DURKHEIM
loresque. Il n’est pas nécessaire d’insister sur les indications auxquelles répondent les propriétés reconstiluantes et toniques des sources ferrugineuses et gazeuses, et l’action résolutive et révulsive qu’on peut obtenir de l’emploi des boues. Malheureusement ces ressources de bien des genres ne sont pas apj)réciées comme elles le méritent. Dribourg est assez peu fréquentée. C est au xvii® siècle seulement C[u’on a commencé à parler de la valeur de ces eaux.
i>iciZE (Suisse], canton de Genève], sur la route d’ Annecy, près Garouge.
Ferrugineuse bicarbonatée. Temp. , 14° cent.
Cette source a été signalée par le professeur Tengry en 1785. Nous ne reproduisons pas son analyse qui mériterait d’être révisée.
»lJivoi\ (France, Loire). A 1 kilomètre du village des Volières, il jaillit dans cette localité une source froide bicarbonatée mixte qui n’est pas exploitée et qui a quelque analogie avec l’eau de Saint-Alban. On la considère cependant comme moins riche en acide carbonique que cette dernière. Pas d’analyse.
(Écosse, comté de Penh). Ville à 7 kilom. de Stirling.
Chlorurée sodique, Tempér. ?
Eau : une pinte. Eau : un litre.
Chlorure de sodium .
— de calcium .
Sulfate de chaux . . . .
Carbonate de chaux .
Oxyde de fer .
Grains. Gram.
Cette eau, découverte en 1814, est usitée en bains et surtout en bois¬
son, tantôt comme médication purgative et diurétique, tantôt comme altérante. Les scrofules et les maladies de la peau à forme torpide lui sont particulièrement adressées.
UEAiHERQEE (France, Nord). A 83 kilomètres de Lille, 351 de Paris.
Bains de mer.
DEi^.viouE (East-) (Irlande, comté de Waterford). A 17 kilomètres de Waterford.
Bains de mer.
DÜRKiiEivi (Bavière). Ville du Palatinat, dans la montagne de Haardt, sur l’Isenach.
Chlorurée sodique. Froide.
Sept sources, différant peu de composition entre elles. Les deux suivantes sont employées pour l’usage interne.
DÜRTAL.
Eau : un litre.
Bleichlerunnen.
Fitzsche
Gram.
Gram.
Chlorure de sodium .
— de potassium .
— de calcium .
— de magnésium .
Bromure de sodium .
Iodure de sodium .
Sulfate de chaux .
Carbonate de chaux .
— de fer .
Silice . . . . .
traces
Ceal. cub.
Acide carbonique .
On utilise pour les bains les sources salines de Philippshalle , situées dans les environs, et leurs eaux mères. Ge!les-ci renferment par litre 289®%71 de principes salins, parmi lesquels on a signalé : bromure de sodium 5^G310 ; iodure de sodium 0§%579.
Seegen fait observer que ces eaux sont inférieures en bromure à celles de Kreuzinach et d’ELMEN [voy. ces noms], et s’adressent aux mêmes formes morbides, mais à un moindre degré de gravité. La diathèse scrofuleuse remplit la principale spécialisation de cette station , recommandable par la douceur de son climat et ses bonnes conditions hygiéniques.
DURTAI. (France, Maine-et-Loire, arrond. de Baugé).
Ferrugineuse bicarbonatée. Temp., LP et 12° cent.
Les sources de la commune de Durtal jaillissent dans deux endroits nommés l’un le Bouillant, l’autre la Courrière. Voici leur composition :
Eau : un litre.
Source
Source
de la Courrière.
du Bouillant.
Acide carbonique . )
indét.
indét.
Azote . j
Gram.
Gram.
Bicarbonate de chaux .
— de magnésie .
— de fer .
— de magnésie .
— de manganèse .
traces
dp fpr - -, , - - - . .
R’alnminp .
Chlorure de calcium .
Silice .
Matière organique azotée, .
