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CARREAU

Sulfurées (E.)]. Les Bains de mer et les Eaux mères des salines auront leur utilité au même chef [voy. ces mots].

CARIE AERTÉRRALE. Voy. MaL VERTÉBRAL DE POTT.

CARENBAD. Voy. KARLSBAD.

CARRATRAi’A OU AROAEȧ» (Espagne, prov. de Malagaj. Bourg à 46 kilomètres de Malaga.

Eau sulfurée. Tempér. , 19” cent.

Eau : une livre. Eau : un litre.

Pouc. cub.

Cent. cub.

Acide sulfhydrique .

— carbonique .

Grains.

Gram .

Chlorure de magnésium. . .

Sulfate de magnésie .

— de chaux .

— d’alumine . .

Silice .

Perte .

Hænseler, 1817.)

La source, très abondante, jaillit au pied d’une roche élevée, de nature calcaire et magnésienne, mêlée de chaux sulfatée, et sert immédiatement à l’usage des bains. On y signale des flocons blanchâtres, composés de soufre, de magnésie, d’alumine, de carbonate de chaux et de matière extractive. Ces eaux sont prescrites en boisson, en bains, en douches et en bains de vapeur. Les bains se prennent dans deux vastes piscines à cieî ouvert, qu’on couvre d’une lente pendant la saison, et où les deux sexes sont séparés. Il y a quelques bains particuliers ; mais l’installation laisse beaucoup à désirer. Néanmoins ces eaux jouissent d’une grande faveur dans le traitement des maladies de la peau, et l’on a vanté leurs elîets dans les névroses de l’appareil respiratoire. C’est une des stations thermales les plus fréquentées de l’Espagne, où les avantages d’un délicieux climat et la vue de beaux sites attirent les malades. Les Romains y ont laissé de nombreux souvenirs de leur passage.

CARREAE. On a compris sous ce nom l’affection tuberculeuse des ganglions lymphatiques du mésentère et aussi la péritonite tuberculeuse. C est de la pieniièie acception qu il s agit [lour nous, et, comme telle, l’application du traitement thermal au carreau rentre dans les indications })ropres aux aifections Tuberculeuses et aux Scrofules 1 voy. ces niotsj. ioutefois, si les eaux chlorurées sodiques, iodo-bromurées et sulfuieuses, conviennent à cette manilestation des diathèses en question, il est a lemarquer que les bains de mer étaient très recommandés dès le XVTII siècle, j)ar Russel, dans le premier degré de ce qu’il appelait tabes glandularis (Russel, De tabe ylandulart , sive de usa cuiiuv

CASTANAK-DE-iBOR.

inarinœ in inorhis (jlanduiarujn , l^oiidres, 1750). Ces obscrvalions ont été confirmées depuis par un grand nombre de faiîs. t'AS\L-l>F:-BAKRAS (Fortugai), Près de MalVa.

Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., 16*’ cent.

Eau : un lUrc.

O va ni ,

Carbonate de fer . 0,070

Sulfate de chaux . 0,125

Chlorure de magnésium . 0,090

— de sodium . 0,034

Silice . traces

Cent. euh.

Gaz acide carbonidue . d/ib

Oxygène . . • • • t),0(>

Azote . . . . . . t) , 1 3

(JoRDAO, Thèse inaug,, 1857.)

(Piémont). Sur les bords de la rivière l’Arbrusan. Source sulfureuse froide. Pas d’établisscmenl.

C'ASSiiÉJorLS (France, Aveyron, arrond. d’Pspalion).

Ferrugineuse bicarbonatée . P'roide.

Les sources qui jaillissent dans celte partie du départementdc l’Aveyroii sont nombreuses, mais une seule a été analysée d’une manière régulière, c’est celle dont nous donnons ici la composition :

Eau : un litre.

Acide carbonique libre . 2/3 du vol.

Azote . traces

Gram.

