ATMOSPHÈRE THERMALE
Il nous paraît difficile de faire la part de l’acide carbonique, bien que la quantité qu’exhalent certaines sources carbonatées, chlorurées sodiques surtout, soit énorme. i)J. Bouquet a calculé que les sources des bains de Yichy, fort éparses, il est vrai, fournissaient par vingt-quatre heures environ 3123 kilogrammes de gaz acide carbonique répandu dans l’atmosphère. Malgré la pesanteur de ce gaz, les courants d’air le disséminent sans doute assez rapidement pour que l’influence ne s’en fasse pas facilement sentir. Nous ne connaissons aucune observation, faite sur la santé ou sur les sensations des personnes vivant auprès des sources de ce genre, qui nous permette d’attribuer quelque elï’el appréciable à la présence de
l’acide carbonique dans l’air qui les environne.
Quant aux sources sulfureuses, il n’en est pas de meme. Les décompositions immédiates que les sulfures sodiques ou calciques subissent par suite du contact de l’air ont pour résultat un dégagement d’hydrogène suliuré, lequel se trouve en rapport, non pas avec le degré de sulfuration de l’eau minérale, mais avec son degré d’altérabilité, variable lui-même suivant sa propre constitution. Près des sources froides, cette atmosphère thermale ne se compose que d’hydrogène sulfuré et d’azote ou d’acide carbonique. Près des sources chaudes, elle présente un mélange de gaz et de vapeur d’eau, et lorsque la température est très élevée, et qu’il y a un bouillonnement dû au dégagement de l’azote eide l’acide carbonique, nul doute que ces vapeurs ne contiennent en même temps la plupart au moins des principes contenus dans l’eau minérale.
Aussi l’inhalation que l’on fait à l’entour des sources sulfurées nous paraît-elle la meilleure que l’on puisse faire : on y trouve les avantages de l’étuve, c’est-à-dire de la combinaison des vapeurs avec le gaz hydro¬
gène sulfuré, sans ses inconvénients, et s’il est impossible de doser les principes inhalés, celle inhalation peut elle- même être graduée en se rapprochant plus ou moins de la source.
Celle inhalation n’est cependant pas toujours praticable. Les sources sulfureuses sont en général protégées soigneusement contre tout contact avec l’atmosphère, et jiar cotiséquent contre toute approche, afin qu’elles puissent arriver aussi intactes que possible aux bains et aux buvettes. Mais là où il existe des sources multiples, comme à Luchon, Cauterels, Ax, etc., nous croyons qu’il serait utile d’en consacrer une ou plusieurs à ce mode d’inhalation, que nous croyons préférable à tous les appareils.
Nous en dirons autant des sources chlorurées sodiques chaudes. Là l’entraînement favorisé par le bouillonnement excessif des sources chargées d’acide carbonique, fournit des vapeurs très minéralisées. Les Allemands recommandent beaucoup l’inhalalion spontanée près de ces thermes, ou dans les salles d’évaporation des salines. C’est à celle inhalation des