APOPLEXIE
L’acide apocrénique est brun, peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’alcool absolu et surtout dans une dissolution d’acide crénique. Sa saveur est astringente et rappelle tout à fait celle des matières extractives proprement dites ; il forme avec l’ammoniaque, la potasse, la soude, la chaux, la magnésie, des combinaisons insolubles. L’apocrénale de protoxyde de fer est soluble dans l’eau, caractère qui le distingue de l’apocrénate de sesquioxyde de fer, sel peu soluble.
Voici comment on arrive à déceler l’acide apocrénique dans les eaux minérales ou dans leurs dépôts naturels.
Le résidu ou le dépôt de l’eau est dissous dans un acide (l’acide chlorhydrique), afin d’en isoler la silice; on sature les solutions par un peu de carbonate de potasse et l’on fait bouillir avec une petite quantité d’acide acétique. Le mélange filtré est additionné d’acétate de cuivre neutre qui précipite de l’apocrénate de cuivre, sel très peu soluble.
L’acide apocrénique est représenté dans les analyses, tantôt à l’état de liberté, tantôt à l’état d’apocrénate de fer.
L’acide apocrénique possède-t-il, comme semblent l’admettre beaucoup de chimistes modernes, une dilfusion très grande? Tel n’est pas notre avis. Pour découvrir cet acide, on a indiqué de faire bouillir les eaux minérales avec une solution de potasse caustique ; or ne peut- il se faire que sous l’influence de cet alcali, les matières organiques se transforment d’abord en acide crénique, puis en acide apocrénique ? C’est pour obvier à cet inconvénient que nous avons conseillé d’employer le carbonate de soude qui réagit d’une manière moins profonde, et qui décompose aussi bien les apocrénates insolubles que la potasse et la soude caustiques. Nous avons été conduits à faire celte modification à la suite d’essais tentés avec des dépôts d’eaux minérales ferrugineuses dans lesquels on avait indiqué l’existence d’un apocrénate; mais un examen attentif nous a montré qu’il n’en était rien.
APOCRÉXÏQLlE (Acide). Voy. ApOCRÉNATES.
AFOnATERiEM , autrement dit spoliatorium. On appelait ainsi la première .salle des thermes ou bains publics, chez les Romains, dans laquelle on se déshabillait, et où des valets nommés capsm^ii gardaient les vêtements. Pline le jeune (liv. V, ép, 6) est le seul écrivain romain qui fasse mention de cette salle.
APOPLEXIE. Il ne peut être question ici que des suites de l’apoplexie, c’est-à-dire de la paralysie du mouvement et du sentiment que l’apoplexie laisse si souvent après elle. Ce n’est donc pas d’un traitement de l’apoplexie qu’il s’agit précisément, mais d’un traitement de la paralysie [voy. Paralysie]. Cependant, comme la persistance d’une paralysie {hémiplégie) à la suite d’une apoplexie suppose toujours l’existence d’une
apoplexib:.
lésion organique quelconque dans les cenlres nerveux, on peut se demander si en meme temps que l’on adresse le traitement iliermal à la paralysie, on peut attribuer à ce même traitement quelque action sur l’état organique de l’encéphale lui-même.
La forme d’apoplexie aux suites de laquelle les eaux minérales sont le mieux applicables est celle qui est due à une hémorrhagie cérébrale. Les phénomènes spontanés de réparation du foyer hémorrhagique peuvent-ils être atteints par le traitement thermal ? Il n’est guère possible de résoudre une pareille question. Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’il nous paraît vraisemblable que la résorption du caillot hémorrhagique peut être facilitée et hâtée par l’intervention d’un iraiicment thermal approprié. [Voy. Ramollissement cérébral.]
Ceci conduit à l’examen de celte question : A quelle époque convientil d’appliquer le traitement thermal? On a généralement exprimé qu’il convenait de l’appliquer à une époque plutôt éloignée de l’apoplexie, c’est-à-dire à une époque où le symptôme paralysie se trouvât à peu près dégagé de sa cause anatomique, sous peine de réveiller les accidents organiques dont l’apoplexie avait été la manifestation. Cependant i\J. Régnault, médecin inspecteur de Bourbon-l’Archambault, déclare au contraire que, dans les hémorrhagies apoplectiques, le traitement est d’autant plus efficace qu’il est appliqué à une époque plus rapprochée de l’apoplexie. Il doit effectivement en être ainsi, puisque ce traitement est employé précisément à l’époque où le retour des fonctions abolies s’opère naturellement avec le plus de facilité. Mais il faut savoir si l’amélioration obtenue par les hémiplégiques, ou si leur guérison est, sous l’influence des eaux, plus rapide et plus complète; ce fait est implicitement exprimé d’une manière affirmative dans la proposition émise par M. Régnault; et en efl'et il y a tout lieu de croire qu’il "en est ainsi. Mais cela ne suffit pas; il s’agit encore de savoir s’il n’y a pas des inconvénients ou des dangers à employer le traitement thermal h une époque très rapprochée de l’apoplexie, c’est-à-dire aussitôt que le malade est en état de le supporter. Or M. Régnault assure qu’il n’a jamais vu d'accidents suivre cette pratique.
