‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 245 sur 396 · GUE · texte numérisé non relu

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le plus fréquemment. Fodéré partage en partie cette opinion. Au milieu de cette divergence, il est ditlicilo d'asseoir un jugement net j3t précis sur cette question, et il est préférable de rester dans le doute sur les causes du crétinisme. Voyez Goitre. F — N.

CREVASSE (Médecine), du mot creve7: — On donne ce nom à de petites fentes peu profondes qui surviennent dans l'épaisseur de la peau, ou à l'origine des membranes muqueuses; les viscères creux, les cloisons et enveloppes membraneuses peuvent aussi être affectés de crevasses. Lorsque les crevasses siègent à la peau ou à l'origine des membranes muqueuses, on leur donne encore le nom de f/erçures; on en rencontre aux lèvres, sous le nez, où elles' sont le plus souvent déterminées par le froid, celles-ci cèdent très-bien à une température douce, à des onctions avec l'huile d'amandes douces, la pommade de concombre, etc. Celles qu'on observe aux pieds et aux mains sont le plus souvent liées aux eiigehires et réclament le traitement de cette affection (voyez Engelure). Les gerçures ou crevasses qu'on trouve à la marge de l'anus et qui constituent une maladie plus grave et toujours fort incommode et fort douloureuse, portent le nom de fissures (voyez ce mot) et demandent un traitement spécial. Les crevasses ou gerçures des seins se remarquent souvent chez les femmes qui nourrissent pour la première fois; ce sont de petites fentes ulcérées qui se trouvent à la base du mamelon et qui causent parfois des douleurs telles que les femmes sont obligées de renoncer à l'allaitement. On y remédie au moyen d'une décoction émolliente, de la pommade de concombre, de l'huile d'amandes douces, du beurre de cacao, quelquefois avec une petite addition d'opium, etc. Pendant ce temps, il faut le plus souvent suspendre l'allaitement, sauf ;'i diminuer l'engorgement qui peut en résulter, en opérant la déplétion des seins devant un feu clair ou à la vapeur de l'eau chaude.

Les crevasses qu'où rencontre dans les organes creux affectent souvent l'urètre à la suite des rétrécissements de ce canal (voyez Rétention d'urine). On en rencontre aussi à l'estomac, aux intestins, à la vessie, à la suite de violences extérieures ; lorsque ces fentes sont plus considérables, elles prennent le nom de rupture.

Crevasses (Vétérinaire). — Celles-ci se développent ordinairement dans le pli du paturon (voyez ce mot) du cheval, de l'ànc et du mulet. Elles sont produites par le séjour sur le fumier pendant l'hiver, par le travail dans les chemins boueux ; elles cèdent ordinairement aux soins de propreté, à l'usage des émollients, puis des astringents, tels que l'onguent populeum, l'eau blanche. Quelquefois elles résistent à ces moyens, et on est obligé d'avoir recours en même temps aux purgatifs et aux dérivatifs sur la peau. On donne encore le nom de crevasses ou de gerçures à celles qui se forment autour de l'anus ; celles que l'on observe au jarret sont connues sous le nom de malandres ; 00 appelle solandres celles du genou. Elles reconnaissent toutes les causes signalées plus haut et demandent le même traitement. F — N.

CRÈVE-VESSIE (Physique). — Appareil de physique servant à mettre en évidence la pression considérable exercée par l'air à la surface des corps. Il se compose d'un vase creux, muni d'une large ouverture sur laquelle on tend une vessie, et d'une seconde ouverture par laquelle on peut y faire le vide. Tant que l'appareil est plein d'air, la membrane est également pressée sur ses deux faces et reste plane ; mais dès qu'on commence à y faire le vide, la pression intérieure va en diminuant, tandis que la pression extérieure reste constante. Celle-ci devient donc prédominante ; la membrane se tend violemment et finit par écl.ater en produisant l'effet d'une explosion, qui est ici due à la rentrée subite de l'air dans l'appareil (voyez Pression atmosphérique).

