BARBOTAN
Celte eau minérale est peu riche en fer, car l\JAI. Bobierre et
ride en indiquent seulement Os», 003 à l’état de j)roloxyde, par litre.
Il est vivement à regretter que ces chimistes, dans leur important travail sur les eaux minérales de la Loire-Inférieure, n’aient pas fait connaître la composition hypothétique et quantitative de toutes les sources qu’ils ont décrites; la médecine en aurait tiré un meilleur parti. itARBOTAlv (France, Gers, arrond. de Condom).
Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér. , 31", 2 à 38", 7.
Il y a plusieurs sources éparses et de température différente. Entre
autres ; bains froids, 31",2; la buvette, 32", 5; la piscine ou bain des pauvies, 33°57; les bains chauds, 35»; les douches, 38", 7 ; enfin les boues, qui présentent 36" au fond et 26" à la surface.
l a différence notable que l’on observe dans la température de toutes ces sources peut faire supposer que celles-ci ne possèdent pas une composition tout à fait identique. MM. Mermet et Alexandre ont publié
chacun une analyse que nous empruntons à Y Annuaire des eaux de la F rance.
Eau : un litre.
Mermet. Alexandre.
Acide carbonique . 0 152 O 122
— sulfhydrique . indéL indét.
Gram.
Carbonate de Chaux . 0,02030 0,0210
— de magnésie . 0,00150 0,0020
— de fer . 0,03026 0,0312
Sulfate de soude . 0,03180 0,0312
— de chaux . „ 0,0020
Chlorures de sodium et de magnésium . 0,02120 0 0190
Acide silicique et barégine . 0,02660 0^0290
C’est à tort que ces eaux ont été rangées parmi les sulfureuses : le dégagement léger d’hydrogène sulfuré qui s’y produit est le résultat accidentel de la décomposition de sulfates par les matières organiques, et ne prend sans doute qu’une bien faible part, sinon aucune part, à leur action thérapeutique.
Ce sont surtout les boues de Barbotan que l’on utilise. Il est probable qu’elles sont indiquées dans les mêmes circonstances que les boues de Saint -Arnaud, c’est-à-dire dans les cas où il faut exercer une action fortement excitante et même perturbatrice sur la peau : ainsi dans certaines dermatoses très atoniques et très opiniâtres, et dans le rhumatisme. On lit quelque part que les boues de Barbotan sont employées avec succès dans les affections goutteuses. Nous croyons ces sortes de médications généralement nuisibles dans la goutte.
BARD. Voy. Boudes.
BARÉGES (France, Hautes-Pyrénées, arrond. d’Argelès). A Z|0 kilomètres de Tarbes, 152 de Pau, 180 de Bordeaux, 840 de Paris.
Sulfurée sadique. Tempér., de 18° à 44", 25. Altitude, 1280 mètres. Les sources de Baréges sont très multipliées, nous en donnons le
tableau.
Températui'e
. Débit,
Milligrammes d’iode | 0,0051 1 de sulfure
Grande douche, ou Tambour. .
Litres.
Petite douche .
Source du Fond .
— de Polard .
— de Dassicux .
— de l’Entrée .
— du Bain-Neuf .
— de Genecy (ancienne). .
— de la Chapelle .
Nouvelles sources de l’Est.
Source Genecy (nouvelle) .
Nouvelles sources de l’Ouest,
Source n" 1 .... . .
Souree de d Entrée.
Sulfure de sodium.
Eau : un litre,
Gram.
Carbonate et silicate de soude . 0,0240
Matière organique .
Iode . } traces
Chaux et magnésie . T .
0,1119 (0. Henry.)
Il est de toute nécessité que de nouvelles analyses soient exécutées sur toutes les sources de Baréges. Il est certain alors que l’on signalera dans ces eaux plusieurs principes fixes que l’on ne voit pas figurer dans l’analyse de M. O. Henry, entre autres la magnésie, le fer et l’alumine. Le travail que nous réclamons est d’autant plus urgent, que chaque source possède un degré de sulfuration différent, comme le montrent le tableau précédent, que nous devons à M. Jules François, et le suivant à M. Filhol :
BARÉGËS.