Bicarbonates de chaux et de magnésie . 0,030

— de protoxyde de fer . 0,086

Crénate de fer . . traces

Chlorure de sodium . 0,060

Sel de potasse . traces

Sulfates de soude et de chaux . . 7

Silice . ' 0,074

Alumine . . . * • • ;

Manganèse . traces

Principe arsenical (dans les dépôts) . traces

0,250 (O. Henry.)

Cette source peut être considérée comme l’ime des plus riches en fer ; elle le doit à la nature spéciale des terrains qu’elle traverse.

C'ASt.itA’\R*M>ïROR (Espagne, prov. de Cttceres). Ville, a AO kilomètres de Guadalupe, près de laquelle on trouve une source appelée encore Fuentc de Loro ou del Oro.

Ferrugineuse sulfatée mixte ^ Tempér., 18" cenL

CASTELLAMAUH.

Eau : une livre. Eau: un liti-e.

Gr;iiiis. liriiiu.

Sulfate de l'cr .

— de masnésie .

Kl

zii::!

— d’alumine .

— de soude .

(Chlorure de magnésium. . . .

(Moreno. )

(]ellc can est troublée pai' une teinte tirant sur le vert jaune, et sa saveur est slypti(|ue. On y a signalé encore une quantité indéicnninée de matière l)iluinineuse, inflammable, soluble dans l’alcool. C’est à toi t (ju’il lui avait été attribué un sel à base de cuivre. Les habitants des environs en font un grand usage. Elle se transporte.

(Sardaigne, prov. de Busaclii).

Sulfatée calcique. Teinpéi’. , 67” cent.

D’après Bei tini; ces eaux contiennent des sulfates de chaux et de magnésie, des chlorures de calcium, de sodium et de la silice. Elles sourdent au bord d’une rivière. Les habitants de la contrée qui en usent, creusent un fossé dans le sable inondé d’eati minérale et se baignent ainsi en pdein air.

(brance, Lot-et-Garonne, arrond. de Nérac).

Ferrugineuse bicarbonatée. Fi’oide.

(Composition de l’eau de la source de Levadou.

Eau : un litre.

Acide carbonique libre . . . . . . . (|uant. indét.

Gram.

Bicai'bonate de chaux . 0,430

Carbonate et crcnale de fer . 0,048

— de manganèse . 0,005

Sulfates de soude et de chaux . traces

Chlorure de sodium . \

— de magnésium . \ 0,023

Silicates de soude et de chaux . 0,01 i

Silice . 0,080

(O. Henry.)

îi V a un établissement thermal.

(roy. de Naples). Ville à 25 kilomètres de Naples et 21 kilomèti-es de Salerne. Chemin de fer.

Plusieurs somxes presfjue chlorurées sadiques , parmi lesquelles

on en compte une sulfatée sodic^ue , une ferrugineuse., ci ima sul fureuse. La source dite acidulé est carbonatée mixte. Tempéi’ature entre 1 F et 1 9’ cent.

(Composition des principales sources, avec leur dénomination locale :

CASTEL^UOVO.

Eau : un litre.

Média.

Sulfureuse

ou

Muraglione.

Ferrugi¬

neuse.

Sulfuro-

ferrugi-

neuse.

Acidulé.

Gram.

Gram.

Grani.

Gram.

G ram .

Acide carbonique libre . '

Azote .

Oxygène .

Acide sulfhydrique. .

Bicarbonate de soude .

— de magnésie. . . .

— de chaux .

— de fer .

Sulfate de soude .

— de magnésie .

Chlorure de sodium .

— de calcium .

— de magnésium....

Silice combinée avec la chaux, la magnésie, Poxyde de fer. .

i Bromure, sulfures .

Alumine, oxyde de fer et de

manganèse .

Matière organique .

