‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicaleChapitre 198 sur 259 · CONTREXÉVILLE · texte numérisé non relu

CONTREXÉVILLE

hôtes peuvent impunément en boire dix litres dans une matinée. Par conséquent la spécialité antilithique de cette eau dépend uniquement de l’énorme quantité de liquide qui traverse, en un temps donné, les voies urinaires, dont il opère en quelque sorte le lessivage. Cette action physique explique parfaitement l’expulsion assez prompte des graviers, et la disparition de la phlogose chronique qui peut exister dans les reins ou la vessie. L’eau de Contrexéville n’agit donc pas chimiquement sur la gravelle, qu’elle ne dissout pas, mais qu’elle expulse en augmentant la faculté contractile de la vessie. Ainsi se trouve désormais résolue Plinportante question relative à la valeur des vertus lithoiitripiiques départies aux eaux de Contrexéville.» {Rapport sur le service médical des établissements thermaux, in Mémoires de d Académie impériale de médecine, 1854.) Cette manière de voir paraît aujourd’hui celle des médecins de Contrexéville : ils comparent l’action de ces eaux sur les voies urinaires à un rinçage (M. Baud), ou à l’action d’un inigateur (VL Treuilie). ftj. Baud affirme, contrairement à l’opinion de ses prédécesseurs, que les eaux de Contrexéville n’exercent aucune action dissolvante sur la gravelle {Eaux minérales de Contrexéville, 1857). Ce n’est pas sur ce point que roule la question curative de la gravelle. Nous ne reconnaissons d’action directement dissolvante à aucune eau minérale, pas même aux eaux bicarbonatées sodiqnes. L’action curative est celle qui s’exerce, non point dans l’appareil urinaire lui-même où se concentrent simplement les manifestations de la maladie, mais sur les conditions générales de l’organisme desquelles dépend sa production (voy. Gravelle). Les auteurs que nous avons cités ne sont pas très explicites sur ce point ; mais il est difficile d’attribuer une action assez formellement médicamenteuse pour modifier un état diaihésique, à des eaux auxquelles on fait jouer le rôle que nous avons indiqué plus haut. Cependant nous ne nierons pas que la pénétration de liquides abondaiits, et non absolument inertes, dans les voies circulatoires, et l’activité particulière imprimée à la généralité des sécrétions, ne puisse ralentir, pour un temps au moins, les causes productives de la gravelle; et, si elles se trouvent combinées à des conditions appropriées, contribuer au moins à rinterruption de la maladie. Mais nous n’hésitons pas, ces réserves faites, à refuser aux eaux de Contrexéville une action réellement curative de la gravelle. Elles se distinguent sous ce rapport des eaux de Vichy et des eaux analogues, dont les effets apj)arents sont moins rapides, mais dont l’action intime est beaucoup plus formelle, et s’exerce davantage dans le sens de la curation.

Il n’en est pas de même du calaiadie des voies urinaires. Les eaux sulfatées calciques possèdent généralement des qualités sédatives, qui

CONTREXÉYILLE.

s’accommodent très bien aux conditions souvent difficiles que présente le catarrhe vésical, accompagné de névralgie de la vessie, d’irritabilité inflammatoire de cet organe, de dysurie. 11 en est de même du catarrhe rénal, bien que celui-ci se prête mieux à l’application de moyens plus actifs et d’eaux minérales plus excitantes. Contrexéville paraît posséder des qualités très spéciales dans les cas de ce genre. Pourvu que les eaux ne soient pas prises à doses trop élevées, il est rare qu’elles ne soient pas bien tolérées, et leur passage incessant par les voies urinaires semble exercer sur ces organes une action topique très salutaire. Nous ne leur assignerons pas de propriétés directement résolutives sur les lésions organiques dont s’accompagne souvent le catarrhe de la vessie, non plus que sur l’engorgement de la prostate; mais ces états morbides doivent ressentir une influence très bienfaisante des modifications directement exercées sur l’état catarrhal.

