CHEMINS ANGLAIS
Great-Western 80:,800
Manchester, Birmingham ;;^2nn
Londres, Birmingham 'lO^MO
Newcaslle, Carlisie ?:^,000
Bristol, Exeter S'^.OOO
CHEMINS ALLEVANPS.
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rTUSSe o.g ^gQ
Les chemins anglais coûtent généralement un peu pins que les chemins français. Cela tient surtout à ce qu ils sont forcés d'acheter la dispense du parlement qui coûte
' Eii .Allemagne, le bas prix tient à ce que les çheniiiis sont à une seule voie, que le trafic est -peu considérable et les travaux d'art peu importants.
Matériel roulant, — Il se compose du matériel à voyageurs des fourgons, wagons-écurie et des trucs ou wagons à plate-forme découverte. Les wagons se distinguent des voitures ordinaires en ce qu'ils ont au moins quatre roues ; les essieux sont parallèles et les roues sont calées dessus ; les essieux tournent dans des boites fixées sur les ressorts qui supportent la voiture. Le wagon se compose de deux parties, du train et de la caisse ; celle-ci est portée sur le train ; sa disposition varie suivant le genre do transport auquel elle est destinée. Le train se compose d'un cMssis en charpente, formé de quatre pièces formant un rectangle, reliées par une croix de Saint-André et deux traverses. Ce châssis repose sur les ressorts de suspension sur lesquels sont fixées les boites à ji-aisse dans lesquelles tournent les essieux. Les châssis portent en outre des appareils destinés à relier entre eux les wagons; ce sont les attelages et les tampons ; ils sont munis de ressorts pour adoucir les chocs. Ces appareils ont reçu une foule de modifications qu'il est impossible de décrire ici. Nous nous bornerons à indiquer le rôle que joue chacune des pièces du train. Les ressorts du châssis sont appelés ressorts de choc ou de traction; leur fonction est la suivante : quand un train se met en marche, le ressort s'aplatit et le deuxième wagon n'est entraîné par le premier que quand la tension du ressort a atteint une certaine limite; de cette façon, le démarrage se fait graduellement et presque sans choc ; dans l'arrêt, le fait inverse a lieu^ les tampons du deuxième wagon viennent presser ceux du premier, et le ressort se tend. Il est maiiitcna en son milieu par une tige de traction. On a ïinployé pour tampon de choc des ressorts en caoutchouc ; I mais le résultat a été assez mauvais, et on a dû y re- ' jioncer généralement.
Les ressorts de suspension sont construits comme les ressorts de voiture; ils sont portés sur la boite à graisse. Le graissage des wagous est un des éléments les plus importants pour la conservation et l'entretien du matérifl ; aussi a-t-on cherché à le perfectionner autant que possible. Le mode le plus parfait est le graissage à lliiiile.' Toutefois il peut arriver que par suite d'un échaiilTciiient excessif, celle-ci devienne trop fluide et ne di niiiire plus interposée entre les surfaces dont elle est il.'^iiiiée à adoucir le frottement. Dans ce cas il pour- ]"iit y avoir grippement, élévation de température et danger de rupture de l'essieu. C'est pour obvier à cet inconvénient qu'on place dans un compartiment supérieiir de la graisse qui, parvient à l'essieu par des trous ordinairement bouchés par de l'alliage fusible, mais rendus libres par la fusion de celui-ci. Les wagons sont réunis les uns aux autres par des tendeurs i vis destinés i éviter les chocs au démarrage, en tendant constamment les ressorts. Deux chaînes de sûreté sont attachées aux châssis et les réunissent pour remplacer le tendeur en cas de rupture.
Les essieux sont en fer forgé ; les extrémités (fusées) sont tournées ave.c soin ; c'est sur elles que repose la boîte à graisse.
Les roues sont en fer ou en fonte. Les roues en fer sont seules employées pour le m.atéricl à voyageurs; le moyeu de la roue est souvent fait en fonte coulée après l'assemblage des rails.
Les trains, sauf quelques modifications, sont toujours
(iimposés des éléments décrits plus haut. Les caisses,
an contraire, varient beaucoup suivant l'usage auquel
elles sont destinées.
On distinguo les wagons à voyageurs et le inalériel
des marchandises qui comprend trois types de voitures : 1° Le wagon fermé, pour les marchandises de grande valeur qui peuvent s'avarier ou qui sont soumises aux droits de douane;
2° Le wagon à hausse servant au transpoit des mai?chandises en baril ou en sac (farines, liquides);
3- Les wagons à plate-forme pour les pierres, charbons, fers, etc.
Il y a encore des wagons spéciaux pour les bestiaux, les bois, les houilles, le lait, les chevaux, etc.
Le matériel des voyageurs et le matériel des marchandises sont différents à plusieurs loinls de vue. Dans le tra n des wagous à marchandises, les ressorts de choc manquent généralement; on se borne aux ressorts de traction ; il faut aussi faire en sorte que le matériel des voyageurs soit assez lourd pour offrir par lui-même une grande stabilité. Les wagons à marchandises, au contraire, doivent être aussi légers que possible, pour diminuer je poids mort que doit remorquer la machine. Le peu de stabilité qu'ils offrent à vide est, du reste, un inconvénient peu important à cause de la faible vitesse des trains de marchandises. Les voitures à voyageurs pèsent à peu près 5500 kil. ; celles à marchandises ne dépassent pas 3 500 kil. . .
Les voitures à voyageurs américaines ditlerent aes voitures adoptées en Europe ; elles sont très-longues, reposent sur deux trains de quatre roues chacun, et sont élargies au-dessus des roues ; elles contiennent des bancs de deux personnes placées de chaque côté. On peut circuler au milieu du wagon. A chaque extrémité se trouve une plate-forme permettant aux voyageurs de passer d un wagon à l'autre.
Moteurs. — Machines locomotives. — Les locomotives sont des machines à vapeur avec tous leurs accessoires, montées sur un chariot placé à la tête du train (voyez Locomoti\e). . 1 . „
La chaudière est portée sur le châssis sur lequels appuie aussi le mécanisme. La vapeur agit sur les pistons et leur communique un mouvement de va-et-vient, qui, par l'intermédiaire des bielles, transmet h l'essieu moteur un mouvement de rotation. Cette rotation détermine la marche de la machine, pourvu qu'il existe entre les rails et les roues «ne atihérence assez forte. Cette adhérence dépend du poids de la machine, et surtout de la charge de l'essieu moteur.
Le poids énorme qu'on est conduit à donner aux locomotives pour obtenir la force nécessaire au remorquage des trains, permet d'avoir une adhérence beaucoup plus forte que telle qui est nécessaire pour vaincre la cciMtance au roulement qu'opposent les voitures à remor-
Il y a plusieurs types de locomotives. Chaque chemin de fer en a un certain nombre qu'il serait trop long d'énumérer. On peut diviser les machines locomotives en trois classes : , ■ o„ i„,
1° Les machines à vovapeurs, crrande vitesse; 2 les machines mixtes; 3» les i.Kiehine. i marchandises.
l- Les machines à grand, n ite-se s.uit presque toujours du système Crampton, h deux ruias motrices de i mètres à 2",'20 de diamètre. Le mécanisme est extérieur. Les cylindres sont vers le milieu de la machine.
2° Machines mixtes destinées à remorquer les trains de voyageurs à petite vitesse ; elle a quatre roues motrices couplées. Les cylindres sont tantôt intérieurs, tantôt extérieurs. L'adhérence dans ces machines est plus forte que dans celles qui n'ont qu'un essieu moteur, puis- (lu'elle est produite par la charge de deux essieux.
3° Machines à marchandises, à six roues couplées. Les cylindres, dans ces machines, sont presque toujours à l'intérieur et les essieux coudés; il serait très-difficile d'accoupler les huit essieux en laissant le mécanisme moteur à l'extérieur. Toutes ces machines sont i six roues; depuis quelques années, on a employé des niacliines à huit et dix roués. Ces dernières sont celles d'Engerth; elles ont huit essieux moteurs et peuvent rcmonpier des charges très-considérables.
Il y a encore un quatrième type de machines qui portent leur Icnder ou magasin d'approvisionnement en eau et charbon, lequel est ordinairement distinct de la locomotive ; ce sont les locomotives tcnder, machines do gare quelques-unes font le service de la banlieue au chemin de fer de SaintGermain et de Versailles.
Puissance des machines. — Elle dépend de la quantité de vapeur qu'une machine peut dépenser dans un temps donné, par conséquent de la surface de chauffe. Voici les surfaces de cliaufle de quelques machines.
CHE
CHE
VOTAGEOB
Nord "4,12
Lyon 86,50
Cfampton (Nord) 102,56
Greal-Western (Angl.). n8,"D0
Great-Norlhern 213,24
Lvon 96,58
Creuzot 123,»4
Engerth 147,72
— (à 6 voues couplées) 196,39
i On compte, en moyenne, que la chaudière produit 30 k1l. de vapeur par heure et par mètre caiTé de surface de chauffe. On peut aller jusqu'à 100 kil. Les machines développent un travail soutenu de 250 à 300 chevaux. Cette puissance est énorme sous un aussi petit volume ; cela tient à la rapidité de vaporisation qu'on peut obtenir à l'aide du tirage produit par la vapeur.
Les résistances que les machines ont à vaincre se composent de la résistance au roulement des voitures qu'elles remorquent, et de la résistance de l'air. C'est généralement cette dernière qui l'emporte. Les machines locomotives ne consomment que 2 kil. de coke par cheval et par heure ; c'est moins que la plupart des machines fixes.
Exécution des chemins de fer en France (législation et statistique). — L'État concède l'exécution et l'exploitation d'une ligne de chemin de fer à une compagnie. Quand un chemin de fer doit être exécuté, la compagnie adresse une demande à l'empereur qui ordonne une enquête pour que les populations donnent leur avis sur le tracé indiqué par le conseil des ponts et chaussées. L'emperenr donne la concession du chemin de fer par un décret. La compagnie obtient la concession du chemin de fer pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans. D'après la loi de 1842, l'État livrait à la compagnie les travaux de j la voie complètement terminés ; la compagnie n'avait à supporter que les frais d'achat et d'eutretieu du matériel et ceux de l'exploitation. C'est d'après ce système que la j ligne principale du Nord a été exécutée ; mais la compagnie a remboursé l'État. Cette loi a été abandonnée en 1845. Aujourd'hui, l'État accorde à la compagnie le droit d'établir et d'exploiter à ses frais lui certain nombre de kilomètres de chemin de fer; il n'intervient que pour approuver les travaux à faire, et pour exercer un contrôle sur le mode d'exploitation.
L'Etat se substitue la compagnie dans les droits qu'il lient de la loi. Celle-ci peut faire exproprier les terrains qui lui sont nécessaires.
La police du chemin de fer a été fixée d'une manière définitive par la loi de 1815, à la suite de l'accident de la ligne de Versailles (rive gauche).
Cette loi a établi le contrôle de l'État exercé par les ingénieurs des mines, des ponts et chaussées, et les inspecteurs commerciaux.
Le conti-ûle est centralisé par un ingénieur en chef (des mines ou des ponts et chaussées indifféremment).
Les ingénieurs des ponts et chaussées sont chargés de surveiller l'exécution de la voie, son entretien, et de s'assurer si le cahier des charges est suivi dans l'exécution et l'exploitation du chemin de fer. Les ingénieurs des mines s'occupent spécialement du matériel roulant et contrôlent l'exploitation technique. Les inspecteurs commerciaux s'occupent des tarifs de l'exploitation commerciale.
Les tarifs sont fixés par le cahier des charges qui impose un maximum. Le maximum est appliqué aux voyageurs, mais on ne l'atteint que pour un petit nombre de marchandises. Les tarifs ne peuvent être modifiés qu'avec l'autorisation du gouvernement.
Etat actuel des che?nins de fer. — L'exécution du réseau étant trop lente, si on le confiait à de petites compagnies, l'État les a fusionnées en six grandes compagnies auxquelles il a imposé l'achèvement des voies les moins' productives (loi du 3 avril 1S57). L'exécution de cette nouvelle partie du réseau pouvant entraîner des dépenses que l'exploitation ne couvrirait pas, l'État a garanti aux actionnaires, pendant cinquante ans pour ces nouvelles lignes, un minimum d'intérêt de 4 p. 100 et 0',fi5 p. 100 pour l'amortissement (Il juin i859). Chaque concession est divisée en deux réseaux, l'ancien réseau étant administré i part. Quand l'intérêt du capital de l'ancien réseau dépasse un certain taux, l'excès est destiné à couvrir les dépenses de l'État pour le nouveau réseau. Si cette combinaison permet aux compagnies de toucher un revenu de plus de .s p. KiOdu capital engagé, l'État partage l'excédant avec la compagnie. Telle est la loi qui régit les chemins de fer sous le rapport des finances.
En 1859, la France possédait au l«' février s "01 kilomètres exploités; il restait 7 651 kilomètres à construire.
On avait dépensé, au 31 décembre 1857, 3 milliards 6G0 millions; il restait a dépenser 2 milliards 50O millions pour l'achèvement du réseau. M — x.
Chemin de fer atmosphérique. — Chemin de fer dans lequel les convois, au lieu d'être traînés directement par une machine à vapeur, sont poussés par la pression de l'air sur un piston contenu dans un tube et en avant duquel est fait le vide au moyen de machines aspirantes.
La première idée de ce moyen de propulsion est due à un Anglais nommé Vallaiice, qui le conçut dès 1824 ; mais elle ne fut mise à exécution que beaucoup plus tard par MM. Clegg et Samuda, qui établirent un chemin atmosphérique de 2 722 mètres entre Kingstownet Dakley, en Irlande. Un chemin de for semblable a été établi sur une longueur de 2 500 mètres à l'extrémité du chemin de fer de Saint-Germain pour gravir la rampe qui conduit au plateau dans le parterre de Saint-Germain. Une différence de niveau de 51 "',50 est rachetée par une pente de I i150 mètres, d'immenses machines pneumatiques établies vers le haut de la rampe sont mises en mouvement
par des machines à vapeur et font le vide dans un tube
disposé entre les deux rails dans toute la longueur du
plan incliné. Notre gravure 525 représente une coupe
transversale de ce tube et
,.V'* la gravure 524 en donne
une coupe longitudinale
en même temps que du
jiistmi niolenr.
Ce piston se compose de
\ deux pistons proprement
' dits A cl B, réunis par
une même lige et pouvant
M! suppléer l'un l'autre;
ils sont garnis sur leur
pourtour d'une bande de
( iiir qui vii/iit s'appliquer
sur la paroi du tube et
fi-rmer d'autant plu» her-
nr. M'. méli<|unment que le vide
étant plus avancé A l'avant
du pjjton l'air qui est à l'aTièrc fuit plus d'effurt pour
s'échapper. Ces doux pistons sont fixés à l'extréuiilé d'un châssis long et étroit CC porté lui-même par une large jilaque de tôle qui vient s'attacher au premier wagon du train. Cette plaque sort néces-airemeut du tube ; aussi celui-ci est-il percé, dnu.s toute sa longueur, d'une fente que recouvre une soupape II régnant également dans toute la longueur du tube. Pour que cette soupape soit soulevée graduellement et donne passage à la plaque de tôle. Le chiissis porte di's galet-, mobiles !•", G de grandeur croissante de l'extrémité antérieure jusc|u'en son milieu, puis décroissaulo du milieu ik l'extrémité opposée qui porto un contre-poids servant en même temps de guide au pistou. Les machines pneumatiques ont 2°',53 de diamètre intérieur, 2 mètres de course et une vitesse de U'",10 par seconde. Elles aspirent 2 mètres cubes d'air par seconde et sont mises eu mouvement par quatre machines ii vapeur représentant ensouiblc une furco de lOil chevaux-vapeur et consommant environ 3000 kil. de charbon par vingtquatro heures. Lo feu y est coustnminent allumé, mais étouffé' dans l'intervallo du passage des convois ; un ventilateur & va|)cur lui doimu l'activité uéccssairo pendant
CHÉ
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les quelques minutes que dure l'ascension de chaque convoi, la pompe ne fonctionnant qu'au moment où le piston est accrochi; au wagon qu'il doit traîner. La vitesse obtenue régulièrement depuis l'ouverture du chemin atmosphérique, qui a eu lieu le 1 i avril 1847, varie, suivant la pesanteur du convoi, de 32 à 70 kil. par heure. La descente a lieu librement ou avec l'emploi des freins modérateurs.
Les frais d'établissement du chemin atmosphérique de Saint-Germain ont été de 1 800 000 francs par kilomètre. Les frais d'entretien journalier sont considérables ; aussi, malgré le succès relatif obtenu, ce système a-t-il été abandonné et est-il condamné sans retour. M. D.
CHÉMOSIS (Médecine), du grec rhdmâ^ enfoncement. — Ophthalmie dans laquelle l'afilux du sang ou des liquides a distendu le tissu cellulaire sous-muqueux de la conjonctive de manière à former tout autour de la cornée un bom'relet élevé plus ou moins rouge, qui la fait paraître comme dans un enfoncement. Le plus souvent, le chémosis est l'expression d'une inflammation intense; cependant il arrive quelquefois que celle-ci n'est pas trèsvive et que cet engorgement a quelque chose d'atonique tenant au relâchement des vaisseaux ; dans ce cas, la rougeur est peu prononcée, le chémosis offre un aspect mollasse et la résolution s'en fait très-bien par les astringents ; les antiphlogistiques conviennent plutôt dans le premier cas.
CHÈXE (Botanique), Quercus, Tourn.,de quer, beau, en celtique; eue;, arbre; l'arbre par excellence. Clwiie se disait anciennement qtiesne, de guei-nus, que l'on a dit en basse latinité pour quercus. — Genre de plantes type de la famille des Quercùiées, dans la classe des Amenlacées, de M. Brongniart, ou de la famille des Cupu/iféres, tribu des Cupuliffres-lypes^ section des Qiiercinées, d'après les divisions de M. Spach. Les chênes sout des arbres qui habitent principalement les régions tempérées de l'hémisphère boréal. Leurs feuilles sont alternes, stipulées. Les anciens croyaient que de tous les arbres le chêne naquit le premier; ils prétendaient, en outre, que, parmi les hommes, les Arcadiens éiaient nés les premiers ; aussi les comparaient-ils à cet arbre. — La Bible raconte que Josué écrivit les ordonnances et les préceptes de Dieudans le livre de la loi, qu'il prit une très-grande pierre et qu'il la mit sous un chêne placé dans le temple, afin qu'elle servît de témoignage an peuple des paroles qu'il venait d'entendre. On suppose que c'est de cette coutume des Hébreux que les païens adoptèrent celle de mettre aussi des arbres dans leurs temples. — On trouve dans la Fable que la plus fameuse forêt de chênes était celle de Dodone, en Ëpirc; les cliênes dont elle était composée étaient consacrés à Jupiter et rendaient dos oracles en produisant de certains sons interprétés par les Dodonides, ou prêtresses du temple de Jupiter, édifice somptueux élevé dans cette même forêt. — Sur le mont Lycée, en .\rcadie, était un temple de Jupiter avec une fontaine ; quand on désirait de la pluie, on espérait l'obtenir du dieu eu jetant dans la fontaine une branche de chêne. — Diodore de Sicile prétend que les chêripsdes monts Uéréens, en Sicile, étaient extra"iilii;;iii ir^iit grands et portaient des glands deux fois pii i - ,iic ceux des autres chênes. — Ce fut un chêne iiui c inui la vie au plus célèbre athlète de la Grèce, Milon de Crulouu. On raconte qu'ayant trouvé sur son chemin un vieux cliêne entr'ouvert par des coins qu'on y avait enfoncés à coups de hache et de marteau, il entreprit d'achever de le fendre avec ses mains ; mais, dans cet effort, il dégagea les coins, ses mains se trouvèrent prises et serrées par le ressort que formaient les deux parties de l'arbre qui se rejoignirent, de manière qu'il ne put se débarrasser et que les loups vinrent le dévorer. — On a longtemps montré dans le bois de Vincennes un chêne sous lequel saint Louis s'asseyait pour y écouter les plaintes ou les demandes de ses sujets et leur rendre justice. — En Angleterre, à un mille de Shrewsbury, est le C. roi/at [Hoi/at Oak), où, pour éviter les poursuites de ses ennemis, Charles II se tint caché. L'arbre a été depuis garanti par une muraille de briques. — Comme grosseur extraordinaire, on cite plusieurs individus. En Fi-anco, dans le déparlement de la Scine-lnférioure, nous avons le chêne-chapelle d'Allouville. Sa circonférence cstde 1 1 mètres environ au-dessus des racines ; à hauteur d'homme, elle eu mesure à peu près 'J, La partie intérieure détruite est transformée en une chapelle d'environ '.; mètres de diamètre, lambrissée et marbrée. L'image de la Vierge décore l'autel. Une porte grillée clêt cet humble sanctuaire. Son sommet, couroinié depuis bien des années et qui offre, au point où il se termine,
le diamètre d'un très-gros arbre, est couvert d'un toit ou pointe formant clocher, surmonté d'une croix de fer qui s'élève d'une manière pittoresque au milieu du feuillage. Ce magnifique végétal est âgé de 8 ou 9(10 ans. — Enfin, dans le blason, le chêne est l'emblème de la force et de la puissance. Cela vient sans doute de ce que la couronne civique accordée autrefois, lorsqu'on avait sauvé la vie d'un citoyen,- était de feuilles de chêne. Celui qui l'avait reçu jouissait alors à jamais de grands privilèges. Caractères du genre : tleurs monoïques ; les mâles en chatons grêles pendants; calice divisé en 4-8 segments; étamines en nomb^;p égal et saillantes. Les femelles ordinairement solitaires ; calice à 6 dents; ovaire à 3-6 loges renfermant chacune 2 ovules; style gros, court, conique; 3-5 stigmates; cupule munie d'écaillés ou d'épines; le fruit est un gland à une graine renfermée dans un testa mince et contenant un embryon composé presque entièrement de 2 cotylédons cohérents et rugueux.
Les espèces du chêne s'élèvent à peu près au nombre de 70 bien connues. Nous signalerons les plus importantes. Le C. pédoncule {Quercus pedunculata, Ehrh. ; Quercus
CHg
ruiur. Lin.), vulgairement chêu' ;/ clin, chnie
à gra/ipcs {firj. 526), se disfii; liment par
ses pédoncules fructifèrps très l< ailles briè-
vement pétiolées ou piesrpir -( ,;.^. C>m. l'espèce la plus commune et la plus i ,,| rian'' de nos forêts. Elle croît abondamment dan ilm |- moyenne et s'avance même jusqu'en SucJe. L' lIiluo pédoncule comprend plusieurs variétés qui dillèreut par leur port, leurs rameaux, et surtout psa- leur feuillage. Il peut vivre très-longtemps et atteindre de grandes dimensions. Le chêne-chapelle d'Allouville est de cette espèce. Lorsqu'il est dans une bonne terre franche et sableuse, son accroissement est assez rapide. A l'âge de cinq ans, il peut avoir déjà 3°',-30 de hauteur. Nous n'avons besoin, croyons-nous, que de passer très -légèrement sur les usages si nombreux et si bien connus de ce végétal précieux. Son bois est le meilleur de tous ceux que produisent les autres chênes indigènes. La menuiserie et même l'ébénisterie en tirent un grand parti, comme on sait. Comme combustible, il est inférieur au hois de hêtre. L'écorcc de cet arbre, désignée sous le nom de la/i, s'emploie pour le tannage des ciiii'S et sert ensuite ^ fabriquer des mottes. Lu médecine l'utilise aussi comme astringent. Enfin les glands qui ne sont pas employés pour le semis servent à la nourriture des porcs. Le C. ù r/lnnds doux [Q. escu/us, Mill.) est une espèce qui ne dépasse guèi'e 8 à 10 métrés de hauteur. Son écorce est rougeâtre. Ses fouilles sont d'un vert foncé en dessus et blanchâtres en dessous. Il habite l'Europe méridionale et l'.Vsic Mineure. Ses fruits, très gros, comparativement à ceux des autres espèces, peuvent être mangés bouillis ou nMis comme les marrons. On en extrait quelquefois une farine propre i faire du pain. Le C. hianc [Q. alba. Lin.) est un grand et bel arbre atteignant quelquefois jusqu'à 30 mètres. Son écorce est blanche, tachée de noir; ses feuilles sont sinuécs, pinnatilides. Aux États-Unis et généralement dans l'Amérique septentrionale, on emploie le bois de cet arbre, rougoàlrc, moius compacte que
CHE
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ceSui de nos espaces, dans la marine, le cliarronnage, la menuiserie. Le C. prin {Q. priniis. Lin.), àe piinos, nom que les Grecs donnaient à Vilex des Latins, est aussi un grand arbre des mêmes régions que le précédent. Il est remarquable par son port et s'élève quelquefois sans ramifications jusqu'à 15 ou 17 mètres. Ses feuilles sont grandes, obovales et présentent de larges dents sur leurs bords. Cette espèce habite les lieux marécageux. Le C. sessile {Quercus sessiliflora, Smith. ; Q. robur, Mill.) est appelé aussi Durlin^ Chêne rouvre, de robur, latinisé de rare, chêne en celtique {fig. 627). Par allusion à la dureté de sou bois, les Latins avaient exprimé la force, la
Fig. 5J7. - Chùne rouvre.
vigueur par ce même mot robur. Il se distingue principalement du précédent par ses feuilles pétioléos et ses pédoncules fructifères plus courts que les pétioles. Il a le bois moins compacte, moins tenace, et s'emploie aux mêmes usages que le C. pédoncule. Le C. noir {Q. nigra. Lin.), arbre de plus petite dimension, a les feuilles grandes, rétrécies dans le bas, glabres en dessus et cou- . vertes eu dessons d'un duvet léger de couleur ferrugineuse. Il donne un bon combustible aux États-Unis. Le C. rouge Q. rubra. Lin.) et le C. écarlate iQ. coccinea, Wangenh.) sont deux beaux arbres du Canada d'un très-bel effet dans les jardins paysagers à cause de leur feuillage qui, en automne, se colore d'un rouge plus ou moins vif. Le C. chevelu Q. cerris, Lin.), appelé aussi C. de Hourgogne, est une espèce indigène qui se distingue particulièrement par ses cupules munies d'écnilles linéaires, subulées, libres, recourbées en dehors et contournées dans leur moitié supérieure. Cet arbre habite de préférence les coteaux. Son bois est surtout estimé comme combustible. Ses glands sont doux et peuvent t-tre mangés, surtout dans les parties méridionales de l'Europe. Le C. à galles (Q. infeclorin, Oliv.) est un arbrisseau précieux pour la substance qu'il produit et qui provient de la piqûre d'un insecte liyménopière, du genre C'/uips (voyez ce mot); en un mot, c'est sur lui principalement qu'on recueille les noix de galle employées si souvent S cause de la grande quantité d'acide galliquo lit, de tannin qu'elles renferment. Cette espèce est trèscommune dans l'Asie Mineure. Le C. yeuse {Q. ilex, .Lin.) est un arbre également important pour l'ornement et pour le bois, l'écorcc et les fruits qu'il donne (voyez Yeusk). Pour le C. bullote, voyez Gland. Le C. liége .{Q. suber. Lin), arbre de lu région méditerranéenne, est celui qui fournit cette écorce si importante dans une /oulo d'usages et qu'on appelle liége (voyez ce mot). Le C. nu keniiéx {Q. cocrifera , Lin.), espèce des niêmcs localité» que la piécédenic, sort de refuge il un insecte fournissant une matière colorante rouge écarlate beaucoup employée autrefois, mai» aujourd'hui presque compléiomcnl remplacée par la cochenille (voyez KEniui;»,
Co'IlKMI.lB). G — s.
fJlKMiVIS (Botanique). — Voyez Ciianviik.