( traces

traces

traces

traces

traces

Toutes CCS sources surgissent à l’extrémilé occideiilalc de la ville. On ne les emploie qu’en boisson. La plus estimée et la plus fréquentée est celle de Muraglione. Elle sort peu abondante de deux excavations de rochers, et va se déverser dans un réservoir creusé dans le sol. Il s’y fait un dégagement fréquent de nombreuses bulles de gaz. Sa saveur est hépatique. La notice publiée ofificiellement sur les eaux de (^astellamare recommande celte eau dans les cas de vertiges, de spasme cynique, d’amaurose et d’épilepsie : nous lui en laissons toute la responsabilité.

Les autres sources ont des propriétés laxatives, ou bien agissent h la manière des eaux ferrugineuses, comme reconstituantes et toniques. Il n’y a pas d’établissement dans cette localité, justement renommée pour le charme de son site, au bord du golfe de rsaples.

(États sardes, prov. d’Asti).

Sulfureuse iodurée. Tempér., 13” cent.

D’après une analyse de Cantù, cette eau, qui sort d’un terrain argileux et siliceux, contient, comme gaz, de l’hydrogène sulfuré, de l’acide carbonique et de l’azote ; comme principes fixes, des bicarbonates de soude, de magnésie, de cliaux, de fer, des sulfates de soude, de chaux, de la silice

390 CASTEP.A-YERDÜZAN,

et une matière organique. Le même chimiste y signala plus tard la présence d’iodure de sodium, avec trace de bromures; il la regarde même comme une des plus riches en iode parmi les sources du Piémont. On utilise la boue ramassée au fond des bassins. Les maladies dépendant des diathèses lymphatiques et herpétiques sont du ressort de ces eaux, qui passent encore pour légèrement purgatives et diurétiques. Leurs propriétés ont été appliquées à la médecine vétérinaire.

(France, Gers, arrond. de Condom). A 2 kilomètres d’Auch, 120 de Bordeaux.

Sulfurée calcique. Tempér. , 25C Ferruqiaeme sulfatée, f’roide,

1* Source sulfureuse :

Acide sulfhydrique .

Sulfure de calcium .

Sulfate de soude. ......

— de potasse .

— de chaux .

— de magnésie ....

Carbonate de chaux .

— de magnésie..

Chlorure de sodium .

Oxyde de fer .

Silice .

Matière organique .

Ammoniaque .

Borate de soude .

iode .

2" Source ferruqineuse

Eau: un litre.

G la m ,

— de potasse .

— de chaux .

Il d tch

— de magnésie. . .

U, J .^Oü

Carhonate de chaux .

U, 1 zou

— de magnésie .

n 4 A Oi\

' — de fer .

Uj J 4 ZU

— de manganèse .

V yU Z i {)

Chlorure de sodium .

Il (ItLa

Silice . .

Matière organique .

Ammoniaque .

Borate de soude .

Aj AA Z\}

Arsenic .

1 1 uCCS

(Kilhul, la 59.)

CATARRHE PULMONAIRE. 391

Castera-Verduzan possède un établissement thermal contenant trente baignoires et une douche.

Ces eaux, sur lesquelles nous ne connaissons pas de travail quelque peu explicite, permettent de combiner le traitement ferrugineux avec le irai- ! lement sulfureux. C’est là un des caractères les plus saillants de celte station. Elles passent, grâce peut- être à l’application de cette combinaison à certains cas déterminés, pour fournir une bonne médication antispas- ■ modique. Raulin a dressé une liste très longue des maladies que l’on y j traite avec succès, et l’on y trouve plus d’une dénomination pathologique qui réclamerait assurément de plus utiles médications. On ) employait les boues minérales de son temps, i'ASiTGLio]\E. Voy. Ischia.

I t'ASTHOCAUO (Toscane). Village dans une vallée au delà des Apennins, sur la route de Florence à Forli.

Chlorurée sadique (iodo-bromurée). Tempér. ,13“ cent.