SoüucÆS. Sulfure de sodium
(par litre),
, Gram.
Le Tambour (grande source) . 0,0404
Entrée . 0,0372
Bain-Neuf . » . 0,0341
Polard . 0,0238
Le Fond . 0,0248
Dassieux . 0,0234
La Chapelle . 0,0203
Genecy . 0,0220
(Filhol.;
La station de Raréges, si pauvre eu eau minérale, s’est enrichie dans ces derniers temps d’une source qui, sans être nouvelle, méritait cependant d’être exploitée avec pins de soin qu’on ne l’avait fait auparavant. Nous voulons parler de la source des Boucheries, connue depuis plus de cinquante ans, mais qui avait été complètement délaissée.
L’eau, au sortir de son griffon, marque 18° cent., et elle possède une composition tout à fait analogue à celle des autres sources de Raréges. Voici, du reste, le résultat de son analyse.
Eau : un litre.
Gram.
Sulfure de sodium .
Sulfate de soude . .
Silicate de soude .
Chlorure de sodium .
lodure de sodium . .
Sulfate et carbonate de fer .
Chlorure de magnésium .
Carbonate de chaux . î
— de magnésie . j
Silicate d’alumine et de chaux . . .
Matière bitumineuse et glairine . )
(Latour de Trie.)
Celte source alimente un petit établissement muni de quelques baignoires.
L’établissement thermal de Raréges est en voie de reconstruction. On achève actuellement les piscines nouvelles dont l’installalion est le point de départ obligé de la restauration de cet établissement. Les travaux s’exécutent sur les plans et sous la direction de M. .1, François. L’édifice thermal est approprié au climat exceptionnel de Raréges. Tous les locaux balnéaires, bains, douches, étuves, cuvettes, sont groupés dans une grande nef à voûtes surélevées de 52 mètres de longueur sur 18 mètres de largeur. On y a ménagé une vaste salle de pas perdus, ainsi que des galeries superposées aux locaux balnéaires, faisant salles de repos et de conversation*
BARÊGES. 223
(3n altoiid du nouvel aniénageuieiu des eaux, par voie de dépression de réinergence, un accroissement notable des sources alimentaires. Ges sources seront scrupuleusement conservées dans leurs conditions d’existence actuelles en sulfuration et en température. Elles seront utilisées au plus près de l’émergence.
Le nouvel établissement comprendra, outre les piscines civile et militaire, la piscine et les douches des indigents, qui forment un massif distinct.
25 baignoires avec douches d’injections pour les tempérées ;
3 douches;
2 douches ascendantes;
1 piscine tempérée, ou bain de famille ;
1 service complet des bains et douches de vapeur ;
L\. bains d’eau douce, ou émollients.
Les sources tempérées nouvellement découvertes à l’est et à l’ouest des thermes actuels seront utilisées par voie de chauffage, en manchon de vapeur, agissant immédiatement sur les lieux d’emploi et au moment de l’emploi.
On estime que, moyennant l’aménagement par dépression des sources actuelles, et l’utilisation des sources nouvelles, le débit journalier des eaux de Baréges pourra être porté de 175 000 vers 250 000 litres par vingt-quatre heures.
A un kilomètre de Baréges se trouve un second établissement thermal, comprenant quelques baignoires, deux douches et une buvette, et alimenté par la source Barzun. Celte source, dont la température est de 29°, 60 et dont le degré de sulfuration se mesure par 0,096 d’iode, est très riche en azote.
Eau : un litre.
Gram.
Sulfure de sodium .
Chlorure de sodium .
— de potassium, très sensible . >
— de magnésium, très légère . )
de chaux . [
Carbonate de soude . )
Silicate de soude . . i
Carbonate et silicate de chaux . j
Oxyde de fer . (
Glairine ou barégine . . . )
(Boullay et O. Henry, 1843.)