CIIKMLLR (/oologii), /ii i/w, de Pline. — On nomme ainsi plu» particulièrement les larvea des Inxerles lépidoptères sou» leur prcDiier élat, dopuib leur sorlie do
l'œuf jusqu'au moment où elles se changent en chrysalides (voyez ce mot). On appelle encore fausses chenil/es les larves de quelques hyménoptères. Le corps des chenilles est allongé, mou, divisé en douze anneaux mobiles, la tête non comiirise, et muni de neuf trous ou stigmates servant pour la respiration. Elles ont toutes six pattes écailleuses, dures, fixes et terminées en pointe et un nombre indéterminé de tubercules courts, membraneux qui leur servent aussi de moyens de transport et qne pour cela on a nommées pattes intermédiaires. Presque toujours elles n'ont que des yeux simples, et leur bouche est le plus souvent armée de mandibules et de m.ichoires assez puissantes; c'est ce qui explique les ravages qu'elles exercent et combien elles sont en général nuisibles à l'agriculture; cette organisation rend raison aussi d'un fait important , c'est que ces larves , très-petites d'abord , croissent quelquefois avec une grande rapidité, au point que quelques-unes d'entre elles acquièrent tout leur déve- . loppement dans l'espace d'une quinzaine de jours. Beaucoup de chenilles sont rases et de la couleur des plantes sur lesquelles elles vivent, de sorte qu'elles échappent souvent à la vue. Leur forme varie beaucoup ; la plupart sont demi-cylindriques; cependant il y en a de quadrangulaires comme celles de certains sfibinx. D'autres sont courtes, ovales : quelquefois elles ont la peau tuberculeuse, garnie de pointes cornées; d'autres fois, elles sont velues , ce qui leur a fait donner le nom de hérissonnes {fig. 52.S). Les poils qui les recouvrent sont en
FÎR. 528. — Cbonille du p-npillon grand paon de jour,
aigrettes, en faisceaux, en brosses et diversement colorés. Quelques chenilles vivent isolées; d'autres en société; il y en a qui fuient la lumière. La plupart se nourrissent de feuilles, et le plus souvent sur des plantes spéciales pour chaque espèce; elles sont en général très-voraces. Une des j)hases les plus curieuses de leur existence est la mue. A mesure qu'elles se développent, les chenilles ont besoin de changer de peau, afin que leurs parties puissent être contenues dans leurs téguments. Alors l'insecte se dépouille de toutes ses parties extérieures, et il en sort comme d'un fourreau. Cette opération, qui se renouvelle quelquefois jusqu'à huit ou neuf fois, lui fait éprouver une sorte de maladie pend;int laquelle il ne mange pas ; il se goiillc, sa )ieau éclate et il en sort par la fente qui en résulte, eu abandonnant sa dépouille. La chenille est alors dans un état de mollesse qui ne cesse que par sou exposition à l'air. Lorsqu'elle est couverte d'une nouvelle peau , ses couleurs sont plus fraîches et plus belles; quelquefois elle est tout à nùt dinVieutc de ce qu'elle était auparavant. L'insecte est toujours très-faible au sortir de chaque mue ; mais bientôt il rciuend di's aliments, son nccroisseiuent contiinie, et, après avoir passé par toutes les évolutions qui lui sont propres, il arrive enfin au dernier vêtement dont il d(!vra se dépouiller pour paraître sous uno autre forme (chrysalide) et devenir après cela un insecte parfait. C'est alors que chaque espèce de chenille a recours à des procédés iiarticuliers pour se prépaier àcettemélauiorphoso ; les unes, le ver à soie par exemple, se lUcnt
CHE
CHE
Fig. Ba9.— Chrysalide du papillon grand paon de jour.
des coques de soie où clips se renferment ponr subir leur transformation eu sûreté. D'autres s'en fabriquent de terre et de soie on de terre seulement. Quelques-unes vont se cacher sous terre, s'y changent en chrysalides et y restent jusqu'à ce qu'elles soient prêtes à paraître avec des ailes. 11 en est qui se retirent dans des trous de murs, dans des creux d'arbres, accolées à de petites branches où elles vont opérer leurs changements. Dans ces didérents endroits, les unes sîmt pendues en l'air, la tête en bas {fiij. 629) ; d'autres sont attachées contre des mnrs, etc. Lorsque le temps de la métamorphose approche, les chenilles quittent souvent les lieux où elles ont vécu ; elles cessent de prendre des aliments ; elles se vident; plusieurs changent totalement de couleur, et même celles-ci s'effacent complètement. Celles qui portent une corne sur le derrière présentent un phénomène singulier : elle était opaque, elle devient transparente.
La fécondité des insectes est prodigieuse ; aussi les dégâts que causent ces chenilles seraient bien plus grands si les fortes gelées d'hiver, et surtout les pluies froides du printemps, n'en faisaient pas mourir une partie; les oiseaux en détruisent aussi une grande quantité, et cependant on fait toujours à ces derniers une guerre incessante, malgré les enseignements des savants de tous les temps et de tous les pays. Voici, entre autres choses, ce qu'Olivier et Latreille écrivaient, il y a plus de cinquante ans : « Les oiseaux leur font (aux chenilles) continuellement la guerre ; ils en détruisent des quantités prodigieuses quand elles sont jeunes; elles sont un mets friand pour le rossignol, la fauvette, le pinson, etc. Le moineau surtout en détruit un très-qrand nombre pendant ses niche'es. » (Voyez Larve, Insectes, Chrysalide, MÉTAMORPHOSES, NïMPHE).
CHENILLETTE ou Chenille (Botanique), ScorpîKrws, Lin., du grec skorpios, etoîoYi, queue. Le fruit est articulé, contourné et donne ainsi la figure de la queue du scorpion. Le nom vulgaire vient de ce que la plante portant ces fruits bizarres semble couverte de chenilles. — Genre de plantes de la famille des Papitlonace'es, tribu des He'dysurées. 11 comprend quelques espèces habitant l'Europe méridionale. On les cultive quelquefois dans les jardins, plus pour la singularité de leurs fruits que pour leurs fleurs.
CHÉNOPODÉES ou CHiiNOPODiACÉES (Botanique). — Famille de plantes Dicotylédones apétales, que quelques auteurs désignent sous le nom OCAtriplicées (voyez ce mot). Elle a pour type le genre Chenopodium et fournit plusieurs plantes très-importantes pour l'économie. Les genres principaux sont : la Bette [Bêla, T.); VAnséri/ie (Chenopodium, Moq.) ; V Arrache [Atriplex, Gaertn.); VEpinard [Spinacia, T.); la Camphrée {Camphorosma, Lin.), etc. Un des meilleurs travaux qui existent sur ce groupe de plantes est dû à M. Moquin-Tandon et porte pour titre : Chenopodearum monographica enumeratio, Paris, 1840.
CHENOPODIUM, Moq. (Botanique), du grec chén, oie, et du génitif podos, pied. — Nom scientifique du genre Au.iérine {\oyfi ce mot).
CHftRAMKLIEB (liotanique). — Voyez CiccA. CHÉRIMOLIEU (Botanique). — Voyez Anone.
CHEHSITE (Zoologie), du çru-r ,./„.,>-„>.. ,],. terre ferme. — Nom donné aux tortues do ; toKTiiE).
CIIEUVIS iliotaniqucj. ~ t i n, - i oies appartenant au genre Berle {Siuni), il.n L. !.m iiMo des OmAe/liféres et désignée en botanique sous le nom de Siiim sisarum. Lin., altéré de dr/iser, eu arabe; ce mot signifie co)'o(/p. Elle porte aussi les noms vulgaires de Chironi ou Giroule. C'est une plante vivace à racines tubéreuses, fasciculées, cliariuies. Ses tiges sont cylindriques, atteignant quelquefois jusqu'à 1 mètre; ses feuilles sont pen-
li:ili-/0Oi'i' . !'■> 'Op.'rieureS à ;i SOgnimls nlilno^:-;, ai;;»'-,
st originaire do 1,1 liaoïo Anr. Coliios-longtemps.f ll< o:|.M |inol-|aoi- Toslon I.'iiX<|i 0''|,|,o,o.:
.In-
duit dans nos j:u il
de sa racine est I
M. Sacc, elle rou
toutes les autres racines alimentaires. Sa saveur est douce
et sucrée. Préparée en fritwe ou eu purée, cette racine
■i-vislul liilri)iiirc. La chair ineuse. Selon nutritifs que
constitue des mets délicieux ; en bouillie, elle possède des qualités très-analeptiques. Enfin le cliervis peut fournir de l'amidon, du sucre et de l'alcool. D'après les calculs de M. Sacc, cette plante aurait un rendement de 200000 kil. par hectare. G — s.
CIIÉTODON ou Cn.ETODON (Zoologie), Chœtodon.Ua., Artcd. , du grec chaïlé, crin, et orfoîii-, dent, dents comme des crins. — Genre de Poissons acanthojitéri/giens, éta,~ bli par Linné, formant une partie de la famille des. S'quammipennes de Cuvier ; ils ont le corps comprimé, à peu près ovale, elliptique, la queue courte et comme tronquée, les dents semblables aux crins d'une brosse; leur bouche est petite ; leurs nageoires dorsales sont anales, garnies d'écaillés semblables à celles du dos. Us habitent les mers des pays chauds et sont peints des plus belles couleurs ; aussi sont-ils très-recherchés des amateurs : ils fréquentent les rivages rocailleux ; leur chair est bonne à manger.
Parmi les espèces de ce genre, au nombre d'une soixantaine, une des plus intéressantes est le C. à bec (C. rostratus. Lin.), à museau long et grêle, ouvert seulement au bout, dents en fin velours plutôt qu'en soie. De Java. Sa chair est saine et do bon goût. Ce poisson, très-joli, est fort remarquable par ses moeurs ; il vit surtout de mouches et d'autres insectes terrestres, et pour les attraper, il use d'un curieux stratagème; lorsqu'il aperçoit une mouche, par exemple, sur une plante ou sur une pierre au bord de l'eau, il s'en approche, et à la distance quelquefois d'un mètre, il lance de l'eau sur elle avec tant de force, qu'il la fait tomber dans l'eau. Les gens riches de l'Inde nourrissent de ces poissons dans des vases pour se donner le plaisir de ce spectacle.
CHÉTOPODES (Zoologie), C/iœ/oporfa, de Blainv., du grec chaité, crin, soie, et pous, pieds. — Groupe iïAnnélides qui ont sur les côtés du corps de petits poils au moyen desquels ils se meuvent comme avec des pieds. Dans la méthode du Règne animal, ils correspondent aux deux ordres des Tubicoles et des Dorsibranche.i, et à la famille des Sétigères de l'ordre des Abranches.
CHÉTOPTÈRE ou CH,ETOPTisRE (Zoologie), Chœlopterus, Cuv. — Genre très-singulier à' Annélides dorsibranches, à bouche sans mâchoire ni trompe ; une lèvre avec deux petits tentacules; neuf paires de pieds, puis une paire de longs faisceaux soyeux comme deux ailes, d'où vient son nom, du grec chaïté, soie, pteron, aile ; le corps long et plus ou moins aplati. Ce sont des Annélides nageuses. Le C. à parchemin [C. pergameutaceus, Cuv.), des Antilles, a (i'",10 k 0"',26 de long, et le corps fort étroit. Cette espèce habite un tuyau de substance de parchemin. Le C.rfeiVoru!ej/e(C.«oct()ejMS,Sars), a été trouvé par M. Sars, auprès de Bergen en Norwc^ge ; M. Bouchard-Chantereaux l'a même rencontré à Boulogne-sur- Mer. Sa bouche est munie d'une paire d'antennes plus grandes que celles de l'espèce précédente.
CHEVAL (Zoologie), Equus, Lin. — Genre de Munimi/cres, ordre des Pachydermes, famille des Solipèdes, qu'il constitue à lui seul. Le nom de cheval, d'abord appliqué à l'animal auquel nous le donnons conmmnément, est devenu le nom générique de tous les animaux qui lui ressemblent par leur organisation, et on peut voir qu'en effet ils forment \m groupe très-naturel, mais très-isolé, qu'il est impossible de subdiviser ni do rattacher à aucun autre; on a la preuve de ce que nous avançons dans la place qu'il occupe dans la méthode du licgue animal, après les cochons, les rhinocéros-et les tapirs, et immédiatement avant l'ordre des Ruminants. Quoiqu'ils soient herbivores, les chevaux n'ont qu'un estomac; ils ne ruminent pas. Leurs pieds sont terminés par un seul doigt et un seul ongle {fig. 530). Us ont des molaires à couronne plate, au nombre de six de chaque côté, aux deux niàchoiros. Los trois preruiores tonilioiil ol s'Mit lvoi|>l,o-i'os;ily ahuil incisives
à ili.oph' liMor ; ru ;.oln\ ,lou\ cani-
oos rhiv. IrN ooilrs, (po' r.Mi liuiiM' aussi quelquefois chez los loiuollos dans lot. o>iio. o» pri\ces. Entre ces canines et la première molaire se trouve cet espace vide, nommé
(I) Fig. 530. — 1, avaiil-br.is. - 2, poigiiot ou carpe." — 3, canon ou mclacarpicn. —4, première phalange — 5, deuxième pUalaiige. — G, troisième phalange cuvcloppiSc dans le sabol.
Fiï.5rO(0.-Piûd
do divjiil d'u:i Solipode(Clieïal).
CHE
CHE
barrM nm répond à l'angle des livres où on place le mo,^ daSs les espèces domptées. Chez les animaux de ce S,n?eTs yeux sont grands, à fleur de tète, la pnp.lle a fafo^me «r^n carré long; ils ont une vue excellente. Leurs oreilles sont assez grandes, ils ont l'ouie délicate ; c'est peut-être leur meilleur sens. Leurs narines son très-mobiles; l'intervalle qui les sépare est nu ; ils ont l'odorat fin ; la langue est douce et la lèvre supérieure a une grande facilité de mouvement; ils boivent en humant Leur peau est couverte de poils doux et flexibles; le dessus du cou et la queue sont garnis de crins. Par leurs formes, leurs proportions, 'f "■•?, "\'î"r"|P"''', V^ donnent une idée de la force et de i'agilite ; ils ont le corps épais, la croupe arrondie, le poitrail large, des cuisses musculeuses, des jambes sèches et élevées une forte encolure, la tête un peu lourde, mais dont les traits expriment la douceur et la fierté le courage et la prudence Dans l'état de liberté, les chevaux vivent e^ troupes nombreuses, dans les pays de plaine; des chefs qui les dirigent sont toujours à leur tète, et ont sur eux une assez grande autorité. Lorsqu'il faut comb.tttre un ennemi, ils se réunisseut, se serrent les uns contre les autres pour doubler leur force par l'union ; c est surtout avec les pieds, et particulièrement ceux de derrière et avec leui^ dents qu'ils combattent et se défendent. Toutes les espèces du genre appartiennent à 1 Asie et â l Afrique • on n'en a trouvé aucun m en Amérique, m à la Nouvelle-Hollande; il parait qu'en Asie môme, ce sont les plaines de la Tartarie qui sont les contrées naturelles à ces animaux. Ce genre se divise naturellement eu sut
^^l» Le Cheval (Equus cnhallus, Lin.), qui se distingue parce qu'il a la queue garnie de crins dès sa racine; couleur uniforme. Noble compagnon de 1 homme, dit Cm itr, à la chasse, à la guerre, et dans les travaux de 1 agriculture des arts et du commerce ; c'est le plus important e le mieux soigné des animaux que nous avons soumis, li
rig. 531. — lé Cheval.
parait qu'il n'existe plus à l'état sauvage que dans les lieux où l'on a laissé en liberté des chevaux auparavant domestiques, comme en Tartarie, en Amérique. C'est dans cette dernière contrée surtout que leur nombre s est multiplié, à toi point qu'on les rencontre par troupes de dix mille iiidisidus ; mais ils ont perdu de leur taille, de leur élégance et de la beauté du pelage de leur souche primitive. Chose rcmaoïnablo 1 lorsque ces troupes aperoiveiit des chevaux domestiques, elles les appellent avec (■inpiessoincnl, en passant i leur portée autant que la prudence le leur permet, et, s'ils ne sont pas gardes avec Boi.i, ils s'enfuient et on tenterait en vain de les rattraper (F. Cuvicr). Les Américains du Sud s'emparent de ces chevaux sauvageti au me. yen île longues cordes terminées par une boule à chaque bout, qu'il» lancent avec beaucoup d'adresse, (il dan» laquelle ils le» enlacent.
La juinciil porte onze muis et met bas un seul poulain, qui lèlc six ou sept mois; on commeiico à les attacher et à le» panser ^ trois iiu» ; à quatre an», ou les monte et on le» fait travailler. L'Age du cheval m connaît surtout aux dent» incisives. Ci'lle» de lait poussent (ium?.u jours après la naissance; à ihux an» <t dunii, le» initoycnnCB»onl remplacées; à trois et demi, les dmix suivant«s; & quatre et Uoiuii, Un Uuiu ulrÈmus appclui;» lu»
coins. Toutes ces dents, à couronne d'abord creuse, perdent peu à peu cet enfoncement ; à sept ans et demi, huit ans, tous les creux sont effacés et le cheval ne marque plus. A trois ans et demi viennent les canines inférieures, les supérieures à quatre; elles restent pointues jusqu'à six; à dix, elles commencent i se déchausser. La durée de la vie du cheval ne dépasse pas trente ans. 2° Le Dzigguetai ou Hémionc {E. hemionus, Pall.). Queue avec des crins à son extrémité seulement ; une li.'ne dorsale qui s'élargit sur la croupe i voyez Hémione). 30" VAne [E. asmus, Lin.). Queue avec des crins à son extrémité seulement ; une ligue dorsale et une ou deux bandes eu croix sur les épaules (voyez AneU 4° Le Zeljre [E. zébra, Gni.).Des crins à l'extrémité de la queue; une licno dorsale, le reste du corps couvert de bandes transversales (voyez ZiiBBE). S" Le Couagya {E. quaccha, Gni.). Des crins à l'extrémité de la queue ; une ligne dorsale, des bandes transversales sur les épaules et sur le dos seulement (voyez Colagga). G" VOnagga om Daim (È. 7nontanus. Burchcll). Espèce connue depuis peu ; la queue blanche, des raies noires alternativement plus lar.'es et plus étroites sur la tète, le cou et le tronc (voyez Dviiw). Is. Geofi'. Saint-Hilaire a ajouté récemment deux nouvelles espèces, VHémippe et V Onagre; (vovcz ces mots, et Hippologie, Races).
Les débris fossile^i de chevaux se trouvent en grand nombre dans les couches d'alluvion qui renferment aussi des os d'éléphants, de rhinocéros, de tigres et d autres animaux étrangers à nos clini.its. .„„,„-
CHEVAL DOMESTIQUE (économie rurale et domestique) (voyez Hippologie, Races). - 0" c™sultera utilement le Uvre de la Ferme, Paris, 1802 ; Dezobry, Ferd. Tandon et C'', et V. Masson.
Cheval marin (Zoologie). —Voyez Mobse.
CuEVAL DE RiviÉnE (Zoologie). - Voyez Hippopotame. Cheval tigre (Zoologie). - Quelques-uns pensent que c'est la Girafe, d'antres le Zèbre.
CHEVALIER (Zoologie), Totanus, Cuv. — Sous-genre d'o"eaux échaàers tongirostres, appartenant ai. grand ture des Bécasses [Règne ««r,«a/). Dans la classification de Ch. Bonaparte, il fait partie de la famille des Sco/omndœ, tribu des Gatlinnceœ. ordre des Grallœ. Les chevaliers ont nu bec grêle, rond, pointu, ferme, 'f mandibule supérieure un peu arquée vers le bout, iK ont la tailk, lé-ère les iambes élevées, la palmure eMcrne bien niarqnée. Ce sont en général des oiseaux voyagturs, qui ne ^ônt que de paasafe dans les pays tempérés de Europe et de l'Amérique. Le^ principales espèces soi^t . 'e 0. a«-r pieds verts [Scolopax ghths, Lin.) ; c est le plus &ran l-l l nous ayons en France,- où il est assez rare; i est long de 0° ;i3 le C. noir, barge bnwe, do lîulïon (Scolopnx fu-<ca. Lin ),'svelte comme une barge ; le C. aux pxeds rouges oloàmbelteirringa gambctia, Gm.), plus petit que les l^Jc!Li.Ac.à%ngsp,eds(Tolanusstag^^^^^^^^^ stein); le Bécasseau (voyez ce mot ; la Gmgnelle {Trnaa Uypoleudws, Lin.), le pins petit de nos chevaliers il v t comme le bécasseau et dans les mêmes lieux. Ily a encore plusieurs chevaliers étrangers. .„ D.,,-0 CUEVALIEU (Zoologie), Eques Bl. - Goure de Po.^sons acunthoplérygiens. famille des -^"'•■''«"'«'„' 'f ^„<^°"verte d'écaillés jusqu'au bout du museau, t ents en velours; corps comprimé, :tllongé, deux dorsales ; ce sont de tri^s-beaux poissons (lui habitent les mers d Amérique. Le C. américain [E. auiencanus, RI ; Cl.aloihn anceo- Intus, Lin.), couleur d'un jaune d or, le dos brun, trou, bandes noires, bordées de blanc; aux Antilles, on apprlle Gentilhomme. Le C. pondue (h. pmctalus,SOm.) \\r corps rayé do noir ot de blanc. Il porte aux Antilles ,,, .,,, ,,,ij, ,. „„,u (lo Ur/»"", haleine. „ . .
( m \ \l I iiiMt,\T.M-l-riue). — Onappelleainsiun il 1,1 icriu.oi d.'^ Il ,,-iu.iiis dune fract'ure dans laquelle ils sont placés i coté l'un de l'autre parallèlomcnt, au lieu d'être bout i bout : c'est le déplacement suivant lu longueur; dans ce cas, il y a toujours raccourcissement du membre. Deux causes peuvent contribuer au chevauchoment ; dabord la forme de la f';n<:'"f'" '1 a pres<iuo toujours lieu dans les fractures dites en bec de fliile; la deuxième cause est l'action musculaire qni tend incessamment par la coutracti...i \P™' "."'« ^,:';3"': cissementde l'os, et par consé-iucnt i\ f;uro ^l'7«»Ç ?r le» fra-monts. Il est presque inutile de dire que lorsquU V a deux os ot que l'un des deux seul est fracturé, il n y i pas do chevauchemeut, l'autre servant ik maintenir le monibro dans sa longueur (voyez Fractuip).
CHEVfiCllE (Zoologie), i\m,(Ho, Savig. - Sous-gonro du grand genre aouW/e. fuinille des Oiseaux de proie
CHE
CHÈ
«nrturncs. Les oiseaux de ce sous-genre n'ont pas d' a,ige";!?e disque de plumes Péri-opU.laalmiques est mou.s complet que dans les autres groupes de cette fan .le , rappareil auriculaire est presque comme dans les autres ,i?eaux Quelques espèces ont une lo"g"« J«"« ^i'^^t On les nomme Clumeties éperviers {Swnia, Dum.). La C commune {Strix passerina, Gm ), de 'a grosseur d un uierle, plumage varié de noir et de blanc queue roux foncé, courte, avec cinq barres P^!'^^- E"^ ."^^^^^^lifièès les masures écartées, dans le^■•"'"^^ '^''"'; rs et nônd abandonnés. Elle niche dans les veux ^^^ « « Pond ninirc ou cinq œufs ronds et blancs. A 1 automne, eue s'àpp.^che qùelv-efois des maisous, se pose sur les to.ts et mit ente'ndre un cri lugubre quj est la terreur des gens superstitieux. Elle voit Pend^^'>tleJO"r beaucoup mieux que les autres chouettes. La C. harfang (S «y ■ TeamT^ environ 0",65 de longueur ; son plumage blanc de ue ge est marqué de taches transversales brunes, qui d spaTatsent avec l'âge. Cet oiseau hab.te es pays septentrionaux de l'Europe et de l'Amérique ; on ne 11. trouve plus guère au midi de la Suède. Il s'avance raremeindansnos contrées, et il fait la chasse aux hevres, aux lapins, aux gelinottes, etc.
CHEVELU (Botanique). - On donne le nom de chevelu aux dernières ramifications des racines, qui hnissent, eu devenant de plus en plus petites, par des espèces de fils ou fibril/es. Dans les racines indivises, vers le bout, la surface est souvent toute couverte de ces ibiUles: quelquefois elles paraissent seules constituer la racine ; d'autres fois, au contraire, elle en est complètement dépourvue. L'existence des fibrilles est temporaire-, e les se llétrissent sur les parties vieillies de la racine, et il s'en produit de nouvelles vers les extrémités plus jeunes. C'est à l'extrémité de ce chevelu que s'exerce le plus activement l'une des principales fonctions des racines, e passage des liquides de la terre environnante dans la plante. Les expériences les plus concluantes ont prouve que l'absorption a lieu par l'extrémité des radicelles et non par leurs surfaces latérales : eu effet, cette extrémité est formée de cellules récemment organisées, molles perméables et gonfiées de sucs ou dissolutions aqueuses ; l'épiderme ne les recouvre pas encore, et elles Dlon^eiit dans les dissolutions aqueuses, beaucoup moins denses, que renferme la terre. Cette absorption s explique par Vendosmose (voyez ce mot). Dutrochet a donne ce nom à une force qui fait passer à travers les membranes organisées, les liquides différents qui baignent chacune de leurs faces. .
CHEVÈÏRE, CiiEVESTEE ou Capistre (Médecine). — On désigne sous ce nom un bandage employé pour maintenir réduites les fractures et les luxations de la mâchoire inférieure. Ce bandage, assez embarrassant à appliquer, se déplace facilement; aussi lui préfere-t-on n-énéralement la fronde du »;c/i/on.
CHEVEUX (Anatomie, Physiologie, Hygiène), cnpilli, des Latins. — On appelle ainsi les poils qui recouvrent le crâne dans l'espèce humaine. Leur longueur varie beaucoup : en général, ils sont plus longs chez la femme (luo chez l'homme ; ceux qui frisent et qu'on nomme crépus, sont toujours courts. Leurs couleurs présententdcs différences non moins tranchées : noii-s, blonds et mémo r„u\ dans nos climats, ou présentant des nuances intermédiaires, telles que le brun, le châtain ; ils sont en général iioiis dans le Midi et blonds dans le Nord. Les cheveux ■ i.i H:m,. l',.|.a,-..n.- dr la peau, de l'intérieur ,lr 1.1,1. Il", h- iMiniinr., /niticules in/eux; ûn sont coi.ii.ns, s d. drux couci.c, l'uiic suporlicielle, plus dnro, formée de libres paiallèles accolées les unes aux autres, et d'une couche prof<uule, plus molle, logeedans le canal que lui forme la précédente ; cette structure a une grande analogie avec celle de Vong/e (voyez Ongle, Poil). Les cheveux ont la propriété d'augmenter de longueur par l'Iiuuiidité ; aussi s'en sert-on pour cons-
èlrrs- {^
iilMlih'
- mot). Ils
llrl.llH.fnis
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Sruire des lit/r/) doués d'aucune simi; delà douleur en toucliani d'irritabilité du cuir cli.
exercent sur eux une telle sonnes blanchir dans une se
goisses. Les cheveux sont ui - .
hic's et les plus gracieux de la ligure humaine. Les femmes les laissent croître et flotter en boucles ou les tressent de mille manières ; la coiffure qui leur convient le mieux, sous le rapport de l'hygiène, est celli: qui tient les cli<;veux le moins serrés possible, de manière ipi'ils soient toujours aérés; il faut du reste les démêler matin
r.n (lr'.|['i'mine li.'iit ;\ l'état 11-, pii-isions a vu des per- ■ dans les ailles plus 110-
et soir, et les brosser avec soin et d'une maiii légère. La frisure par le fer en altère profondément la nutrition. C'est une bonne pratique de les couper de temps en temps pour donner une lYOUvelle activité â leur croissance; mais il est bon de les ramener seulement à des dimensions qui n'incommodent pas. Il faut, en général, respecter la chevelure des enfants et se contenter de la rafraîchir, lorsque les cheveux viennent mal ou qu ils tombent • cela peut tenir d'ailleurs à une maladie du cuir chevelu ou à la constitution de l'enfant ; et on doit chercher à changer cet état. Dans tous les cas, c'est surtout à. cet âge qu'il faut avoir le plus grand soin de tenir la tête propre, pour éviter la vermine et les démangeaisons, la crasse, les éruptions de toutes sortes qui sont les suites de la malpropreté. Il faut prendre garde aussi de ne pas dégarnir trop complètement la tête dos personnes qui ont l'habitude de porter les cheveux longs ; c est ainsi que Percv observa un grand nombre de maladies dans 1 ar- ' niée lorsque la coiffure à la Titus remplaça brusquement celle qui était alors eu usage, et qu'on imposa aux soldats le sacrifice de leurs nattes et de leur queue. Les cheveux peuvent tomber d'eux-mêmes par les progrès de l'âge ou i la suite d'affections graves ; quelques personnes, dans ce cas, sont obligées, pour raison de santé, d'avoir recours à la perruque ou au ;o«p'?( (voyez ces mots). Les drogues que le charlatanisme préconise pourremédier à la chute des cheveux amenée parla vieillesse n'ont aucune efficacité ; et contre celle qui arrive par d'autres causes, ils n'eu ont qu'une fort problématique. Dans ce dernier cas, il peut être utile de raser les cheveux. De trente à soixante ans, les cheveux perdent leur matière colorante; ils blanchissent. On a eu recours à divers procédés pour s'y opposer et pour leur redonner leur couleur primitive, les uns inoffensifs, mais fugaces, infidèles et peu solides ; les autres communiquant une couleur franche, solide, mais d'un usage dangereux pour la santé, et demandant beaucoup de temps et de soins. La malpropreté engendre dans les pays du Nord une maladie de? cheveux et du cuir chevelu, à laquelle on a donné le nom de P/iï«e( voyez ce mot). ,
Ceveux du diable (Botanique). — Nom vulgaire de la c«.sci((e à grandes fleurs (voyez ce mot), à cause de ses filaments capillaires souvent très-mèlés. , . ^ ,
Cheveux d'évêque (Botanique). — Nom vulgaire de la raiponce orbiculaire. ...
