‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicaleChapitre 44 sur 259 · ALIMENTAIRE ^RÉGIME · texte numérisé non relu

ALIMENTAIRE ^RÉGIME

que analogie avec les eaux sulfurées calciques delà France, el peut-être tout l’acide sulfhydrique n’est-il pas à l’état de liberté, ainsi que l’indique le chimiste qui l’a analysée.

ALmE:^T4lRE (KégîiMe). ExislG-t-il des Conditions particulières de régime qui soient commandées par l’usage d’un traitement thermal ? voici ce que nous avons à considérer dans cet article.il règne effective ment près de la plupart des établissements thermaux en France, et surtout en Allemagne, certaines doctrines tendant à faire considérer les acides de toute espèce, acides végétaux et acides minéraux, comme contraires à l’action des eaux minérales, et par suite, comme devant être absolument proscrits pendant l’administration d’un traitement thermal. Cette règle de diététique, qui s’applique spécialement à l’usage des fruits, règne d’une façon assez tyrannique sur le public qui fréquente les établissements thermaux, et sur la plupart des médecins qui dirigent ces derniers; mais elle présente beaucoup plus les caractères d'un usage traditionnel que d’une déduction scientifique. Ilarement formulée, voici sur quelles raisons nous l’avons vue s’appuyer dans quelques écrits.

Les eaux minérales étant en général alcalines, et en particulier à base sodique, l’usage des acides doit les décomposer, les dénaturer, et par suite, changer le mode d’action qui leur appartient. Celte proscription des acides s’étend ici au vin, dans une autre localité au lait; ailleurs elle prend des allures vraiment superstitieuses, et poursuit impitoyablement la présence d’un peu de vinaigre, ou de citron, dans un assaisonnement, dans une glace. .. .

Il paraît difficile d’attribuer un caractère un peu scientifique à une question diététique posée dans de pareils termes.

Que les eaux minérales soient la plupart alcalineSj et qu’il importe de conserver aussi intactes que possible les qualités chimiques sous lesquelles elles pénètrent dans l’économie, nous n’avons aucune raison de le contester. Mais ce dont il est permis de douter, c’est l’influence que tel régime alimentaire pourrait exercer sur les qualités que nous venons d’énonceri

Il est vrai que l’usage de la plupart des eaux minérales alcalines, à des degrés divers, détermine les urines à l’état neutre et quelquefois alcalin-[voy. Urine]. Il ne faut pas voir là un phénomène de saturation alcaline de l’économie [voy. Saturation], mais un simple phénomène d’ÉLiMiNATTON [voy. ce mol], sans négliger raction des bains journaliers et d’une boisson aqueuse abondante, lesquels suffisent parfaitement pour rendre l’urine neutre.

Mais entre la pénétration d’une boisson alcaline dans l’économie ou par l’absorption cuianée, et l’appanlion d’urines neutres ou alcalines, nous

Ai;iMENTAIRË (HÉGIME), g,

ignorons parfaitement ce qui se passe, et sous quelles conditions se comportent les principes chimiques introduits dans l’économie. Keprésenter sous une forme quelconque la poursuite et la destruction de ces principes par les acides introduits avec les aliments, les boissons ou autrement, ne peut être qu’une pure hypothèse. Mais cette hypothèse ellememe paraît pécher par la base.

^^œiiier, Berzelius, Millon, noos ont appris que les sels neutres pro« doits par la combinaison des acides végétaux avec la potasse et la soude subissent, une lois introduits dans l’économie, une décomposition dont le résultat est que l’alcali s’échappe par Turine à l’état de carbonate, de sorte qu’après un abondant usage de ces sels, l’urine devient assez alcaline pour faire effervescence avec les acides. Voilà pourquoi, suivant

Berzelius, ilarrive très fréquemment quel’urine devient fortement alcaline

après qu’on a mangé beaucoupdecertains fruits, telsque pommes, cerises, fraises, groseilles, etc., parce que ces fruits contiennent des citrates, des maiatec) potassiques, que la vie décompose. Cette circonstance explique un fait constaté par rexpérience, c’est que l’usage prolongé de ces fruits fournit un moyen efficace contre les calculs et les graviers d’acide urique [Ti enté de chimie). Quant au vin, lorsqu’on le mêle avec une eau bicarbonatée sodique, celle de Vichy, par exemple, il arrive ce qui suit : la matière colorante du vin verdit sous l’influence des sels alcalins; la matière astringente se combine avec le fer de i’eau minérale, et une portion de

I acide carbonique de cette dernière cède la place aux acides du vin, tartiique, malique, et citrique, et fait des tartrates, des malates, des acétates. Nous parlons ici du mélange du vin avec une eau bicarbonatée sodique. Mais ce n’est généralement pas aux repas que ces eaux som prises, au moins près des stations thermales elles-même.s.