CREVETTE, Chevrette (Zoologie), Gammnrus, Fab. — Genre de Crustacés de l'ordre des Anijifiipotles, tribu des Crevctlinns qui ne forme dans le Ri-g/ie animal de Cuvier, qu'un sous-genre du grand genre Crevette dcVa.hricius. Il ne faut pas confondre ce petit crusiacé avec les crustacés marins que nous mangeons et qui, sous le nom de c?'eDe/(e,ç, abondent sur nos marchés. Ceux-ci, en effet, appartiennent à l'ordre des Décapodes et ont été rangés [inr les naluralistcsdans les genres Cranr/on et Paldmon (voyez ces mots). Les Crevettes des naturalistes sont de petits crustacés qui ont les quatre pieds antérieurs en forme de petites serres, .ivec la griffe ou le doigt mobile se repliant en dessous ; ils ont, du reste, tous les autres caractères indiqués au mot Ahphipodes. On les trouve en abondance dans les eaux douces, mais pures, ou même dans la mer.

L'espèce la plus connue est \diC. des ruisseaux [G. pulex, Fab.; Cancer pulex. Lin.), longue de 0'",0I5, d'unjaune couleurde rouille; elle nage toujours sur le côté; elle abonde dans les ruisseaux d'eau limpide, où elle se fait remarquer par ses brusques mouvements. Sa présence est regardée avec quelque raison comme une preuve de la pureté des eaux. Elle est très-uuisible au frai de poissons, qu'elle détruit rapidement.

CREVETTINES (Zoologie), Gammannœ, Lat. —Tribu de Crustace'sde l'ordre des Amphipodes, établie par Latreille dans le grand genre Crevette de Fabricius. Il se distingue par ses pieds, au nombre de quatorze, terminés par un crochet ; quatre antennes ; le corps revêtu de téguments coriaces, élastiques, généralement comprimé et arqué ; pas de nageoires à l'extrémité de la queue. Les principaux genres sont les Talitres, les Crevettes, les Cérapes, les Corophies.

M. Milne-Edwards a formé, sous le nom de Creveltines, une famille de Crustace's de son ordre des Ampldpodes, qu'il divise en deux grandes tribus : 1° les C. sauteuses, et 2° les C. marcheuses (voyez Hist. naturelle des Crustacés, t. III, de M. Milne-Èdw.irds).

CRIBLE, CRIBLAGE (Agriculture). — Le nettoyage des graines récoltées s'effectue par diverses opérations, dont l'une, nommée criblage, a pour but d'en ôter les graines étrangères, les grains chétifs, mal conformés, altérés ou attaqués des insectes. On y emploie, dans les exploitations rurales peu avancées, des espèces de tamis faits avec une peau de porc régulièrement percée de trous de dimensions fixes, les uns ronds, les autres ovales, trop petits pour laisser passer le bon grain, donnant issue, au contraire, à tout ce qui n'en a pas le volume. Ce sont ces tamis que l'on nommé cribles. Leur usage entraine une perte de temps considérable, et on l'a abandonné pour employer des instruments plus actifs, tels que le C. alternatif de Quentin-Durand, le C. ciilindrique, les cglindres-cribles-lriKurs de PernoUet, de Vachon, les tarares de divers modèles (voyez Nettoyage des grains).

CRIBLE u'Ératosthéne (Arithmétique). — Tableau comprenant tous les nombres entiers, depuis 1 jusqu'à un nombre déterminé et dans lequel on barre tous ceux qui ne sont pas premiers absolus, de manière à n'avoir à la fin que ceux-ci. Pour arriver à ce résultat, à partir de 2 non compris, on barre tous les nombres de 2 en 2, puis à partir de 3 on les barre de 3 en 3, et ainsi de suite en partant du premier non effacé.

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CRIBRATION (Pharmacie). — C'est une opération par laquelle, au moyen d'un crible ou d'un tamis percé de trous Iplus ou moins grands, on sépare des parties fines de certains médicaments les parties plus grossières qu'on veut ou rejeter ou employer à un autre usage.

CRIC (Mécanique). — Machine destinée à soulever d'une petite quantité des corps très-pesants. Il se compose d'un bloc de bois évidé à l'intérieur et contenant une barre de fer-A très-résistante', dentée latéralement en forme de crémaillère et engrenant avec un pignon en fer C dont l'axe porte une manivelle que l'on manœuvre à la main.

Le cric étant a|)puyé inférieurement sur le sol et la tête de la crémaillère buttant contre l'obstacle à soulever, on tourne la manivelle ; la crémaillère sort pou à peu de son étui en produisant l'effet désiré. On augmente le plus souvent la grandeur de cet effet en faisant

agir le pig i di^la inanivilleD sin- une p,„, cj,. cnc.

roue dentée It dmit l'axe porie le |iigiion qui agit sur la créinaillcre. Abstraction laite des frottements, la résistance que l'on peut v.iincro .ivcc le cric est avec la force <pii agit sur la manivelle dans le rapport

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des chemins parcourus à chaque tour par l'extrémilé de la manivelle et par la tête du cric; ainsi, dans la disposition de la figure, si le rapport du rayon de la manivelle à celle du pignon D est égal à 6 ; s'il en est de même du rapport des rayons de la roue dentée et du second pignon, le cric augmentera l'cflet de la puissance dans le rapport de 3G à 1, mais dans la pratique les frottements qui se développent dans la machine en diminuent la puissance d'une manière très-notable.

