu'on a reconnues des bords du Pô jusqu'à l'extrémité de la Sicile. Les chlorures, les sels calcaires et surtout le fer, prédominent dans celles qui appartiennent aux régions supérieure et centrale de l'Italie; on y trouve encore le gaz hydrogène sulfuré, et souvent le gaz acide carbonique libre en proportion notable. En général, à quelques exceptions près, leur thermalité n'est pas fort élevée, et beaucoup d'entre elles sont presque froides. Mais il n'en est plus de même à mesure qu'on se rapproche du royaume des Deux- Siciles. La terre de Labour et l'île d'Jschia sont renommées, entre autres phénomènes vulcaniens qui les distinguent, par de nombreuses sources chaudes et des éluves naturelles, déjà célèbres dans l'antiquité.
Eaute d'un relevé statistique exact des eaux minérales de l'Italie, nous indiquerons du moins les stations les plus fréquentées, et nous renvoyons, pour plus de détails, à chacun des articles qui les concernent :
1° Italie supérieure : Abano, Acqui, Caldiero, Lucques, Moute-Calini, Pise (San-Germano), Recoaro.
2° Italie centrale : Galdane (Le), Porrella, Régira, Roselle, San- Ctisloforo, San-Eilippo,Vicarello.
3° Italie méridionale : JNaples, Pouzzole , Vésuvienne-JNunziante, Bagnoli, Pisciarelli, Iscliia (quatre sources).
i\ \m»a (États autrichiens, Banat-Greuze). Sur les frontières de la Servie et de la Valachie, à 20 kilomètres de Temeswar. Source très abondante.
Sulfatée sodique. Eroide.
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Grains. Grain.
Sulfate de soude 117,34 — 12,438
— dépotasse 0,11 = 0,016
— de chaux 25,99 = 2,754
Chlorure de magnésium 14,60 = 1,547
Carbonate de chaux 2,30 = 0,243
— de magnésie 0,20 = 0,021
Azotate de magnésie 2,86 = 0,303
Matière extractive 1,13 = 0,119
Silice 0,18 = 0,019
164,71 = 17,560 Pouc. cul.. Ceut. culi.
Gaz acide carbonique 4,4 — 158,4
(IUoskv, 1833.)
1W0MCZ. l!3
Celte eau se distingue des eaux arriéres proprement dites, parmi lesquelles on l'a rangée, en ce qu'elle ne renferme pas de sulfate de magnésie. Ses'effets sont plus doux que ceux de l'eau de Pullna, par exemple, et peuvent être prolongés plus longtemps; aussi lVmploie-t-on volontiers, comme laxative, chez les enfants. Elle est encore recommandée, d'après les expériences faites dans les hôpitaux de Vienne et de Pesth, pour le traitement des fièvres intermittentes , spécialisation concordante avec celle des obstructions abdominales qui lui appartient. La dose est de deux à quatre verres pris le matin, jusqu'à ce que l'activité du tube intestinal soit réveillée, auquel cas un seul verre peut suffire. Expédition assez considérable.
ewomcz (États autrichiens, Galicie). A 8 kilomètres de Krosno et 96 de Lemberg.
Chlorurée sodique ( bromo-iodurée et bitumineuse). Tempér. , H" centigr.
Quatre sources, dont deux principales.
Eau : un litre.
Chlorure de sodium
Bromure de sodium
lodure de sodium
Carbonate de soude
— d'ammoniaque.
— de chaux
— de magoésie . . .
— de fer
— de manganèse..
Matière bitumineuse
Gaz acide carbonique.
Gaz hydrogène carboné. . . .
Azote
Des deux autres sources, l'une est ferrugineuse, et l'autre renferme une grande proportion de gaz hydrogène carboné.
La composition de ces eaux les rapproche beaucoup de celle d'ADELheidsqlelle [voy. ce mot]. Elles s'emploient dans le traitement des scrofules, des affections articulaires et des maladies de peau à forme torpide.
Site agréable et établissement bien installé.
Oicr. nts Laux miner. — T. II. 13
Source k° 1 .
Source n° 2.
Grain.
Grain.
Cent. cub.
Cent. cub.
(TOROSIEWICZ.
194 JALLEYRAC.
•ïaex ou jabalcuz (Espagne, prov. du même nom). A 57 kilom. de Grenade.
Sulfatée magnésique. Tempér. , 31° centigr.
Eau : 25 livres. Eau : un litre.
Grains. Grain.
Chlorure de calcium 3 = 0,012
— de sodium 8 = 0,032
Sulfate de magnésie. . ' 82 = 0,320
— de chaux 81 = 0,318
— d'alumine 7 = 0,028
Carbonate de magnésie 9 = 0,036
Acide silicique 12 = 0,048
(?) Plusieurs sources sortent au pied d'une montagne de marbre noir. Une ancienne analyse y dénote une petite proportion de gaz acide carbonique. Il y a un établissement fréquenté par les rhumatisants et les paralytiques. Site pittoresque.
JAILLISSEMENT. Voy. ORIGINE DES EAUX MINÉRALES.
jakabfalva (Étals autrichiens, Transylvanie). Village dans une vallée du district de Grosz-Tsenk.
Bicarbonatée sodique (ferrugineuse). Tempér., 12° centigr.
Eau : une livre. Eau : un litre.
Grains. Grain.
Carbonate de soude 19,20 == 2,764
— de chaux 6,40 == 0,921
— de magnésie 3,20 = 0,460
— de fer 0,60 = 0,086
Sulfate de soude 4,80 = 0,691
Silice 0,20 = 0,028
Pouc. cub. Cent. cnl>.
Gaz acide carbonique 48 = 1920
(Pataky.)
On ne signale pas d'établissement près de cette source dont la minéralisation est digne d'intérêt. Son usage en boisson s'adresse surloui aux états chloro anémiques avec dyspepsie.
JALLEYRAC (France, Cantal, arrond. de Mauriac). A 2 kilomètres du bourg de Jalleyrac.
Ferrugineuse bicarbonatée. Froide. (15°, 5).
Dans un bâtiment voûté, jaillit une source plus abondante et très en vogue autrefois, mais qui a perdu beaucoup de sa réputation aujourd'hui.
JÀfoNICZÀ. 195
Eau : un litre.
Acide carbonique 675cc
G m ni.
Carbonate de soude 0,31
— de chaux 0,24
— de magnésie 0,05
— de fer 0,04
Sulfate de chaux 0,08
Chlorure de sodium
— de calcium ' traces
Alumine )
• (MOSSIER.)
La source de Jalleyrac est fréquentée par un petit nombre de malades, contre l'anémie, les suites de fièvres intermittentes, les embarras gastriques et du tube intestinal.
•lu.i.oiv.v (Turquie). Près Constantinople.
Eaux thermales. Composition non désignée.
Bains très fréquentés pendant les chaleurs de l'été; lieu de plaisance.
JAMAÏQUE (La) (Amérique centrale).
Source sulfureuse thermale (40° cenligr.), près du village de Baih, prescrite, au rapport d'Alibert, dans le traitement des maladies cutané s et des coliques sèches. — Il va d'autres sources sulfureuses et ferrugineuses, mais moins connues, dans l'intérieur de l'île, sur le versant des montagnes Bleues.
iamvkza (États autrichiens, Croatie). Village à 20 kilom. d'Agram.
Ferrugineuse bicarbonatée . Tempér. ,\h° centigr.
Eau : 1/2 livre de Vienne. Eau : un litre.
Grains. Grain.
Carbonate de soude 23,20 = fi, 960
— de chaux 5,00 = 1,300
— de fer 1,00 = 0,300
Sulfate de soude 10,00 == 3,000
Chlorure de sodium 12,00 = 3,600
— de potassium 3,10 = 0,930
Silice 0,75 == 0,225
Matière extractive 0,25 = 0,075
Pouc. euh. Cent. cub.