(Ménière et Godefroy.)
560 DYSENTÉRIE.
x\ ces substances, il convient d’ajouter l’arsenic trouvé dans le limon des eaux.
Les sources de üurlal ont la plus grande analogie, quant à la somme des principes fixes, avec toutes celles qui jaillissent dans le département de Maine-et-Loire, et dont les eaux ont été examinées par MM. Ménière et Godefroy. Mais la jilupart de ces analyses ne nous paraissent pas complètes, car on n’y voit pas figurer la soude ou la potasse, éléments propres à toutes les eaux.
oÜsrERBiVROOK (Danemark, duché de Holstein).
Etablissement de bains de mer sur le golfe de Kiel.
Ri'SEA’TÉRiE. Les eaux minérales peuvent être employées utilement à la suite des dysentéries prolongées, alors que l’organisme a subi une atteinte profonde dont il ne peut se relever qu’à l’aide d’une médication reconstituante énergique. Mais nous admettrions plus difficilement qu’elles pussent convenir dans le cours de la dysentérie elle-même, malgré quelques assertions que nous reproduirons plus loin.
Nous empruntons à un travail du docteur Finot, extrait des Mémoires de méd., chir. et phor. milit.^ les considérations suivantes, relatives à l’appropriation des eaux de Vichy aux cas de ce genre. Les eaux de Vichy combattent avantageusement la cachexie paludéenne; elles conviennent à la fin des fièvres intermittentes, des diarrhées, des dvsentéries et des ophthalmies. ... Il y a indication positive : 1° dans les dysentéries chroniques avec constitution moyenne , tempérament mixte , bilieux, mais peu irritable, et surtout avec les tempéraments lymphatique et scrofuleux ; dans les diarrhées anciennes à forme bilieuse ou séreuse ; dans les entéralgies, soit primitives, soit consécutives aux maladies endémiques; dans les entéro-colites chroniques lorsque, les selles sanguines et le ténesme ayant disparu, il ne reste ni chaleur abdominale, ni point fixe douloureux, ni autre signe de phlegmasie aiguë; dans la cachexie paludéenne de nos plaines d’Afrique, compliquée de tous ces états organo-pathologiques, avec ou sans marasme, pourvu qu’il n’y ait pas coexistence d’altérations anatomiques profondes....
Les eaux de W eissembourg sont recommandées par le docteur Jonquières dans la dysentérie, mais à une époque beaucoup plus rapprochée du début de la maladie. « L’effet curatif de l’eau de Weissembourg est plus marqué, dit-il, dans la dysentérie chronique succédant à la période aiguë. Le ténesme, les selles sanguinolentes et renfermant des débris de muqueuse intestinale, disparaissent rapidement sous l’influence de l’eau thermale prise intérieurement et extérieurement. » On voit que l’eau de H eissembourg représenterait un traitement de la dysentérie elle-même, tandis que les eaux de se rajtporteraienl j)lulôt aux suites de la
DYSPEPSIE
(]ys('iUéi i(‘. 11 oii ser.iii ainsi de la source des Cèdres, qui aurait même élé employée dans la dysenîéiie aiguë, et des eaux de Cransac [vov. CÈDRES (source des) et Gkansac].
oiSMÉ:\oitïSBîKE. La dysménorrhée peut dépendre de bien des causes diverses : c’est à ces causes que doit être adressé le traitement thei'mal. Cependant il y a deux points de vue généraux qui présideront à l’intervention de ce dernier. Dans un grand nombre de circonstances, la dysménorrhée tient à un état d’affaiblissement ou d’insuffisance de l’organisme, dont les fonctions utérines subissent spécialement l’influence, et qui se rattache plus ou moins directement à la chlorose [voy. ce mot]. Il faut, dans ces cas, recourir à des eaux actives, qui seront, suivant les circonstances, les eaux sulfureuses, les eaux ferrugineuses, les eaux chlorurées sodiques ou les bains de mer. Ces derniers trouvent habituellement leurs meilleures apjilications chez les jeunes sujets à l’époque de la puberté; les eaux sulfureuses conviennent mieux si l’on veut déterminer une vive excitatioî) ; les eaux clilorurées, qui exercent une action congestive très manifeste vers l’appareil utérin, conviennent surtout aux femmes lymphatiques ou scrofuleuses, et pourront s’eaiiployer alors à température élevée; les eaux ferrugineuses réussissent dans certains étals chlorotiques très simples et peu anciens.