L’attention des auteurs de cette analyse semble s’être portée presque exclusivement sur le sulfure de sodium que l’eau de Barzun contienL
Il est à regretter que les autres sels n’aient pas été dosés séparément, car on ne sait pas s’ils entrent pour la moitié, le tiers ou le quart de chacun des chiffres indiqués.
Les eaux de Baréges présentent dans leur constitution certaines circonstances encore mal définies, à cause de l’insuffisance des analyses dont elles ont été l’objet, mais auxquelles il est permis d’assigner une porléc thérapeutique très remarquable. A défaut d’éléments plus personnels d’appréciation, nous reproduirons les observations suivantes empruntées textuellement à M. Filhol. « Les eaux de Baréges ne me paraissent pas suffisamment connues au point de vue chimique. D’après l’analyse de MM. Boullay et Henry, que je crois plus exacte que celle de M.. Longchamps, elles ne renfermeraient pas le moindre excès de silice, et ce fait, qui peut expliquer pourquoi ces eaux, quoique très sulfureuses, ne blanchissent jamais, me paraîtrait mériter d’étre mieux étudié.
n Mes expériences me font considérer les sources de Baréges comme plus alcalines que beaucoup d’autres ; j’ai montré qu’elles dépassaient, sous ce rapport, les eauxde Bagnères-de-Luchon.
') Les eaux de Baréges m’ont paru beaucoup moins altérables que celles de Bagnères-de-Luchon et de Cauterets. Ces eaux sont, il est vrai, captées d’une telle manière que les griffons naissent dans les réservoirs eux-mêmes, et les cabinets de bains étant adossés aux réservoirs, l’eau coule, pour ainsi dire, du griffon dans la baignoire. Il est donc très naturel que cette eau n’ait éprouvé dans son court trajet qu’une altération inappréciable ; mais il n’en est pas de même de celle qui est destinée à l’entretien des piscines, puisqu’elle provient en grande partie de la vidange des baignoires; celle-ci présente dans les piscines une couleur jaune verdâtre, qui annonce qu’elle renferme un polysulfure, et pourtant elle ne blanchit jamais.
» J’ai été frappé du peu d’altération que subissaient les eaux sulfureuses de cette station thermale, lorsqu’elles étaient exposées à l’air. L’eau de la piscine militaire absorbait 75 milligrammes d’iode par litre; ce qui indiquerait une richesse en sulfure de sodium égale à 08^0230, c’est-àdire peu éloignée de celle de l’eau vierge qui coule dans les baignoires. Si l’on essayait 5 Bagnères-de-Luchon d’entretenir les piscines avec de l’eau qui aurait passé par les baignoires, on y donnerait des bains d’eau blanche dont le degré sulfhydrométrique serait presque nul, et dont l’activité serait bien moindre qu’à Baréges.
» J’ai dit que j’attribuais cette stabilité à ce que les eaux de Baréges ne contiennent pas de silice libre ou de silicate acide. Ces eaux ne fournissent pas d’incrustations de soufre, quoique quelques-unes d’entre elles soient aussi chaudes et aussi sulfureuses que celles qui en fournissent à
Ludion. Ce qui contribue encore beaucoup au maintien de l’élément sulfureux pendant la durée des bains, c’est que la plupart des eaux de Baréges, ayant une température voisine du corps humain, sont administrées sans mélange d’eau froide; aussi, quoique les eaux de Baréges soient beaucoup moins sulfureuses que la plupart de celles de Luchon, les bains qu’on y donne sont-ils presque toujours aussi riches en sulfure de sodium que ceux de celte dernière localité.
» Ce qui manque aux sources de Baréges, c’est celte variété dans les températures et les sulfurations que l’on rencontre à Luchon et à Cauterets. Baréges est complètement dépourvue de ces eaux douces et hyposthénisantes, et de ces eaux de force moyenne, dont l’usage gradué permet aux malades d’arriver sans inconvénient à celui des eaux les plus fortement minéralisées. Aussi, les eaux de Baréges sont-elles considérées comme ti’ès excitantes... » (Eaux mi?iérales des Pijréîiées).