Nous avons dû nous arrêter un peu longuement sur celte question des acides, à cause de la place qu’on lui a faite dans la diététique thermale. Abordons maintenant les véritables principes qu’il convient d’assigner à celle-ci. Une simple formule les renfermera tous. C’est que le régime doit être accommodé a la consiitution et à l’état morbide de xeux qui piemient les eaux minérales ; en d’autres termes, c’est que le traitement thermal n’apporte pas de changement essentiel au régime qui se trouvait précédemment indiqué. Nous n’avons à ajouter à cela que quelques courtes observations.

Un des effets habituels des eaux minérales est d’augmenter l’appétit,

II va sans dire que le régime doit être simple, haliituellement substantiel : aussi celui des tables d’hôte chargées de mets înuiiipliés et composés, souvent peu réparateur, est-il généralement détestable. L’obligation de s y soumettre, à laquelle se trouvent astreints la plupart des malades,

A].LKUHEILlGE^.

e.si cei'iaiiR'ineîil une circoiitilaiicc [aciieuse, el (jui pciil nuire dans une certaine inesuie aux elTels du traitement. Près des eaux qui agissent comme excitantes, telles que les eaux sulfurées et les bicarbonatées sodiques fortes, qui ne purgent point et constipent quelquefois, un régime rafraîchissant, les fruits rouges en particulier, conviennent dans le plus grand nombre des cas. Près des eaux purgatives, ou dont la première action est dépressive, comme la plupart des eaux chlorurées sodiques ou sulfatées sodiques de l’Allemagne (Hombourg, Wiesbaden, Kissingen, Karlsbad, etc.), il faut s’abstenir, au contraire, des fruits, et suivre une alimentation sèche et réparatrice sévèrement dirigée, (leci donne la raison de la prescription systématique des fruits près des thermes allemands : mais c’est à cause de l’action physiologique de ces eaux, et non à cause de leur constitution chimique, et c’est à tort que l’on a généralisé ces règles en France, où les eaux purgatives sont en fort petit nombre.

ALiiECiiREXZA (Toscaiie, comm. del Montagno).

Carbonatée mixte. Tempér., 15“ cent.

Eau : i6 onces. Eau : un litre.

Grains.

Gram.

Carbonate de chaux .

— de soude .

Chlorure de sodium .

Pouces cubes.

Cent, culies.

Acide carbonique .

(Giuly.)

Cette source exhale une odeur hépatique qui la fait considérer comme sulfureuse froide, d’où il résulte que son analyse laisse beaucoup à désirer sous tous les rapports.

AELEHAGAE. L’Allemagne est amplement douée au point de vue des , eaux minérales de toute nature. La plupart des contrées où elles jaillissent en tirent une grande prospérité, due à leur renom médical et aussi à la remarquable entente de leur exploitation. Présenter ici ui) tableau ne comprenant même que les plus importantes de ces sources, ce serait s’engager dans une entreprise rendue presque impraticable par le manque de documents précis et concordants sur la topographie, et principalement sur la composition chimique de beaucoup d’entre elles.

Il nous setnble plus avantageux de réunir dans des articles distincts ce qui concerne chacune des divisions de la Confédération germanique à ce sujet, indépendamment des développements consacrés aux stations thermales les plus importantes [voy. Autriche, Bavière, Nassau (duché de), Prusse, Saxe, AVürtemberg].

ALEERllElLKiJEA (Suisse, caijtou de Soleure). A 8 bilomèlrcs de Soleure; à 1360 pieds au-dessus du niveau de la mer. Bains nommés aussi de Tüiis-les-Sainls et Baektelé.

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