Gaz acide carbonique 1,16 = 92,8
(Augustin.;
Source très abondante, déposant un sédiment ocracé considérable. On
l'emploie surtout en boisson dans le catarrhe pulmonaire, la chlorose et
les états anémiques. Si, en effet, l'analyse qui précède est exacte, celle
eau minérale possède, sous le rapport du carbonate de fer, une consti^
llib JAUGEAGE DES EAUX MINÉRALES,
tution cligne d'intérêt. Le dépôt ferrugineux est souvent ajouté aux bains. Établissement bien installé et très fréquenté.
JAPOW Les trois iles du Japon, les seules visitées par les Européens, présentent de nombreuses traces de phénomènes volcaniques, et l'on y a signalé l'existence de sources thermales. Nous trouvons, dans la récente relation d'une expédition américaine en ces contrées, la mention de deux d'entre elles : l'une est placée au milieu d'une vallée, près de Simoda, et offre un fort volume et une grande chaleur; des vapeurs sulfureuses s'en dégagent. Une autre, dans le voisinage de la précédente, porte le nom de Hakotade; également douée d'une température élevée, elle contient du chlorure de sodium, des sulfates et vraisemblablement des sulfures, à en juger par ses caractères physiques. Ces eaux sont très fréquentées. On n'a pas de renseignements sur leur emploi thérapeutique; mais, au rapport des mêmes voyageurs, les Japonais les emploient surtout en bains, très portés qu'ils sont déjà à se baigner chaque jour, à titre de moyen hygiénique.
jarabi (Espagne, prov. de Saragosse). A 20 kilomètres d'Aleca, près d'une chapelle renommée.
Sulfureuse. Tempér. , Zk° centigr.
L'analyse qualitative de ces eaux, publiée en 18^9, leur assigne une médiocre proportion de gaz hydrogène sulfuré et de gaz acide carbonique. On les emploie à l'intérieur et en bains dans les affections rhumatismales, paralytiques, et dans les maladies des voies urinaircs. Il y a un établissement.
JARROESSET (France, Cantal, arrond. de Mural). Au-dessous du château de Jarrousset, dans le village de la Chapelle d'Allagnon.
Une source ferrugineuse bicarbonatée froide, non utilisée, jaillit au pied d'un tertre, clans le lit de l'Allagnon; aussi est-eile submergée lorsque les eaux sont fortes. Pas d'analyse. Elle porte aussi, dans la localité, le nom de Source de la Chapelle-d'Allagnon. jaede. Voy. Clermont.
jaugeage des eaux sunérales. Dans l'installation des constructions thermales, le point de départ obligé est la connaissance exacte de chacune des sources que l'on doit utiliser, sous le rapport de la température, du niveau d'émergence et du débit journalier. Ce dernier élément est indispensable. On a souvent aussi à le déterminer clans les opérations de recherche et de captage, ainsi que dans les observations sur le régime des sources.
Pour l'estime du temps, on peut employer [soit une montre à secondes, soit mieux, un compteur à seconde fractionnée, avec point de départ et arrêt facultatifs.
JAXTFELD. IflT
Quant au mode de jaugeage, le débit des eaux minérales est très rarement assez considérable pour que l'on doive recourir à d'autre moyen que celui du remplissage d'un vase de capacité déterminée. Cette capacité doit être telle que le temps d'une opération ait au moins une durée de huit à dix secondes, la source à jauger présentant un régime constant. Mais si la source est intermittente, le temps d'une opération devrai! comprendre un certain nombre d'intermittences. Le mieux, dans ce cas, est de jauger par remplissage des bâches ou des réservoirs, de manière à pouvoir multiplier le nombre des temps morts compris dans une même opération.
La forme du vase jaugeur n'est pas indifférente pour l'exactitude de l'appréciation du temps correspondant à un volume déterminé. On emploie avec avantage une caisse quadrangulaire de bois ou de métal, dont le bord supérieur est parfaitement dressé, et qui repose sur des pieds à vis pivots, dont le jeu permet d'arriver rapidement à mettre la caisse de niveau. Cette caisse est d'ailleurs pourvue d'une ou de plusieurs cloisons transversales ou languettes de calme, qui arrêtent les fluctuations du liquide pendant l'opération, et permettent d'observer exactement le temps de remplissage au moyen de ligues ou repères de niveau, et mieux d'une pointe d'affleurement.
Pour les sources très abondantes, on pourra employer le jaugeage par déversoir rectangulaire en mince paroi. Dans ce cas, il est bon de pourvoir l'une des parois de la caisse d'un tel déversoir et d'une série de trois ou de cinq languettes de calme.
.11 v.% (lie de). Cette île, l'une de celles de la Sonde, dans la iWalaisie, à côté de montagnes ignivomes, renferme de nombreuses sources thermales, signalées depuis longtemps par les navigateurs. M. Fresenius a analysé deux d'entre elles [voy. Platungan. Tambangan].
JAVELLE. Voy. PONT-GlBAUD.
jaxtfelu (Wurtemberg, cercle du Neckar). Village au confluent delà Jaxt, dans une vallée agréable, à kkh pieds au-dessus du niveau de la mer.
Chlorurée sadique. Tempér., \k° centigr.
Giuiiis. Gram.
Chlorure de sodium 1965,00 = 108,290
— de calcium 3,37 = 0,357
— de magnésium 2,30 = 0,243
Sulfate de chaux 43,92 = 4,655
2014,59 = 113,545 Cette source provient de la saline importante de Friedrichshail, exploitée dans le voisinage. On l'emploie particulièrement dans le traite-
198 JEJNZAT.
ment des scrofules, à la manière des eaux mères, en la mitigeant avec de l'eau douce en proportions variables. Elle est prescrite à l'intérieur en mélange avec du lait ou du petit-lait, ou chargée de gaz acide carbonique, dans les cas de catarrhe pulmonaire. — Il y a deux établissements fréquentés.
ji:\ \ i / (Suisse, canton des Grisons). Près des bains de Fidéris, en Prettigau.
Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., 13° centigr.
Eau : 16 onces. Eau: un litre.
Grains. Gram.
Sulfate de magnésie 1,750 = 0,1855
Carbonate de chaux 1,000 = 0,1060
— de magnésie 0,120 = 0,0127
— de fer 0,500 = 0,0530
Pnuc. cub. Cent. cub.
(Bauhof.)
Établissement de bains, moins fréquenté qu'autrefois.
ji:\z tr (France, Allier, arrond. de Gannat). A 6 kilomètres de celle \ille, sur la rive droite de la Sioule.
Bicarbonatée sodique. Tempér. , 26° centigr.
Trois sources placées à quelques mètres l'une de l'aulre, donnant ensemble de 110 000 à 130 000 litres d'eau par vingt-quatre heures.
Eau : un litre.
Source Source Source
de droite. de gauche. du milieu.
Acide carbonique libre 0,012 0,032 0,030
Azote 0,004 0,003 0,003
Oxygène 0,002 0,001 0,002
Gram. Grain. Gram.
Bicarbonate de soude 0,585 0,601 0,603
— de chaux 0,125 0,147 0,134
— de maguésie... 0,044 0,027 0,028
— de protox.de fer. indices 0,007 0,006 Sulfate de soude 0,411 0,371 0,385
— de potasse 0,049 0,093 0,098
Chlorure de sodium 0,229 0,291 0,277
— de potassium 0,117 0,059 0,063
Bromures et iodures traces traces traces
Arséuite de chaux id. id. id.
Matière organique azotée. . . id. id. id.
(Lefort, 1852.)
Les sources de Jenzat sont seulement utilisées en boisson par les habitants des localités voisines. Pas d'établissement.
JOUHE. 199
JOWE1 1 1 (La). Voy. Martigné-Briant.