Sans nous prononcer sur les termes de cette question d’opportunité, fort difficile à juger si elle se trouve ainsi posée, nous croyons pouvoir présenter la proposition suivante comme base de la conduite à tenir en pareille circonstance : Le traitement thermal est indiqué lorsqu’à la suite d’une apoplexie, la marche des symptômes annonce que la lésion cérébrale est en voie de retour ou de réparation.
Si l’on attend, en effet, pour commencer le traitement thermal, que la maladie soit entrée dans la période de retour, qui nous paraît seule se
prêter à son emploi, on se préserve d’appliquer un traitement, toujours plus ou moins perturbateur, pendant cette première période des apoplexies, encore pleine de périls, où il importe de ne point troubler les premiers efforts réparateurs de l’organisme, et où les accidents et complications qui peuvent survenir réclament des moyens prompts, énergiques, et auxquels les eaux minérales ne sauraient suppléer. Combien peut durer cette période? Il est impossible de le fixer par des chiffres. Il est des individus chez qui la maladie prend avec une grande rapidité cette direction que nous exigeons; d’autres chez qui elle tarde à se décider.
Quant aux moyens à prendre et aux eaux minérales à employer, nous l’étudierons à l’article Paralysie ; car c’est spécialement la paralysie que l’on a alors en vue de traiter.
BAiiT^ÉAiRES. Oii Comprend sous le nom générique d’appareils balnéaires tous engins et instruments servant à l’administration des eaux sui les lieux d emploi, tels que cuves , vases ou baignoires pour bains totaux, ou partiels, ou locaux; bâches et engins pour douches diverses, pour bains et douches de vapeur, pour l’inhalation. [Pour les détails relatifs aux appareils balnéaires, voy. les mots Bains. Baignoire.
Balnéothérapie. Douches. Étuves. Inhalation. Injection. Vapeurs.]
APPEXZELL (Suisse). A 710 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Carbonatée magnésique. Tempér. ?
Près du bourg d’Appenzell, dans la partie des Rhodes intérieures du
canton du même nom, se trouvent des bains ainsi appelés Unterbad ou Dorfbad,
Eau : une livre. Eau : un litre.
Pouc. oub. Cfint. riib
Acide carbonique . 2,30
Grains.
Carbonate de magnésie . 2,60
— de chaux . 1,00
Matière extractive . 0,60
Cette analyse est évidemment incomplète.
APPROPRIATIOI\i des eaux minérales. L’appropriation OU l’inslallalion thermale comprend toutes les dispositions propres à garantii-, dans les meilleures conditions, l’administration rationnelle et complète des eaux minérales sur les lieux d’emploi. Elle a donc dans son ressort la construction des thermes, la distribution intérieure des eaux, les bassins et appareils balnéaires. Elle constitue, dans son ensemble, la partie la plus importante, sans contredit, de l’aménagement des eaux minérales ;
Gram.
(SüLZER.)
car elle louche le plus immédiatement à tous les détails pratiques de l’hydrothérapie minérale. Le médecin, le rhimiste, l’ingénieur, l’architecte, y ont chacun leur part d’action bien déterminée. Au médecin, assisté du chimiste, l’indication formulée, le programme des conditions médicales à remplir à la buvette, au bain, à la piscine, aux étuves, aux douches diverses, à l’inhalation ; à l’ingénieur, les aqueducs et conduites» de distribution, les appareils hydrauliques et balnéaires. Du concert de l’ingénieur et de l’architecte doivent résulter la composition et la distribution des thermes, mises en rapport avec le programme médical. Enfin, à l’architecte, la construction proprement dite.
