FOMENTATIONS
Les eaux chlorurées les plus usitées dans les eiigorgemejils du foie sont celles de Niederbronn, de Honibour^g, de Kissingen^ de Wiesbaden. Dans les cas où il existe des sigues de pléthore abdominale, empâtement général de l’abdomen, hémorihoïdes, digestions languissantes, ou bien lorsque l’état lymphatique domine, elles doivent peut-être être préférées aux eaux bicarbonatées sodiques, tandis que celles-ci prévaudront certainement contre les constitutions sèches et nerveuses.
Dans les engorgements consécutifs aux fièvres intermittentes, bien que ces eaux aient été très préconisées, nous croyons les eaux de Karlsbad et celles de Vichy mieux indiquées, Les sources ferrugineuses de cette dernière station trouvent surtout ici de précieuses applications. Nous croyons, du reste, qu’il convient de se méfier un peu des résultats considérables attribués à certaines sources, telles que Karlsbad, Hombourg, Monte Catini, dans le traitement des engorgements dépendants de la cachexie des pays chauds. Si les cas de ce genre sont souvent propres à témoigner des ressources que la médication thermale présente à la thérapeutique, il faut savoir que c’est parmi eux que l’on rencontre le plus d’insuccès, les altérations qui accompagnent ces cachexies se trouvant souvent au -dessus des ressources de l’art.
Lorsqu’il existe une maladie du cœur concomitante, et l’engorgement hépatique n’en est souvent qu’une conséquence, les eaux bicarbonatées sodiques seront préférées sans hésitation. Elles constituent une médication fort précieuse alors, non pas sans doute dans un sens curatif, et il suffit de les administrer avec discernement pour qu’elles soient facilement tolérées [voy. Coeur (maladifs du)].
S’il existe des coliques hépatiques et des calculs biliaires, la direction du traitement devra être subordonnée à cette dernière circonstance [voy. Biliaires (calculs)].
Les congestions hépatiques caractérisées par l’invasion réitérée d’accidents passagers de douleur et gonflement hépatique, avec ictère plus . ou moins prononcé, céderont plutôt aux eaux chlorurées sodiques (i/ombourg, Kissingen, par exemple) qu’aux eaux bicarbonatées. Nous en dirons autant de l’atonie du foie, avec anorexie, dyspepsie, constipation, selles peu colorées , bien que l’on voie également les eaux de Vichy réussir en pareil cas. t.e docteur Spengler vante beaucoup les eaux ^ Ems dans ce qu’on a appelé état bilieux, polycholie, flux biliaire. Nous croyons que les eaux de Vichy, et surtout celles de Hombourg, mieux encore peut-être celles de Karlsbad, sont plutôt indiquées alors.
FOMENTATIONS, Cette expression est admise dans les pratiques du ' traitement thermal pour désigner l’application de l’eau minérale sur quelque partie du corps, au moyen d’une éponge, d’un morceau de fia-
J'ONCAÜDE Ul FOM-CAOÜADA).
nelle ou d’uii Jiiigc trempé dans ce liquide. On réserve les lomenlalions pour les cas où il y a à redouter le rappel d’un état aigu ou plilegmasique dans les tissus d’une région déterminée. Elles ne constituent pas, à elles seules, un mode de traitement. Les fomentations sont souvent
pratiquées au moyen des matières organiques, conferves , mousses, boues, etc.
FOîVCAL'»E OU FOTVT-CA<WA»A (France, Hérault, arrond. de Montpellier). A 3 kilomètres de cette ville.
Bicarbonotée calcique. Tempér. , 25*^ à 26° centigr.
Eau : un litre.
Carbonate de ehaux . ^0 7*880
— de magnésie . ( o’oi63
— de fer et d’alumine . 0,0067
Chlorure de magnésium . 0 0389
— de sodium . 0 016^
Sulfate de chaux . . F F ] quant, indét.
Matière organique .
(Bérard.)
Quoique l’analyse de M. Bérard ne fasse pas mention d’acide carbo^ nique libre dans cette eau minérale, i! est probable cependant que les carbonates de chaux, de magnésie et de fer sont à l’état de bicarbonates. Du reste, la surface de la source est couverte de bulles gazeuses.
