‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 96 sur 310 · MANGANÈSE · texte numérisé non relu

MANGANÈSE

l'existence du manganèse dans les sources minérales. Suivant ce chimiste, ce métal se rencontrerait dans un certain nombre d'eaux ferrugi neuses à l'état de chlorure de manganèse. Mais ce qui n'était alors qu'une hypothèse, ne devait pas tarder à se réaliser. En 1813, Vauquelin et Thenard, analysant l'eau de la source ferrugineuse de Provins, annoncèrent de la manière la plus formelle la présence du manganèse, et, à partir de cette époque, ce métal prit un rang assuré parmi les principes rninéralisateurs des eaux minérales.

L'analogie qui existe entre le fer et le manganèse, l'association fréquente de ces deux métaux dans les espèces minérales, devaient faire supposer que les sources ferrugineuses étaient également imprégnées de manganèse : de nombreuses analyses confirment en effet cette hypothèse. Mais il ne faudrait pas eu tirer la conséquence que ces métaux se rencontrent toujours ensemble ; on connaît même plusieurs sources nullement ferrugineuses qui sont chargées de manganèse, et vice versa.

Le manganèse est représenté dans les analyses des eaux minérales à l'état de bicarbonate de protoxyde, comme dans le plus grand nombre de celles à base de bicarbonates alcalins et terreux ; de sulfure, comme dans les eaux sulfurées des Pyrénées; de. chlorure, comme dans les sources de Nanheim, et enfin de sulfate comme dans celles de Cransac et du Crol.

La proportion de ces différents sels, dans les sources que nous venons de signaler, ne se traduit le plus souvent que par des fractions impondérables ; aussi dans les analyses le voit-on inscrit presque toujours à l'état de traces. Ce résultat n'a pas lieu de surprendre lorsqu'on sait que les chimistes s'appliquent à rechercher l'oxyde de manganèse dans les dépôts spontanés des eaux. Quelques-unes de ces dernières font cependant exception à la règle, ce sont celles du département de l'Aveyron qui peuvent être considérées comme des types d'eaux manganésiennes : ainsi les sources de Cransac, d'après M. Rivot, ne contiendraient pas moins de 0-r,0l, à 0gr,36 d'oxyde de manganèse, et les eaux du Crol, de 0-r,33 de sulfate de protoxyde de manganèse par litre de liquide.

iNous allons indiquer le moyen qu'on emploie pour séparer, reconnaître et doser l'oxyde de manganèse dons les eaux et dans leurs dépôts spontanés.

Aucun réactif ne permettant de déceler la substance qui nous occupe dans l'eau minérale elle-même, il convient donc d'abord de faire évaporer un certain nombre de litres d'eau jusqu'à siccité: le résidu est traité par l'acide chlorhydrique, qui précipite seulement la silice. La solution, étendue de sept à huit fois son volume d'eau distillée, est sursaturée par l'ammoniaque caustique qui dépose, outre l'oxyde de manganèse, l'oxyde

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322 MANGANÉSIENNES (EAUX.).

de fer et quelques sels terreux. Ce mélange, lavé, est ensuite dissous dans l'acide chlorhydrique, et dans la liqueur on ajoute de l'ammoniaque caustique en quantité nécessaire pour lui laisser seulement une réaction très légèrement acide ; on y verse du succinate d'ammoniaque qui précipite tout le fer à l'état de succinate ferrique.

La solution de laquelle s'est séparé le succinate de fer est concentrée à siccilé et le résidu calciné au rouge, afin de détruire l'excès de succinate d'ammoniaque. La substance rougeâtre qui en résulte est dissoute dans l'acide chlorhydrique, et la liqueur est soumise à un courant de chlore ; on y ajoute ensuite de l'ammoniaque qui sépare tout l'oxyde de manganèse; on le jette sur un fdtre, et on le chauffe à une température élevée avec quelques gouttes d'acide nitrique. On obtient alors de l'oxyde rouge de manganèse (Mn304), que l'on pèse et que l'on ramène par le calcul à l'état de protoxyde (MnO).

Lorsqu'il s'agit de reconnaître la présence de l'oxyde de manganèse dans les dépôts formés dans les réservoirs des sources, ou sur le sol et après le passage de l'eau minérale, voici comment on opère :

On fait dissoudre une certaine quantité de ces matières dans l'acide chlorhydrique, et dans la solution filtrée et étendue on verse de l'ammoniaque en excès qui précipite tous les oxydes de fer et de manganèse. Ceux-ci sont lavés et placés dans une capsule avec quinze à vingt fois leur volume de chlorure d'oxyde de sodium. Après une ébullition prolongée, et si le dépôt contenait de l'oxyde de manganèse, on voit le liquide surnageant se colorer en rouge plus ou moins vif par suite de la formation du permanganate de soude ; d'une autre part, on recueille le précipité, on le lave et on le met dans un flacon contenant de l'acide acétique monohydraté étendu de cinquante fois son volume d'eau. Après plusieurs jours, et en agitant de temps à autre, tout l'oxyde de fer est entré en solution, tandis que le bioxyde de manganèse reste inattaqué. Ce mode analytique, que l'un de nous a fait connaître le premier, donne des résultats très concluants.

