q. trouK'f’C' : x
équiv. de l’acide carbonique
~ acide carbonique en poids.
Comme on a fait trois expériences consécutives avec 200 centimètres cubes d’eau, on prend la moyenne que l’on multiplie par 5, afin de la reportera un litre d’eau. Ce genre d’analyse n’est susceptible que d’une cause d’erreur, c’est quand les eaux contiennent des phospliates qui précipitent du phosphate de baryte également soluble dans l’acide chlorhydrique; mais il faut ajouter que généralement la quantité de ces sels ne se traduit que par quelques millièmes de grammes.
L’un de nous a signalé ailleurs [Traité de chimie hydrologique, p. /|08) l’inconvénient que présente l’emploi du chlorure de calcium à la place du chlorure de baryum. Le premier de ces sels conduit h des résultats le plus inexacts, en ce qu’il se dépose toujours du sulfate de chaux avec le carbonate de cette base. Et comme on est obligé de peser le précipité mixte, tel qu’il s'est formé, l’acide carbonique se trouve noté trop haut.
Un des problèmes les plus délicats de l’analyse chimique a{)pliquée à l’hydrologie a trait à la séparation exacte de l’acide carbonique libre et des bicarbonates. Pour cela plusieurs procédés ont été indiqués, mais un seul nous a paru présenter quelques chances de précision : c’est celui que [\I. Buignet a fait connaître dans ces derniers temps, et qui est base sur ce que les dissolutions de gaz carbonique abandonnent ce dernier toutes les fois que le vide lui est offert. Nous renverrons au mémoire de ce chimiste [Journal de pharmacie et de chimie, 1856, t. XXX, p. 321), pour le détail de la méthode.
M. Gaultier de Claubry, se fondant sur ce principe que les gaz peu solubles dans l’eau peuvent en chasser d’autres plus solubles, pense que l’on peut déterminer exactement la proportion de l’acide carbonique des
eaux minérales en faisant passer dans celles-ci un courant d’air ou d’hv-
drogène à la température ordinaire. Par ce moyen, assure M. Gaultier de Claubry, tout l’acide carbonique libre est expulsé, et les bicarbonates ne sont pas décomposés. Seulement, pour les eaux ferrugineuses bicarbonatées, on se sert d’hydrogène, qui n’a pas d’action sur le bicarbonate (h* fer. T.c procédé de M. Gaultier de Claubry ayant été indiqué loin ré-
CAKHO^^JniE (ACIDE). 381
ceinmeiU et ii’ayaiit pas été mis encore à l'épreuve par d’autres cliiinistes, nous nous abstiendrons de tout commentaire sur le résultat cju il procure. Voilà pour l’acide carbonique dissous et combiné dans les eaux minérales.
Si l’on voulait évaluer la proportion de gaz carbonique (lui se dégage spontanément des sources, voici comment on s’y prendrait; et d abord disons comment on le recueille. On choisit un llacon bouché à 1 émeri, de la contenance de 500 centimètres cubes environ, sur lequel on assujettit à l’aide d’une ficelle un entonnoir de verre, [/appareil complètement plein d’eau minérale, est renversé dans la source, comme l’indlcjuc la figure suivante. Le gaz spontané déplace le liquide du tlacon, et lorsque celui-ci est complètement vide, on eidève l’entonnoir sous 1 eau et l’on bouche aussitôt. Le bouchon est goudronné, afin d éviter la sortie du gaz et l’entrée de l’air ambiant, et l’on transporte le vase dans le laboratoire. Dans une éprouvette graduée pleine de mercure on fait arriver de 50 à 60 centimètres cubes de gaz, et l’on y introduit quelques grammes d’une solution de potasse caustique. Après plusieurs agitations, on note la diminution qui représente tout l’acide carbonique.
On réitère ce genre d’analyse une seconde et une troisième fois, et l’on en déduit la movenne. Le résidu gazeux, transporté dans une cuve à eau, sert
ensuite à la détermination de l’azote et de l’oxygène par le moyen indiqué en parlant de ces gaz.
