FF.R
FKU
Tous les minerais manganésiftres donnent des fontes contenant du manganèse ; ces fontes sont surtout recliercliées, ;\ cause de leur facile épuration, pour produire de l'acier ou des fers aciéreux. La présence du cuivre dans la fonte est très-nuisible, car il est impossible de s'en débarrasser par oxydation. A la fonte grise correspond l'allure cbaude, et à la fonte blanche l'allure froide.
Moulage de la fonte. — On emploie la fonte à peu près depuis trois siècles, mais son usage ne s'est répandu que depuis lesiècle dernier. Aujourd'hui, elle a remplacé dans beaucoup de cas le bronze ; étant pUisfluide. elle se moule mieux peut reproduire des dessins plus délicats ; elle se dilate plus au moment de son refroidissement et, par suite, s'applicjue mieuxsur le moule. A l'aide de vernis, on peut empêcher son oxydation. Pour qu'une fonte soit propre au moulage, il faut qu'elle soit bien fluide, qu'elle se tige lentement, qu'elle ne présente pas de souBluie, qu'elle ne soit ni trop dure ni cassante. La fonte blanche, après solidification, se contracte; la fonte grise est plus tenace. En général, on se sert de la fonte grise pour mouler; dans quelques cas exceptionnels, où l'on veut une grande dureté, on emploie la fonte truitée. Les fontes phosphoreuses sont très-fusibles et très-fluides; on les emploie quand on veut des empreintes nettes, et partant des ornements délicats; on s'en sert aussi pour la poterie de fonte.
Tous les objets moulés se divisent en deux classes : les objets moulés en première fusion et les objets moulés en seconde fusion. Pour les premiers, on coule la fonte dans les moules au sortir du haut fourneau; on la puise dans le creuset lui-même; on voit qu'on ne peut avoir ainsi que de petites pièces. Pour un grand nombre de pièces, la fonte de première fusion ne pi'Ssède généralement pas les qualités désirables. Pour les seconds, on fond la fonto une seconde fois dans un appareil spécial nommé cubilot; on peut y ré<inir de grandes quantités de fonte; la fusion nouvelle expulse une partie du grppliite et du silicium, et la fonte est plus compacte; enfin, cela permet de fondre ensemble plusieurs espèces de fonte. On a reconnu que, par le mélange, on améliore souvent la qualité du produit; du reste, dans beaucoup d'endroits où on fait le moulage, on n'a point de hauts fourneaux. Le moulage pour les objets de première fusion se fait très-simplement : on puise la fonte dans des poches en fonte dont l'intérieur est revêtu d'argile et on va la verser dans les moules.
Moulage en seconde fusion. — La foute est refondue dans les cubilots, exceptionnellement dans des fours à réverbère pour les grosses pièces. Les moules sont faits en sable ou en argile; pour les pièces qu'on veut durcir beaucoup, on moule en coquille, c'est-à-dire dans des moules métalliques qui refroidissent brusquement la fonte et trempent la surface.
Le cubilot est un fourneau à cuve de 2 mètres à 2", 50 de hauteur et de O^jSO à I mètre de diamètre intérieur,
■■ot
selon la quantité de fonte qu'on veut oblejiir, Maintenant on fait des cubilots de 5 mètres de hauteur, avec un vide intérieur analogue A celui du haut fourneau ; on y trouve économie de combustible. L'appareil se compose (l'un tour en maçonnerie de 0",'jI) à ()"',{iO do hauteur, audessus, une plaque de fonte formée de deux parties, surmontée d'un prisme ou d'un cylindre on tôle, ordinairement d'une vieille chaudière ;\ vapeur; on garnit l'intérieur de matières réfractaires. Dans le bas, ou
perce une porte pour la coulée, et à différentes hauteurs, trois, quatre ou cinq trous pour autant de tuyères. KUes ont un large diamètre, car le vent n'est lancé qu'à une pressioiide I cent, ou I cent, etdemi au plus. On dessèche le four, on le chauffe lentement, ou ferme la porte de coulée avec des briques, en laissant une place pour le trou do coulée, on remplit à moitié de coke, en mettant au bas du charbon allumé, et peu après on donne le vent; on peut alors charger la fonte dans la proportion de 5 contre I de coke et en morceaux de 4 à 5 kilogrammes; on ajoute un peu de fondant pour les cendres du coke. A mesure que la fonte s'élève, on élève la tuyère ou lestuyèies souftlaiites. On bouche 1rs autres, puis, la charge fondue, on coule les pièces, en se servant de poches ou, si elles demandent beaucoup de fonte, de ciiaudjons qu'on manœuvre avec des grues. Il y a un déchet do G à 7 p. 100 de fonte et, en ouire, on doit laisser au-dessus de l'objet moulé une certaine quantité de fonte ou masselotte pour le comprimer et lui donner de la compacité. Pour loO de fonte moulée, on doit en fondre 170.
Quand on veut mouler de grosses pièces on réunit les produits de plusieurs cubilots où l'on se sert pour la fusion du four à réverbère. La sole est rectangulaire et présentant une inclinaison de 6 à 10 p. 100 vers le trou de coulée, de manière à former bassin quand il est bouché. La sole est en briques réfractaires, surmontée d'une couche d'argile très-maigre. On peut réunir les produits de deux de ces fours. C'est ce qu'on fait, en général, pour fondre les canons. La consommation en houille est d'environ 50 p. 100 de foute; le déchet peut aller à 50 p. 100.
Les cubilots contiennent de I 000 à 3 000 kilogrammes de fonte. On en a fait pour fondre GOÛO kilogrammes; ils n'ont pas donné de bons résultats.
Eu dehors des usages spéciaux et si importants de la fonte, celle-ci n'est que l'intermédiaire pour arriver an fer. Le lecteur trouvera à l'article Fonte la description des procédés qui sont employés pour la conversiou di' la fonte en fer. Voy. aussi l'article Acieh, pour la conversion de la fonte en acier pas le procédé Bessemer.
Essai des minerais de fer. — Dans presque toutes les usines, on emploie la voie sèche pour les essais de fer; on obtient très-exactement la fonte que peut donner le minerai et, jusqu'à un certain point, des iudrcations sur la qualité du produit, la nature et la quantité des fondanis à employer. Il faut d'abord se procurer une prise d'essai représentant à peu près la moyenne du minerai à traiter. On le pidvérise; on traite par l'acide chlorhydrique étendu; s'il y a effervescence, le minerai contient des carbonates; avec l'habitude, on peut assez bien distinguer si l'jicide c;irbonique provient du carbonate de chaux ou de la dolomie et du carbonate de fer. S'il n'y a pas attaque, on doit concentrer l'acide etchaufl'er; on verse sur un filtre la liqueur chaude; si elle filtre lentement, il y a de l'argile attaquée. Alors on évapore !i sec, de manière à rendre la silice insoluble; on reprend par l'acide chlorhydrique faible. La partie insoluble comprend le quartz, la silice, l'argile inattaquée et les sulfates; s'il y en a, il faut alors une recherche spéciale ; la liqueur contient la chaux, la magnésie et le fer. Au toucher, on distingue bien l'ai gilc du quartz ; on connaît alors la nature de la gangue. Dans la liqueur, on dose la chaux et la magnésie ensemble; on peut alors calculer les fondants à ajouter pour scorilicr la gangue. On cherche à obtenir les mûmes laitiers qu'au haut fourneau, c'est-à-dire 35 à 40 p. 100 de silice pour le coke, et 40 à 50 p. 100 pour le charbon de bois; on a des laitiers convenables avec I d'argile et 1 de carbonate de chaux, 1 de quartz et 1/4 de dolomie.