JOAMV (Bains de). Voy. SAUBUSE.
job (France, Puy-de-Dôme, arrond. d'Ambert).
Dans la commune de Job, on rencontre trois sources minérales désignées sous les noms de Sagnetat, de la Bécherie et de la Souche, dont le débit est peu considérable, et qui paraissent posséder les propriétés générales des eaux minérales de l'Auvergne [voy. Auvergne], et particulièrement de celles de Grandrif. D'après M. Nivet, elles sont froides, gazeuses et peu minéralisées : l'eau de la Bécherie, par exemple, ne contient pas plus de 62 centigrammes par litre de principes minéraux, et les sources de Sagnetat et de la Souche sont encore moins chargées de matières salines (Nivet). Ces sources sont très peu fréquentées.
johanxesbad (États autrichiens, Bohême). Près de Trautenau, dans une vallée.
Bicarbonatée calcique. Tempér. , 28° à 29° centigr.
Cette source, assez considérable, est classée parmi les eaux indifférentes ou faibles, sans qu'il soit autrement question de sa composition chimique. On l'emploie surtout en bains dans les affections rhumatismales et névropathiques. Établissement bien installé.
JOOD (Hongrie, comitat de Marmaros). A 2k kilomètres de Szigeth.
Sulfatée. Tempér., 13° centigr.
D'après le professeur Tognio, cette source, très abondante, contient des sulfates de soude, de magnésie, du chlorure de sodium, et du gaz hydrogène sulfuré. Elle est employée par les habitants de la contrée comme purgative.
jorillo (Amérique du Sud). A l'apparition du volcan de ce nom, en 1759, deux ruisseaux des plaines environnantes disparurent à la fois. Quelque temps après, de fortes secousses leur ouvrirent une issue, et ils reparurent sous forme de sources thermales, marquant 65°, 8 au thermomètre centigr., en 1803 (Humboldt).
JOSE. Voy. MÉDAGUE.
JOEBE (France, Jura, arrond. de Dôle). A 7 kilomètres de celte ville. Chlorurée sodique? Tempér., 10n, 5 centigr.
Eau : un litre.
Acide carbonique quant, indét.
Gram.
Carbonate de chaux 0,1 393
Soude excédante 0.0424
Magnésie 0,0531
Sulfate de chaux 0,3824
Chlorure de sodium 0,7969
— de magnésium 0,4780
1,9121 (Masiokfour, 1809.)
200 KARLSBAD OU CARLSDAD.
Analyse défectueuse et incomplète.
L'eau de Jouhe passe dans le pays pour avoir des propriétés particulières dans les maladies de la peau, les engorgements des intestins, etc. Sa source était désignée autrefois sous le nom de Puits de la Muyre.
JUMNOTRI (Source du). D;ins la partie septentrionale de l'Inde, sur l'un des pics les plus élevés de l'Himalaya, à 10 180 pieds au-dessus du niveau de la mer, source a 90° centigr. En raison de la diminution de la pression atmosphérique à cette altitude, la température indiquée se. trouve être à peu près le point d'ébullition de l'eau (Humboldt).
JURÉ (France, Loire).
Quatre sources dont une seule est captée ; pas d'analyse. Non exploitée.
Bicarbonatée mixte. Tempér., 13°.
KAMOURASKA (Amérique septentrionale, Canada). Bains de mer très fréquentés.
Kamtchatka (Russie d'Asie). Le sol de celte presqu'île est volcanique et fréquemment ébranlé par des feux souterrains. Une relation récente y signale, dans la vallée de Malka, des sources thermales abondantes, dont la composition n'est pas indiquée, mais qui paraissent avoir été captées et près desquelles s'éiè\e un établissement hospitalier.
KANTTZ (Bavière). Bains près de Partenkirchen.
Sulfureuse. Tempér. ?
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Grains. Grani.
Carbonate de soude 2,080 = 0,210
— de chaux 0,010 — 0,001
— de fer traces = traces
Sulfate de soude 0,010 = 0,001
Chlorure de sodium 0,050 = 0,005
2,210 = 0,223 Pouc. cub. Cent. cul).
Hydrogène sulfuré 0,010 = 0,4
(VOGEL
D'après Helfi't, cette source est iodurée, et l'on trouve dans son voisinage des eaux ferrugineuses. Il y a un établissement depuis ISI\U.
KARLSRAD ou t'ARLSRAD, appelée encore Kaiser-Karlsbad. (Bains de l'empereur Charles) (États autrichiens, Bohême, cercle d'Éger). Ville de bains renommés, dans l'étroite vallée de la Tepel, encadrée par de hautes montagnes boisées, s'ouvrant au nord et à
KARLSBAD 01" OARLSBAD. 201
l'ouest, et s' élevant au-dessus des deux rives de la Tepel à une altitude de 380 mètres. — Trajet de Paris, soil par Dresde, soit par Cologne et la voie de Leipzig (station de Zwickau).
Sulfatée sodique. Tempér. , de 30°, 5 à 73" centigr.
Le nombre des sources est grand dans cette station. On en trouve en divers points des rives de la Tcpel, au-dessous du niveau de cette rivière, el il n'est pas rare qu'elles se fassent jour dans les caves des maisons d'habitation. Il sufïit même en beaucoup d'endroits de percer les couches superficielles du sol pour y découvrir de l'eau thermo-minérale. Elles jaillissent de roches granitiques, mais en traversant un amas considérable de sédiments calcaires que ces eaux elles-mêmes ont accumulés en quantité qu'on ne saurait apprécier. On pense qu'elles proviennent d'un immense réservoir souterrain, sur lequel repose une grande partie de la ville de Karlsbad. A différentes époques, on les a vues se montrer et disparaître alternativement, sans qu'aucun phénomène régulier ait pu donner la raison de ces variations, mais en vertu d'une sorte de rupture, souvent ayant lieu avec explosion, de la croûte de travertin qui recouvre ces eaux. Des précautions particulières ont. même dû être prises pour prévenir le dommage que causaient des perturbations fréquentes dans le régime des sources, et surtout pour s'opposer à une trop grande accumulation de gaz acide carbonique sous les couches d'incrustations superposées en certaines piaces.
L'analogie de la composition chimique de ces sources, entre lesquelles on ne signale que des différences peu significatives, a fait supposer encore qu'elles ne doivent leur température respective et variée qu'à la perte de chaleur qu'elles subissent pendant leur trajet du bassin central aux divers orifices par lesquels elles sortent de terre. Ces températures sont, en effet, assez distantes entre elles; on comprend d'ailleurs que la proportion d'éléments gazeux que retiennent les eaux de celte localité soit en rapport avec leur degré de chaleur. M. Pleischl a fait, eu 1857, un relevé thermométrique qne nous empruntons, et qui relate en même temps les sources les plus usitées de Karlsbad.
1° Der Sprude.l ( le Bouillonnement) 73° cent.
2° Die Hygienasquelle ( la fontaine d'Hygie) 73°
3° Der Neubrunnen ( la source nouvelle) 59°
4° Der Muhlbrunnen ( la source du Moulin) 53°
5° Der Thercsienbrunaen (la source de Thérèse) 50°
6° Der Bernardsbrunnen ( la sunrce de Bernard) PS"
7° Der Stefan oâer Felsenbrunnen (la source d'Etienne ou du
Rocher) 56°
8° Der Schlossbrunnen ( la source du Château) 50°
9° Der Marktbrunnen ( la source du Marché) 48°
1(1° Der Kaiserbrwnnen (la source de l'Empereur) 48°, 5
M. Rotureau a ajouté deux autres sources à la liste précédente, savoir :
11° Der Spitalbrunnen ( la source de l'Hôpital) 41°
12° Die russische Krone ( la Couronne de Russie). 30°, 5
On peut considérer le tableau des trois analyses qui suivent comme offrant le type des eaux de Karlsbad considérées dans leurs différentes graduations de température :
Eau : un litre.
