CRISES
violente de la matière morbifique. La manière dont les modernes ont entendu les crises est diiïérente : elle attribue aux phénomènes critiques le caractère d’une dérivation, supposant que la maladie est enrayée dans son cours par l’apparition de phénomènes transitoires qui la déplacent,
Yoici dans quel sens l’on a pu voir dans les eaux nnnérales une indication propre à favoriser ou à développer des phénomènes critiques. Les eaux minérales nous présentent un double mode d’action ; une action spéciale, celle que les eaux sulfureuses exercent sur l’état herpétifiue, les eaux chlorurées sodiquessur les scrofules, les eaux bicarbonatées sur la diathèse urique, etc.; puis une action excitante, qui pont dons quelques circonstances être un moyen utile, mais qui n’est le plus souvent qu’un effet inévitable de l’application des eaux, accessoire au mode d’action définitif et intime des eaux minérales.
Ce sont les manifestations de cette action excitante que i’on a prises souvent pour des phénomènes critiques. La fièvre thehmale, la poussée [voy. ces mots], ont été considérées, à tort, selon nous, dans le sens de phénomènes critiques. Le mouvement général provoqué par la fièvre iheimale, la deiivation cutanee lepresentee par les diverses éruptions de la poussée, pen^e^t etre quelquefois par eux-mêrnes des phénomènes salutaires ; mais il suffit de considérer combien les cas où ils se présentent sont rares eu égard à ceux où iis font défaut, et le peu de rapport qu’ils présentent avec l’issue heureuse ou non du traitement, pour se convaincre que le caractère en question ne saurait leur être attribué, ^ons en niions aillant des sueurs abondantes, des diarrhées, qui surviennent quelquefois dans le cours du traitement thermal; on ne saurait davantage les transformer en phénomènes critiques.
il est certains iraitements qui paraissent se rapprocher davanîage du caractère propre à ces derniers. C’est ainsi que M. Bertrand a rapporté maint exemple de l’emploi des eaux du Mont-Dore, à lemjiéralure élevée, c’est-à-dire sous une forme un peu violente, dans des cas où il s’agissait de lappelei ceitaines manifestations ou cutanées, ou rhumatismales, ou goutteuses. Le succès, dans ce sens, d’un pareil traitement ne comporle pas nécessairement l’idée de crises favorables, à moins que ce mot ne soit fort détourné de son acception primitive. La méthode de Balariic, comme on l’appelait autrefois, et qui consistait spécialement dans i’emj)loi d’une température élevée, devait produire elFeclivemeut des effets violents, mais auxquels leur production artificielle enlevait le caractère précisément critique.
Ce que nous venons de dire n’empêche pas que l’on ne puisse citer ({uelques exemples de phénomènes véritablement critiques et salutaii’es survenus dans le cours de maladies chroniques, pendant ou apres un