‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicaleChapitre 233 sur 259 · PÊCHERIE · texte numérisé non relu

PÊCHERIE

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(De Püisaye et Leconte.)

Les eaux d Engînen ont été examinées par plusieurs chimistes, qui ne se sont pas toujours entendus sur l’état de combinaison du soufre: ainsi, tandis que MM. O. Henry, Fremy père et Longehamp inscrivent du sulfure de calcium avec de l’acide sulfhydrique libre, Fourcroy, Delaporte, et MM. de Puisaye et, Leconte admettent uniquement de l’acide sulfhydric{ue sans la plus légère (race d’un sulfure cpielconque.

Le débit des cinq sources d’Fnghien est très variable. Ainsi, d’après MM. de Puisaye et Leconte, il a été, au mois de février 1853, de 61 82A lities, et au mois de septembre 1852, de 26 915 litres en vingt- (juatie iieuies. Ce résultat n’a pas lieu de surprendre, lorsqu’on connaît 1 origine de cette eau minérale, qui est tout accidentelle.

Les somees d Lnghien sont parfaitement captées et aménagées. Celles de Cotte, Deyeux et Péligot sont situées l’une près de l’autre; la soui ce Rouland est éloignée de quelques mètres, et la source de la Rêcherie, la plus éloignée, est située dans un bassin servant de réservoir aux eaux du lac. i ouïes sont à 2"',8Ü au-dessous de ce dernier, et ont sans doute

ENGIllEN.

une origine commune, bien que Mi\i. de Fuisaye el Leconle ne partagent pas cette manière de voir.

Les eaux de cette station se miiîéralisent à l’aide du sulfate de chaux qui forme ia partie constituante du sol àïi poTislen^ et des matières organiques. Elles répandent d’aiileui's une légère odeur marécageuse qui suffit à elle seule pour indiquer leur mode de formation. Mais tel n’est pas l’avis de MM. de Puisave et Leconle. Pour ces auteurs, les sources ont leur point d’origine dans les couches inférieures du terrain pœHsien, au-dessous du gypse, ou dans les terrains crétacés, lis ne paraissent pas éloignés de croire que par la présence des matières combustibles de nature différente, renfermant, la plupart, des pyrites qui les rendent spontanément, intlammables , les sulfures donnent naissance à des sulfates de fer, d’alumine, de chaux et de magnésie , lorsque la quantité d’oxygène fournie par l’air est suffisante. Si, au contraire, l’oxygène fait défaut, du moins en partie, les matières organiifues se carbonisent, les pyrites abandonnent le tiers de leur soufre, et toutes les conditions pour la production du sulfure de carbone se trouvent réunies; mais le sulfure de carbone, en présence des substances licites en silice, se convertit en sulfure de silicium, qui, par sOn contact avec l’eau, donne de l’acide silicique et de l’acide sulfhydrique, que les sources entraînent avec elles. Ajoutons, en terminant, que MM. de Puisaye et Leconte ne s’appuient que sur des hypothèses, qui, il faut bien l’avouer, ne nous paraissent pas très vraisemblables; car, lorsque nous voyons le mode de minéralisation de l’eau sulfurée de Pierrefonds, nous nous demandons si les eaux d’Enghien ne se forment pas de la même manière, c’est-à-dire par la transformation du sulfate de chaux sous l’influence des matières organiques.

L’établissement d’Enghien est l’un des mieux installés pour ia médication hydro-thermale. îl se compose de quatre corps de batiments: le premier, qui fait face au lac, sert à loger l’administration et renferme des ' appartements pour les baigneurs. Le second, perpendiculaire au premier, est destiné aux douches et au service des bains. Il se compose de vingt cabinets de bains, et de dix cabinets de douches pour les deux sexes. Une galerie couverte règne le long de ce bâtiment, dont le premier est exclusivement occupé par les cabinets de bains, et le rez-dechaussée par ceux des douches.

I.e troisième corps de bâtiment, sans faire immédiatement suite au précédent, est parallèle au premier et sert aux bains mitigés; û y a dix baignoires, une chambre pour bains de vapeur et bains russes, différents appareils pour douches à vapeur et bains médicamenteux. Une salle d’inhalation y a été récemment ajoutée.

ENGIllEN.

Le (fuatrièine sert d’habiiation aux malades et aux employés de l’administralioi).

I/eau de loutes les sources se rassemble daus deux réservoirs ayant une profondeur de 5 mètres environ, dont l’un reçoit le produit des quatre premières sources, et rautie celui de la Pêcherie et de quatre autres sources non découvertes qui coulent par des fissures de terrain. Une fois arrivée dans ces réservoirs, l’eau se trouve aspirée par quatre corps de pompe mus par une machine à vapeur de la force de deux clievaux, et vient se rendre dans de grandes cuves de bois destinées à la recevoir; elle y est cbautTée au moyen de la vapeur, à la température de 65" à 70'’ centigrades. La machine à vapeur occupe la partie inférieure d une tour, dont le premier et le second étage sont destinés aux réservoirs de 1 eau des bains, et le troisième à ceux des douches (Des eaux d'Enghien au point de vue chimique et médical, de Puisaye et Leconte, 1853). La quantité d’eau minérale transportée est très considérable.