Au lieu d'employer le chlorure d'oxyde de sodium, on peut encore délayer le mélange des oxydes de fer et de manganèse avec du nitrate de potasse, et chauffer ce mélange dans un creuset d'argent jusqu'à la fusion du sel : la masse se colore en vert par du manganate de potasse, qui, délayé dans de l'eau, communique à celle-ci la même teinte.

makgakésiewnes (Eaux). La proportion notable de manganèse qui se remarque dans quelques eaux minérales ferrugineuses, avait engagé l'un de nous à faire une division dans la classe des ferrugineuses, sous la dénomination de ferrugineuses manganésiennes. Les eaux deLuxeuil, celles de Cransac surtout, sont dans ce cas. La présence du manganèse n'ajoute

ridii de particulier aux indications thérapeutiques générales des eaux ferrugineuses. Mais il paraît résulter d'observations intéressantes faites silice sujet par M. Pét requin, que le manganèse est un adjuvant du fer qui .s'adresse dans les mêmes termes à l'appauvrissement du sang, qui réussit quelquefois alors que le fer avait échoué, et qui facilite chez quelques personnes la tolérance pour ce médicament, en même temps qu'il le rend . plus actif et plus efficace. (Pétrequin et Socquet, Traité génér.prat. des eaux miner., 1859.)

MARAT (France, Puy-de-Dôme, arrond. d'Ambert).

On trouve dans cette partie de l'Auvergne deux petites fontaines qui se font jour, l'une près du hameau de Gripil ou Gripeil, l'autre au sudest d'Olliergnes et sur la rive gauche du ruisseau du Got, dont elle porte le nom.

Ces sources sont froides, gazeuses et en tout point semblables à celles qui existent en si grande abondance dans le département du Puy-de- Dôme. Elles n'ont encore été l'objet d'aucun examen chimique suivi ; M. Nivet dit seulement que la source de Got contient 6S centigrammes de matières salines par litre d'eau. Ajoutons enfin qu'elles sont très peu fréquentées.

MARBELLA (Espagne, prov. de Grenade).

Sulfatée calcique. Tempér., 25° centigr.

Eau : 25 livres. Eau : un lilre.

Grains. Grara.

Sulfate de magnésie 12 = 0,04"

— de chaux 20 = 0,078

Chlorure de ruaguésium 4 = 0,015

Acide silicique 8 = 0,030

(DlOS AïUDA.)

Analyse incomplète sous tous les rapports.

Plusieurs sources, qui servent à la fois aux usages domestiques et médicaux. On les prend en boisson et en bains.

JtlARGATE (Angleterre, comté de Kent). Ville sur le chemin de fer du Sud-Est et sur la Manche, à 2k kilomètres de Canlorbéry.

Bains de mer. Fréquentés.

v\3{ii \icia> (États autrichiens, Bohême, cercle de Pilsen). Bourg du district do J'epl, à 5 milles de fcarlsbad, dans une vallée entourée de collines, presque entièrement composé d'hôtels magnifiquement bâtis et ornés de belles plantations. Altitude : §hh mètres. Chemin de fer de Francfort à Leipzig ; station de Hof ou de Plauen.

Sulfatée sodique. Tempér. , de 7° à 10° centigr.

Les sources minérales de cette localité sont très nombreuses. Heidler

324 MAKIENBAb.

en a compté jusqu'à 123 sur une étendue de 12 kilomètres, tant à Ma-

rienbadque dans les environs. Elles sont froides, ei sourdeut, les unes de

terrains marécageux, les autres de tissures, la roche granitique se faisant

jour à travers des couches de schistes micacés. Huit d'entre elles sont

utilisées, et portent les noms de :

1° Carolirienbrunnen (source Caroline).

2" Ambrosiusbrunnen (source d'Ambroise).

3° Kreuzbrunncn (source de la Croix).

4° Marienquelle (source de Marie).

5° Waldquellc (source du Bois).

6° Ferdinandsbrunnen (source de Ferdinand).

7° Wiesenquelle (source de la Prairie).

8" Moorlagerbnmnen (source du dépôt des boues).

Nous reproduisons les analyses dues, pour trois d'entre elles, à M. Kcrslen (18M), et les autres à Reuss et Steinrnann (1828).

Eau :

un litre.

kreuz-

Fmliiiawls-

Waldqnelle.

Carolinen-

Amiroiius.

brunnen.

brunnen.

brunnen,

brunnen.

gr-

sr-

gr.

er.

— de potasse

Chlorure de sodium.. . .

Carbonate de soude. . . .

— de chaux . . .

— de lilhine. . .

de magnésie.

— de strontiane.

indét.

Phosphate d'alumine. . .

— de chaux . . .

traces

id.

Fluor, acide crénique. . .

Matière organique

id.

Acide carbonique libre et

combiné avec les bases.

tes sources, dont la plus renommée est le Kreuzbrunnen, sont employées en boisson et en bains. Elles fournissent amplement à l'usage thérapeutique du gaz acide carbonique, et des boues extraites de tourbières voisines servent sous forme île bains et d'applications topiques.

Boues de Marienbadé — 1000 parties de ces houes desséchées contiennent :

A. Principes solubles.

Sulfate de potasse «s, 37

— de soude 6,05

— de chaux 4 , 1 r>

— de magnésie 2,24

— d'alumine 0,9G

— ferreux 4,93

Acide crénique 4,65

Silice 0,92

Matières organiques solubles 2,33

Eau de combinaison des sels 0,38

Perte 1 ,54

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