Cheveux de bois (Botanique). — On nomme ainsi vulgairement une plante parasite grisâtre, la Caragaiemusciforme (tillandsia usneoides; l'usnée est un lichen) dont les ramifications sont très-entrelacées.
Cheveux de mer (Botanique). — Nom vulgaire que 1 ou donne â plusieurs espèces d'algues filamenteuses, entre autres au fucus filum et à Wdva compressa. .
Cheveux des p.wsans (Botanique). — On nomme ainsi, dans certains endroits, la variété de chicorée dite barbe de capucin (voyez Chicorée). „ . •
Cheveux de Vénus (Bot;mique). — On appelle ainsi deux plantes bien différentes : VAdianfe de Montpellier (Adianlus capillus Veneris) et la T<!igelle bleue [Nigella damascena. Lin.), à cause de leur feuillage tres-finemeut découpé (voyez Capillaire et Nigelle).
Cheveux de la Vierge (Botanique).- Nom donne vulgairement à certaines plantes cryptogames du genre Bi/s.ius (voyez ce mot).
CHEVILLE DU PIED (Anatomie). —Voyez Malléole. CHÈVRE (Zooln''i'\ l'npra. Lin. — Ce nom, dans le langage ordinair', il-, un.' I i femellodu bouc; mais, dans la science, il a Tu' >\>'uur à un genre comprenant les Mammifères rumiminli u cornes cccmsc.s-, qui ont paru avoir le plus d'analogie avec cet animal. Go genre a pour caractères : des cornes dirigées eu haut et on arrière, comprimées, ridées transversalement, le menton généralement garni d'une longue barbe, le chanfrein concave, le noyau osseux des cornes, creux intérieurement; du reste, une apparence extérieure assez semblable â celle des aîitiliipcs. Leur physionomie est fine et leur regard a de la vivacité, leurs yeux n'ont point do larmiers, les oreilles sont pointues, droites et mobiles, leur langue est douce. Ces animaux ont îles poils soyeux très-lisses et des poils laineux très-fournis et très-fins; ils ont une queue très-courte. Les femelles ont en général des cornes niiiis liniiirMiip plus petites que celles des mâles. I -i fcnirll.' i.Mi ir ( iiii| mois et met bas un ou deux petits, l'es espr, . s (|r cr -, lire ont li'ssens délicats; elles voient cVculendenl de liv»-loin; elles ont une vigueur reniar- (luuble habitent les chaînes de montagnes en petites f;miillcs et se plaisent dans les lieux les plus escarpés, au
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bord des précipices ; ;\ la moindre apparence de danger, on les voit s'élancer de rochers en rochers avec une agilité surprenante et se défendre avec courage et souvent avec succès contre les chasseurs asseî imprudents et assez téméraires pour les attaquer de front. On ne les trouve guère que dans les hautes chaînes granitiques de l'Europe et de l'Asie. On n'en compte qu'un petit nombre d'espèces. Le Bouquetin {Capra ibex., Lin.) (voyez Bouquetin), dont la chasse est pénible et dangereuse ; lorsqu'il est serré de près, on en a vu acculer un homme contre un arbre et l'y serrer ;\ l'étoufTcr. Les chiens sont inutiles à cette chasse, dans les hauteurs escarpées où il faut l'aller chercher. Le Bouquetin du Cmicase [C. Caucasica, Guldenst.), à peu près de la même taille que le précédent. La C. sauvage, yEtjagre (C. œgagnis, Gmol., Cuv.), qui parait la souche de toutes nos variétés de chèvres domestiques, a les cornes tranchantes en avant, très-grandes dans le mâle , courtes et quelquefois nulles dans la femelle. Elle habite en troupps dans les montagnes de la Perse, et c'est probablement le Paseng des Persans. Les concrétions connues sous le nom de Be'zoariis, qu'on retirait de leurs intestins, étaient les plus estimées (voyez Bézoard). Elle a environ 1 ",!.'> de longueur sur 0",80 de hauteur; sa couleur est gris fauve sur le corps, avec une ligne dorsale et la queue noires, la tête noire en avant, rousse aux côtés, la gorge et la barbe brunes.
CnÈvnE DOMESTIQUE (la) et Bouc (le) {C. hircus, Lin.) paraissent, avons-nous dit, provenir de la C. sauvage, sans que pour cela on ait aucune expérience positive qui le prouve ; cependant, on les considère comme des variétés de cette espèce. Du reste, tout voisins qu'ils sont des moutons sous le rapport de l'organisation, ces animaux en diffèrent cependant beaucoup extérieurement par leur physionomie vive et animée, par leurs formes plus accusées, plus sveltes, par leur démarche, leur allure, etc. Les cornes, aplaties et marquées par des cannelures transversales, ne sont jamais contournées en bas comme celles du bélier. Le pelage de la chèvre et du bouc est le plus ordinairement noir ou blanc. Il y en a cependant qui sont mêlés de fauve, de marron ou do brun. Les chèvres ne sont pas toutes armées de cornes et, dans tous les cas, elles sont beaucoup moins longues que celles du bouc. La chèvre a plus de vie, plus d'animation, plus de sentiment que la brebis ; elle se familiarise aisément, vit très-bien de la vie d'intérieur. Dans la chaumière du pauvre, dont elle est la Providence, elle se fait la compagne, la commensale des enfants, dont elle partage presque les jeux; plus forte, plus légère que la brebis, plus agile et moins timide, elle est vive, alerte, mais du reste plus capricieuse, plus vagabonde. " Ce n'est qu'avec peine, dit Desmarest, qu'on u la conduit eu troupeau ; elle aime à s'écarter dans les « solitudes, à grimper sur les lieux escarpés, à se placer Il et même à dormir sur la pointe des rochers et sur le « bord des précipices; elle est robuste, aisée à nourrir, « presque toutes les herbes lui sont bonnes et il y en a
Fig. 835. - CllJvr.
Il peu qui rinconimodcnt ; elle niungo la cignC, les dif- « féicnlcs espèce» d'nconit i;t d'antres plantes vénéneuses Il sans en être indisposée. » Mais, malgré an r\islicilé, 1.11 lorce et son énergie iiaïuiellc», la chèvre, pour prnspérei, a besoin de lo vio de» plaiiie» arides, des nionlaf:n(s, dcb lieux secs et abruptcï ; le» pftluragcs humidu», les
prairies marécageuses ne lui conviennent pas, elle s'y porte mal ; alors elle a besoin de plus de soin, d'être préservée du froid ; car si dans les climats chauds où l'on nourrit des chèvres en grande quantité, elles n'ont pas besoin d'étables, dans les climats plus froids, et en France particulièrement, elles périraient si on ne les mettait à l'abri pendant l'hiver. Nous venons de dire que la chèvre est la Pi-ovidence du pauvre ; en effet, considéré dans l'économie rurale ou domestique, cet animal est, par rapport à la vache, ce que l'àne est par rapport au cheval ; et chacun d'eux rend dos services importants dans les contrées montagneuses et arides. Les chèvres coûtent peu à nourrir et domient un produit considérable relativement i\ leur taille ; le lait qu'elles fournissent en abondance, plus sain et de meilleure qualité que celui de la brebis, convient aux personnes affaiblies et aux estomacs délabrés. On dit qu'une chèvre bien nourrie peut donner jusqu'à trois ou quatre litres do lait; comme il ne contient qu'une très-petite quantité de beurre, les fromages qu'on en fait dans le Midi sont employés en général comme appât pour prendre le poisson. Mais c'est dans ses fonctions de nourrice d'un enfant que la chèvre fait preuve d'un instinct et d'un attachement admirables ; on sait, en efl'et, que, dans quelques circonstances exceptionnelles, on a été obligé de faire nourrir des enfants par une chèvre. A peine a-t-ello connnencé son service, qu'on la voit se dévouer tout entière à ses importantes fonctions ; la mère la plus tendre n'est ni plus vigilante ni plus empressée ; attentive au moindre cri de son cher élève, elle accourt il toutes jambes, se faisant annoncer par un léger bêlement, puis, si le petit enfant est à sa portée, elle se pose de manière à ce qu'il puisse saisir le mamelon de sa chère bouteille ; c'est vraiment quelque chose de mer» veilleux ! et, ce qui ne l'est pas moins, c'est do voir les mouvements inquiets, les allées et venues, les bêlements, je dirai presque les gestes de l'animal, si le nourrisson n'a pas été mis à sa portée.
La chèvre ne produit ordinairement qu'un seul, quelquefois deux, rarement trois petits. Elle porte cinq mois et mot bas au commencement du sixième; elle allaite ses petits pendant cinq ou six semaines, et à cette époque le petit chevreau peut commencer à paître.
Dans les pays où l'on n'élève qu'un petit nombre de chèvres, on les conduit ordinairement avec les moutons et, dans ce cas, on les voit toujours en avant et précédant le troupeau, qu'elles quittent avec la plus grande facilité pour vaguer en liberté ; aussi sont-elles un embarras pour le berger, qui ne les retient qu'avec peine. Il vaut iiiieux les mener séparément paitre sur les collines, les lieux élevés, dans les bruyères, les friches, les terrains incultes. Mais il faut les tenir éloignées des cultures, dos jardins, des vergers, des haies vives et à plus forte raison des bois, des taillis, où elles feraient des dégâts considérables, pour la répression desquels des peines ont été édictées dans différentes ordonnances de l'autorité. Les arbres dont elles broutent avec avidité les jeunes pousses et les écorcos périssent presque toujours. L'une des dernières statistiques des chèvres en France en porte le nombre à !IG4 300.
Le poil de chèvre entre dans la fabrication de certaines étolfes, des chapeaux, etc.
Avec la peau do chèvre, on fait du maroquin, du parchemin, des outres, etc. Les principales variétés sont :
la C. d'Angora, qui a les nicillrs |ii'iul;iiilcs; son poil, iirs l-iii;:, iivs-i'.mrré, est si
lin ^|n' ■» l.iit des étoffes
:mi I li-llr, i{ii( nos étoffes il' -h ; iMi III l:iii CCS beaux Il ,11 , ri.niiiis "US le nom de rutiirli.lad'Aiignra. Un troupeau do soixante-dix bêtes d'Angora et seize individus, donnés par Abd-el-Kader au marédial Vaillant, ont été distribués dans nos montagnes de l'est en 18,M, et le succès n'a pas encore répondu lY CCS divci-ses tentatives, sans qu'on puisse savoir jusqu'à présent quelle en est la c;uise. La C. ite Vaclicmire ou du rinhcl [C. ritilictana) {/ig. f.;i2) habite l'Himalaya; iiitroduito en Franco pour la prcmitro fois par M. lluzard,
dit;
en 1818, puis l'année suivante, par MM. Jaubeit et Ternaux, elle n'a guère mieux réussi chez nous que la chèvre d'Angora. A quoi cela tient-il? Si un nouveau Daubenton avait été chargé de ce travail, le succès eut peutêtre été plus marqué; tout récemment, en effet, la Société d'acclimatation parait avoir eu de meilleurs résultats ; mais avec l'aide de la science vraie, et non pas de la science d'amateurs et de spéculateurs. Quoi qu'il en soit, ces chèvres ne diffèrent de la chèvre commune que par la toison, composée à la fois de poil et de duvet ; plus le poil est long et abondant, plus le duvet est abondant. C'est avec ce duvet que se fabriquent les beaux cachemires de l'Inde, dont l'imitation est devenue une branche importante de la fabrique française. Le duvet tombe naturellement au printemps, au moment de la mue, vers le mois d'avril, et il suffit alors, pour le mieux recueillir, de peigner la toison avec un démêloir tous les deux joni-s, jusqu'à ce que le peigne n'amène plus de duvet. On peut encore citer la C. d'Er/i/p'c, au chanfrein busqué;, aux oreilles larges, longues et pendantes; la femelle est toujours sans cornes; elle est douce et excellente laitière (voyez Races).
Chèvre (Mécanique industrielle). — Appareil employé fréquemment dans les constructions pour soulever les matériaux à la hauteur où ils doivent être placés.
La chèvre la plus simple se compose de deux montants en bois réunis obliquement l'un à l'autre par des traverses
Fi;. 533. — Ch(
et servantdc supporta une poulie C située en son sommet et à un treuil T placé vers son extrémité inférieure. Elle est simplement posée debout sur le sol ou sur un plancher situé à une certaine hauteur et maintenue dans une position légèrement inclinée au moyen de trois cables attachés en son sommet et dont les autres extrémités sont liées à des points d'appui suffisants. Une autre corde A, dont l'un des bouts est lixé au treuil, est jetée sur la poulie supérieure et vient, par son extrémité pendante, saisir le fardeau. Le treuil que l'on manœuvre avec des leviei'S en bois étant mis en mouvement, la corde s'enroule et le fardeau monte. La poulie supéri(;uro n'allégc en rien le poids du fardeau ; elle a simplement pour but de l'élever à une certaine hauteur au-dessus du point d'appui de la chèvre.
Lorsque la hauteur à laquelle doivent Cire élevés les matériaux est très-grande, ou emploie avec avantage une autre espèce de chèvre dont nous donnons la gravure et que l'on désigne souvent du nom de xn/iinr. Elle se compose d'un mat vertical terminé supérieurement en croix et fixé par un pivot en fer dans une crapnudine adaptée ;\ un ch&ssis de charpente qui porte en même temps un treuil. Lo m&t est en Outre fixé dans sa position verticale par quatre cordages ou Imuljans qui, parlant de son sommet, vont s'attacher & des points fixes situés dans lo
voisinage. Une corde attachée A l'un des bras de la croix descend verticalement pour embrasser une poulie mobile à laquelle est suspendu le fardeau, puis remonte, se replie sur trois poulies fixes et redescend enfin du côté
opposé pour s'enrouler sur le treuil. Ce treuil est à manivelle et engrenages, sa force est en rapport avec les dimensions relatives du pignon de la manivelle et de la roue dentée.
L'embarras occasionné par les cordages qui servent à soutenir la chèvre a fait pres(|uc entièrement abandonner cet appareil à Paris. On y fixe dans le sol quatre mats dressés verticalement, on réunit ces mats les uns aux autres par des planches clouées à leur surface dans des positions croisées de manière à en faire une espèce de tour se soutenant par elle-même et que l'on inirtage en divers étagi'S. Cette tour est terminée par deux fortes tr.iverses en croix auxquelles on suspend la poulie de renvoi. Le treuil est fixé à son pied. Le fardeau s'élève dans l'intérieur de la tour et, en cas deruptin'O du cable, risque moins d'occasionner quelque accident (voyez TaEl'iLi.
CIlEVRE.iU (Zoologie). — On donne ce nom au petit de la chèvre, connu aussi vulgairement sous les noms de Cabri, liiquet. Le petit chevreau tête ordinairement un mois ou six semaines, après quoi il peut conunencer à paître; il conservera ce nom jusqu'A six ou sept mois; [lendant ce temps, sa chair sera tendre et il si-ra bon i manger. On fait avec la peau du chevreau tannée et rliamoisée des gants très-estimés et des souliers pour fennnis.
CIliiVREFEl'IlXE (Botanique), Lonicmi . Desf., en mémoire d'.-Vdam Lonicer, botaniste allemand du xvii-' sièclei. — Genre de plantes de la famille des raprifalincées. type do la tribu dos l.imicénr^. Il comprend des arbri'.seanx ;\ liges quelquefois grimpantes, à feuilles opposées, à fleurs axillaires. Caractères : calice à 5 lobes
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petits ; corolle campanulée, en tube ou en entonnoir, à 5 loges formant quelquefois 2 lèvres inégales; 5 étamines; style filiforme; stigmate capité ; le fruit est une baie colorée à 3 loges contenant quelques graines à testa crustaci!. On divise ordinaire ment les chèvrefeuilles en deux sections : 1" Caprifolium, De Cand. Caractères : arbrisseaux volubiles ; fleurs disposées en capitules verticillés ; baies solitaires couronnées par le tube du calice, à 3 loges dans le jeune âge, puis uniloculaires. 2° Xylosteon, de Cand. Caractères : arbrisseaux grimpants ou dressés, à feuilles non connées ; pédicelles axillaires munisde 2 bractées, portant 2 fleurs courtes ; baies géminées, distantes ou plus ou moins rapprochées, à 3 loges dans le jeune âge, rarement à 2 dans l'âge adulte, jamais couronnées par le calice. Dans la première section, on distingue les espèces suivantes : Le C. des jardins (L. cnprifolium. Lin., mot signifiant chèvrefeuille, c'est-à-dire arbrisseau qui grimpe comme une chèvre), que Miller nomme Periclymemtin italicum, et Lamarck Caprifolium hortense; c'est un arbrisseau qui s'élève souvent à plus de 3 mètres; ses rameaux sont longs et uès-flexibles, grimpants, sarraenteux, à écorce grisâtre. Ses feuilles sont sessiles, ovales, aiguës, d'un vert glauque en dessous, les deux ou trois dernières paires au sommet, réunies chacune par leur base, ainsi que des feuilles perfoliées. Ses fleurs sont ramassées eu gros bouquets de fleurs odorantes et d'un blanc jaunâtre; la corolle est à 2 lèvres. Cette espèce est une des plus répandues dans les jardins; elle garnit agréablement les bosquets et les treillages. On la trouve spontanée aux environs de Paris. Le C. de Tcscane (t. eirusca, Santi ; Caprifolium etrus cum, Rœmer et Schultz), appelé aussi vulgairement C. d'Italie, s'élève quelquefois jusqu'à 5 mètres. Il se distingue du précédent par ses fleurs disposées en verticillés capités, par ses feuilles pubescentes et ses corolles d'un beau jaune ocre. Le C. des bois (L. periclymenum. Lin.), est un arbrisseau à feuilles distinctes, obtuses, caduques, pubescentes à la face inférieure. Pendant tout l'été, cette espèce donne des bouquets de fleurs d'un blanc jaunâtre et odorantes. Elle a une variété à feuilles de cliùnc. Cette espèce est trèsabondante dans nos forets. Sa racine peut être employée comme donnant une matière tinctoriale bleu de ciel. Ses petites branches servent souvent à faire des peignes de tisserand et des tuyaux de pipe.
Dans la section des Xytosleoii, on remarque le C. du Japon, L. japonica, Thunb.), qui s'élève souvent à la hauteur de 10 mètres. C'est un arbrisseau grimpant, un peu pubescent, et donnant en juillet et août des fleurs blanches répandant une odeur agréable. Le C. de Tartarie, Chamëcerisier rose. Cerisier nain (L. talarica. Lin.), a les fleurs roses ou blanches et les baies noires. L'horticulture en possède plusieurs variétés. Le C. des haies, Camerisicr, Cliamécerisier des haies {L. xylosteuni. Lin., du grec xttlos, bois, et osteon, os, parce que le bois de cette espèce est blanc comme de l'os), est un arbrisseau indigène dont les pédoncules, plus courts que les feuilles, i)ortent deux fleurs blanches auxquelles succèdent des baies rouges, globuleuses, soudées par leur base. Ces baies contiennent un suc amer, qui a passé pour éniélique et purgatif. On tire parti, pour différents usages, du bois blanc et très-dur de ce chèvrcfcnillo. Le C. des Alpes (C. alpif/ena. Lin. ; {C. alpinum, Lamk) donne , au printemps, des fleurs jaunes ou roupeiilrcs, le tube de la corolle est renflé à la base. Ses baies snnt ronges avec deux points foncés. Enfin, on cultive encore dans les jardins le C. des Pyrénées [C. pi/renaica. Lin.), à feuilles oblongucs, glauques et à fleurs blanches presque régulières, et le C. d' Allai (/,. allaica, Pall.), espèce à feuilles oblongucs très-enlitres, à fleurs blanchâtres et à baies d'un bleu foncé, etc. G — s. CllliVHIiTTK (ZoologieS — Femelle du Chevreuil. CiiEvnKTrE (Zoologie). — On nonnue ainsi, dans plubienrs de no» i)orls de l'Océan, la Crevette dévier; on doinie aussi ce nom à la (JrcveUe des ruisseaux {Crustarés) (voyez Clii'.VETTE).
(.HKVREUIL Dliunoi-K (Zoologie). — Cervus cnpreolui. Lin. — Espèce de iMamndféres ruminants du genre Cerf, carnctéritté piU' les bois s'élevaiit porpendiculaircnvnt aii-dc»8us de la léli-, seulement deux andouUlers (Cuvicr), l'un & la face aulérienre, dirigé en avant; le necdnd plu» haut à la face ijoslérieure, <liriKé en arrière; point de caniiii's, un mufle. C'est le plus petit des cerfs (l'Europe ; Vfil) de long, 0",80 du liuuluiir, du funnu 10-
i;ère ; gris fauve, à fesses blanches, sans larmiers, presque pas de queue. Il y en a des variétés de couleurs plus foncées. Cette espèce vit par couples dans les forêts de l'Europe tempérée, perd son bois à l'automne et le refait pendant l'hiver. Sa chair est beaucoup plus délicate que celle du cerf, c'est un des gibiers les plus estimés. Sa che-
l i Europe (lii ileur, Om.SO).
vrette porte cinq mois et demi et met bas deux petits, qui restent huit à neuf mois avec leurs parents. Ils vivent douze à quinze ans. Le chevreuil est plus gai, plus leste, plus éveillé que le cerf; Il est plus gracieux et reste presque toujours propre, parce qu'il ne se plaît que dans les pays élevés, les plus secs, oti l'air est le plus pur, et qu'il ne se roule pas dans la fange. Il est plus rusé que le cerf et plus adroit à dépister le chasseur . Le C. de Tarlarie (C. pyyartfus, Pall.) a les bois plus hérissés à la base, le poil plus long; il ressemble au chevreuil, mais il est plus grand ; il habite les campagnes élevées au delà du Volga. CHEVROTAIS (Zoologie), Moschus, Lin. — Genre de Mammifères ruminants, les seuls avec le genre Chameau qui soient sans cornes et ne dilTérant des ruminants ordinaires que par une longue canine de chaque côté de la mâchoire supérieure, qui sort de la bouche dans les mâles, et par l'existence d'un péroné grêle qui n'existe pas même dans le chameau. Ils n'ont point de larmiers ; les oreilles sont de grandeur moyenne et pointues : le poil est court, assez gros et très-sec. Du reste, très-semblables aux antilopes et anx cerfs par les formes extérieures, ayant la légèreté de la gazelle, ils paraissent être fort sauvages. Ou ne les trouve qu'en Asie. Le C. mw^c (Moschus moschi férus, Lin.) [fig. 530) est l'espèce la plus intéressante.
Grand comme un petit chevreuil, presque sans queue, il est couvert d'un poil si gros et si cassant, qu'on pourrait presque lui donner le nom d'épines. On voit do clia(|cn! cOlé de la mâchdiro inférieure et un iini lui-dcssuus des cuiua de lu bouche uu buu'iuut de poils durs,
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roidos et semblables à des soies. Mais ce qui rend surtout ,-n animal intiSressant, c'est la poche située en avant du prépuce, chez le mâle, et qui contient cette substance si connue en médecine et en parlumci-ie sous le nom de musc (voyez ce mot). Le Musc liabite particulièrement le Tbibet et les provinces voisines, le Tonquin, la Cbine, e c. Suivant Sonnini, il vit solitaire et ne se plaît que sur les hautes montagues et les rochers escarpes. Tres-larouche, leste et agile, il est trfes-difficile de 1 approcher. Il est assez recherché pour sa chair, mais celle des jeunes seuls est tendre et de bon goût. Le Clwvrolain petite biche, petit cerf des voyageurs [Mosc/ms p;/;,mœus Lin) est le plus petit des ruminants ; ce joli animal ne dépasse pas la taille du lièvre, et ses formes ont une élégance et une délicatesse remarquables, il est trts-leste, mais se fatigue aisément. On n'a pu encore le transporter en Europe. Il n'a pas de poche à musc, non plus que les autres espèces du genre.
CHICHE (Pois) (Botanique). — Voyez Pois.
CHICON (Horticulture). — Nom vulgaire de la Laitue romaine (voyez Laitce).
CHICORACÉES (Botanique). — Tribu de plantes de la famille des Composées.EWe correspond aux Senu-flosculeuses de Tournefort et à la famille des Chtcoracees, établie par Séb. Vailf. et admise par A. L. de Jussieu, ce sont les Lactucées de H. Cass. Des auteurs modernes en font les Liyuliflores. Caractères : fleurs toutes hgulees, hermaphrodites, disposées en capitules rayonnants ; corolles à ligules planes, à 5 dents et 5 nervures ; style divisé eu 2 branches, à lignes stigmatiques restant distinctes et n'atteignant pas la moitié de la longueur des branches; pollen rugueux. Sous-tribus et geiu-es principaux : — 1° HiÉBACiÉESiEpei'iiîére (HieraciHm, Tourn.). — S° LacincÉES : Laileron [Sonchus, Cass.); Crëpide [Crepis^Un.]; Pissenlit {Taraxacum, Juss.) ; Laitue (Lactuca. Tourn.). — 3» ScoRZONÉr.ÉES : Picririe IPicris, Lin.) ; Scorzonére {Scorznnera, Lin.); Salsifis [Trat/opogon, Tourn.). — 4° Hyoséridées : Chicorée {Cichorium.Tonrn. ; Hyoseris, Juss.; Arnoseris, Gœrtn.). — i>° Scolïmées : Scolyme (Scotymus, Tourn.), etc., etc.
CHICORÉE (Botanique), Cichorium, Tourn., du mot arabe chilcoiizyeh, d'où les Grecs, qui ont reçu cette plante des Égyptiens, ont fait kichôrion. — Genre de plantes de la famille des Composée*, tribu des Chicoracées, soustribu des Hyosérirlécs. Les chicorées ont les feuilles irrégulièrement denticulées et les fleurs presque toujours bleues. La C. sauvage ou C. cnmname (C. iniybus. Lin., mol altéré de son nom arabe) est une herbe vivace, àtiges
di-''~^^''< s, :iii'^ulrn^rs, riiiir- ;mi I -Iiin-, à feuilles ronci-
,1, , ,, Ir,' i,,i,", ji 111'^ l:i 1 ' - : - capitules sont sessi-
lr~. K unis n.ir 'J MU :;. I,:i . il.. ■' |.;ii ait avoir été Connue
de toute aiitiqiiilé i
.iliinentaire. Les anciens
auteurs en ont donnédes descriptions au moyen desquelles il est facile de la reconnaître. Les Égyptiens faisaient grand cas de cette plante dans leurs repas. Il en était de même chez les Romains. « Pour moi, l'olive, la chicorée, la mauve légère, suffisent à mes festins, « dit Horace dans une ode à. Apollon. La culture obtient plusieurs variétés de cette espèce. Leurs feuilles, comme on sait, fournissent de très-bonnes salades. La plante dite Barbe-dccapucin n'est autre chose que la chicorée commune dont on a fait blanchir les feuilles, en la'fai--jiit pnii,^cr dans
des caves à l'abri des courants d'air - ' !■ i- ^ tle la
lumière. Un usage qui commence h'un us un ni à devenir moins n';pandu, est celui de la racine imcrliée de la chicorée emplojée comme succédané du café. Cette préparation, si trompeusement désignée parfois sous le nom de moha, ne présente que l'amertume de ce précieux produit. Le café de chicorée ne peut donc être considéré que comme une falsitication altérant les pi-opriéiés du café véritable, lorsqu'on le mélange avec ce dernier. La chicorée sauvage s'emploie aussi en médecine comme dépuratif en tisane sous forme de sirop ou d'extrait ; elle entre dans la composition du calhnlicuni double. La C. cndirc ou Scarole {C. eudivia, Wildw) est aussi, par ses variétés obtenues dans la culture, une plante alimentaire importante. Elle est originaire des liidcs orientales et se dislingue principalement pal que présentc'nt i leur ba^si Cosnia est caractérisée par r.itiftdes et des capitulr^ n' variété Sativa, deCaml. fr. riHlirm. I.
feuillessimplement diiiii( iili I- et îles ( ou rassemblés 2-4 à l'ulsselle «les fi'ii Les sous- variétés maraîchères à feuill
pln-e
nettes lies. I.a variété noueuses;, pens ensemble ; la ), |irés<Mite des Iules solitaires ■s supérieures, lacérées et frisées sont : la Grande Cliicorée, la ronde, la blonde, la C
d'Italie, la C. de Meaux, la C. rouennaise on Corne de cerf. Toutes ces plantes constituent des aliments sains et digestifs; on les accommode, comme on sait, de dilTérentes manières, soit en salades, soit cuites en potages, ou comme assaisonnement des viandes. Caract. du genre: involucre à deux rangées d'écailles; réceptacle dépourvu de paillettes; akènes tétragoiies, comprimés; aigrette composée de soies courtes, membraneuses, obtuses, et ressemblant à des paillettes. G — s.