Mais la dysménorrhée peut tenir à des conditions fort différentes, et s’accompagner d’une sorte d’éréthisme nerveux ou sanguin, avec tendance à des congestions irrégulières. Le meilleur moyen de ramener l’équilibi'e dans les fonctions, tout en exerçant une action sédative sur l’ensemble du système, est de recourir moins à une médication effective qu’à un véritable traitement hydrothérapique, représenté par les eaux thermales peu minéralisées, dont l’action sédative se combine parfaitement avec une tendance fluxionnaire modérée vers l’appareil utérin. Les eaux de Néris, de Plombières, de Bourbon-Lancy, de Luxeuil, de La Malou, conviennent alors. Les qualités ferrugineuses des eaux de La Malou et de certaines sources de Luxeuil pourront dans certains cas être mises à pi oüt. S’il existe une disposition particulière aux douleurs utérines, nous recommanderons surtout les eaux sulfatées, telles que Bagnères-de- Bigorre , Ussat, Encausse, Baden (Suisse), etc.
in'SPEt'SiE. L’histoire de la dyspepsie résume à elle seule presque toute celle des eaux minérales. En effet, il n’est guère de maladie chronique qui ne s’accompagne d’un certain degré de dyspepsie, et il n’est guère de station thermale où l’on ne voie se rétablir les digestions troublées. ^ous essaierons de résumer d’une manière concise cette histoire de la dyspepsie, qui touche à tant de points de pratique, mais dont il devra nous suffire d’exposer ici les principales indications.
Dict des Eaux minku. — T. I.
r>ti
562 DYSPEPSIE
îi est impossible de s’occuper de la dyspepsie sans la définir, ce mol ayant été pris dans des acceptions fort différentes.
L’œuvre de la digestion réclame le concours de conditions multiples dont l’intégrité est nécessaire pour la régularité de son accomplissement. Des sécrétions variées se font à la surface de l’estomac et du duodénum, appropriées à la nature diverse des aliments, pour leur imprimer, par une action soit physique, soit chimique, les conditions nécessaires à leur pénétration dans le torrent de la circulation et à leur élahoration définitive. Ce travail préparatoire doit être facilité par des mouvements réguliers de l’appareil digestif lui-même, qui multiplient les contacts de la masse alimentaire et en facilitent l'imbibition. Ces phénomènes de sécrétion et de motilité réclament l’interventioïi d’une circulation et d’une innervation actives, dont le défaut amène infaillihlement dans leur accomplissement un trouble momentané ou habituel. Ce trouble, s’il ne dépend d aucune altération organique appréciable de l’appareil où s’opèrent ces phénomènes compliqués, constitue la dyspepsie.
La dyspepsie peut donc reconnaître autant d’éléments divers qu’il entre de conditions variées dans l'accomplissement de la digestion : insuffisance ou altération des sécrétions, ou de telle ou telle d’entre elles, trouble ou insuffisance dans les mouvements péristaltiques; le point de départ de ces conditions morbides se trouvant soit dans un dérangement primitif de 1 appareil digestif lui-même, soit dans une altération, locale ou générale, de quelqu’un des appareils ou des grandes fonctions de l’intégrité desquels l’accomplissement régulier de la digestion se trouve solidaire.