Les effets physiologiques des eaux d’Enghien ont été étudiés avec beaucoup de soin par iMM. de Puisaye et Leconte [loc. dt.). Rien dans cette étude n’apparaît de bien propre à distinguer ces eaux des autres eaux sulfureuses. Ce qu’il y a de plus manifeste dans leur action, c est 1 excitation se portant, à des degrés divers suivant les individus, sur le système nerveux, le système circulatoire, l’appareil digestif, les leins, la peau, etc. : agitation, insomnie, douleurs névralgiques, surtout si Ion en fait un usage non méthodique; circulation plus active, accroissement de la calorification, rétablissement ou augmentation des hémorrhagies périodiques; accroissement de l’appétit, facilité plus grande des digestions, quelquefois symptômes de gastralgie ou d’embarras gastrique; augmentation de la transpiration cutanée, quelquefois véritable poussée* ou éruption vésiculeuse ou pustuleuse, parfois fébrile. Ces effets varient naturellement suivant les sujets et suivant les modes d’administration des eaux, principalement la température du bain; mais leur caractère général n’en est pas moins manifeste, et peut-être plus facile à définir que leurs propriétés spéciales ou thérapeutiques, qui s’adressent aux phénomènes pathologiques.

Les auteurs que nous avons cités rangent sous des titres divers les effets résultant de l’application des eaux d’Enghien. Celles-ci représentent, suivant eux, une médication : 1° stimulante, 2° perturhalrice ,

3 'iémdswe , E" modificatrice , 5° tonique, 6*’ adjuvante. Cette énumération signifie que les eaux d’Eughien peuvent remplir des indications fort différentes, suivant : r leur mode d’emploi; 2'> les conditions con* sliluiionnclles ou pathologiques auxquelles on les adresse. Il ne faudrait pas croire qu’un champ aussi large appartînt à toutes les eaux miné-

ENGHIEN

raleS;, et en particulier h toutes les eaux sulfureuses. Pour ne citer qu’un exemple, il est certain qu’on n’ira pas chercher à Saint-Sauveur une médication perturbatrice, révulsive ou stimulante. D’un autre côté, il est incontestable que les eaux de Cauterets et de Luchon, par exemple, avec leurs sources très chaudes et les gradations de température qu’elles présentent, eu même temps que leurs nuances de minéralisation et de constitution, fournissent des moyens beaucoup plus développés de réaliser ces médications diverses que les eaux froides et presque identiques des diverses sources d’Enghien. Quant à la qualité calcique de celles-ci, nous dirons à l’article Sulfurées (eaux) que nous sommes peu en mesure de faire la part distincte des bases sodiques ou calciques dans les eaux de cette classe. Ajoutons encore que la faible altitude et la situation d’Enghien privent cette station des avantages hygiéniques que les stations des Pyrénées empruntent à leurs conditions climatériques et topographiques.

Nous suivrons dans l’énoncé des applications thérapeutiques des eaux d’Enghien l’ordre proposé par M. de Puisaye. Cet auteur signale d’abord les affections diathésiques^ parmi lesquelles il comprend les diathèses scrofuleuse, tuberculeuse, syphilitique, herpétique, rhumatismale et goutteuse.

!>]. de Puisaye rejette justement l’emploi des eaux d’Enghien, comme de toutes les eaux sulfureuses, dans la goutte. Quant au rhumatisme et à la syphilis, nous admettons parfaitement qu’on puisse à Enghien traiter utilement ces affections; mais les eaux minérales à haute therrnalité et, suivant des cas très opposés, à minéralisation plus puissante, ou quelquefois, ap contraire, à propriétés plus sédatives, devront leur être généralement préférées. Nous en dirons autant du lymphatisme et de la scrofule. Nous admettons pleinement que les formes scrofuleuses, ou lymphatiques surtout, de certaines affections dont nous parlerons tout à l’heure, rentrent dans l’indication des eaux d’Enghien. Mais ces mêmes eaux tiennent certainement en hydrologie une place assez secondaire dans le traitement de la scrofule et du lymphatisme considérés en euxmêmes.

Les eaux d’Enghien présentent, au contraire, à la diathèse herpétique une médication parfaitement légitime et efficace. C’est aux formes vésiculeuse et pustuleuse c|u’elles s’appliquent le mieux, tandis cjue la forme squameuse est l’une des plus rebelles à leur action. Elles sont employées avec d’autant plus d’avantage, dans les affections herpétiques, qu’elles sont administrées aussitôt après la période aiguë [Des eaux d’ Enghien...).

