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GUERRE

COîViTRE-ii\DiCATiO]\. I! y a peu de contre-indications absolues

aux eaux minérales. La plupart ne sont relatives qu’à l’usage de telles eaux minérales ou de tel mode de leur application. Il ne saurait donc en être question qu’à propos de ces sujets divers ou des états morbides dans lesquels on peut avoir recours à la médication thermale. Lu effet,

CONTRE-INDICATION

il n’est guère de maladies rentrant dans le cercle légitime d’application des eaux minérales, auxquelles on ne puisse arriver à accommoder celles-ci sous un mode quelconque. Les contre-indications des eaux minérales pourraient même se résumer dans cette pro[)osition un peu banale : que les eaux minérales ne sont bien tolérées que dans les circonstances et sous les formes où elles sont indiquées. [Voy. Indications. ]

Nous dirons ailleurs [Voy. Tolérance] comment leur usage intempestivement adressé demeure rarement indifférent, c’est-à-dire détermine presque toujours des résultats fâcheux à ^des degrés divers. Ceci ne s’adresse pas seulement au rapport qui peut exister entre une maladie donnée et un traitement thermal en particulier, mais à toutes sortes de conditions d’époque, de forme de la maladie, c’est-à-dire à Vopportunité des eaux minérales qu’il ne faut pas confondre avec V indication. [Voy. Opportunité.] C’est ainsi qu’un traitement thermal est généralement nuisible aux personnes bien portantes qui viennent à faire usage sans nécessité, quelquefois même un usage très restreint, des eaux minérales. Et ceci ne s’applique pas seulement aux eaux minérales les plus actives et les plus médicamenteuses. Il en est de même de l’usage externe de ces eaux très peu minéralisées que l’on appelle mal à propos indifférentes. On dit même que les bains de Forges-sur-Briis, ces eaux chimiquement négatives, auxquelles on refuse tout caractère minéralisateur, ne sont point toujours supportés passivement par des individus bien portants, mais nerveux et excitables. Cependant nous ne saurions garantir cette dernière observation.

Il est pourtant quelques considérations utiles auxquelles peut donner lieu l’examen des contre-indications générales des eaux minérales. Il semble que l’action physiologique du traitement thermal ne peut s’accomplir dans un sens normal, que si elle trouve à s’exercer vis-à-vis de conditions conformes à sa modalité. Si elle vient à se heurter vis-à-vis de conditions qui se soustrayent à son influence, elle va s’épuiser dans une autre direction, et provoquer des réactions étrangères au cercle qui devait l’enfermer. Cet ordre d’idées, bien qu’un peu abstrait, est celui qui explique le mieux la tolérance des médicaments en général; et celle des eaux minérales en particulier, dans les circonstances que nous avons énumérées plus haut. Seulement on comprend que lorsque c’est à l’existence d’un état morbide incurable qu’est due Tintolérance des eaux minérales, ou, si l’on veut, la déviation de leur action physiologique régulière, ce doit être en général aux dépens de la maladie elle-même. Aussi voit-on communément, lorsque les eaux minérales sont employées dans des maladies incurables par leur nature ou le degré auquel elles sont

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parvenues, celles-ci redoubler d’activité : cela se voit dans les maladies

dites organiques, ou bien dans des maladies arrivées à un certain de"ré de gravité.

Lorsque l’on recourt aux eaux minérales dans une maladie chronique grave, à une époque trop avancée, et alors que les ressources de l’oi-n-anisme épuisé ne sauraient plus se prêter à un travail de retour ou do resolution, l’on ne fait généralement que hâter une issue funeste, alors qu à une époque plus opportune elles eussent pu contribuer à enraver ou au moins à ralentir la marche des accidents. Aussi est-il de précepte, alors que l’on ne peut se soustraire entièrement à la nécessité d adinmistrer un traitement thermal dans de pareilles circonstances, de le réduire il sa plus simple expression, de manière qu’il laisse, s’il est possible, l’organisme indifférent à son action. C’est là certainement un des points de pratique les plus délicats dans la médecine thermale que dediscerner, dans les cas graves où l’intervention des eauxminérales pourrait fournir encore une ressource suprême, l’époque où l’épuisement de I organisme assignerait une influence funeste à l’application de tonte médication active. Nous avons observé de nombreux exemples à l’appui de ce que nous avançons, parmi les cas de cancer, de tubercules hépatiques, de cirrhose, d’albuminurie, de diabète, de phthisie pulmonaire de cachexies variées.

Cependant la contre-indication des eaux minérales, dans les maladies en apparence incurables par elles- mêmes, n’est pas absolue. Le traitement thermal paraît propre à modifier, dans un sens favorable, certains pliénoniènes pathologiques plus ou moins directement liés à la maladie principale; on peut alors recourir à lui avec avantage, pourvu toutefois qu’il se trouve dirigé avec beaucoup d’attention et de prudence; c’est ainsi qu’un traitement thermal indiqué peut modifier très ulilenieiit un état dyspeptique chez des cancéreux, le catarrhe pulmonaire chez des tuberculeux, alors même que ces derniers ne laissent entrevoir aucune chance de retour à la santé.