Quant aux symptômes de la dyspepsie, ils sont nécessairement aussi variés que les troubles fonctionnels desquels ils peuvent dépendre spécialement. Sollicités quelquefois par une seule espèce d’aliments , ou par des conditions étrangères à la nature de ces derniers, comme l’heure des lepas, ou leur irrégularité, ou les circonstances qui les accompagnent, ils portent tantôt sur tel ou te! acte de la digestion, ou affectent parfois l’ensemble du système, ou spécialement les fonctiotjs cérébrales, etc. Nous ne mentionnerons pas ici les phénomènes douloureux proprement dits, ceux-ci appartenant à la gastralgie, qui peut exister elle-même isolément, ou accompagner la dyspepsie [voy. Gastralgie].
Les préliminaires établis, et ils suffisent pour faire comprendre l’ordre de faits dont il s’agit ici, nous devons étudier la thérapeutique thermale de la dyspepsie dans deux circonstances ; 1° alors que la dyspepsie s’est développée primitivemenl; T alors qu’elle est survenue dans le cours de telle ou telle modificaiiou générale ou locale de l’organisme, ou sous son influence.
DYSPEPSIE
Dyspepsie primitive. — La dyspepsie primitive reconnaît presque toujours des causes hygiéniques, vie trop sédentaire , circonstances morales dépressives, repas irréguliers, pris dans des conditions défavorables à la digestion, etc. Il résulte de là qu’il suffit souvent de placer le malade dans des circonstances meilleures pour déterminer la disparition des phénomènes dyspeptiques : ainsi un séjour à la campagne, un voyage, des vacances ; seulement, l’influence favorable ressentie de ce changement de vie ou de milieu est toujours passagère, et le retour aux habitudes premières ne manque pas de ramener la dyspepsie.
Un traitement thermal approprié, en même temps qu’il comporte cette amélioration dans les conditions hygiéniques auxquelles nous venons de faire allusion, y ajoute une action thérapeutique dont l’influence est plus durable , et quelquefois curative. Nous disons quelquefois curative , car elle ne saurait toujours mettre absolument à l’abri des conséquences du régime fâcheux où le malade se laisse presque toujours entraîner de nouveau.
Si les conditions meilleures que les dyspeptiques rencontrent dans un changement de milieu et d’habitude, et dans un régime plus hygiénique, suffisent en général pour corriger, ne fût-ce que momentanément, les désordres fonctionnels de la dyspepsie, il ne faut pas s’étonner si la plupart des stations thermales peuvent revendiquer des guérisons, apparentes au moins, de dyspepsie. Les observateurs qui y résident s’en tiennent trop souvent aux résultats immédiats qu’il est permis de constater, et ne vont pas s’enquérir de leur durée. Cependant nous ne saurions nier que la médication excitante et la médication hydrothérapique rencontrées près de la plupart des stations thermales ne puissent ajouter quelque chose aux bonnes conditions hygiéniques qui s’y rassemblent.... Mais ce n’est pas ainsi qu’on doit procéder pour instituer le traitement thermal de la dyspepsie. Ce qu’il importe, c’est d’établir quelles sont les eaux minérales près desquelles on a le plus de chances d’obtenir la gué- ~ rison définitive , ou la correction la plus durable possible , des accidents dyspeptiques.
La plupart des eaux minérales qui renferment de l’acide carbonique libre sont propres au traitement de la dyspepsie. L’acide carbonique est certainement, parmi les principes divers que nous présentent les eaux minérales, celui qui s’adapte le mieux à l’état dyspeptique.
Les eaux minérales bicarbonatées sont donc par excellence celles qui conviennent au traitement de la dyspepsie; mais il convient d’établir des distinctions entre elles.
