GASTRALGIE
crampes d'estomac; 2° douleurs cardiaques habituelles, mais non continues; 3° douleur cardiaque continue, souvent limitée à un point très circonscrit, non exaspérée par les aliments; U° douleur continue, exaspérée par l'introduction des aliments, et quelquefois de la moindre substance solide ou liquide, sans autre symptôme de dyspepsie. Dans ces différents cas, intolérance complète pour les acides; les deux dernières formes, communes surtout chez les chloroliques. ( Durand-Fardel , Traité thérap. des eaux miner. , 1857.)
Le premier fait que nous trouvions à signaler est que les eaux minérales, et particulièrement leur usage interne, doivent surtout être administrées dans les intervalles de la douleur gastralgique, et sont d'autant moins applicables que celle-ci est plus prononcée.
Aussi la forme de gastralgie que l'on guérit le plus facilement par les eaux minérales est-elle la gastralgie par accès, crampes d'estomac. Les eaux de Vichy réussissent parfaitement alors, pourvu qu'elles soient appliquées en dehors et à une époque aussi éloignée que possible des accès douloureux. Il est rare que la maladie ne soit pas enrayée, et souvent entièrement par leur usage. Il est probable que la plupart des eaux bicarbonatées sodiques, et mixtes aussi, réussiraient également dans les cas de ce genre. Mais le mot de gastralgie se trouvant sans cesse reproduit, dans les traités et les monographies, suivant son acception la plus banale et sans aucune explication, nous ne pouvons que faire des conjectures à ce sujet. Cependant le docteur Puiga publié, par une rare exception, quelques observations très explicites, qui nous montrent cette forme de gastralgie très favorablement modifiée par les eaux d'Olette; mais on emploie alors une des sources de cette station, entièrement dé • générée, et non plus sulfureuse, mais alcaline.
Dans les gastralgies avec douleur habituelle, mais non constante, le traitement sera le même. Cependant des eaux moins excitantes que Vichy seront plus souvent profitables. Nous signalerons, parmi celles qui conviendront le mieux à ce genre de traitement, Saint-Alban, Pougucs, Bagnoles (Orne), Sermaize, Foucaude, Évtian.
Lorsqu'il s'agit de gastralgies fixes, augmentées ou non par l'introduction des aliments, l'usage interne des eaux un peu actives sera impossible, sous peine d'exaspérer la douleur cardiaque; c'est tout au plus si l'on pourra toujours tenter impunément l'usage des eaux minérales que nous venons de mentionner. Un traitement purement externe sera souvent seul applicable; on recourra alors aux eaux de Plombières, Bagnères-dc- Bigorre , Néris, Bains, etc. L'usage de ces bains, empruntés tous à des stations d'une haute thermalité, pourra rendre d'autant plus (le services, que ces gastralgies fixes, ou cardialgies, sont souvent sous la
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dépendance d'un principe rhumatismal plus ou inoins manifeste. Chez les individus lymphatiques, les sources sulfureuses dégénérées et très chaudes des Pyrénées-Orientales, telles que Amélie, Olette, Molitg, etc., conviendront presque toutes. Ces mômes sources seront excellentes pour les jeunes sujets chlorotiques, qui ne supportent pas alors le fer ni les bains de mer. On tirera également avantage de l'usage des chlorurées sodiqucs faibles, telles que Bourbon- Lancy.
Lorsque la gastralgie sera compliquée de dyspepsie, c'est-à-dire lorsqu'il y aura à la fois douleur gastralgique et dérangement des digestions, le traitement suivra les indications réclamées par la dyspepsie ou par la gastralgie, suivant que l'une ou l'autre prévaudra.
La gastralgie accompagne quelquefois un état morbide quelconque qui réclame par lui-même un traitement thermal déterminé. Il est difficile alors de ne pas tenir compte de la première, parce qu'il résulte souvent de sa présence une intolérance complète pour les eaux en apparence les mieux indiquées : par exemple, chez des sujets débiles qui semblent réclamer des eaux notablement minéralisées. Il est rare que des eaux minérales un peu actives soient supportées par des individus gastralgiques, non- seulement comme usage interne, mais même simplement en bains. Nous appelons l'attention sur ce sujet, parce que les indications importantes qui résultent de cette circonstance se trouvent chaque jour méconnues, au détriment des malades, et aussi de la médication thermale, compromise ainsi par des insuccès dont la cause n'est pas toujours aperçue.
gava (Espagne, prov. de Barcelone).
Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér. , 18° cenligr.
Eau : une livre. Eau : un litre.
Grains. Grara.
Carbonate de fer 1,04 == 0,1019
Chlorure de calcium 1,01 = 0,0989
— de magnésium 0,b8 = 0,0508
Sulfate de magnésie 0,88 = 0,OSf32
— de soude 0,49 == 0,0480
— de chaux 0,44 = 0,0431
Pouc. cub. Cent. cub.
Haz acide carbonique 5,9 = 295
(Samponts.) Celle source jaillit au pied d'une montagne qui renferme des minerais de fer. On ne l'emploie qu'en boisson, et elle passe pour diurétique et légèrement purgative.
Giviiti y (Espagne, prov. de Guipuzcoa). Sulfureuse. Tcmpéf., l<S°centigr.
Pains médiocrement installés, peu fréquentés.
GAZ. La plupart des sources minérales émettent à leurs griffons de? gaz que les eaux charrient avec elles, et qui se disséminent dans l'espace, dès qu'ils ne sont plus soumis à aucune pression. Ce sont là les gaz spontanés.
Mais, en raison même des circonstances qui ont présidé à leur minéralisation, les eaux contiennent en dissolution une partie de ces gaz, dont le volume est d'autant plus considérable que les eaux minérales sont plus froides. Ce sont les gaz dissous.
Les uns comme les autres sont le plus ordinairement les acides carbonique et sulfhydrique, l'azote et l'oxygène. C'est seulement dans des cas exceptionnels que l'on a rencontré en outre du proto ou du bicarbure d'hydrogène [Coeze. Aix-La-Chapelle]. Quant à l'oxyde de carbone, quelques chimistes ont cru aussi le reconnaître dans plusieurs sources étrangères.
Lorsque les gaz spontanés sont très abondants, ils communiquent aux sources des bouillonnements tumultueux et incessants. L'eau minérale semble comme en ébullition, et s'élève parfois à une certaine hauteur au-dessus de la surface de la source. Dans le cas contraire, le dégagement n'a lieu que par intermittences, et les gaz apparaissent sous la forme de perles brillantes, du volume le plus variable.
Quelle que soit la classe à laquelle les eaux appartiennent, les gaz spontanés n'ont pas toujours la même composition. Ainsi dans les unes, les bicarbonatées, les sulfatées et les chlorurées, le mélange gazeux est constitué parde l'acide carbonique, de l'oxygène et de l'azote, et quelquefois par de l'acide sulfhydrique, mais en petite proportion, par rapport aux précédents. Dans les eaux sulfurées calciques, les gaz sont un mélange d'acide sulfhydrique, d'acide carbonique et d'azote ; enfin dans les eaux s ilfurécs sodiques, le gaz spontané est de l'azote à peu près pur. Nous indiquerons tout à l'heure le moyen de recueillir et de doser les gaz spontanés.
La nature des gaz dissous dans les eaux minérales participe de celle des gaz spontanés. Toute source qui laisse dégager de i'acide carbonique, de l'acide sulfhydrique, de l'azote ou de l'oxygène, déverse de l'eau chargée plus ou moins de ces derniers. La composition des gaz dissous n'est pas en rapport avec celle des gaz spontanés dégagés de la même source, car ils ne sont pas tous solubles dans l'eau au même degré. En premier lieu viennent les acides sulfhydrique et carbonique, puis l'oxygène et enfin l'azote. Ainsi lorsque de l'air pénètre dans les sources, le gaz dissous est toujours plus riche en oxygène qu'en azote, comparativement à l'air ambiant.
Nous n'aurons pas à parler ici de l'origine des gaz des eaux minérales : ce sujet recevra un développement complet en parlant de la MINÉRALI- SATION (voy. ce mol).
Pour recueillir le gaz spontané que l'on veut soumettre à l'analyse, voici comment nous conseillons d'opérer :
On choisit deux ou trois tlacons bouchés à l'émeri, d'une contenance de 250 à 500 centimètres cubes, que l'on remplit avec de l'eau où les dégagements ont lieu. On assujettit sur l'ouverture de chacun d'eux, à -l'aide d'une ficelle disposée en croix, un entonnoir de verre, qui se trouve ainsi faire corps avec le vase; on plonge celui-ci dans l'eau, et, lorsqu'il est entièrement rempli, on le renverse en le tenant par la main, puis on arrête au passage les bulles de gaz. Dès que tout le liquide du flacon a été remplacé par le gaz, on coupe la ficelle sous l'eau, on enlève l'entonnoir, on bouche aussitôt le flacon, et, après l'avoir retiré de la source et essuyé avec soin, on en goudronne le goulot. On remplit de la même manière un second et même un troisième flacon, en notant la tempéra tnre ambiante et la pression atmosphérique; après quoi on procède dans le laboratoire à l'analyse quantitative de leur contenu.