Trois sources sortant de l’argile, dans un terrain tertiaire. Elles contiennent, d’après l’analyse de Tozzetti, pour :

Eau : une livre. Eau : un litre.

Grains. Gram.

Principes fixes .

UZ3

Parmi lesquels on compte :

Chlorure de sodium .

lodure de sodium .

Bromure de sodium .

Ces eaux, riches en iode, s’emploient principalement en bains. Cepen- [ dant on les prescrit à l’intérieur et on les transporte à cet effet, en 1 recommandant de les prendre à petites doses et mêlées à de l’eau douce.

S Leurs indications sont celles de la médication ioclurée.

! c'A^'l'iiOKEAiLE (Sicile). A 35 kilomètres de Messine, sur le Castro.

I Source thermale ferrugineuse , peu connue.

I l'A'l’ASUSaiE, CAl'ASlStME lîK€>ACIIfi^EE , CATAlSEilE FlJE-

( viOAAiüE. Lorsque le catarrhe pulmonaire, ou bronchite chronique,

^ ou bronchorrhée, résiste aux agents ordinaires de la iliérapeutique, les

eaux minérales s’offrent comme une médication très efficace, et sont toujours indiquées, c’est-à-dire que les contre-indications ne viennent jamais que de conditions étrangères au catarrhe lui-même.

; Le traitement thermal peut être employé dans deux circonstances :

' Tantôt il s’agit d’un catarrhe actuel et persistant; tantôt il s^agit d’une

disposition ans retours de catarrhes on de bronchites. Dons le premier

CATARRHE PULMONAIRE

cas, le traitement est appliqué à la maladie elle-même; dans le second, il est appliqué à la simple disposition , et pendant un intervalle de santé actuelle.

11 y a deux sources d’indications fort distinctes à considérer pour la direction du traitement thermal.

Le catarrhe peut exister avec des conditions de santé et de constitution générales régulières; ou bien il peut se rencontrer avec certaines conditions de constitution, ou même de diathèse, qui aient pris une part plus ou moins directe à son développement et à sa persistance. Dans i’un de ces cas, il faut recourir aux eaux minérales spéciales pour le traite ment du catarrhe pulmonaire; dans l’autre, il faut combiner la médication spéciale du catarrhe avec la médication indiquée par l’état général de l’organisme, et quelquefois même subordonner la première à la seconde.

Les eaux minérales spéciales contre le catarrhe pulmonaire sont les eaux sulfurées, et en dehors de cette classe, les eaux éC Ems et les eaux du Mont-Dore.

Lorsqu’il n’existe pas d’autre indication que de coinbattre un catarrhe simple, on peut dire que toutes les eaux sulfureuses sont également indiquées : chaudes ou froides, sulfurées sodiquesou calciques, il est difficile d’attribuer à quelques-unes d’entre elles une action plus particulière, si ce n’est en ce qui peut tenir au degré de sulfuration. Ainsi, Enghien, Pierrefonds, Saint-Honoré, Allevard^ sont aussi bien appropriées à ce traitement que Bagnols (Lozère), Bonnes, Cauterets, Luchon, Amélie et le Vernet. Telles sont les principales stations thermales où l’on traite le catarrhe pulmonaire.

Si nous ne pouvons établir, au point de vue du catarrhe simple, de distinction formelle entre les différentes sources sulfureuses, nous sommes obligés d’avouer que nous ne saurions non plus établir de distinction entre l’indication de celles-ci et celle des eaux ééEms, au point de vue du catarrhe lui-même. Nous ne ferons de réserve que pour les cas où il s’agit de combattre, non pas un état catarrhal actuel, mais une disposition au retour du catarrhe. Nous croyons les eaux sulfureuses plus propres que les eaux éC Ems à modiher la muqueuse bronchique dans ce sens préventif.

