‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 36 sur 396 · AGU · texte numérisé non relu

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habituellement incolores et l'abdomen annelé de noir. Ces deux espèces sont très-communes en France, pendant l'été, sur les plantes aquatiques et dans les prairies au voishiage des eaux douces (voyez Libellule).

AGRIPAUME (Botanique), des mots latins nger, champ, et palma, main, allusion sans doute aux digitations des feuilles de la plante {Leonurus, Lin.). — Genre de plantes Dicotylédones, famille des Labiées. L'espèce la plus commune, VAgrip. Cardiaque [Leonurus Cardiaca. De Candolle) atteint I mètre de hauteur et porte des feuilles larges divisées en plusieurs lobes, des fleurs velues, petites, purpurines ou blanchâtres, en verticilles axillaires serrés. Cette plante croît dans les lieux incultes, le long des haies et des chemins ; elle passe pour avoir des propriétés vulnéraires, toniques et vermifuges; on lui attribuait aussi une certaine efficacité contre les palpitations de cœur : de là sou nom de Cardiaque. Ses fleurs sont très-recherchées des abeilles. — Caractères du genre : Calice turbiné à 5 nervures et à 6 dents subulées un peu épineuses ; corolle à tube non ou rarement à peine saillant, nu en dedans ou garni d'un anneau oblique de poils, à limbe bilabié, à lèvre supérieure oblongue, rétrécie à la base, à lèvre inférieure étalée, triflde; étamines à anthères rapprochées par paires, à 2 loges par.allèles, à valves nues. G — s.

AGRONOMIE (Agriculture), des mots grecs agros, champ, et nomos, loi. — Science ou étude théorique des principes qu'il convient de regarder comme devant servir de guide aux agriculteurs pour tirer du sol les meilleurs produits aux moindres frais. On nomme Agronome l'honjme qui se livre à l'étude et à la recherche de ces principes ; Vagriciilteur devient en même temps un agronome, lorsqu'il renonce à suivre aveuglément une pratique traditionnelle pour raisonner ses procédés d'exploitation et se rendre compte de leurs motifs, de leurs avantages et de leurs défauts; l'agronome fort souvent n'est

(i9.— Agrion vierge (candeur naturelle).

OU fillette lA. pnella, Latr. ), moitié plus petit que le précédent, d'un éclat soyeux comme lui, mais offrant dans sa coloration une grande variabilité ; les ailes sont

Tig. 70.— A'^r..*liili-' jouel «tn

pas agriculteur, et il n'est pas nécessaire qu'il le soit (voyez Agricultube).

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AGROSTEMME (Botanique), Agrostemma, du grec agrùs, champ, et stemnia, couronne; couronne des champs, pour la beauté de ses fleurs. — Genre de la famille des Cary ophy liées créé par Linné. L'espèce principale est la Nielle des champs (A. Githagu, Lin. ) dont la graine, lorsqu'elle se trouve dans les blés, donne au pain un goût très-désagréable. Ce genre a été réuni aux Lychnides (voy. ce mot).

AGROSTIDÉES (Botanique). — Tribu établie parKunth dans la famille des Graminées. — Caractères : Épillets uniflores, quelquefois avec le rudiment d'une autre fleur; glume et glumelle à :; foholes membraneuses, l'inférieure souvent prolongée en arête ; stigmates sessiles ou p jrtés par des styles courts.— Genres principaux : Agrostide, Gastridie, Lagure, Polypogon, etc.

AGROSTIS ou Ar.ROSTiDE (Botanique), du grecagroslis, gazon. — Genre de plantes Monocotrj lédones de la famille des Graminées, type de la tribu des Agrostidées. 11 renferme des herbes gazonnantes, à feuilles planes, à fleurs en panicules lâches, formées d'épilletspéâicellés uniflores. Ces herbes, auxquelles la finesse de leurs panicules donne une élégance charmante, sont en général de bonnes espèces fourragères. h'Agrosiide jouet du vent [A. spica venti,\Àn.) (fig. 10), très-commune dans nos moissons, est une des plus grandes et des plus gracieuses, h' A. blanche (A. alba et stoloiiifern. Lin. j, appelée vulgairement Cernue, et aussi traînasse à cause de sa tige stolonifère (on nomme aussi traînasse la renouée des oiseaux), l'A. des chiens (A. caninn. Lin.), sont des herbes vivaces également abondantes dans les prairies naturelles. On cultive souvent comme bordure dans les jardins l'Agrostide élégante ( .-1 . e/e^a/w, Thore), plante annuelle du midi de laFrance, qui produit un très-joli effet par sa légèreté et la finesse de ses fleurs. G — s.

AÏ (Médecine), nom gascon, adopté par M. Velpeau pour désigner une maladie caractérisée par un gonflement avec crépitation douloureuse des tendons, particulièrement des muscles radiaux externes, du lotig abducteur ct du court extenseur du pouce. Elle est déterminée par une violence extérieure ou une grande fatigue, et dure environ une quinzaine de jours, sans présenter en général de gravité. Le traitement consiste dans le repos, l'emploi des émollients, puis des résolutifs, aidés d'une compression modérée an moyen d'un bandage roulé.

Al (Zoologie). — Animal mammifère du genre Paresseux ou lirnilgiie de Linné (voyez Pauessei'x).

AIGLE (Zoologie), du latin aijuila, aigle. — Ce nom

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7min, ou Grand Aigle, ou Aigle doré (Falco chrysaètos. Lin. ), qui est l'espèce la plus répandue dans les contrées montagneuses de notre pays, mais auprès duquel se placent beaucoup d'autres oiseaux désignés aussi dans divers pays sous le nom d'.-l igles. Ainsi, tandis que VA igle royal est l'espèce commune en Suisse, en Allemagne, en Pologne, en Ecosse, dans le nord et l'orient de l'Europe, puis dans l'Amérique du Nord; le midi de l'Europe voit ordinairement dans ses montagnes \' Aigle impérial [Falco imperialis, Temminck), qui est sans doute VAêtos des Grecs et VAquila des Latins; du reste les mômes montagnes nourrissent aussi V.Aigle criard. Petit Aigle oa .iigle tacheté {Aquil a nœvia, Cuvier),plus petit d'un tiers et qui n'a jamais pu être confondu avec le précédent. D'autres espèces représentent ce même type dans diverses contrées de l'Afrique, de l'Asie, etc. ; mais nous parlerons surtout de l'aigle de notre pays; plus loin il sera traité du groupe des Aigles et de leur distribution méthodique,

Vaigle royal ou aigle commun est un oiseau dont la femelle mesure 1",20 de longueur de l'extrémité du bec

Fig. 11. — Al|le royil, ltmt»f (l/ll do nrimlriir ntlnrellu). désigne, turtout en France, VAiglc royal, ou Aigle com-

Fig. 7Î. — Tfle d'aigle rojal, femelle (1/k de grandeur naturelle).

