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COT
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au IX' sitcle,ils plantaient, aux environs de Valence, en Espagne, les premiers cotonniers cultivés en Europe; en même temps, Cordoue, Grenade, Séville et peu apris Barcelone voyaient se fonder dans leurs murs des manufactures de tissus de coton, comme |)lusicurs villes du Maroc en possédaient déjà; enfin, ces mûmes Maures d'Espagne introduisaient encore à la mOme époque en Europe la fabrication du papier de coton. Au xiv" siècle, les Turcs importèrent en Albanie, en Macédoine l'art de tisser le coton. C'est à eux que, les premiers parmi les peuples chrétiens, les Vénitiens, et bientôt les Milanais, empruntèrent cette industrie que leurs relations commerciales répandirent plus tard en Belgique et en Angleterre. Les premiers tissus de coton fabriqués par les Anglais, à l'imitation des Flamands, remontent à 1430. Favorisée par les rois anglais, l'industrie du coton prit un essor inconnu jusque-là après la révolulion de 1C8S et sous les rois hanovriens. L'Angleterre a conservé cette prééminence, el c'est encore aujourd'hui le pays qui met annuellement en œuvre la plus grande quantité de coton.
La France fut bien éloignée de suivre un pareil essor; l'industrie des tissus de coton ne date chez nous que de la fin du xvii' siècle, et la ville d'Amiens est une des premières villes qui l'aient connue; mais bien qu'aujourd'hui le tissage du coton occupe un grand nombre de bras en Alsace, en Champagne, en Normandie, eu Flandre, en Languedoc, dans la vallée du Rhône et à Paris, les manufactures françaises n'égalent pas celles de nos rivaux, au moins en puissance productrice.
Jusqu'à la fin du siècle dernier, les cotons nécessaires pour alimenter l'industrie toujours croissante des peuples de l'Europe venaient du Levant; l'Amérique n'en fournissait pas. Ce n'est pas que ce vaste continent ne connût pas le cotonnier. Il est démontré aujourd'hui qu'avant l'arrivée des Européens, les populations américaines des Antilles, du Brésil, de la Colombie, fabriquaient des étoffes avec leurs cotons indigènes. Mais c'est seulement en 1786 que les Anglo-Américains des États-Unis l'eçurentde Bahama le cotonnier désigné dans le commerce sous le nom de sea-island, et en commencèrent la culture en Géorgie. Cet essai eut un succès inouï ; la Caroline du Sud, l'Alabama et les autres États du Sud suivirent rapidement cet exemple; l'exportation commencée en 1791 n'a pas cessé de s'accroitre, et l'Europe depuis vingt-cinq ans est approvisionnée de coton, presque exclusivement par les plantcui-s anglo-américains du Sud de l'Union. En même temps, les manufacturiers des États du Nord ont fondé une industrie considérable des tissus de coton. Ainsi s'est créée peu à peu la situation actuelle de la production et de la mise en oeuvre du coton, situation sur laquelle quelques renseignements vont être fournis.
Production actuelle du coton, — La culture du coton se fait actuellement en Asie, dans les Indes, la Perse, la Syrie, l'Asie Mineure ; en Europe, dans les iles de Malte et de Goze, la Grèce, l'Espagne, l'Italie centrale et méridionale; en Afrique, dans la Basse-Egypte, dans quelques parties de l'Algérie ; en Amérique, dans les États du Sud de l'Union, le Brésil, etc. Les deux grandes nations manufacturières de l'Europe font des efforts énergiques pour rem))lacer les cotons américains, dont la guerre a suspendu le commerce, par des cotons produits dans leurs propres colonies. Les Anglais portent ces efforts vers l'Inde, et aussi vers leurs établissemcnls do la c6to du Congo. La France donne une nouvelle impulsion à la production cotonnièro de l'Algérie dont elle se préoccupe depuis 1812, et tonte d'importer cette production dans quelques-unes de ses colonies, et entre autres au Sénégal. Voici à cet égard le résumé des renseignements publiés en 18G"i par les ministères de la marine et de la guerre. — Antilles françaises : à peu près nulle à la Martinique, la production du coton reprend f:ueur à la Guadeloupe, d'où sont provenus jadis une grande partie des cotonniers de l'Union américaine ; on I8I1I, l'exportation de la Guadeloupe a été de 15:i0!) kil. A la Gnyane, cette production longtemps florissante est tombée dans une décadence à laquelle l'administrât ion locale s'elVorce de mettre lui terme. Le Sénégal parait singulièrement pro-
pre à la culture des cotonnier
partout à l'état sauvage ; le goiu
surtout son attention vers la l>a
premiers produits ont pu étrelisn
A Vite de la Héunion, la priidih
tous les ans depuis 1815, nuilgré les meilleures condi
lions naturelles. Les quelques points que les Françai;
m y en trouve IVauçais porte iiibic dont les liTceen 18(i;!.
niiiére décroit
ont conservés dans l'Inde fournissent du coton à l'industrie locale et aussi à celle de la métropole, mais ne doiuient pas lieu à un commerce d'exportation. La Cochinchine semble promettre une production cotonnière assez abondante. La Nouvelle-Calédonie possède déjà des plantations de cotonnier provenant des États-Unis, et en outre des cotonniers sauvages, indigènes , à rameaux grêles et étalés qui ne dépassent pas l mètre de hauteur. A Tuiti, le cotonnier à trois pointes croît spontanément en abondance; aucun essai sérieux n'a encore été tenté.
Quant à V Algérie, « cultivé traditionnellement par un petit nombre de tribus indigènes, essayé comme curiosité en 1832 et 33 par quelques colons, et au jardin d'essai à Alger, introduit dans les cultures en grand de la Regaia, en 1837 et 38, et puis abandonné pendant la guerre, le coton fut repris en 1842 et 43 à la pépinière centrale, oii de nombreuses variétés n'ont cessé d'être l'objet des plus sérieuses expériences, u Sous l'influence d'encouragements importants accordés par le gouvernement,la tulturedu coton se développe aujourd'hui d'une façon assez satisfaisante. Voici la proportion qu'a suivie ce développement jusqu'en I8C0.