Les circonstances chimiijues que nous venons d’énumérer donnent donc à la spécialisation des eaux de Baréges une physionomie toute particulière, et (jui lui assigne une place à part dans la classe des eaux sulfurées. Nous allons essayer de faire comprendre ce caractère spécial de la médication par les eaux de Baréges. Il convient de posséder sur ce sujet des notions un peu précises, sous peine de s’exposer à beaucoup d’applications fâcheuses.
Les eaux de Baréges sont spécialement employées dans la scrofule, les maladies des os, les blessures, les maladies de la peau, la syphilis.
On s’étonnera jieut-être de nous voir placer en tête des applications spéciales de Baréges, la scrofule, lorsque nous professons ailleurs [SCRO” FULE. Sulfurées (eaux)], que le traitement de la scrofule appartient tout spécialement aux eaux chlorurées sodiques et point aux eaux sulfureuses. Mais c’est que les applications essentielles des eaux de Baréges s’adressent très particulièrement à certaines manifestations delà scrofule, ou, sil’on veut partir d’un point de vue différent, aux formes scrofuleuses de certains états pathologiques. En outre, avant que la spécialisation d’action des eaux chlorurées sodiques eût été mise en lumière en France, il y a peu d’années encore, les eaux de Baréges passaient pour les plus efficaces dans le traitement de la scrofule.
Or, les documents que l’on peut rassembler sur ce sujet, et ils ne sont pas, il faut le dire, très nombreux, ne nous portent pas à penser que ces eaux exercent une action très directe sur la diathèse scrofuleuse ellemême. il ne faut pas, en effet, s’abuser sur la portée des opinions émises à ce propos j)ar les observateurs. Ceux-ci ont le plus souvent négligé de distinguer entre les effets exercés sui’ la diathèse elle-même, et ceux ressentis par quelques-unes de scs manifestations. Un abcès froid, une fis-
UiGT. DES Eaux mimér. — T. l.
tuie, une carie meme, une makuîie de la peau, peuvent être très favorablement modiüés par un iraitemejii approprié, sans que l’élat diaihésique se trouve réellement attaqué.
La santé générale paraît se rétablir sous l’influence de bonnes conditions hygiéniques, et nous ne voulons pas contester que le traitement thermal ne puisse agir sur elle dans un sens favorable. Mais ce n’est souvent qu’une modification superlicielle et passagère. La maladie, un instant assoupie, reprend ensuite sa marche, et développe des manifestations nouvelles. M. Gasc, qui a étudié avec beaucoup de soin l’action des eaux de Baréges, est très explicite à ce sujet : ces eaux ont peu d’action sur la scrofule considérée en elle-même. Bordeu, tout en proclamant leurs vertus dans les écrouelles, insistait sur ce que leurs propriétés résolutives offraient d’imparfait. Aussi, combinait-il l’emploi du mercure avec le traitement thermal, comme M, Gasc conseille de le faire pour l’iode.
Cependant, les eaux de Baréges possèdent des propriétés excitantes que l’on peut certainement mettre à profit avec avantage dans la scrofule très torpide. Elles nous semblent représenter à un haut degré l’excitation physiologique qui est un des premiers effets des eaux sulfureuses. Elles agissent sur le système nerveux, et sur la circulation surtout, en y développant une activité comparée par Bordeu à l’effet du café, mais allant facilement, chez les individus bien portants comme chez les malades, jusqu’à l’état fébrile. Gette excitation est plus vive que celle produite par les eaux chlorurées sodiques fortes; mais l’action spéciale, intime, nous paraît s’adresser beaucoup moins directement que chez ces dernières, à l’état scrofuleux.