Celles qui ne doivent leur valeur médicamenteuse qu’à l’acide carbonique qu’elles tiennent en solution et qu’elles dégagent, et qu’à cause de
DYSPEPSIE
cela on a désignées sous le nom à' eaux acidulés simples^ vulgairement eaux gazeuses, n’ont qu’une très faible portée thérapeutique. Elles aident effectivement à la digestion, mais d’une manière tout immédiate et limitée à leur usage actuel; aussi les appelle-t-on eaux digestives, et en fait-on des eaux de table [voy. Gazeuses (eaux)]. Ces eaux appartiennent aux bicarbonatées calciques, ou aux bicarbonatées mixtes peu minéralisées; ainsi Condillac, Saint- Gaimier, Schwalheim, Quelques-unes doivent à la présence d’un peu de fer une action mieux déterminée, comme Cliateldon, Saint -Par doux, Orezza, Sylvanès, etc.
Quelques eaux minérales, mixtes ou renfermant au-dessous de leurs bases terreuses une base sodique notable, représentent une médication plus effective de la dyspepsie, comme Pougues, Royat, Médague. etc.
Mais si l’on veut opposer à une dyspepsie ancienne, opiniâtre, inhérente à des habitudes hygiéniques permanentes, une médication formelle, c’est aux eaux bicarbonatées sodiques qu’il faut recourir, Mchy, Saint- Alban, le Boulou, Ems, Bilin, etc.
Le traitement thermal de la dyspepsie simple ou primitive peut donc se formuler ainsi : eaux bicarbonatées, représentant elles-mêmes une médication d’autant plus active et plus formelle que l’on s’élève des bicarbonatées calciques aux bicarbonatées mixtes, et de celles-ci aux bicarbonatées sodiques. C’est-à-dire qu’ici, comme nous aurons trouvé plus d’une occasion de le signaler ailleurs, la prédominance des bases sodiques sur les bases terreuses désigne une médication plus effective.
Quelques remarques compléteront les observations générales que nous devons nous contenter de présenter ici.
Il faut se garder d’envisager la dyspepsie au point de vue restreint d’une affection locale. Telle est, comme nous l’avons déjà signalé, la solidarité qui unit la digestion à l’accomplissement des grandes fonctions de l’économie, que lorsqu’une dyspepsie existe depuis longtemps et à un degré notable, elle est devenue une maladie générale dans laquelle le dérangement des fonctions de l’estomac ne constitue plus qu’une fraction dans l’ensemble des fonctions languissantes ou perverties.
Le traitement de la dyspepsie devient alors un traitement fort compliqué, et la tendance que l’on a à en faire surtout un traitement interne n’est pas toujours exacte. Les bains, les bains actifs et prolongés, les douches, enfin l’ensemble des procédés que la balnéothérapie tient à notre disposition, doivent souvent jouer un rôle dominant dans le traitement de la dyspepsie. Nous ne saurions trop appeler l’attention sur ce point de vue, qui n’est pas suffisamment répandu dans la pratique.
Un des sujets de considération les plus importants pour le choix d’une eau minérale dans la dyspepsie est le degré de sensibilité névropathique
DYSPEPSIE
OU de l’appareil digestif lui-iuêine, on de l’enseiublede l’écononiie. Nous ne parlons pas ici de la gastralgie proprement dite, mais de la complication de la gastralgie avec la dyspepsie , ou simplement de l’excitabilité nerveuse particulière qui peut se rencontrer chez les dyspeptiques comme dans toutes Ses maladies chroniques, mais qui revêt chez eux une importance toute particulière.
Les eaux minérales franchement bicarbonatées sodiques et fortement minéralisées ne sont pas généralement applicables alors. Vichy, si précieiix dans le traitement de la dyspepsie par les sources variées qu’il possède et par le développement qu’on y peut donner au traitement externe, ne convient plus s’il y a quelque prédominancê névropathique : Ems, LaMalou, Saint- Alban, Pougues, ces deux dernières stations surtout, se trouveront indiquées de préférence.
Nous n’avons pas besoin d’insister sur les indications qui pourront résulter de la coexistence d’un état anémique ou chlorotique. Les indications sont du reste faciles à remplir, la plupart des eaux bicarbonatées renfermant du fer, et quelques stations présentant en particulier certaines sources notablement ferrugineuses, comme les sources de Mesdames et Lardy à Vichy.