Sprudel. Marktbrunnen. Russische Krone.
Gram. Gram. Gram.
Sulfate de soude 2,154 2,590 1,649
— dépotasse 0,053 0,282 0,123
Chlorure de sodium 1,256 1,199 0,756
— de potassium :> » 0,072
Iodure de sodium » 0,003 0,001
Bromure de sodium » 0,001 traces
Phosphate de soude » 0,001 » '
Silicate de soude et fluorure de
sodium » 0,204 »
Carbonate de soude 1,804 1,351 0,727
— de lithine » 0,001 0,002
— de strontiane » 0,005 0,001
— de chaux 0,290 0,308 0,368
— de magnésie 0,057 0,273 0,151
— de protoxydedefer. . 0,OOi 0,012 0,012
— de protoxyde de man-
ganèse « 0,002 0,001
Phosphate de chaux » » 0,001
Phosphate basique d'alumine. . . 0,030 » 0,001
Oxyde de fer mélangé à l'alumine. » 0,003 »
Fluorure de calcium n » 0,001
Silice 0,151 0,191 0,058
Pertes et matière organique. . . » » 0,006
Cent. cub. Cent. cnh. Cent. culi.
Acide carbonique libre 210,59 317,52 83,43
Azote 0,85 1,42 1,17
(Gottl, i856.)(Wolff,1838.)(Zembesch,1844.)
Le Sprudel, celle de toutes ces sources qui a le plus contribué à la renommée de cette station, forme une forte colonne d'eau, qui s'élève par secousses et avec bruit ; les autres sources sont plus faibles, plus paisibles, mais leur écoulement présente aussi des intermittences marquées.
La quantité d'eau fournie par les divers griffons de Karlsbad est considérable, mais le jet du Sprudel l'emporte de beaucoup sur le débit des sources voisines. On l'a évalué à M 184 litres par minute, celui de toutes les sources de Karlsbad étant de 640 litres pendant la même durée.
Nous devons mentionner les propriétés incrustantes non-seulement
du Sprudel, mais encore de chacune des sources énumérées dans cet article.
Des conferves verdâtres recouvrent les dépendances de ces fontaines.
Le professeur Ehrenberg (de Berlin) a démontré la présence, dans les eaux de Karlsbad et leurs dépôts, d'environ seize espèces différentes d'infusoires, appartenant à la famille des bacillaires.
Peu de stations offrent, comme celle-ci, une échelle de thermalilé propre à favoriser les applications thérapeutiques d'éléments minéralisateurs importants. Nous ne ferons que mentionner l'emploi de boues recueillies au voisinage des sources pour des usages topiques, mais n'ayani, d'après M. Seegen, aucune valeur thérapeutique. Enfin , on cite encore à une petite distance de Kailsbad trois sources, dont deux sont très chargées de gaz acide carbonique, et dont la troisième, récemment découverte, est ferrugineuse. Elles sont utilisées, principalement les deux premières, beaucoup plutôt comme boisson de table qu'à titre d'agent médical.
Pour desservir loules ces sources, il n'y a que deux établissements de bains, l'un au Sprudel, le second au Mùhlbrunnen. Les eaux de toutes les autres provenances pourvoient ces deux entreprises. Au Sprudelbad comme au Miihlbad, l'installation est des plus médiocres. Une vingtaine de baignoires et des appareils très limités de douche, de vapeurs, etc. , constituent leur aménagement. On compte, en outre, cinq maisons particulières exploitant le privilège de recevoir, chaque jour gratuitement, l'eau des sources de la ville nécessaire pour alimenter deux baignoires par maison. Il y a deux hôpitaux, l'un civil, l'autre militaire.
Ces données répondent peu à la grande réputation de Kailsbad; mais des renseignements historiques semblent devoir expliquer l'infériorité des moyens balnéaires dans cette station. En effet, c'est un fait curieux que, depuis leur découverte jusqu'à la première moitié du xvie siècle, les eaux chaudes de Kailsbad n'aient été employées qu'en bains. Depuis ce temps jusqu'en 1828, on les prit simultanément en bains et en boisson, la première méthode étant cependant préférée. Mais vers 1835, les bains ne furent plus qu'un auxiliaire auquel quelques malades seulement eurent recours. La majorité des visiteurs de Karlsbad s'y rend pour boire les eaux.
Longtemps il a été de mode d'ingérer des quantités relativement considérables d'eau à Karlsbad, en particulier celle du Sprudel, qui tient le premier rang dans la pratique locale. On prescrivait même de larges verrées dans le but de provoquer des effets purgatifs. Aujourd'hui que des idées plus saines président à cette médication, la dose est portée à cinq ou six, ou tout au plus sept à huit verres d'eau. Chacun de ces verres
204 KARLSlîÂD OU CARLSBAD.
représente une capacité d'environ ISO grammes, ('/est clans l'espace d'une heure et demie à deux heures qu'il est prescrit de boire le nombre indiqué, en mettant un intervalle de seize minutes entre chaque verre. Autant que possible, les eaux sont portées à la bouche, sinon avec leur température native pour la plupart, du moins légèrement refroidies, la cure a lieu habituellement de cette façon dans la matinée. La durée du traitement n'excède pas, en général, cinq à six semaines. Dans les ras déterminés, les moyens externes, bains, douches, éluves, etc., s'ajoutent à l'emploi de l'eau en boisson, mais ce n'est qu'à titre d'accessoires, et, comme nous l'avons déjà dit, des ressources médiocres d'installation restreignent une application que la température élevée et l'abondance des eaux de Rarlsbad semblaient, au contraire, devoir encourager. « Ces » eaux, au rapport de Kreysig^e/'wsft^e des eaux miner. ,etc. ,1829) ont » pour effets généraux sensibles une légère purgation, avec des selles » assez liquides, mais sans la moindre colique. Il est très rare de les voir » produire d'abord des nausées, si ce n'est chez des personnes exlrême- » ment délicates ou difficiles, ou dans quelques cas où les organes diges- » tifs sont dès malades. Elles favorisent ensuite d'une manière très » marquée les sécrétions urinaires et cutanées ; mais en même temps » elles excitent dans le sang un mouvement exalté et disposent aux cou- » gestions vers la tête. » Toutes les caractéristiques données depuis ce médecin à propos de Karlsbad ne font que développer ou reproduire ce qu'il exprimait clairement d'après une longue et savante expérience. Évidemment dans cet aperçu la part est faite, et au composé complexe qui constitue l'eau du Sprudel ou des autres sources, et à la haute température qui, animant plusieurs d'entre elles, doit développer encore leur action dynamique. Kreysig avait déjà remarqué que chez certains malades les effets purgatifs font défaut, qu'il en est chez lesquels l'usage des eaux de Karlsbad donne lieu à de la constipation. Pour l'ordinaire, ditil, elles ne purgent que peu à peu, durant les progrès de la cure, et alors leur effet devient de plus en plus évident, à mesure que leur action altérante rétablit plus complètement les conditions des fonctions intestinales. Une tendance formelle à favoriser les évacuations alvines, les urines et la sueur, lui paraît donc constituer le mode d'activité de ces eaux, et il n'hésitait pas à les mettre au rang des moyens altérants les plus énergiques, c'est-à-dire de ceux qui sont le plus propres à influencer les procédés d'assimilation dans l'économie animale.
