RÉSINE
ANIS (Botanique), de dnisùn, son nom arabe. — Espèce de plantes appartenant au genre Boucage {Pimpiue/lo, Lin.), famille des (Imbellifères. C'est le Pim pinelta aw'sum. Lin., dont les tiges sont annuellijs, glabres, hautes de i.",30. Ses feuilles radicales sont cordiformes, arron dies, lobées, dentelées; dans la partie mtermédiaire, elles se rétrécissent et deviennent tout à fait linéaires supérieurement. Les fleurs sont petites, blanches et disposées en ombelles. Les graines, de couleur grisâtre, sont recouvertes d'une fine pubescence dans leur jeunesse. L'anis croit en Egypte, dans le Livant et en Sicile. On le cultive en grand dans plusieurs provinces de la France, près un r.imeau de d'Angers et de Bordeaux , on Espagne , à poirier. Malte, à cause de ses graines d'une saveur aromatique et d'une odeur douce et suave. Celles-ci sont employées en médecine. Mais la confiserie et la parfumerie en font surtout un très-grand usage. Recouvertes d une sorte de sucre, elles constituent de petites dragées qui facilitent la digestion, et répandent dans la bouche un parfum très-agréable; celles de Verdun surtout sont très-renommées, ainsi que celles de Flavigny (Côte-d'Or). La liqueur de table connue sous le nom d'ariiselie, est souvent composée avec l'essence de ces graines; inais celle qui est faite avec Wirns ët'ild ou lladiaiie attisée est bien préférable (voyez Bahiane). L'Anisetle de Bordeaux surtout jouit d'une grande réputation ; quelques personnes lui préfèrent celle d'Amsterdam. On extrait aussi des graines d'anis, une huile essentielle, utilisée fiéquemmetit dans la prépar.v tion de certains parfums. Enfin, dans quelques pays, particulièrement en Italie et en Allemagne, on mange souvent l'anis avec du pain, on le mêle aussi à la pâte avant la cuisson, et partout il est employé dans la confectioH de quelques pâtisseries. Enmédeciuc, les semences d'anis ont joui d'une réputation assez méritée : ainsi elles ont été recommandées comme cordiales, stomachiques, carminatives ; on les a prescrites dans l'asthme, dans les toux tenaces : mais c'est surtout dans les coliques, chez les enfants et même chez les adultes, qu'on en a retiré de bons effets, lorsqu'elles sont causées par la présence des gaz dans l'estomac ou dans les intestins.
VAnis de Paris est la graine du Fenouil {Anelhvm fœniculuni. Lin.) que l'on cultive ;\ Paris, où elle est employée surtout par les confiseurs, qui la sidjstituent à celle de l'anis, jiour faire des dragées et des liqueurs de table.
VAnis étoile est la Badiane anise'e (voyez ce mot .
VAnis acre ou Anis aigre est une espèce de Ctirnin (voy z ce mot). G — s.
Anis (Essence d') (Chimiel, C«»Hi-0*. — L'essence brute qu'on retire des seiuences d'anis est un mélange do deux corps, l'un liquide à la température ordinaire, l'autre solide. Ce dernier peut être isolé par l'élimination du liquide â l'aide de la pression exercée sur l'essence brute entre des doubles de papier sans colle et I par une cristallisation dans l'alcool. Les cristaux obte- ! tenus constituent l'essence d'anis pure. Elle a, sous cette j forme, une odeur agréable d'anis; elle fond .'i \t^° et ' bout suiis altération â 2'.'ll. Sous riiinuencc de l'acido
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sulfiirique, elle se traiis'cirme en un corps isomérique, l'Anîsrniie. Sous l'action de l'acide azotique très-dilut^, Plie se convertit en deux produits distincts, l'un liquide, huileux, d'une coulrur d'un brun rougeâtre : c'est \'iiy- (Irure fl'anii'/le, C."'ll'0'\H; l'autre, plus oxygéné que le précédent, solide et cristallisable : c'est l'acide unisique, Ci«H«0".