3" Le minerai, en quantité sullisante, 10 on "20 grammes, selon la richesse, est mélangé aux fond;uits et chaufTe dans un creuset brasqné. C'est un creuset dont l'intérieur est garni de charbon de bois pulvérisé. On recouvre le minerai de charbon, puis on place le c uivcrcle qu'on lute, ainsi que le fromage sur lequel le creuset se pose. Les fours dont on se sert sont très-variables ; l'isseutiel est de pouvoir y obtenir une haute température. L'essai est fait ordinairement sur quatre échantillons à la fois. On doit élever la température très-progressivement, de manière à réduire tout l'oxyde de f t avant la formation des silicates; à la fin, elle doit être suflisante pour tout faire entrer on fusion. La plupart du temps, si l'on a assez chanlïé, les creusets sont un peu déformés. Il faut deux heures pour cette opération avec un bon fourneau. Les creusets refroidis sont cassés; au fond se trouve le culot de fonte et au-dessus la scorie, qui souvent contient des grenailles; on pèse le tout et on exaniinc la scorie; si
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elle est violacée, le minerai contient du niangonése; le titane est indiqué par une pellicule ronscàtre à la surface; si la scorie est d'un vert intense, l'essai est manqué, l'oxyde de fer n'a pas été réduit en entier. A l'aide du barreau aimanté, on clicrcho à enlever les grenailles qu'elle contient. Quant à la fonte, on la pèse, on juge de sa ténacité, et on voit si elle est grise, truitée ou blanche; on doit ensuite l'analyser pour clierclier le soufje, le phosphore, l'arseiwc.
Soient :
A Les matières fixes du minerai, poids obtenu après grillage ;
B poids des fondants ajoutes;
P poids des ran^ues. quartz, argile, chaux;
P' Le poids de la fonte co'nlci.aul 95 p. 100 de fer;
P" Poids de la scorie ;
on a :
A + B — (P' + P') = Oivgènc du fer à l'état de peroiyde.
P " — (P + Bj =r.hn>'me, titane, manganèse, etc., de la scorie.
Quelquefois on se sert de fondants préparés, mais on r.e peut plus réduire de l'analyse que la teneur en niét.al. M — T.
Feiî ciibomé (Minéralogie). — Minéral formé d'oxyde de chrome, de peroxyde de fer et d'alumine. Sa composition est variable à cause de l'isoniorphisme des corps qui entrent dans sa constitution : tantôt il répond à la formule Al-CFe-O'jSCr^O», tantôt, mais plus rarement, il doit être écrit Al*0',I''c20^,Cr-0'. Il est ordinairement en masses amorphes, d'une couleur gris de fer trèsfoncée, et dont la densité est 4,50. On l'a trouvé, à Baltimore, cristallisé en octaèdres réguliers, ce qui prouve qu'il app;irticnt au sysièuie régulier. Ce corps est employé comme minerai de chrome, et sert à préparer les chromâtes et le Jaune de chrome que l'on emploie en peinture.
Fek oligiste (Minéralogie). — Sesquioxydc de fer naturel : lorsqu'il est pur, il coirespond à la formr.le
Fe-0' et contient C9 p. 100 de fer, ce qui en fait un minorai des plus importants. On le trouve, soit à l'état cristallisé, soit en concrétions, soit encore sous forme terreuse. A l'état cristallisé, il se rencontre sous deux formes incomp.itiblos, ce qui eu fait une des substances dimorphes connues. Les deux formes primitives sont le rhomboèdre, sous l'angle de 86", 10, et l'ociiièdre régulier. La pesanteur spécifique des premi<'rs cristaux est 5,24, celle des seconds est 4,82, et quelquefois même beaucoup moindre. Le fer oligiste cristallisé se trouve souvent dans de» volc.insen masses lamellcuses éclatantes qui ont reçu le nom de fer spéculaire. En cuncrétions, ce niinérid constitue des slalactiques plus ou moins considérables d'un rouge brnn et à structure fibreuse : les fibres, souvent très-déliées, rayonnent du centre ;\ la circonférence. Ces variétés ont re(;u le nom d'/ic'matite rouge : leur dureté est la même que celle du fer cristallisé, et permet de les employer pour le polissage des métaux précieux : on en fait alors des instruments appelés irunissoiVs. Le sesquioxydc de fer terreux est d'un aspect terne et d'un rouge vif: il sert, quand il est pur, sous le nom de sanguine, à f;vire des crajons : mais ordinairement il est mélangé ;ivec des proportions variables d'argile. Le fer oligiste est abondant dans les terrains anciens et les terrains de transition. Dans les volcans, où il est très-fréquent, il semble dû à un phénomène de Bublimatiou, et plusieurs gitcs oonsidérables, parmi lesquels on peut citer celui de l'ilc d'Elbe, paraissent dus à la même cause. En filons, on le rencontre, soit à l'état cristallisé, comme en Suède, au milieu du fer oxydulé, soit sous forme de concrétions, comme dans les liions de Franiont, dans les Vosges. Enfin, Icferoligistcs'cst présenté aussi en couches au milieu des terrains secondaires, ainsi qu'on a pu le constat<'r aux mines de la Voultc, dans le Gard. Le fer oligiste ociaédrique a été trouvé d';ibord au Brésil, puis au Pérou, et tnlin dans le Puy-de-Dôme et aux mimîs de l'raiimnt : la netteté de» cristaux de cclti- dernière localité, qui ont quelquefois de 3 & 4 millimètres, jie pcM'niet pasilo douter du dimorphisme de ce corps. L'usage principal de ce minéral est son emploi romuje minerai : nous avons déji signalé ceuxderhématiieruiigeet de la sanguine, (voyez r'tii. {Mctallui-die). Li'.i-.