Dyspepsie consécutive ou compliquée. — Il n’est guère de maladie chronique dont la prolongation n’entraîne un certain degré, et quelquefois considérable, de dyspepsie. Il arrive alors en général que le traitement thermal approprié à la maladie primitive, constitutionnelle ou autre, fait disparaître la dyspepsie; cependant cela n’est pas constant. Souvent la dyspepsie a pris une telle importance qu’il faut la traiter à part, et quelquefois commencer par son traitement spécial; mais dans la généralité des cas on voit disparaître, près des eaux sulfurées, la dyspepsie, si commune dans le catarrhe pulmonaire et dans certaines dermatoses; près des eaux de Néris, de Luxeuil, de Plombières, de Bourbon- Lancy, où le traitement externe est pourtant fort prédominant, la dyspepsie des névropathiques, des rhumatisants, des paralytiques; près de Bourbonne, de La Motte, AUriage, la dyspepsie des scrofuleux ou des rhumatisants.
Les médecins qui ont exposé leur pratique près de ces différentes stations n’ont pas, en général, apporté une attention suffisante aux faits que nous signalons ici. Voyant que chez les malades soumis à leur observation les phénomènes dyspeptiques disparaissaient, ils ont écrit que les eaux sulfurées, sulfatées, chlorurées, convenaient à la dyspepsie, entraînant ainsi leurs lecteurs dans une confusion dont ils n’avaient pas su se défendre eux-mêmes.
Cependant la présence d’un état dyspeptique notable sera toujours prise en considération lorsqu’il s’agira de la détermination d’une eau
ÜZOUNGARIE.
minérale chez un individu atteint d’une maladie chronique quelconque. Il semblerait que les eaux sulfurées calciques qui dégagent de l’acide carbonique devraient se trouver alors mieux apj)ropriées que les sulfurées sodiques, plutôt azotées que carboniques, (le que nous savons de la pratique (\! Enghien, des Eaux-Bonnes, ù!Euzet, viendrait même à l’appui de cette dernière supposition ; mais nous ne nous trouvons pas en mesure de la généraliser d’une manière absolue. M. Bédouin a d’ailleurs réclamé en faveur des applications très spéciales de la source de llontalade (sulfurée sodique), à Saint-Sauveur, dans la dyspepsie. Cependant les assertions de cet observateur sur ce sujet ne nous paraissent pas devoir être acceptées sans plus ample informé.
Les eaux chlorurées sodiques très gazeuses, comme la Bourboule, Saint-Nectaire, B ourhon-V Archambault , Niederbronn, en B’rance, Wiesbaden, Hombourg surtout, en Allemagne, offrent coî tainement aux dyspeptiques une médication efficace. Nous doutons néanmoins qu’elles puissent s accommoder au traitement de la dyspepsie aussi bien que les bicarbonatées^ Nous en dirons autant des eaux sulfatées sodiques de la Bohême, Karlsbad et Marienbad. En Allemagne, où les eaux bicarbonatées comme Vichy, Saint-Alban, Fougues, et tant d’autres que nous possédons en France, font à peu près défaut, il a bien fallu recourir à des eaux minérales d’une autre nature. Peut-être ces eaux, purgatives à des degrés divers, conviennent-elles assez bien à certaines formes muqueuses ou pituiteuses de la dyspepsie; mais nous pensons qu’il faut les réserver spécialement aux cas où la dyspepsie accompagne un état lymphatique ou scrofuleux. S’il s’agit d’un de ces éiats d’atonie , surtout chez de jeunes sujets, qui se trouvent très bien des eaux chlorurées sodiques fortes, et des bains additionnés ou non d’eaux mères, nous n’hésiterons pas, en vue de la dyspepsie, à donner la préférence aux bains de mer et au séjour marin.
Ajoutons encore une recommandation : c’est que chez les dyspeptiques il ne faut généralement pas rechercher les eaux fortement minéralisées.