C’est à ce concours, h ce contrôle mutuel et combiné, que nous devons les quelques bons établissements thermaux, trop rares encore, qui se voient en France. Ils présentent des avantages et des garanties de succès trop incontestables pour qu’ils ne se généralisent pas. Trop longternpschez nous, et, il faut le dire, à l’étranger, l’édification des thermes a été délaissée à des constructeurs d’un mérite souvent reconnu, mais peu
soucieux ou ignorants des conditions médicales, physiques et chimiques qui étaient à remplir. Il est donc nécessaire, si l’on ne veut pas ajouter à tant d’insuccès et de fautes regrettables, que, dans l’appropriation des eaux, chacun et tous, médecin, ingénieur et architecte, prennent la place, jouent le rôle qui leur est indiqué par le but à atteindre et par la spécialité de leurs connaissances et de leurs attributions respectives.
Quelque complexe que puisse être la diversité des eaux minérales et de leur application, la marche que nous indiquons aura pour résultat de formuler, au profit de la bonne et saine appropriation de nos thermes, des règles générales qui pourront servir de jalons et réduire les écarts.
Dans ces dernières années, quelques hommes de volonté ont cherché à imprimer cette marche aux travaux d’amélioration de nos établissements. Leurs efforts, dans ce sens, sont loin d’être stériles. Plusieurs de nos bains (Luchon, thermes militaires d’Amélie, Vichy, Mont-Dore, Néris, Luxeuil, Bagnères-de-Bigorre, etc.), quoique entachés encore de certaines lacunes et imperfections, présentent, sous le rapport de l’appropriation thermale, de nombreux détails à étudier et des exemples à suivre. On y trouvera des indications utiles sur les détails de l’appropriation thermale, tels que coordonnance, distribution, dimensions, chauilage, ventilation, éclairage des parties intégrantes des thermes (bain, piscines, douches, étuves, etc.); distribution des eaux; bassins et appareils balnéaires.
xNous avons parlé de la nécessité de lormuler les règles générales de l’appropriation des thermes, afin d’arriver plus certainetnent à l’instal-
lation de constructions thermales mises en rapport avec les besoins de la pratic[ue medicale. Les anciens nous fournissent, sous ce rapport un exemple à suivre. L’étude comparée des constructions et subslructions thermales de l’époque gallo-romaine témoigne et met en évidence que leurs fondateurs ont suivi, dans l’appropriation, des règles générales en harmonie avec les mœurs et avec les institutions sociales de l’époque, et néanmoins subordonnées pour chaque nature d’eau et pour chaque localité aux besoins médicaux, comme aux ressources en matériaux de construction. Presque partout où la température propre des eaux le permettait, on voit les sources réunies dans des bassins de recette, auprès desquels sont installées les étuves et quelquefois des douches. Puis à l aval des etuves ou des bassins de recette, les piscines successives dans l’ordre de la hiérarchie sociale. Ainsi, à l’amont et ex œquo, les piscines ornées des patriciens et des dames, puis celles des plébéiens et soldats, enfin, celles des esclaves, toutes successivement alimentées, soit par un même courant, concurremment avec des prises spéciales, soit par des prises particulières, selon l’abondance des eaux.
Le moyen âge a utilisé tels quels les thermes des anciens qui avaient résisté à la réaction antipaïenne, aux injures du temps et à la dévastation des barbares. Toutefois, dans cette période, on avait installé sur plusieurs points , près des piscines , le bain de famille , grande baignoii e de trois à six places, ainsi que la douche rudimentaire percutante,, et surtout la douche de lotion. Cette modification dans l’appropiiation theimale s explique par les changements dans les mœurs et les institutions sociales, et par la prédominance des affections de la peau et des plaies.
Dans les bains dont la fondation date des xvir et xviii® siècles, on voit le bain de famille et la douche se multiplier ; puis la grande baignoire de deux et quelquefois trois places ; enfin, la baignoire simple, qui commence à prédominer, dans la seconde moitié du xviir siècle, sur la piscine et sur le bain de famille. Dans la période des xviu et xviir siècles, on a continué à faire jouer, dans l’appropriation thermale, un rôle important à la buée de vapeur dans les locaux balnéaires dont les voûtes sont, dans ce but, presque toujours déprimées et surbaissées. Mais, à mesure que l’on s’éloignait de la piscine et du bain de famille, pour faire prédominer la baignoire, et surtout le cabinet de bain, on a relevé les voûtes des locaux et l’on a moins attribué à la buée de vapeur.
Ce mouvement dans l’appropriation thermale a été souvent exagéré et irréfléchi. De même que la piscine tend à reprendre de l’importance là où elle peut être appropriée dans de bonnes conditions d’alimentation et
ARACHAN OU ARASSAN.
(le propreté, de méioe il y a retour rationnel vers le bain à voûte déprimée et à buée de vapeur régularisée par la ventilalion.