La question du traitement de la goutte par les eaux de Contrexéville nous paraît appeler quelques réserves. Nous avons peine à admettre que des eaux pareillement minéralisées exercent sur la diathèse goutteuse l’action prononcée qui leur est attribuée par les auteurs, en particulier par M. Wamelet et par M. Baud. Il est probable que l’action élective exercée par ce traitement sur les fonctions urinaires et l’activité imprimée aux fonctions de la peau sont propres à atténuer les manifestations goutteuses : telle est sans doute l’explication des résultats favorables annoncés par les auteurs que nous avons cités plus haut, et pai- d’autres encore. Mais nous ne saurions reconnaître aux eaux de Contrexéville une action dialhésic|ue sur la goutte, alors que nous n’avons pu lui en attribuer une semblable sur la gravelle elle-même. M. Baud affirme même que les exemples les plus heureux de l’efficacité de Contrexéville sont fournis par des individus affectés de goutte chronique, et profondément affaiblis par l’abus d’un traitement alcalin. Nous verrons ailleurs ce qu’il faut penser de ces effets attribués à l’abus du traitement alcalin

[voy. Goutte. Vichy]; mais pour ce qui est de cette part considérable faite aux eaux de Contrexéville , nous pensons que c’est encore une question à étudier, et, sans vouloir en rien atténuer l’importance des résultats annoncés par des observateurs spéciaux, nous ne pouvons nous empêcher d’émettre quelques doutes sur la portée qui leur a été attribuée.

Enfin , l’usage des eaux de Contrexéville s’est montré quelquefois salutaire, comme celui de la plupart des eaux minérales, dans des cas de dyspepsie, de gastralgie, de désordres divers des fonctions hépatiques; mais ces faits ne sauraient créer une spécialité d’application à coté de celle si marquée que nous avons reconnue à ces eaux minérales.

COUCOl.ES

Co:^^VALESCK\'CIi:. J.a convalescence, définie avec juslesse par le, professcLic Clioniel un élat intermédiaire à la maladie qui a cesse et à la santé qui n’existe pas encore, offre un certain nombre de points communs avec les affections chroniques. Nous u’avons pas à entrer dans le détail des phénomènes qui l’accompagnent et qui varient nécessairement avec ceux de la maladie qui l’a précédée. Les eaux minérales seront indiquées toutes les fois qu’il faudra aider réconomie à reprendre des forces perdues, ou bien la relever du ressentiment d’ébranlem nit et d’impressionnabilité qu’elle garde souvent pendant un temps très long. Il en sera de même lorsque, concurremment avec les conditions générales du sujet, l’exercice de certaines fonctions aura diminué ou disparu. riestituer,par exemple, à la peau ses propriétés perspiratoircs, à l’estomac sa faculté de sécrétion et de digestion , au système nerveux l’équilibre de ses influences, aux organes sexuels leur activité normale; enfin, et par-dessus tout, redonner au sang des qualités qui le rendent propre à l’entretien et au jeu régulier de la vie : tel est le problème à résoudre chez les convalescents, à quelque âge, sexe ou tempérament qu’ils appartiennent. Les eaux, soit feri'ugineuses {Luxeuil, Spa, Pyrmont, Marienbad), soit sulfurées [Ludion, Cauterets, Amélie, Ax, Saint-Sauveur, Baden) , soit chlorurées sodiques [Bourbonne, B ourbon-V Archambault, Uriage, Aix-la-Chapelle, Wiesbaden), présentent à ces divers points de vue des ressources incontestables [voy. Chlorurées sodiques, Ferrugineuses, Sulfurées (eaux)]. Si la convalescence est entravée par une grande irritabilité, comme cela se voit à la suite des fièvres graves d’une certaine durée, particulièrement chez les enfants et chez les femmes, les eaux thermales à faible prédominance, soit sulfatées sodiques [Plombières, Bains, Saint-Gervais), so\i sulfatées calciques [Bigorre, Ussat, Bagnols), soit chlorurées sodiques [Bourbon- Lanexj, Luxeuil], sont indiquées avec avantage. Dans le cas où les accidents dyspeptiques l’emporteraient sur tous les autres, les eaux bicarbonatées sodiques [ Vichij) doivent être préférées. Enfin, les bains de mer s’appliquent à des circonstances déterminées, là surtout où le lymphatisme imprime son ca-“ chet. A titre analogue, l’emploi des eaux-mères ne saurait être passé sous silence [Kreuznach, Nauheirn, Salins). Il devient inutile d’insister sur le bénéfice que les convalescents trouveront dans le déplacement, le voyage, l’air salubre des champs, des montagnes ou des côtes, et dans le repos ou les distractions d’un genre calme que peuvent offrir les diverses stations auxquelles on les adressera.

copiiosE. Voy. Surdité.

tOREOLES (Espagne, prov. de Guadalajara). Eaux réputées salines, sans qu’aucune analyse authentique en ait été publiée. Tempér. , 20*" cent.