CHICOT (Botanique), Gymnocludus, Lamk. — Genre de plantes, famille des Légumineuses, tribu des Césalpiniées, établi par Lamarck. Il ne renferme (|ue deux espèces : le C. du Conuila (G. cimailensis, Lam. ; Guilandina dinica. Lin.), joli arbre du Canada, cultivé dans quelques jardins à cause de la beauté de ses feuilles, qui atteignent quelquefois jusqu'à O-StiS de long; mais elles tombent tous les ans, et comme ses branches sont courtes, les Canadiens lui ont donné le nom de chicot. Le C. d'Arabie (C. arabica, Lam. ; Hyperanlhera, Forsk.) s'élève très-haut ; ses rameaux sont verdàtres et cotonneux ; ses feuilles, situées à l'extrémité des rameaux, sont composées de folioles glabres, ovales et entières.
CHICOTIN (Botanique). — On donne quelquefois ce nom vulgairement à la Coloquinte (Cucumis colocynthis. Lin.) (voyez Coloqcinte) ; d'où est venu le proverbe vulgaire : Amer comme chicotin, à cause de l'amertume bien connue de la coloquinte.
On trouve aussi, dans V Abrégé général des voyages, qu'il existe au Groenland une plante nommée Chicotin, dont la racine a la forme d'une noisette allongée et qui est rapportée au genre Tetephium ( Paronychiées). Cette racine a une forte odeur de rose musquée.
CHIEN (Zoologie), Canis, des Latins ; kiiôn, des Grecs ; Canis, Lin. — Genre de Mummifèref de l'ordre des Cariiicores, tribu des Digitigrades. Ce sont les moins sanguin.aires de cette tribu, qui se compose des martes, des chiens et des chats ; ils attaquent cependant des proies plus grandes qu'eux ; mais ils recherchent souvent les cadavres déjà en décomposition. Leur dentition sert à les caractériser et indique leur régime moins essentiellement Carnivore ; ils ont ù la mâchoire supérieure deux molaires tuberculeuses aplati(;s, en arrière de la molaire carnassière, qui, elle-même, montre une portion de sa couronne tuberculeuse. Cuvier classe dans son genre Cliu'n le C. domestique, le Loup et \e Chacal (voyez ces mots) et établit un sous-genre pour le Rennrrl (voyez ce mot).
Chien domestique (h) J\ f,in,ih„ns. Lin.) présente les caractères suivants : ii l.i màrlioire supérieure, trois fausses molaires, la molaire carnassière suivie de deux tuberculeuses; à la mâchoire inférieure, deux fausses molaires seulement et la carnassière également suivie de deux tuberculeuses; leur langue est douce et dépourvue des papilles cornées qu'on trouve sur la langue des chats ; ils ont cinq doigts aux pieds de devant et quatre à ceux de derrière ; la queue recourbée ; ils otfrent une variété infinie pour la taille, la couleur et la qualité du poil. Dès l'apparition de l'homme sur la terre, le chien a dû être son comp.agnon fidèle ; il l'a suivi dans ses migrations, dans ses voyages ; il l'a défendu contre les autres animaux, s'est associé à ses joies, à ses misères, et, par cet instinct de sociabilité et de domesticité développé chez lui à un point extrême, il est devenu son commensal, je dirai presque son ami. Aussi nous ne connaissons plus le chien dans son état primitif, et dans les contrées où il est devenu sauvage, il descend d'individus qui ont recouvré leur indépendance, après l'avoir perdue pendant bien des générations, et ce n'est pas seulement sous ce rapport que la puissauce de riiomme s'est fait sentir sur ces animaux; car le chien est l'exemple le plus remarquable de l'innuence de la domesticité sur les formes physiques et sup les qualités de ces êtres. En effet, les différences qui les caractérisent sont immenses tant pour la taille que pour les dimensions relatives des parlies, pour la nature, la couleur, la longueur, l'aboudanco du poil, les instincts, les degrés d'aptitude à être dressés pour la chasse, pour la garde des troupeaux, etc., et pourtant tout porte à croire que ces nombreuses variétés viennent d'une souche comnuiiio, qui n'est ni le loup, ni le chacal, comme quel(|ues naturalistes l'uni pensé, mais bien un chien <iui se rapiinulie beaucoup do uoIrc chien de berger. On en trouverait au besoin un exemple dans le chien de la Nouvelle-Hollande, qui ressemble exactement, au type que nous venons de désigner (voyez Domesticité. . .
La femelle du chien porte soixante-trois jours et met bas quelquefois jusqu'à douze petits, qui nnisseiltlcs yeu»
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fermés. Ils ne les ouvrent qu'au bout de dix ou douze jours. Les dents commencent à changer le quatrième mois, et ils ont terminé leur croissance à deux ans. La vie du chien ne dépasse pas quinze ou vingt ans. Tout le monde connaît son aboiement, sa manière de témoigner sa joie en remuant la queue et le hérissement de son poil dans la colère. Le chien parait être de tous les animaux le plus disposé à la domesticité et celui que l'homme a le premier soumis à sa puissance. On peut dire, avec l'immortel Buffon, que le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l'épreuve, le seul qui connaisse toujours son maître et les amis de la maison, le seul qui, lorsqu'il arrive un inconnu, s'en aperçoive, le seul qui entende son nom et qui reconnaisse la voix domestique; aussi, l'attachement du chien pour son maître ne souffre pas de comparaison. Nous n'en citerons pour preuve entre mille que l'exemple rapporté par Sonnini, d'un chien qui resta pendant plusieurs années fixé sur le tombeau de son maître au cimetière des Innocents, sans qu'on put l'en arra- . cher par les caresses et les bons traitements, ni par la contrainte, et cela malgré l'intempérie des saisons et la rigueur des hivers. Nous avons déjà parlé des variétés nombreuses du chien domestique ; on a essayé de les classer dans un certain nombre de groupes, surtout d'après la forme de la tète et le développement de certaines tendances instinctives, et c'est d'après ces caractères que Fréd. Cuvier a été conduit à former de ces races trois familles principales, qu'il désigne par le nom de leur race type ; savoir : les Mâtins, les Épor/neuls, les Doyiies.
1° Les Mutins ont pour caractères : les os pariétaux tendant à se rapprocher d'une manière insensible, eu s'élevant des temporaux; les condyles de la mâchoire inférieure placés sur la même ligne que les dents molaires. On a remarqué que ces chiens se rapprochent plus que tous les autres de ce que nous avons lieu de croire le type primitif de l'espèce ; leur intelligence n'est pas très-développée; on peut les dresser pour la chasse, surtout pour celle qui demande de la force et du courage. Le Mâtin proprement dit : ce chien est grand,vigoureux, léger, ses oreilles sont à demi pendantes. 11 est de grande taille, le front aplati, le museau allongé, les jambes longues et fortes, la queue recourbée en haut, le poil assez court. Il est très-susceptible d'attachement pour son maître et précieux pour la garde. Le Danois diffère du matin par un corps et des membres plus fournis; il a les mêmes instincts que le mâtin. On remarque qu'il aime beaucoup les chevaux. Le Lcorier a les formes plus sveltes, plus minces, plus effilées ; il y en a de taille et de couleur trèsdilTérentes. Leur intelligence est fort bornée, mais ils courent admirablement. Ou les dresse à ch.xsser le lièvre en plaine. Leur attachement pour leur maître est médiocre. Le C. delà Nouvelle-Hollande, amené en France par Péron, et dont F. Cuvier nous a laissé une description remarquable, appartient à ce groupe ; quoique ayant beaucoup de traits de ressemblance avec le chien de berger, il avait lu tète du matin, telle qu'elle a été décrite. Ses mouvements étaient très-agiles, et son activité prodigieuse lorsqu'il était libre; ce cas excepté, il dormait toujours; chose remarquable, il ne savait pas nager. Il se jetait sur la personne qui lui déplaisait, et surtout sur les enfants, sans aucun motif apparent ; il afioctionnait particulièrement celui qui le faisait jouir le plus souvent de sa liberté. Il était du reste fort indocile, et le cluitimeiit l'élonnail et le révoltait. La viande crue et fraîche était ce qu'il mangeait le plus volontiers; il ne refusait pas le pain et goiltait avec plaisir les matières sucrées.
2" La famille des Épagneu/s se distingue par les pariétaux qui, au lieu de se rapprocher comme dans les mMins, s'écartent et se rendent dès leur naissance audessus des temporaux, de manière à agrandir la boite cérébrale, et les sinus frontaux preiuient de l'étendue ; le cerveau alors est plus développé et l'iiitelligeuce plus grande. I.*h principales races de ce groupe sont : VKpai/neiil, qui est rouvert de poils longs et soyeux ; il a les oioilles longues f:t pendaiilis, le» jambes peu élevées. 11 y a de grands et de pitits épagiieuls, et cette variété est remarquable par ^es quidités poiu' la chasse. Le C. courant a le» lueilh's longues et pendantes, les jambes charnues, le poil court la queue relevée. Il est en général blanc Bvoc de» taches noires ou fauves. C'est le. chasseur par excellence (voyez ViiNEiiit)- Les C. braques ont les oreilles plu» courlec, h di-uii pendantes, les jambe» plus longues, le corp» plus épais, la (pieue |ilus clmrnuo ot plu» courte ; ils «ont blaiirs ou Inchelés de noir et de fauve. Le C. de herger est di; taille moyeniK!, se» orcilUi» Bout courtes et droitJcs, la quouv horizontale ou pciidaiilu,
les poils longs. En général il est noir. Il est peu sociable, mais s'attache à son maître. On sait combien ils montrent d'intelligence pour la garde des troupeaux. C'est une des races les plus précieuses, et on pense que c'est celle qui se rapproche le plus du type primitif. Le C. barbet se reconnaît à ses poils longs, fins et frisés, à son museau court et épais, à ses oreilles larges et pendantes. C'est la race la plus susceptible de développement intellectuel. Il y en a de grands et de petits. On peut encore citer dans cette famille le C. loup, VAlco, etc.
3" La famille des Dogues est caractérisée par le raccourcissement du museau, le r.apetissement du crâne et le développement des sinus frontaux ; ils ont les formes pesantes, l'inteUigence bornée et sont en général d'une fidélité remarquable. Les races principales sont: le Dogue de forte race, à tète grosse, oreilles petites et demipendantes; leurs lèvres épaisses tombent de chaque côté de la gueule ; leurs jambes .'iont courtes et fortes ; ils ont la queue assez courte, le poil très-ras, blanc ou noir. Le Dogue ne diffère du précédent que parce qu'il est plus petit. Le Doguin ou Carlin est encore plus petit; ses lèvres ne sont pas aussi développées.
Il existe encore une multitude de variétés qui sont le résultat soit des différents croisements, soit des contrées qu'ils habitent, soit du milieu dans lequel ils vivent, soit enfin d'une multitude d'autres influences modificatrices (voyez R.\cES).
CHIENDENT (Botanique), Cynodon, Rich., ainsi nommé de ce que les chiens mangent de celte plante pour se faire vomir. — Nom vulgaire du genre Cynodon, Rich., appartenant à la famille des Graminées, tribu des ClUoridées. Ils ont des stigmates sortant au-dessous du sommet des glumelles ; épillets insérés sur le côté extérieur de l'axe, disposés en épis filiformes rapprochés au sommet de la tige en une panicule simple digitée. L'espèce principale de ce genre est le C. commun. Pied-depoule (C. dactylon, Pers., d'un mot grec qui veut dire doigt ; l'épi est divisé comme les cinq doigts de la main), nommé aussi Pnnicum dactylon. Lin. ; Paspalum dactylon, de Cand. C'est une herbe longuement traçante, qui donne un bon pâturage, quoiqu'elle soit redoutée dans les terres cultivées. Elle est utile aussi au bord des rivières dont elle retient les terres. Le chiendent est indigène et presque cosmopolite. On emploiequelquefoiscette espèce dans l'économie domestique et dans la pharmacie. Mais un autre chiendent plus estimé c'est le Froment rampant ou C. officinal. Chiendent des boutiques (Trit>-
-=-.3iSS?3ï3»!.a**^ :?
Fig. IS37. — Cliiondent de» bouliqnc».
n repens. Lin.) appartenant nu genre Froment, tribu Trilicdes. Les racines de celle plante sont vivaccs,
des -
articulées, traçantes, (^t s'ijif
terre. Elles sont eu outre
au point de servir à l'alii
diciuales sont npéritivcs, diuréticpies, uji peu rafr;ù-
chissuntes. Ou noimue aussi chiendent, ï'arr/ivnullière
iu/ieujte (voyez AiiiiuùN.viiiiiiiEj. G — s.
niiidcMucnt en li , iiniritives lin'liiiélés méliuréticiues, uji peu rafr;ù-
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CHIFFRES (Arithniùtiquo). — Caracttrcs servant à représenter les nombres d'une façou abrépttîe. Les chiffres employés actuellement sont nommés, dii ffres arabes; ils sont au nombre de dix, savoir :
zéro ua deux trois quair
cpl hu
Dans un nombre écrit, cliaque chiffre a deux valeurs : l'une qui lui est propre et qui porte le nom de valeur ahso/ue; l'autre qui vient de la place que le chiffre occupe dans le nombre et que l'on nomme valeur relative; elle sert à indiquer l'espèce d'unités représentées par le chiffre, en se fondant sur ce principe que tout chiflre placé à la gauche d'un autre représente dés unités dix fois plus fortes (voz. Nlmébation).
Chiffres romains. — On emploie aussi d'autres caractères appelés chiffres romains, ainsi que l'indique le tableau suivant :
Un.
Deux.
Trois.
Quatre,
(^iaq.
Neuf.
Dix.
Quarante.
Cinquante.
Cent.
Cinq cents.
Mille.
vm
Pour écrire un nombre, on met à gauche les plus fortes unités du nombre, en continuant ainsi de gauche Adroite; ainsi mil huit cent cinquante hnit s'écrira : MDCGCLVIII.
CHIGOMIER (Botanique), Combretum. — Voyez Com-
BKET.
CHILOGNATHES (Zoologie), Chilognatlia, Latr., du grec cheïlûs, lèvre, et gnailtos, mâchoire; ces animaux ont les mandibules garnies d'une espèce de lèvre inférieure. — Premier ordre de la classe des Myriapodes, dont le corps est généralement cylindrique et revêtu de téguments très-dnrs, et composé d'une suite ordinairement considérable d'anneaux ; antennes au moins aussi grosses au bout qu'à la base et formées de sept articles ; les pattes courtes terminées par un seul crochet, leur nombre augmente à chaque mue jusqu'à l'âge adulte, et va jusqu'à trente-neuf paires pour les mâies et soixantequatre pour les femelles. Ces mues se renouvellent pla-
nâtes (un Iule).
sieurs fois dans le jeune âge. Le type de cet ordre est le genre Iule. Ces animaux marchent lentement, se roulent en spirale ou en boule ; ils se nourrissent de débris végétaux et animaux en décomposition. Linné en avait formé le seul genre des Iules, que Latreille (ltà;ine animal) a subdivisé en quatre sous-genres : 1" les Iules propres ; 2° les Glotitéris; Z" les Volydémes; 4" les Polli/xènes .
CIIILOPODES (Zoologie), Chilopoda, Latr., du grec chéitos, lèvre, et du génitif poflos, pied, parce que ces animaux ont une espèce de lèvre et deux petits pieds onguiculés. — Deuxième ordre de la classe des Myriapodes, (lui a pour type le genre Scolopendre.
Ils ont le corps déprimé et membraneux, les anteimcs amincies vers le bout et coiupiiséi's do quatre articles ou plus. Chaque anneau, recouvert d'une plaque coriace, ne pm ir rn l'.'i].i al iiu'ime paire I jetée en he armée ■ palpes
sous les pierres ou les écorces des arbres. Latreille {Règne animal) les divise en trois genres : 1° les Scutigéies; 2° les Lilhobies; 3° les Scolopendres (voyez ces mots). CHIMÈRE (Zoologie), Chiniœra, Lin. Nom mythologique cinnné à ces poissons par Linné, à cause de la cou format ion singulière de leur tète. — Genre de Poissons rliiiiidrupli'ri/iji'ii': il branchies fixes, dont le caractère consiste à avoir une seule ouverture branchiale de chaque côté du cou, et une queue terminée par un long filament. Ils montrent le plus grand rapport avec les squales par leurs formes générales et la position de leurs nageoires; au lieu de dents, ces poissons ont des plaques dures et non visibles qui garnissent les mâchoires, quatre à la supérieure, deux à l'inférieure : ils portent entre les yeux un lambeau charnu, terminé par un groupe de petits aiguillons. Cuvier les divise en deux sous-genres : 1° Les Chimères propres ; le museau simplement conique ; la deuxième dorsale commence immédiatement derrière la première et s'étend jusque sur le bout de la queue. On n'en connaît qu'une espèce, la C. arctiquelC.monsfrosa, Lin.), vulgairement Roi des harengs, qui atteint jusqu'à I mètre de long; de couleur argentée, tachetée de brun. Elle habite nos mers. Sa chair est trop dure à manger; les Norwégiens font des gâteaux avec ses œufs, et depuis longtemps ils tirent de son foie une huile dont ils font ■ usage en médecine. ï° Le Callorhynque [Callorhyncus, Gronov.) a le museau terminé par un lambeau charnu. On n'en connaît aussi qu'une espèce, la C. autarcique [C. ca/lorhyncits. Lin.). Ellehabite les mers méridionales. CHIMIAtRIE (Médecine), du grec chumeia, mélange de sucs, amalgame, d'où l'on a fait chimie, en grec moderne cheimeia, qu'on devrait peut-être écrire chymie, et de m^ciAe', médecine. — On a désigné sous ce nom l'usage que l'on a fait, à diverses époques, des théories chimiques dans leur application à la science médicale. En effet, la chimie a été appliquée à la médecine tant qu'on n'a pas connu les véritables principes de la science, et il est bon de remarquer que la chimiatrie ne fut qu'une branche de l'humorisme qui doit son existence à l'application qu'on voulut faire des influences chimiques aux altérations des humeurs, sans tenir compte des solides et des systèmes d'organes. On trouve déjà dans les écrits des anciens des traces de ces idées ; mais ce n'est que dans le moyen âge qu'il faut chercher la vérit.-ible origine de la chimiatrie. Paracelse est l'auteur de la première théorie médicale basée sur la chimie :
aux quatre éléments admis par les anciens, il avait substitué trois éléments chimiques, le sel, le mercure et le soufre. Van Helmont, qui vint après lui, fit entrer dans son système l'action des ferments, subordonnés toutefois à la puissance de ses archées. Après eux, Sylvius, Vieussens, Willis, et d'autres grands esprits, furent entraînés dans l'erreur commune; mollement combattue par des ennemis maladroits et trop faibles pour d'aussi rudes athlètes, cette doctrine trouva enfin dans Riolan un adversaire digne de ces grands noms, et la Faculté de médecine le soutint dans cette lutte, dans laquelle, ainsi que cela arrive toujours, on dépassa le but; ainsi on alla jusqu'à condamner le tartre stibié, paire qu'il avait une origine chimique. Enfin, la philoM'ilih .].- Il H iiu et de Newton vint éclairer l'étude dessii' n( i^; I,! ih' .lecine prit part à ce mouvement, dans lequel l;i)inliau\L contribua à la chute de la chimiatrie, qui tomba alor» comme secte dans le plus profond oubli; 'J'outefois, il ne faudrait pas confondre avec ces vaines théories, ce faisceau de lumières dont la chimie moderne a éclairé les sciences médicales, et surtout la phj-siologie; les sublimes travaux do Lavoisiersur la respiration, sur la chaleur animale, les recherches plus modernes sur la digestion, sur le sang et ses altérations, etc. Ces travaux et ces découvertes, comme toujours, ont inspiré des esprits moins justes, plus auda-
Fig. 5JB. - Ordr.
■loi Cliilopoiloii (la Lilhobtc luurcluio)
de pieds de
arrière en fui m,' ,\. ,|ii, nr : li de deux mu. ImpIl^ iiiuiiird'une espèce de lèvre cl d.
pieds onguiculés; et d'une s. . mihI.- Iim-,formée par uni' sfcmulc paire du pieds terminés par un fort crochoi uiiilii!.'; il ,.st percé d'un trou pour la sortie d'une lii|ia m' m n/niuise qui, chez les grandes espèces et dans l. s pajs > h. nids, parait trèsactivo. Les chilopodes courent très-vile, sont carnassiers, reclicrchcntrobscurilûct se cachent ordinairement
cieux, plus avili'"- ili-
et il en est qi i \
la vie; mais i i-i la I ne doit élever ^e^ |in- CHIMIE. — Scieiu l'étude des divers im entre eux au cnntai't
cations piMlnmlrs ri p
des chanmniriiis ,1a
amoureux do la vérité, mil r\|>li'|iiri' jusqu'au principe de ' si'i I, 1 il, Diru, et nul mortel sensé nilioiis jus.|ue-là. F— N.
' toute moderne a3'aiit pour objet (les d'action que les corps exercent 't qui ont pour résultat des niodifinnanentes dans leur nature ; l'étude is leur composition que ces corps éprouvrjii snus ruilluiiice des agents physiques, chaleur, électricité, lumière; Jétude cnlin des lois qui président à toutes ces actions. En dohoi's do ces divers objets, la
cru
CHl
chimie est encore une science essentiellement descriptive énumérant les propriétés caractéristiques de chacun des produits qu'elle examine. Tandis que la physique n'embrasse que les phénomtnes les plus généraux de la matière , qu'elle s'intéresse par-dessus tout aux grandes forces ou agents naturels, attraction, chaleur, électricité, lumière, qu'elle n'interroge les corps que pour mettre en évidence les effets de ces forces et découvrir les lois de leur action, la chimie étudie chaque corps en particulier, pour lui-même, recherchant son origine et son mode de formation, relatant sa physionomie propre et recherchant ce qu'il devient dans les diverses conditions où il peut être placé. Malgré ces différences capitales, la physique et la chimie n'en sont pas moins deux sciences soeurs ayant des rapports continuels et devant, un jour plus ou moins' éloigné, se fondre en une seule science. La physique, en effet, est de plus en plus entraînée vers l'étude des phénomènes moléculaires qui sont en résumé la manifestation première des agents physiques et qui même quelquefois les constituent tout entiers. La chimie, de son côté, est poussée vers le même point, parce que les phénomènes chimiques ne sont au fond que des phénomènes moléculaires. A c6té de ces deux sciences toutes spéculatives se rangent les applications que l'on en tire chaque jour au grand profit de la puissance et de la richesse de l'homme. -De là la distinction de la chimiethéorique et de la chimie appliquée.
La chimie théorique se divise en chimie minérale, qui s'étend à tous les corps que peut fournir la nature morte, et en chimie organique, qui embrasse tous les produits de la vie chez les animaux et les végétaux et tous les dérivés qu'on en peut obtenir. La chimie appliquée se divise à son tour en chimie induslrielle, chimie médicale, chimie agricole, suivant la nature des applications qu'on en veut tirer. La chimie pratique s'entend de l'ensemble des opérations manuelles ou mécaniques exigéespar la chimie.
La chimie est une des sciences les plus récemment constituées et peut-être celle dont les progrès ont été les plus rapides. Il est à peu près certain, cependant, que les anciens avaient, dès les temps les plus reculés, quelques notions des faits qu'elle enseigne. Les Égyptiens savaient préparer le vinaigre, le sel ammoniac, la soude, le savon, le verre et divers médicaments. Les Chinois possédèrent de bonne heure l'art de fabriquer le salpêtre, la poudre à canon , l'alun, le vert-de-gris , un certain nombre de matières colorantes, la porcelaine. Mais nous n'avons que des notions très-confuses sur l'étendue de ces connaissances isolées et restreintes. Les Grecs ne leur ajoutèrent aucun fait nouveau, et il faut remonter aux Arabes pour voir la chimie recevoir une certaine impulsion. Les efforts de ces premiers chimistes se portèrent particulièrement sur la préparation des médicaments et sur la transmutation des métaux vulgaires en métaux précieux. Avec eux commença pour la science cette longue période connue ^oiis le nom d'alchimie (voyez ce mot), comprenant tout le moyen âge jusqu'aux temps modernes. Cette période fut loin cependant d'être complètement stérile. Geber, chimiste arabe du vin" siècle, connaissait déji l'eau-fortc, l'eau régale, la solution d'or, la pierre inicrnalc , le sublimé corrosif, l'oxyde rouge de mercure, etc. ; et si les efforts opiniâtres des alchimistes ne les conduisirent pas à la découverte chiméiit|ue de la panacée, ou remède universel, et de la pierre philasopliale, nous leur devons du moins la connaissance d'un assez grand nombre de faits importants que la science moderne a conservés en les dégageant du langage obscur qui les recouvrait.
Ce fut à lafm du xvii" siècle que Bêcher, et un peu plus lard Stahl, liront les premières tentatives pour imprimer à la chimie une marche plus sciontiliquc. Ce dernier réiuiit en un corps de doctrine les faits connus jusqu'à lui et chercha à les relier par la doctrine du phloijisliqiie. Quelque erronée qu'ait été cette doctrine, elle n'en exerça pas moins une très-heureuse influence sur la marche do la chimie; elle prépara les grandes découverte» du xviii* siècle.
GwfTroy l'alué publia, en 1718, les premières tables d'adinité; Haies, en \Vi'\, et Black, eu UM, liront les premiers travaux sur le» gaz; Marggraff, en ni>i), distingua l'alumino et la magnésie et enseigna le premier les moyens d'extraire le sucre des plantes indigène», Kn 17":! apparut Schcelc, Siiédois, qui lit faire à la chimie un Irèvgrand pas par la découverte du chlore, de l'aride pruMiiquc.de l'acide fluorhyilrique, de l'acide arsénique, de la baryte et d'un grand nombre d'acides orgauiqui's; puis Prieslley, qiil,vcr» la même époque, découvrit l'oxy-
gène, le protoxyde d'azote, l'acide chlorhydiique ; Cavendish,qui fit connaître l'hydrogène, la formation de l'.icido carbonique par la combustion du charbon, la composition de l'eau et de l'acide nitrique, et enfin Lavoisier. Ce dernier chimiste opéra, de 1770 k 1793, une révolMtion profonde dans la chimie par ses études sur la co^'ibustion et par l'introduction, dans les recherches de la chimie, d'une précision jusqu'alors inconnue. Son influence fut telle que l'on est en droit de rattacher à lui la naissance de la chimie moderne, qui fut définitivement constituée sur ses bases actuelles, d'une part, par l'introduction de la première nomenclature chimique, par Guyton-Morveau, qui eut lieu à la même époque, et, de l'autre, par la théorie des affinités du Suédois "iVenzel (17 77). La découverte des proportions chimiques, par Richter de Berlin (1792); les innombrables analyses da Berzelins sur les sels ; la découverte de la loi des propor» fions multiples pour les combinaisons binaires, par Dalton (IS(J7); l'extension de cette loi aux combinaisons salines, par Wollaston; la découverte de la loi des volumes des gaz qui se combinent et des gaz produits de leur combinaison, par Gay-Lussac ; la loi de l'isomorphisme , par Mitscherlich ; les travaux de Berthollet , Fourcroy, Vauquelin, Klaproth; la décomposition des métaux alcalins opérée à l'aide de la pile, par Humphry- Davy, les nombreuses recherches de MM. Gay-Lussac, Thenard, etc., ont donné à la chimie minérale une impulsion extraordinaire égalée au moins par celle que la chimie organique reçut des travaux de MM. Chevreul, Liebig, Dumas, Laurent, Gerhardt, Malaguti, Cahours, etc., etc.
Les traités de chimie sont très-nombreux. Parmi les principaux, nous citerons ceux de Thenard, Dumas, Berzelius, Gerhardt, Liebig, Pelouze et Fremy, Malaguti, Cahours. (Pour les abréviations et les formules chimiques, voyez ÉQUIVALENTS, Nomenclature chimique.)
CHIMPANZÉ (Zoologie), Troglodytes, V.. Geoff., qui veut dire en grec, qui habite dans les cavernes. — Genre deS(7if/esde l'ordre des Quadrumanes de Cuvier et de Blainville, des Primates de I. Geoffroy Saint-Hilaire, et faisant partie, dans la classification de ce dernier mammalogiste, de la tribu des Pithéciens, groupe des Anthropomorphes. Les premières espèces de ce groupe (Chimpanzé, Gorille, Orang, Gibbon) doivent une certaine célébrité à leur prétendue ressemblance avec l'homme. Ce sont, en effet, de grands singes sans queue, à face une, maisque l'imagination seule a pu représenter comme des hommes des bois. Leur corps ramassé, leurs membres postérieurs raccourcis comparativement aux bras, enfin leur face prolongée en une sorte de museau et dépourvue de front lorsque l'animal est adulte, impriment à leur extérieur tous les traits do la bestialité. Les jeunes, seuls, ont pu offrir quelques analogies lointaines avec les formes do nos enfants. Mais ils nous ont surtout inspiré des rapprochements de ce genre par un certain degré d'intelligence et par des instincts remarquables de sociabilité. Toutes ces qualités disparaissent avec rftge,'en même temps que les formes changent, et les adultes montrent une sauvagerie et une stupidité farouche qui, jointe à leur force prodigieuse et à leur faculté do saisir entre les quatre mains, en font des animaux très-redoutables. Jamais ils ne prennent la marche verticale, jamais ils n'élèvent leur regard vers le ciel, et c'est bien de l'homme seul que le poète a pu dire :
Levant un front allier, il dut porter les yeux Vers la voiilc cloiloc et contempler les cieuJ.