à celle de la queue, atteint, les ailes étendues, 2'",90 d'envergure et qui peut peser de 8 à tl kilog.; le mâle n'a que I mètre de long et pèse environ C kilog. Son œil grand, étincelant d'un feu brun clair, est enfoncé sous une saillie de l'orbite, qui le recouvre comme un toit avancé ; l'iris est d'un beau jaune clair, et brille d'un fou très-vif; l'humeur vitrée est couleur de topaze ; le cristallin, qui est sec et solide, a le brillant et l'éclat du diamant. Cette disposition des parties donne à son regard une farouche et puissante majesté ; son bec fort, recouvert à sa base d'une peau jaune nommée cire, se prolonge en un cône de corne bleuâtre recourbé vers son extrémité en une pointe acérée. Son rude plumiigc est d'un aspect sombre, fauve, et même d'un roux doré sur le derrière de la tète ; blanc à la moitié supérieure de la queue, il offre piirtout ailleurs une coloration noire ou brune obscure; â l'jlge aduitt! les pennes de la queue sont rayées de bandes irrégulièrcs cendrées. Avant cette époque l'aigle a diverses livrées ou plumages qui annoncent son âge et ont fait rapporter à une espèce distincte des individus encore imparfaits de plumage. Ce puissant oiseau est armé de serres vigoureuses à ongles noirs et pointus; une peau écailleuso et jaune recouvre ses pattes courtes et trapues. S'il y a lieu de croire que les anciens ont décrit et célébré comme oise.au de Jupiter, dépositaire de la foudre et niossagerdes dieux, r.-iio/ef»î/itria/,on peutappliqiiorce qu'ils en ontdità V Aigle royal q\ii ne lui cède guère sous aucun rapport. A la puissance des armes qu'il lient de la nature, il joint la vigueur et ht dureté du corps, la force des ailes et des jambes, la rapiiliié du vol, la lierté de l'attiuide, la vuo perçante. BulTon l'a compan^ au lion, et l'a considéré en quelque sorte cnniine le roi dt^soiseaux. L'aigle a plusieurs convenances pliysiques et inerale» avec le lion : la force, l.i mnf;iKinimiii' ; ils dédaignent également les petits animaux, et méiirisent leurs insultes. Ce n'est qu'après avoir été longtemps p:-nvo<|ué par les cria importuns do la corneille ou do la pie, que l'aigle se détermine â les punir de mort. «Il est, u .ajoute lo grand naturaliste, solitaire comme le lion, ■ Imbit.ant d'un désert dont il défend l'entrée et l'usagi' « de la chasse à tous les autres oiseaux.... Los aigles se n tiennent assez loin les uns des autres pour que l'espace " qu'ils se sont départi leur fournisse une amplo subsis- ■' tance.... On assure que le même nid sert à 1 aigle pen- <i daiit louto sa vie. C'est réellement un ouvrage assez coil- (I sidérablo pour n'être fait qu'une fois, et assez solide pour <( durer longlenips. Ce nid, iiil'on appelle son «i/v, est tout c( plut et non pa-s creux ennime celui de la plu]mrt dei u aulresoiseaux; placé oïdiiialremonl entre deux loiiiors,

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(' dans un lieu sec et inaccessible, il est construit comme I. un plancher avec de petites perches ou bâtons de cinq à !• six pieds ( l","!! à 2 mètres), appuyfo par les d'ux bouts, Il et traversés par des branches souples recouvertes de plu- 11 sieurs lits de jonc et de bruyère. Ce plancher ou ce il nid I st large de plusieurs pieds (on en a trouvé de « 5 pieds carrés ou 2""î,89) et assez ferme non-seulement t. pour soutenir l'aigle, sa femelle et ses petits, mais pour Cl supporter encore le poids d'une grande quantité de vi- 11 vres. Il n'est point couvert par le haut et n'est abrité « que par l'avancement des parties supérieures du ro- II cher. 1) Dans cette aire habite un couple dont l'union pirsiste jusqu'à la mort de l'un d'eux ; or la longévité de l'aigle parait considérable. Il est commun de trouver des aires où le môme couple est fixé de mémoire d'homme ; on a gardé à Vienne un aigle captif pendant cent quatre ans. Vers le mois de mars, en Europe, l'aigle royal travaille avec sa femelle à réparer son nid au milieu duquel celle-ci dépose bientôt deux ou trois, rarement quatre œufs d'un blanc sale, marqués de taches rousses, et gros comme environ trois œufs de poule. La mère les couve trente jours, et il en sort des aiglons couverts d'un duvet blanchâtre que les parents soignent pendant trois ou quatre mois, jusqu'à ce que, se sentant assez forts, les petits prennent leur vol pour ne plus revoir leur aire natale. Les jeunes n'ont pris qu'à la troisième année leur plumage d'adulte. Pendant que la femelle couve, le mâle pourvoit à ses besoins, et, pendant qu'il ne chasse ))as, il fait au-dessus de son aire des évolutions continuelles d'une hardiesse et d'une rapidité merveilleuses. L'extrême voracité des aiglons exige que les parents se livrent à une chasse active pour les approvisionr.er. Aussi trouve-t-on à cette époque dans le voisinage de l'aire des animaux entiers, des débris de tous genres. Il paraît qu'il leur déplaît en général d'en encombrer l'aire elle-même, et que quelque saillie de rocher peu éloignée leur sert habituellement de boucherie. Le docteur Jonathan Franklin cite le fait d'un gentilhomme écossais près de la maison duquel habitèrent deux aigles pendant plusieurs étés : ii II y avait, dit-il, à quelque distance du nid Il une pierre d'environ six pieds ( 2 mètres ) de longueur (I sur autant de largeur; sur cette pierre le maître delà (I maison et sa servante trouvaient, pendant que le nid (I renfermait des aiglons, une provision de coqs de bruyè- II re, de perdrix, de lièvres, de lapins, de canards, de Il bécasses, et parfois même des chevreaux, des faons, des « agneaux. »