L’acide carboniciue thermal, c’est-à-dire pris au sortir des sources thermales, fait en Allemagne l’objet d’une médication spéciale, assez’ développée, et qui n’a encore été en France qu’à l’état d’essai.
On faisait un usage médical de ce gaz à Pyrmont dès l’année 1750; abandonné depuis, puis repris en 1816, il n’existe plus aujourd luii de traces de son emploi près de cette station thermale. C’est a llarienbad, Carisbad, Kissingen, Franzesbad, Nauheim, Cannstadt, Meinberg, Crontlïal, etc. , c{ue se rencontrent des établissements spéciaux consacrés a cette médication : celle-ci s’adresse spécialement aux alîections catarrhales ou nerveuses de l’appareil respiratoire, à la pharyngite granuleuse, à la gastralgie, au rhumatisme, aux névralgies et à la paralysie. Elle s’administre sous des formes diverses, inhalation, déglutition, douches , bains et injections.
Fi"'. 9.
OAUBurNloLE ACIDE).
La E rance n’elau pas restée aussi étrangère à celte inédicalioii qu’on
a cit. Il y a plus de vingt ans que l’acide carbonique a été employé^ soit en bains, soit en douches, soit en inhalations, à Saint-Alban (Loire), à Celles (Ardèche), et a Saint-\ectaire (Puy-de-Dôme). II est vrai qu’une partie seulementde ces faitsa été publiée. Mais on trouvera des documents mtéressants sur ces faits rétrospectifs, dans le tome V de^ Anncdes de la Société ddnjdrologie médicale de Paris. L’acide carbonique a été mis en usage à Vicliy pour la première fois, en 1857, par Pun de nous. Depuis
lors, son emploi est devenu l’objet d’une véritable installation , bien iiuc très imparfait encore.
L installation nécessaire à celte médication est fort simple, il est clair (lu elle ne peut avoir lieu que près d’une source très abondante en n-az carbonique. (Je gaz est recueilli au sortir de la source dans une clodic en forme d’entonnoir placée sur l’émergence de celle dernière, ou dans un gazomètre, s’il est nécessaire de le .soumellre à une certaine pression pour le faire arriver, conire sa propre pesanteur, à un étage plus eleve. De celte clocbe ou de ce gazomètre un conduit inétalliciuc 1 amène sur les lieux d’emploi, où l’on distribue à volonté, suivant la température de la source et la distance où l’on se trouve de son émergence, le gaz pur, ou mélangé de vapeur d’eau. Il peut y avoir intérêt à 1 obtciiii dsns 1 une ou 1 autre de ces conditions.
i Si l’on veut pratiquer l’inhalation ou la déglutition, le gaz est amené dans un récipient d’où partent une série de tuyaux llexibles, terminés par un embout que I on introduit dans la bouche. Le même appareil peut servir pour la douche ; seulement il convient, pour celte dernière, d assurer, au moyen d’une pre.ssion suffisante, au jet de gaz une certaine énergie. Le bain est pris isolément ou en commun. Pour le bain isolé, le gaz pénétré dans une baignoire ou dans une boîte, où l’on introduit le corps tout entier, sauf la tête, ou une partie du corps seulement, en ayant soin de clore cet espace autour de la partie émergée, par un couvercle glissant dans une rainure ou un tissu imperméable ; la pesanteur du gaz fait, du reste, qu’il a fort peu de tendance à chercher une issue au dehors. Le bain en commun se prend dans une salle munie de gradins ou de sièges de diverses hauteurs, où l’on a soin de tenir la tête ou
toute la partie supérieure du corps au-dessus de la couche où se mainlient le gaz introduit du dehors.
Il n’est néce.ssaire, pour prendre ces bains, de quitter aucun de s-s vêtements. La première sensation que l’on éprouve est une chaleur vive Cl que l’on peut certainement utiliser pour les personnes dont les oxlié- Mutes sont babiluellement refroidies. M . Hotureau, qui a étudié avec soin telle uiedicalion a Naubeim, rend compte d’expériences ipi’il a tentées
CARBOiMQliE (ABlbE). 383
sur lui-mème en prenant des bains de gaz complets. La chaleur vive qu’il éprouvait, avec rougeur de la face, picotements à la peau, s’accompagna d’abord de froid aux pieds; le pouls se ralentit. Le bain fut suivi d’une sensation générale de bien-être et de souplesse dans les membres. Dans une expérience qu’il fit compléiement déshabillé, il éprouva d’abord un froid très vif, et la chaleur qui y succéda s’accompagna de démangeaisons insupportables [Etudes sur les eaux miner, de Nauheim, 1850).