Dicr. DES Eaux miner. — T. 1.

CORErsC.

Peu fréquentée, médiocrement installée, cette source, qui était connue et exploitée sous la domination romaine, a une certaine vogue pour le traitement des affections syphilitiques; mais les rhumatisants y figurent en plus grand nombre,

CORIÏÉAC (France, Isère, arrond. de Grenoble), à 50 kilomètres de celte ville.

Sulfurée sodique.^. 1 source.

Une analyse bien incomplète assigne à l’eau minérale de Cordéac les principes minéraux dominants qui suivent :

Eau : un Ulre.

Carbonate de soude . . . . i

Chlorure de sodium . |

Carbonate de magnésie. . .

— de fer.. .

Gram.

(Güeymard.)

V Annuaire des eaux de la France dit que cette source a une odeur et une saveur sulfhydriques prononcées, et qu’elle laisse des traces abondantes de soufre. C’est ce qui nous la fait considérer comme sulfureuse, et sans doute à base de soude. Ce sujet mérite de nouvelles recherches; nous ne connaissons même pas la température de l’eau.

CORENC (France, Isère) , à 2 kilomètres de Grenoble.

Sulfurée calcique. Tempér., 15® cent.

Eau : un litre.

Litre.

Azote . 0,01123

Acide carbonique . 0,04903

— sulfhydrique . 0,01525

Gram.

Carbonate de chaux. . . 0,060

— de magnésie . 0,085

Sulfate de chaux . 0,027

— de magnésie . 0,035

— de soude.. . 0,127

Chlorure de sodium . 1,420

— de calcium . 0,053

Iode . traces

Matière bitumineuse . traces

(Niepce).

Cette source n’a qu’un faible débit. L’auteur de son analyse ne signale pas la silice elle fer qui sans doute existent dans cette eau, car elle jaillit au pied de rochers calcaires.

Il ne paraît pas d’ailleurs qu’elle ait reçu jusqu’à ce jour aucune application médicale.

CORTEGADA. 499

iOR^io.\s (Étals autrichiens, Illyrie), bourg sur l’isonzo.

Chlorurée ccdciqne. Temp., 1 Accent.

Eau : une livre. Eau : un litre.

Grains. Gram.

Chlorure de calcium .

— de magnésium .

Carbonate de soude .

Acide silicique .

Silicate de soude .

quantité inappréciable, (Taglialegni, 1828).

C:0K\EILI.A-DE-LA-MIWIÈSIE (France, Pyrénées-Orientales, arrond. de Perpignan). A 17 kilomètres de cette ville.

Ferrugmeuse bicarbonatée. Tempér., 17*’ cent.

Anglada, c{ui s’est livré seulement à l’analyse cjualitative de Peau de cette source, lui a reconnu tous les caractères propres aux eaux ferrugineuses bicarbonatées, mais peu minéralisées.

La source porte dans la localité le nom de Fontaine de Laverne^ et elle est peu fréquentée.

COB^'ETS. Les cornets représentent le mode le plus jtrimitif de l’instrument et de la pratique de la ventouse. Ils consistent en une petite corne creuse, percée à son extrémité mince d’une ouverture à travers laquelle l’opérateur aspire l’air par succion. C’est ainsi qu’on en usait du temps de Galien, et en Égypte au xvr siècle, au dire de Prosper Alpin. Il y a apparence que dans les pays peu civilisés la simplicité du moyen l’a maintenu en honneur. On fait un grand usage de ce procédé près des sources minérales du Bourbonnais, Néris, B ourbon-V Archambault, etc. Les habitants de la campagne surtout croiraient n’avoir point suivi un traitement thermal convenable s’ils ne s’étaient couverts de cornets avant, pendant et après leur cure. C’est donc une méthode traditionnelle plutôt que fondée sur des indications légitimes. Les médecins ont néanmoins l’occasion fréquente de l’employer d’une manière rationnelle.

CRISSE (ise de). Celte île est traversée du iN. au S. par une grande chaîne granitique. La composition des nombreuses sources minérales qu’elle renferme est en rapport avec ses données géologiques. Celles-ci SC rangent principalement dans la classe des eaux sulfurées. La plupart sont thermales. Celles de Pietrapola atteignent même une température de 58°ü. On y compte également beaucoup de sources ferrugineuses bicarbonatées .

CORTEGADA (Espagne, province de Orense), village où sortent du

Gaz azote .

Matière extractive

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