BYI§UKIE. Voy. VÉSICAL (CATARRHE).
DZOïiiVGAiiiE (Empire Chinois). Les montagnes de cette vaste contrée offrent des traces d’anciens volcans. On signale dans la partie ouest des sources thermales et sulfureuses , fréquentées par les Kirguises. L’une est celle d’Arrasan, située dans une vallée, à 3000 pieds au-dessus du niveau de la mer; température : 37° cent. Un grand bassin naturel la reçoit, et elle se perd ensuite dans le sable. L’autre, également remarquable par un dégagement d’hydrogène sulfuré et par sa chaleur de Ù3° cent., sourd dans l’ancien lit du lac Ssassyk-kul et sur un sol marécageux. Elle a été l’objet d’une i^orte d’aménagement, avec conduites et
EAÜ DE MER.
baignoires grossières dans une cabane, de la part des habitants nomades de ces steppes qui s’y rendent au printemps.
EAU DE MER. Les eaux qui, par leur incessante accumulation sur des points donnés du globe, constituent les mers, sont considérées^ avec juste raison, comme le premier type des eaux minérales d’après l’acception que l’on attache à ce mot. Ce sont eiles, en effet, qui possèdent la minéralisation la plus forte, et qui sont les plus riches en chlorure de sodium ; aussi les place-t-on à la tête des eaux minérales chlorurées les mieux définies.
L’aspect de l’eau de mer varie du bleu au vert bleuâtre. On observe que, dans certaines régions, elle a une couleur un peu différente ; ainsi, i’eau de la mer Rouge et du lac de Mora jiossède une légère teinte rougeâtre qui, d’après Ehrenberg et de Candolle, provient d’oscillaires. Il en est de même de l’eau puisée sur les côtes de la Californie. Quant à la teinte bleuâtre de l’eau de la Méditerranée et verdâtre nuancé de bleu de l’Océan, on l’attribue le plus souvent à un effet d’optique.
La saveur de l’eau de mer est, commie on sait, amère, fortement saumâtre, nauséabonde, et tout à fait en rapport avec la proportion des principes dissous.
Sa densité varie de 1,0005 â 1,0300.
Comme pour les eaux douces répandues à la surface du sol, les eaux des mers n’ont jamais une température constante. Des expériences nombreuses ont montré que la température moyenne de la Méditerranée, près des côtes de France et à la surface, était de 15°. Quant à l’Océan, la température moyenne annuelle de la surface est supérieure à celle de l’air de la côte.
Il est reconnu encore que toujours les eaux des mers sont moins chaudes à de grandes profondeurs qu’à la surface. D’après le capitaine Sabine, l’eau de l’Océan marquait 28° à la surface et seulement 7°, 5 cent, à la profondeur de 1833 mètres. Cette observation a été confirmée par Aimé, de Humboldt, Williams, etc. Aimé a établi que la température minima des couches profondes de la Méditerranée était égale à la moyenne des températures de l’hiver à la surface.
L’origine des principes minéraux de l’eau qui nous occupe en ce mo ment reconnaît deux causes : la première, des eaux des rivières, qui subissent là tous les effets d’une concentration active ; la seconde, des amas de sel gemme enfouis dans les profondeurs de ce milieu.
EAU DE MEi:.
IjGS Gaux (lus tuGrs ii ont jamais une coiuposiiiou idGUticiiic, cl cgs valialions sont d autant plus sensibles (pie les eaux sont plus uapprochées des côtes; cela se conçoit biciiemcnt, par l’intervention des eaux douces des rivières et des fleuves, par l’évaporaiion incessante que l’eau subit, par les courants qui s’établissent à certaines profondeurs, enfin parles animaux et les végétaux qui y croissent.
