‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 299 sur 396 · DRA · texte numérisé non relu

DRA

DR h.

ment des eaux sont rendues à la culture ; les eaux inférieures n'imprègnent plus la terre de façon à remonter vers sa surface ; enfin les labours et l'ensemencement s'y font beaucoup mieux et pins tôt au printemps, plus tard dans l'automne. Le drainage, en résumé, opportun et bien fait, donne toujours un accroissement notable de rendement dans les récoltes.

On trouvera aux articles Sol, IniuoATiON, quelques indications sur les travaux de détail qu'entraîne une opération de drainage et sur les méthodes les plus estimées aujourd'hui.

Malgré beaucoup d'assertions qui tendraient à présenter le drainage comme une invention récente, il faut bien reconnaître que le principe de ce procédé agricole est •fort anciennement indiqué dans les auteurs. M. P. Joigneaux, dans le Livre de la ferme (Tandon et V. Masson. Paris, 1861-1864), a réuni sur ce sujet quelques témoignages curieux. C'est d'abord un passage de l'agronome romain Columelle (vers l'an 60 après J.-C), où cet -auteur décrit, parmi les procédés de dessèchement des champs humides, l'établissement de fossés cachés qui «ont de véritables drains empierrés. Le même procédé est indiqué par Palladius, autre agronome romain du V siècle de notre ère. C'est l'Écossais Joseph Elkington qui, en 1764, étudia le drainage de façon à en établir les règles et à le populariser par le succès. Eu 1810, on commença, en Angleterre, à placer de vieilles tuiles, au lieu de pierres, au fond des tranchées. Vers 18;'2, James Smith, de Deanston (Ecosse), enseigna la disposition des drains parallèles dirigés selon la pente principale du terrain. Bientôt après furent mises en usage les tuiles à semelle fabriquées spécialement pour le drainage, et l'on ne tarda pas à leur substituer les tuyaux dont l'emploi est plus économique. Les heureux résultats de ces perfectionnements apportés dans le drainage furent annoncés chez les peuples voisins, qui se mirent à l'œuvre pour imiter les agriculteurs britanniques, et l'on sait avec quelle ardeur fut recommandée en France la pratique du drainage. Mais la mise de fonds qu'entraîne l'opération dépasse souvent les ressources des petits cultivateurs et des fermiers, de sorte que les grands propriétaires ont seuls pu s'engager dès l'abord dans cette voie de progrès. Plusieurs dispositions législatives ont été adoptées et •mises en vigueur pour écarter cet obstacle.

Le drainage est régi principalement par une loi du 10 juin 1854; cette loi assure au propriétaire qui veut assainir son fonds par le drainage ou tout autre mode de dessèchement le droit de conduire les eaux, à ciel ouvert ou sous terre, à travers les propriétés (excepté les maisons, cours, jardins, p.arcs et enclos attenants aux habitations) qui séparent son fonds d'un cours d'eau ou de toute autre voie d'écoulement. Pour exercer ce droit, il aura seulement à payer aux possesseurs une juste et préalable indemnité. D'une autre part, les propriétaires des fonds voisins ou traversés ont le droit de se servir des travaux faits pour l'écoulement de leurs propres eaux ; mais ils ont alors à supporter leur quote-part dans la valeur des travaux dont ils profitent, les dépenses nécessaires pour raccorder leurs propres travaux avec ceux qui existaient déjà et, pour l'avenir, une part contributive dans l'entretien des travaux devenus communs. Les mêmes droits impliquant les mêmes charges sont assurés aux associations de propriétaires qui veulent assainir leurs héritages par le drain,ige ou ttjut autre mode de dessèchement. Sur leur demande, ces associations pourront être constituées par arrêtés des préfets en syndicats régis par les articles ;t et 4 de la loi du 14 floréal an XI (1 mai 180-'i). Les travaux de drainage projetés par les associations syndicales, les communes, les départements peuvent être déclarés d'utilité publique par décret rendu en conseil d'État, et la loi du 21 mai 18;i6 règle dès lors les indemnités dues pour expropriations. Le juge de paix du canton est institué juge en premier ressort dans les débats et contestations qui peuvent naître de l'exercice des droits et servitudes ci-dessus mentionnés; toute expertise qui pourrait être jugée nécessaire sera faite par Kin seul expert. Les peines portées à l'article 466 du code ipénal (emprisonnement de un mois à un an, amende de iO francs au moins et au plus du quart des restitutions et dommages et intérêts) seront encourues par ceux qui détruisent tout ou partie des conduits ou fossés d'évarn.ition ; ceux qui apportent volontairement obstacle au libre écoulement des eaux seront punis conformément A l'article '\'j.l du même code (emprisoiniemciit de si\ :\ treiiti^ jours, amende comme ci-dessus). Les luis (|iii n-ivscni \a jiolicc des eaux restent d'ailleurs applicables d^us tuiitcs

leurs dispositions. Une décision du 30 août 1854 autorise les intéressés à faire dresser gratuitement par les ingénieurs des services hydrauliques les projets de drainage qu'ils se proposent d'exécuter. Enfin une loi du 17 juillet 186G a affecté une somme de 100 luillions à des prêts pour faciliter les travaux de drainage. Le propriétaire qui veutjoHir d'un prêt de ce genre adresse au ministre des travaux publics une demande sur papier timbré, énonçant ses nom, prénoms et qualités, la situation de ses biens, leur étendue et le montant du prêt qu'il sollicite; il joint à cette demande un extrait de la matrice des rôles et du plan cadastral visé par le maire de la commune. Les prêts sont faits par le Crédit foncier de France et remboursés par les emprunteurs en vingt-cinq annuités de 6',40 pour 100 francs, comprenant l'amortissement et l'intérêt à 4 p. 100.