Feb oxvdulé (Minéralogie). — Oxyde de fer magnétique, pierre d'aimant. C'' minéral, par sa composition
chimique, peut être regardé comme foruié de l'union d'un
équivalent de protoxyde et d'un éqiiivaleut dcscsquioxydc
de fer, l'e^O' -h FeO ou Fe'O». La quantité considérable de Irr p2 p. lOU) qu'il renferme en fait le plus riche minerai de ce métal. Ou le trouve en cristaux ou eu masses grenues. Sa couleur est le gris de fer, sa densité 5,09 : il est nvignétique et possède même quelquefois des pôles. Le fer oxydulé ciistallise dans le système cubique-, l'octaèdre et le dodécaèdre rliomboïdal sont les deux formes les plus ordinaires. Ce corps fournit la pierre d'aimant naturelle ; mais certains échantillons ont seuls le pouvoir d'attirer et de repousser le pôle de l'aiguille aimantée et de posséder par conséquent deux pôles. Ces variétés ont ordinairement un aspect terreux : on les munit en général d'.irniiiturcs qui permettent de mieux constater leur poUirité uKiguctique . Le fer oxydulé appartient exclusivement aux roches anciennes : on le trouve disséminé en très-grande abondance dans les schistes micacés oii il remplace quelquefois le mica, ainsi qu'on peut le voir dans quelques mines de l'Aveyron. Les roches aniphiboliques sont un gisement encore plus .tbondant du fer oxydulé : l'Oural, les États-Unis, et surtout la Suède, sont fort riches en mines de cette espèce : c'est à elles que la Suède doit la supériorité du fer qu'elle produit. Les qualités aciéieuses qui le distinguent et le fout recherchai' n'appartiennent pas à tous les minerais de fer oxydulé de ce pays. La mine de Danemora est la pins importante. Lef.
riiR-BWNC. — Le fer exposé à l'air humide se rouille facilement et profondément, de sorte que les feuilles de fer (tôle) ne tardent pas à se trouer.
Pour empêcher cette altération qui restreindrait beaucoup l'emploi du fer, on fait adhérer à la surface de la tôle une couche d'ét.iin qui la change en fer-blanc.
La tôle à fer-blanc est faite, en général, avec du fer préparé au ch.arbon de bois. Il faut d'.abord la décaper.
Décapage. — Pour huit caisses de 225 feuilles chacune, on prend 2 kilogrammes d'acide chlorhydrique ;\ 25° et 12 kilogrammes d'eau ; ou plie les feuilles en forme de /\ , et on lus plonge l'une après r;iutre dans l'acide, de manièreqne les deux surfaces soient bien mouillées. Au bout de cinq à six minutes, on les enlève avec une barre de fer pour les por(er dans le four à dessécher chauffé au rouge obscur. Quand elles ont atteint cette température, on les laisse refroidir à l'air. Leur surface se découvre par la séparation d'écailies d'oxyde, que l'on f;ivorise en les frappant contre nn bloc en foute. On les passe sous un laminoir à cylindres durs.
Lessivage. — Pour faire disparaître quelques taches noires qui restent, on tient les feuilles plongées pendant dix i douze heures dans une eau légèrement acidulée, avec du son qu'on y a fait macérer pendant huit à dix jours; on les agite ensuite, pendant une heure, dans de I eau renfermant quelques centièmes d'acide sulfurique. Enfin, on les place rapidement dans de l'eau pure, où on les frotte avec de l'étoupe et du sable, et où on les conserve jusqu'au moment de l'étanuage à l'abri du contact de l'air, sans oxydation.
E lainage. — Plusieurs caisses sout disposées les unes à côté des autres dans un même fourneau.
Dans la première caisse remplie de graisse fondne, on plonge d'abord les feuilles une à une, et on les y laisse environ une heure. Elles sont mieux disposées à prendre K'baind'étain ;on les plonge ensuite dans laseconde caisse leufermant un bain composé de parties égales d'élain en saum'>nscl d'étain en grains, avec I kilogramme de cuivre pour 10 kilogrammes d'étain. Le métal fondu est recouvert d'une couche de suif ou de graisse de 1 décimètre d'épaisseur, afin d'empêcher l'nxydîition. On y laisse les feuilles pendant une heure et demie, afin qu'il puisse se fornier au contact des deux métaux un alliage de fer et d'élain.
On hiisse ensuite égoutter sur une grille de fer ; l'excès de l'étain se rassemble surlont à la partie inférieure; mais il s'en trouve aussi sur plusieurs points de leur surface ;ivec de l'oxyde et de la ci.isse. Pour les nettoyer, on procède an /((r«jc, opération qui consiste à fondre par l'applicatiiin d'unie cli;iieur brusque le métal excédant, et ;'i le h:i|iper par des bains d'élain et de graisse, qui sont eiix-inriues la source de chaleur.
On plonge li'^ frnilles dans une troisième caisse, renfermant lie l'c'i^iin impur qui détache l'excès d'étain resté sur les feuilles après leur prennèro immersion; on les retire et on les nettoie rapidement avec un pinceau.
Enfin, on les plonge dans une quatrième caisse, contenant de l'étain très-pur qui les couvre d'un vernis brillant formé d'élain pur, puis un les pkicc dans nue cinquième renfermant du suif fondu. L'étain qui
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s'était attaché en trop grande quaniité sur les feuilles, s'écoule et s'accunuile en bourrelet vers le bord inférieur de la feuille. Il suffit de plonger ce bord pendant ipielcines instants dans une sixième caisse, qui ne renferme que quelques centimètres de liauteur d'étain fondu, pour détacher ce bourrelet. En donnant un coup vif avec une baguette, l'ouvrier fait tomber tout le métal excédant Pour enlever la graisse qui se trouve sur les feuilles, on les frotte avec du son. Pour que letam.ige soit bon, il faut qu'aucun point de la surface du fer ne soit à nu; car, s'il en était ainsi, l'oxydation se ferait beaucoup plus rapidement que sur le fer seul, dès que le fer-blanc serait exposé ;\ l'eau ou :\ l'air humide, à cause du couple voltaique qui s'établit entre le fer et l'étain, et qui décompose l'eau. Quand le fer-blanc est piqiii}, on le bat do manière :\ ramener la couche d'étain sur le point qui n'est pas suffisamment étamé.
De même, quand le fer-blanc est coupé, il faut passer de l'étaiii fondu sur tous les bords pourqu'il se conser\e, autrement l'oxydation s'étend très-rapidement des bords ù toute la surface.
II faut de 130 à 140 grammes d'étain pour recouvrir I mètre carré de tôle.
On connaît au si dans le commerce un fer-b!anc nommé terne-doux. Il se fabrique comme ie fer-Llanc brillantdoux avec un alliage de "2 parties de plomb et 1 partie d'étain. Le fer-blanc de France se fabrique surtout dans les départements de la Haute-Saôue , des Vosges, du Doub-; et de la Nièvre. L.