Une fois ces faits étudiés, nous serons assez embarrassés pour formuler quelque contre-indication générale à l’usage des eaux minérales. VIujdropisie peut cependant nous en fournir un exemple. En elfet, l’existence d’une hydropisie générale, ou la tendance à la généralisation d’une Iiydropisie, nous paraît une contre-indication formelle à l’usage de tout traitement thermal. Il n’en est pas de même d’une hydropisie, anasarque ou épanchement localisé, pourvu que le traitement puisse convenir luimême à la cause de laquelle elle dépend. [Voy. Anasarque. Ascite. Hydropisie.]

Quant aux diathèses à manifestations mobiles et menaçant des organes

CONTKEXÉVILLË.

importants [voy. Goutte. Rhumatisme], aux affections du cœur, aux dispositions apoplectiques, etc. [voy. Coeur (Maladies du). Apoplexie], nous ne saurions y voir d’éléments de contre-indications absolues aux eaux minérales. Nous renverrons encore aux articles Indications. Opportunité. Enfance. Vieillesse. Grossesse, etc.

co]\iTKEXÉviLLE (France, Vosges, arrond. de Mirecourt). A 20 kilomètres de cette ville, à 30 de Bourbonne, à 380 de Paris. Sulfatée calcique. Froide.

Trois sources, dont la principale, la source du Pavillon, a une température de 12^" et un débit de 52 000 litres par vingt-quatre heures.

SoDRCE DU Pavillon. Eau : un litre.

Gram.

Acide carbonique libre . 0,019

Oxygène . indétermin.

Bicarbonate de chaux . 0,675

— de magnésie' . 0,220

— de soude . 0,197

— de fer et de manganèse . 0,009

— de strontiane . indices

— de soude . 0,130

— de potasse . indices

Chlorure de sodium . ) ^

— de potassium . j *

— de magnésium . 0,040

lodure, bromure . indices

Alumine et silice . 0,120

Azotate . indices

Phosphate de chaux ou d’alumine . "j

Matière organique et arsenic . [■ 0,070

Perte . . . )

Source des Bains. Source du Quai.

Gram. Gram.

Bicarbonate de chaux .

— de magnésie .

— de soude .

Sulfate de chaux .

— de magnésie .

— de soude .

Chlorures alcalins et terreux .

Fer et manganèse, évalués .

Acide silicique .

Alumine . . . . . .

Sel de potasse .

Phosphate .

Matière organique .

Perte .

(O. Henry.)

CONTREXÉVILLË.

I.('s sources des Bains el du Quai ont, connue on voit, la plus grande analogie, et elles se rapprochent beaucoup de celle du Pavillon.

Aux substances indiquées par M. O. Henry, il faut ajouter l’arsenic que l\I. Chevallier a trouvé dans le résidu de l’eau elle-même, et le fluor

signalé par M. Nickiès, en proportion plus grande que dans l’eau de Plombières.

Il est à regretter que iH. O. Henry se soit contenté d’inscrire pour un seul nombie plusieurs principes de ces eaux : on ne sait pas, par ce moyen, la part qui revient à chacun d’eux.

L’établissement ne renferme que sept cabinets de bains et trois salles de douches. 11 est ouvert du juin au 10 septembre (Rolureau). Mais nous ne voyons pas de raison pour limiter ainsi le traitement qu’on y peut suivre.

La spécialité des eaux de Contrexéviile est très formelle . elle s’applique au traitement de la gravelle et du catarrhe vésical. Ces eaux ont également été fort recommandées dans la goutte. Enfin leur usage peut accessoiiement modifiei queictues autres états morbides, mais sur lesquels elles n’ont très certainement qu’une action très indirecte.

Ces eaux sont surtout usitées en boisson ; mais il serait utile, dans bien des cas, de les administrer en bains et en douches plus qu’on ne le fait.

Elles sont piises géneialement a doses elevees et rapprochées. Leur premier efiet, et le plus constant, est un effet diurétic|ue. La quantité d’urine rendue paraît excéder la proportion de l’eau minérale ingérée. En outre, sous l’influence de boissons abondantes, et très facilement tolérées, on voit souvent survenir un peu de diarrhée, des sueurs abondantes, et des phénomènes d’excitation générale : accélération de la respiration, de la circulation, excitation des fonctions génitales , augmentation des règles, etc.

Chez les individus affectés de gravelle, on voit presque constamment des émissions abondantes de sable rouge paraître rapidement, les douleurs rénales se dissiper, les coliques néphrétiques s’éloigner ou cesser entièrement.

Cette action très salutaire de l’eau de Contrexéviile sur la gravelle est incontestée et incontestable. Mais quelle en est la portée? Est-ce une action curative ou une action simplement palliative? En d’autres termes, le traitement agit-il sur les conditions organiques (diathésiques) qui president à la formation de la gravelle, ou seulement sur leurs manifestations? M. Pâtissier, faisant remarquer la faible proportion et la nature des principes actifs que recèle l’eau de Contrexéviile, s’étonne des qualités lithontriptiquesqui ont été jusqu’ici attribuées à cette eau minérale.

« L eau de Contrexéviile, dit-il, est tellement amie de l’estomac, C|ue ses

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