Aussi, iorsqu’il s’agit d’une scrofule en puissance, c’est-à-dire dans cette période, qui appartient spécialement au jeune âge, où les manifestations semblent se préparer, ou bien éclosent sous les yeux de l’observateui , nous n’hésitons pas à attribuer aux eaux chlorurées sodiques fortes, y compris les bains de mer, une grande supériorité sur les eaux de Baréges; en même temps que celles-ci doivent être souvent d’une application assez délicate chez les sujets nerveux, impressionnables, et quand les manifestations scrofuleuses sont en pleine activité.
Mais si la scrofule est ancienne déjà, si le malade approche de l’âge où la maladie tend à s’éteindre d’elle-même; si le fait capital à traiter est quelqu’une de ces anciennes manifestations que la scrofule laisse après elle, et qui, nées sous l’influence de la diathèse, semblent persister moins par l’impulsion même de celte dernière, que parce que l’organisme n’a pas encore recouvré de conditions propres à en opérer la résolution, alors les eaiix de Baréges nous paraissent, entre toutes les eaux
BARÉGÈS. 22Î
sulfureuses, des plus efficaces pour raujeiier les parties malades à ce ({u’eiies peuvent recouvrer de leurs conditions physiologiques.
C’est ainsi que les maladies des os et des articulations, ostéites chroniques, caries, trajets hstuleux, abcès, ulcères, trouvent à Baréges une puissante médication. « Ces eaux opèrent la détersion des ulcères, des fistules, déterminent la fonte des callosités, l’exfoliation des os cariés et nécrosés, favorisent la régénération des tissus, la formation des cicatrices et du ca! des os fracturés. »
Nous pouvons rapprocher de ces affections, les blessures de guerre auxquelles les eaux de Baréges fournissent une si précieuse médication. Les blessures de guerre ne résistent en générai à la cicatrisation que par suite d’une altération générale de la constitution, originelle, ou dépendante des circonstances hygiéniques, inhérentes souvent à l’état de guerre. Sous l’inlluence de l’excitatiot) subie par l’organisme tout entier, et de l’action topique exercée sur le siège de la blessure elle-même, celle-ci se cicatrise; l’issue des corps étrangers est facilitée d’une manière remarquable [voy. Blessures de guerre]. C’est dans ce sens qu’il faut entendre les propriétés cicatrisa, yites de ces eaux, il ne paraît pas douteux que les eaux de Luchoo et de Cauterets ne soient fort inférieures à celles de Baréges pour ce genre de médication. On n’est pas encore aussi fixé sur la valeur relative des eaux des Pyrénées-Orientales, tellesque Amélie, dette, etc. Cependant Anglada les vante beaucoup dans ce sens ( Traité des eaux minérales du département des Pyrénées-Orientales^ t. li, 1833),
L’action des eaux de Baréges est très puissante contre certaines maladies de la peau. Dans quels cas doivent-elles être surtout employées? Voici le résumé des observations recueillies par M. Gasc. « Les malades militaires qui sont venus à Baréges avec des maladies dartreuses de di¬
verse nature, sont au nombre de 111, savoir : affections herpétiques sans désignation, 51 ; dartres pustuleuses, 20 ; dartres furfuracées, 68 ; dartres squameuses, 10 ; dartres vives ou ulcérées, 3 ; dartres syphilitiques, 5 ; dartre répercutée, 1 ; dartre psorique, 1 ; meniagre, 2. Sur ce nombre, il V en a 67 qui ont été guéris ou réputés tels par les eaux minérales; 34 ont obtenu un peu de soulagement, et 10 n’ont éprouvé aucune espèce d’amélioration, ou même se sont mal trouvés des eaux. Dans les affections herpéticjues simples, c est-a-dire sans désignation, la proportion des hommes guéris sur ceux qui ont été traités a été de 31 sur 51 ; dans les dartres pustuleuses, la proportion a été de moitié, c’est-à-dire de 10 sur 20 ; dans les dartres lurfuracees, elle a été de 14 sur 18 ; dans les dartres scjuameuses, de 7 sur 10; dans les dartres vives, de 1 sur 3; dans les sypidlitiques, de 1 sur 5 ; dans la mentagre, de 1 sur 2. Le cas unique de dartî e psorique appartient à un cas de guérison. Enfin, la dartre répercutée n’a
obtenu qu’un bien faible soulagement. » [Nouvelles observations sur les propriétés médicales des eaux minérales naturelles» de Daréges, adressées au Conseil de santé des armées^ 1832.)