Fet. de cheval (Zootechnie). — On nomme ainsi une bande de fer plus lai ge qu'épaisse, contournée sur ellemême pour s'appliquer sur le bord du pied du cheval. La partie antérieure du fer se nomme la pince; de chaque côté de la pince est une portion nommée mamelle, plus en arrière le quartier, et enfin les éponges qui forment les extrémités libres du fer. Chaque bord du fer se nomme rive ou circonférenee ; la partie centrale de la rive interne vis-à-vis de la pince, s'appelle la voûte. La largeur du fer est sa couverture ; on nomme ajusture une légère convexité du fera la pince et aux mamelles, convexité qui imite la forme donnée naturellement au sabot par l'usure; enfin la tournure du fer est le modelage de ses contours sur ceux du sabot. On distingue les fers suivant le bipède auquel ils doivent s'adapter; le fer de devant ou à itérant est plus régulièrement circulaire que celui de derrière ; il est également épais dans toutes ses parties et porte, pour recevoir les clous propres à le fixer, six à huit trous ou étampures répailh à égale distance sur la pince, les mamelles et une portion des quartiers ; le fer de derrière ou à derrière est plus épais en pince que dans le reste de son étendue, et ne porte pas d'étampure dans cette partie: sa branche externe, plus épaisse et plus large que l'interne, a son éponge ou extrémité recourbée en un crampon ; l'éponge interne porte un renflement pyramidal, nommé mouche.
Le ferd'àne et de mulet, moins arrondi que le fer de cheval, se rapproche de la forme quadrilatère; la pince est plus large que le reste du fer. Dajis les pays de montagne, on trouve avantageux d'employer des fers qui débordent les pieds des mulets ou des àncs; mais le fer à la florentine, qui a la pince prolongée en une pointe relevée et dirigée en dedans, doit être entièrement rejeté.
Le fer de bœuf, double pour chaque pied, est une plaque mince, ovalaire comme la face plantaire de l'onglon ou sabot du bœuf; on ne peut mettre de clou qu'à la rive externe qui seule correspond à un bord corné ; la rive interne est une lame flexible, rubanée et repliée à froid.
FERMAGE (Agriculture). — On désigne sous ce nom un des systèmes d'exploitation des propriétés rurales. I' Une propriété rurale, dit le comte de Gasparin, peut Ctrc exploitée de plusieurs manières : 1" par le propriétaire lui-niûme, et les ouvriers dont il dirige les travaux et paye les salaires, en se réservant le produit dos récoltes; 2° par des métayers qui font les travaux et donnent au propriétaire une portion déterminée de la récolte, qui représente la rente du sol ; li° par des fermiers qui font également les travaux et payent au propriétaire une valeur fixe, sans rapport avec les variations annuelles de la récolte, valeur qui forme également sa rente. » Ce n'est point ici le li(!U d'envisager le fermage et le métayage au point de \uc do la science économique (voyez le Dictionnaire gén. des Lettres, des Heaux-arts et des Sciences nior. et polit.); quelques remarques pratiques sur ces deux modes d'exploitation peuvent seules trouver place dans ce Dictionnaire des Sciences, et c'est au
comte de Gasparin qu'elles seront empruntées (BiljHoth. du ctdtivat. — Fermage, '.i' éùit.}.
« Le métayage se retrouve dans les p.ays de mauvais sol, où toutes les cultures demandent à être faites avec économie ; dans ceux où les cultures sont très-variées et dilïicilfis à soigner sans exposer à des pertes de temps qui tomberaient à la charge du maître; dnis cenx où les récoltes sont casucllos, incertaines, et exigeraient qu'un fermier à prix d'argent fût nanti d'un très-fort capital pour pouvoir faire l'avance de plusieurs fermages ; dans ceux où les cultivateurs sont pauvres et sans avances, et où, par conséquent, après avoir profité avec imprévoyance des bonnes années, ils ne pourraient offrir aucune garantie du payement d'un fermage dans les mauvaises; enfin dans ceux où les mœurs portent les propriétaires à habiter les villes et à s'adonner au commerce, de préférence à l'agriculture et au séjour des champs. » Quoique le métay;ige soit sans doute la manière la moins imparfaite de résoudre le problème si diflicile d'obtenir un produit net d.ans de telles circonstances, on ne doit pas s'en dissimuler les inconvénients. La pauvreté des métayers s'oppose à la perfection de la culture ; lenr ignorance met obstacle aux améliorations; leur intérêt n'est stimulé qu'imparfaitement par la perspective d'une récolte partagée; la fraude se glisse facilement dans la division des fruits de la terre, et enfin un manque total de récolte oblige le propriétaire à des avances inévitables et à dos abandons onéreux pour ne pas voir déserter son domaine. De plus, ce genre d'exploitation exige une surveillance ;\ssez active et la présence très-fréquente du propriétaire, non-seulement pour le partage des récoltes, mais pour surveiller la manière dont elles se font. Il faut qu'il ait l'œil à ce que la culture ne se porte pas en plus grande partie sur les genres de produits dont le métayer a nécessairement la plus forte part, le jardinage et les légmnes conservés frais; à ce qu'il emploie tout son temps sur la ferme, et que, pour entreprendre un tr.ivail lucraàf, il ne néglige pas le terrain qui lui est confié. En un mot, il n'est guère possible d'avoir une terre en métayage, sans la voir de ses yeux et sans s'assujettir à une résidence rapprochée
Il L'exploitation par les fermiers qui payent une rente fixe, sans égard aux variations annuelles des récoltes, mais en prenant pour base leur valeur moyenne, sépare
presque entièrement le propriétaire de sa propriété ;
mais elle rend la culture d'autant plus active et perfectionnée, qu'elle la met dans la main d'hommes qui doivent ètie pourvus d'avances considérables, suffisantes pour faire face aux accidents imprévus qui menacent les récoltes et leur valeur, et que c'est de leui-s travaux que dépendent la conservation et l'augmentation de ce capital. Il ne faut pas cependant comparer en tout une propriété rurale affermée à une somme d'argent placée à intérêt, qui ne demande d'autre soin que de s'assurer de la solvabilité de celui à qui on l'a confiée Le contrat qui ejigage le propriétaire au fermier serait celui du possesseur d'une manufacture qui livrerait le local en s'engageant à fournir au preneur les matériaux de la fabrication dans une mesure donnée; et cependant ces matériaux seraient entassés dans des magasins dont ce dernier aurait la clef. » En agriculture, en etlet, la terre est véritablement un magasin de m.atiëres premières se renouvelant dans une proportion fixée par les conditions naturelles ; la ferme est une usine qui met en œuvre ces matières premières pour en manufacturer des produits agricoles.