Il ajoute que plus d'une fois, pris à l'improviste, ce gentilhomme envoya faire pour sa propre table des emprunts au garde-manger de ses voisins les oiseaux de proie. Les aigles le souffraient sans résistance, pourvu que l'on n'approchât pas du nid lui-même, et ils n'étaient pas longtemps sans apporter d'autres vivres. « Mais lors- II que le fruit de leur chasse ne leur était pas enlevé, le Il père et la mère vaguaient çà et là avec leurs petits Il jusqu'à ce que les provisions fussent tout à fait épuici sées.... Dès que les aiglons étaient capables de sau- II tiller à la hauteur de la pierre, vers laquelle condui- <i sait un étroit sentier suspendu sur un redoutable pré- « cipice, les aigles apportaient des lièvres et des lapins Il vivants et, les plaçant sur cette table de sacrifice, ils Il exerçaient leurs petits à tuer ces victimes et à les dé- II pecer.... Ces deux aigles étaient fidèles l'un à l'autre I. et formaient d'ailleurs un ménage égoïste et personnel; Il le père et la mère ne permettaient point à leurs aiglons Il devenus gi ands de s'établir et de vivre auprès d'eux ; Il ils les chassaient impitoyablement à une grande dis- II tance, u ( La Vie dea nnhnaux, par Jon. Franklin, S' série, ouvrage traduit par A. Esquiros. ) Si l'on pouvait comparer ces mœurs instinctives aux mœurs librement volontaires de l'espèce humaine, ce sont là les scènes d'un repaire de bandits. Du reste, on a plusieurs exemples d'hommes ayant tiré du voisinage de l'aigle les mêmes ressources pour s'approvisionner.

Le vol de l'aigle est lourd lorsqu'il rase le sol ; mais il devient léger, facile et très-puissant dans les hautes régions de l'air. Les ailes largement déployées et presque immobiles, la queue épanouie, l'oiseau glisse dans l'air avec une rapidité très-grande, mais que l'on a beaucoup exagérée en l'évaluant à 78 kilomètres àl'heure. Naumanii affirme qu'au vol l'aigle n'atteindrait pus un pigeon. Néanmoins, lorsque du haut de l'air, l'aigle, planant comme un point à peine visible, a découvert une proie de son regard perçant, il se laisse descendre vers elle comriie une flèche ; ses serres sont ouvertes et saisissent la victime avec une force irrésistible ; en même temps

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quelques coups d'aile relèvent l'essor de l'oiseau et le ramènent dans les plaines de l'air qu'il traverse en se dirigeant vers son nid. On a beaucoup contesté que les aigles aient pu enlever des enfants ; mais, outre plusieurs exemples dignes de foi, voici un fait rapporté par Degland dans son Ornilhologie européenne et que M. Moquin-Tandon avait communiqué à l'Académie des sciences de Toulouse : Deux petites filles du canton de Vaud, l'une âgée de cinq ans, l'autre de trois, jouaient ensemble, lorsqu'un aigle de taille médiocre se précipita sur la première, et, malgré les cris de sa compagne, malgré l'arrivée de quelques paysans, l'enleva dans les airs. Deux mois après, un berger rencontra, gisant sur un rocher dans la montagne, et à 2 kilomètres de l'endroit où l'enlèvement avait été pratiqué, le cadavre de l'enfant à moitié nu, déchiré, meurtri et desséché.

Pendant qu'il plane à la recherche d'une proie l'aigle fait parfois entendre un cri rauque et sourd qui fait trembler au loin et met en fuite les autres oiseaux. Glouton jusqu'à s'alourdir en se repaissant sans mesure, l'aigle supporte sans peine un jeune prolongé ; on a eu tort de dire qu'il ne boit pas et se repaît de sang.

il serait d'ailleurs fort long de relever toutes les fables qui ont été débitées au sujet des mœurs et du caractère de l'aigle ; nous nous bornons à l'esquisse que nous venons d'en faire, de laquelle nous avons retranché tous les faits erronés ou peu certains. L'aigle est un oiseau défiant, sauvage, d'une approche difficile : il défend ses petits avec im courage que l'on a exagéré, mais qui ne laisse pas que de s'être montré parfois remarquable. Les montagnards des Pyrénées en font souvent l'expérience ; voici, d'après Gérard {Dict. univ. il'hist. nat.], comment se fait chez eux la chasse aux aiglons : « Cette Il chasse se fait à deux ; l'un des dénicheurs est armé « d'une carabine à double canon, l'autre d'une espèce de Il pique de fer longue d'environ 0",G0. Aux premières Il lueurs du jour, les chasseurs arrivent sur la cime de Il la montagne où l'aigle a établi son aire, et pendant 11 qu'il est allé chercher de la nourriture pour ses Il petits. Le premier se place sur le sommet du roc, et, 11 la carabine à la main, attend l'arrivée de l'aigle Il pour l'attaquer ; l'autre descend au fond de l'aire, Il soit d'anfractuosité en anfractuosité, soit au moyen de « cordes. Il s'empare des aiglons trop faibles encore pour 11 résister longtemps ; l'aigle a entendu les cris de ses 11 petits, il accourt et se précipite sur le hardi monta- 11 gnard, qui le frappe avec sa pique, tandis que son Il compagnon tire sur l'oiseau. » Le but de cette chasse est de détruire une race nuisible aux troupeaux. On peut prendre l'aigle adulte au traquenard, pourvu qu'on fixe assez bien ce piège pour que l'oiseau ne l'emporte pas. Il ne parait pas i)ossible d'apprivoiser l'aigle adulte, mais les aiglons élevés en captivité s'y accoutument tout eu conservant un caractère triste ; avec l'âge ils deviennent parfois méchants et dangereux. On assure que les Tartares de l'Asie septentrionale dressent l'aigle royal à la chasse des renards, des antilopes, des lièvres et des loups. Tenu en grand honneur chez les Indiens de l'Amérique du Nord, il leur fournit des plumes trèsrecherchées comme ornements. La chair de l'aigle est dure et peu savoureuse.