L établissement thermal comprend trente baignoires recevant chacune 1 eau directement de la source, qu’on réchauffe au moven d’un robinet fournissant de l’eau bouillante. Des piscines primitives, une seule a ^é conservée, pouvant admettre sept ou huit personnes, et contenant 1 eau minérale à sa température normale. Des douches de toutes sortes sont annexées à des baignoires spéciales, de grande dimension. Des douches vaginales sont alimentées directement par l’eau de la source, mais fournissent plutôt de simples irrigations que de véritables douches, ce qui rend leur emploi plus sûr et certainement plus souvent utile.
Les eaux de Foncaude appartiennent à une classe d’eaux minérales fort intéressantes, et qui n ont pas encore été suffisamment étudiées. On peut les appeler eaux sédatives, eu égard surtout aux propriétés excitantes qui appartiennent à la généralité des eaux minérales. Cependant cette expression de sédatives n’est elle-même que relative. Elle est d’ailleurs subordonnée à la queslion de la temjiératiirc, qui, naturelle ou articielle, n en vient pas moins dénaiurer complètement, alors qu’elle devient prédominante, le caractère de la médication elle-même,
M. Bertin a publié au sujet des eaux de Foncaude un travail fort bien
FO.^CAÜDE OU UO^T-CAOUADA.
fail, ({ui permet d’apprécier les principaux caractères de cette médication. {Des eaux minérales acidulés thermales de Foncaude etc 1855.) '■ ’
Les bains étaient pris autrefois, et le sont quelquefois encore aujourdhui, dans les piscines, à la température normale. Ils sont généralement alors assez courts, et ne sont supportés pendant une durée un peu prolongée que grâce a l’exercice que l’on peut y faire. Le bain oïdinaire
est pris à une température de 32° à 34° : sa durée est d’environ une heure.
Le pieiniei effet du bain est sédatil. Le second est un mouvement de léaction. Lelle-ci s opère difficilement si le bain est prolongé; et cette dernière pratique, lorsqu’elle est habituelle, peut amener un affaiblissement notable., âlais lorsque le double effet sédatif ou de réaction est habilement ménagé, suivant les convenances du sujet, il en résulte une sédation des affections douloureuses ou éréthiques, et en même temps
une action tonique. Or telle est la véritable spécialité des eaux de Foncaude.
On voit quelquefois des manifestations cutanées, névralgiques, rhumatismales, reparaître, ou des transpirations générales ou partielles supprimées, se montrer de nouveau. Il y a donc là un élément thérapeutique important. C’est, du reste, surtout un traitement externe, et AL Bertin attribue très spécialement à l’action des bains sur la peau les effets thélapeutiques des eaux de Foncaude. A l’intérieur celles-ci déterminent quelques effets diurétiques : mais leur usage ne paraît pas en réalité très significatif.
Ces eaux ont été employées avec avantage dans des cas de névralgies, de sciatique en particulier, de rhumatisme, nerveux surtout, de gastralgie. Dans les affections utérines, avec excitabilité congestive ou névropathique, elles procurent de précieux résultats, sans doute fort comparables à ceux qu on obtient à Ussat, et qui ne sont pas assez recherchés des praticiens. Les propriétés des eaux de Foncaude sont utilisées dans les affections eczémateuses, dans bien des cas où les eaux sulfureuses seraient moins applicables. Nous pensons qu’elles conviennent surtout alors que la maladie est accidentelle, locale, plutôt que lorsqu’elle est la manifestation d’une diathèse particulière. Lorsqu’il ne faut que modifier la peau ellemême dans sa constitution et dans ses habitudes par une médication douce, graduelle, qui doive la ramener par une action substitutive, sagement ménagée, à son fonctionnement normal, cette médication a sa véritable raison d’être, bien plusalors que les eaux sulfureuses, dont l’action, plus vive et j)lus j)rofonde à la fois, est souvent difficile à diriger et à maîtriser.
FONGA.
FO^T’IRGUE (France^ Ariége, arrond. de Pamiers ). Altitude, 30/i mètres.