M. le professeur Seegen (Compend. der allgem. und speciell. Heilquellenlehre, 1858) émet des opinions absolument conformes aux précédentes. C'est à l'association de sulfates basiques, de chlorures, et de bicarbonates, dans l'eau de Karlsbad, qu'il rapporte l'action exercée par
KARLSBAD Ul CARLSBAD. 205
ulle sur le canal digestif. Le degré remarquable de chaleur affecté à plusieurs de ces sources lui semble aussi un élément thérapeutique important. Quanta vouloir distinguer le mode d'action de chacun des principes reconnus par l'analyse chimique dans ces eaux, il ue croit pas encore possible de le faire, eu égard à l'étal actuel de nos connaissances. Les tentatives d'explications en ce genre n'ont pas plus avancé la question que la croyance ancienne aux propriétés mystérieuses des sources minérales ne donnait la raison de leur efficacité. On ne possède malheureusement pas de notions bien précises sur les modifications que l'eau de Karlsbad imprime aux humeurs et aux solides organiques. Il y aurait donc de graves inconvénients à devancer une solution encore irréalisable. Ce n'est pas à dire pour cela que les études physiologico-pathologiques poursuivies et publiées, soit par M. le docteur Porges, soit par M. le docteur OEslerreicher, manquent de valeur. Ces auteurs ont apporté un soin scrupuleux à l'observation des effets du Sprudel et du Schlossbrunnen, les deux sources prises comme types, tant sur l'homme sain que sur les individus malades. Mais ces recherches, quelque méritantes qu'elles soient, ont le défaut de se particulariser au point qu'il est difficile d'en tirer des vues synthétiques, sinon celles que Kreysig formulait déjà, que M. Seegen confirme, et que nous adoptons au sujet des eaux sulfatées sodiques fortes et thermales de Karlsbad, à savoir, les vrais caractères d'une médication altérante.
Les diverses sources de Karlsbad diffèrent-elles dans leurs propriétés? Pour Kreysig, elles se distinguent principalement par leur température, et non d'après la proportion plus ou moins grande des sels qu'elles tiennent en dissolution. C'est ainsi que les eaux du Mûhlbrunnen ont un goût plus salé et purgent plus que les autres sources ; mais cela paraît dépendre de leur température relativement plus basse. Le Schlossbrunntn a des qualités analogues, et MM. OEsterreicher et llotureau, qui insistent sur ces dissemblances, attribuent à cette source et à ses congénères non-seulement le privilège de ne point prédisposer aux congestions cérébrales, mais encore d'agir spécialement sur les voies digestives et unitaires. L'eau du S[>rudel, au contraire, demande à être maniée avec circonspection, puisque, d'après nos savants confrères, beaucoup de malades, mis à son usage interne, ne tardent pas à ressentir des accidents congestifs évidents du côté des centres nerveux, et se traduisant surtout par de singuliers phénomènes psychiques, anxiété, découragement, trouble de mémoire et d'idées, etc. De pareils faits réclament l'attention des médecins. M. Rolureau, d'ailleurs, ne les signale que comme exceptionnels à ce degré d'intensité, tandis que, dans la plupart des cas où les eaux du Sprudel ont été conseillées, on n'a observé qu'une amélio-
ration progressive de l'état morbide auquel elles s'appliquaient, ou du moins les accidents dont il s'agit n'ont été que faiblement accusés. On comprend que sous une influence aussi excitante, d'anciennes douleurs passées se réveillent, ou que des symptômes d'acuité réapparaissent en quelque appareil ou organe préalablement lésé. Kreysig, tout en qualifiant le Sprudel de source énergique et en recommandant de ne pas l'employer légèrement, prémunit aussi les praticiens contre des appréhensions exagérées. Là où d'autres eaux de la localité produisaient du malaise et de la constipation, il a vu le Sprudel faire naître une impression bienfaisante sur l'estomac et entretenir les évacuations alvines. En définitive, à Karlsbad, aussi bien qu'ailleurs, il faut régler le choix et la dose des sources, non-seulement sur ce que l'expérience a enseigné de leur virtualité, mais encore sur l'idiosyncrasie des sujets, la natureel le degré de développement de leur maladie, le danger de provoquer des accidents fâcheux, autant de considérations relatives aux contre-indications des eaux minérales fortes, telles que celles dont nous traitons. La station de Karlsbad, avec ces sources vraisemblablement issues du môme foyer, mais plus ou moins chaudes et chargées de gaz, permet jusqu'à un certain point de modifier les prescriptions du traitement selon les circonstances: on ne peut qu'applaudir aux essais qui ont été faits pour fixer cette base de pratique, quelque insuffisants qu'ils soient encore.
On sait combien les médecins allemands attachent d'importance au rôle du système veineux et aux dispositions qu'il présente en particulier dans la région abdominale. D'après leurs idées que nous avons cherché à exposer ailleurs [voy. Abdominale (Pléthore)], tout un ensemble de phénomènes symptomatiques se relie à celte vue analomique. Il résulte, comme conséquences d'une doctrine peu répandue parmi nous, que la production de pléthore veineuse en quelque point de l'abdomen entraîne des troubles fonctionnels distincts; en d'autres termes, que les maladies de l'appareil digestif et de ses annexes dépendent, pour la plupart, de l'état organique qui se traduit par une congestion chronique et passive de la circulation, comprise entre le diaphragme et les plans inférieurs du basventre. Cette conception, restreinte d'abord à de certaines limites, étendue depuis presque à toutes les altérations morbides de l'organisme, prédomine dans les indications données sur l'emploi des eaux de Karlsbad. M. Porges en a même fait l'objet d'une étude développée sous la dénomination d'analyse physiologique des effets de ces sources, et qui se résume à prescrire la détermination des symptômes dans tous les cas, et à se guider sur leur nature active ou passive. Ramener de la sorte les maladies chroniques à n'être plus que l'expression d'une seule et même loi, c'est, nous le croyons, retourner en arrière du progrès de la inéde-
KARLSBAD OU CAKLSBAD. 207
cine. Quoi qu'il eu soit, ii ne peut être traité des applications thérapeutiques de Karlsbiid, sans indiquer le point de départ qui leur a été assigné dans les diverses publications qui les concernent.
Au premier rang des maladies inscrites dans le ressort de ces eaux, sont celles relatives à la digestion et à l'assimilation; « affections, dit le docteur » Lôschner, de Prague, qui sont comme les premiers anneauxd'uue longue n chaîne de maux développés successivement sur les bases de ces désoi - » dres dynamiques, et qui sont produites d'abord par une vie trop séden- » taire, par un régime hygiénique mal entendu, par l'irrégularitéd'évacua- »> lions alvines; par un air épais et surchargé de matières hétérogènes, par •> des émotions pénibles de l'âme; par une surabondanced'aigreurs dans les » humeurs des intestins, par une production trop abondante de glaires » dans le canal intestinal; par la cardiopathie, parla constipation, par les •> flatuosités, par la cardialgie, la colique, le vomissement chronique et » la mélancolie qui en résulte ; par une surexcitation d'irritabilité, et » par des dispositions hystériques et hypochondiiaques. » Évidemment un pareil tableau est trop complexe pour fixer notre appréciation. Ce qu'il est vrai de signaler, comme nous l'avons fait dans un autre article [voy. Dyspepsie], c'est que les caractères de la dyspepsie sont aussi variés que les troubles fonctionnels auxquels ils se rapportent spécialement, et qu'il serait bien nécessaire de mettre leur signification en lumière, au lieu de les confondre sous une indication commune et si peu conforme aux faits. D'une manière générale, d'après le dépouillement de ce qui a été écrit à ce propos sur Kailsbad, nous persistons à croire que ces eaux conviennent surtout dans les étals dyspeptiques, où il y a atonie, et par suite obligation de relever l'activité, soit des organes digestifs, soit de l'économie entière. Ainsi qu'on l'a vu plus haut, la propriété purgative du Sprudel et de ses analyses n'est que secondaire. Mais il est permis de concevoir que, si elle se manifeste au bout d'un temps plus ou moins long, ordinairement après quinze jours de traitement, ses effets sont ceux d'une médication modérément substitutive et dont on peut tirer parti.