ANIS1Q13E (Acide). — Corps résultant de l'oxydation de Vhyrlruie d'anivjle par l'oxygfene ou les corps oxygénants.
C16H"04.H + 20 = CIBH'OS.HO Hyiir. d'diiisyle. Ac. anisique.
Par lu potasse, Tliydrure d'anisyle est converti en anisnie de potasse. L'acide anisique ressemble beaucoup à l'acide benzoique; il fond à ITS"- et se volaiilise sans décomposition. Par l'acide azotique un peu concentré, il donne l'acide nitranisique C'"H' (AzO'jO" dérivant (le l'acide anisii|ue C'*H''(H O*" par substitution (de AzO') à H. C'est principalement à M. Cahours qu'on doit la connaissance de l'hydrure d'anisyle et de ses dérivés, li.
AMSOPLIE (Zoologie), Animp/ia, du grec anisot, inégal, et o/i/e', ongle des animaux, à cause de l'inégalité des crochets qui terminent les tarses. — Ce sont des Coleoplérei pe/itaméres luincUîcoi'nes, ti'ibu des Scarabe'i- (/es. Confondus avec le genre Hanneton., ils en ont été séparés à cause de la forme de leur corps qui en diffère parleur chaperon rétréci antérieurement; l'écu'ison est p 'tit, arrondi ; le> pattes postérieures sont robustes. Nous avons dans notre pays r.4. des champs (A. arvicoUi, Fab.), de la taille variable de (I°',n09 à 0",015 qui mangent avidement, à l'état parfait, les jeunes feuilles des arbres et les pétales des fleurs.
AMSYLE IHïDRiBE d'). — Corps analogue à Vhydrure de heuziUle pouvant être considéré comme résultant de l'union du radical CHV'O'' [(inisyle) avec l'hydrogène.
ANKVLOBLEPHARON iMédecine), du grec onhûos, resserré, et litéi'hiiron, paupière. — On donne ce nom à l'union contre nature, complète ou incomplète, du bord libre des deux paupières, qu'elle soit congénitale ou accidentelle : quilles qu'en soient la cause et la nature, il est urgent d'en opérer la séparation au moyen de l'instrument tranchant.
ANKYLOSE (Médecine), en grec onloilè, ro!deur d'une articulation. — Maladie des articulations, dans laquelle il y aperte plus ou moins complète du mouvement. L'ankylose peut Être vraie ou complète, fausse ou mcompiéle. Dans le premier cas, les surfaces articulaires sont soudées irrévocablement, et, quelle qu'en soit la cause, il n'y a plus rien à faire ; toute tentative pour ramener les mouvements sei ait non-sonlemcnt inutile, mais dangereuse. Dans l'ankylose incomplète au contraire, le mouvement est possible à un certain degré, si la maladie est survenue à la suite de l'innnobilité exigée pour le traitement d'une fracture, d'une luxation, d'une contusion, d'un abcès; s'il n'y a plus de di.iileur dans l'artirulation, alors la diflicn!l'' il'-, minurnients tient i la rigidité des muscles, à l'iiiin^^i ^i ],ii nt des ligaments, au défaut de sécrétioti de la -yinnie ; Ir traitement consiste dansce casa imprimer des mouvements légers, souvent répétés, à avoir recours aux bains tièdcs, aux fumigations émollientes, aux bains gélatineux, aux eaux de Balnruc, de Baivges, de Bourbonne, d'Aix-la Chapelle, etc. Mai» si l'ankyioso incomplète reconnaît l'.our cause une maladie de l'articulation, telle que carie des os, gonflement et inflannnalinn des extrémités de ces m&mcs os, maladie, érosion des cartilages, des ligaments, etc.; alors une des plus heureuses terminaisons de la maladie sera la soudure complète ou l'ankylose complète, cl l'art doit tendre à la favoriser le plus posi.iblo par le repos le pin» absolu (voyez Ti Mi'.iiii bi.antniî). Celle maladie peut être due au progrfcsde l'ùge; on u vu aussi di^s sujets chez lesquels l'ankylose coinpltlc s'est étendue (i presc|uo tous les membres ; on conçoit, dans ce cas, la gravité de la maladie, cl le peu d'eflicacité de» moyens employés. F — N.