L’aspiration du gaz dans l’arrière-gorge ou dans le larynx détermine d’abord un picotement vif et désagréable, qui amène de la toux, un peu de suffocation ; dans le plus grand notubre des cas, on en prend rapidement l’habitude, et l’on arrive à inhaler le gaz avec une grande facilité. Il faut avoir soin de ne faire ces aspirations qu’avec beaucoup de précautions, graduellement, et avec des interruptions ménagées.
La déglutition du gaz carbonique demande encore plus d’habitude, et amène quelquefois un état nauséeux , Une sensation de chaleur à l’épigastre suit l’introduction du gaz.
iM. Vernière a fait à Saint-iNectaire d’intéressantes observations louchant l’effet des douches d’acide carbonique sur des parties siège de douleurs névralgiques, névralgies faciales, dentaires ou sciatiques. L’effet sédatif de ces douches est très rapide et complet, mais passager, et la douleur reparaît au bout de quelques heures. Cependant celte circon • stance peut être utilisée dans des cas où l’existence d’une douleur actuelle est un obstacle à l’administration des moyens thermaux. Peut-être pourrait-on en tirer encore parti dans d’autres sens (Annales de la Soc. d'kydr. méd. de Paris, t. V).
M. Coin employait surtout les inhalations d’acide carbonique, à Saint- Alban, dans l’asthme nerveux et le catarrhe pulmonaire avec toux spasmodique. Indépendamment d’une action curative plus rarement obtenue, il voyait une sédation remarquable enrayer les accès d’asthme les plus violents, lorsque les malades respiraient avec énergie le gaz extrait de la source et enfermé dans de petits sacs imperméables [Jourii. de méd, de Lyon^ 18ù2). L’un de nous a recueilli lui-même à Vichy des faits qui tendraient à confirmer les observations recueillies à Saint-Alban.
L’action la plus spéciale que l’on paraisse avoir reconnue en Allemagne aux inhalations d’acide carbonique, est relative au traitement de la pharyngite granuleuse. On peut s’étonner de voir un principe aussi simple et isolé que l’acide carbonique s’appliquer à des faits aussi différents que la sédation de névroses, ou la résolution d’une semblable affection. Cej)endant M. Willemin a publié sur ce sujet une élude intéressante, complètement empruntée a la pratique allemande U /niou méd i , 1808; voy. encore: Traiimnent de la, pharynyo-larynyite granuleuse
38i CAIIOIAI.GIK.
])ar l'inhalation du gaz thermal Ems (eu allefiiaiidj, j)ar Speiiglerj.
Les premiers faits qui aient été cités au sujet des propriétés thérapeutiques de l’acide carbonique se trouvaient relatifs à des cas de paralysie ou de rhumatisme chronique (Herpin, de Metz , Eludes sur les princip. sources d'eaux minér,, 1855). Mais nous ne possédons guère d’autres renseignements à ce sujet. Les centres nouveaux d’expérimentation que l’on établit en ce moment, près de qitelquesimes de nos stations thermales, nous perineltront sans doute d’étre prochainement mieux instruits sur ce sujet.
€ARCA\iÈRE^!i (France, Ariége, arrond. de Foix\
Sulfurée sodique.
Il y a treize sources qui n’ont été analysées qu’au point de vue de leur degré de sulfuration.
Sulfure de sodium
SOURCES
Température.
par lili'c.
La Régine .
Degres.
Gram.
Source Mis . . .
— de Canipoussy .
— du Bain fort .
— de la Canalette .
— Simeon .
— Marie .
™ de Roquelaure .
Buvette de Roquelaure (midij .
— Esparre .