C'est aux mêmes points de vue que nous considérerions l'usage de Karlsbad dans les hypersécrétions de l'estomac ou de l'intestin, catarrhe dit stomacal, diarrhée chronique, pneumatoses intestinales, en tant que ces diverses affections ne représentent que des perversions de fonctions, et ne sont plus régies par quelque altération de texture dans les organes. Encore devrait-on exclure de ce cadre des maladies du tube digestif, celles où un état névropathique entre comme élément principal. Lorsqu'il a été avancé que l'eau du Sprudel, administrée à petites doses, améliore et guérît presque toujours les gastralgies, en ceci autant qu'au sujet
208 KAKLSBAD OU CA11LSBAD.
d'ulcères chroniques, soit simples, soit rongeants, de l'estomac, qui ne résistent guère, dit-on, au Schlossbrunnen, eût-il été bon d'apporter 0 de meilleures preuves que des affirmations. Il y a loin de ces résultats à ce que l'observation rigoureusement poursuivie, en France, près d'une source fortement sodique, a pu démontrer jusqu'ici [voy. Vichy].
Nous en dirions autant des cons'.rictions de l'œsophage et du rectum, que M. Rotureau, d'ailleurs, ne mentionne que comme spnsmodiques, et non organiques, lesquelles, après avoir résisté à l'emploi méthodique des bougies, ont cédé assez promptement à l'usage interne des eaux de Karlsbad. Mais on rapporte encore que des hernies inguinales même auraient rétrogradé sous cette influence tonique! Il n'existe pas, que nous sachions, de trace d'un si heureux résultat ailleurs que dans cette station privilégiée. Il est plus facile d'admettre avec les anciens médecins qui ont traité des vertus du Sprudcl, que l'ingestion prolongée d'une eau sulfatée sodique et thermale provoque l'expulsion de vers intestinaux, même du ténia. Celle attribution du moins n'a rien qui renverse la logique de l'expérience.
« Karlsbad trouve sa principale indication dans les maladies du foie, a ainsi s'exprime le professeur Seegen. Tous les témoignages s'accordent avec le sien, et ce que nous connaissons déjà de l'action altérante de ces eaux, recommande suffisamment leur efficacité à l'endroit de l'appareil hépatique. Ici encore les corrélations évidentes de la circulation abdominale avec les organes sécréteurs de la bile, et avec leur mode physiologique, viennent à l'appui des opinions de nos confrères d'Allemagne, et semblent devoir nous donner la véritable raison médicale de Karlsbad. Seulement on a accumulé tant d'obscurités ou d'assertions préconçues sur cette question, qu'il faut bien, jusqu'à plus ample informé, l'accepter telle quelle comme résolue. Toutefois nous ne pouvons accorder qu'aucune dégénérescence constatée dans la texture du foie, qu'elle soit due à des produits hétéro morphes, ou qu'elle consiste en une altération de la substance de l'organe elle-même, ait jamais été modifiée par ces eaux. M. Porges proclame avec beaucoup de justesse leur insuccès dans les cas de foie gras dus à la diathèse tuberculeuse ou cancéreuse. Si cet auteur admet peut-être trop facilement que l'infiltration lardacée du foie consécutive aux fièvres d'accès se résorbe sans peine en l'absence de symptômes généraux de cachexie, c'est-à-dire alors que le diagnostic de la lésion reste souvent douteux, du moins les cas invétérés et compliqués d'état cachectique lui semblent complètement insurmontables à Karlsbad. Ses restrictions sont à peu de choses près les mêmes pour la cirrhose. Nous serons plus explicites que lui, et les motifs qu'on a voulu donner de l'intervention du Sprudcl, à l'enconlre de l'altération granuleuse du tissu
KARLSBAD OU CARLSBAD, i>og
hépatique, ne souffrent pas la discussion, à nos yeux. Il est à remarquer que la cure des kystes du foie, et particulièrement des kystes hydatiques, près des thermes de Karlsbad, n'a pas été célébrée aussi affirmativement, et que le cancer et le tubercule trouvent place dans l'exception.
Mais qu'il s'agisse d'engorgement du foie, sous forme chronique, et reconnaissant pour élément principal l'hypérémie, soit active, soit passive, de cet organe, nul doute que les eaux de Karlsbad ne favorisent la résolution et le retour aux conditions anatomiques normales. Reste à préciser la pathogénie de ce qu'on entend par engorgement hépatique [voy. Foie (Maladies du)]. Kreysig insistait déjà, en présence d'un foie tuméfié et douloureux, et avant d'employer le traitement de Karlsbad, pour savoir comment cette maladie avait pris naissance, si elle était encore susceptible de rétrograder, et si les forces du sujet permettaient d'employer les eaux avec avantage. Il y a loin de ces sages avis à l'annonce de certains faits qui tiennent plus de la recherche du merveilleux que du savoir, et dont les médecins allemands, d'ailleurs, ne sont nullement responsables. Dans tous les cas, ce que l'on obtient en soumettant aux eaux de Karlsbad les malades atteints des engorgements du foie, c'est en même temps une amélioration dans les fonctions gastriques, un amendement salutaire de l'étal général, et, à en juger par le rétablissement de la digestion et de ses suites, une heureuse influence sur les sécrétions dont le foie est le siège.
Ce que nous venons d'exposer s'entend également des obstructions et des altérations morbides de la rate.
Quant aux calculs biliaires, genre d'affections qu'on observe en grand nombre à Karlsbad, leur formation est due à une disposition constitutionnelle que les eaux sulfatées sodiques tendent à combattre à l'égal des eaux bicarbonatées de Vichy ou d'Eus.
Ce rapprochement nous conduit à deux autres maladies qui se retrouvent sur le même terrain thérapeutique, à savoir, la goutte et la gravellc. En ce qui regarde la première, les renseignements manquent de précision. Ainsi, le docteur de Carro [Carlsbad et ses eaux miner., 1829) ne préconise ces eaux que dans la goutte mobile, jointes à un régime convenable, terminé par l'usage de quelque autre eau ferrugineuse et gazeuse. Kreysig {toc. cit.), au contraire, les a appliquées utilement à diminuer ou à effacer la disposition arthritique; mais, d'après lui, il faut en restreindre l'emploi, lorsque l'économie est dans une disposition nerveuse, ou lorsqu'il y a un affaiblissement consécutif à de longues souffrances. Pour les médecins allemands plus modernes, MM. Porges, Fleckles, Helffl, Scegen, la cause essentielle de la dyscrasie goutteuse étant dans une, maladie du système veineux, on comprend qu'ils aient Uilï . ul6 Eaux miner. — l. il. 14
210 KÀKLSKAD OU CARLSBAP.
inscrit la goutte au nombre des spécialisations de Karlsbad ; mais il n'est pas fait de mention plusétendue sur ce point. A Karlsbad, comme ailleurs, on prescrit de ne pas employer les eaux pendant les accès de la goutte, et d'apporter au traitement toutes les précautions qu'il exige, d'autant plus que souvent, pendant les cures, il survient des accès de goutte, avec ou sans fièvre, et quelquefois comme première atteinte de la maladie. (Porges, Caiisbad, ses eaux thermales; analyse physiologique de leurs propriétés curatives et de leur action spécifique sur le corps humain. Paris, 1858.)