AiNNEAU (Zoologie), du laiin annu/iis. — On adonné ce nom aux pièce» <|ni foi ment, par leur réunion, la partie extérieure du corps de» animaux, (|iie pour cette raison on a nonuné» ainvle.i. Ces anneaux, uni» par une membrane, sont disposés en recouvremenl de manière que le premier »'enchA»-c dan» le second et ainsi de siiiic. De» muscles leur impriment de» mouvements
qui permettent b. la plupart de ces animaux de s'allonger et de se raccourcir à volonté. Cette disposition qui se remarque au plus haut degré dans les Anne'lides et les Insectes, n'est guère apparente dans les Crustacés et encore moins dans les Arachnides.
A.\NEAU (Anatomie). — On nomme anneaux des ouvertures naturelles, circulaires ou ovales, que présentent certains muscles ou aponévroses, et qui, le plus souvent, donnent passage à des v;iisseaux, des nerfs ou d'autres conduits : ainsi VAnnenn inguinal ou sus-pubien est l'orifice externe du canal ingumal, creusé dans l'épaisseur du muscle grand oblique (costo-abdoniinal), et par lequel s'engagent les viscères dans la hernie inguinale : VAniieau ombilical est celui qui donne insertion au cordon ombilical que traversent les vaisseaux ombilicaux dans le fœtus, et dont la cicatrice forme l'ombilic. Chaussier a donné le nom à'.inneau diapJuogmalique à l'ouverture par laquelle la veine cave inférieure traverse ce muscle. Plusieurs anatoiriistes ont appelé Anneau crural ou fémoral, le canal crural par lequel se font les hernies crurales (voyez iNcriNAL, Ombilical, Diaphragme, Crubai.). On a aussi appelé .in?ieau ciliairey lecercleou corps ciliaire (voyez OEii.). F — N.
Anneacx coi.obés (Physique). — Colorations génér.alcment très- vives que présentent tous les corps diaphanes solides, liquides ou gazeux lorsqu'ils sont réduits en lames suftisanmieut minces. Ces colorations sont dues à l'influence mutuelle des rayons lumineux réfléchis par les deux surfaces de la lame. Ou les observe dans les fissures du verre, entre les lamelles de certains cristaux, sur des feuilles très-minces de mica; à la surface des métaux polis qui se recouvrent d'une pellicule d'oxyde ou d'un autre corps. Une goutte d'huile étalée rapidement sur une grande m.isse d'eau, présente ainsi toutes les nuances du spectre ; mais c'est surtout sur les bulles de savon que le phénomène acquiert un éclat remarquable. Ces bulles, à mesure qu'on les gonfle davantage, se nuancent des plus vives couleurs qui se succèdent dans un ordre constant à partir du point le plus élevé de la bulle jusqu'à ce que celui-ci devienne noir et que la bulle éclate. Newton est le premier qui ait donné l'explication de ce phénomène. Comme pour y parvenir il l'étudiait en plaçant une lentille de verre convexe sur un plan poli, de manière que li lame d'air interposée entre eux s'accrût régulièrement tout autour de leur point de contact, les irisations formaient des anneaux concentriques, qui ont servi à dénommer le phénomène dans toutes les conditions oii il se produit. Newton reconnut ainsi : 1° que dans chaque substance les couleiM'schangcnt avec l'épaisseur de la lame et avec l'obliquité des rayons ré fléchis ; dans tous les cas elles disparaissent quand la laine est trop mince ou trop épaisse ; 2" que quand on opère avec de la lumière homogène, c'est-à-dire exclusivement composée de r.ayons d'une même couleur, rouge, jaune, bleue..., les anneaux sont alternativement brillants et obscurs ; 3° que ces anneaux sont espacés de telle sorte, que les épaisseurs de la couche d'air qui produit les anneaux brillants croissent comme les nombres impairs : I, 3, 5, 7, 9, tandis que les épaisseurs correspondant aux anneaux noirs suivent la série des nombres pairs : 0, 2, 4, (i; 4° qu'en passant d'une couleur à une autre, les diamètres d'un anneau de même rang sont d'autant plus grands que la lumière employée est moins rcfrangilile, ou que dans la série des couleurs du spectre on va du violet au rouge; 5° que conséquomment lorsqu'on opère avec de la lumière blanche qui est formée par la réunion de toutes les couleurs du spectre, ces diverses couleurs, donnant autant d'anneaux brillants qui ne s,' mi|iii jinsent pas exactement, produiront les irisaliiuis ijui mms occupent; (■"qu'enfin, pour une même ciKii .mr di' la ciniche mince, la couleur de l'anneau produit change avec la nature de cette couche; mais que l'épaisseurdo celle-ci, décroissant delà même manière, les anneaux s'y succèdent dans le même oi'dre. Si ;ui lieu d'une lame d'air d'épaisseur variable, on opère sur une lame à faces parallèles, elle sera teintée uniformément do la même nuance que le point de la coudie variable qui a même épaisseur que cette couche uniforme.
Le phénomène des anneaux colorée est très-fréquemment reproduit dans la nature, car c'est à lui qu'il faut rattacher les couleurs si brillantes et si variées des ailes des p;ipillons et du plumage des oiseaux. La couche qui lui donne naissance est une pellicule épidermiqnc qui recouvre chaque écaille de pai>illou ou chaque barbe de plume.
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Les anneaux colorés peuvent également être vus pai' Iransiiiission ;ui traveis des lames minces. Ils sont alors beaucoup plus pales, parce qu'ils se trouvent /avés dans une grande quantité de lumière non modifiée.
Newton est an^si parvenu à reproduire ces anneaux au moyen des lames épaisses, en se servant de miroirs concaves en verre étanié. Un rayon de lumière entre dans une chambre noire par une ouverture circulaire de û^iOni à 0",on5 de diamètre. Jl tombe sur un miroir concave de verre étamé qui le renvoie exactement dans sa direction d'incidence; on voit apparaître autour de l'ouverture, sur un carton blanc disposé à cet effet, une série d'anneaux très-éclatants. C'est un des plus beaux phénomènes de l'optique, lorsque l'on a soin de placer le nnroir à une distance de l'ouverture double de sa distance focale principale, et que l'on a terni légèivmejit la première surface du miroir, soit en y projetant son haleine ou une poudre fine comme de la farine, soit en la conrrant d'une couche de lait étendu d'eau qui y adhère en séchant.
Ces divers phénomènes avaient été expliqués par Newton au moyen de sa Théorie des accès. Cette théorie suppose que les molécules lumineuses passent alternativement d'un état physique qui les rend propres à être réfléchies, à un état opposé oii eiles sont propres à être transmises, ou d'un accès de facile léflexinn à nn (icces de facile tratisnus.'.ion , c'est évidemment une hypothèse gratuite calquée uniquement sur le fait qu'il s'agit d'expliquer. Aujourd'hui la tliéurit des ondulations, généralement admise, permet de s'en rendre compte d'une manière rigoureuse et complète (voyez Ltsiiiir.E , Ondulations, I\Ti;m tiiii.NCEs).
Tnbl* des êpalsaeara da la lama d'air correapoudanC
«a nlllcu da la partie brIllaDfe d« l'anneiiu du premier
ordre pour chacune det couleurs.
Épai?«eur de la couctle Couleurs. d ait en iiiiIlKincènies de
oiilliiuetreâ.
Rouge eitrênie * 161,50
Oraiigé roui;e 14-*, 95
Jaune urange 142,70
Vert jaune 133,01
Bleu vert 122,97
Indigu bl.'u 114,6»
Violet luiligo 109,80
Violet eilrerae 10i,51