Il Que l'on se mette dans une telle position, ajoute de Gaspaiin, et l'on verra que l'on doit veiller : 1° à la conservation de la propriété ; 'i" à ce que la consommation des matières premières du magasin (matières lertilisantcs renfermées dans le sol) soit proportionnée à ce qu'il en rentre chaque année, sans quoi il y aurait diminution dans la valeur du capital. Cotte position est réellement celle du propriétaire. Le contrat do ferme est donc un contrat très-compli<iné, beaucoup plus compliqué que tous les autres cuntr;Us de louage, où il suffit de constater l'état do la chose louée au moment de la livraison et au moment de la reddition. Ici les valeurs no peuvent être appréciées. La science ne nous fournit aucun moyen d'estimer la valeur comparative d'un même terrain à deux époques différentes. La prévoyance de l'auteur du bail et la surveillance du propriétaire pour assurer son exécution sont donc éminemment nécessaires pour prévenir les dégradations. « Le savant auteur atiquel nous empruntons ces sages enseignements ne voit
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de salut pour le prcprittairc d'un bien rui-.il, au milieu de difficuitt's si jionibreuscs et si dûlic;itcs, que daus une instruction ngiicolc qui lui permette de juger avec sagacité les opérations du fermier et de protéger efticnceuient le fonds remis entre les mainsde ce dernier. Aussi faut-il répéter plus opiniâtrement que jamais le vœu exprimé à ce propos, dés 1S2", par cet éminent agronome et qui jusqu'ici a été si peu exaucé : « Réunissons nos voix, disait-il, à celle que M. le baron de Silvestre a fait entendre si souvent et avec tant de pci'sévérance, pour demander que l'enseignement académique ne soit pas privé plus longtemps de ces cliaires d'agronomie, qui, en répandant une instruction salutaire, contribueront aussi à faire marcber la science. »
« L'e.\| loitation par fermiers, ajoute le même auteur, ne peut avoir lieu que dans les pays où il existe déjà des capitaux accumulés dans la classe agricole ; dans ceux où les récolles offrent des cbances positives d'une réussite moyenne dans tni temps donné ; dans ceux où la vente des denrées se fait avec facilité, et où, par conséquent, il existe à la fois des consommations, des déboucbés et un commerce organisé. C'est ce genre d'exploitation qui est le plus propre à porter à la perfection la culture des vastes domaines, parce qu'il unit la richesse numéraire du fermier à la richesse territoriale du propriétaire, et que cette association double les ressources de tous deux Vouloir introduire le fermage
à prix d'argent dans les pays pauvres et sans capitaux, c'est s'exposer à ne pas être payé et avoir des terres d'autant plus mal cultivées qu'elles sont plus étendues. Mais partout où il existe de l'aisance dans la classe agricole, on obtiendra la plus haute rente possible du fermage à prix fixe, en proportionnant l'étendue des fermes au capital moyen des fermiers. "
Parmi les nombreux ouvrages que l'on peut consulter pour ce qui concerne le fermage au point de vue agricole, nous citerons surtout : le comte de Gasparin, Biblioili. ducultiv. ; Fermaye; Métayage; — Stoeckliardt, La ferme, guide du jeune fermier.
FERME (Agriculture). — On désigne par ce mot l'ensemble d'une exploitation agricole, et il comprend alors les terres où sont établies les cultures et les bâtiments destinés à abriter le bétail, à emmagasiner les produits, à loger le fermier et les siens. A l'article Exploitation «LBALE nous indiquons d'apiés quels principes il convient de choisir l'emplacement d'un domaine rural, nous ne parlerons ici que des bâtiments de ferme et nous devons nous borner â de très sommaires indications sur une matière si difficile à traiter, et qui ne rentre pas absolument dans le domaine de la science agricole.
Les bâliments de la ferme comprennent : 1° le hiitimeul t/'liaijilutiûn occupé par le fermier ou chef d'exploitation à quelque titre que ce soit ; il doit y avoir, outre Us pièces destinées au coucher du maître, des enfants et des domestiques, une cuisine grande, et qui, le plus souvent, sert en même temps de salle à manger et même de chambre à coucher pour quelque membre de la maison rurale, un fourneau pour la cuisson des aliments du bétail et des animaux en général, un fournil, une buanderie, très-souvent une laiterie, des caves ou celliers, des greniers ; — 2» des écuries pour les cheiaux ; — 3° des étables à vaches qui, le plus souvent, ne différent pas des écuries et qu'il "convient cependant d'adapter plus spécialement aux habitudes et à la rorj formai ion des bûtes à cornes, ainsi qu'on l'a fait en Aiigleti-rre, en Belgique, en Allemagne (voyez Étabi.e); — 'i" des hcrgerics qu'il convient de placer â une exjjosition chaude, ou tout au moins à l'abri des variations bruscpics de température; — 5" une porcherie; — 0° un poulailler et mi clapier pour les lapins; — "" un hangar pour remiser les charrois et le ni;itériel agricole ; — 8° un gerbier, si les gerbes des récoltes doivent, d'après les usages du pays, être rentrées en grange au lieu d'être mises en meules; — 0° lies fenils ou ijreniers ù fourrai/es.
FERMENTATION (Chimie). — Lorsque les matières oiganiqucs, soustraites aux forces vitales qui les ont produites, sont abandonnées à elles mêmes dans certaines circonstances, elles peuvent subir des altérations dans leur forme et leurs propriélés, par suite d'un phénomène appelé fernienlalion. On a donné autant do déllnitions de ce mot qu'il y a de cliimisles ayant écrit sur la matière. Ou n,à une cerluiiie époque, distingué les fermcti- Inltons, les putnffaclionx, les i!rihiiarausiex. ijans les fermentations, une seule molécule com|)lexe se transfornio ou plusieurs avec dégagement de gaz inodore». Dans les putréfactions, plusieurs molécules complexes se
transforment en produisant des gaz fétides. Dans l'érémacausie, il y a oxygénation par une sorte de combustion lente. Ces dénominations tendent à disparaître.
Les actions précédentes se produisent sous l'influence de corps azotés appelés ferments. A chacune des fermentations les mieux étudiées, l'on a constaté qu'il correspondait toujours un ferment spécial particulièrement apte à la produire; peut-être même, ce ferment agit-il dans ce sens â l'exclusion de tout autre. C'est ainsi, qu'i la fermentation alcoolique, répond comme ferment la levure de bière; à la fermentation lactique, correspond la levure lactique; la fermentation de l'amygdaline est due à l'éraulsine, etc.
Certains ferments, tels que la diastase, l'émulsine, la paiicréatine... sont sohibles dans l'eau ; mais, le plus souvent, les fermentations sont dues à des ferments solides et insolubles. Ces derniers possèdent, en général, une structure organisée qui les caractérise; quelques-uns d'entre eux, tous peut-être, sont formés par des groupes de cellules vivantes susceptibles de développement et de multiplication. Quelquefois le ferment disparait pendant l'expérience; le plus souvent, il se régénère à mesure, et à la fin de la réaction se trouve en plus grande quantité ■qu'au commencement; dans ce cas, il faut la présence d'une substance azotée étrangère.
Cette nuiltiplicaiion du ferment rappelle la croissance et le développement d'êtres organisés. Il y a même peutêtre, dans tous les cas, plus qu'une ressemblance entre ces deux phénomènes; les ferments qui se multiplient possèdent, en effet, une structure organisée, ce sont des végétaux ou des animaux microscopiques. L'existence de ces êtres coexiste avec certaines fermentations; les germes de ces êtres microscopiques peuvent même exciter les fermentations quand ils se trouventdansdes circonstances favorables à leur développement. Il y a donc ensemencement, reproduction, multiplication à la manière d'un végétal ordinaire.