Le mode habituel d’administration des eaux minérales, dans la série des faits qui nous occupent, est l’usage interne. Les bains forment généralement un complément utile au traitement; cependant ils sont moins usités. On n’en prend presque pas aux Eaux- Bonnes; on prend surtout des demi-bains à Cauterets. Quant aux inhalations, elles ne sont utiles que lorsque l’état catarrhal est actuellement très prononcé, surtout si

CATARRHE PULMONAIRE

la sécrétion morbide se trouve assez abondante pour mériter le nom de bronchorrhée.

Mais il y a une grande attention à porter h l’étal général de la constitution, dans les catarrhes opiniâtres.

La constitution dominante chez les catarrheux est le lymphatisme ou la scrofule. Tous les auteurs qui ont écrit sur ce sujet sont d’accord sur ce point : que les eaux sulfureuses conviennent surtout aux catarrheux lymphatiques. Aussi, plus l’état lymphatique ou la faiblesse dominera, plus les eaux sulfurées seront indiquées; plus au contraire le malade s’éloignera de telles conditions, surtout s’il est sanguin ou très irritable, au point de vue fluxionnaire ou névropathique, plus il y aura de raisons de préférer les eaux à'Ems aux eaux sulfureuses. L’indication des eaux de Weissembourg, fort employées en Suisse contre les affections catarrhales, paraît se rapprocher de celle des eaux à'Ems.

Chez les individus très lymphatiques et surtout scrofuleux, il faut attacher une plus grande importance que dans le catarrhe simple, au degré de sulfuration des eaux et aux localités thermales. C’est ainsi que les eaux sulfurées de Pierrefonds et de Saint-Honoré nous paraissent moins indiquées que les eaux à' Amélie, de Cauterets, les Eaux- Bonnes, etc. C’est ainsi encore que le fait du séjour aux Pyrénées, pendant la cure thermale, nous paraît s’approprier mieux à la modification générale à imprimer à l’organisme qu’un traitement suivi dans des conditions analogues à l’altitude et au climat de Paris. S’il s’agit de scrofules proprement dites, les eaux A Uriage et A Aix-la-Chapelle se trouveront formellement indiquées.

S’il y a coïncidence d’une affection catarrhale avec une diathèse herpétique, et si l’on a lieu de soupçonner que le catarrhe ne soit lui-même qu’une manifestation herpétique, l’indication des eaux existe â un double titre. Mais il importe de recourir alors à des eaux très notablement sulfurées, et se prêtant à un traitement externe un peu actif ; Luchon, Cauterets, Arnélie, Schinznach, sont dans ce cas.

Lorsqu’il existe de l’anémie ou de la chlorose, chez les jeunes sujets, les bains de mer et l’inhalation marine se combineront très utilement au traitement sulfureux.

Chez les sujets névropathiques et très excitables , il y aura plus à se préoccuper de la direction du traitement thermal, que du choix de la station elle -même ; cependant nous recommanderons en pareille circonstance d’éviter les stations d’une altitude considérable. Les eaux A Ems, nous l’avons déjà signalé, seront alors beaucoup mieux tolérées que les sulfureuses. Il en sera de meme pour les individus sanguins, ou ayant le cœur très développé.

CATARRHE PULMONAIRE

Il n’est pas rare de rencontrer des individus affectés de catarrhe, et presque toujours aloi s avec un peu d’asthme, et offrant en même temps une constitution rhumatismale ou goutteuse. Les eaux du Mont-Dore nous paraissent alors très spécialement indiquées, surtout s’il s’agit de rhumatismes ou d’antécédents goutteux très éloignés. Dans le cas d’état goutteux actuel, nous n’oserions conseiller ces memes eaux. A moins d être fort réduites, comme applications, il y aurait à craindre des effets perturbateurs auxquels il ne faut jamais s’exposer. Les eaux d’i^ms seraient les plus propres à effectuer la combinaison difficile de ces deux traitements, celui de l’affection catarrhale et celui de la goutte.

