ISLANDE
ISLANDE (Amérique du Nord, État du Danemark). Sources minérales les plus chaudes du monde , et dans un pays essentiellement volcanique. Elles se divisent en gey&irs ou sources jaillissantes, et en sources simplement bouillantes ou tranquilles. On donne à ces dernières les noms de hyer (chaudron) et laug (bains).
Les sources jaillissantes les plus remarquables sont celles du Grand- Geysir et de Strokkur. L'une et l'autre, intermittentes [voy. Intermittence des sources], sont situées dans la partie sud-ouest de l'île, à 87 kilomètres, en ligne droite, à l'est-nord-est de Reykjavih et à Zt6 kilomètres au nord-ouest de l'Hekla. Elles sont accompagnées d'un grand nombre de sources bouillonnâmes (byers et Laugs), et occupent un espace de 500 mètres du nord au sud, sur 100 mètres de l'est à l'ouest, vers la partie septentrionale d'un grand plateau de tuf volcanique.
D'après M. Descloizeaux, l'eau du Grand-Geysir, à la surface comme au centre du bassin, a une température de 85°; mais immédiatement avant une grande éruption, la température de l'eau a été trouvée, en moyenne, de 108°, 83. Après une grande éruption, elle a été trouvée de 112°, 68. Voici la composition de l'eau des principales sources : Grand Geysir. Eau : un litre*
Grain.
Chlorure de sodium 0,2638
Sulfate de magnésie 0,0091
— dépotasse 0,0180
— de soude 0,1343
Soude 0,1227
Silice 0,51 90
Acide carbonique 0,1520
Soufre 0,0036
Source dite Badstofa (Reykir).
Chlorure de sodium 0,2873
Sulfate de chaux 0,0400
— dépotasse 0,0229
— de soude 0,0103
Soude 0,0711
Silice 0,2630
Soufre 0,0061
Acide carbonique indét.
0,7007 Source de Laugarnes, près Reykjavik.
Chlorure de sodium 0,0547
Soude 0,0508
Silice 0,1350
Acide carbonique indét.
Soufre 0,0019
0,2645 iDamour, 1847.)
La prédominance de la silice dans les sources de l'Islande a fait donner à leurs eaux le nom de silicifères, et M. Damour croit pouvoir attribuer ' la présence des alcalis et de la silice à l'action décomposante de l'eau pure, agissant, à une température élevée et sous une pression considérable, sur les roches irachytiques qui leur servent de récipient.
Quoique la soude soit représentée, dans les analyses de M. Damour, à l'état de liberté, cette substance existe dans les eaux à l'état de carbonate, tandis que la silice est tenue en dissolution à la faveur de ce sel.
Ce que nous devons signaler ici, c'est l'exemple bien remarquable de la précipitation de la silice que contiennent ces eaux. Le terrain et les objets environnant les geysirs sont couverts où incrustés de concrétions siliceuses. D'après M. Faraday, la solution de la silice est activée par la présence de la soude. Il admet, dit Lyell, que la précipitation de la silice à l'état insoluble est due en partie à ce que l'eau, quand elle est refroidie par suite de son exposition a l'air, ne peut retenir autant de silice que lorsqu'elle sort de la terre à une température de 180° ou 190° Fahreinheit(100°ou 105°,6cenligi\), et en partie à ce que, pendant l'évaporation de l'eau, le se! de silice et de soude qui existait préalablement se décompose.
ISCHIA. (Italie, royaume des Deux-Siciles). Ile à 12 kilomètres du cap Misène, entre le golfe de Naples et celui de Gaële, connue sous les noms de Pythecusa, Aïnaria insula, dans l'antiquité. Le centre de cette île est occupé par le volcan Epomeo, qu'entourent plusieurs autres foyers ignivomes, et de nombreuses fumerolles ou exhalaisons de vapeurs aqueuses. Les sources minérales et thermales y abondent. Leur température varie depuis 32° centigr. jusqu'à 100°, d'après M. Chevalley de Rivaz. Leur composition prédominante les range dans la classe des eaux chlorurées sodiques. On a signalé plusieurs d'entre elles comme chargées d'une notable quantité de silice. Les plus remarquables, utilisées par la médecine, sont, en parlant de la capitale de l'île pour faire le tour d'Ischia, les eaux de Pontano, de Bagno-d'Ischia, de Castiglione, de Gurgitello, de Cappone, de Bagno-Fresco, de la Rita, de Santa- Restituta, de San-Montano, de François 1er, de Citara, d'Olmitello et de Nitroli. La plupart de ces sources se trouvent dans la partie septentrionale de l'île, depuis la ville d'Ischia jusqu'à Lacco, et principalement dans les environs de Casamicciola, où, indépendamment de l'eau renommée de Gurgitello, jaillissent une multitude d'autres sources chaudes et minéralisées, qui forment deux forts ruisseaux allant se jeter dans la mer. C'est aussi dans la même portion de l'île que l'on voit sortir de terre le plus grand nombre de fumerolles qui alimentent les éluves naturelles de Castiglione , rie Cacciuto et de San-Lorenzo.