Les opinions plus ou moins exactes qui ont eu cours sur les mœurs et le caractère de l'aigle ont engagé divers peuples à adopter cet oiseau comme symbole. Les Perses avaient reçu des Assyriens l'usage de porter pour enseigne une aigle d'or aux ailes étendues. Les Romains avaient admis l'aigle parmi les quatre animaux qui figuraient comme enseignes de leurs bataillons ; depuis Marins, elle fut seule employée, et se transmit successivement aux empereurs d'Occident et d'Orient, aux empereurs d'Allemagne, puis d'Autriche. La Prusse, la Russie, la Pologne, les États-Unis d'Amérique font figurer l'aigle dans leurs armoiries ; la France a pris l'aigle pour enseigne militaire avec Napoléon I" et l'a repris en 1851 sous Napoléon III.

Aigles (Zoologie classique) [Aquila, Cuv.). — Genre d'Oiseaux tic proie rliiirnes formé par Cuvier dans le démembrement du grand genre Fa/co de Linné. L'ordre des Rapaceson Oit. tle proie (Acciiiitre-i, Lin.) aété divisé par Cuvier en deux familles : 1" Ois. de proie diurnes; 2° Ois. de proie nocturnes. La famille des diurnes lut partagée en doux tribus, celle des VnulDurs et celle des Faucons. Cette deuxième tribu (genre Fulco de Linné) est à son tour partagée en deux sections : celle des Oiseaux de proie nobles (Faucons, Gerfauts), et eolie

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des Oiseaux de proie iqnobhs (parce qu on ne peut les employer en fauconuerie) , qui comprend elle-même six divisions : les Aigles, les Autours, les Milaris, les Buses, les hv^nrds et les Messagers ou Secrétaires.

La division des A igles, caractérisée par un bec très-fort, droit à sa base et courbé seulement vers sa pomte, renlemie les plus grandes espèces d'oiseaux de proie. Cuvier avait admis dans cette division sept genres : Axgles proprement dits iAquila, Cuv.), Aigles pécheurs {Haliœtus Sa\-igny\,Balbusards(Pa>idion,SAyi'j^uyi, Circaètes (Circactus, Vieillot), Harjnes ou Aigles pécheurs a ailes courtes ( Harpyia, Cuv. ) , Aigles-autours ( Morphnus, Cuv.), Cymindis (Cymindis, Cuv.).

Le eenre .iquila ou Aigle proprement dit comprend les aigles à tarse emplumé jusqu'à la racine des doigts, dont les ailes sont aussi longues que la queue ; ils habitent les montagnes et vivent de proie terrestre. — On doit citer comme espèces remarquables : VÀigle royal. Aigle commun, grand .iigle (Falco chrysaetos et fuiras dos auteursl ci-dessus décrit. —VAigle impérial, vulgairement Aigle de Thèbes (Falco imperialis, Bechstein, ou .-1. helia'-a, Savigny), souvent nommé Aigle a dos blanc parce qu'il porte, à la base de l'aile, sur l'omoplate, une grande tache blanche ; ses ailes sont plus longues, son corps plus trapu que chez l'aigle royal. Il habile les hautes montagnes du midi de l'Europe — VAigle criard, A. tacheté. Petit Aigle ou Canardiere I Falco nœviiis et maculatus, Gnielin), d'un tiers plus petit que les précédents ; 11 a les tarses plus grêles, le plumage brun ; queue noirâtre avec des bandes plus pâles, le haut de l'aile parsemé de taches fauves. On le trouve dans les Apennins, dans le midi del'Europe, rarement dans le nord : il n'attaque que des animaux irts-faiblcs. Cuvier cite encore VAigle botté \ Falco pennatus, Gmcl., Brissom, moins grand que la buse, le bec presque aussi courbé qu'elle; le plumage fauve, tacheté de brun, les pieds bleus : c'est le plus petit de nos aigles ; très-rare en France, il habite l'est et le midi de l'Europe ; on en a tué il y a quelques années un individu â Mcudon près de Paris. „ , . , Les autres espèces, étrangères à l'Europe, sont 1 Aigle jn'y/nr»/ de l'Afrique méridionale; l'ylîff/e vautounn du même pays, etc. .

\iciE-AUTODn (Zoologie) Morphnus, Cuvier.— Lun des genres admis par Cuvier dans cette division des Oiseaux de proie ignobles qu'il a nommée les Aigles (voyez Aigles).— Caractères: Les ailes plus courtes que la queue, les doigts faibles. Ces aigles tiennent des éper- Tiers et des autours par leurs tarses grêles, et des aigles par leur taille et souvent par leurs tarses velus ; on les trouve surtout en Amérique. Les principales espèces sont : VAiqle autour huppé de la Guyane (talco guyancmis, Daudin), Petit Au/le de la Guyane ; — 1 Uru-

bilinr/a [Falco VriMUnga, Daudm) ; — 1 Aigle-autou N&i)/i«W)e d'Afrique {Falco occipitalis, Daudin), grand comme un corbeau ; - V Aigle-autour varié oix Urutaurana, Autour huppé. Aigle moyen de la Guyane, bpervier valu d'Aziara. (.Spizaètus ornatus,\icû.).