CRICOIDE (Anatomie), du grec krikos, anneau. — L'un des cartilages du larynx des animaux vertébrés aériens; il est situé à la partie inférieure de cette boite cartilagineuse et a la forme d'un anneau plus haut en arrière qu'en avant (voyez Laiiï.nx).

CRI CRI (Zoologie). — Voyez Grillon.

CRIN (Zoologie, Technologie), du latin a-inis, cheveu, poli. — Voyez Poil.

Crin végétal (Technologie^. — On donne ce nom à des libres végétales préparées pour servir, au lieu de crin, au rembourrage des meubles et des coussins, h la confection de certains tissus ; les fibres employées sous ce nom proviennent de l'agave, du zostère, de la caragate, du palmier nain, du sparte, etc.

CRI.NOIDES (Zoologie), du grec hinon, lis, et eidos, nspeci. — Voyez Encrine.

CRI.NOLE (Botanique), Crinu7n, Lin. ; du grec krino?>, lis blanc. — Genre de plantes Monocotylédones périspermées, famille des Amaryllidées, Les espèces de ce genre sont de belles plantes bulbeuses à fleurs odorantes, disposées en ombelles et montrant un périanthe simple d'une seule pièce, allongé et tubuleux; 6 étamines à filets grêles; un ovaire à 3 loges polyspermes. Les Crinoles habitent toutes les régions hitertropicales et particulièrement l'Inde et la Chine. L'espèce la plus belle et la plus fréquenmient cultivée est la C. aimable (C. amabile, i)on.); originaire de Sumatra. Ses feuilles, lancéolées, épaisses, glauques, surmontent un bulbe très-gros (souvent 0'°,40 de longueur sur 0'»,15 de largeur) et entourent une hampe élevée que termine une grande ombelle de fleurs d'un rouge magnifique. Cette espèce ne peut être cultivée qu'en serre chaude. G — s.

CRIOCÈRE {Zoologie}, Crioceris, Geofl.— Genre d'/nsectes de l'ordre des Cotéopicrex, section des Tétra?nères, famille des Eupodes. Très-rapprochés des Chrysomelcs, ils sont remarquables, quoique assez petits, par une jolie forme un ])eu allongée, décorée souvent de brillantes couleurs. On les trouve au printemps sur les fleurs qu'ils recherchent. Lorsqu'on les prend, ils font entendre une espèce de petit cri, produit par le frottement de la base de l'abdomen contre le corselet. Ils sont caractérisés par la languette entière, un peu échancrée, les pieds presque de la même grandeur, le corselet étroit, presque cylindrique, les tarses composés de quatre articles. Leurs larves, qui se nourrissent des plantes sur lesquelles on rencontre l'insecte parfait, font des dégâts dans les plantes potagères et autres. Le C. du lia [C. merdigera, Lat.), long dcO",(Ml7, a le corselet et les étuis d'un beau rouge. Sur le lis blanc dans toute l'Europe. Le C. de i'us- Kif. 101. pprr/c {C. (ly.ariif/i. Lin.), do

'"pomu ''°"''' ""'""' loMguLHir, bleuâtre, avec li-iursilrt niugc, étuis jaunàtie; il dévaste les asperges, ainsi (|uu h- ('. ii duuze fioinls (C. rfMOf/eam-/;i<n/((/n,Lin.),qui est fauve, avec six points noirs sur chaque élytrc.

CRIOCÉIUDES (Zoologie), Crincerides; Lat. — Tribu d'hiwçles, ordre des Colio/itrri'x, famille des liupode.s-, qui se distingue de la tribu des Sagrides par les mandibules dont l'extrémité est tron(|uée avec deux ou trois dents, et par la languette qui est entière ou peu échancrée; elle compose le grand genre Viiocèrc de Geoffroy, dans lequel Lalrcille a établi six sous-genres, dont les principaux sont : les Dormciei {O/ilurcs), le» Criocùirs proprement ditH, les l'ëlauristcs.