Bicarbonatée calcique. Tenipér. , 20° centigr.
Eau : un litre.
Lit.
Acide carbonique . . . 0,027
Azote . . 0,019
Oxygène . . . . o,004
Gram.
Carbonate de chaux . .. 1,1897
— de magnésie . 0,0115
Sulfate de magnésie . 0,0127
— de soude . 0,0012
— de chaux . 0,0333
(Chlorure de magnésium . 0,0017
— de calcium . 0,0036
Magnésie combinée avec la matière organique. . 0,0070
Matière organique ressemblant à Fulmine . 0,0352
Oxyde de fer et phosphate de chaux . 0,0077
Silice . 0,0024
Perte . 0,0071
(Faü.)
La source de Foiicirgue jaillit à la base d’une montagne calcaire, et son débit est très abondant. Il existe un établissement dans leciuel ou administre des bains après avoir chauffé artificiellement l’eau minérale. Il est fréquenté exclusivement par les gens du département et par ceux des départements voisins.
Les eaux de Foncirgue paraissent devoir s’appliquer spécialement aux dérangements fonctionnels des organes digestifs ou de l’appareil de la génération, surtout chez les individus névropathiques. Il nous paraît
difficile de leur attribuer une grande efficacité dans le traitement
maladies cutanées, des diarrhées
opiniâtres, des
fistules avec car
comme on le trouve indiqué dans
le Manuel des
eaux minérales
M. Pâtissier.
FOlVGA (Toscane). Près d’Empoii, dans le val di
Eisa.
Bicarbonatée calcique. ’Fempér. ,
17° centigr.
Eau : 1 6 onces.
Eau : un litre.
Carbonate de chaux .
— de soude . . . .
Chlorure de calcium .
— de sodium .
Sulfate de chaux .
— de soude .
Coiic. cub.
(Giüly. )
FONTAINE-BONNELEAU OU FONTAINE-SOUS-UATEAU. F«ivsawiie (France, Gard, arrond. du Vigan).
Sulfurée ? Tempér. , 20° à 25° cenligr.
Une analyse déjà ancienne (1818), faite par Deinorey-Deîellre, assigne à cette eau minérale de la silice, du carbonate de soude, du chlorure de sodium, des sullatesde soude et de magnésie, de la matière organique et ! une grande quantité d acide sullhydrique. Le travail de ce chimiste mériterait d être refait au point de vue de la proportion des sels dissous dans
1 eau , d autant plus que cette station est assez fréquentée par les malades.
Il existe à Fonsanche un établissement thermal composé de seize baignoires et d un appareil à douches (1850). Les maladies que l’on y traite
sont les névi algies rhumatismales, les affections catarrhales chroniques et cutanées.
La souice de Fonsanche est internuttente [voy. Intermittence des sources].
FOî^TAII^ES ARDEI^^TES OU DE FEE. Voy. HYDROGÈNES CAR¬ BONÉS.
FOI\’TAI\'E-ROI%Jl\EEEAE OU FO?liTAIME-SOES-CATEAE (France, Oise, arrond. de Clermont.) Près de Grèvecœur.
! Berrugineuse bicarbonatée. Froide. (9° à 10° centigr.)
Trois sources, Lapostelle, Vallot et Lauenot, peu différentes entre elles par la somme de leurs principes minéraüsaîeurs.
Voici la composition de l’eau de la première :
Eau : un litre.
Bicarbonate de chaux . . q 357
™ de magnésie . o!l40
Chlorures de sodium et de magnésium . 0,011
Sulfates de soude et de chaux . iQ(j( légers
Crénate et apocrénate de fer . 0,063
— — de manganèse . très sensibl.
Silice, alumine, évalués., . 0 005
Sels de potasse et d’ammoniaque . . . . . ^ ^
Phosphate . j
Acides carbonique et sulfurique . | 0,040
Matière organique . J
. traces
(O. Henry, 1858.)
Le débit des trois sources est estimé à 400 000 ou 650 000 litres par jour.
Ces eaux sont utilisées seulement en boisson, et dans la plupart des cas qui réclament l’emploi des ferrugineux. On en transporte un certain nombre de bouteilles.