Aigle rfcciiEun ou PyGAncuE (Zoologie) , Ilatiœtus, bavipny. — L'un des genres admis par Cuvier dans cette division des Oiseaux de proie ignobles qu'il a nommée les Aiqlei (voyez Aigles).— Caractères : Les ailes aussi lon- Eue» que In queue, les tarses couverts de plumes seulement à leur moitié supérieure; ils habitent le voisinage des rivières ou de la mer et vivent surtout de poissons. l>es principales espèces sont : VOr/ruic ou Pygargue [Falco os^ifraf/w; Gnielin), répandu dans tout le nord du Elubc (voyez Oiihiaie); — l'Aigle à tête blanche {F. leucoreuhalux, (,iiic\.), espèce américaine un pou plus petite que notre ai^lo commun, têlo et partie supériouro du cou blanches, aiimi que la queue. C'est l'oiseau qui llguro dan» le» armes des Étals-Unis d'Amérique. Audubon, dan» son beau livre sur les oiseaux d'Amérique, a la- COiilé d'une fai.on trtai-draniatique une scène des chasses de rnlRlc à têlc blonclio, sur le» bords du Mississipi. a Quand vou» verrez deux arbres dont la cime dépasse, n'élever en fare l'un do l'outre , sur les deux bords du (Idivc, regardez bien : l'aigle est I& perché sur l'un d'eux- (ion fril éliiicello cl roule dans son orbite comme

uniilolx! <lo feu; Il observe, il épie Sur l'arbre opposé

ta foinelle est en sentinelle, et de temps en temps son cri semble exhorter le mftle h la |>aiiirire. Il y répond I>nr un balleiiient d'aile», par une inclination de Inut s>n (oriis et |)ar un cri nmnt et «iridcMit qui rtssemlile au rir.'d'iiii iiinninquu! |iul» il m rodressu iiiiinnbilo et •Ik-ncicMV coniniu une »tuluf Eiilhi un bon loininin

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que le vent fait voler sur le courant arrive à l'ouie des deux époux; ce bruit retentit avec la raucité d'un instrument de cuivre, c'est la voix du cygne. La femelle avertit le mâle par un appel composé de deux notes : tout le corps de l'aigle frémit ; deux ou trois coups de bec, dont il frappe rapidement son plumage, le préparent k son expédition ; il va partir. Le cygne vient comme un vaisseau flottant dans l'air, son cou de neige étendu eu

avant, l'œil étincelant d'inquiétude Un en de guerre

se fait entendre; l'aigle part aussi rapide que l'étoile

filante, le cygne a vu son bourreau une seule chance

de salut lui reste, c'est de plonger dans le courant ; mais l'aigle l'a prévu. Se tenant sans cesse au-dessous de sa victime, et menaçant de la frapper au ventre ou sous une aile, il la force à rester dans l'air. Le cygne s'affaiblit, se lasse et désespère de lui échapper; mais l'aigle craint que sa proie n'aille tomber dans les eaux du fleuve qui coule au-dessous d'eux : un coup de serres frappe le cygne sous l'aile et le précipite obliquement sur l'une

des rives On ne saurait voir sans frémir le triomphe

de l'aigle. Il danse sur ce corps palpitant, il plonge ses armes d'airain dans le cœur du cygne mourant; il bat des ailes, hurle de joie, s'enivre des dernières convulsions de sa victime ; il lève vers le ciel sa tète blanchie et ses yeux s'enflamment d'un éclat sanglant. Sa femelle le rejoint, et tous deux déchirant leur proie se gorgent du sang chaud que leurs coups en font jaillir. »

Aigle pécheur a ailes courtes (Zoologie). — Voyez Harpie.

AIGBEFIN (Zoologie). — Voyez Egrefin.

AIGRELIER (Botanique). — Nom vulgaire du Sor- Ijier torminat ou Alizier des bois (voyez Alisier, Sorbier). , , ■ j

AIGREMOIXE (Botanique), Agrimoma, altération du mot grec arqemon, taie de l'œil, ou plutôt dérivé des mots ojnos, sauvage, et iHonifW, solitaire. — Genre de la famille des Rosacées, tribu des Dnjadées; caractérisé par des tiges vivaces, herbacées, à feuilles composées; fleurs jaunes, en longues grappes, à 5 pétales, 12 à2(1 étamines, 1 à 2 ovaires qui mûrissent en akènes renfermés dans le tube du calice. Nous possédons communément en France V Aigr. eupatoire (A. eupatoria,iÀn.) qui croit dans presque tous les climats le long des haies, sur la lisière des bois. Elle donne vers le mois de juillet de petites fleurs jaunes disposées en longs épis grêles, et plus tard un petit fruit hérissé des épines durcies du calice. Elle est employée eu décoction pour gargarismes, contre les maux de gorge. Elle passe pour détersive et astringente ; on l'a recommandée dans quelques diarrhées rebelles. Ses fleurs peuvent aussi donner aux étofles de laine une couleur d'or très-solide. G — s.

AIGRETTE (Zoologie). — Faisceau de plumes droites, le plus souvent minces, effilées, qui ornent la tête de certains oiseaux, comme les paons, les hiboux, les ducs, les hérons, quelques espèces de grues, telles que la grue couronnée, la demoiselle de Nimiidie, etc. On a donné le même nom à des bouquets de poils qu'on observe sur le corps de certains insectes.

Aigrette Zoologie). — Bnfl'on a donné ce nom â un singe du genre Macaque [Simia aygula. Lin.), parce qu'il porte sur la tête un bouquet de poils drossés : ce n'est sans doute qu'une variété du Macaque comiuun. — Plusieurs espèces de hérons portent le nom à.'aiyrette; on les trouvera indiquées au mot Héron.

Ai(;iiETTE (Botanique). — Ou donne ce nom a des houiipes de soies ou do poils qui surmontent certaines parties des plantes, ot le plus souvent le fruit; elles représentent alors le limbc! du calice, comme on peut l'observer chez les Composées, les yalértanees, les Dtpsacée< Loi-squo les corolles sont tombées, ces aigrettes deviennent tout à fait apparentes ot s'étalent souvent comme dans le pissenlit, vulgainîmont nommé à cause do cela ftmndellc des prés, par les enfants. Selon Cassiiu, la sécheresse fait di\'orger les poils dont se compose 1 aigrette, de sorte qu'en s'appuyaut sur les organes voisins celle-ci détache ot soulève le Iruit qu elle surnionto et lô vent no tarde pas h remporter nu loin. L nigretto est ■idsile dans lis chardons, les centaurées, lo scnoçon, le cinéraire, taudis (lu'ello est pédiléc ou rétrécio i sa bnso eu une sorte do support grêle nommé pcdile, dans la laitue, Icsalsills, le pissenlit, etc. ; elle est/, ,<m™.«<! dans les scorsonères, les circes, où les jioils qui la composent sont couvons eux-mêmes do petits pmis visibles à lœi nu. Elle cslaucontrairotixip/c, lorsque ses iwilssombleiit préscnlcp une surface unie, comiuo dan» les laiiuos, lo Uiitopon, l'érluépon, etc.; * In loupe, on reconnaît néaii-

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moins que ces poils sont encore hérissés. Les aliènes, "orte de fruits secs, sont dits aigrettes lorsqu'ils sont surmontés d"une aigrette.

