CONSTITUTION
La queslioii ihérapeulique permet d’établir pareillement des rapprochements et des distinctions entre les constitutions et les diathèses. Celles ci peuvent assurément êtî e modifiées ou retardées dans leurs manifestations par l’intervention de conditions hygiénirpies ou médicamenteuses appropriées ; mais ce n’est guère que dans un sens et dans une proportion relatives, et auxquelles on ne saurait que rarement assigner de portée curative : tandis que les constitutions indiquent toujours une direction parfaitement déterminée dans le régime ou dans l’emploi des moyens thérapeutiques, qui les maintiennent à l’état physiologique, ou qui en combattent avec succès les tendances morbides.
Les eaux minérales nous offrent par excellence les moyens de modifier les états constitutionnels, soit qu’il s’agisse ^de prévenir les conséquences que ceux-ci peuvent entraîner dans l’évolution de l’organisme, soit qu’il s’agisse de combattre la part qu’ils prennent à la persistance de tel état morbide. Bien qu’il soit nécessaire d’apporter dans fidée des constitutions, et de leurs rapprochements avec les tempéraments, quelque chose d’artificiel auquel l’organisme ne saurait se prêter en réalité, cependant on ne saurait nier que les points de vue qui y président ne soient vrais d’une manière générale, puisque nous trouvons une concordance parfaite à établir entre les constitutions admises, et les divisions naturelles qu’établissent entre les eaux minérales leurs caractères prédominants.
La constitution lymphatique s’accommode bien en général des propriétés excitantes communes à la généralité des eaux minérales, et des conditions hygiéniques inhérentes à tout traitement thermal. Cependant les eaux sulfureuses et les chlorurées lui conviennent d’une manière très particulière ; tandis que les eaux peu minéralisées, les bicarbonatées sodif{ues, les eaux sédatives si communes parmi les sulfatées, leur sont généralement peu salutaires. La constitution névropathique au contraire réclame spécialement ces dernières, les eaux à base calcique en général, les sulfatées en particulier, et les eaux peu minéralisées et riches en matière organique. La constitution bilieuse indique les eaux bicarbonatées ou sulfatées sodiques. La constitution pléthorique, beaucoup moins accessible que les précédentes aux agents de la thérapeutique, s’accommode surtout des eaux faiblement minéralisées et en particulier des eaux bicarbonatées sodiques.
Les eaux minérales peuvent être recherchées, au point de vue des constitutions, dans deux ordres de faits différents : tantôt pour modifier une constitution prédominante et prévenir ainsi les conséquences fâcheuses qui pourraient résulter d’une telle prédominance ; tantôt pour combattre la part que l’état constitutionnel a pu prendre dans le déve-
■ CONTRE-INDICATION
loppernent ou ia persislance d’un état morbide quelconque. Il arrive même souvent, dans ce dernier cas, que l’indication thérapeutique dérivant de la maladie en question, considérée sous le rapport nosologique,
se trouve entièrement subordonnée à celle que commande l’état constitutionnel.
coi^TRACTURES. Lorsque les muscles destinés à fléchir les articulations deviennent rigides, en vertu d’un certain état de raccourcissement. on les dit contracturés. La contracture peut affecter des muscles qui obéissent encore à la volonté ou des muscles coîiiplétemént paralysés. Pour ce qui regarde ce dernier cas, voyez Paralysie. Le rhumatisme musculaire s accompagne souvent de contraetures qu’on a vues piendie un caractère ambulant et se porter sur des organes essentiels à la vie . il est claii que la médication thermale n’interviendrait point dans une période d acuité, sinon à des intervalles suffisants pour permettie de conjurer le retour des accès. On aura, au contraire, utilement recours cà elle lorsque la contracture tend à devenir chronique, qu’elle est limitée et que la rétraction du muscle ne s’effectue pas encore. C’est ce qui se remarque dans le torticolis produit par la contracture rhumatismale du rhomboïde ou des muscles rotateurs de la tête. C’est également ia conséquence de quelques névralgies. [Voy. Faciale (INévralgie)]. a ces circonstances on peut opposer la judicieuse application des moyens balnéaires et de la thermalité qui font la réputation légitime de certaines stations [Aix-en-Savoie, Bourbon- Loncy, Mont-Dore, Néris, Plombières). Les douches à percussion, générales et locales, soit chaudes, soit écossaises, combinées avec les étuves et le massage, rendent alors de véritables services. On peut leur associer au besoin
l’excitation électro-cutanée. Chez les sujets lymphatiques ou affaiblis, à thermalité égale, les sources très minéralisées, soit sulfurées, soit chlorurées sodiques, devront être préférées. Les boues minérales {Saint- Amand, Dax, Barbotan, Acqui) trouvent aussi leur indication dans le
tiaitementde ces complications du rhumatisme. [Vffiy. Khumatisme.] — Les contîactures se rattachent, d’auti e part, aux phénomènes hystériques [Voy. Hystérie]; aux symptômes d’une cachexie grave [Voy. Scorbut] ; ou bien elles sont consécutives aux maladies articulaires ou à des lésions traumatiques [Voy. Tumeurs blanches. Blessures de