Source Barraquette .
alcaline
Buvette de Roquelaure (nord) .
Source basse (non analysée).
saveur franchement sulfureuse de la
plupart de ^
ces eaux, le carac-
tère des eaux sulfurées sodiques qu’elles possèdent, leur nombre, la variété de leur température, la situation où ces sources existent, méritent d’attirer l’attention des chimistes, qui rendraient un grand service en taisant connaître la constitution de chacune d’elles.
Toutes les sources contiennent de la sulfuraire et de la barégine, sauf la Barraquette, dont le caractère est plus spécialement alcalin.
11 existe à Carcanières deux établissements thermaux munis de cabinets de douches, de baignoires; mais l’aménagement des sources hlisse beaucoup à désirer.
Une partie de l’eau qui jaillit dans cette contrée s’étend dans la commune d’Escouloubre (Aude), [voy. FscoULOljiîREl : ce qui le prouve, c’est l’identité de température et de sulfuration dans les premières comme dans les secondes sources.
c ARRiAljfclE. Le mot cardtulg le veut dire douleur a l’épigaslrc, cl ne s’entend (]ue des douleurs auxquelles on peut attribuer un carac-
OAUIE.
tère névralgique. La cardialgie accompagne lonjours la Gastralgie ou la Dyspepsie [voy. ces mots]. Nous ne donnerons place ici qu’à une seule observation : c’est que l’existence actuelle de la cardialgie à un haut degréindique l’inopportunité, au moins momentanée, des eaux minérales, ainsi qu’il arrive généralement à propos de tous les phénomènes douloureux.
CARIE. La carie est considérée aujourd’hui comme un mode de terminaison de l’ostéite, et l’on admet généralement cpi’avec elle les caractères principaux de l’état inflammatoire ont fait place à un degré plus avancé dans la lésion du tissu osseux. C’est, comme on l’a dit, une sorte de phlegmasie ulcéreuse. Prise à ce point de vue, et indépendamment de ses causes, la carie des os ne peut être soumise au traitement thermal que lorsque tous les phénomènes d’irritation locale ont disparu. Il devient essentiel alors qu’on n’ait pas affaire à une de ces altérations profondes, échappant aux moyens d’exploration, entretenues par un corps étranger ou toute autre circonstance. Étant donc admis une carie superficielle, et le point carié mis à nu par la large ouverture des foyers, les bains et les douches dans la classe des eaux sulfurées et dans celle des CHLORURÉES SODIQUES seront indiqués [Baréges, Luchon, Bourbonyie^ Uriage, Aix-la-Chapelle). On y ajouterait les fomentations sur les plaies et les injections d’eau minérale dans les trajets fistuleux. Ce qu’on se propose en pareil cas, c’est de stimuler la circulation capillaire locale, de favoriser le bourgeonnement, l’issue des portions déjà mortifiées, la résorption des produits de l’inflammation, et ünalement d’obtenir les conditions de résolution si lentes parfois à se réaliser. La direction de cette médication réclame une grande prudence. Il faut surveiller les phénomènes de réaction qui se produisent, et qui, au delà d’une certaine limite, entraîneraient des conséquences funestes. Plus d’un malade, impatient ou indocile, a subi la peine d’une trop grande hâte ou d’une énergie intempestive dans l’emploi des moyens thermaux. La température, la durée du bain, l’époque où les douches peuvent être administrées avec précaution, les intervalles à apporter dans le traitement, qui aura presque toujours une longue durée, sont autant de points sur lesquels l’expérience et le tact médical ont à se prononcer. D’ailleurs, la carie se relie plus souvent encore à un état diathésique général qu’à des causes locales. Le vice scrofuleux prédomine dans ces influences, quoique l’on ail coutume d’énumérer le rhumatisme, la syphilis, la goutte, le scorbut, au rang des diathèses capables de produire l’ostéite et ses suites. L’enfance est également plus sujette à la carie que les autres âges. L’usage des eaux à l’intérieur, associées aux bains, répond, du reste, à la nécessité d’agir sur l’état général [voy. Scrofules. Chlorurées sodtques (eaux),
Dict. des Eaux miner. — T. I.