Les eaux sulfureuses paraissent agir de deux manières dans le traitement du catarrhe pulmonaire. Elles agissent à la manière d’un excitant; elles tendent à réveiller quelque chose d’aigu. En effet, i! est très ordinaii'e de voir, pendant la durée et surtout au début du traitement, la

toux augmenter, l’expectoration surtout; quelquefois meme survenir des phénomènes d’excitation générale ou locale assez prononcés pour contraindre à suspendre le traitement. Cet effet des eaux sulfureuses a paru à quelques auteurs l’effet essentiel de la médication, et iis ont invoqué une sorte d’action substitutive, pour expliquer les résultats qu’on en obtient, 11 est possible que, dans quelques cas très anciens et très atoniques, cette excitation sulfureuse joue effectivement un rôle important. Mais nous croyons que, dans la généralité des cas, elle est plutôt un résultat du Iraitementqu’un moyen de guérison. Ce qui tend à le prouver, c’est que beaucoup d’affections catarrhales guérissent sans avoir offert de signes bien appréciables d’excitation, et que le traitement est souvent appliqué utilement en l’absence de tout état catarrhal actuel. Il faut donc admettre une action spéciale des eaux sulfureuses sur le catarrhe de la muqueuse respiratoire, analogue à tant d’autres actions théra¬

peutiques spéciales, qui ne s’expliquent pas par des effets physiologiques déhnissables. Quant aux eaux ({' Erns ^ leur mode d’action ne saurait être identique; mais il offre également un caiactère de spécialisation que levendiquent très haut les observateurs de cette localité thermale.

M. Bertrand a donné peu d’explications louchant le mode d’action des eaux du Mont-Dore à l’égard du catarrhe jKilmonaire. Il paraît disposé à laire jouer un assez grand rôle au principe rhumatismal ou goutteux, dans la pathogénie du catarrhe, et pour l’action salutaire des eaux du Mont-Dore, à l’augmentation d’énergie de la peau, au rappel des lluides du centre à la circonférence, à leur mouvement inverse de celui par letjuel les phlegmasies internes se développent et se prolongent... Il se délend en même temps d’attacher à ces eaux minérales aucune action

CAUCASE

spécifique à l’égard des maladies chroniques de la poitrine [Recherches sur les propriétés des eaux du Mont-Dore, 1823).

C4TI (Espagne, prov. de Caslellon-de-la-Plana). Bourg auprès duquel, dans une chapelle consacrée à la Vierge, jaillit une source très renommée dans les environs.

Carhonatée calcique. Tempér., 18"' cent. Outre le carbonate de chaux, 011 attribue à la composition de cette eau des bicarbonates de magnésie, de fer, et de l’acide silicique.

CAtXASE. La grande chaîne de montagnes connue sous ce nom,

étendue entre la mer Noire et la mer Caspienne, et qui sépare sur ce point l’Europe et l’Asie, comprend un massif central de formation grani» tique, d’où se détachent des promontoires tantôt schisteux, tantôt calcaires, et parmi lesquels on rencontre de véritables roches volcaniques, des solfatares, des amas de pétrole, des salses et autres vestiges de phénomènes plutoniques. Au rapport d’un médecin voyageur, Moritz- Wa gmv [Der Kaukasus, etc., 1850), aucune contrée montagneuse de l’Europe n’est aussi riche en eaux minérales. La plupart de ces sources qui, d’après les détails dans lesquels il entre, sont ou carbonatées calciques et ferrugineuses, ou sulfhydriquées , restent inconnues. Mais quelques-unes, comme celles de Patigorsk, dans le nord de la Caucasie, ont acquis une vieille réputation et sont appréciées par les Russes, qui s’y rendent de leur capitale même, malgré les difficultés et la longueur du voyage. L’empereur Alexandre P*’ avait donné une attention toute particulière aux eaux du Caucase. A diverses reprises, des hommes distingués par leur savoir furent envoyés près de ces sources, ahn d’en faire une analyse chimique exacte, et de recueillir des observations précises sur leurs propriétés médicales.