CRIQUET (Zoolngie), /loiV/ium, GoofT. — Genre d'/nswks de l'ordre des Orltitipli-rrx, famille des Suutiurs. Bien qu'appartenant au (rnuid giiue Sciulcrclles {(In/l- /ui.Lm.), les Criquets ne doivent cependant pas Être confondui) avec le sou»-gejne S<iuli'n:tli- {hjcuslu, Geoll'.), dont ils diflbrent beaucoup et dunt ils portent généralement le nom dans les cauipaitnes. Lescri(|uets se distinguent par Iciirs pied» poslérieur-s plus longs que le corps, leur abdomen solide et non vésiciileux ; ils ont la tote ovoïde et des antennes tilifurnies ou terminées en bouton ;

Criucùré di l'u^erge.

ils volent assez haut. Leurs ailes sont quelquefois colorées de rouge ou de bleu. Ils affectent souvent des formes bizarres. Le C. de passage, C. voyageur {A. migratorium, Oliv.), long de 0",0U0 à 0",0(j5, ordinairement vert, qui habite la Pologne ; le C. d'Egypte [A. œgyp-

Fig. 702. — Criquel «ojag.

tium, Oliv.), qui habite l'Egypte, la Barbarie, le midi de l'Europe; le C. en crête {A, cristatum, Oliv.), qui a environ t)°',in de long, et qu'on trouve dans] l'Amérique méridionale, et un grand nombre d'autres espèces .que nous ne pouvons citer, constituent ces myriades d'ortlioptères dont les dégâts sont célèbres dans l'histoire. Toutjle monde a entendu parler de ces émigrations prodigieuses et de ces invasions désastreuses signalées à différentes époques depuis les temps bibUques, et qui ont réduit des populations entières à la plus affreuse misère, non-seulement par la destruction de toute espèce de végétation, mais encore par les exhalaisons putrides répandues par la masse de leurs cadavres échauflés par les rayons du soleil. On mange les cricjncts dans différentes contrées de l'Afrique (voyez Acbiuophac.es).

CRISE (Médecine), du grec Aruw, jugement. — Hippocraie est le premier qui ait employé ce mot. Il y a crise, dit-il, loi-sque la maladie augmente ou diminue considérablement, quand elle dégénère en une autre maladie, ou bien qu'elle cesse entièrement. Le mot a-ise est le plus souvent employé en bonne part. Les crises salutaires sont celles dans lesquelles la nature se débarrasse plus ou moins complètement au moyen d'une excrétion quelconque, mais surtout par une hémorragie, les sueurs, les urines, les selles, quelquefois un dépôt, une éruption, etc. Elles sont quelquefois précédées de signes alarmants; d'autres fois, elles ont lieu sans secousse. Quelques auteurs ont donné à ces dernières le nom de lysis, du grec luo, je délivre. On observe les crises dans presque toutes les maladies aiguës; elles sont plus difficiles à saisir dans les maladies clirouiques. Pour être salutaire, l'effort critique doit avoir lieu sur la peau, sur les membranes muqueuses, le tissu cellulaire et les glandes qui avoisinout l'extérieur; lorsqu'il se porte vers les cavités intérieures, ver-s les organes nécessaires à la vie, il peut amener des accidents graves et même la mort; dans ce cas, on dit que la crise se fait par métastase (voyez ce mot). Le médecin doit donc veiller avec le plus grand soin à diriger, -si cela est possible, le mouvement critique dans un sens favorable (voyez Cbitiqces [Jours]).

Le mot crise avait été employé par Mesmer pour désigner les phénomènes nerveux qui se développaient, sni- \ant lui, chez les personnes magnétisées (voyez Magnétisme). F— N.

CRISTAL (Minéralogie). — Parmi les minéraux, les uns sont dits <i structure régulière, les autres o .structure irrégiitière : on donne aux premiers le nom de variétés crislullisécs et aux ;uitres celui de variétés amorphes. Quel est le caractère de la structure cristalline ? Elle dépend essentiellement d'une disposition régulière. Cette régularité est accusée par les clivages (|ue possèdent presque toujours les cristaux (voyez Clivagf). On peut la concevoir do la manière suivante : Imaginons un réseau formé de parallélogi'ammes tous égaux et au sommet de chacun d'eux une molécule ; admettons, do plus, que cette tniiiclic se répi;to, qu'une seconde se superpose i\ la première et ainsi de suite, nous aurons un assemblage régulier de muléeules, » corus à structure cristalline; <|uelli' que soit hi l'onnr exié re do ce corps,

ce sera touJMUi \ ,ii i. !.■ , i isialli^i''e. Le plus souvent

h ce cara nmr ri Mioli'culaire s'eii joijit un

autre, c'eM I i i>',.ukiriir lii' l:i toruie du corps. Quand un minéral réunit ces deux condiiioiis, il prend le nom du cristal. En bridant le corps, on détruira le cristal, mais on ne détruira jamais lo caraclèie essentiel d'une substance cristallisée, la régularité du la structure intérieure.