Nous mentionnerons ici celles de ces eaux qui sont les plus remarquables et les plus fréquentées.
1" Cappone.
Tempér. , 35° centigr. Saveur analogue à celle du bouillon (te poulet
étendu, d'où lui est venu son nom.
Eau : un litre, Gi .mi .
Chlorure de sodium 3,985
Carbonate de chaux 0,095
— de magnésie 0.070
— de soude 1,635
Sulfate de soude 0,357
Iodure et bromure de potassium j traces
Silicate de soude \
Alumine et oxyde de fer 0,01 i
Silice et sulfate de chaux 0,113
Cent, culi.
Gaz acide carbonique 90
(Guarini, 1831).
Cette eau, légèrement laxative, stimule doucement les fonctions digestives, et a pu mériter autrefois pour ces propriétés la dénomination dello stomacho. Si on lui a reconnu des qualités dissolvantes et résolutives, ce n'est que comme conséquence de son influence sur l'acte de la nutrition. Elle n'est guère usitée qu'à l'intérieur, à la dose de deux ou trois verres, à jeun.
2° Ci tara.
Tempér. variant de kl" à 53° centigr. dans un réservoir commun, et de 67° à 72° centigr. dans divers puits voisins qui peuvent être considérés comme les griffons de la source.
Eau : un litre.
Gram.
Chlorure de sodium 4,850
Carbonate de chaux 0,059
— de fer 0,020
— de soude 0,232
Sulfate de soude \ 0,3S1
Iodure de potassium ) .
Alumine j
Silice 0,174
Matière organique 0,666
6,494 (Lancelotti, 1835.) L'eau de Citara était fort renommée dans les temps anciens, et l'on a démontré qu'elle doit son nom à de prétendues vertus contre la stérilité. Un petit établissement très peu important la dessert. On ne l'administre
d'ailleurs en bains et en douches internes que dans les ras de faiblesse anémique, commune chez les femmes, et accompagnée de dérangements menstruels et de leucorrhée. C'est alors qu'agissant à titre de médication tonique et reconstituante, elle a pu amener d'heureux effets, et acquérir une réputation qui s'étend même à la cure de l'impuissance virile. En toute autre circonstance, elle est prescrite en boisson, et alors, à la dose de quelques verres, elle produit une purgation légère, facilite la digestion et accélère l'appétit. On la regarde comme un véritable stimulant, contreindiqué par tout état congés tif ou éréthique.
Située dans une position charmante, sur la partie la plus riche et la plus riante de l'île, la source de Citara attire une remarquable affluence, qu'elle doit autant à sa vogue traditionnelle qu'à d'heureuses conditions de climat. On y trouve des restes d'étuves délaissées,
3° Guryitello.
ïempér. de 63° à 70° centigr., variant suivant les saisons et la distance à laquelle on l'observe. — Plusieurs sources très abondantes qui sourdent au fond du vallon d'Ombrasco, à la base septentrionale de l'Epomée, et sont recueillies dans des réservoirs pour le service des malades.
Eau : un litre.
Gram.
Chlorure de sodium 3,052
Carbonate de soude 2,810
— de potasse 0,012
— de magnésie 0,07 1
— de chaux 0,1 37
— de fer traces
Iodure de potassium 0,044
Chlorure de fer traces
Silice 0,043
Alumine "\
Oxyde de fer et de manganèse > 0,007
Phosphate de chaux )
Matière organique traces
Cent. cub.
Gaz acide carbonique 135
(Lancelotti, 1831.)
Le dégagement assez notable des bulles d'acide carbonique dans ces eaux est exprimé par le nom de guryitello, gargouillement. Elles déposent un sédiment friable.
Toniques, stimulantes et résolutives, ainsi les désigne M. Chevalley de Rivaz. De là on a tiré un grand nombre d'applications thérapeutiques, comprenant les obstructions viscérales et abdominales, les ulcères, les plaies anciennes, les maladies des os, les affections cutanées, la goutle,