ARCACHON
La station marine d’Arcachon offre, indépendamment de sa situation géographique et climatique, les circonstances suivantes : mer paisible, à peu près dépourvue de lames, acquérant facilement une température sensiblement supérieure à celle qui baigne les côtes de la Bretagne et de la Normandie; littoral abrité par des dunes élevées et plantées de vastes sapinières.
Le bain de mer se présente donc ici dans des circonstances très particulières, et très différentes de celles qui lui appartiennent près de la plupart de nos stations marines. Là le bain de mer, par sa température habituellement basse, par son agitation, représente autant une action hydrothérapique qu’un bain minéral et médicamenteux. Sa durée est forcément très courte, et son efficacité est en raison de la réaction qui s opère à sa suite. En outre la température assez variable, l’agitation presque toujours considérable de l’atmosphère, la situation découverte de la plupart des plages, créent des conditions hygiéniques auxquelles il existe quelquefois des contre-indications formelles. A Arcachon, au contraire, la mer tiède et à peine agitée constitue un bain médicamenteux qu’il est presque toujours possible de prolonger, et qui n’entraîne pas nécessairement ces mouvements violents de l’organisme dont la solution exige une réaction complète. En outre, la situation du rivage, à l’abri d élévations couronnées de plantations résineuses, assure à l’atmosphère une tranquillité et une égalité inconnues dans la plupart des autres stations, outre les qualités spéciales qu’y peuvent ajouter les émanations balsamiques dont elle est imprégnée.
Aussi la station d’Arcachon peut-elle s’accommoder à bien des conditions de constitution ou de maladie, auxquelles d’autres stations marines ne pourraient convenir. Il semble que si le voisinage de la mer doive dans quelques circonstances être salutaire aux phthisiques, c’est à Arcachon, du moins si nous ne tenons compte que du littoral français, que ceux-ci trouveront les conditions les plus salutaires et les plus inoffensives à la fois. M. Pereyra assure avoir vu effectivement la constitution générale et les symptômes spéciaux de phthisiques à différents degrés, subir de profondes modifications sous l’influence du séjour à Arcachon, et d’un traitement dont l’inhalation de l’air marin et des émanations résineuses faisait les frais principaux. Le même auteur a reconnu que ce même séjour est remarquablement toléré dans les affections organiques du cœur [Des bains de mer d' Arcachon; de t'influence des bo7'ds de ce bassin sur les tuberc. pulmon. et les malad. du cœur, 1853). On pourra consulter encore sur ce sujet un mémoire du docteur Pouget, inséré dans {'Union médicale (février et mars 1855), sous le titre suivant : De Vinfluence et de V action de Vatmosph. maritime dans le traitern. prophyl . et curatif de. la phthisie pulmon, tuberculeuse .
112 AKCHITECTIUK THERMALE.
ARCHk:\a (Espagne, province de Murcie, juridiction de Mula). Sulfurée et chlorurée sodique. Temp. , 52°, 5 cent. Source abondante.
Eau : une livre.
Eau: iOOO gram.
Grains.
Cent. cub.
Gaz acide carbonique.. . ,
— sulfhydrique. . .
Grains.
Gram .
Chlorure de sodium ....
— de magnésium .
Sulfate de soude .
— de chaux .
Acide silicique .
Sulfure de sodium . .
(Nicolas Sanchez de las Matas.)
Ces eaux jouissent d’une très ancienne renommée dans le traitement des affections syphilitiques. Elles s’emploient en boisson, bains et étuves. Il y a un établissement assez fréquenté, lequel, après avoir appartenu à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, relève dans ses dépendances de l’État et de propriétés particulières. On y trouve des vestiges d’exploitation romaine et mauresque.
ARCHITECTURE THERMAUE. Le rôle de l’arcliitecte dans les constructions thermales a un haut degré d’importance. Après avoir, de concert avec l’ingénieur, d’après le programme médical, coordonné, distribué les locaux destinés à l’administration des eaux, gaz et vapeurs, tout en tenant compte des conditions requises pour la buée, pour l’éclairage, pour le chauffage et la ventilation, il doit se préoccuper du choix, toujours difficile, des matériaux de construction au point de vue de la solidité et surtout de la durée
La grande peinture murale de la salle d’attente des thermes de Ludion, qui représente la médecine recevant les indications de la chimie et de l’hydraulique, pour les traduire à l’architecture, résume un enseignement profond, qui devrait faire règle pour l’avenir.
Les anciens nous ont laissé des données très précieuses comme ordonnance générale de locaux et sous le rapport du choix et de l’emploi des matériaux de construction. Les moins défectueux de nos établissements ont dû leur faire des emprunts, qui, toutes les fois qu’ils ont été faits avec mesure, ont été profitables [Aix, Mont-Dore^ Ludion^ Amélie^ Vernet, etc.).