Ces singes vivent sur les arbres et n'ont ;\ terre (piune démarche iiiilian as-rr. pour laquelle ils s'aident des mains auléi imurs aussi liicii que des postérieures. Les chimpanzés liabileut les forêts dO la cûlo occidentale d'Afrique, le Gabon, le Congo, etc.
Le Chimpanzé (Simia Iror/lodgtes, Lin.; Troglodytes niger, I. Geoff. Saint-llil.) (fig. MO), espèce unique connue du genre, a le corps couvert de i)oils noirs, blancs auprès dû coccyx ; il a environ r",M) de hauteur à l'dge adulte; sa face a presque la couleur do la chair; les oreilles grandes, membraneuses, arrondies et bordées, lo front peu »aillant, les arcades sourcilières très-dévcloppées, le museau allongé, mais moins que celui de l'orang-outang. Très-voisin du Gorille, avec lequel on l'a souvent confondu ; il s'en distinguo par des formes moins robustes, une face moins allongée, les canines supérieure» moins saillantes; do plus, dans les gorilles, les doigt» sont moins long», et la peau n'est fendue aux membre» inférieurs que jusqu'il la deuxième i)halange. 11»
CHI
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vivent dans les vastes forêts de l'Afiique occidentale et au Gabon. Leurs mœurs sont peu connues ; on ne sait à
Fig. 5W. — Jeune Chiropanic.
cet égard que ce qu'on a pu observer dans les ménageries, sur les jeunes, qui n'ont pu y vivre longtemps.
CHI^"CAPll\ (Botanique), Fagus pumi/a, de Linné. — Espèce de Châtaignier, qui est le Castanea pumi/a de Michaux. C'est un arbrisseau ordinairement élevé de 2 à 5 mètres, mais pouvant quelquefois acquérir les dimensions d'un arbre. Ses feuilles sont oblongues, aiguës, dentées en scies et couvertes en dessous d'une sorte de coton blanc. Son involucre fructifère s'ouvre en deux valves et contient un seul fruit velu au sommet, et présentant obscurément cinq angles. Le chincnpin croit abondamment dans les bois sablonneux des États-Unis. Ses fruits, qui se développent bien sous le climat de Paris, ont une saveur sucrée très-agréable. Il est souvent cultivé comme espèce d'ornement. Son bois est dur, assez résistant, et même de meilleure qualité que celui du châtaignier d'Amérique, mais on ne peut obtenir que rarement des pièces de dimensions assez fortes.
! CHLNGHILLA (Zoologie), Chincfiilla. Molina. —Genre de Mammifères ronyeurs faisant partie d'un petit groupé nommé tribu des Chmc/ii/lienx, par M. Milne-Edwards,et , famille des Chinchillide!! par M. Beunett. 'Cet animal, qui, il y a seulement une vingtaine d'années, ne nous I était connu que par les élégantes et douces fourrures d'un 1 beau gris perlé qui nous venaient du Chili, sa patrie, a ' pu être enfin étudié sur des types vivants qu'on a possédés à Londres et à Paris. La seule espèce connue, le C. luniyera (Bennett), qu'on ne trouve que dans les montagnes du Pérou et du Chili, se distingue par les caractères suivants : un peu plus petit que notre lapin de garenne, il a quatre dents mohùres pai'tout; la tèle, garnie de longues moustaches, ressemble à celle de l'écureuil ; les oreilles grandes, les pattes minces avec cinq doig(s en avant, quatre en arrière; pelage d'un beau gris, ondulé de blanc en dessus et d'un gris très-clair en dessous, d'une finesse et d'une douceur extrêmes ; il vit dans des terriers; on lui fait la chasse avec des chiens dressés à le prendre sans déchirer sa fourrure. Ces animaux vivent de racines et de plantes bulbeuses. Si l'on en croit Molina, ils sont sociables et doux, aiment à être caressés ; ils sont très-propres, sans aucune odeur, et peuvent habiter les maisons sans aucun désagrément. La fourrure du chinchilla, très-recherchée chez nous autrefois, est beaucoup nioins à la mode maintenant; elle est encore assez portée en Angleterre, où il se vend quatre ou cinq mille peaux par an.
CHlNCHlLLIDIiS, Chinchilhens (Zoologie). — Petit groupe de Mammifères rondeurs, qui a pour type le Cliiiichil/a (voyez ce mot). Us ont des rapports avec les rats, les campagnols, les hélamys et les lièvres; leurs clavicules sont complètes, leurs dents molaires sont dépourvues de racines ; ils compreiment les genres Chiiicliii/a (Benn.l ou Eriomi/s (Licht), Lagolis (Benn.) ou Lariidium (Mey.), /,n'/os(o»i!(i-(Brook) ovi ri.scac/i(7(Mey.). CHIO.XANTHli (Botanique), Chionanihus, Lin., du grec chiôn^ neige, anlliM\ (leur. — Genre de plantes de la famille des Oleinées, tribu des Glaces ; à calice quadiipartitc; corolle &, 4 divisions; 2 étamiues à Hlets très-
courts; drupe charnue, à une loge renfermant une seule graine. Les chionanthes sont des arbrisseaux d'Amérique. Leurs rameaux sont comprimés supérieurement; leurs feuilles entières opposées et leurs fleurs disposées en grappes. Le C. de Virginie (C. virginico. Lin.), appelé !LU si Arbre de neige. Arbre à frange, s'élève à 3-4 mètres. Ses feuilles sont grandes, oblongues, aiguës, et ses fleurs, d'une magnifique blancheur, sont en grappes pendantes. On distingue deux variétés de cette espèce, le C. virginica »!0?i(««o, Puish,qui a des feuilles coriaces, glabres, et la drupe ovale, et le C. virginica marifima, Pursh, arbrisseau à feuilles molles, pubescentes, et à drupe ellipsoïde. Ces plantes sont d'un très-bel effet dans l'ornement. G — s.
CHlOiMS (Zoologie), Chionis, Forst. , du grec chiôn, neige, à cause de la blancheur de son plumage ; c'est le Vaginalis de Latham, ainsi nommé, parce que son bec porte à sa base une lame cornée en forme de fourreau. — Genre à.'Oiseaux e'chassiers, à jambes courtes, presque comme dans les Gallinacés, bec gros et conique ; sur la base, une enveloppe d'une substance dure qui paraît pouvoir se soulever et se rabaisser. Le C. necrophaga, Vieil!, la seule espèce connue, est de la Nouvelle-Hollande; il est de la taille d'mie perdrix et a le plumage entièrement blanc. Il vit, sur les bords de la mer, des débris d'animaux morts que les flots rejettent sur le rivaire.
CHIQUE (Zoologie), Puce pé)iétran1e{Pu/ex pénétrons. Lin.). — Espèce d'Insectes suceurs, du genre Puce, et qui, suivant Latreille {Règne animal), forme probablement un genre particulier. Son bec est de la longueur du corps ; elle est très-connue en Amérique. La femelle s'introduit sous la peau du talon et sous les ongles des pieds, et y acquiert bientôt le volume d'un petit pois, par le gonflement d'un sac membraneux placé sous le ventre et qui renferme les œufs. Leur éclosion amène un surcroit d'irritation dont la suite est un ulcère souvent difficile à guérir. Les soins de propreté prévienneut ces accidents auxquels les nègres sont plus particuUèrement sujets.
CHIRAGRE (Médecine), du grec cheir, main, et ogi-eo, je prends. — Nom donné à la goutte aux mains, par opposition à podagre, la goutte aux pieds (voyez Goutte). CHIRITE (Botanique!, Càirita, Hamilt. — Genre de plantes de la famille des Cijriandracées, tribu des Didgmocarpées. Il comprend des herbes vivaces, poilues, presque toutes originaires de la Chine et de Ceyian. Leurs feuilles sont opposées, pétiolées, bordées de dents. Leurs fleurs sont grandes, rouges ou jaunes, et accompagnées de deux bractées. Les plus répauduesdans les serres chaudes sont : la C. de la Chine (C. sinensis, Lindl.) dont les fleurs réunies par 2-4 sont d'une belle couleur lilas; la C. de Ceyian (fi . zeylanica, Hook.), à fleurs d'un bleu violet, avec des bractées un peu pourprées; enfin, la C. de MooH [C. Moonii, Gardn.), et la C. de Walker (C. walkerice, Gardn.), l'une à tube de la corolle ventru et rose pâle, l'autre à tube d'un bleu pâle, avec un limbe d'un pourpre violet foncé. L'introduction de ces plantes chez nous ne date que de quelques années. G — s.
CHIRONECTE (Zoologie), Chironectes, Ilig., du grec cheir, main, et nectcs, nageur. — Genre de Mammifères, ordre des Marsupiaux, famille des Sarigues, confondu pendant quelque temps avec les loutres, auxquelles il ressemble par la palmature de ses pieds postérieurs et par ses habitudes aquatiques ; il appartient véritablement aux sarigues : ainsi, comme elles, il a une poche abdominale, et sa queue est nue, cylindrique et écailleuse; les dents incisives sont aussi au nombre de dix en haut et huit en bas ; le reste cotnme les sarigues, etc. La seule espèce connue est le C. Ynpocit, Petite Loutre de la Guyane {Didelphi^ pnlmata, Gcofl.); joli petit animal, long de ll"',26 environ pour le corps, et U'",:îO pour la queue ; brun en dessus, blanc en dessous ; ses mœurs sont peu connues, mais il est probable qu'il vit d'insectes aquatiques et de petits poissons; il nage avec une grande agilité. On le trouve sur les bords de la rivière Yapock, dans la Guyane.
CiiiuoNECTE (Zoologie), Antennarius, Comm., môme étymologie que le précédent. — Sous-genre de Poissons acanlhopténp/iens, famille des Pectorales pédiculc'es, genre Uaudroie {Uipliius). Ils ont, comme ces dernières, des rayons libres sur la tfite ; le corps et la tête comprimés ," la bouche ouverte verticalement, les ouies munies de quatre rayons ne s'ouvranl que par un canal et ua petit trou derrière la pectorale. Us se gonflent
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quelquefois comme un ballon, en remplissant d'air leur énorme estomac. Ils peuvent ramper à terre comme de petits quadrupèdes à l'aide de leurs pectorales, et peuvent vivre hors de l'eau pendant deux ou trois jours, ce qu'ils doivent à la petitesse de leur trou branchial. On les trouve dans les mers des pays chauds. Le C histrion (C. hiitrio, Lophius liistrio. Lin.; L. timidtts, Osbek) est un poisson long de 0°',25 environ; il a la tête petite, des barbillons autour des lèvres, le dos doré, le ventre brun. Des mers du Brésil et de la Chine. Sa chair n'est pas bonne. Le C . uni, Lopliie un.e (C. leuigatus, Cuv.l, habite la haute mer entre l'Europe et l'Amérique.
CHIROME (Zoologie), Chironia, Dcsh.— Genre de coquilles bivalves, appartenant aux Mollueques acép/ta/es testacés, famille des Cardiacés, voisine des Erycines de Lamarck; ce sont des coquilles équivalves, régulières, minces, à charnière étroite. On n'en connaît qu'une espèce rapportée pour la première fois par le capitaine Chiron, d'où lui vient son nom. Elle a près de 0",027 de large et provient des mers de Californie.
CiiiBOME (Botanique), Chironia, Lin., dédiée au centaure Chiron, l'un des premiers propagateurs de la chirurgie, de la médecine et de la botanique. — Genre de plantes de la famille des Gentianées, type de la tribu des Chironiées. Les chironies sont de très-élégants arbrisseaux, ordinairement à fleurs rouges. La C. à tiyes nues [C. nudicaulis, Lin.) a les feuilles lisses sur les bords, avec une ou 3 nervures. Sa corolle est à tube grêle, à lobes ovales, lancéolés. La C. à feuilles de ■jasmin (C. jnsminoides, Lin.) a les feuilles coriaces et les corolles à lobes très-obtus. La C. à feuilles de lin [C. linoides. Lin.) présente des feuilles piquantes, et les corolles à tube doux fois plus court que les lobes. La C. à feuilles de serpolet (C. serpyllifolia. Lehm.) aies feuilles ovales, courtes, et la corolle à tube de la longueur du calice. Toutes ces plantes sont originaires du cap de Bonne-Espérance. G — s.
CHIROTE (Zoologie), CIm'oles, Cuv., du grec cheir, main. On leur a aussi donné le nom de Biytmnes. — Genre de Reptiles sauriens , famille des Scincoïdiens, voisins des Chalcides, auxquels ils ressemblent par leurs écailles vcrticillées; ils se rapprochent aussi des Amphisbèncs par la forme obtuse de leur tête; ils manquent des pieds de derrière et ont encore ceux de devant. On n'en connaît qu'une espèce, le bimane cannelé', Bipède cannelé de Lacépède(C caniculatus, Cuv. ; Ckamœsaura propus, Schn. ; Lacerta lombricoïdes, Shaw). Il a deux pieds courts, à quatre doigts chacun, et un vestige de cinquième, de forme cylindrique; il est long de 0'°,'2& & 0°',30, gros comme le petit doigt, couleur de chair ; il vil d'insectes et sa langue peu extensible se termine par deux petites pointes cornées; son œil est très-petit; son tympan, recouvert par la peau, est invisible au dehors. Cuvierne lui a trouvé qu'un grand poumon et un vestige de petit. Il est du Mexique.
CHIRURGIE, du grec cheir, m;iin, et ergon, action, travail, c'est-à-dire l'action de la main employée seule ou armée d'instruments pour le traitement des maladies. — Le but de lu chirurgie est de diviser certaines parties, d'en réunir d'autres, de retrancher quelquefois un membre, une tumeur, d'extraire des corps étrangers, de ramener dans leurs positions des parties déplacées, soit par des pansements, des ajjparcils, soit au moyen d'instruments de toute espèce. Elle ne forme point un art distinct de la médecine dont elle n'est qu'un moyen, le plus puissant, à la vérité, et le plus eflicace. Longtemps les mêmes lionunes cultivèrent toutes les branches de la médecine, chez les peuples de l'antiquité, comme nous l'alicstcnt les ouvrages d'IIippocrate, de Galion, de Celse, d'.VIbucusis, qui traitent successivement des fièvres, des fractures, des plaies, etc., sans distinguer les maladies en internes et en externes. Dans les temps les plus reculés, chez les Égyptii'ns, les Clialdéens, dans l'Inde, la médecine fut pratii|uéo par les ministres do la religion, chez les Hébreux par les lévites. Ce n'est qu'à dater de l'école d'Alexniulrii' qu'elle prend le titre de science; car, avant cette époque, l'unaloiuio n'avait pu Cire étudiée que sur de» animaux, el ses progrès avaientété peu marqués. Cependant, quelques grandes opérations avaienléttl ou décrite» ou praliqin'is par Mippocrnle, le trépan, |>ar exemple : il est certain aussi que la lilhotomie était usitée, puisque le même HIppocralo défend de faire celte opération qui était fort dangereuse, probablcmiMit à cause du défiiut de connalsiianres inialniniques el des mauvais procédés opératoires. Mais bieutOl, uu siècle uprè», vers
l'an 300 avant J. C, Hérophile obtient de Ptoléniée Soter la permission de disséquer des corps humains; et dès lors, l'élude de l'anatomie prend un grand développement ; Érasistrate, son contemporain, et son émule Ammonius, s'y livrent avec ardeur. Sous cette puissante impulsion, la chirurgie ne pouvait rester en arrière, et, lUO ans avant J. C, Asclépiade vient apporter à Rome les connaissances chirurgicales. Celse parait sous Auguste et sous Tibère ; il décrit la cataracte, l'opération de la taille; puis, jusqu'à Paul d'Égine, on ne voit guère paraître que Galion, et enfin, vers le milieu du \n' siècle de l'ère chrétienne, Paul d'Égine vient éclairer d'un dernier reflet l'art chirurgical, dans lequel il se montre supérieur à tous les autres médecins grecs par son expérience e't par plusieurs méthodes curatives qui lui appartiennent : c'est à lui que se termine la liste des médecins grecs. Après la décadence de l'empire, les Arabes vinrent recueillir l'héritage des sciences ; Averrhoës et Albucasis pratiquèrent la médecine et la chirurgie avec succès. Cependant, dans notre Occident, depuis l'établissement du christi;inisme, les moines et les ministres de la religion s'étaient emparés de l'exercice de la médecine et de la chirurgie en France ; et c'est alors qu'elle tomba dans la routine et l'empirisme. Enfin, lorsque les sciences commencèrent à renaître, il s'éleva des écoles dans les couvents et dans les cathédrales: l'art de guérir y fut enseigné, mais ou se borna à expliquer et à commenter les livres des Arabes. La chirurgie ne pouvait se relever dans ces enseignements voués aux discussions scolastiqucs; les moines qui l'exerçaient, et auxquels on donnait le nom de mijres, n'avaient aucunes connaissances anatoniiques et chirurgicales. Sous Louis VII, vers le milieu du mi" siècle, en 1163, le concile de Tours interdit l'exercice de la chirurgie aux ecclésiastiques, à cause des opérations sanglantes qu'elle nécessite; elle fut alors abandonnée aux laïques, presque tous illettrés, et, tandis que la médecine jouissait des privilèges de l'Université, la chirurgie devenait une communauté confondue avec les professions mécaniques. On vit naître alors les rcnoueurs, les rebouteurs, les chirurgiens barbiers Cependant, quelques médecins cessant de faire partie de l'Université voulurent continuer à pratiquer la chirurgie ; ils se rassemblèrent à Paris et formèreut une congrégation dans l'église de Saint-Côme et de Saint-Damien. Jean Pitard, premier chirurgien du roi saint Louis, esprit ardent, enthousiaste de la chirurgie qu'il illustrait p.-ir uu rare génie, et par l'honneur qui rejaillissait sur elle Ue son illustre patronage, organisa cette corporation des chirurgiens, et leur donna un règlement les astreignant à des études sous des professeurs institués à l'école, qui prit le nom de Collège royal de Saint-Cùme. Ce fut là, comme nous le verrons plus tard, l'origine de l'Académie de chirurgie. Ces chirurgiens, dits à longue robe, étaient bien distincts des barbiers, gens illettrés, réduits à une espèce de domeslirité, examinés et autorisés à exercer par le Collège de Salni Ciiim-, n surveillés par ses membres. Par suite des riv.ilm s r\i,i,iiii entre cette dernière école et la Faculté, cillr-ii ijuii |iar obtenir que les barbiers, qu'elle pi-n|r'L'f';iit, fussent investis du titre de chirurgien; crii\ (!.■ Siiini-Come les repoussèrent, obtinrent la révoctiiMui ili s iniics patentes, et exigèrejit que ceux qui voudraiiiii ,i|>p:irienir à leur ordre fussent lettrés; c'est pendain iciuii - I r, liiiii siinn nous voyons surgir vers le milieu du M\' ^1' 1 ■. I ;ii\ (Ir C.iiauli.ac, qui contribua à retirer lu chii'urgie (l(^ iiiainMies barbiers, et enfin, deux cents ans ai)rès, vers liào, pai'ait la grande figure de notre immortel Ambroise Paré, le père de la chirurgie française. Cependant celle-ci continuait à être humiliée par la prépondérance de son orgueilleuse rivale, et Louis XIV luimême, cemonartpio ami des lumières, laissait appesantir sur elle le joug de la Faculté. Ce roi faillit payer cher cet abandon dans lequel il laissa la chiiur^ie ; ru-, ailcint d'une fistule à l'aïuis, il appela les clin m i. irns les plus célèbres, et aucun ne connaissait CI ne pnnaii piatiiiucr l'dlii'i ati.n applirablc à cotte maladie. Ce ne fut (|u'api il. ■ 'is il des làtonnenii'iils infinis que son prenne r ■ I n Félix osa l'opérer et le eui'rit. ICiilrii, le
jmu lie la jii.stice arriva, et, gràee aux solliciiations de La Marlinière et de La Peyromire, Louis XV institua, en 1731, l'Académie royale de chirui'gie, et créa des professeurs dajis le collège pour l'enseignenieut de cette science. Il faut bien le dire, jamais création ne fut mieux jusiillée, car, à celte époque, la chirurgie française acquit en Europe un éclat inaccoutumé; indépendamment des deux illustrations (|ue nous venons de nonuucr, on vit briller au premier rang I^Iarcschal, Morand, Louis,
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Quesnay, puis J. L. Petit, Garcngoot, Ledran, Lafnyo, Foubcrt, Hévin, Lccat, Piizot, Dordciiave, Lamotte, Ponton", LPvret, Sabatier; en Angleterre, Clieselden, les deux Monro, Post, Smellie, les deux Hunter; en Italie, Moscati, Molinelli; en Allemagne, Hcister, Richler. Enfin, Desault,le clief de la nouvelle école française, vint couronner ce passé déjà glorieux, Desault qui résumait h lui seul tout ce que l'art a de plus sublime et do plus digne de l'admiration de la postérité; ainsi la méthode et la précision basées sur ses connaissances en anatomie, la simplicité ingénieuse de ses appareils do fractures, l'enthousiasme pour la chirurgie qu il savait communiquer à ses disciples, l'éclat de son enseignement clinique, tout en lui commandait le respect et la confiance. Bientôt, en nBS, les écoles de médecine furent créées et là fut effectuée enfin cette union, depuis si longtemps désirée par tous les bons esprits, de la médecine et de la chirurgie. Depuis cette époque, renseignement chirurgical est donné simultanément avec l'enseignement médical dans les Facultés qui ont succédé aux écoles de médecine; les épreuves sont identiques pour tous, et si quelques candidats au doctorat ont choisi de préférence le titre de docteur en chirurgie, presque toujours ils ont été déterminés par une vocation spéciale et bii'U spontanée pour cette partie de l'art de guérir, et rinimcnse majorité des chirurgiens les plus illustres^ de notre époque, ont pris le diplôme de docteur en médecine. Aussi, depuis cette grande école de Desault, depuis surtout la constitution des écoles et des Facultés de médecine, combien d'hommes illustres ont honoré la chirurgie! Pelletan, Bover, Percy, Dubois, Larrey, Dupuytrcn. Roux, Marjolin, Riclierand , Lisfranc, Sanson, Blandin, AmiK'^a't, Aug. Bérard, et tant d'autres que
nous neii'-iiin ^ pn^ par discrétion; voilà pour Paris.
Si les horni ^ (!.■ r,-\ article nous le permettaient, nous aurions aus-i ilr !:i ands noms à citer dans les principales villes de France et à l'étranger, et surtout eu Angleterre, en Italie, en Suisse, en Allemagne.
Mais nous serions coupables de ne pas dire un mot aussi de ces nobles et laborieux praticiens qui peuplent nos petites villes, nos bourgs, nos villages même; de ces honorables docteurs en médecine ou en chirurgie qui, après avoir puisé, aux savantes leçons des maîtres que nous venons de citer, une instruction solide, après avoir commencé l'apprentissage de la pratique médicale et chirurgicale dans les hôpitaux comme internes ou même comme externes, sont allés mettre une science, si chèrement acquise, au service de ces humbles populations des campagnes non moins précieuses que celles de nos opulentes cités. C'est là qu'on trouve le vrai médecin, le vrai chirurgien, celui qui, privé d'aides intelligents, de bandages, d'appareils, d'instruments, sait parer à tout, et, dans une circonstance donnée, utilise au profit de ses malades les faibles ressources qui sont à sa portée; il fera une opération de cataracte aussi bien que celle de la hernie étranglée, l'amputation d'un membre, comme le trépan, la lithotritie comme l'enlèvement d'un cancer; ponr faire respirer et vivre un petit malade auquel il vient de pratiquer la trachéotomie, à défaut d'une canule do Charrière, il lui introduira dans la trachée un tube quelconque, fût-ce même un tuhp en bois; et c'est le uiOme homme que vous verrez tout à l'heure aussi sagaco à discerner une fièvre typlioidc, une fièvre pernicieuse, une pneumenie, une angine croupale, etc. Voilà ri> (pi'n pmdnit cette heureuse union do la médecine cl il. I,i . hi,i;i ir. Nous ne parlerons pas ici des oflicierB do ■ ."ni r nMiius à la fois dans les villes et dans les campa, im, .m n.nfondus avec les docteurs; l'insuffisance de l'instruction qu'on exige d'eux, le peu do garanties qu'ils offrent à la société, d'autres raisons encore que nous n'avons pas à présenter ici, font désirer depuis longtemps m'i'iui la s,- , ..mi' mi,. aii.inialic qui n'a plus saraitnil d'. iic ; in riii , niMma s ilans ml moment do réorgani-,:iii.in -• ii. r.<U-. nu il \ iiMMi pniiiirio do médecins et (II' linrur^irii -, Inm o, u lui un liioiifait
pour les temps mi la L^ir I ii', I ;ir ■■ ii/cnssip's, iln\riiail
la vocation géni'Talr lin li^ni ,1 i ;n •■pnipin ; mais
aujourd'hui, la mômn imn sUn im ouibin plus cxislnr. — Ouvrages à consulter: hltiiioiiei île l'Ami/, mi/.dc C/iinirr/iV; ouvrages do .1. L. Petit, Desault, Chnpart, Sabatier, lioyer, Lisfranc, Gordy, Sanson, Vel])oau, Malgais^no, Nélaton; Cnmvemlium de Chirurgie i]c Bérard et Denonvilliers. I''-- i^.
CIIIKURGIKN (Zoologie), nom vulgaire des genres Acniill.ur.' (Pc>lssons), et llncnna (oiseaux).
CIlIyENACfiKS, CIILÉNACÉICS (l'olaniquc), du grec
chlmna, manteau, de la forme de son involncre. — Famille de plantes Dinlypétales hypngpies, comprenant des arbres ou des arbrisseaux à feuilles alternes, entières, et munies de stipules. Caractères : involncre à 1 ou 2 (leurs, calice à 3 sépales; 5 ou 6 pétales; étamines, 10 ou plus, soudées en un petit tube par leurs filets; ovaire à 3 loges ; style simple; stigmate trifide ; capsule enfermée dans un involncre et contenant 3 loges ou une seule par suite d'avortement ; graines à cotylédons foliacés et à périsperme. Les Chlœnacées ont de l'analogie avec les Giittifères. Elles habitent presque toutes 'l'ile de Madagascar et renferment un petit nombre d'espèces fort peu répandues.
Du Potit-Tliouars, dans son Histoire des végétaux de l'Afrifjite australe, a donné une étude sur cette petite famille. G— s.
CHLAM'i'DOSAURE (Zoologie), Ch/amijdosaurus , Gray. — Genre de Kepti/es sauriens, famille des Iguaniens, voisin des Sitanes. Établi par J. E. Gray sur une espèce curieuse apportée de la Nouvelle-Hollande, il se distingue surtout par une expansion cutanée de son cou, semblable à une grande collerette plissée et fendue en avant et eu arrière ; c'est de là que vient son nom, du génitif grec clilamudos. manteau, et saura, lézard. La seule espèce connue, le C. Kingii, ainsi nommé parce qu'il a été rapporté par le capitaine King, est long de 0'>',40 à 0",50; c'est la taille des plus grands lézards connus ; il a la queue longue et grêle, et sur les cuisses une rangée do pores. On ne sait rien sur ses mœurs. CHLAMYPHORE (Zoologie), Chlamyphorus, Harlan, du grec chlamus, manteau, et phoros, qui porte. —Sousgenre du genre Tatou, établi par Harlan [Ann. du Li/cee de New- York, tome I, avec figure 1 : 10 dents partout, 5 doigts à tous les pieds, les ongles de devant trisgrands, crochus, tranchants, comme dans les cabassons ; le dos couvert d'une suite de rangées transversales de pièces écaiUeuses, sans aucun test solide ni devant m derrière, et formant une espèce de cuirasse qui n'est attachée au corps que le long de leur épine; leur qneuo aplatie tombe verticalement derrière l'animal. La sn;:le espèce connue, le C. tronqué (C. truncatus, Harl. ), long deOn',12 àO"»,I5, vient du Chili; il passe la plusgrando partie du temps sous terre.
CHLORATES (Chimie). — Combinaisons de 1 acide chhrique. avec une base. Le plus important de ces sels est le cli/orale de potasse dont l'industrie fait annuellement une consommation considérable.
CHLORATE de potasse (CIO^.KO) (Chimie). — Sel cristallisé en lames ou paillettes incolores, très-brillantes, d'une saveur fraîche et un peu acerbe. Il est insoluble dans l'alcool; 100 parties d'eau peuvent en dissoudre 60 à 100», et seulement G à la température ordinaire. Il cristallise sans retenir d'eau ; on l'obtient toujours anhydre .
