ATMOSPHÈRE THERMALE
vapeurs marines, ou mieux encore de la |)oussière marine soulevée par les vents, que l’on doit attribuer une grande partie des elîets obtenus par le séjour au bord de la mer [voy. Air marin]. Nous pouvons mentionner encore les conditions atmosphériques particulières que certaines stations thermales empruntent au voisinage de plantations et de forêts résineuses.
La présence, dans la vapeur spontanée d’eau minérale, d’éléments fixes, minéraux et organiques, en outre des éléments gazeux, est un fait actuellement hors de doute, bien qu’il n’ait pas encore été l’objet de publications spéciales et développées. En 1854 et 1855 il a donné lieu à des communications faites à la Société (ï hydrologie médicale de Paris par MM. O. Henry et Petit pour les eaux de Vichy, et par MM. O. Henry et Lhéritier pour celles de Plombières. Les premiers de ces observateurs avaient constaté la présence de matières organiques indurées dans l’eau condensée de la vapeur spontanée de la Grande- Grille. Les autres avaient observé, aux étuves du bain impérial de Plombières, le fait du transport de la matière organique et d’éléments fixes contenus dans l’eau minérale par la vapeur spontanée de l’eau même.
Des faits du même ordre, parfaitement accusés, ont été, depuis 1840, l’objet d’observations réitérées, de la part de M. Jules François, aux galeries souterraines de recherche des eaux de Ludion et de Cauterets.
Dans ces stations, les sources minérales sont captées à la roche au moyen de tunnels approfondis dans les berges de la vallée. Os tunnels sont fermés par des portes pleines qui séparent l’atmosphère intérieure de l’air extérieur. Dès que cet air accuse une température basse, voisine du zéro, la surface intérieure des portes se recouvre d’amas mamelonnés de substance glaireuse d’un aspect entièrement semblable à celui de la matière organique des eaux. Ces amas ne se rencontrent que sur les joints des portes, sur les fissures du bois, là où l’accès ou l’impression du froid peut avoir lieu. A l’époque des chaleurs le phénomène disparaît; on n’observe plus à l’intérieur des portes que des pellicules entièrement semblables à la barégine desséchée.
Ce phénomène est d’autant plus marqué que la buée de vapeur d’eau minérale est plus intense à l’intérieur des galeries. Il y a là, et l’observation directe l’indique et le confirme, un fait de dépôt de la matière organique et d’éléments fixes contenus dans la vapeur spontanée de l’eau minérale, produit par la condensation de cette vapeur, sous l’intluence de l’air froid extérieur,
A Cauterets (galeries de César) dont les eaux sont très riches en barégine, ce phénomène se produit sur une échelle si accusée, que l’on peut recueillir en peu de temps, sur la face intérieure de la porte des galeries