L'étudo doi cristaux présente, au point do vue de la

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définition des espèces, un intérêt de premier ordre. Les matières minérales, en effet, à l'état amorphe, ne sauraient être caractérisées que par la composition cliiraique ; elles n"ojit pas, comme les animaux ou les végétaux, une forme propre qui, A elle seule, permette de les distinguer. C'est cette forme que leur donne la cristallisation, et un cristal d'alun est aussi rcconnaissable à sa forme octaédrique que le sont un animal ou un végétal quelconque. Il est vrai que, tandis que la forme de l'animal est absoltmient invariable daus l'espèce, la mOme substance minérale peut se présenter sous des formes cristallines fort diverses ; ainsi le diamant qu'on trouve quelquefois à l'état de cristal octaédrique peut se présenter sous la forme du tétraèdre, d'un solide compliqué à quarante-huit faces, etc. Mais les immortelles découvertes d'Haùy permettent de voir le lien de famille qui unit ces diverses formes propres à une espèce, et l'esprit peut toujours remonter à une forme type qui est la définition précise et rigoureuse de la substance. On conçoit donc combien il est important, quand on étudie un corps, de pouvoir l'obtenir à l'état cristallisé; on peut employer à cet effet plusieurs méthodes qui sont indiquées au mot Cristallisation.

Les cristaux naturels ont rarement les formes précises qu'on leur donne lorsqu'on les définit géomé.triquement, et cette particularité n'étonnera pas, si l'on fait attention à la manière dont les cristaux prennent naissance, croissent et se développent. Lorsqu'un cristal prend naissance, ses dimensions sont très-petites et ne s'accroissent que fort lentement ; pendant tout ce temps, la masse dans laquelle ce corps se développe peut rester parfaitement tranquille, et alors il sera géométriquement régulier; mais on comprend que cette identité des circonstances extérieures ne saurait se prolonger longtemps, et dès lors il en résulte des perturbations dans la cristallisation, qui entraînent l'irrégularité du développement. Plus le cristal sera volumineux, moins on aura de chance de l'avoir régulier; car il lui aura fallu plus longtemps pour se produire, et les circonstances extérieures auront eu plus d'influence sur sa formation. Lors donc qu'on tiendra i la perfection des formes cristallines, c'est dans les cristaux rudimentaires qu'il faudra la chercher ; mais cette régularité n'est en rien nécessaire, et le plus souvent on s'en inquiète fort peu. La cause la plus ordinaire de l'irrégularité qu'on peut constater dans les cristaux consiste dans l'éloignement différent des faces semblables du centre de figure. On peut se représenter ce fait en supposant que, dans le solide géométrique, une ou plusieurs faces se sont déplacées parallèlement à elles-mêmes de manière à allonger le cristal dans un sens, à le diminuer dans un autre et à lui retirer ainsi toute sa symétrie apparente ; mais il est une chose qui ne change pas dans cette déformation, c'est la valeur des angles dièdres des faces entre elles; aussi la mesure de ces sortes d'angles est-elle la seule détermination expérimentale que comporte le problème et la seule qu'on exécute réellement ; les instruments qui sont employés à cet effet s'appellent çromométves (voyez ce mot). Une autre cause do déformation des cristaux qui se joint fort souvent à la précédente est l'absence d'une partie plus ou moins considérable du cristal. Quand une matière cristallise sur la paroi d'un filon ou sur le flanc d'une roche, la partie du cristal adhérente ;\ la paioi est nécessairement incomplète ; il n'y aura dans ce cas qu'une moitié de cristal, l'antre moitié faisant totalement défaut. Le quartz, le spath fluor sont les cristaux sur lesquels on peut le plus facilement examiner ces irrégularités. La forme du quartz est celle d'un prisme hexagonal surmonté d'une pyramide à six faces : trois de ces dernières prennent quelquefois un développement si considérable qu'on est tenté de les con''ondre avec les faces du prisme.