La gravelle a été fréquemment adressée à Karlsbad, et cela d'ancienne date. Bêcher, Hufeland et Kreysig, écrivant sur ces eaux, n'hésitent pas à leur attribuer positivement la propriété de corriger et de détruire la disposition constitutionnelle qui favorise la lithiase. Les observations deCarro et de ses successeurs ont appuyé cette proposition. Pour M. Porges, l'action spécifique de Karlsbad, dans ce qu'il entend par la dyscrasie calculeuse.est universellement reconnue, et il ajoute, à l'égard de ce traitement, que ses effets sont beaucoup plutôt dynamiques que de nature chimique. Du reste, la diathèse qui prédispose à la gravelle, passe, en Allemagne, pour très rapprochée de celle de la goutte, et toutes deux sont rattachées aux notions de vénosité ou de pléthore veineuse. La médication de Karlsbad embrasserait donc ces diverses dyscrasies en vertu des mêmes principes. C'est surtout clans la gravelle urique que l'on a recours au Sprudel. Les cas de calculs phosphatiques n'en sont écartés que parce qu'en général ils s'accompagnent d'affections catarrhales des voies urinaires, et fréquemment d'un affaiblissement de la constitution. Quanta l'exclusion prononcée par AL Rotureau sur les concrétions composées d'oxalales, elle aurait besoin d'être motivée. Le même auteur conseille, lorsqu'il y a des accès de coliques néphrétiques, de débuter d'emblée par l'eau du Sprudel, à dose fractionnée; mais, ni dans l'article qu'il a consacré à Karlsbad, ni dans les notices relatives à cette station, nous ne trouvons aucun éclaircissement sur l'extension de ces eaux au traitement des maladies des reins proprement dites.
En dehors des étals morbides qui viennent d'être passés en revue, il en existe certainement auxquels les propriétés des eaux de Karlsbad s'appliqueraient encore. Tels sont les rhumatismes, soit à forme goutteuse, soit musculaires, chroniques; les engorgements du col et du corps de l'utérus; l'hypertrophie de cet organe, ainsi que les dérangements fonctionnels qui tiennent à une maladie de ses annexes ou àquelqueautre inlluence : dysménorrhée, aménorrhée, stérilité, etc. Mais beaucoup d'autres thermes pourraient revendiquer de semblables spécialisations, et nous devons nous borner à a\oir développé la caractéristique de Karls-
KEMMERN. 211
bad. Cependant il est utile d'appeler l'attention sur d'excellents effets obtenus par ML Oesterreicher dans quelques cas de diabète sucré, par d'autres médecins de la localité dans certaines amblyopies ou amauroses commençantes, qu'une dérivation opérée du côté des vaisseaux bémorrhoïdaires peut parfois suspendre avec avantage. Enfin, M. Rotureau nous apprend que l'hôpital militaire de Karlsbad a été exclusivement érigé pour le traitement des soldats autrichiens ayant contracté des fièvres intermittentes rebelles dans les garnisons d'Italie et de Hongrie. Mais, de l'aveu de M. le docteur Oesterreicber, les succès obtenus dans la cure de l'intoxication paludéenne à Karlsbad ne sont point constants.
On met volontiers Karlsbad en parallèle avec Vichy, et, à bien des égards, quoique les conditions de minéralisation et de thermalité soient différentes, celte comparaison peut être maintenue. Nous la rencontrerons surtout dans les applications thérapeutiques; mais il reste bien acquis que si, en beaucoup de circonstances, l'emploi de ces sources offre une importance égale, le cercle d'action des eaux de Vichy est beaucoup plus étendu que celui des thermes de Karlsbad [voy. Vichy].
La station de Karlsbad est aujourd'hui l'une des plus renommées et des plus fréquentées de l'Allemagne. La saison y commence en mai et finit en septembre. Toutes les ressources de la vie matérielle et de l'existence des classes aisées s'y trouvent réunies. La situation de la ville dans une vallée longue et étroite, et son exposition aux vents de nord-ouest, réclament les précautions usuelles contre les alternatives de chaleur et d'humidité. Des sites variés entourent cette localité.
Quoique l'origine des thermes de Karlsbad ne soit pas historiquement établie d'une manière formelle, on s'accorde à en reporter la fondation à l'empereur Charles IV, au xive siècle ; depuis lors, elles ont été entretenues par la munificence des souverains d'Autriche et de la noblesse de Bohême.
Il s'expédie une quantité considérable de ces eaux en Allemagne et à l'étranger ; elles subissent le transport sans s'altérer.
Le sel de Car Isbad, dont les Allemands font un grand usage, n'est autre que du sulfate de soude à peu près pur, retiré par évaporation de l'eau du Sprudel.
9t.\KLSISRI'\\. Voy. HlNNEWIEDER.
HATU1K aa\-zei: Hollande). A l'embouchure du vieux Rhin dans la mer du Nord, à 8 kilomètres de Leyde.
Bains de mer très fréquentés.
tti-: wii-:k\ (Russie d'Europe, Livonie). A peu de distance de Riga et de iMitau, sur les frontières de la Courlande, dans une plaine marécageuse.
212 KIS-GZÉG*
Sulfurée calcique. Tempér. , 8° centigr.
Eau : 16 onces. Eau : un lilre.
Griiins. Grain.
Sulfate de chaux 11,8100 = 1,700
— de soude 0,3401 = 0,048
— de magnésie 0,4124 = 0,059
Chlorure de calcium 0,0796 = 0,011
Sulfure de calcium 0,1 oOS = 0,021
Carbouate de chaux ,. 0,4441 — 0,003
Carbonate de magnésie traces = traces
Puiic. culi. Cent. cub.
(Gobel.)
Ces eaux sont employées en boisson et en bains, plus particulièrement
dans les maladies de la peau.
KÉRATITE. VOV. SCROFULES.
liiEL (duché de llolslein). Sur le golfe du même nom, à 75 kilomètres de Hambourg. Station du chemin de fer d'Altoua.
Bains de mer.
KILRTSH (Irlande, comté de Claie). À 59 kilomètres de Limerick.
Bains de mer.
KIRALYMEZO (Hongrie, comiîat de Marmaros).
Sources froides dont l'analyse qualitative a été indiquée par le professeur Tognio, comme représentant une eau à la fois chlorurée sadique, ferrugineuse et iodo-bromurée, et signalées au point de vue de leur importance thérapeutique. Pas d'installation suffisante.
kirouars. Voy. Fréfailles.
Kis-i'ZEti {États autrichiens, Transylvanie). Village du comitat de Klausenburg. — Quatre sources, dont la principale est la suivaule :
Sulfatée sadique et magnésienne. Tempér. , 12" centigr.
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Grains, Grani.
Sulfate de soude 105,60 = 11,193
— de magnésie 24,00 = 2,544
Carbonate de chaux 1,20 = 0,127
Alun 0,80 = 0,084
Chlorure de sodium 10,80 = 1,144
Matière extractive 0,80 = 0,08i
Pouc. i ufo. Cent. culi.
Gaz acide carbonique 2,4 = 96
(Pataki.)
(les eaux ont des propriétés purgatives. On lésa rangées parmi les taux AMÈKEb [voy. ce mot].
K1SSINGEN. 21.;
■us-KAEiAK (Étais autrichiens, Transylvanie). Bourg du comitauL Nnnyacl.
Bicarbonatée mixte. Tempér. , 30°centigr.
Eau: 16 onces. Eau: un litre.
Grains. Gmni.
Carbonate de chaux 2,00 = 0,288
— de magnésie 2,i0 = 0,345
— de soude 2,40 = 0,315
Sulfate de soude 1 ,80 = 0,259
Chlorure de sodium l,0o = 0,144
Polie, cul). Cent. culi.
G,iz acide carbonique 9,6 = 384
(Pataki.)
Plusieurs sources; la principale occupe une excavation de main (l'homme qu'on fait remonter à l'époque romaine. Tas d'aménagement suffisant.
KlSSi\<iEX (Bavière, basse Franconie). Ville dans une vallée; sur la rive gauche de la Saale, îi /i5 kilomètres de Wurzbonrg. Altitude : 197 mètres. — Chemin de fer de Berlin, station de Schweinfurt-sur-le- Mein.
Chlorurée sadique. Tempér., 9°, 3 à 18\5 cenligr.