[)e tous les sels de la mer, le chlorure de sodium est celui qui subit le moins de variations quant à sa proportion. Les sulfates , au contraire , offrent des différences très notables. M. Forcharnmer, auquel on doit ces intéressantes observations, a vu encore que, lorsque le fond des mers était de nature argileuse, l’eau devenait plus riche en chaux et plus pauvre en magnésie. G est qu alors, dit-il, une partie du carbonate de chaux est lemplacée par de la magnésie, provenant du sulfate magnésique dissous, et il se forme un silicate double de magnésie et d’alumine insoluble. Si le fond de la mer est formé de coquillages, de craie ou de sable quartzeux, la proportion de magnésie ne change pas. Cette circonstance contribue à restituer à l’eau de mer le carbonate de chaux que lui enlèvent les coquillages, et que l’eau ne peut retrouver qu’après la destruction de ces derniers, lorsque leur poussière a été mélangée avec de l’argile.
Nous avons rappelé plus haut que les eaux des mers étaient de toutes les plus riches en principes minéraux. La proportion de ces derniers s élève en moyenne, par litre d’eau, de 35 à 36 grammes, parmi lesquels le chlorure de sodium entre pour 30 grammes environ. Jl faut en excepter toutefois l’eau de la mer Morte, qui ne contient pas moins de 227,6 de sels minéraux pour la même quantité de liquide.
^ Malgré la sensibilité des réactifs dont la chimie dispose, on ne voit pas généralement figurer l’iodc parmi les principes minéraux que l’eau de met renferme toujours, puisque c’est de ce milieu que l’industrie se le procure. Il est donc certain que sous ce rapport les recherches des auteurs ne sont pas à l’abri des reproches. Comme faits intéressants à signaler ici, nous rappellerons que l’argent et le cuivre ont été découverts dans l’eau de l’Océan par MM. Malaguti, Durocher et Sarzeau.
Nous reproduisons la composition que les auteurs assignent aux eaux des mers principales, tout en regrettant de n’avoir à enregistrer que des résultats ou anciens ou incomplets.
Océan Atlanlujxie. — , Vogol , Mni rav ei Gav-
Lussac se sont livrés à l’examen de l’eau de l’Océan; mais les ré.sullals qu’ils indiquent sont trop anciens pour que nous les transcrivions ici. Nous préférons donc relever l’analyse de l’eau du ba.ssin d’Arxachon!
qup malgré son mélange avec l’eau de la rivière la l.cyre, peut être cousidérée comme pure ;
EAU DK MEK.
Eau : un litre.
Chlorure de sodium .
— de magnésium ....
de calcium .
lodure et bromure .
Sulfate de magnésie .
— de chaux .
— de soude .
Carbonate de chaux .
— de magnésie .
Matière organique aoimalisée
La proportion des principes minéraux signalée par i\1. Fauré est à peu près la même que celle trouvée par Gay-Lussac, soit 36^^3 pour un litre de liquide.
Manche. Eau puisée au Havre, à quelques kilomètres de la côte :
Eau : un litre.
Chlorure de sodium .
— de magnésium .
Bromure de magnésium .
— de sodium . .
Sulfate de chaux . .
Carbonate de chaux .
Silicate de soude .
Carbonate et phosphate de magnésie . i
Oxydes de fer et de manganèse . i
(Mialue et Figuier.)
Méditerranée. Eau puisée de 3000 à 5000 mètres de la côte de Cette et à 1 mètre de profondeur; sa température était de 21% et sa densité de 1,0258 :
Eau : un litre.
Gram.
Chlorure de sodium . 30,182
— de potassium . 0,518
Chlorure de magnésium . 3,302
Bromure de sodium . (1,570
Carbonate de chaux . 0,118
Sulfate de magnésie . 2,511
— de chaux . 1,392
Oxyde de fer . 0^603
(UsiGLio, 1849.)
MM. Usiglio et Donny ont analysé dans ces derniers temps l’eau de la Méditerranée puisée dans la rade d’Hyères et dans le golfe de Fox,
Gram.
traces
27,965 3,785 0,32.5 in dot.
(Fauré.)