Les conditions favorables â la fermentation sont, en général :
1° La présence de l'eau ;
2"" Une température de 25° à 40° ;
3" L'intervention au début d'une certaine quantité d'oxygène.
Le temps nécessaire à la fermentation est d'ailleurs plus ou moins long.
Ces généralités posées, nous allons aborder l'étude de chaque fermentation en particulier.
Fermentation alcoolique. — Nous donnons, avec M. Pasteur, le nom de fermentation alcoolique à la transformation du sucre en alcool et acide carbonique, sous l'influence de la levure de bière.
Cette dernière substance est formée de globules ovoïdes étudiés au microscope d'abord parLeuwenhoeck, en 1630, par Cagniard-Latour, Schwann et Turpin,de 1835 à 1837, puis par Mitschcriicli, et enfin par M. Pasteur, en 1859. Des travaux de ces divers savants résulle que les globules sont formés par de petites vésicules à parois élastiques, pleines d'un liquide qui est associé à une matière molle, plus ou moins granuleuse et vascidaire, logée de préférence au-dessous de Ij paroi, mais gagnant peu à peu le centre A mesure que le globule vieillit. Ces globules so reproduisent par bourgeonnement, surtout quand ils ne contiennent pas encore les granulations qui sont pour eux l'indice de la vieillesse. A l'état brut, la levure est nécessairement imprégnée d'une quantité plus ou moins grande des matières sohibles de l'orge et du houblon, ainsi que dis matières étrangères entraînées dans l'écume de la bière ; on enlève par des lavages à l'eau ce qui n'est pas le ferment proprement dit, pour ne conserver que les globules.
Quand la fermentation est en train, on voit sur le pourtour des globules se développer de véritables bourgeons annexés aux cellules mères. La leviVe va ainsi augmentant de volume, se développant Si la façon d'un végétal; s'il se trouve en présence d'une nourriture conveii.tble, le ferment engendre donc le ferment.
Le sucre dissous dans l'eau, mis en présence de la levure, se dédouble en acide carbonique et alcool. Ce fait a été reconnu, pour la première fois, par J,,avoisier; seulement ce savant n'avait pas vu que les sucres de forniulo C'2I|i20i« jouissent seuls de cette propriété, et que le sucre de canne se transforme d'abord en sucre direclriiiciit ri'nncnli'scible par la fixation d'un équivalent d'eau. MM. Dumas et lînulay avaient pressenti cette Iransformaliiin préalable, démontrée rigoui-eusement depuis par M. Dubriinfaut, La formule do la réaction ad-
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mise jusque dans ces derniers temps par tous les chimistes était donc :
FER
Sucre fermenlescibic. A\coul.
Acide carbonique.
Gav-Lussac, qui l'a fait adopter, n'en avait pas verifle l'exactitude par des analyses quantitatives, mais elle paraissait si rationnelle qu'elle ne fut contestée psr personne. M. Pasteur a fait voir que la quantité d acide carboniqae que donne un poids déterminé de sucre n est pas aussi considérable que l'indique 1 équation. Ce sucre, d'après ce savant, se dédouble en acide succinique, glycérine et acide carbonique, d'après la formule complexe
Sucre de canne. Eau. Ac. succiniq. Glycérine.
Les proportions de l'acide succinique varient entre 5 et 7 millièmes, et celles de la glycérine entre 3j et 3b millièmes du poids du sucre. Plus de 1 p. 100 du poids dusucie se fixe sur la levure à l'état de matières diverses, parmi lesquelles se trouvent des substances grasses reconnues par M. Pasteur, et de la cellulose signalée par MM. Ihenard Payen, Mudler, Sclilossberger et Pasteur. On voit donc que sur 100 grammes de sucre, 5 à 0 grammes ne suivent pas l'équation de Lavoisier et Gay-Lussac.
\vant les expériences de M. Pasteur, qui ont jete un jour nouveau sur la question, la théorie de la fermentation alcoolique le plus généralement admise était elle de Liebi" D'après ce savant, le ferment est une matière aUérable°qui se putréfie et qui entraine dans sa d^Ç»'"position le sucre qui l'avoisine; la destruction de 1 édifice moléculaire pour la levure amènerait le même phénomène pour le sucre, à la manière d'une maison qui, s'écroulant, entraine dans sa chme les construciions qui l'avoisinent. Telle est la théorie dite du mouvement cummuninué. « La levure de bière, dit Liebig, et en général toutes les matières animales ou végétales en putréfaction reportent sur d'autres corps l'état de décompos.tiondans lequel elles se trouvent elles-mêmes ; le mouvement qui, par la perturbation de l'équilibre, s'impnme à leurs propres éléments se communique également aux éléments dos corps qui se trouvent en contact avec elles. »
Cette théorie avait d'ailleurs été déjà proposée par
M. Pasteur reprend les idées de Cngniard-Latour, qui disait : u Que c'est très-probablement par quelque ellet de leur végétation que les globules de levure dégagent de l'acide carbonique de la liqueur sucrée, et la convertissent en liqueur spiritueuse. » M. Dumas, adoptant cette manière de voir, enseigne dans son Traité de c/nmie : o Le ferment nous apparaît comme un être vivant, organisé, qui absorbe à son profit la force.au moyen de laquelle étaientunies les particules du corps qui éprouve la fermentation; il consomme cette force et se 1 approprie. Les particules des corps disunies se séparent en produits plus simples. Le rôle que joue le ferment, tous les animaux le Jtmcnt; on le retrouve même dans toutes les parties des plantes qui ne sont pas vertes. Tous ces «très ou tous ces organes consomment des matières orcaninuc< les dédoublent et les ramènent vers les formes plus simples de la chimie minérale. .• Voici comment M. Pasteur s'exprime à son tour : .( Mon opinion présente la plus arrêtée sur la nature du ferment alco.ilique est celle-ci : L'acte chimique de la feinicutation est essentiellement un phénomène corrélatif d un acte vita commençant et s'arrêtaut avec ce dernier. Je pense qu il n'y a jamais de ferment.ation alcoolique sans qu il y ait simultanément organisation, développement, multiplication des globules, ou vie poursuivie, continuée des globules déji formés. » M. Pasteur ajoute les considérations suivantes qui |.récisent sa théorie : « Si la levure est au contact d'un liquide sucré, albumineux, elle se développe même sans la présence d'oxygène libre, et la fermentation se produit avec énergie; si, au contraire, 1 oxygène de l'air est mis abondamment en rapport avec la liqueur, la levure se développe beaucoup plus rapidement, mais n'a qu'une activité très faible comme ferment. Il parait donc y avoir corrélation entre le caractère ferment et le fait do la vie sans gaz oxygène libre. Cela posu, faut-il admettre (lue la levure de bière, si avide d'ovygèiic qu elle se multiplie avec une énergie jusqu'alors inconnue, quand on lui fournit du gaz oxygène libre, n'en utilise plus aucune trace pour son développement dès qu'on lui refuse
ce gaz sous forme libre, sans le lui refuser sous forme de combinaison. N'est-il pas vraisemblable que le mode de vie de la plante est le même dans les deuxcas, sauf que, dans le second, elle respire avec l'oxygène emprunte à la substance fermentescible? Ce serait, par conséquent, dans cet acte physiologique qu'il faudrait placer 1 origine du caractère ferment, u , , . . „ii„
Il est bon de remarquer que si celte théorie, actuellement assez généralement adoptée, a mis tant de temps à s'asseoir, c'est que l'on arguait contre elle de certains faits. Ainsi dans la fermentation du jus de raisin se transformant en vin, l'on n'ajoute pas de levure de biere ; d'une autre part, il résulte des expériences de Tlienard et de celles de Colin, qu'une dissolution sucrée finit par fermenter au contact de certains corps putrescibles, tels que l'albumine. Mais il a été reconnu que la levure de vin est identique à la levure de bière; d un autre côte, Turpin a trouvé qu'après les fermentations lentes, d ailleurs provoquées par l'albumine, on trouvait dans leli; Quide un dépôt de levure de bière qui s était forme. D ou cette levure peut-elle venir? Probablement de germes apportés par l'air au sein du liquide fermentescible. La matière albuminoîde en voie de décomposition a fourni au développement du mycoderme les substances nécessaires que le sucre ne pouvait lui fournir.