AIGREURS (Médecine). — On désigne ainsi une incommodité fréquente consistant en des rapports acides, gazeux ou liquides, qui pend:i.nt le travail de la digestion reviennent de l'estomac. Ils tiennent soit à la nature des aliments, soit à un état maladif habituel de l'estomac. Dans le premier cas, ou évitera les aliments qui les provoquent d'habitude; dans le second, si elles sont légères et récentes, on prendra 0«',60 à 0=',6ii do magnésie décarbonatée le matin, pendant une huitaine, ou bien ou consultera un médecin.

AJGUË (Maladie) (Médecine). — Voyez Maladie.

AIGUE-MARINE (Minéralogie). — Émeraude diaphane de couleur vert d'eau (voyez Émeralde).

AIGU1LL.\T (Zoologie), à cause de l'épine acérée comme une aiguille quecepoisson portesurle dos ( Spinax, Cuv.). — C'est un des nombreux poissons du genre Squale, vulgairement nommés rhiens de nter; l'aiguillât est très-commun sur nos marchés; son corps effilé, couvert d'une peau chagrinée, brune en dessus, blanchâtre en dessous, mesure deO", 75 à l mètre de longueur : lesjeunes sont tachetés de blanc. La première nageoire dorsale est armée d'un aiguillon cartilagineux très-acéré, mais non venimeux. La chair de l'aiguillât est filamenteuse, dure et peu savoureuse ; dans certains pays on recherche beaucoup le jaune de ses œufs. Sa peau, comme celle de la roussette et du requin, est employée, sous le nom de peau de chagrin, à polir le bois, l'ivoire, et même certains métaux. Il se nourrit de poissons, de crustacés, de mollusques; on tire de son foie une huile limpide employée dans les arts pour préparer les peaux, et qui a été vantée, sans beaucoup de fondement, contre les rhumatismes.— L'aiguillât 'Spinox ucaiithia.i, Cuv.) est le type d'un des nombreux sous-genres du grand genre Sr/itale, famille des Se'lacieiis, ordre des Poissons chindroptéri/giens à branchies fixes, selon la méthode de G. Cuvier. Le sous-genre Aiguillât \Spinax} se distingue des autres Squales en ce qu'il n'a pas de nageoire anale, mais il est pourvu d'évents. d'une épine à la nageoire dorsale et de petites dents tranchantes sur plusieurs rangs. Le Sagre et le Mangin ou Aiguillât Bloinville, de Risso, sont du même sous-genre, et les trois espèces se pèchent sur toutes les côtes de la Méditerranée et de l'Océan.

AIGUILLE iChirtirgie). — On emploie dans la pratique chirurgicale des aiguilles de formes et de dimensions très-variées, en acier, en argent, eu or, eu platine, suivant les usages auxquels on les destine. Il convient de citer entre autres :

1» L'aiguille à acupuncture (voyez ce mot).

2° L'aiguille à cataracte, destinée à opérer l'abaissement ou dépression du cristallin cataracte (voyez Cataracte) ; elle se compose d'une tige en acier longue de ()°',030à 0°,(I35, droite, terminée en fer de lance, à pointe aiguë et abord tranchant: c'est l'aiguille de Béer; nubien elle se termine, en se recourbant, par une pointe triangulaire (aiguille de Scorpa], ou aplatie {aiguille de Dupmjtren] : ces deux espèces d'aiguilles ont d'ailleurs été modifiées par plusieurs chirurgiens. Quelles que soient ses différentes formes, cette tige est montée sur un manche à quatre pans, sur l'un desquels existe un point blanc correspondant à une des faces de l'aiguille, afin d'indiquer la position de l'instrument lorsqu'il a pénétré dans l'œil.

3" Aiguilles ii ligature. — Ce sont des aiguilles courbes, quelquefois montées sur un manche, percées d'une ou de plusieurs ouvertures à une de leurs extrémités; elles sont destinées à passer un on plusieurs fils à travers les tissus, autour d'un vaisseau, pour en faire la ligature.

4° Aiguille à selon. — C'est une petite lame d'acier aiguë, mince et étroite, tranchante dans une partie de sa longueur,et percée vers sa tète d'un trou destiné :\ recevoir une mèclio de linge ou de coton; cet instrument sert d'un seul coup à faire le trajet du selon, et à porter la mèche dans ce trajet (voyez Séton ).

,')" .Hguilleàsuliire. — Les aiguilles à suture présentent des différences nombreuses, eu égard aux parties divisées qu'on veut réunir, ou .aux vices de conformation auxquels on veut remédier (voyez Sltiue). F — n.

AittuLi.FS A coiDRE (Technologie). — Les aiguilles qui sont livrées au conmierce au prix de 10 à 16 francs le mille, pour les qualités du premier choix, et de -4 à .'j francs pour les secondes qualités, passent successivement, .ivant d'ftre terminées, par les mains de quatre-vingt-dix à quatre-vingt-quinze ouvriers, et ce n'est qu'il cette condition qu'on peut les donner b. un aussi bas prix. Leur fa-

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brication offre un des exemples les plus remarquables de la puissance de la division du travail. Un certain nombre des opérations qu'elle exige sont très-délicates ; par l'habitude de faire toujours le même travail, les ouvriers parviennent à les exécuter avec une rapidité et une précision qui frappent d'étonnement tous ceux qui les voient à l'œuvre.

En Angleterre on fabrique les aiguilles avec de l'acier étiré en fils ; sur le continent, et en France en particulier, ou emploie le plus souvent du fil de fer que l'on cémente après que l'aiguille est dégrossie. Les opérations sont ainsi rendues plus faciles, mais donnent des produits moins parfaits. Les opérations diverses par lesquelles doit passer une aiguille peuvent se diviser en cinq séries :

1° Façonnage de l'aiguille ou conversion du fil métallique en aiguilles brutes, comprenant une vingtaine d'opérations ;

2° Cémentation, trempe et recuit des aiguilles brutes, comprenant une douzaine d'opérations;

3° Polissage, cinq opérations répétées chacune dix fois, et une dernière qui ne s'exécute qu'une fois ;

4° Triage, cinq opérations ;

5° Derniers tours de main, mise en paquets, une dizaine d'opérations.