Les gaz dissous dans les eaux minérales se recueillent auprès des sources de la manière suivante :
On se munit d'un fourneau, d'un ballon de 1 à 2 litres environ, d'une éprouvette graduée et de plusieurs flacons de la contenance de 300 à 400 centimètres cubes, d'une certaine quantité de mercure, etd'une grande capsule de porcelaine. On remplit entièrement d'eau minérale le ballon
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et le tube recourbé, et l'on fait rendre l'extrémité inférieure de cedernier dans l' éprouvette graduée pleine de mercure. Le ballon posé sur le fourneau, comme nous le représentons ici, est cliauflé progressivement jusqu'à Fébullition du liquide, et lorsque la colonne de mercure ne subit plus de diminution, on enlève ['éprouvette contenant le mélange gazeux. Dès que celui-ci est ramené à la température ambiante, on y introduit quelques fragments de potasse caustique qui absorbe l'acide carbonique provenant et de l'eau minérale et des bicarbonates. On noie
le volume du résidu gazeux, ainsi que la température et la pression barométrique, et l'on sépare l'oxygène de l'azote par le moyen que nous indiquons en traitant du dernier de ces gaz [voy. AZOTE].
La position des sources ne permettant pas toujours de faire sur les lieux le dosage des gaz comme nous venons de le dire, on agit alors d'une autre manière. Comme le transport d'une grande quantité de mercure est parfois assez difficile, on recueille les gaz dégagés par l'ébullition dans un flacon plein de la même eau minérale soumise à l'expérience. Après avoir absorbé tout l'acide carbonique par la potasse, on bouche le flacon, on le goudronne et on le transporte au laboratoire, où l'on procède à la séparation de l'azote et de l'oxygène. Quoique ce procédé soit un peu moins exact que le précédent, en ce qu'on a à craindre la dissolution partielle du gaz par l'eau minérale contenue dans le flacon, le résultat n'en est pas moins assez satisfaisant.
Jusque-là nous avons supposé que le gaz ne renfermait pas d'acide sulfhydrique : s'il en était ainsi, on ferait passer dans l'éprouvette ou dans le flacon une petite quantité d'acétate neutre de plomb, qui absorberait tout l'acide sulfhydrique. Voilà pour les gaz tenus en dissolution dans l'eau.
Les gaz spontanés, que l'on analyse le plus souvent au laboratoire, sont l'objet des recherches suivantes. On débouche sous le mercure l'un des flacons contenant le mélange gazeux, et l'on en mesure 30, UQ ou 50 centimètres cubes dans une éprouvette graduée en demi-centimètres. On y introduit ensuite une solution concentrée de potasse caustique qui, après plusieurs agitations, s'empare de tout l'acide carbonique et au besoin de tout l'acide sulfhydrique, si la source dégage de celui-ci. On note de nouveau la colonne mercurielle, et la différence observée avant et après l'opération représente l'acide carbonique et l'acide sulfhydrique. On procède à une nouvelle expérience confirmative de la première. Si le mélange gazeux contient de l'acide sulfhydrique, on fait une analyse spéciale qui consiste à faire passer dans un volume connu du gaz une solution d'acétate de plomb. Ce sel s'empare de tout l'acide sulfhydrique dont on évalue ainsi la proportion. Pour apprécier à la fin la quantité d'azote et d'oxygène mélangés avec l'acide carbonique et l'acide sulfhydrique, on a recours au moyen décrit en traitant de I'Azote [voy. ce mot] .
Enfin, si dans les gaz spontanés on soupçonnait l'existence du proto ou du bicarbure d'hydrogène, on se conformerait au procédé que nous indiquons en parlant de ces gaz [voy. Hydrogènes carbonés].
L'acide carbonique comme l'azote et l'oxygène sont inscrits dans les analyses en centimètres cubes et en les ramenant à la température de 0°,