Les eaux de Baréges sont infiniment moins propres au traitement des maladies de la peau que celles de Luchoii , de Cauterets, d’Aix, et que la plupart des eaux des Pyrénées orientales. Nous en avons dit plus haut la raison. C’est qu’il est fort difficile d’appliquer à toute une série de dermatoses une médication toujours la meme, et inflexible en quelque sorte dans sa composition. Les autres stations thermales ne nous offrent pas seulement des sources différentes dans leur constitution et leur mode d’activité; la facilité avec laquelle s’altère l’eau sulfureuse, offre une série de nuances en quelque sorte infinies, qui s’adaptent parfaitement à chaque cas particulier, et permettent de graduer et de modifier à volonté un même traitement.
On a remarqué que les eaux de Baréges faisaient quelquefois disparaître assez rapidement certains exanthèmes qui reparaissaient avec les mêmes caractères quelque temps après le traitement. Cela peut s’observer sans doute après tous les traitements sulfureux : mais on est moins exposé aux récidives à la suite d’une médication modérée et graduée, comme en fournissent les eaux de Cauterets, de Ludion ou d’Amélie. Nous ne saurions préciser au juste quelles sont les formes d’exanthèmes qui se prêtent le mieux à l’emploi des eaux de Baréges; nous pouvons dire seulement, et on a pu facilement le déduire des remarques précédentes, qu’il faut réserver spécialement à cette station thermale des affections anciennes, non susceptibles d’aggravation par une médication excitante, et rentrant dans la classe des dermatoses auxquelles !\1. Bazin a donné le nom de scrofulides.
Les eaux de Baréges se prêtent parfaitement au traitement de la syphilis. Nous renverrons à ce mot pour l’étude de cette question, à propos de laquelle nous n’aurons pas d’applications particulières à faire aux eaux qui nous occupent en ce moment.
Les eaux de Baréges ne conviennent pas au rhumatisme musculaire,, dit j\J. Gasc, lorsque la maladie se rencontre avec une constitution athlétique: nous ajouterons avec une constitution névropathique. Ilfaut en effet réserver ces eaux pour le rhumatisme ancien, très atonique, chez les lymphatiques et les scrofuleux. Les rhumatismes articulaires auquels s’appliquent du reste ces mêmes remarques, seront mieux traités à Bourbon-l’Archambault, àBourbonneou à Balaruc. Nous en dirons autant des paralysies.
Quant aux affections de l’appareil pulmonaire, malgré tout ce que l’on trouve de recommandations à leur usage dans le Journal de Baréges et dans les mémoires des Bordeu, elles ont été à peu près complètement
BARYTE.
distraites de ia médication faite à Baréges. Les eaux de Baréges sont plutôt nuisibles qu’utiles dans le coiarrhe pidmonah'e, dit M. Pâtissier {Manuel des eaux minérales naturelles). Nous ferons remarquer à ce sujet que ce genre d’affections paraît surtout se bien trouver des eaux sulfureuses rapidement altérables avec dégagement d’hydrogène sulfuré.
Les eaux de Baréges sont administrées sous toutes les formes, mais spécialement en bains et en douches. Le traitement par les eaux de Baréges est surtout caractérisé par la piscine, et aux yeux de quelques médecins, par la piscine telle que nous l’avons décrite plus haut.
BARÉGii^E. Voy. Matières organiques.
BARFLEUB (France, Manche, arrond. de Valognes). A 24 kilomètres de cette ville, à 343 de Paris.
Bains de mer.