Chacune de ces opérations est faite par un ouvrier spécial. Nous allons les passer sommairement en revue ea insistant un peu plus sur les plus importantes.

1'" série. — Les fils sont essayés à la /oHj/e pour vérifier leur calibre ou leur grosseur. La jauge est formée par un disque d'acier sur le pourtour duquel sont creusées des fentes dont les largeurs correspondent aux diverses grosseurs de fil dont on a besoin. Les fils qui n'ont pas le calibre voulu ou dont le calibre n'est pas uniforme dans leur longueur sont renvoyés à la filière ;\oyez Tbéfilerie). Ceux qui ont satisfait à ce premief rxamen sont essayés à la cémentation et à la trempe. Les meilleures qualités sont réservées pour la fabrication des aiguilles dites anglaises.

Le fil ainsi vérifié est dévidé sur des dévidoirs [fig. 7 f)

~Fig. 73. — DéTÏrtoir pour le ûl de fer

dontladimension est en rapport avec la longueur des aiguilles. Les bottes formées de 90 à 100 tours sont coupées d'aborden deux parties égales, puis celles-ci réunies et coupées en morceaux d'une longueur un peu supérieure au double de celle de l'aiguille finie. Cette opération se fait avec des cisailles mues mécaniquement, et un seul ouvrier peut couper en un jour ioO 000 fils de deux aiguilles.

Les bouts obtenus sont courbes ; pour les redresser on les réunit, au nombre de ô ou 6000, en paquets que l'on roule au moyen d'une règle à jour appelée rùpe sur une table de fonte chauffée au rouge cerise. On emploie ordinairemeut la règle à bascule (fig. "4). Cinq ou six balancements de la râpe suffisent à cette opération qui marche très-vite.

Les fils dressés sont portés à l'aiguiserie consistant en une grande pièce dans laquelle 25 ou 30 meules d'un grès d'une dureté moyiMnic tournent avec une grandi; rapidité au moyen do l'eau ou de la vapeur. Chaijue ouvrier, assis devant sa meule, prend dans sa main, entre le pouce et l'index, 50 ou (ill fils et les présente par un bout à la meule en les faisant rouler entre ses doigts pour les user d'une manii'ro régulière, ce qui est iruiie trèsgrande iinport,ance. Comme dans leur mouvement cipido il arrive assez souvent ([ue les meules éclateni, elles sont recouvertes d'une forte feuille de tûle n'ayant (|uo l'ouverture nécessaire pour l'nppointago des aiguilles ; un écran de verre sert eu outre i. jjréserver les yeux de l'ouvrier des étincelles de fer incandescent.

Une fois appointés par les deux bouts, les fils sont por-

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gouttibre dans '^^ '/L Jo flit av"c un MOirroN (voyez

Fig. 71 - Bigle

ïcu\e pour Ores

son milieu Porf-^ur un petit «oc^^^^^^^^^^^^^

à un PO'nÇon => "^„^ le trocd-adc porte lui-même deux

par percussion >£? «^^ux lUes^^e g ^^^^^^ ^^ ^^.^

t.» '»"r i*°rê; I» .lB"illo. (.melte on d« «B».ll»

•a r Tont intioduiU-,» <ians des fours que 1 "".<:''"'^« •0 lèe ncn.lnnt sept à huit heures, et qu on In.sse onsu

',»'on met dans des boites séparées et qu on porte i 1 aie

"^'l,fo3" rii.. les aiguille.s sur les plateaux au nom. hr^dc « i 10 00 pour^baque plateau, que lo trem-

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.PS deux m'xius et l'agite de droite à gauche et d" arrière en avant et ramfene ainsi en quelques instants toutes les «es au parallélisme. Pour les décr.ssçr un ouvrier°place 13 à 20000 aiguilles tant à. côté les unes des aS rcsQue bout à bout dans une toile serrée qu il étran "le et Ue par les deux extrémités; un autre dépose leTàSuet sur une table et Y y fait rouler en appuyant dessus avec une r6i?le en bois ; il ta-empe ensuite le paquet dans de l'eau, et le fait rouler de nouveau quelques

'"on°porte alors chaque paquet près des poÊles à re- 1

cuii-e et on les déroule; deux ouvriers y disposent les 1 "niiles encore mouillées sur des plaques de fonte chau - ? es, en forment deux rangées qu'ils coulent en appuyan sur elles avec une règle de fer courbe pour q-^e es re cohent successivement et également 1 ^^ '» /"^^/«^.^^l nuis, quand elles ont pris une couleur bleue, ils e= jet eut dans une sébile d'où elles sont P"ses pour être de nouveau mises eu ordre comme plus haut. Un ouvrier es reprend alors une à une, les w^'e entre ses doigts nour r-connaitre celles qui seraient déformées et qu do" redresser sur un petit tas h l'aide d un marteau particulier. Il les jette ensuite dans une bo.te où un o«- -■^?]^.r-lr^:î^eestl'opératiou la plus fougue dans la fabrication des aiguilles, mais elle se fait sur ' l^?^r 1^'aiguH^-^-trempées, incultes et d^ éesrfes porte dans l'atelier destiné à Ja cnn ec,i n ries rouleaux On dispose dans une auge en bois deux ou •ois carrés de toile de manière qu'ils en couvrent le fond et [es Côtés et qu ils débordent au delio.;s ; on augmeutfl'fpaisseurdecetteenveloppeaumoyendeplusieur,

Sandes de toile longitudinales; sur le fond on étend une coSche de petites pîcrres de schiste quartzeux micacé de suëx d'émeri, de calcaire compacte, ou même de potée d'éTain si lU veut avoir un poli blanc. On range par-dessut une'couche de 0^0. d'aiguilles sur une longueu de (r,45 environ, ce qui correspond '^'^^^P' °" 'i"' .^.^j tueurs d'ai<'uilles; on recommence une couche de pierres, tine Touche d'aiguilles jusqu'à la. ciuqu.èine qi^on recouvre d'une sixième couche de pierres, et on ^ersesur ?etom un demi-litre d'huile de colza. On replie alors la toile par les deux bords,puis par lesdeux bouts ou ferme lo rouleau que l'on serre fortement avec une ficelle, et on