Si, dans le plus grand nombre de nos bains, l’administration des eaux est en souffrance, si elle ne répond ni à la valeur curative des sources, ni aux besoins des traitements qui y sont pratiqués, cela tient presque toujours à ce que la construction en a été faite, soit par les propriétaires,
ARCHITECTUHE THERMALE. US
soit par drs architectes agissant en dehors de rindication chimique et médicale, sans se préoccuper des conditions réclamées par la convenance et la destination ,
Il serait désirable que radministraiion supérieure qui autorise l’exploitation des source; minérales, qui est représentée sur les lieux d’emj ploi par un médecin délégué, put mettre en action la peinture murale des thermes de Ludion, et n’autoriser aucune construction thermale qui ne serait pas étudiée d’après un programme médical fourni par le médecin délégué. L’administration, par ses conseils techniques spéciaux, ferait préalablement examiner et contrôler les programmes médicaux et les projets qui en découleraient. Il n’est pas douteux qu’une telle mesure, alors qu’elle n’aurait pas un caractère rigoureusement officiel, rendrait d’importants services aux propriétaires des sources et à la santé publique.
Elle permettrait de rattacher les constructions thermales aux données fournies par les meilleurs types anciens et modernes, ainsi qu’aux règles d’une appropriation intérieure, mise en rapport avec la nature et la spécialité des eaux, avec les besoins thérapeutiques à remplir. Elle imprimerait ainsi unité et généralité de vues, et provoquerait rapidement des résultats intéressants pour le progrès de l’architecture thermale.
>i’arrive t-il pas que bien souvent nos bains sont édifiés par des hommes qui n’ont pas vu, qui ne savent pas, et qui ne sont pas dirigés, parce qu’autour d’eux on n’a pas vu, on ne sait pas davantage ? Or si les vues et les études de ces hommes pouvaient être l’objet d’un contrôle bienveillant et éclairé de conseillers compétents, que d’erreurs écartées, que de dépenses improductives seraient évitées ! et en même temps que de bien-être et d’améliorations réelles rapidement introduits dans l’hydrothérapie minérale !
Les règles de l’architecture thermale dérivent immédiatement de celles de l’appropriation. Si les anciens ont eu leur architecture thermale nettement formulée (nous faisons ici allusion moins aux thermes si splendides des grands centres de population qu’aux constructions édifiées sur les sources minérales pour l’usage particulier de ces eaux), c’est qu’ils avaient pi ofondément étudié les besoins à remplir, et qu’ils se sont toujours, et avant tout, préoccupés des conditions de convenance et de destination.
8î nous voulons arriver au même résultat, nous devons nous inspirer des mêmes vues, étudier attentivement le fonctionnement de chacune des parties intégrantes de nos thermes et nous pénétrer des besoins à remplir.
L’étendue de ce travail ne nous permet pas d’y concentrer toutes les
Dicr. DES Eaux mixëk. — T, î, §
Iti AMCHAVÂLETA.
liulicalions îiére''Saires p un' la foriiuiii; dvs l)ases do rarchilociure iherluaio. r,(*s iîîdioalious se (rouveroiil produilos dans les articles spéciaux à chacun dos modes d’application ou d’administration des eaux minérales. [Voy. Blvette. g mua et de Bain. Douche. Éi'UVES. Inhalation. Matériaux. VAPiu ns. ViNTtLAriON. etc.]
AltCIP®!§sSt>( roscane). Bourg, à SOkilom, de Grosseto. Deux sources. Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér. , 16" cent, et 24° cent.
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Griiiiis. CTtam.
r Sulfate de chaux . 1,066 ~ 0,104
Chlorure de sodium . 0,266 — 0,026
Carbonate de chaux . 1,599 = 0,157
de fer. .......... 0,799 = 0.077
Pouc. culi. Ceiii, nilj.
Acide carbonique . 1,066 = 38,2
Gratis. Giain,
2° Carbonate de fer . 1.066 == 0,104
— de magnésie . 0,533 = 0,050
de sovuie . 0,266 = 0,026
Chlorure de mugnésium . 0,266 = 0,026
Pouc. ciib. Cent. ciib.
Acide carbonique . 1,006 ==; 38,2
Hydrogène sulfuré . traces tiaccs
(Giüli.)
Ces eaux jaiüissent d’une roche irachytique; on les emploie à titre de médication tonique.
AI5ECIIAV.%LETA (Espagne, prov. de Guipuzcoa, district de Vergana). Sur la frontière de France. Plusieurs sources très voisines. Sulfatée calcique. Temjiér. , 17°, 5 cent.
Eau : tine livre. Eau : 1000 grammes.
Gaz acide sulfhydrique. .
— carbonique .
Sulfate de chaux .
Carbonate de cbaux .
— de magnésie .
Chlorure de sodium .
— de magnésium .
— de calcium .
Acide siliclque .
Pouc. ciib.
Cent, ctib
Grains.
Gram,
(Li.etgilt et Masahnau.)
il V a un établissement sidïisammenl installé.