Fermentatirm ladiqne. — Toat le monde sait que e lait abandonné à lui-même tend à s aigrir. Or, dans le lait existe un principe sucré, le sucre de lait, qui, pendant que le Kait s'aigrit, se transforme par voie de fermentation en acide lactique. La formule de la reaction est :
f.l2Hll011 -1- HO = scfiH'W
Sucre de lait.
AC. lactique-
Beaucoup de principes sucrés, et en particulier le sucre de canne, sont ainsi susceptibles de se transformer en acide lactique. D'après les premiers savants qui ont étudié ces phénomènes, un grand nombre de substanceazotées sont susceptibles d'exciter la fermentation lactique • ainsi le caséum du lait, les membranes animale.^, modifiées par un séjour dans l'air humide, etc. La fermentation s'arrête quand la liqueur est devenue trop acide : aussi, quand on veut qu'elle se continue jusqu à épuisement des substances, faut-il ajouter dans le liquide fermentescible de la craie qui sature 1 acide lactique à mesure qu'il se forme. , . v „
Jusqu'en I8C0, l'on n'avait vu dans ce phénomène qu'un effet de communication de mouvement, et la théorie de Liebig semblait lui convenir parfaitement. M. Pasteur, reprenant la question, remarqua une substance "rise qui forme une zone distincte au-dessus du dépôt de craie: examinant cette matière au microscope, il la trouva formée de petits globules ou de petits articles très-courts, isolés, ou en amas, constituant des llocons irré^uliers. Ses globules sont beaucoup plus petits que ceux de la levure de bière. Si l'on fait une dissolution d'eau sucrée, que l'on y ajoute de la craie, une décoction d'une matière plastique azotée, et que 1 on semé dessus quelques globules de matière grise, la fermentation lactique se développe. . • , ,„ m d^. Se fondant sur les expériences précédentes, M. Pasteur admet que la substance grise est le ferment lactique que cette substance est organisée, que 1« fermentation lactique et la production de cette matière organisée sont deux phénomènes corrélatifs.
Fermeiilalion butyrique. — La fermentation lactique est généralement suivie ou même accompagnée de la fermentation butyrique par laquelle l'acide lactique se iraiislbrmc en acide butyrique et quelques autres produits moins abondants. D'après M. Pasteur, il existe un ferment butyrique distinct ; ce serait un inlusoire don. voici la description : Ce sont de petites baguettes ordinairement cylindriques, arrondies à leurs extrémités, ordinairement droites, isolées, ou réunies par des chaînes de deux, trois, quatre, cinq articles, et «pielquefois davantage! Leur largeur est do (I">"',0(r2 en moyenne; leur longueur, à l'état d'articles isolés, varie de U"",00i A 0'-°(l01. Ces infusoires s'avancent en gliss.ant. Pendant ce mouvement, leur corps reste rigide ou éprouve do légères ondulations, ou bien ils pirouettent ou se balancent, ou font trembler vivement la partie antérieure ou postérieure do leur coriis. Is se reproduisent par lisMparite. On peut semer ces infusoires comme on sèmerait de la k'vùre de bière; ils engo:,drent alors la fermentation butyrique Unepaiticnlarité remarquable qn ils possèdent.
FER
DGl
FER
c'est que non-seiilcincnt ils peuvent vivre sans oxygtne, mais que l'oxygène les tue.
Fermentation visqueuse. — Les vins blancs peuvent être aflectés d'une maladie qui les rend filants, c'est ce que l'on nomme, dans le commerce, la graisse des vitis. Des dissolutions d'eau sucrée peuvent offrir le mùme pliùnomène, pourvu qu'elles contiennent certaines matières azotées ; il se dégage de l'hydrogène et de l'acide carbonique; quanta la matière visqueuse, elle est isomère de la dextrinc. Ce phénomène a été considéré comme une fermentation. M. Péligot a reconnu que le ferment était glubnlaire, très-analogue à la levure de bière par son aspect microscopique, et qu'une fois développé il engendrait à volonté la fermentation visqueuse dans les dissolutions sucrées dans lesquelles on l'ajoutait. M.Pasteur est revenu sur la question; il a isulé un ferment végétal, constitué par de petits globules réunis en cliapelets ; le diamètre des globules varie deO'°",OOI2 à U°'°,00l4. Lorsqu'on les sème dans un liquide sucré, tenant de l'albumine en dissolution, on obtient toujours la fermentation visqueuse; seulement, parmi les produits de l'opération, se trouve de la mannite signalée déjà par MM. Pelouze et Jules Gay-Lussac comme résultat de la fermentation visqueuse. M. Pasteur a reconnu qu'il se produisait 51 parties de mannite pour 100 de sucre employé; il assigne pour formule à la réaction :
25(C12H11011) + 23HO = 12(Ctmi0O10) -H ...
Sucre. Matière visqueuse,
Mais il arrive souvent que la proportion de matière visqueuse augmente, tandis que celle de niMnnite diminue; alors on voit un second ferment mélangi'i au premier, et formé de globules plus gros; ce ferment, que l'on n'a pu isoler, transforme peut-être le marc en matière visqueuse sans production de mannite.