Cinq sources, dont trois sont situées dans la ville même, les deux dernières dépendant de salines distantes à 1 et 3 kilomètres, savoir :
1° Le Bakoczy (9°, 3), employé exclusivement en boisson ;
2° Le Pardur (11"), usité à l'intérieur et en bains ;
3° Le Maxbrunnen (10", 9) (source de Max), qui ne sert que comme eau de table ;
U° Le Soolensprudel (bouillonnement salé) ;
Et 5° le Schonbornsprudel (bouillonnement du beau puits) , deux sources également obtenues par forage artésien, toutes deux à 18", 3 cenligr., et dont les applications sont toutes externes, soit en bains et douches d'eau, soit en bains et douches de vapeur et de gaz acide carbonique.
Les eaux mères des salines de Kissingen sont souvent utilisées thérapeutiquement.
Enfin, deux sortes de terreaux tourbeux, recueillis dans les prairies environnantes ou dans les marais du Rhôn, entrent dans la composition des bains après dessiccation préalable et par addition aux eaux des sources du Pan dur ou du Soolensprudel.
Nous donnons ici le tableau des analyses de ces diverses sources, qui toutes proviennent vraisemblablement d'une même origine, jaillissant sur la prolongation des couches basaltiques de la chaîne du Rhon, au
214 KISS1NGEN.
milieu du muschelkalk et du grès bigarré. Ce qui les distingue surtout, ce sont des intermittences très remarquables, communes à plusieurs d'entre elles, mais dont le Soolensprudel montre un exemple frappant et devenu célèbre, qu'on a rapproché avec raison des phénomènes observés dans les geysers de l'Islande [vpy. [NTEfiMlTTENC.i des sources].
Eau : un litre.
Acide carbonique libre. .
Chlorure de sodium
— de potassium. .
— de lithium. . . .
— de magnésium.
Bromure de sodium
Azotate de soude
Sulfate de magnésie . . . .
— de chaux
Carbonate do magnésie. .
— de chaux . . . .
— de fer
Phosphate de chaux. . . .
Silice
Source du
Source du
Source de la
Rakoczy.
Pandur.
Maxbrunnf.n.
Lit.
Lit.
Lit.
Gram.
Gram.
Gram.
(Liebig, 1855 et 1856.
Source du Soolensprudel.
Eau : un litre.
Lit.
Acide carbonique libre 1 ,651
Azote quaut. inseos
Gram.
Chlorure de sodium 11,5153
— de potassium 0,1692
— de magnésium 2,9285
— de lithium 0,0398
Iodure de sodium 0,0009
Phosphate de soude traces
Sulfate de soude 2,6405
Carbonate de magnésie 0,7210
— de chaux 0,6920
— de fer 0,0450
— de manganèse 0,0090
Alumine et silice i
Matière organique , \ '
19,7297 (Kastner, 1852.)
KISSINGER. 2 1 5
Eau mère de la saline du Soolensprudel (1000 grammes).
Gram.
Chlorure de sodium 56,0100
— de potassium 20,0000
— de magnésium 250,8400
— de lithium 4,0000
d'ammonium 0,0047
Bromure de magnésium 1,3500
lodure de sodium 0,0004
Phosphate de soude traces
Sulfate de soude 0,1225
— de magnésie 31,8500
Eau 635,8224
1000,0000 (Kastner, 1855.)
Sous le nom de sel résolutif de Kissingen, on emploie le produit de la cristallisation des sels qui se sont formés dans l'eau mère. C'est un mélange de sulfates de potasse et de magnésie, et de chlorure de magnésium; il est composé, d'après 31. Gorup-Besanez, de :
Magnésie 100,080
Potasse ... . 240,480
Acide sulfurique 390,540
Eau 268,900
M. Kastner a analysé, en 1855, la tourbe des prairies du voisinage de Kissingen, et y a reconnu des carbonates de chaux, de magnésie, du sulfate de chaux, des chlorures de sodium, de potassium, de l'alumine, de la silice, de l'acide ulmique, des traces d'un détritus végétal, des traces de sulfate de fer, de sulfate de potasse, d'hyposulfite de soude, etc.
Quant aux sédiments du Rhôti, on y signale de Fulmine, du tissu celluleux végétal, une petite quantité de silice et d'alumine, et une certain!' proportion de carbonate de protoxyde de fer.
Enfin les eaux du Rakoczy et du Pandur, examinées au microscope, renferment plusieurs variétés d'infusoiresdes genres GallioneUa, Navicula, Bacillaria et Arcellina.
D'une manière générale, on peut déduire la spécialisation thérapeutique des eaux de Kissingen de l'élément chloruré sodique qui prédomine en elles et de la très notable quantité de gaz acide carbonique libre qui s'en dégage. Nous ne pensons pas qu'on ait songé sérieusement à regarder comme éléments actifs le peu de bromure et d'iodure de magnésium qui s'y rencontre. C'est à tort aussi que quelques médecins ont voulu faire jouer un rôle important aux principes ferrugineux qu'elles renferment. Déjà Osann et Vetter s'étaient élevés contre cette prétention, et les analyses de Liebig démontrent que le fer y entre pour une pro-
21 fi KISSINGEN.
portion peu significative. Il résulte d'ailleurs des recherches de ce même chimiste que l'on ne saurait reconnaître de différence bien notable de minéralisation entre la source du Rakoczy et celle du Pandur. Leurs caractères chimiques étant sensiblement les mêmes, les eiïetsqu'elles produisent peuvent s'entendre d'une manière identique. Il n'y a non plus dans l'odeur, la saveur et les autres propriétés physiques, rien qui les distingue réellement. Cependant sur l'autorité de Siebold, de Kreysig entre autres, le Rakoczy non-seulement reste réservé pour l'usage interne, mais encore son nom est devenu, dans le public, presque synonyme de Kissingen. Le Pandur sert principalement pour les bains ; enfin l'emploi simultané des eaux de ces deux sources constitue la pratique appliquée à la plupart des cas. Ce n'est que dans des circonstances déterminées qu'on emploie les eaux des salines, les eaux mères, et les divers moyens d'utiliser le gaz acide carbonique.
L'action capitale des eaux de Kissingen se résume, d'après le professeur Seegen, en une légère excitation des sécrétions à la surface de toutes les muqueuses, particulièrement du côté du tube digestif, en un redoublement dans l'appétit, une accélération de la circulation sanguine, et en une impulsion nouvelle donnée aux fondions de nutrition. Nous laissons à M. le docteur Balling la responsabilité de l'influence psychique qu'il attribue à l'usage interne du Rakoczy. Elle se traduirait, selon lui, dès la première quinzaine, par un profond découragement et une tendance passagère à la mélancolie. Il est à croire que des faits particuliers ont été trop généralisés à ce propos. On aurait tort de leur attacher une valeur qui ne leur appartient pas et qu'aucun autre médecin exerçant près des sources chlorurées sodiques n'a cru devoir relever jusqu'ici.
A la fois légèrement purgatives, toniques et excitantes, ces eaux devaient prendre place dans le traitement des affections de l'estomac. Nous avons déjà dit ailleurs comment, à défaut de sources minérales franchement bicarbonatées, on a dû en Allemagne leur chercher des succédanées et s'adresser aux eaux chlorurées [voy. Dyspepsie]. Kissingen en est un exemple frappant, et l'on s'explique ainsi comment, depuis le simple défaut d'appétit et la pesanteur consécutive aux repas jusqu'aux désordres les plus compliqués des fonctions digestives , les médecins aient tout classé dans la spécialisation du Rakoczy. Mais des distinctions sont nécessaires sans doute dans cette énumération de circonstances morbides si variées. Déjà on a remarqué que les dyspeptiques à tempérament sanguin, sujets aux mouvements fltixionnaires ou congestifs vers les organes viscéraux, se trouvaient mal de Kissingen. C'est surtout aux sujets lymphatiques, aux scrofuleux, à ceux chez lesquels la constitution est affaiblie, en dehors de tout trouble névropalhique, que c^s eaux