La diathèse tuberculeuse nous rapproche encore d’une des applications les plus formelles des eaux d’Enghien , les affections catarrhales. Nous

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dirons ailleurs [voy. Phtoisie pulmonaire] comment, sans l’y circonscj'ire absolument, nous raltachons étroitement le traitement de la phthisie à celui des alïections catarrhales de l’appareil pulmonaire. Il nous suffit en ce moment d’exposer la pratique spéciale d^s eaux d’Enghien, et nous ne pouvons mieux faire que de reproduire encore un des excellents résumés dont M. de Puisaye fait suivre chacun de ses chapitres : 1° Les eaux d’Enghien conviennent dans la phthisie pulmonaire. L’époque la plus favoiable à leur administration est la deuxième période, en raison du 1 aniollissement des tubercules et de la crainte moins grande du renouvellement de l’hémoptysie. 2" On doit suspendre l’usage des eaux sulfurées s il se manileste une accélération dans le pouls, ou si l’on a à craindre quelque congestion pulmonaire; renoncer à leur emploi s’il survient de la diai rhée ou des sueurs abondantes qui ne soient justifiées par aucun état de crise, et qui certainement alors sont l’indice d’un état colliquaîif 3° Les eaux d’Enghien doivent être administrées à faible dose, et gi aduellement augmentées, si la tolérance s’établit; le traitement ne doit pas durer plus d’un mois. 4° Enfin, les eaux sulfurées constituent à elles seules tout le traitement, ou bien, selon les indications, on leur associe divers autres agents thérapeutiques.

Datis les alïections catarrhales de l’appareil respiratoire , les eaux d Enghien exercent une action directe et immédiate très prononcée sur 1 état local des bronches. Elles constituent une excellente médication de la bîonchite chronique ou catarrhale; cependant il ne faut pas que celle-ci s’accompagne d’une irritabilité fluxionnaire ou nerveuse trop piononcée. De même encore conseillerons-nous plutôt Amélie, les Eaux- Bonnes, imciioijj Schinznach, lorsque la constitution devra être profondément modifiée; mais, dans les cas moyens, Enghien nous paraît suffire à toutes les indications.

Les catarrhes utérin, vaginal, même vé.sical, peuvent être utilement modifiés pai les eaux d Enghien ; mais celles-ci ne j)résenteni pas dans le tiaitenient de ces affections d’efficacité prédominante. Nous en dirons autant des engorgements utérins ou métrites chroniques. Le traitement des névroses paraît subordonné à la considération de l’état générai, Ces eaux présentent, en effet, dans leurs propriétés modérément excitantes, un élément quelquefois précieux d’aj)piication à certaines ncvioses, chez des sujets affaiblis ou lymphatiques, mais à condition d’apporter de grandes précautions dans leur usage, et de savoir tirer un parti habile des divers modes auxquels on peut en soumettre l’emploi.

E\GmsrEm (Suisse, canton de Berne). A 10 kilomètres de Berne.

tarbonatée calcique (ferrugineuse). Froide.

ENTÉRALGIE.

Eau : 150 onces.

Eau : un litre.

Grains.

Gram.

— de magnésie.

— de fer .

Sulfate de soude .

— de chaux .

Chlorure de sodium. . . .

— de magnésium .

Pouc. cab.

Cent. cub.

Gaz acide carbonique.. .

Azote .

(Pagenstecher.)

On ne se sert ordinairement de cette eau qu’en

bains, plus rarement

en boisson. Une source voisine

, celle de AAikarlswyl, bicar-

bonatée^ est mieux supportée à

l’intérieur et préférée par les malades. —

Établissement suffisamment organisé; site agréable.

— Médication forti-

fiaiite.

E\i\ (France , Py rénées-Orientales, arrond. de Prades). A 3A kiloin. de cette ville. Tempér. , 50° centigr.

Anglada considère l’eau d’Eiin comme de l’eau douce, mais thermale. Elle n’a aucune odeur sulfurée, pas de traces de carbojiate alcalin et de sels calcaires ; les réactifs ordinaires n’y indiquent que des proportions très minines de sulfates et de chlorures. Anglada trouve dans cette eau une occasion très favorable pour comparer l’efficacité des eaux douces que la nature a pris soin de chauffer elle-même avec les eaux douces échauffées à l’aide de nos moyens ordinaires. Le débit de la source est très abondant, et elle n’abandonne sur le sol ni de matières organiques ni de sédiment. Cependant il serait bon de reprendre cette question au point de vue analytique. Les emplois d’eaux douces thermales, et à ce degré, sont trop restreints pour que l’on attribue sans plus ample informé des propriétés réelles aux eaux dont nous venons de parler.

ENiTÉiiALGiE. L’eiUéralgie revêt des formes très variées et tout à fait parallèles à celles de la GastiîALGIE [voy. ce mot] : douleur fixe et continue , vive ou sourde , ou survenant par intervalles ou même par accès fort tranchés, quelquefois d’une extrême intensité, et pouvant simuler des accès de diverse nature, tels que des coliques hépatiques ou néphrétiques, ou même le volvulus. Les coliques nerveuses ne sont qu’une des formes de l’entéralgie ; car celle-ci comprend sous une même dénomination, cfui par conséquent n’est pas toujours exacte, des névroses qui n’ont pas toutes leur siège dans l’intestin. La névralgie utérine est une de celles qui se distinguent le plus nettement de l’entéralgie [voy. Utérus (maladies de l’)].

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