Fermentation acétique. — Les Hijuides alcooliques, tels que le vin, la bière, le cidre, abandonnés au contact de l'air, laissent subir à leur alcool une transformation qui le change en acide acétique ou vinaigre. C'est là un de ces phénomènes auxquels on donna le nom d'e'rémacausies, bien des chiuiistes éprouvant de la répugnance à le placer à coté de la fermentation alcoolique, à cause de la différence qui existe dans la nature de la réaction chimique produite. Cependant, on remarqua qu'une substance mucilagineuse se forme dans le vinaigre ; on fut porté à croire qu'il y avait là un ferment auquel ou donna le nom de mère du vinaigre; ou trouvait surtout cette substance en masse gélatineuse se formant peu à peu dans le vinaigre même. Attribuer à cette matière le rûle d'un ferment était une erreur, comme l'a démontré Bcrzelius; mais si l'on considère la fleur du vinaigre il n'en est plus ainsi ; c'est là la véritable mère du vinaigre, et ce nom lui a d'ailleurs été aussi donné fort souvent. Lafleurdu vinaigre est un mycod(:rme{myi:odenna aceti). Cette plante, cultivée à la surface d'un liquide njcoolique quelconque, produit du vinaigre. Dès qu'il est immergé, le mycoderme n';igit plus; s'il manque d'alcool, il s'attaque à l'acide acétique lui-même et le transforme eu acide carbonique. Poirr que la plante, végète, il lui faut, outre l'eau et l'alcool, des phosphates et des matières azotées en petite quantité.
Fermentation ammoniacale. — L'urine contient une substance appelée urée, corps neutre qui ne peut causer aucune irritation dans la vessie ; mais, au contact de l'air, cette substance se transforme peu à peu en un produit caustique, le carbonate d'ammoniaque. C'est à cette transfoiinatioii que M. Dimias a donné le nom de ferinenlalion ammoniacale.
M. Jacquemart a fait voir que le dépôt blanc qui se forme dans les vases où l'on recueille habituellement les urines provocjue énergiquement la fermentation ammoniacale, et qu'il y a lieu de croire qu'il constitue un véritable feru.cnt. M. Van Tieghcm a prouvé que ce ferment existe en réalité, que c'est une torulacée; que la transformation de l'urée Cit corrélative du développement de ce végétal . Cette torulucée est blanchâtre, constituée de chapelets globulaires sans granulatiojis, sans enveloppe distincte du conteim, et qui paraissent so développer par bourgeonnement; leur diamètre est do ii"'">,00l,'> environ. La transformation de l'urén peut se p'aliser sous l'influence de ce fernioiit, en dehoi's de tonto matière aibnminoidc. L'urine des herbivores se-
comporte comme celle de l'homme; il est seulement à remarquer que l'acide hippurique que l'on y trouve en plus se transforme, sous l'influence du même ferment en aride benzoïque et glycollanimine.
L'éthylurée n'est pas altérée.
Fermentation benzoï'jue. — Le suc des amandes amères contient une substance, Vamygdaline (voyez ce mot), qui, sous l'influence d'une autre matière, l'émulsine ou synaptase, se dédouble en acide cyanhydrique, glucose et huile essentielle d'amandes amèies, appelée aussi hydrure de benzdile. La synaptase joue donc le rôle de ferment, mais elle est toute différente de ceux qui ont été éiudiés précédemm nt; ainsi elle n'est point organisée et se dissout complètement dans l'eau. D'ailleurs, comme dans toute fermentation, une très-petite quantité de synaptase suffit à la décomposition d'une grande quantité d'amygdaline, et une température de 30" à 40" favorise la réaction qui cesse à 100°.
Fermentation sinapisique . — Elle doit être rapprochée de la fermentation benzoïque. La graine de moutarde, sous l'action d'un ferment qu'elle contient, la myrosinc, donne lieu à l'huile essentielle de moutarde. C'est à MM. Robiquet et Bussy que l'on doit la découverte de la myrosiue, ferment soluble dans l'eau comme l'émulsine.
Résumé. — Nous bornant aux fermentations précédentes qui sont les plus importantes ou les mieux étudiées, nous voyons qu'une nouvelle classification doit être établie, et qu'il y a lieu de séparer en deux groupes les fermentations, selon qu'elles sont produites par des ferments doués de vie ou inertes et solubles. D'ailleurs, tout n'est pas dit sur cette question qui est plus que jamais à l'étude. H. G.
FÉr.OLIE IBotauiqne), Fe;-o/î'a, A ubl. —Genre i'.irbres qui parait appartenir à la famille des Chrysobahne'es, voisine des Rosacées, et faisant partie des plantes Di'cotyledones dialypétales périgynes. Il comprend de grands végétaux de la Guyane, à feuilles alternes entières, ovales, tcrminéesen pointe, blanchâtres inférieurement. Leurs finits, disposés en une sorte de grappe, ont 2 crêtes et contiennent un noyau à 2 loges. Le bois de ces arbres est très-estimé dans l'industrie oii il est connu sous les noms àe bois satine', bois marbre', bois deCayenne et bois de Férole. On l'emploie surtout dansla marqueterie. Il est dur, pesant, à grain fin ; son aubier est blanc et satiné. Ce bois présente en outre différentes couleurs, telles que le rouge, le jaune, le vert.
FEROiME (Zoologie), Feronia, Latr. ; nom d'une divinité chez les Romains. — Genre à.'Insectes, de l'ordre des Coléoptères, section des /'e)i^(»!''r«s-, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, division des Simplicimanes, établi par Latreille, et conservé par Dejean, Blanchard et presque tous les entomologistes. Les tarses an'.érieurs des mâles ont les trois premiers articles fortement dilatés, en forme de cœur renversé ; ils ont une dent bifide au menton ; le corselet plus ou moins cordiforme, arrondi, carré ou en trapèze; les jambes intermédiaires toujours droites. Ce genre nombreux, dans lequel Bonelli, Ziegler et autres avaient opéré des congés différentes, a été beaucoup travaillé par Latreille et le comte Dejean, et aujourd'hui, d'après ce dernier entomologiste, il est réparti en dix sous-genres. 1" Les Pœciles; 2» les Argutors; c'est la première division de Latreille; ils ont le corps plus ou moins ovale, les antennes fil'formes; ils sont généralement ailés. La deuxième division de Latreille comprend des espèces généralement- ailées, qui ont le corps droit, plan ou horizontal eu dessus; on les trouve dans les lieux frais ou humides. Dejean en fait les sous-genres : 3" des l'/atyinw; i" des Ùmaseus. La troisième division de Latreille, plus nombreuse, se compose d'espèces assez analogues aux précédentes, mais toujours sans ailes; ce sont: 5» les Cop/toses ; Clés Abux; '" les Ptèrosticlies; 8" les Molops; 0" les Stéropes; 10» les l'ercus. Un autre genre, les Amares, avait aussi été admis par Dejean; mais Latreille a vainement cherché dans les antennes, dans les parties de la bouche, des caractères qui puissent les distinguer des antres genres. INous allons dire un mot de chacun do ces sous genres. — 1" Les Pœciles (Bonn.) ont le corselet presque aussi long que large, les antcimes assez courtes, le troisième article comprimé et anguleux. Ils sont trèsagiles et courent rapidement pendant la plus grande chaleur. Le /'. punctulatus (Fab.) se trouve aux environs do Paris; c est le type de ce sous-genre. — 2° Les Argutors (Még.), qui leur ressemblent, ont les antennes proportionnellement plus longues ; ils sont moins agiles,
FER