En 1823, le professeur de chimie Nelioubiu, de l’Académie de médecine 'et de chirurgie de Saint-Pétersbourg, fut chargé de cette mission et en rapporta une relation intéressante. Avant lui, on avait trouvé sur le mont .Metchouk des sources thermales, caractérisées principalement par les sulfates de chaux et de soude, avec cette circonstance remarquable de sédiments gypseux très abondants sur tout le parcours de ces eaux. Il est probable que le sulfure de sodium participe ù la minéralisation de plusieurs d’entre elles, à en juger par l’aspect laiteux et l’odeur extrêmement hépatique que leur reconnaissent les observateurs. Leur température est très variée aussi. On en signale de bouillantes, sans autre détermination, et d’autres à 34*^ cent. , à côté de sources à 19“ cent, seulement. Non loin du Metchouk , près de la forteresse de Kisslovodsk, en existe une franchement carhonatée, dans laquelle, suivant M. lüa Pvadojitsky, la chaux, la magnésie, la soude entrent

CAUCASE

comme pariies inlégcantes, indépendamment d’une très notable proportion de gaz acide carbonique, qui rapproche cette composition de celle des eaux de Selters en Allemagne. D’après l’ocre rougeâtre qu’elle dépose sur les pierres, il est ju’ésumable qu’elle renferme aussi beaucoup de fer. Elle est froide, même au milieu des ardeurs de l’été, et c’est à sa température native qu on l’emploie en bains, vraisemblablement d’après des données empiriques qui s’accordent avec les effets d’une hydrothérapie rationnelle, l.e prufesseur Nelioubin augmenta la nomenclature de ces sources, dont la thermalité est, en général, assez élevée (de 29'^ à et parmi lesquelles les eaux ferrugineuses figurent en majorité. C’est ainsi que, près de la rivière Bougounta, il en découvrit vingt-trois, dont cinq sulfureuses et dix-huit salines. Sur un espace de 60 versles (à j)eu près 80 kilomètres), son rapport en signale soixante et dix. Le docteur Wagner, dont il a déjà été question, avait fait des remarques analogues. ÎSelioubin analysa toutes ces sources ainsi que les eaux de deux lacs salés qui se trouvent dans la plaine de Lyssogorsk, et l’eau (imère, sulfatée sodique et magnésienne, de la petite rivière de Gorkaja. Depuis lors, beaucoup de sources se rapprochant très particulièrement, par leur degré de chaleur et leur composition, des précédentes, ont été vues et

annoncées par les médecins accompagnant les expéditions russes dans le Caucase.

On suppose que, si la connaissance de ces nombreuses eaux a été si tardive, quoique les relations de l’empire moscovite avec les peuples de la grande Khabardie datent du xii® siècle, la véritable cause en est dans le secret gardé à ce sujet par les Tcherkesses. Nul doute que ces habitants du Caucase ne fissent dej)uis longtemps usage de ces sources minérales dans beaucoup de maladies. D’après les recherches faites par le professeur Nelioubin, des ruines d’anciennes baignoires taillées dans le roc attestent que leur exploitation remonte à plusieurs siècles. Nous regrettons de manquer de renseignements sur les applications thérapeutiques de ces différentes eaux. Indépendamment des richesses chimiques qui 1 ont occupé pendant tout le temps de son séjour dans le Caucase, Nelioubin a recueilli des notes précieuses sur les malades qui suivaient le traitement thermal sous sa direction, mais ce mémoire écrit en russe, n’a été ni traduit ni analysé dans notre langue. On trouvera ici un tableau des analyses des sources principales du Caucase, eniprunlées à ce savant et au professeur Hermann.

On remarquera la température élevée de la plupart de ces sources. I.a pred-ominance des chlorures et des sulfates sur les carbonates nous paraît aussi assez accusée.

CAUCASE

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