Quelquefois les faces dos cristaux, au lieu d'être planes, sont creuses et offrent l'aspect do pyramides rentrantes analogues aux trémies du sel marin. L'oxydule de mercure, qui cristallise en octaèdres, présente ce phénomène à un haut degré : les cristaux se réduisent presque aux arêtes. Dans d'autres circonstances, les angles dièdres sont arrondis, de manière que la forme générale du cristal est un spliéroîde ; les cristaux qui présentent un grand nombre d'arêtes et que l'on trouve dans des sables roulés présentent fréquemment cette déformation : le diamant eu offre un exemple.

L'irrégularité du développement dans les cristaux prismatiques leur donne souvent des apparences qui les font ilésigncr par des épilhètes qui rappellent les objets

usuels auxquels ils ressemblent alors. Si le prisme est très aplati, le cristal se réduit à sa base, on l'appelle tabulaire ; ou lui donne au contraire le nom de bacillaire, cylindroide, aciculaire quand la hauteur est très grande relativement aux dimensions de la base. Ces aiguilles cristallines semblent quelquefois diverger d'un centre de manière à former un sphéroïde radié : la variété de pyrite de fer appelée pierre de toimerre présente cette dernière particularité.

La structure cristalline est le caractère essentiel d'un^ cristal ; la régularité des formes extérieures ne vient qu'en seconde ligne. Cette dernière peut quelquefois se rencontrer sans que la première condition soit remplie, et il en résulte alors des masses qui ont l'apparence des cristaux; on leur donne le nom de pseudo-cristaux. Pour citer nn exemple de leur formation, quand une masse de lave se refroidit, il se manifeste souvent, par suite des contractions inégales qu'éprouvent en se refroidissant les éléments hétérogènes de cette masse, des fendillements qui la sillonnent dans toute son étendue. Ces fissures sont ordinairement planes et perpendiculaires à la surface du refroidissement; elles se produisent fréquemment dans trois directions constantes à peu près également inclinées entre elles. Il en résulte de grands blocs affectant la forme de prismes hexagonaux ; telles sont, par exemple, les masses basaltiques de l'.iuvergne ou celles de la grotte de Fingal, dans l'île de Staffa. Vues de loin, ces colonnes basaltiques paraissent parfaitement régulières ; mais cette régularité n'est qu'apparente. La constance des angles, ce caractère essentiel de la cristallisation, n'existe plus ici. L.

CR1ST.\L DE ROCHE. — Voyez Quartz.

CRIST.VLLIN (Anatomie) . — Voyez OEiL.

CRISTALLIN (Système) (Minéralogie).— Ensemlîle desformes cristallines qui appartiennent ev général à une même espèce, sauf le cas de Dimorphisme (voy. ce mot), et qui peuvent se déduire les unes des autres par la loi de symétrie. On distingue généralement six systèmes cristallins caractérisés chacun par un genre particulier d'axes. Ce sont : 1° le système régulier ou système cubique à 3 axe; rectangulaires entre eux et égaux; 2° le système hexagonal ou rhomboétlrique à 4 axes, dont 3 situés dans le même plan font entre eux des angles de CO" et dont le quatrième est perpendiculaire au plan des 3 autres; 3" le système quadratique caractérisé par 3 axes rectangulaires dont deux seulement sont égaux entre eux; 4» le système rhombique à 3 axes rectangulaires inégaux ; 5° le système klinorliombique dans lequel 2 des axes sont perpendiculaires entre eus, et le troisième, oblique au plan des deux premiers,, est perpendiculaire sur l'un d'eux ; G° le système klinoédrique,qui possède 2 axes non perpendiculaires entre eux,, et le 3' oblique aux deux premiers. On prend une forme fondamentale pour point de départ dans chacun de ces systèmes, et les autres formes, tant simples que composées, s'en dérivent par des modifications symétriques. Cette forme fondamentale est tantôt un parallélipipède et tantôt un octaèdre. Haiiy partait de la première former et les minéralogistes allemands choisissent ordinairement la seconde. Les formes principales qui rentrent dans chaque système sont les suivantes :

Système rérjulier. — Le cube {fig. 703) compris sous 6 faces carrées a formant des angles solides trirect angleso. L'identité de nature des angles et des arêtes F ne permet pas de modifier l'une des arêtes ou l'un des angles sans modifier de la même manière tous les autres. — 1'' modilication : par une facette symétriquement placée sur chaque angle o (fig. 'i 04). Elle conduit à l'octaèdre régidier