Le bain partiel, les bains de pieds et de siège; le bain avec douches variées, avec douches locales mobiles et d’injeciion ; les douches spéciales ; la douche froide en pluie ; les bains et douches de vapeur, prennent une importance de plus en plus marquée dans rhydrolhérapie minérale, et par suite, une place de plus en plus intéressante dans Tappropriation thermale.
Enfin, dans ces dernières années, on voit se développer l’applicalion, à la douche, au humage ou inspiration, à l’inhalation, des vapeurs spontanées ou forcées d’eau minérale. Aussi les locaux propres à ces modes de traitement tendent à se multiplier dans nos thermes et à compter dans les moyens d’appropriation intérieure.
Plus récemment, nous voyons les bains et douches d’acide cai bonique, depuis quelque temps installés chez nos voisins d’Allemagne, et en essai chez nous, soulever l’attention générale et chercher à se faire une place dans nos thermes. Un mouvement analogue tend à se produire à l’égard de l’inhalation de l’eau minérale à un étal d’extrême division par des moyens mécaniques qui se perfectionnent chaque jour. Pn'ous ajouterons que l’immersion et la douche froides, qui constituent ce que l’on appelle vulgairement l’hydrothérapie, commencent à prendre rang dans (juelques-unsde nos établissements thermaux, pour se combiner dans des cas déterminés avec le traitement hydro-minéral proprement dit. En un mot, l’appropriation générale de nos thermes, dont nous venons d’esquisser très sommairement l’exposé historique, subit aujourd’hui l’influence de l’hydrologie d’outre-Rhin, et tend à se diversifier par l’assimilation d’éléments nouveaux. Elle aura, dès aujourd’hui, selon la nature des eaux, à compter avec la grande diversité des douches chaudes et froides ; avec l’immersion à tous ses degrés; avec les bains et douches, ainsi que l’inhalation, soit de vapeurs spontanées ou froides, soit de l’eau divisée, soit enfin de l’acide carbonique pur , ou associé à la vapeur d’eau minérale.
Nous dépasserions les limites de cet exposé sommaire, si nous allions au delà des indications qui précèdent. Les détails qui se rapportent à l’appropriation de chacune des parties des thermes trouveront leur place aux articles spéciaux, aux mois Bahns. Cabiin'et. Douches. Étuves. Carbonique (acide). Inhalation. Vapeurs, etc.
AfjUARiUM. Grand réservoir disposé au milieu ou au dehors de l’édifice des thermes l omains et destiné à fournir l’eau pour les divers bains.
ARABES (Bainis chez les). ^ oy. BaINS.
ARAC'UAA OU ARASSAA (Asie ceulrale). Sources cltducles, iiuii-
ARANZARRI.
quées coiuine sulfureuses par Hnrnboldt, à l’est du lac Alakiogonl. Arachan {eaux bénites) est d’ailleurs le nom que les Mongols donnent à toutes les eaux minérales et thermales.
(Espagne, province d’Alava , district de Vitoria). 850 pieds au-dessus du niveau de la mer, au milieu de hautes moïKagnes. Sulfurée calcique. Tempér. , 12", 5 cent.
On y trouve également une source ferrugineuse. Localité peu fréquentée.
Eau: une livre. Eau: 1000 grammes.
Gaz sulfhydrique . . . .
Gaz acide carbonique .
Carbonate de chaux .
— de magnésie .
Sulfate de chaux .
— de magnésie .
Chlorure de sodium .
— de magnésium .
Pnuc. cul).
Grains.
G ram.
(José Laveria y Basaez.)
L’interprétation théorique indiquée par M. Laveria y Basaez, à l’eau de celte source, ne nous paraît pas très rationnelle; il est plutôt à croire que l’acide sulfhydrique n’est pas entièrement à l’état de liberté, et qu’une partie a formé du sulfure de calcium. L’eau minérale d’Aramayona aurait alors quelque analogie avec l’eau d’Enghien.
ARA]\GON (Transylvanie, prov. de même nom).
Ferrugineuse bicarbonatée . Tempér., 12" cent.
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Grains. Gram.
Carbonate de chaux .
— de soude .
— de fer .
Chlorure de calcium . . .
— de sodium .
Acide silicique .
Pouc. cub.
Cent. cub.
Gaz acide carbonique .
(Pataki.)
ARAIMZARRI (B^spagne, prov. de Guipuzcoa, près d’Arechavaleta). Sulfurée calcique. Froide.
D’après M. Sanchez de Toca, cette eau contiendrait : hydrogène sulfuré, A^‘^,37 par litre.
Les bains se prennent dans une large piscine de pierre. Ils passent pour très sédatifs.