C'est en 1850 que le drainage a commencé à se généraliser dans notre pays. En 1866, M. Barrai a constaté qu'il y avait en France environ 35000 hectares assainis par le drainage, et on y comptait 396 fabriques de tuyaux de drainage. Au commencement de 1864, le drainage avait ixé appliqué sur une surface de 146 800 hectares; on évaluait à 38 700 000 francs la dépense occasionnée par ces travaux (soit 2e3',88 p.ir hectare drainé), et à 122 raillions la plus-value territoriale qui en résulte en capital.

Parmi les ouvrages les meilleurs à consulter sur le drainage, nous citerons : Leclerc, Traité pratique du di-ainage, 1 vol. — Barrai, Drainagc^irrigations, engrais liquides, 4 vol. — Instructions pratiques sur le drainage réunies par ordre du minisire de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, I petit vol. ( voyez Irrigation, Sot,). Ad. F.

DU.\P d'argent. Drap d'or (Zoologie). — Les amateurs et les marchands ont donné ces noms à différentes espèces de coquilles à cause de leurs couleurs souvent fort belles, qui ressemblent à celles de ces métaux et quelquefois un peu au tissu de l'étoffe appelée drap d'or. Ainsi le Cotius tcxtilis a plusieurs variétés dont l'une porte le nom de D. d'urgent, une autre celui de D. d'or ; une troisième est le D. d'or à fond bleu, etc.

Drap d'or (Arboriculture). — Plusieurs variétés de Pommes et de Prunes ont été désignées sous ce nom ; ainsi, parmi les pommes, celle dite Vrai Drap d'or est un gros fruit arrondi, très-lisse, bien jaune, tiqueté de brun ; sa chair est légère, d'un goût agréable et un peu grenue; elle va jusqu'en janvier. Le D. d'or. Fenouil/et jaune est une pomme de grosseur moyeinie, beau jaune et gris, chair ferme et délicate. Octobre et novembre.

Parmi les prunes, le D. d'or ou Double mirabelle est une petite prune presque ronde, jaiuie, tiquetée de rouge, fondante, délicate, très-bonne. Mi-août. En 1848, on transporta de Belgique en France une prune nommée D. d'or Esperen; c'est un fruit blanc, de moyenne grosseur, qui mûrit vers la fin d'août.

Drap marin (Zoologie). — On a donné ce nom généralement à tout ce qui peut cacher le fond de la couleur d'une coquille, c'est-à-dire à l'espèce de peluche ou de laine qui peut se trouver naturellement à la surface externe d'une coquille; elle est formée par l'épiderme séché.

Drap mortuaire (Zoologie). — Espèce de Couleuvre trouvée au Bengale ; c'est le Coluber ewrtuarius de Daudin. Elle est peu connue.

Drap mortuaire (Zoologie). — Nom vulgaire sous lequel Geoffroy avait désigné une petite Cétoine, dont on a fait plusieurs espèces : C. hirta, Oliv. ; C. funesta, Oliv. ; C. stitica, Oliv.

Drap mortuaire (Zoologie). — Espèce de Coquille du genre Olive, l'Olive à funérailles i,Voluta oliva, olixacea, Born.).

Dl'.APlEB (Zoologie). — Nom vulgaire donné à l'oiseau connu sous le nom de Marlin-prclicur {Alcedo ipsida, Lin.), d'après la croyance erronée que sa dépouille avait la propriété de préserver les étoiles de laine des insectes. On l'appelait aussi Garde-boutique pour la même raison.

DRASSE (Zoologie), Drassus, Walck.; du grec drassô, je saisis. — Genre d'.lrne/ifiirfe*', ordre des Pulmonaires, famille des Arancidcs fileitses, tribu des Sédentaires, section des Tubitcles ou Tapissières. Elles ont les quatre filières extérieures prestpie égales, 8 yeux rangés 4 j)ar 4 près du corselet, la mâchoire formant un cintre autour du la lèvif, allongée et svale. Ces araignées se construisent sous les pierres, dans les fentes des murs, entre les feuilles, des cellules d'une soie très-blanche. On rencoulro commuiii'Nicut aux environs de P.tris le D. rrlidsnnt (D. fulgens, \\ iilk.),liingilci)"|,0(i.'> cl pi-i'srnic cylindii(|ue,avecle thorax l'.iuvc et rabJonieii coloré en bien, eu rouge, eu vert, «ii

Page 1