(/;v."0;.)dontranglecstdel09''28'lG". — 2°' modification:, pàrune lacettc symétrique sur toutesles arêtes (/îj. 70G). Elle donne le dodécaèdre ;\ plans rhombcs {fig. TOT), dans

CIU

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st de i;fl°.— 3"" modification :

des arêtes ;/i'j. :ti8}, on obtient

ainsi le cube pyramide on Vkf;xu-télraèdi-e ifig. 709). — 4»" modifican'on : par ni) pointcment à 3 faces dirigées

vers les faces du cube opéré sur cbaque angle. Elle fournit un solide à 2i faces trapézoides qu'on nomme

pour cette raison trariézoctire {fif/. 710). — li' modification : par un pointemont à 3 faces dlrigiîes vers les

arêtes dti cube opéri sur cliaquo angle. On obtient de celte manière un autre solide à 2i face» ai>iiclu octaèdre

pynuuidé (fif,. 711), ou oclolnrilrc - (;■ inodilicalion : pur un puinlenioiit & (i facca upcré nur chuijuc angle.

Elle conduit à un solide à 48 faces formant des triangles scalènes.

I,es formes liémiédriques simples (jui appartiennent à ce système sont le tétraèdre régulier et le dodécaèdre pentagonal. La première forme {fig. 712) se dérive du cube en prenant la moitié des facettesde modifications o qui conduisent à l'octaèdre (fig, 713). Le dodécaèdre peutagonal tfig. 714) s'obtient par une facette dissymétrique placée sur chaque arête du cube. Les formes composées sont extrêmement nombreuses et p.articulièremput celles qui résultent de la combinaison du cube, de l'octaèdre et du dodécaèdre à plans rhombes. En résumé, voici les formes simples du système cubique avec leurs notations :

Octaèdre

Cube

Dodécaèdre rhomboïdal.

Cube pyramide

Trapézoèdre

Octaèdre pyramide

Scalènoèdre à îi faces...

Tétraèdre

Dodécaèdre peutagonal.

Système hexagonal. — Les principales formes sont le prisme droit à base hexagonale et la double pyramide

hexagonale (fig. 715 et 7 16), d'oii l'on dérive, en remplaçant les arêtes latérales par uu biseau, le prisme à base

dodéragono el la double pyramide à 12 lac«s {fig. 717). I.es foiuies liéuiiédriques, plus fréquentes dans ce système que les formes iiomoédri(|ues, sont le rhomboèdre (fig. 7 1 S), rnoil ii' de la double pyramide lieMi^oiiiilr, et le scalènoèdre, moitié de la duu blo pyramide à 12 faces ,//y. 7l!i); on pourrait aussi prendic pour type liomoédrique du sysième le rhoiiibiihh-e {fig. 718) c'esl-A dire uu parallélipipèdc formé de 0 rhtnnhcs ou losanges égaux r, de deux angles solides (". formant le?* extréiuiiésdera\cprinci|)al des G autres aufiles .solides E pareils et de 12 iirêtes dont (i aboutissant aux ex- I rémités de l'axe seront modifiées ensemble, ce qui conduira au sraléiioèdre, tandis que la niodifica lion des (j autres donne les faces du prisme hcx;igoual. Les formes composées résultent surtout de l'union du prisme hexagonal avec le rliomboèdro (fig. 720), uu du scalènoèdre avec le rhomboèdre {fig. 721), ou

Fip. 119.

cm

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oiifiii dii prisme et de lu double pyramide hexagonale ifig. 722).

Sysième quailidlvjiie. — Les formrs principales sont z prisme droit il b:isc carrée et l'octaèdre di'oit à base carrée (/ï;;. 7?v), d'où l'on déduit par un biseau sur les nrètes latérales le prisme à base octoROne et la double pyramide à base octogone ou dioctardre. Comme exemple

de forme composée, on peut ciler le cristal repi'ésenté dans la figure 7:21, qui est formé d'un prisme carré «a, d'iui octaèdre carré oo et d'un dioctaèdrc 3,3.

Système ihoinhituie. — Les formes de ce système et des suivants, comme celles qui apparticiment au système quadratique, sout des prismes, des octaèdres et des dioctaèdres. La forme fondamentale est le prisme droit à base rhonibe ou l'ectangle. Les angles de la base rliombe sont de doux es|Hjcrs; aus.i les arêtes currcspumiam aux

angles obtus ponrrout être uiodifîées sans que les deux .autres le soient, et il eu résultera des formes composées de deux plans parallèles qui devront s'unir à une autre pour former un solicUî fermé.