BARGOEZII^SK (district de). (Russie d’Asie).
On y rencontre des eaux thermales et des lacs qui fournissent le sel purgatif àe. Sibérie, sel dont la composition nous est inconnue, à moins qu’il ne s’agisse simplement de sulfate de magnésie.
BARMOETH (Angleterre. Pays de Galles, comté de Merieneth). Ville et bains de mer, à 88 kilomètres de Shrewsbury, à l’embouchure de la Maw, dans la baie de Cardigan.
BARRÉGE. Voy. AUGNAT.
BARYTE. Braconnot est le premier chimiste qui ait annoncé l’existence de la baryte dans les eaux minérales; il fit celte découverte en analysant les dépôts spontanés de l’eau de Luxeuil; M. Fresenius a indiqué ensuite cette terre dans la source du Kockhrunnen, à Wiesbaden, et mélangée avec la strontiane.
La cause qui s’oppose à ce que la baryte si répandue dans le règne minéral puisse se trouver dans les eaux, tient au peu de solubilité de quelques-unes de ses combinaisons salines, telles que le sulfate et le carbonate; aussi est -ce seulement à l’état de bicarbonate, sel assez soluble, qu’on peut la représenter dans les analyses.
Jusque-là, nous admettons que le sel barytique est entraîné des couches profondes de la terre par l’eau minérale et en dissolution, mais il y aurait à rechercher s’il n’existe pas plutôt en suspension. En effet, si on réfléchit que les eaux qui le contiennent sont également chargées de sulfates alcalins, nous sommes assez disposé à croire que la baryte, soit à l’état de sulfate, soit à l’état de carbonate, arrive à la surface du sol à l’état de division extrême, en quantité impondérable ou à peu près, et qu’elle se dépose ensuite dans le voisinage des sources avec d’autres principes peu stables. C’est là, on le conçoit, une hypothèse qui n’a rien de contraire avec les faits observés jusqu’à ce jour.
BARTFELD.
Comme la reclmrche de la baryte ne peut être effectuée d’une manière sûre (ju’eîî opérant avec le dépôt spontané, nous allons indiquer le moyen dont nous avons pu contrôler l’exaclitiide.
Présumant avec raison que dans les dépôts, la baryte existe à l’état de sulfate, nous réduisons en poudre quelques grammes de ces derniers et nous les mélangeons soit avec du charbon végétal, soit avec de l’huile afin d’en former une pâte molle. La matière est ensuite placée dans un creuset de Hesse et chauffée à une température très élevée. Les sulfates de chaux et de baryte se sont convertis en sulfure de calcium, et de baryum. Le résidu est délayé dans une grande quantité d’eau afin de séparer tous ces produits insolubles, et la liqueur est additionnée d’acide chlorhydrique en grand excès, puis d’une petite quantité d’acide sulfurique. Comme on a opéré en présence d’un liquide acide très étendu, le sulfate de chaux reste en dissolution, tandis que le sulfate de baryte se précipite. Pour être assuré de n’avoir pas précipité de sulfate de chaux avec le sulfate de baryte, on reprend le dépôt par de l’acide chlorhydrique concentré que l’on additionne d’une grande quantité d’eau : par ce moyen on sépare nettement les deux sels.
Il y a un grand intérêt à rechercher la strontiane à côté de la baryte, d’abord parce que ces bases ont été signalées dans les mêmes eaux; ensuite parce qu’elles possèdent des propriétés à peu près identiques. C’est ce que nous dirons en parlant de la strontiane [voy. Sthontiaxe].
ISARTFEM» (Hongrie. Comitat de Sarosh). Ville, à 22 kilomètres de Zeben.
F orrugineme hicarhonatée. Tempér., 13° cent.
Eau : 1 6 onces. Eau : un litre.
Grains. Granj.
Chlorure de sodium .
de calcium .
— de chaux .
— de fer .
Matière extractive .
Silice . .
Perte .
UjU-*-*
Poue. cub.
Cent. cul).