CONSTIPATION
dans le plus grand nombre, si ce n’est dans la lo'ialité des cas, de l’une des deux circonstances suivantes : ou insuffisance des sécrétions intestinales, ou atonie, c’est-à-dire action insuffisante des parois intestinales. En effet l’évacuation des matières alvines réclame deux coîiditions pour s’opérer d’une manière normale : la présence de produits de sécrétion propres à faciliter l’issue des matières excrémentitielies; et un mouvement péristaltique de l’intestin lui même. La constipation peut donc être rattachée directement ou à une lésion humorale, insuffisance des sécrétions, ou à une lésion dynamique, insuffisance des contractions.
La constipation se lie à un très grand nombre d’états de santé différents : et s’il est vrai que le retard ou l’irrégularité dans les évacuations alvines soit une cause habituelle de malaises et de souffrances, il n’est pas moins vrai qu’il s’opère rarement un dérangement quelconque dans les autres fonctions de l’économie, sans qu’il en résulte de la constipation. Il peut suffire qu’une sécrétion quelconque soit altérée en quelque chose, pour que les sécrétions intestinales se ressentent du désordre apporté dans l’harmonie des phénomènes chimiques de l’organisme: il suffit que le système nerveux se trouve affecté d’une manière quelconque, pour (]uc la motilité de l’intestin le soit pareillement.
En un mot, la constipation prend une certaine part, accidentelle ou permanente, à la plupart des désordres, fonctionnels ou autres, graves ou légers, dont l’organisme devient le siège. Il résulte de la que la constipation est très rarement autre chose que la conséquence d un état anormal, dont le siège doit être recherché ailleurs que dans l’intestin lui-même. Aussi le traitement direct de la constipation n’est-il presque jamais qu’un traitement palliatif. Les évacuants en particulier, de quelque manière qu’ils procèdent, ne sont (lu’un expédient. Les médicaments propres h activer les sécrétions intestinales, ou à rendre du ton h l’intestin lui-même, agissent d’une manière un peu plus radicale, mais insuffisante encore, s’ils ne sont employés concurremment avec une médication adressée aux causes premières de la constipation.
La médication thermale ne saurait être dirigée ici suivant d autres indications. Les eaux minérales laxatives [Hombourg, Kissingen, Niedarbvonn^ etc.), auxquelles on a une si grande tendance a recourir, sont généralement une mauvaise médication de la constipation, à moins qu’elles ne se trouvent propres à modifier en même temps les conditions vicieuses de l’économie auxquelles est due la constipation. Les eaux qui comme Vichy, Vcds^ Andabre, Château7ieuf , Royat^ etc., agissent à la fois comme excitant des sécrétions biliaires et intestinales, et comme tonique sur l’intestin, bien que non purgatives, et quelquefois même propres à accroître d’abord la constipation, sont en définitive