Systnni; Iclinorhumhinue. — La forme fondamentale est un prisme h base rliombe dont les arêtes latérales sont inclinées an plan de la base. L'octaèdre correspondant est un oct.aèdre oblique.

Sysiè/nc k/iiiocdri/iue. — Les formos dérivent d'un prisme auquel Haiiy donnait le nom de prisme oblique uon symétriipir n qui n'est autre chose qu'un parallélilup.'cle oMi.|ii.iiiL;l. I. i loulas les parties sont dill'érentes ' '" "'"'l'ii' Il arCte n'entraîne que la modili-

ItU sont l,;,i iUxi':> par lesquels la symétrie cristallo- ^•raplllqll,J passe depuis l'identité de toutes les parties dans le cube jusqu'à leur dissemblance dans le prisme

dissymétrique. Pour comprendre parfaitement les lois qui président au groupement des cristaux dans les différents systèmes, le mieux est d'étudic quelques corps (|ui présentent dans cliacun d'eux ues formes nombreuses ; comme exemples, on pourra choisir les suivants : 1" système : alun, spath fluor, diamant pour les formes homoédriques ; blende, pyrite de fer pour les formes hémiédriques. 2' sysième : émeraude, quartz, spath d'Islande. 'i' système: idocrase. 4' système : sulfate de baryte ou barytiue. b' lystème : feldspath, pyroxène. C système : sulfate de cuivre.

Une liaison intime existe entre le système cristallin et les propriétés d'une substance : les etl'ets lumineux produits par les cristaux sont fort remarquables sous le rapport de cette liaison ; ainsi toutes les substances cristallisées dans le système régulier produisent sur la lumière la réfraction simple exactement comme les corps non cristallieés; les cristaux du deuxième et du troisiènio système possèdent la double réfraction à un seul axe optique, et cet axe coïncide avec l'axe unique de son espèce qui existe dans l'un et l'autre de ces deux systèmes ; enlin, le phénomène de la double réfraclion à deux axes optiques se rencontre dans tous les cristaux des trois derniers systèmes. L'existence des formes héuiiédriqucsdaiis une substance entraine très-fréquemment des propriétés physiques curieuses, telles que la polarisation rotatoire, l'existence du magnétisme ou de l'électricité polaire. La conductibilité pour la chaleur varie «gaiement dans les différentes directions d'un cristal, et les expériences de Sénarmont ont prouvé que cette variation était liée à la forme cristalline. L'étude des rapports entre la composition chimique, la cristallisation et les propriétés physiques forme l'une des branches les plus intéressantes de la minéralogie.

La division des cristaux en six systèmes n'est pas universellement adoptée : en Allemagne, plusieurs classilications cristallographiques ont été proposées, parmi lesquelles on distingue celles deWeiss, deMosset de Naumann ; nous allons les faire connaître en quelques mots.

Système de Weiss. — Quatre systèmes distincts sont lu base de cette division : les cristaux y sont partagés on sphéroédriques, binosingnlaxes, singulaxes et ternosingulaxes. Sous le nom de sphéroédriques, M. Weiss désigne les cristaux symétriques par rapport à un centre : ce sont ceux du système cubique; mais, dans cette classe, il distingue les homosphéroédriques ou cristaux complets et les liémisphéroédriques ou cristaux à formes hémiédiiques. Les binosingnlaxes répondent au système quadratique , et parmi eux on en trouve d'homoèdres et dliémièdres. Les singulaxes, caractérisés par S axes différents entre eux, correspondent aux trois derniers systèmes et se partagent en trois catégories dont cliacune répond à un de nos systèmes. Enfin, sous le nom de teruosingulaxes, il faut entendre les cristaux du système lu'.xagonal.

Système de Moss. — Les quatre classes de ce système répondent exactement à celles de \\^eiss. Le système i-homboîdal comprend le rliomboèdre; le système pyramidal est caractérisé par le prisme carré; le système prismatique est formé par les trois catégories de singulaxes; enfin le système tcsulaire n'est autre chose que notre système cubique. Moss place ce dernier ;\ la fin, jiarce qu'il suppose dans les cristaux de cette classe ■i axes de double réfraction en équilibre : les deux premiers sysièmcs n'en admettaient qu'un, et le troisième lieux seulement.

Système de Samnanri. — Ce cristallographe distingue •iept sysièmcs : les cii>q premiers concordent avec les nôtres, dans un ordre dilVéreiit; sa\oir :

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