Le chlorate de potasse fond à 400° ; à une température plus élevée, il éprouve d'abord une décomposition partielle; une portion en est décomposée en chlorure do potassium et oxygène. De cet oxygène, partie se dégage en liberté, l'autre se porte sur le chlorate de potasse non décomposé, et le transforme en perchlorate (CIO', KO) plus stable que le chlorate. Ce sel finit cependant par se décomposer lui-môme, et il ne reste plus, comme résiâc. de l'opération, que du chlorure de potassium (KCI). Cotte décomposition du sel, que l'on utilise pour la préparation do l'oxygène, est favorisée par son mélange avec du bioxydc de manganèse, et mieux encore du bioxyde do cuivre, sans que ni l'une ni l'autre do ces dernières substances éprouvent aucune altération par ellos-mêmes; elles n'exercent dans cotte circonstance qu'une action de préwnce dont la nature est peu connue.
La grande quantité d'oxygène contonue dans le chloratn do pntasso ot «a fiiriln (li'-rnniposiiion par la chaleur f,,iil cir rn rnrp, nii nw.lani I L-n-niini'f;ique. Prnji'lo SUr (Ins l'halliniis iiiraniins.'nlils, il ilnillin lioU, COlUniC lo sel tin nilm, à iliin trns\ivo di ilaL'ial inii ; mélo a\i'C deS c-ni]is roniliiistibk'S (miuIVo, oliarl) m, plm-.plh r ■, H'sincs, ini'laiix pulvirisés), il forme dos poinlms .pu pinnnent ffu pliisiui innins facilomentsniis In , Un.- nu laniion do la chaleur. Ces poudres, trop brisantes iioiir êiro employées comme poudre de guerre, sont utilisées dans la fabrication dos artifice-.-. Kilos ont servi égalomont, avant la découverte dos allumettes chimiquos, à la piVpai niion dos briquets dits oiygénés. Des alluiimiirs munios à l'une do leurs extrémités d'un mélannn dn , lilnnito do pot.tsse, de résine et 4.0 soufre, s'onfianmiont quand on les plonge dans un flacon d'acide sulfurique qui eu 3)
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mouille le bout. L'acide sulfiirique dtîcompose le chlorate de potasse, met en lil.ei'ié l'acide chlorique (|iii cède aussitôt son oxygène à la matière inflammable. Depuis 1835, l'addition du phosphore au chlorate de potasse a donné lieu aux allumettes chimiques aujourd'hui si répandues, et qui s'enflamment par simple frottement.
Le chlorate de potasse a été découvert, en I78C, par BerthoUet, qui lui donna le nom de muriate suroxygéné de potasse. On le prépare en grand dans l'industrie en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution concentrée et chaude de potasse ou de carbonate de potasse aussi pur que possible. 11 se forme du chlorure de potassium et du chlorate de potasse. On sépare ensuite ces deux produits par la cristallisation en s'appuyant sur ce double fait, que le chlorure de potassium est très-sohible à froid, tandis que le chlorate de potasse l'est trèspeu. Ce dernier se déposera donc à peu près seul dans une opération bien conduite. Une nouvelle cristallisation le donne pur.
La préparation du chlorate de potasse peut être faite d'une manière plus économique à l'aide d'un procédé indiqué par Liebig. Au lieu de faire passer le chlore dans une dissolution de potasse qui no donne guère que 10 p. 100 do son poids du sel, on le fait passer dans un lait de chaux -, il se produit du chlorure de potassium et du chlorate de chaux; on dissout à chaud et on verse dans la liqueur une suffisante quantité de chlorure de potiissiun) qui transforme le chlorate de chaux en chlorure de calcium, en se transformant lui-même en chlorate de potasse.
CHLORE (Chimie), du grec chlôros, jaune verdâtre. — Corps simple, gazeux à la tempér.ature ordinaire, d'une couleur jaune verdâtre, d'une odeur particulière, désagréable, irritant fortement la poitrine et pouvant même occasionner des crachements de sang, quand, par inadvertance, on en respire des quantités un peu considérables. Sa densité est 2,44 ; un litre de ce gaz pèse 3sf,17. Son «quivalent est 3.5, S.
Le chlore n'est pas un gaz permaiient.
Comprimé jusqu'à ce qu'il soit réduit au quart OU au cinquième de son volume, il commence à se transformer en un liquide fortement coloré en jaune : c'est du chlore lii/uide. Si à la pression on joint une basse température, la liquéfaction devient encore plus facile. Le -chlore est soluble dans l'eau qui en •prend deux fois son volume. L'eau ainsi obtenue s'appelle eau de chlore. La dissolution saturée, plongée dans de la glace, laisse déposer une matière floconneuse qui est une combinaison définie de chlore et deau ou hydrate de chlore (Cl,IOaq). L'hydrate peut être recueilli par décantation, séché entre deux feuilles de papier non collé, puis introduit dans un tube que l'on ferme à la lampe. A mesure que la température s'élève, les cristaux d'hydrate de chlore fondent, et on voit apparaître dans le tube deux couches liquidas , l'une supérieure , jaune pâle, est de rc?.M de chlore; l'autre située au-dessous, fortement colorée, est du chlore liquide. C'est le moyen le plus simple d'obtenir ce dernier produit.
Le chlore est romanjuable par l'énergie do ses afliiiités chimiques; mélangé avec de l'hydrogène, il se combine brusquement avec ce gaz dès qu'il reçoit le contact des rayons solaires, ou qu'il est traversé par une étincelle électrique. Cette combinaison est accompagnée d'une a\plosiou violente et assez souvent do la rupture du vase dans le(|uel elle a lieu. Cette expérience doit donc être faite avec précaution. L'explosion peut même avoir lieu à la lumière dilluso du jour, quand lo chlore, .avant son mélange avec l'hydrogène, est resté quelque temps exposé à r.nclion directe des rayons solaires, lin dehors do cette condition, la combinaison a encore lieu, mais d'une manière lente. La (lammo d'une bougie produit «IIP lo mélange lo même effet que la liimièro solaire et r<!tincellu élerlpiipin. Lo résultat de In combinaison tmt, dan» l'un et l'autre ca.s, de l'acide rli/orlii/dri(/ite. L'alTmitû du chlore pour l'Iiydrogène est tellement crande que elle substance décompose peu à peu l'etiu dan» laquelle il est disTOui. L'euu do chlore »o déculori^ peu à pi-u et non cliloro ho transforme peu A peu imi acido chlorhydrifiuo, en infime.ttwnpB que de l'oxygène devieut libro. Cot oxygène ruHlo en partie di»sous dans
l'eau, mais la plus grande partie s'en dég.age ou s' .mit au chlore pour former de l'acide perchlorique(C10''). On ne peut donc cojisorvcr quelque temps une dissolution de chlore qu'à la condition de la tenir constamment à l'abri de la lumière dans des fl.acons en verre noir, ou mieux, renfermés eux-mêmes dans un étui en carton fermé par un couvercle.
Le chlore enlève aussi l'hydrogène à la plupart des substances qui en renferment : c'est un déshydrogénant énergique ; c'est aussi uti oxydant puissant, bien qu'il no renferme aucune trace d'oxygène ; mais, en décomposant l'eau, il met de l'oxygène en liberté, et cet oxygène naissant se trouve dans les conditions les plus favorables pour entrer dans de nouvelles combinaisons. C'est à cette double propriété que le chlore doit d'être employé comme désinfectant et comme décolorant. Il est désinfectant, parce qu'il s'empare de l'hydrogène des matières organiques, quelles qu'elles soient, auxquelles l'infection peut être attribuée. Il est décolorant, parce qu'il déshydrogène la plupart des matières colorantes provenant du règne végétal, ou parce qu'il les oxyde indirectement, et que, dans l'un et l'autre cas, il en change la nature. Sous ce double rapport, le chlore est d'une grande importance en industrie. 11 y est toutefois rarement appliqué en nature à cause des dillflcultés de transport et de conservation ; on préfère généralement le condenser par la chaux, et c'est à l'état de chlorure de chaux (voyez ce mot) qu'il est livré au commerce.
Le chlore a autant d'affinité pour la plupart des métaux que pour l'hydrogène; plusieurs prennent feu dans ce gaz dès qu'ils y sont versés. Il attaque rapidement le mercure, et, quand il est à l'état naissant dans l'eau
-ijfc^
ris. su. — rr.-pa
(Ili chlore s
ri'-f;ilc. il (iissoMi |iroin|ii.Mnriit les métaux les i>lus rclirilr-.tcl, (|iir |<,|-, le pUiiiue, ctc. H u'cst pas do corps xiiiipli' i|ui ne |iiii-,e eire . nnil)iné avec lui; quelques-uns (■e|.eiiil;uit ne s'unissent avec lui que d'une manière trèsfugitive; tel est, en particulier, l'iizote avec lequel il forjue un composé redoutable par son instabilité (\oycz ChlorureI.
Le chlore forme avec l'oxygène cinq combinaisons qui sont toutes acides. Ce sont : V-M-iih: hi/porhloreux [CAO), l'acide chloreux (CIO'), l'acide; /iv/'OeA/yr/yue (CIO''), l'acide chlorirjue (CIO'') et l'.acide perclilorique (CIC) (voyez ces mi>ts).
Le chlore a été découvert en 1774 par Scheele, qui lui donna le nom A'nri,!,' nuiriatiquc déphlnr/isti'iué Plus tard, Lavoisier et Uerihollet le consi<lérèri']it comme de l'acide rhl..rbydrii|uc (ixvgéii.', et rappelèrent oridc muriatiii>ir n.r:iiiéii,': Cay-Liissac et 'l'henard en l''rauco, et llumphry l):i\ye,i Vi'iglclerri', établirent, vers 1811, que ce gnz r'-i snn|il ■ ei niin composé d'.autres éléments connus. Dès 17K.>, l!e)i|i(illot avait utilisé l'action du chloro sur les [natitros colorantes, en l'employant au blanchiinont d(!S tissus. Le professeur llallé, de l'École do niédeciuo de Paris, avait, à la même époque, signalé ses propriétés antiseptiques, et en 1791 Kourcroy lo recommaiida comme jiropro à désinfecter les cimetières, les salles do dissection, les écuries en cas d'épizootio, etc. Cuyton Morveau en popularisa l'emploi sous ce rapport, \VM l'invention d'uti petit appareil portatif propre aux fumigations.
Le cliloi'o s'obtient ft l'état gazeux en faisant agir l'acide, clilcirbydriqm! sur li; bioxydo de manganèse quo l'on trouve aboïKlammont dans la nature. 11 se produit
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veur très-acide. On peut le lii]nofier à la température oïdinaire par une pression de 40 atmosphères, ou Ijien à la pression barométrique ordinaire, en l'exposant i un froid très-vif. Sa densité est 1,245. Son aiidité pour l'eau est extrême. Si on débouche à l'air un flacon rempli de ce gaz, on voit apparaître d'abondantes fuuiécs blanches dues à ce (lu'il s'empare de l'humidité de l'air. Si on débouche le même flacon sous l'eau, l'eau s'y précipite comme s'il était vide, et avec une telle violence que le flacon peut être brisé. Toutefois, la moindre trace d'un gaz étranger suffît pour ralentir beaucoup cette absorption, à cause du voile que ce gaz forme à la surface de l'eau entre elle et l'acide. Loi'squ'on plonge la main dans une atmosphère d'acide chlorhydrique, on éprouve une sensation de chaleur due à la condensation du gaz sur la couche d'humidité qui recouvre la main et i sa
- Effl
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ainsi de l'eau, du chlorure de manganèse et du chlore, comme l'indique la formule
MiiOi + 2UC1 = ÎHO + MnCl + Cl.
On remplace quelquefois dans cette préparation l'acide chlorhydrique par un mélange d'acide sulfurique et de sel marin Par la réaction mutuelle de ces deux composés il se forme du sulfate de soude et de l'acide chlorhydrique qni joue le môme rôle que prérédemment. Mais si l'acide sulfurique est en quantité sullisante, le chlorure de manganèse est remplacé lui-même par du sulfate d'oxyde de manganèse; toutefois, pou^ le même poids de cette substance, on n'obtient toujours que la même quantité de chlore. Si on veut obtenir le
chlore à l'état gazeux, les matières nécessaires à sa , , »•>
Drénaration sont introduites dans un ballon de verre , combinaison avec cette couche. Les matières organiques l«r,5il) fermé par un bouchon que traversent deux finissent par y noircir, par suite de la perte d eau que \I"J- •"'! i'i'""^ 1" ]pj,[. faïf éprouver 1 acide et du
commencement decarbonisat Ion qui en résulte.
L'eau peut absorber environ 500 fois son volume d'acide chlorhydrique. C'est la dissolution ainsi formée, que l'on appelle ordinaii-cment acide clilurliydrique dans le cotnmerce. Quand elle est concentrée , sa densité est l,'21. Elle contient 54 parties d'eau pour :iG,5 d'acide chlorhydrique pur. Mais au contact de l'air, cette dissolution perd peu à peu la moitié de son acide en donnant des fumées blanches, et l'hydrate restant, a une densité égale seulement i^ 1,128- L'ébullition lui fait perdre encore une partie de l'acide, mais celui-ci ne disparaît pas entièrement, et il ? asse à la distillation un hydrate correspondant à la foi mule HGl 4- I6H0.
L'acide chlorhydrique seul ou mélangé avec de l'acide nitrique, ce qui constitue l'eau régale, peut dissoudre tous les métaux ; un grand ju nombre d'entre eux sont même dis-
sous par lui seul et à la température ordinau-e, ce qui explique la grande importance qu'il possède dans les arts, où il sert en outre ;\ la préparation du chlore et des chlorures décolorants. Du reste, si ce n'étaient les frais de transport et d'emmagasinage, il serait d'un prix extrêmement bas, car certaines industries , principalement la fabrication des soudes artificielles, en produisent des quantités énormes, supérieures aux besoins de la consommation, et dont elles ne se débarrassent quelquefois qu'avec peine en les faisant perdre, soit dans la mer, soit dans des montagnes de craie. On l'obtient en traitant le sel marin ou chlorure de sodium par de l'acide sulfurique; il se forme du sulfate de soude, d'où on retire la soude artificielle, et l'acide gazeux se dégage. Lorsqu'on veut recueillir celui-ci, on fait l'opération dans un cylindre de fonte A {fig. 543) dans lequel on introduit d'abord le sel marin par son fond mobile, puis ensuite l'acide au moyen d'un entonnoir en terre B, pénétrant dans une ouverture pratiquée sur le haut du même fond, et que l'on bouche ensuite au moyen d'un tampon d'argile. Le fond opposé du cylindre est percé d'une autre ouverture à laquelle on ajiplique un tuyau de dégagement T pour le gaz acide, que l'on fait passer au travers d'une série de boiiboimesO, O', contenant de l'eau qui le dissolve. Comme les acides rongent l'.sscz rapidement le cylindre, on le retourne de temps en temps pour que l'usure se fasse régulièrement. Une cinquantaine de cylindres fonctionnent en même temps dai.s les grandes fabri(iues, et chaque cylindre fournit environ 200 kil. d'acide liquide marquant 21 à 22° à l'aréomètro de iiaumé. C'est dans cet étal qu'il est livré au commerce. H est alors bien loin d'être pur. Il renferme d'abord tous les sels tonus en dissolution dans l'eau ordinaire, puis des acides sulfurique et sulfureux, du perchlorure de l'or, et quelquefois même de l'acide arsénieux et de l'acide ai'séiii(iue provenant des réactions efl'ectuéos ou des produits cpi'on y emploie. Ces substances no nuisent pas aux usages conuuuiis do r;u-ide ; mais d;ins les laboratoires on a ^ouv^ ut be-<oin d'un aride couiplé-
Preparati
tubes; l'un recourbé en S sert à recharger d'acide, l'autre se rend dans un premier flacon laveur B, contenant une couche d'eau que le gaz doit traverser, et où il se dépouille des vapeurs d'acide chlorhydrique qu'il entraîne toujours un peu avec lui. De là, il passe à travers un tube de verre C remidi de fragments de chlorure de calcium fondu, qui lui enlève son humidité. Il pénètre enfin au fond du flacon A ouvert à l'air libre. Le chlore, plus dense que l'air, forme au fond de ce flacon une couche de gaz qui, en s'épaississant, chasse devant lui l'air dont il prend la place. Le chlore, en elTet, ne peut être recueiUi ni sur l'eau cjui le dissout, ni sur le mercure qu'il îitlaqne.
Quand, au contraire, on veut une dissolution de chlore, on fait passer le chlore au travers d'mie série de flacons B, G à moitié pleins d'eau, ainsi que le montre notre figuie 542.
CIILOKEL'X (Acide). — Gaz jaune verdâtre, solublo dans l'eau, qui en prend cinq à six fois son volume et en reçoit une couleur jaune d'or. Il est formé par l'union d'une proportion de chlore (35,6) avec trois proportions d'oxygène (24). Il s'unit aux bases avec lesquelles il forme des sels (chlorites) bien définis. 11 est peu stable par luimême et se décompose très-facilement sous l'influence de la chaleur.
On l'obtient en chaulTant avec ménagement un mélange de chlorate de potasse, d'acide azotique et d'acide arsénieux. Par l'iiiterniédiaire de l'acide azotique, l'acide arsénieux (AsO') pa.«se à l'état d'acide arsénique (AsO') en enlevant à l'acide clilorique iClO') du chlorate, deux proportions d'oxygène, ce qui le nuuène à l'état d'acide chloreux (ClO^).
CiTi.ontxx (AciDR iiïro). — V. Cni.ontnES uécoloiiants.
ÇllLOmiYDRlQUE (AciuE) (Chimie), appelé aussi Ai:idc lii/dn,chl'in</ue, et autrefois Esprit de sel fumant, Aademuriatiqur. — C'est une combinaison de chlore et d'hydrogène à volumes égaux ou on poids de 35,5 de chlore pour 1 d'hydrogène. Sa formule est GUI,
A l'état de pureté, l'acide chlorhydrique est un gaz in- ! tomcnt pur. On peut l'obtenir aisément ;\ cet état au colore, irrespirable, d'une odeur suflocaiite et d'une sa- 1 niojcn d'un procédé imaginé par M. Lambert. L'acide il
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purifier est introduit dans un flacon communiquant avec une série de flacons de Woolf, garuis d'eau distillée, puis on fait arriver un très-mince filet d'acide sulfurique concentré au milieu de l'acide chlorhydrique. L'acide sulfurique s'empare de l'eau de l'acide en dissolution, et dégage en même temps assez de chaleur pour que le gaz s'échappe et aille se condenser dans l'eau distillée.
Fij. 5'.î. — rrcparalion de Tacide chlorhydriqtie.
L'acide chlorhydrique était connu des alchimistes sous le nom d'esprit de se/. Son mode de préparation actuel remonte à la fin du xvii« sibcle, et est dû à Glaubci-. Mais ce fut Priestley qui, en 1772, le recueillit le premier sur le mercure à l'état gazeux, et MM. Gay-Lussac et Thenard qui en établirent les premiers la composition exacte.
CHLORHYDRATES (Chimie). — Combin.aisons d'acide chlorhydrique avec une base. Tel est, par exemple, le chlorhydrate d'animoniaque ou se/aï7imoîi!ac(ClH,AzH3) (voyez ce dernier mol).
Le chlorhydrate de sonde serait une combinaison d'acide chlorhydrique avec l'oxyde de sodium ou soude (CiH,NaO) ; mais comme cette combinaison à l'état anhydre ne renferme plus ni l'hydrogène de l'acide , ni l'oxygène de la base, on lui donne plus ordinairement, en chimie, le nom de chlorure de sodium (voyez Ciilo- RinEs). Le mot chlorhydrate n'est donc guère conservé que pour les sels à base oi'ganiquc, comme les chlorhydrates de quinine, de morphine, de strychnine, etc., et pour le sel ammoniac.
CHLOlilD;-: (Zoologie), Chlorida, Sorv., du grec ch/drûs, vert. — Genre li' Insectes coléojjtères te'tramères, de la famille des Longicoriies, tribu des Ce'rambijcins, établi par Scrville aux dépens du genre Sle'nocore de Fabricius, formé lui-même de différentes espèces de la mûuic famille, entre autres des Leplures. Ce genre se distingue par le praisternum simple, par la tûtc hoiizontale et par l'extrémité de chaque élytre qui présente deux épines. Dejean en donne quatre espèces, toutes d'Amérique, parmi lesquelles le C. costata, Serv. ; Slenocnrus cosfatus, Fab., ty|)e du genre, il produit un son aigu en volant ; on le trouve sur les feuilles ou le tronc dos arbres. M. Buquet y a ajouté deux nouvelles espèces, dont le C, C'jslipens'S, Buq., de Cayemie, long de 0'",(I28, est d'un gris cendré : les antennes sont armées d'une forte épine au bord marfiinal.
CHLORIDIÎliS (Botanique). — Tribu de plantes établie par Kuiith dans sa famille des Grainiiiées . Ses caractères les plus saillants sont : épis unilaiiVanx ; i'|>illi'i^ ("i une ou plusieurs fleurs dnnt les supi i p mm ..m iiir,>ii; piétés; glume à 2 folioles; 2 glurii.i: mm ml.i m u herbacées. La glume persiste sur le ku lu \v«i aiti. ni. , et sa foliole supérieure regarde en dehors. Genres principaux : Chlnns, Swartz ; Eleusine, Ga3rtn. ; Cynndon, Rich (chiendent), etc. G — s.
CIILOIIION (Zoologie), C/i/onon, Latr., Fab. — Genre à'in-icctcs lif/iiit!iiO}iléres, si.xlion des l'orlc-aii/uHlini, tribu de» Fouisseurs, famille des SjiMçiimcs, distingués par t de» antcnnoi insérées prit» do la bouche, palpes maxillaires filiformes ; languette: à trois divisions courtes. Le» cillerions «ont vertn, comme leur nom l'indique; ils ressemblent aux spln'x et aux animopliilc», ont la tùte potilo, arrondie, rélrécii^ en arrière; on les trouve surtout dans le» pny» chaud» ; l'captce la [ilus intéressante,
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le C. comprimé [C. compressum, Fab.), bleu ou d'un vert bleuâtre, est une jolie mouche de forme éla.icée. Dans nos colonies et à l'Ile de France surtout, elle fait une guerre acharnée aux kakerlacs ou ravets, et rend par là de très-grands services aux habitants. On trouve dans le VP volume des Mémoires de Héaumur sur les insectes, des observations fort ctirieuses de Cossigni sur la manière dont elle fait la chasse à ces hôtes incommodes des colonies,
CHLORIQUF. (Acide) (Chimie). — Acide formé par l'union d'une proportion (36,5) de chlore et de cinq proportions (40) d'oxygène; sa formule est CIO'; on ne peut l'obtenir qu'en dissolution dans l'eau ou en combinaison avec les bases. Sa dissolution concentrée est un liquide sirupeux, rendu un peu jaune par un peu de chlore dissous et très-peu stable. A 40°, il se décompose en acide perchlorique (GIO') et en acide chloreux (CIO^). A une températiu'e un peu plus élevée, la décomposition est plus profonde et la substance ne tarde pas à se résoudre en ses éléments, chloi'O et oxygène. Sa richesse en oxygène et sa facile décomposition rendent l'acide clilorique un oxydant énergique employé quelquefois à ce titre en chimie. On le retire du chlorate de potasse.
CHLORIQUE (Acide peu). — Acide provenant de l'oxydation de l'acide chlorique et ayant pour formule CIO''.
CHLORIS (Botanique), Ch/oris, Swartz, du nom de la nymphe Chloris, femme de Nestor. — Genre de plantes de la famille des Graminées, type de la tribu des Clduridées. Il comprend des plantes habitant principalement les Indes orientales et le cap de Bonue-Espérance. Leur port est élégant ; leur chaume est simple ou rameux avec des feuilles planes.
CHLORITES (Chimie). — Sels formés par la combinaison de l'acide chloreux avec les bases. Ils sont géiiéi-alemcnt colorés en jaune et peu stables.
CHLOROFORME (Chimie) (G-'HC13). — Liquide incolore, ayant une odeur éthérée, une saveur sucrée, volatil, mais s'enllammant avec difficulté, et donnant, quand il brille, au sein d'une flamme , une teinte verte à celle-ci. Sa densité est Ij'iO; son point d'ébuUition, GC ; sa densité de vapeur, 4,2. Peu soluble dans l'eau, trèssoluble dans l'alcool, il constitue lui-même un dissolvant des plus importants pour le phosphore, l'iode, la guttapercha, etc. La moindre trace d'iode lui donne une couleur violacée très-riche, qui est caractéristique. On peut le considérer, quoiqu'il ne rentre pas véritablement dans la même série, comme de l'acide formiquc (C'IIO') dans lequel l'oxygène est remplacé par le chlore; aussi, en le traitant parles alcalis, donne-t-il un formiate et un chlorure.
r.sHcis + Ko,!io = KO,r.2iio3 -1- 3K(;;i -t- 4110
Chloiofoniic. Formiate Chlorure
de potasse. de
potassium.
On l'obtient en traitant l'alcool vinique ou l'esprit de bois par les hypochloritcs alcalins. On mélange dans la cucurbite d'un alambic 8 litres d'alcool vinique à 85 centièmes, étendu de 25 fois son volume d'eau avec 2 kil. d'hypochlorite de chaux de commerce et i kil. de chaux vive délitée à l'avance; on pliuv ir . li;i|iiirau et on distille. Quand la réaction a coin u'v s. m- I influence de
la chaleur du foyv-u', elle se pomsini a\ro rapidité et l'on rfi-iirillr A l'extrémité du si-rpciitin It- chloroforme qui ^'(■si |hVi ii'iii' au fond du récipient, et au-dessus de lui uiir I nuiiir d'eau qui en retient une petite proportion
,H,lr, pu
l'employer qiu' prenant les jui tion du ui:ilad(
(le l'eau à l'aide d'un entoniiii:h I av.'c- du chlorure de caliiiir uih ciiinièrc fois. Le chloplu- priH icux pour déterminer a 1 1 ] ' I u rd'liui cette propriété pour I' \ives douleurs qu'entraine- 11 iiii.ic-.ales. Il ne faut toutefois
rr, Il fini liaair, 111 ,-\v\W, Ctl
llr liails 1rs (ninIhi.H,,, n.ailialcS.
iiolonne est liiic a MAI. I.n'hig et
Soiilieiriiu ; siiii (•Inde ciimplète a été faite ]iar M. Dumas. ClII.OIlO.All'niUI'. (Chimie). — llMe a pour but Tévaluation des (puiiilités de chlore contenues ilansdes disseluliims, et surtout dans les chlorures décolorants. La consommation énorme que l'industrie l'ait annuellement du chlorure de chaux, la facile altération de ce produit dont le ciilorcso dégage par son exposition i l'air, la nécessité d'opérer avec des chlorures d'une richesse en
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clilore bien connue, et la difficulté de reconnaître cette richesse par un examen extérieur du composé, rendent les essais chlorométriques d'une grande importance industrielle. . ,. , ,.
M. Gay-Lussac avait proposé de faire une dissolution d'un poids constant du chlorure à essayer dans un poids égaloment constant d'eau, et d'y verser peu à peu une dissolution titrée A'indiyo, jusqu'à ce que l'indigo cessât d'y être décoloré par le chlore. La quantité d'indigo nécessaire pour obtenir ce résultat, servait de mesure à la quantité de chlore contenue dans la dissolution à l'essai.
La dissolution d'indigo s'altérant avec le temps, les résultats obtenus par ce procédé ne pouvaient mériter quelque confiance qu'à la condition d'opérer avec une dissolution récemment préparée, ce qui devenait un embarras et une cause d'erreurs. M. Gay-Lussac a donc proposé un autre moyen plus constant. Pour former la liqueur d'essai, on dissout '1=S439 d'acide arsénicux bien pur dans de l'acide cUlorhydrique également pur, et on étend d'eau jusqu'à ce que l'on ait obtenu un Utre de liqueur. Pour faire l'essai d'un chlorure, on en pèse 10 grammes que l'on dissout dans un litre d'eau. On prend 100 centimètres cubes de la liqueur arsenicaledans laquelle on verse quelques gouttes d'une dissolution quelconque d'indigo de manière à la colorer légèrement en bleu, puis on y verse peu à peu la dissolution de chlorure. Le chlore que contient celle-ci fait passer l'acide arsénieux à l'état d'acide arsénique par la vertu oxygénante qu'il possède (voyez CHLor.E). Dès que la transformation est complète, le chlore en excès agit sur l'indigo qu'il décolore. L'indigo ne sert donc plus ici que pour constater que l'arsenic est saturé d'oxygène. Moins il faudra de la dissolution de chlorure pour y arriver, plus cette dissolution sera riche en chlore. S'il faut seulement 100 centimètres cubes, le chlorure de chaux est pur; mais s'il en fallait 133, le chlorure de chaux ne contiendrait que TTT ou 75 p. 100 de chorure pur. Il est important pour le succès de l'opération qu'elle se fasse dans l'ordre indiqué plus haut.