'Ttil:^^^^^^^'^ «^'--'^ pesants semouvant alternativement en sens contraire, sur des madriers on bois. C'est entre le chariot et les madriers que sont oîacés les paquets d'aiguilles qui sont ainsi roulés soi^ ■

ne forte pression; les cailloux qu'ils contiennent s er asen tpeS à peu, et leur frottement finit par donner i

sur son axe où elles se nettoient, de U\, "l'i',^'' da \'n van Tcuivre où elles sont vannées à la '"amèro du Wé cêîte opération du polissage se f ;^°";'";^''.^«j;;''^° (,,;' fois en changeant successivement la natuie des matie es

iîcTdé^rillé iTeSln ";'=èn\n on essuie les aiguilles une

^ "l'';,-,,', Ces diverses opérations, S'""'»"' ^o polissage, amènent un déchet >'0'-?bl«dan3 le produit un dixième au moins doit être ■">«, »" ?.^\ '^^e, trè"sec

„Mls. -Un enfant aligne sur une table on c mre . u

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dont on voit les restes dans la gouttifcre dn chas. Ce chas est encore imparfait ; xin ouvrier le présente à \& drille, ou burin d'acier très-fin et animé d'un mouvement do 1 otation très-rapide ; le chas est ainsi régularisé et arrondi sur les bords afin qu'il ne coupe plus le fil. Cette opération délicate, qui exige une grande sûreté de coup d'oeil, se fait avec une rapidité merveilleuse par les ouvriers exercés. Reste le brunissage qui consiste à donner, à l'aiguille le dernier poli. Il se fait sur une bobine de buffle recouverte de matières pulvérulentes de diverses natures. On procède ensuite à la mise en paquets.

Un ouvrier coupe en rectangles d'une grandeur déterminée par celle des aiguilles, des feuilles d'un papier bleu ou violet préparé de manière qu'il prenne peu l'humidité ; un deuxième ouvrier armé d'une règle en fer dont le bord supérieur est muni de cannelures d'une profondeur telle qu'une seule aiguille puisse s'y loger, sépare du tas 100 aiguilles qu'il met dans le papier; un troisième achève le pliage du paquet qu'il place ensuite dans une boîte portant le numéro des aiguilles ; un quatrième écrit sur les paquets, ce numéro, le nom du fabricant et la marque adoptée. Un cinquième réunit en un seul 10 paquets de lOO, les enveloppe do papier bleu ou violet, les lie d'un fil blanc ou rouge et les recouvre quelquefois d'une feuille de papier blanc portant des figures et des caractères dorés. Un cinquième enfin réunit ces paquets par cinquante renfermant ."jO 000 aiguilles, les enveloppe de papier blanc, puis d'une ou deux vessies de bœuf desséchées, par-dessus d'une toile cirée, et enfin d'une feuille de papier gris. C'est dans cet état qu'elles sont livrées par les fabricants. M. D.

Aiguilles (Chemins de fer). — Portions de raî/i qui servent à opérer les changements de voie. Ces aiguilles peuvent tourner à l'une de leurs extrémités autour de boulons verticaux et sont liées l'une à l'autre par une traverse qui maintient leur écartement. On appelle niguilleur l'ouvrier chargé de manœuvrer les aiguilles (voyez Chemin be fer).

Aiguille aimantée (Physique). — Lame d'acier de forme variable, aimantée, et suspendue par un de ses points autour duquel elle peut tourner librement (voyez Aimant). L'.aigu)lle aimantée forme la partie essentielle des boussoles (voyez ce mot) ; elle jouit de cette propriété remarquable d'être dirigée par la terre de manière que l'une de ses extrémités se tourne vers le nord et l'autre vers le midi. A Paris la direction de l'aiguille aimantée n'est pas rigoureusement celle dn nord au sud; sur la plnpart des points de la surface du globe elle s'écarte plus ou moins du plan du méridien terrestre, et l'angle qu'elle forme avec ce plan s'appelle déclinaison (voyez ce mot).

L'aiguille aimantée bien exactement suspendue par son centre de gravité ne se tiendrait pas non plus dans une position horizontale ; l'un de ses pôles s'inchne vers la terre d'un angle variable d'un point à l'autre de la surface du globe qu'on appelle inclinaison (voyez ce mot).

AiGDiLLE DE MER (Zoologie), Syngnathus actis. Lin. — Poisson du genre Syngnathe (voyez ce mot).

AIGUILLETTE (Zoologie), Bulimns acicula, Brug. — Très-petite coquille qu'on rencontre partout sous les mousses, sur les vieilles murailles, et nommée ainsi à cause de sa forme mince et allongée : elle appartient aux Mollvsq. gasfe'i'op. pnlmoné<: terrestres, grand genre Escargot [ficlix. Lin.).

AIGUILLON (Zoologie). — On donne ce nom à une espèce d'arme offensive et défensive dont sont pourvus les scorpions et certains Insectes Hyménoptères, et qui, placée i l'extrémité postérieure du corps, opère une piqûre, dans laquelle est versé un liquide venimeux. Dans les Hyménoptères, cotte arme, logée dans l'abdomen, a quelque analogie avec ce que, chez les autres Insectes, on désigne sous le nom de tarière et oviducte (voy. ces mots), du reste elle n'existe que dans les femelles et dans les neutres. L'aiguillon, qu'on rencontre dans les abeilles, les guêpes, les frelons, les bourdons, etc., est une espèce d'aiguille très-fine, barbelée. Elle se compose réellement de deux dards très-tins, accolés et recouverts d'un étui corné formant intérieurement une gouttière où s'écoule le venin sécrélé par une petite glande interne. Tout l'appareil est retiré pondant le repos et des muscles le font sortir avec énergie quand l'animal veut s'en son'ir; parfois, à cause des dentehircs du dard, celui-ci reste dans la blessure et la déchirure qui on résulte à l'abdomen de l'insecte amène sa mort. Chez les scorpions l'aiguillon n'est autre chose que le dernier segment de l'abdomen

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