CHLOROPHYLLE (Botanique), du grec chloros, vert, et phullou, feuille. On appelle ainsi la matière colorante verte ; la plus caractéristique de l'organisation végétale. C'est en même temps la plus importante par son rôle d.ins la nutrition. La chlorophylle parait avoir une nature analogue à celle des résines^ au moins est-elle soluble dans l'alcool. Elle circule souvent dans le liquide même qui remplit les cellules, et le colore en vert; mais elle forme aussi une couche sur les granules qui se trouvent habituellement dans leur cavité, et leur donne l'aspect de granules verts que l'on a regardés souvent comme les granules constitutifs de la chlorophylle elle-même. Ordinairement ces petits grains sont de nature amylacée, et la couche qui les revêt et les colore est extrêmement mince. Lorsqu'on essaie de séparer la matière colorante, elle se présente en une masse gélatineuse informe et de couleur verte. On conclut de ces faits que la chlorophylle est une matière résinoide qui circule mêlée au liquide intracellulaire et qui forme de ujinces dépôts à la surface des granules conmiunénient répandus dans les cellules du îissu végétal. Une chose remarquable dans sa composition chimique, c'est que, comme Vhématosine des animaux, elle contient un composé ferrugineux. La production de la chlorophylle dépend de l'action de la lumière ; maintenu dans l'obscurité, un végétal ne prend pas la teinte verte, il reste blanc jaunâtre. On a donc pu penser que la respiration diurne était pour quelque chose dans la production de la matière verte. Ces questions sont encore enveloppées d'une grande obscurité. De Candolle, ayant reconnu que la chlorophylle pouvait prendre difféi'entes teintes et devenir même incolore, liroposa de substituer à son nom celui de chromulc (c'està-dire matière colorée quelconque), et cela avec d'autant plus de justesse que les feuilles ne sont pas les seuls organes qui contiennent de la chlorophylle. Voir, pour le déveloiipement de celte matière , Hrc/terches microicopii/ties sur ta chloruiiliyUc, par M. Arthur Gris [Anna'es dis seiencrs naturelles, ■'!'■ série, t. VU). G— s.
CHLOUOSE (Médecine), du grec chloros, jaune paie, verdàtro. — La chlorose est uiu; maladie caractérisée par la pâleur de la peau, un état de faiblesse générale, la dépravation des fonctions digestives, la gêne de la respiration. On la rencontre souvi'nt chez les jeunes lllles, «pu li|urfois chez les femmes ; ou l'a même observée chez les jeunes garçons; et il est probable que l'ensenilile de phénomènes qui la constituent, tient à quelque dérangcir.cnt imioitant dans les fonctions de nutrition qui
altère profondément la composition du sang; les principales causes prédisposantes sont le tempérament lymphatique, une constitution faible, mélancolique, l'habitation dans des lieux bas, humides, des aliments peu nourrissants, indigestes, l'abus des boissons aqueuses, des bains chauds, le sommeil ou la veille trop prolongés, une vie sédentaire. Les principales causes déterminantes sont les passions tristes, l'ennui, la nostalgie, la suppression accidentelle des époques mensuelles survenant par une cause extérieure ou par une émotion vive, une frayeur, une colère; ou enfin une maladie longue qui a débilité la constitution. On voit une jeune malade devenir d'un jaune pâle, verdàtre ; les lèvres sont blanches; les paupières livides, boursouflées ; la conjonctive est d'un blanc mat; la peau est sèche, plombée; les chairs sont flasques ; les pieds enflés ; l'appétit ce perd; il devient dépravé; elle désire des aliments salés, du vinaigre, des grains de café ; puis des choses impropres à l'alimentation, du charbon, des cendres, de la craie; le pouls est petit, fréquent; il y a des palpitations, gêne de la respiration ; elle ne peut courir, monter un escalier ; il y a des lassitudes, l'exercice est pénible ; il y a de la tristesse, des pleurs involontaires. Lorsqu'on applique le stéthoscope au-dessus de la partie interne des clavicules, à la région correspondant aux artères carotides et aux sousclavières, on perçoit une vibration sonore, une espèce de roucoulement, qu'on désigne sous le nom de bruit carotidien, bruit de soufflet, de diahle. Examiné au microscope, le sang des chlorotiques offre une diminution considérable dans la quantité des globules, par rapport à celle du liquide dans lequel ils nagent ; sans que la quantité de fer ait diminué dans un même poids de ces globules. Il en est de même dans Vane'mie (voyez ce mot). De tout ce qui vient d'être dit, il est résulté, pour quelques auteurs, un certain vague dans la distinction à établir entre la chlorose et l'anémie que plusieurs médecins ont confondues. La durée de la chlorose est trèsvariable, même lorsqu'elle est soignée convenablement ; elle peut durer plusieurs mois. Les indications à rernplir pour le traitement doivent tendre surtout à rétablir le jeu régulier des fonctions de nutrition et à combattre la débilité générale. On conseillera donc les vêtements de laine, une alimentation tonique, une habitation saine, bien aérée, bien éclairée, de l'exercice au grand air, la danse, l'équitation, les promenades en voiture, à pied, les bains de mer, les frictions sèches et aromatiques. A tous ces moyens, qu'on peut appeler hygiéniques, on ajoutera une médication plus spéciale; ici les ferrugineux jouent le principal rôle : on prescrira d'abord les préparations ferrugineuses insolubles dans l'eau, comme moins actives, l'oxyde noir (ethiops martial), le fer réduit par l'hydrogène, le sous-carbonate de fer; on en viendra ensuite aux préparafons solubles : le lactate de fer (pilules, pastilles, dragées de Gélis et Conté), le citrate de fer, le chlorure, le valérianate, l'iodure de fer, etc.; ces ditférentes préparations, seules ou associées à d'autres toniques, tels que l'iode, le quinquina, la valériane, la gentiane, l'aloès : à tout cela on joindra utilement les eaux minérales de Spa, de Passy, d'Auteuil, de Vichy, et mieux encore les eaux sulfureuses de Bagnères de Luchon, de Cauterets, d'Amélie, etc. F — n.
CHLOROXYCARBOiVilQUE (Acide) (Chimie) (COCl). — Gaz acide formé par l'union de l'oxyde de carbone et du chlore à volumes ég.aux; on l'appelle quelquefois pliosgrne. Ce composé, analogue par sa composition à l'acide carbonique, est doué d'une odeur suffocante et se décompose, au cont.ict de l'eau qui intervient par ses éléments dans la réaction, en acide carbonique et acide chloihydrique.
CHLORURES (Chimie). — Nom générique donné aux combinaisons que le chlore peut former avec les corps simples, particulièrement les métaux. Les composés qu'il produit avec l'oxygène et l'hydrogène ont reçu des dénominations particulières; par contre, on a étendu improprement le nom de chlorures à certaines préparations décolorantes et désinfectantes popularisées par Lab.araque, et qui renferment du chlore et de l'oxygène unis ensemble à un métal. Ce sont les chlorures de chaux, de soude, de potasse.
Les chlorures sont généralement solides ; quelques-uns toutefois sont liquides et même fumants à l'air : telle est la liqueur fumante df Uhavius (chlorure d'étaiii). Ils sont, presque tous solubles dans l'eau ; un petit nombre ne le sont pas ; tels sont le chlorure d'argent, le proto- I chlorure de mercure ou calomel. Us sont tous fusibles, I la plupart même à une température inférieure au rouge.
CHL
Pi„ vvm.ith dp zinc et d'antimoine fondent i;^lfa°u:^1:s^"s'rlOO^'C' plupart sont voiaU.s, et
^fên" d'une manière ^^J:X^2Z:\v:..t.W.. A Vcx- Les cWorures sont df composes ,^„dium, de
ception des eh orures ^ P^^j P'^^'^ {'action de la cliapalladium et d'indmm, il» ^iSs s'ent a i ac leur seule; quelques-uns «^^Pf f.f" f^Xorure d'argent, de la lumière, te e^^'^^jPf'^.'^^'e'hîeur celle de certains Mais SI on ajoute à 1 action ao la , ^t, Ainsi , à
corps, une décoraposiuon ^ '';" ^J^^ f"^ .Hornres de chaud, l'oxygène de ' «"^ f ^^-^^P^^^e, entraînant avec quelques métaux. Du ^)i',o'^?/'=''Vf^'rs de chlorure no.. l'ui une certaine qua.it. te àe^m^rs ae ^,^.^ ^^^
ss:- s^^^:-- -«- -- - ^'>'°-
rures. . . „,„,. ,„,,rrp ouoique son action ne
Il réduit les <=Wo;"res f «i^-^"^ ^^ j^^^^^ ,e ,,,..
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S-So^-i^^^itrn^3^ui -^^
-'^rnrr';^-.s^c
P usiurs aussi sont décomposes par 1 e^u à IroW q^^.^^ leur dissolution est un P™/^^"f ""'o^.eWorure. Tels sont î^fcî.Srde"sirurd'°:ntî^^ot\! d'aluminium, de
•^^raci^^fixes «^«"^^rïTdéXol^ gagent de l'acide ^•^.'^f^fXmitfon est nécessaire. Les Imuiltanéc de l'eau dontl "'7J,^""° i,i^i„„e sont dans arides suirurique , phosphorique, s, .ciq e
c. cas; n-i« ';^^;-J{„t-— rune^^^^^^^^^^ 'il"^'"?^ sur H dé om^^s t"on facile à la température
lier, qu'est basée la préparation de 1 aciac ^u " ^ ' ;.
'"Plusieurs chlorures (1'™»^?;;'=^ t'^f,:: de chlor-
,Worure d'or...) P^":^'",^, ?"'"';' r former des cldoH.yl.ydrique en proportion defii.e, pour >" ^^^^^^
late.- de ^««'•"'■'^'V mPrd^oxvcliWuresou des sulcorrespondants P";:;;f"™2^'„;°p^ur former dos ammo îriSu':^s,":re.\nTTnrerp^rformerdeschloru-
^«ilïp^-t des H.«;-- -^^îî:-,r:èr:^
ih sont dissous dmis 1 ^au, on ignore s ^,^„onts de
constitution b-na.- «u ^^ ,V Xor'' ■'"■"^''^ '''"^^f "" l'eau pour s"./'-'"""™",,. , ures se comportent dans Toujours est-Il que ''■%''. "^i;',,,,, ,,ux<,uels on les leurs réactions com.ne *-^;" .'',„■;,„, seulement que
assimile ordinairement ^"""^ "''•;!'„'". eau; nous ajouccrlains chlorures sont decompots par ea,^^^^^^
.erons riue d'autres qui s y «"'f 7"='" ^^"^ 'i l'^tt , «"1>.Vnppare.!ie no peuvent Pl"%f> '''/?,"'p^tent dégager dt dre ; quand on veut les dc^f cher, ils la^-seiit. ^
r;,ci<lc cl,!orl.y<l.Kine et >' "';/^!^%';. ^est formé u.i On peut donc supposer <• '"r«° f;'^,.,^,''d pe ,|ne c'e^t le ,;|,lorhy<lrale, conm.e ="f »>,»" P" me t i ùxtaposés. Cette chlorure et ''«»" 'l'i'^-f ';:",'* .PJ"' •, o nianière cer- S:"he;;;K.'u ^lle'^st d^t'itùpoi-n- toute se-
'"ï^^'^"-^,r^t..^;;r=;irSéŒnd:
d,i8 Chlorure» par '''''•'".';""' ui-eVte les chlorures pont obtenir que dune fa.,»» inmietu
^^n:téro:"p..rtr:i^:.:-o,Uactavec'cer,ai.,s
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"VH^r^tT/sotr- 0.i''en connaît plusieurs, pochloreux (CIO) O'^à '^"'^^ ''C" .uT chloVe sur dS
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gcàtre, d'une odeur desag.-table part|Ç"^i«™' j , ,
i;i8", se décomposant au co^tac de Uau e.i ^^ hydrique -"f-V.t d^to^idatr "^^^^^^^^ blanches!
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CHLOBcnES DE "«EOiNE.-- ces corps 1^
clusivemeut P^-- ^«'^ ^ ^ilo" ène • ce gaz remplace
chlore sur un carbure '^ ^J "^rogène ce g v^^^^
successivement une, deux , t o s . moltcu ,^^^^^
gfene; quand ce dernier est épuisé il reste .^^^
simple eorrespoudati;). industrielle). - 0;i
désigne sous ce nom les composés q^^^ ^^.^ ^,^„ sant passer un courant dc^^ °^^„|t^„<.e capitale dans alcali. Ces composés sont dt ne ,up ^^^ bùncbiment. l'industrie; ce sont les agetits e-^^^i désinfecter
Ils sont en outre employés en médecine P ^:^^^^^^^^
et détruire les miastiies putrides, d:^"'^,,^^,, eux, et
cas, ils agissent ^''^^^^^ i'X.^âLv .h^z. ^ ^^ semblent seAilement destinés ienin^S^ rendre transportable et a le oLgag ^^^^^ j^a
contact des f t«'=^"^;„^,^;"a «r^endànt quelque temps constitution de ces "^Pf. ^."^j P„" onmlèto du gaz par méconnue; en voyant ' f^^^^P^;^ \.;" iw des acides, on les alcalis et son dégagement sous i '*•-",.„,.,,..„„ d'oxyde; ^1.^'portéiles.coi.idérer^ccmnnede^ do là le nom qui leur est resie ul i.i rure de potasse, chlorure de ^«"de. ,,,,^,. ,^
C'est à M. Balard, «"'^."Vtn.orDrétat o.i aujourd'luii hyp„chU,reux, qu'est ^"f^^i' " "^^^ ,T c< msisti ^ consiadmise par tous les ^' '"",^ f ^^J^è „" mélangod'hydérer les ch orures dexolo n^ts con^e ^^__^^^ ^
pochlorite alcalm et d^ ^';^"™^^^' „^„e dissolution éU^xdue passer un co.irant de chlore aon , ,„,.„,,g de potas-
formule suivante :
CKO+Of.l = nKCH-KO,C10.
Cest ce mélange qui --time ^.^S- Sd^ „a eau de.lavelle; '^J^"" ,dto,. quèur deLabarraq.ie; on aurait ^ chlorure de soude oq ^.,^, ,,, ^^^^.
avec la chaux, qu on fV.LV" ide o.. ohtie.,t le chlo- ^uMiloie gf"'^''"':;";';;; ,'dre des auèldsstu...s. Ce dernier nire de chaux ou P'"-d''- "'^, i,„,„„.tant; la Iniueur prodoit est de 1^7"<'''"P'i„P^Voi. s étendus, et quant Se Labarraque a des ^;^^ "^'^ „l,le.i.e,.t plus d«..s
i^''^n^^^iï'^^' vy::ï-'--'°- "'^^' "" '"
doit être employé •^"'' P';^^.',,° rou.'ant de chlore dans dissoh.tien en fai-an V^^' ,a chaux de se déposoï
un lait de chaux; ait. > .(H .^ s'.qVrela .'éac-
s„r le fond, o.. '"l""'. .t d.ms la c ^^^^„,„,„^ ,,ar un
""" un "P""';;;;:,,' 0.'l.ainmient, le chlorure deva.it
n™.S: - i-t'^ ;i;iï^ir;w^r p;::sîr éi:
CHO
Lo chlore produit dans des marmites en fonte C, C, cliauffées par le foyer F, se lave d'abord dans les bonbonnes D, D',et ensuite dans des flacons à deux tubulures, d"où il se rend dans la chambre de condensation M. Comme le bois est attaqué par le chlore, celle-ci est construite en pierres dures et inattaquables, cimentées par un lut bitumineux qui n'éprouve lui-même aucune action de la part du gaz. A l'extrémité de la caisse se
CHO
dans laquelle V et V représentent les vitesses des masses M et M' avant le choc, et U leur vitesse commune aprùs le choc. De cette égalité, on tire la suivante :
— Proparali
trouve une porte K, égalcniont on pierre, et qui sert au chargement et au défouriieraent de la chaux. Dans cette fabrication, la chaux doit èti-c choisie avec soin, car, outre que les impuretés qu'elle peut contenir altèrent la valeur commerciale du produit, il en est, comme le peroxyde de manganèse, par exemple, qui pourraient provoquer sa décomposition.
Liqueur de Labairaque, eau de Javelle. — Ces deux produits peuvent être obtenus directement, comme nous l'avons dit plus haut ; on les prépare aussi par double décomposition, en faisant réagir le clilorure de chaux et le carbonate correspondant. L'eau de Javelle employée dans les ménages est ordinairement colorée légèrement eu rose; cette couleur lui est étrangère ; on l'obtient en ajoutant au liquide un peu du sel de manganèse qui forme le résidu des ballons où l'on prépare le chlore. P. D. CHOC DES CORPS (Physique, Mécanique). — Moyen fréquemment employé dans l'industrie pour produire des effets qui ne pourraient être obtenus par une simple pression. Les instruments du choc sont les 7narteaur;, pilotis, moutons,etc. Ses résultats varient suivant les conditions dans lesquelles il est produit et la nature des corps entre lesquels il a lieu. Afin d'embrasser tous les cas, nous allons envisager les deux extrêmes, celui où les corps sont complètement mous, et celui où ces corps sont, au contraire, doués d'une élasticité parfaite.
C/wc des corps mous. — Pour plus de simplicité, supposons deux corps sphériqucs M et M' se mouvant tous les deux suivant la ligne qui p.isse par leurs centres, et tous les deux dans le même sens indiqué par la flèche. Pour que le choc ait lieu, il faut évidemment que M se meuve plus vite que M' ; au moment où le premier rencontrera le second, il tendra à accélérer la marche des points qu'il touche, tandis que M' tendra à ralentir celle des points de M par lesquels il est poussé. M et M' se déformeront donc tous les deux en même temps. Les variations de vitesse se transmettront successivement, dans un temps généralement extr'mement court, à tous les points des deux corps qui finiront par avoir même vitesse. A ce moment, la compression et la déformation cesseront de faire des progrès.
Quelle sera cette vitesse commune ? En vertu de ce principe fondamental en mécanique, savoir : que tout corps exerçant une ad ion quelconque sur un autre corps en éprouve une réaclinn égale et contraire, la masse M sera repoussée par M' avec la même force qu'elle la pousse en avant, et ce sont ces deux pressions en sens contraire, nées toutes deux du choc dont l'une accélérera la vitesse de M' et l'autre diminuera celle do M. Ces deux masses étani généralement inés;ales entre elles, les v;iriations qu'elles éprouveront dans leurs vilesscs seront pareillement inégales et dans le rapport inverse de ces masses.
Ce qu'exprime la fcrrculc suivante :
La vitesse commune est donc égale à la somme des quantités de mouvement divisée par la somme des masses.
Choc descorp^ élastiques.
— Le phénomène est le même que dans le cas pr ;cèdent, jusqu'au moment où les deux masses ont acquis une même vitesse et où la période de compression cesse ; mais, à partir de ce moment.l'élasticité des boules déformées par le choc donne lieu à une seconde période, dite de réaction, pendant laquelle ces boules se repoussent comme elles l'ont fait pendant la période de compression. Les choses se passent comme s'il existait un ressort entre les deux masses M et M', lequel, tendu pendant la compression, reviendrait sur lui-même avec une force égale et contraire. La masse M subira donc une perte de vitesse double de celle indiquée plus haut, et M', au contraire, aura un gain double aussi. Les vitesses après le choc deviennent alors pour la masse M, 1= U — { V — U) = 3U — V, d'où en mettant
à la place de U sa valeur ductions
MV -f M'V
et faisant les ré-
on trouverait de même, pour la vitesse de masse M',
, . 2MV-I- Y'iM'-M)
j/=U-l-U — v, ou en réduisant y = ,
On peut tirer de ces deux dernières formules quelques conséquences assez remarquables vérifiées par l'expérience. Admettons, par exemple, qu'une bille élastique M vienne choquer contre un plan élastique en repos et d'une masse infinie par rapport à celle de .M, x devient égal à — V ; elle conserve sa valeur et change seulement de signe ou de sens. La bille sera repoussée par le plan arec une vitesse égale à celle qu'elle avait en le heurtant. Supposons, au contraire, que les deux masses soient égales, nous aurons après le choc î/ = V,a:=y, les deux billes auront échangé leur vitesse, et si M' était en repos, M s'arrêtera tout à coup après avoir transmis toute sa vitesse à M'. C'est ainsi, en efi'et, que les choses se passent, non pas d'une manière rigoureuse, parce que les corps ne sont jamais parfaitement élastiques, mais d'une manière très-approchée. Une balle élastique tonsbant sur un plan résistant rebondit presque à la hauteur d'où elle est partie; une bille de billard lancée contre la bande revient en arrière avec sa vitesse presque c.itière; si cette même bille vient en frapper bien en plein une autre en repos, elle s'arrête et l'autre part i sa place. Toutefois, le mouvement de rotation que prennent les billes sur le tapis ou qu'on leur imprime avec la queue change souvent ces résultats d'une manière très-sensible, par le même méc inismo qui fait revenir vers soi un cerceau d'enfant qu'on lance en avant en lui imprimant un mouvement de rotation sur lui-même. Le frottement du cerceau sur le sol change son mouvement de rotation en un mouvement de progression en rapport avec le premier.
hileiisilc du choc. — La transmission du mouvement n'est jamais instantanée dans le sens mathématique du mot ; elle exige toujours un certain temps pour se produire ; de là résultent des différences très-marquées dans les efl'ets produits par le choc. Lorsqu'une force supposée constante agit sur un corps, la (|uantité de mouvement qu'elle lui imprime croît proportionnellement à l'iiitensité de cette force et à la durée de son action. Une masse M animée d'une vitesse V rencontre un obstacle; après le choc, sa vite c est réduite :\ une valeur plus petite U. La quantité de mouvement qu'elli^ possédait est MV avant le choc ; après le choc, elle devient MU ; la perle est donc égale à la différence MV — MU. Or, cette perte est
CHO 4
Ifi rfeiiltat de la résistance ou réaction exercée par le corps clioqué sur le corps choquant. Si donc nous désignons par F l'intensité moyenne de cette force de réaction, par 6. la durée toujours très-courte du choc, nous aurons MV— MU = F6. Plus 6 sera petit, plus F devra être grande. Prenons par exemple, un poids de 10 kil. tombant d'une hauteur de 4">,9 en une seconde; la quantité do mouvement que lui donne la pesanteur, ou MV a, dans ces conditions, pour valeur le poids même du
corps in, r.M = î'etY=ff<, d'où MV=^xs<=pA. Si le
choc a lieu contre un corps mou ne se déplaçant que d'une quantité négligeable, toute cette quantité de mouvement sera détruite par la résistance de l'obstacle, et
nous aurons F6 = I0 kil., d'où F=-ô" kil. Suivant que le
choc durera ^, ■^, j^fj de seconde, l'intensité moyenne du choc sera donc de 100 kil., I 000 kil., lOOOO kil. On comprendra, d'après cela, comment opère le choc d'un marteau et dans quelles conditions il faut se placer pour en retirer les meilleurs efl'ets possible. Si le corps qui reçoit le choc n'est pas convenablement appuyé, s'il fuit sous le coup, la durée du choc s'accroît, F diminue ■■ c'est ainsi qu'on enfonce difficilement un clou dans une plan-
che portant à faux; l'opération est facilitée, au contraire, en opposant au choc du inaili-:iu {/if/. ,5iB) un <il;stacle qui abrège la dun ■■ il^' i .■ rime et eu acc]■(li^-,e ainsi l'énorgie. D'un auln: (oic, 1^ liituilcniciit pioiluit parle choc exige un cerlain tcnqis puur se transuietue clans toute la longueur de la planche ; plus le choc s(U'a rapide, moins la planche sera déformée, de sorte que l'cIVel paraît ici (li'vcjiir la cause; c'est qu'un second élément intervient dan la '[m'^iion. Sur un obstacle inébranlable, un mai-N li |i'il . de 5 kil., et animé d'une
viu^^se égale à V, inminua la inrme pression qu'un marteau du poids de 10 kil., animé d'une vilesse égale à I, mais sur un ob.stacle pouvant céder, comme une planche portant à faux, le second marteau produira plus d'effet que le premier.
Celle influence de la vitesse du corps choquant est extrêmement marquée cl produit des eflTets curieux. Un boulet de canon rencontrant à pleine vitesse l'un des barreaux d'une grille de fer emportera la pièce sans le tordre; avec une vitesse moindre, le barreau sera encore coupé, mais les deux bouls seront tordus à petite dis- (ancc ; il y aura eu coinmencemiMit d'arrachement; par une vilesse moindre cncori', la défornialion se sera éliiidue à tout le barreau. C'est ainsi qu'un boulet peut tiavcrser une porte en cliéne, parfaitement libre sur ses gonds, sans la mcllrc en mouvement, ou la chasser violemment devant lui ; qu'une balle peut briser un carreau en mille pièce», ou y faire simplement un trou sans le fendre j qu un corps mou connue une chandelle peut agir comme un corps dur et traverser une planche de cliènc, si sa vilesso est assex grande.
Trnvatl ilu chue. — Si on s'arrêtait aux considérations qui précèdent, on pounuit se fuire deselVclsdu
8 CHO
choc une idée fausse. Nous voulons enfoncer un pieu dans le sol au moyen d'un mouton. Il est clair qu'il faut frapper sur le pieu avec assez de force pour vaincre la résistance qui s'oppose k sa progression. L'intensité du choc doit donc déi)assor une certaine limite ; mais il faut se demander en outre de combien le pieu enfoncera à chaque coup de mouton. La pression, en effet, ne constitue pas en réalité un travail utile. Il faut joindre à cette pression l'étendue du chemin parcouru par l'obstacle pressé. Ce ne sont plus alors les quantités de mouvement MV, expression des forces, mais les puissances vives —f-1 expression du travail de ces forces, qu'il faut envisager. Or, examinons ce que devient ce travail après le choc. Pour cchi, reprenons nos deux masses M et M' animées avant le choc des vitesses V et V, et que nous supposerons dépourvues d'élasticité. La somme des puis-
sances vives est alors —5 — | 5 — . Après le choc, la vitesse commune est U = /^ «v — et la puissance vive — .) Si nous comparons ces deux puissances, nous verrons que la première l'emporte sur la seconde de la quantité ' i,' ~"m., ■ On dit généralement qu'il y a perle d'une certaine quantité de travail exprimée par cette dernière formule. C'est envisager les choses d'une manière incomplète. Il y a transformation de travail, mais jamais perte dans le sens rigoureux du mot.
-'iM-T'm'I l'cpréseute la portion du travail qui a été absorbée par les corps choquant et choqué pour opérer les déformations permanentes que les chocs produisent toujours. Aussi, dans les machines qui servent à transporter le travail de la force motrice du récepteur à l'outil (voyez Machines), les chocs ont-ils un double inconvénient : ils détériorent d'abord la machine, puis tout le travail consommé en route pour produire ces détériorations arrive nécessairement en moins à l'outil. Mais il est des cas, au contraire, où cette déformation est justement l'objet qu'on se propose, comme lorsqu'on forge le fer ou les autres métaux; on ue peut donc plus l'appeler travail perdu. Si nous supposons V nul et M' infiniment grand, l'expression du travail absorbé devient -^, c'esti-dire précisément égal au travail disponible du marteau ; d'où on conclut que dans une forge, pour obtenir le plus d'effet possible de l'action du marteau, il faut que l'enclume soit inébranlable, et que l'enclume et le marteau soient le plus durs possible pour qu'ils ne s'usent pas, et aussi pour que tout le travail de la déformation porte sur le fer.
Dans le cas, au contraire, où le choc a lieu entre deux corps parfaitement élastiques, il n'y a plus de consommation de travail, parce qu'il n'y a plus de déformation pcrjuancntedes corps qui se choquent. Tout ce que perd le niaiteau est gagné par le corps qu'il frappe. Si, par exemple, nous voulons enfoncer un pieu à l'aide du mouton, la base du mouton et la tète du pieu devro ut être aussi élastiques que possible; si, malgré cela, le mouton lie n'imndit pas, auriufl cas tmit le travail du mouton a pas-c'' iimi miirr dans \v pirii, ce ipii est la condition la pin- ijinraUli'. l- iikhIuii .1.' la ii'>i>iauce qui s'oppose ;i ci' qur le pu u a\anri', inullipliéc par laquautité dont il s'enfonce, est égal à -5-, M et V étant la masse et la vitesse du mouton. On voit dès lors que la vitesse du mouton est plus influente que sa masse sur l'effet produit. La masse étant 10 et la vitesse 1, le travail sera 5; la masse élant 5 et la vitesse 2, le travail sera 10 ou le double. Ajoutons, pour être vrai, ipi'il faudra deux fois plus de tra\ail pour donner uni' vitesse 2 à une masse égale iY .'>, (]ue pocu' ilouuci' une vitesse 1 à une masse égale i 10; de sorte qu'en somme, lo travail iiroduit par le marteau sur le: pieu sera toujours dans la môme proportion avec le travail produit par le moteur sur le marteau. Comme en ié;dité le marteau et le pieu ne sont pas parfaitement élastiques, cotte dernière conclusion n'est pas cx;icto et on reconnaît aisémont qu'il y a plus d'avantage à augmenter la masse du marteau que sa vitesse. M. I).
Cnoc i!N Rivioiiii (Physique). — Commotion violento et quelquefois mortelle produite par In foudre à une dislance souvent considérable du jioiiit directement atteint par elle.
Lorsqu'un nuage orageux s'est abaissé il une petite dis-
CHO
CHO
tance du sol, tous les objets terrestres sont fortement électrisés par influence et d'une maniî:re inverse au nuaçe. Au moment où la foudre éclate en un point, le nuage, se trouvant brusquement déchargé de son électricité, tous les objets électrisés par lui se désélectrisent brusciucment à leur tour. C'est à ce mouvement tout interne du fluide électrique qu'est du le choc eu ro'our.
Les écarts brusques auxquels se livrent les anmiaux pendant les orages intenses sont dus beaucoup plus au choc en retour qu'à la terreur, qui n'est, d'ailleurs, ellemême souvent qu'un effet de l'électricité sur nos organes. CHOCARDS, Choqi'Abts, CHOQUAnos (Zoologie), Pi/rrhocorax.Cuv., du grec purros, rouge; korax, corbeau; corbeau qui a les pattes rouges. — Genre d'Oiseaux passereauj:, famille des Dentirostres, établi par Cuvier et Vieillot aux dépens de celui des Corbeaux, avec lesquels ils ont de arands rapports; ils ont le bec comprimé, arqué et échancré des merles, il est grêle, et les narines sont couvertes de plumes comme dans les corbeaux. On en connaît à peine deux espèces,: le C. fJes Alpes [P. nlpiiius, Vieil. ; Connis pyrrlwcorax, Lin.), tout noir, bec jaune, les pieds noirs d'abord, puis jaunes, enfin rouges à l'âge adulte ; il niche dans les fentes des rochers des plus hautes cimes des Alpes, où il habite ordinairement; riiiver seulement ils descendent en troupes dans les vallées. Il vit de limaçons, d'insectes, de graijis et do fruits, et, i l'exemple du' corbeau, il ne dédaigne pas la charogne. La femelle pond quatre ou cinq œufs. Cette espèce est très-nombreuse et fait souvent de grands dégâts dans les champs nouvellement ensemencés. Longueur totale, 0",40. Le C. sicrin, [P. hexaneiiius, Cuv. Vaill.; P. criiiilus. Vieil.) se distingue parce que, parmi les plumes qui couvrent son oreille de chaque coté, il y a trois tiges sans barbes aussi longues que le corps et qui ont l'apparence de crins, d'où le nom spécifique de crinitiis que lui a donné Vieillot.
CHOC:OLAT (Économie domestique). — Ce mot, qui paraît être d'origine mexicaine, nous a été apporté, en même temps que la substance alimentaire qu'il désigne, parles Espagnols, qui trou\èrent le chocolat en usage au Mexique, en ValO. Les Mexicains le prenaient simplement en le faisant mousser dans l'eau chaude. .Mais ce n'est qu'en IC60 qu'il fut connu à Paris, à peu près à la même époque que le café (voyez Cacaoyer, Café). Le chocolat est une espèce de pâte aliment;iire faite avec des amandes iorréliées de cacao, du sucre, et parfois quel(|ucs aromates, le tout broyé et malaxé avec le plus grand soin, tantôt à la main, tantôt à l'aide d'une machine. Plusieui-s espèces de cacao sont employéesà la fabrication du chocolat ; mais la qualité la plus estimée est faite avec l'espèce connue sous le nom de caraque. Depuis quelque temps, l'industrie des chocolats a fait à Paris des progrès qui lui ont assuré une des premières places dans le commerce international. Mais aussi, la fraude a suivi la même progression, et le consommateur ne sait plus aujourd'hui où il doit placer sa confiance. Ainsi on emploie du cacao dont on a extrait le beurre, que l'on remplace par de l'huile d'olives ou d'amandes douces, par des graisses animales, etc. D'autres fois, pour augmenter le poids, on y ajoute de la farine, de la fécule de pomme do terre, des farines de riz, de lentilles, etc. Toutes ces fraudes ont pour but de pouvoir donner des chocolats à bon marché, tandis que c'est une marchandise qui doit toujouis être assez chère, et dont le prix de revient varie, suivant les qualités, de 3 à 5 francs le kil. Eu général, le bon chocolat a une odeur de cacao prononcée ; sa cassure ne doit présenter rien de graveleux; il se fond dans la bouche en y laissant une espèce de fraîcheur. Lorsqu'il est cuit dans l'eau, il ne doit point s'épaissir et se prendre en gelée en refroidissant. Il ue doit point prendre un goût rancc, ni exhaler en cuisant une odeur de colle. Le chocolat fabriqué sans aromates est d'une digestion souvent dilBcilc pour quelques estomacs; aussi a-t-on l'habitude de l'aromatiser parfois avec de la vanille ou de la cannelle, ce qui lui donne une saveur plus agréable et le rond plus facile à digérer. Du reste, c'est un aliment de bonne nature, réparateur, et une longue expérience avait démontré ses qualités nutritives bien avant que la chimie et la physiologie vinssent à leur tour confirmer et cxpli.inrr <rs résultats. Les analyses chimiques ont troii\r, ni ,11,1, ,l:uis le cacao une matière grasse Irèsabjnihnii,' li,iin,' de cacao), une forte proportion de maiieius uzotéi'.s (albumine, fibrine, etc.), et si on joint i cela le sucre qui entre dans la fabrication du chocolat, on a les trois éléments i|ni, dans l'écononii"', concourent, à la production des graisses, aux combustions
respiratoires et à la réparation des tissus musculaires. C'est donc sous une seule forme un aliment complet. En résumé, lorsque le chocolat a été fait sans fraude par de bons chocolatiers, qu'il a été bien cuit et bien préparé, c'est un aliment sain, très-bon pour les convalescents, et d'une digestion facile, surtout lorsqu'il aété cuit à l'eau. Celui que l'on prépare au lait ue convient qu'aux estomacs plus solides. F — n
CIICEROPOTAME (Zoologie fossile), du grec choiras, cochon, et potamos^ fleuve. — Nom donné par Cuvier à un Mammifère pachi/derme fossile trouvé dans les terrains gypseux des environs de Paris, et qu'il a classé dans le genre Cochon; il avait des dents molaires coniques ressemblant à celles des Hippopotames, et à la mâchoire inférieure des canines courtes comme dans les Pécaris, mais moins aplaties et ressemblant davantage à celles des Carnassiers. Richard Owen a fait à peu près les mêmes observations sur une mâchoire inférieure de chœropotarae trouvée dans les terrains tertiaires d'eau douce de l'île de VVight ; de sorte que cet animal paraît confirmer l'idée des zoologistes qui pensent que les pachydermes sont un groupe qui se lie par les chœropotanies aux carnassiers, et par les éléphants et les mastodontes, aux l'ongeurs, peut-être même par d'autres grands fossiles aux ruminants et aux cétacés.
CHOIX (Botanique), Schœnus, Lin., du gre-c schoïnos, jonc. — Genre de plantes Monocolijle'Jones hijpoe/i/nes, de la famille dos Ci/pérace'ei: fleurs à glume univalve, imbriquées de tous côtés ou distiques et formant des épillets groupés en tête ou en paquets serrés; 3 étamines et l'ovaire supérieur; graine ronde ou ovoide, nue. Ce sont des plantes à tiges cylindriques ou triangulaires à feuilles jonciformes, fleurs "écaiUeuses sans éclat. Ce genre est U'ès-nombreux en espèces qui croissent en général dans les prairies humides et marécageuses; quelques unes en Europe, la plupart sont exotiques. Linné les a divisées en deux sections , les unes à tiges cylindriques, les autres à tiges triangulaires. Le C. mariaque {S. mnrisciis, Lin.) aies tigOî dressées, garnies de feuilles linéaires, finement" dentées en scie sur le bord ; ses fleurs, roussâtres, sont réunies en petites têtes. On le trouve sur le bord des étangs et des eaux stagnantes. Le C. brun {S. fiiscui, Lin.), tiges redressées, triangulaire^, haut de O", 15 à 0"',1S en général; ces deux espèces se trouvent en France dans les |)àiu âges humides et les marais tourbeux.
CHOLÉDOQUE (Canal), ductus choledochus . — On donne ce nom à im canal qui résulte de la réunion des deux conduits cysti(|ue et hépatique et qui vient verser la bile dans le duodénum vers la partie postérieure de sa seconde courbure, en traversant très-obliquement les tuniques de cet organe. Logé profondément dans la cavité abdominale, il d,3sccnd vers l'intestin en passant entre l'artère hépatique et la veine porte, derrière l'extrémité droite du pancréas. Il est composé d'une tunique extérieure assez épaisse et d'une tunique intérieure trèsmince. On trouve quelquefois des calculs biliaires engagés dans le canal cholédoque (voyez Calcul, Bile).
CHOLÉRAMORBUS (Médecine), du grec cholè, bile, reô, je coule, et du mot latin morbui, maladie. Maladie dans laquelle la bile s'écoule. — Le choléra raorbus, trop connu de nos jours, est caractérisé par des vomissements opiniâtres, une diarrhée séreuse incessante et d'un caractère particulier; la diminution ou la suppress on des urines; des spasmes; des crampes très-douloureuses dans les membres, etc. On le distingue en choléra asiatique, chole'ra indien, qui attaque épidémiquement des populations entières, et le choléra sporadique qu'on observe sur des individus isolés.
Le C. asiatique, nommé aussi C. épidéniique, C. indien, est originaire de l'Asie. En IS17, ce fléau destructeur, franchissant le Delta du Gange, son berceau, et remontant ce fleuve, envahit successivement toute l'Asie occidentale, s'étendant même par l'Egypte dans l'Afrique septentrionale, il ravage la Perse, une partie de la Tartarie, gagnant au nord jusqu'aux frontières de la Russie d'Europe; pendant douze ans, il se renferme dans cette zone et semble arrêté par le fleuve Oural et par la chaîne dos montagnes du même nom. Mais, en 1829, il pénètre en Europe par Orenbourg sur l'Oural, arrive à Moscou en septembre 1 830, s'étend dans le reste de la Russie, en Pologne, en Hongrie, en Autriche, on Prusse, en Angleterre et éclate eu France au commencement de 183i imars); pendant plus de six mois, il exerce ses ravages dans le nord de la France et surtout dans la capitale, sans épargner complètement les autres contrées; d.-ins les années 1833 cl 183i, ou n'en observa que quelques
cno
CHO
cas isolés, et on comraonçail à penser que 710111 ùtre il ne reparaîtrait plus, lorsQii'en diSccmbre iS^il il est signaici à Marseille et à Cette, et, quelques mois après, c'est-àdire de juin à or.tobro, décime les po])ula(ions dans six départements, dont cinq méditerranéens et celui de Vancluse. Depuis cette époque, la Franco a encore ou à subir di^ux terribles épidémies cholériques en 18411 et en lS.i4.
Causes. — Les causes du choléra asiatique peuvent être générales, locales ou individuelles : ainsi, pour les premières, l'air et les eaux sont les principaux véhicules qui transportent et déposent dans certaines localités les effluves et les miasmes chargés des principes dont nous no connaissons ni l'origine ni la nature, qui constituent l'essence de la maladie; aussi voit-on, en général, l'épidémie envahir avec une certaine préférence les pays marécageux, bas, humides, sur le bord dos rivières et des cours d'eaux un peu stagnantes, dans le voisinage des étangs fangeux, etc. Bien des argnmcjits, bien dos observations, plus ou moins spécieux, ont été opposés à cette assertion ; mais le fait n'en est pas moins réel pour tous les esprits non prévenus qui ont bien voulu l'observer, et ces exceptions, quelque nombreuses qu'elles paraissent, prouvent seulement que nous ne connaissons pas tous les éléments du problème à résoudre, et que d'autres causes, telles que la direction des vents, les différentes variations atmosphériques, la nature hygrométrique constante ou accidentelle du sol, du sous-sol, la situation sons le \cnt de quelque mare ou étang plus ou moiiis éloignés, etc., peuvent jouer un rôle immense, qu'il ne faudrait pas manquer d'étudier si, ce qu'à Dieu ne plaise, nous devions encore être visités par ce fléau. D'autres causes générales peuvent encore être signalées : ainsi , les disettes , les invasions , les guerres oti de grandes masses d'iiommes réunies sur un seul point sont soumises à toutes les causes de débilité et de maladie qu'entraînent les privations et les misères; ainsi la guerre de Pologne en IS31, celle d'Orient en 1854 et 18ô5.
Les causes locales sont celles qui ont rapport aux habitations particulièrement : ainsi des maisons humides, des cours basses, mal pavées et peu aérées, des escaliers sombres et mal tenns, les immondices accumulées près des maisons, des ruisseaux infects, stagnants, le voisinage d'un puisart, d'une mare, des rues malpropres, des lavinrs mal construits, les voies publiques couvertes de d bris végétaux ou animaux, etc.
Les causes individuelles tiennent à certaines professions insalubres, aux habitudes de vie irrégulière, au mauvais régime alimentaire, aux privations, à la misère, à la débauche, à l'abus de certains aliments, tels que les légumes frais, les fruits, des boissons alcooliques, de celles qui sont glacées, etc. On peut signaler aussi une mauvaise santé iKibituelle, un ét,at maladif des organes digestifs, des dispositions aux vomissements, à la diarrhée, aux indigestions, les passions tristes. La peur joue souvent un très-grand rôle dans la production du choléra.
^t/mptAiiies — On a dit que le choléra asiatique se d(''ciarait brusquement; c'est, jusqu'à un certain point, une erreur qu'il est très-important de détruire : ainsi, constamment, il est précédé par une diarrhée dite prndri,)niriue; i. la vérité, cette diarrhée est (pielquefois de courte durée, et, dans la période intense de l'épidémie cholérique, elle peut ne durer que deux ou trois heures; mais le plus souvent elle diîpasse un jour et peut aller jusqu'à quatre, cinq, six, dix jours et même plus. Cette diarrhée est ordinairement sans colique ; les malades se présentent sur le siège et rendent, pour ainsi dire sans s'en douter, des selles d'abord jaunâtres, bilieuses, quelquefois sanguinolentes, puis liquides comme de l'enn, blanchâtres, troubles, mêlées le plus souvent de petits grumeaux floconneux; il y a des borborygmes, de^ gargouillements dans le ventre, des vomissements, perle de l'appétit, de rabattement, un certain sentiment de faiblcs.se générale; quelquefois la maladie se borne à ces |irodroniC8, et soit qu'elle ait été combattue par des moyen» rationnels, soit par les seules forces do la nature, la santé se rétablit sans autre arcident ; on peut même dire que, pendant le cours d'une épidémie cholérique, l'immense majorité des individus éprouvent qnel- (pics-uns des symptômes dont nous venons de parler; cette nuance légère de la maladie a re<;u généralement le nom de eholériw ; et, depuis lu grande épi.lOmie do ISîl'i, il plusieurs reprises la santé publique, dans certaines localité», a subi dc« dérangements de cdtc espèce sans que la maladie nit pris un plu» grand développement; ces fnit» ont été observé» pnniculièremeni en été, pendant les temps chaudD et d.ins Ib saison de» fruits.
Cependant les choses ne se passent pas toujours aussi bien; à cette nu,-ince légère succèdent des symptômes qui annoncent l'invasion véritable d'une première période de choléra grave, qu'on a désignée sous le nom de fià'iodi: ulgide , asfihi/xigue , période de cyanose, choléra bleu. Les pliétiomènes précédents persistent et se iléveloppcnt avec plus d'intensité, la diarrhée augmente, les selles deviennent de pins en plus fatigantes ; les vomissements suivent la mè ne marche: ils sont muquouv, quelquefois un peu bilieux, arrivent sans efforts et soulagent le malade pour un moment; les matières rendues par les selle?, aussi bien que p.ar les vomissements, scnit claires, blanchâtres, floconneuses, acres, inodores, ressemblant à de l'e.iu de riz ou de gruau, à la sérosité du sang ; ceci est un des signes les plus caractéristiques du choléra asiatique, surtout pour ce qui est du lii|uide rendu par les selles. Bientôt les yeux s'enfoncent, un cercle noirâtre d'un aspect particulier se dessine autour des orbites, il survient des crampes très-douloureuses dans les membres, une soif inextinguible tourmente le malade, les urines sont supprimées, la voix, d'abord enrouée, se brise, se casse, jusqu'à ce que, s'éteignant tout à fait, il ne re-itf plu* (|u'une parole péniblement soufflée dans l'ori'illr dr, ;i-~istauts; cependant le malade est dans une agitiiii-m rniitiinielle, les extrémités se refroidissent, les mains semblent maigrir, se dessécher, les doigts s'elBlent, les ongles se bordcntd'une auréole bleuâtre qui s'étend bientôt à la main tout entière, le nez devient froid, la teinte bleuâtre envahit tonte la face ; la langue, souvent molle, couver: e d'un enduit blanchâtre, se refroidit aussi, et rien ne peut donner une idée de la sens.ation pénible qu'on éprouve à sentir froide comme un glaçon cette langue qui s'agite et que le malade projette encore avec force hors de la bo\iclie; pendant ce temps, le pouls devient plus faible et finit mémo par être Imperceptible; un sang noir, épais, visqueux remplit tous les vaisseaux, aussi bien les artères que les veines, et finit par rendre la circulation impossible ; la respiration, sans paraître pénible pour le malade, se ralentit, les inspirations reviennent à des intervalles quelquefois assez éloignés, l'air expiré est froid; une sueur visqueuse inonde le malade, les selles et les vomissements cessent quelquefois complètement. Cependant, au milieu de ces atl'reux désordjes, les facultés intellectuelles se maintiennent dans toute leur intégrité; le malade, fortement affaissé, indifférent pour ainsi dire à ce qui se passe autour de lui, entend, comprend et répond avec justesse : rien ne lui échappe, et, comme on l'a dit avec une effi'ayante vérité, c'est un cadavre conservant la parole. Lorsque ces symptômes persistent et s'aggravent, le malade succombe dans un intervalle de temps qui varie de deux ou trois heures à cinq ou six jours et même plus.
Si le malade ne succombe pas pendant cette première période, peu à peu les symptômes s'amendent et nous entrons dans la seconde, dite période de réaction. Les évacuations cholériques sont moins abondantes et moins fréquentes, la suif e>t moins vive, la langue s'humecte, prend une icintr rns,i', le pouls redevient perceptible, la voix revii'ni, I:; rliiil.'iir M' rétablit, les urines commencent à couler d'- riiin\i;iii, les crampes diminuent, mais cessent quelqnc'l'iiis tri'.-kMileuient, une sueur douce inonde la peau, la cyanose dis|inrait et est remplacée par une couleur d'un ronge plus ou moins vif, surtout au visage, le sommeil reparaît et au bout de quelques join's le malade entre en pleine convalescence.
Mais la réaction n'est ptis toujours aussi régulière et aussi franche, et alors stirvient cette forme à laquelle on a donné le nom do. réaction ti/pho'tdi; parce (|u'en effet elle offre de nombreux traits d(^ ressemblauro ;i\cc la fii-
li//i/iiiiflf (vovez ce uxit) :
la 1
le pouls est petit
■ilioc:
n hii(|uetoiiini;iire remplace les
t ronge, sèche, râpeuse,
[\ie les lèvres et les dents;
dent, la peau s'échauffe,
nt fréquent, la voix reste
faible, il y a un mal de tête souvent violent ; les mal.^des sont dans un demi-coma on dans la stupeur, ils ne répondent que dillicilement aux tiuestions qu'on leur adresse, le regard est stupide, ébahi, il y a un délire plus ou moins inten.se ; lorsque tous ces symptômes vont en s" aggravant, l'état comateux augmente et le ; malades succombent dans un espaci' de temps qui ne dépasse pas huit on dix jours; lorsqu'au contraire ils diminuent, les malades entrent en convalescence; mais c<'lle ci est ordiniviroment très-longno, les fonctions digeslivcs ne se rétablissent qu'avec une extrême dilllcnlté et les forces 110 se relèvent que trfeB-lentemeiit.
CHO
■Wl
ClIO
Pronostic— Lo pronostic du choléra est trts-grave, surtout, pendant la période meurtrière de répid.-mic: il Ist p "s grave pour les enfants, les femmes les gensva- ^tudlnaires cem qui sont sujets aux d.arrhees qu d gèrent mal, qui sont convalescents d'une maladie longue !t douloureuse, et en général pour tous ceux qui n ont pas le cachet de la force, de la sa.ité, qu. " »' » Pas des habitudes de sobriété, et pour ceux qu sont dans de mauvaises conditions hygiéniques d habitations, d dli mentation et d-affections morales „„„„„,,•„„ eq
Nature de la maladie, mode de propagation. — Ln signalant parmi les cause-, générales les principes mfecto X TesSves, les miasmes, nous n'avons pas voulu dire qu^elles ont une action directe, essentielle pour la nrod.?cUon de la maladie, elles agissent comme causes Secondaires en favorisant l'avion des causes pnncinales dont l'essence, comme nous 1 avons déjà dit, est des plus difficiles à saisir; en effet, ces causes détermineront bien et presque toujours des fièvres typhoïde^,, des fièvres intermittentes, pernicieuses, sporadiques ou épidémiques, mais non pas le choléra, si la cause spéciale, immédiate qui lui donne naissance n existe pas. Cette cause, quelle est-elle? est-elle traiisportable par es individus? est-elle de nature contagieuse •» Pour résouclie la question, il faut dire un mot de ce qu on enteiid par une épidémie contagieuse (voyez Contagion). C est celle qui se reproduit par le contact médiat ou immédiat des individus en tous temps, en tous lieux, qui ne reproduit que la maladie primitive spr-ciul.- ; qui a pour car.-icteres de pouvoir agir d'une manièrr plus ou moins médiate, de pouvoir être transportée au loin dans tous les temps et dans tous les lieux, de se développer pou à PB", Par suite des rapports même les plus légers et avec d autant plus de certitude que ces rapports sont plus immédiats, de ^e retirer lentement et en laissant des cas isoles qui reparaissent de loin en loin. En appliquant ces principes au choléra-morbus, on trouve cotte différence, qu il débute presque toujours sur des personnes qui n ont eu entre elles aucun rapport, et que, après quelques jours, il attaque tout à coup un grand nombre d individus épars. Les personnes environnant les cholériques n y sont pas plus exposées que d'autres, à moins qu'elles ne se trouvent dam des conditions de localité favorables au développement de la maladie. L'épidémie ne s'étend pas de proche en proche, mais par sauts et par bonds, respectant un quartier, une commune, en envahissant une autre sans raisons appréciables; elle peut être transportée au loin sans distinction apparente de temps m de heu ; elle cesse souvent brusquement sans qu'il en reste de traces. La conclusion à tirer de cet exposé, c'est que le choléra n'est pas contagieux. Nous ne reproduisons pas ici tous les systèmes par lesquels on a cherché à expliquer 1 éclosion, le développement de la m.iladie ; c'est de la théorie nui n'est pas encore suffisamment basée sur des taits. Quant à la nature, à l'essence môme de la maladie, les uns (Broussais, Bouillaud) lont regardée comme une inflammation de la membrane muqueuse des organes de la digestion ; d'autres, comme une névralgie gastrointestinale, avec flux immodéré de liquides; d autres (Rochoux), comme une névrose des organes placés sous l'influence du grand sympatlngue ; on peut voir par ce qui a été dit plus haut, qu'il est difficile de ne pas y rattacher l'idée d'une forme quelconque i irritation gastro-intestinale.
Traitement. — Dans le choléra-morbus, plus encore que dans d'autres maladies, il est difficile d'exposer une médication directe, mais seulement des indications curatives à remplir. Nous allons passer eu revue les principaux moyens qui ont été employés. Dans la période dite cholérine, ou de diarrhée, les antiphlogistiqiies, tels que saignées locales ou générales, les cataplasmes sur le ventre, la diète absolue, les lavements laudamsés, les boissons légèrement stimulantes lorsqu'il n'y a pas de vomissements; les boissons fraîches, glacées, la glace loi-sque ce symptùme existe, constituent l'ensembli; du traitement le plus rationnel. Dans la période algide, tant que le pouls se conserve, que le refroidissement n'est pas complet, le même traitement pourra être employé si le inahide est jeune, s'il est fort, s'il n y a pas encore de prostration; on y joindra la glace par petits morceaux à l'intérieur, à l'extérieur en friction pour combattre les crampes ; on continuera les opian's en lavement ; If-s vomitifs et surtout ripécaciuinlu, ci>iis. illr, même dans la période de diarrhée, par |'ln i' m . m ilr-
cins, ont été vantés avec raison par un j^uiml i.li' di:
praticien:;. On doit aussi des succès au ious-iutiaiu do
bismuth; mais quand le refroidissement est presque général que le pouls n'est plus perceptible, qu'il y a cyanose, etc.; tout en contimumt la glace en frictions contre les crampes, on a recours aux excitants internes et externes ; ainsi le café, le punch, les vins généreux, l'acétate d'ammoniaque, la menthe, l'huile de caiéput, les sudorifiques etc. Il convient de faire observer que, dans cette période l'absorption intestinale se fait très-imparfaitement, que l'action des médicaments internes est trèsproblématiqne, et que l'on doit tenir compte de cette circonstance. A l'extérieur, tous les excitants imaginables ont été tentés; ainsi le calorique sous différentes formes, aux extrémités, au tronc, le repassage avec un fer chaud de la colonne vertébrale au moyen d'une ilanelle imbibée d'essence de térébenthine, les frictions ammoniacales les vésicatoircs, les sinapismes. Enfin, lorsque la période de réaction prend le caractère typhoïde, on combat la congestion cérébrale par les saignées, les sangsues les dérivatifs, la glace, les boissons douces et lensemble des moyens qu'on oppose généralement aux fièvres typhoïdes. Voila l'ensemble des idées qui dominent dans les travaux de la commission envoyée en Russie en Prusse et en Autriche en IS31, dans ceux qui ont été faits pendant la grande épidémie de 1832 à Paris, en 1835 par la commission que la faculté de Montpellier chargea de visiter les départements du midi de la France ravagés par le choléra. Nous avons traversé les éiiidémies de 1832, 1819 et 1854, nous avons vu et agi, nous avons pu comparer, et nous avouons que la réaction (lui s'est opérée pendant les deux dernières, dans les idées d'un certain nombre de médecins, d une manière absolue contre le traitement autiphlogistique.n a en nea ébranlé et changé nos convictions.
Quant au traititment prophylactique, il doit tenir à un ensemble de mesures, les unes générales, les autres particulières; les premières regardent l'administration, qui doit mettre tous ses soins à l'assainissement des localités en temps ordinaire ; en temps d'épidémie, à user sur utie fraude échelle des visites hygiéniques prescrites en 1 85< ; à l'orginisation de commissions temporaires de salubrité chargées de proposer d'urgence les mesures jugées nécessaires ; enfin, à ce que le service des eaux, des boues, des immondices, du balayage ; celui des marchés, quant à la surveillance des fruits, des viandes, des poissons, des lé"umes etc., soient faits avec toute la célérité et le soin po°ssibles. Les précautions individuelles consistent dans la sobriété, l'usage modéré des boissons fermentées, alcooliques des fruits, dos légumes verts; les individus valétudinaires surtout veilleront avec un soin extrême à leur régime alimentaire ; ils éviteront le froid, l'humidité, les erandos réunions, les émotions vives, les veilles prolongées le travail excessif, etc. Ils porteront de la laine sur la peau ; si c'est en été, ils éviteront les refroidissements subits, les marches forcées, etc.
Le choléra asiatique est-il une maladie nouvelle pour l'Europe? On a dit que la fameuse peste noire de 13i8 était une épidémie de choléra-morbus. Pour répondre à cette question, il faut dire un mot de la peste noire, .^près avoir envahi l'Asie toute entière, les rives du Bosphore, les côtes du nord de l'.-Vfrique, elle pénétra en Europe par l'Italie et sévit d'abord à Florence, d'où les historiens lui donnèrent le nom àe peste de Florence; elle reçut aussi des Italiens celui de anguimigia [mal des aines). Simon de Couvain l'appelle pestis inguinaria [peste des aines). En France, les contemporains l'appellent épi/diime, mortalité des bosses; enfin, plus tard, elle est désignée sous le nom iapestis atra (peste terrible),cl non pas peste noire, comme on a traduit improprement le mot n/'-n. voici mamt.Miant ce que disent .pielques auteurs contemporains, et d'abord un médecin : « Pour la cure curative, dit Guy de Chauliac, on faisait des saignées ou évacuations,... et les apostlièmes extérieurs étaient nieuris avec des oignons cuits etc. » « Des tumeurs, dit Boccace, grosses, les unes comme une pomme, les autres comme un oeuf, se dév^eloppaient d'abord aux aines et sous la aisselles... u Le continuateur de Nangis n'est pas moins explicite : « SitOt ou'une tumeur se levait à laine ou aux ai^sellei, on était perdu. » Écoutez aussi le poète Guillaume de Machaul, narrateur contemporain do la peste de 1348 :
... corrompus en devciioU'iit El qiio leur coii/riir en pcrdoiont.
Car luit estoicul mallraitiii, DfSCOM/iire et ilcsliaitié, , , , , Boces avoicnt, cl grans clos (clous)
Dont on moroit,
il en iiiourul cinq cent nul.