DISTANCES
Ordonnées observées
- On'.OOS
Ordonnées calculées
de 16 tiré à la charge de l'‘,333, imprimant une vitesse de 406 mètres par seconde, et sous l’angle de 1° 29' 7", et la trajectoire moyenne observée sur 100 coups. La trajectoire dans le vide diffère beaucoup, dans ce cas, de la trajectoire réelle, car aux mêmes distances les ordonnées de la parabole seraient 3'", 986, 5”,572, 4“,75 etO à 864 “\3. La figure 267 donne le tracé de la parabole et de la trajectoiiœ observée :
Fig. 267. — Trajectoire des projectiles dans l’air ei dans le vide.
Les projectiles, en sortant des armes, battent contre les I parois ; ces battements leur communiquent un mouvement de rotation autour d’un axe très-variable. Ces mouvements de rotation influent d’une manière trèssensible sur la portée et la direction du projectile. Poisson a démontré que, par suite du frottement de la surface du boulet sur la couche d’air adjacente, lorsque la rotation a lieu autour d’un axe vertical, la déviation a lieu à gauche ou à droite du plan de projection, selon que l’hémisphère antérieur tourne de gauche à droite, ou de droite à gauche, par rapport à un observateur placé en avant de la bouche à feu et la regardant; si l’axe est horizon-
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tal et dans le plan de projection, il n’y a plus de déviation ; si Taxe est horizontal et perpendiculaire à ce plan, le projectile est élevé ou abaissé, et par suite la portée augmentée ou diminuée, selon que l’hémisphère antérieur tourne du haut vers le bas ou du bas vers le haut. Mais cet effet du frottement est insuffisant pour expliquer l’étendue des déviations, et môme leur sens qui a souvent lieu en sens contraire; il faut faire intervenir l’inégalité de densité et par suite de pression du fluide ambiant (Didion). Les déviations qu’on observe sont donc le résultat de ces deux effets. Les faits ne se passent ainsi que lorsque l’axe de rotation est un des axes principaux d’inertie du projectile.
Le vent exerce une influence notable sur la trajectoire des petits projectiles ; cette influence est môme sensible pour les plus gros, lorsqu’ils sont lancés à faible vitesse. Un boulet de 12, lancé avec la vitesse de 600 mètres par seconde à la distance de 000 mètres, soumis à l’action d’un vent d’une vitesse de 5 mètres par seconde et faisant avec la trajectoire un angle de 120", éprouve une déviation latérale de 1“,35. M. M.
Balistique (Pendule). — Appareil destiné, soit à évaluer la force d’expansion de la poudre, soit à mesurer la vitesse avec laquelle un projectile sort de l’arme qui sert à le lancer. Il se compose {fig. 268) d’un bloc de bois ou de fonte suspendu par un cadre en bois ou en fer à un axe horizontal autour duquel il peut tourner, creusé dans sa masse d’une cavité qui doit recevoir le choc du projectile, et dont le fond est garni de matières
Fig. 268. — Pendule balistique.
compressibles. Le bloc est en outre muni à sa face inférieure d’une aiguille qui se meut en môme temps que le pendule dans une rainure concentrique et qui pousse un index dont la position après l’expérience peut indiquer la longueur du chemin parcouru par l’appareil.
Au moment où le projectile vient frapper le pendule, sa vitesse se partage entre les deux masses en contact qui se meuvent d’un mouvement commun , de telle sorte qu en multipliant la somme des masses du pendule et du projectile par leur vitesse après le choc, on obtienne un produit sensiblement égal à celui du projectile multiplié par sa vitesse avant le choc (voyez Choc des corps). Or le calcul démontre que la vitesse du pendule à l’instant du choc est égale à celle que prendrait un corps en tombant verticalement dans le vide d’une hauteur égale, à la différence de niveau des deux extrémités de l’arc parcouru par ce pendule ; il suffit don™ de multiplier cette vitesse, facile à calculer, par le rapport de la niasse totale du pendule et du projectile à la masse du projectile pour avoir la vitesse de ce dernier. Nous observerons seulement que, dans ce calcul, ce n est pas 1 arc de cercle décrit par l’extrémité de l’aiguille qu’il faut considérer, mais celui qui est
parcouru par le centre d'oscillation du pendule. Voici un exemple. Le pendule balistique pèse 13S5; sa longueur depuis l’axe de suspension jusqu’à l’extrémité de l’aiguille est de 1®,50, mais, en le faisant osciller librement, nous voyons qu’il bat une oscillation par seconde, et, comme nous savons que la longueur du pendule simple qui bat la seconde à Paris est de 0 “,9938, soit 1 mètre (voyez Pendule), nous en conclurons que la distance du contre d’oscillation de notre pendule balistique à l’axe de suspension est de 1 mètre. Gela posé, nous lançons contre ce pendule une balle du poids de 0\033 ; sous l’impulsion reçue du choc de cette balle, l’aiguille décrit un arc de cercle dont les deux extrémités sont à une différence de niveau de 0“,0766. Cette différence est réduite du tiers ou égale à 0“,05l pour le centre d’oscillation. Si nous remontons maintenant aux lois de la chute des corps, nous trouvons qu’un corps qui tombe de cette hauteur acquiert une vitesse de I mètre. Le produit du poids du pendule et de la balle par sa vitesse ( 1 3,5 -f- 0,033) X 1 = 13,533) est donc égal à 13,533, et, comme ce produit est égal au produit du poids de la balle 0,033 par sa vitesse, on doit avoir : 13,533 =0,033XV ; nous en concluons que la vitesse V est égale à 13,533 divisé par 0,033, ou à 410 mètres, ce qui est la vitesse moyenne des balles lancées par les fusils de munition.
Pour les boulets, les pendules balistiques sont beaucoup plus lourds, et leur poids peut s’élever jusqu’à 4000 kil. On peut également construire des pendules balistiques servant eux-mômes de bouche à feu. Les gaz qui se forment pendant la déflagration de la poudre prennent leur point d’appui sur le fond de la culasse pour lancer le projectile. Leur action sur l’arme est donc la môme que sur le projectile lui-môme, et par conséquent les vitesses des deux masses sont en raison inverse de leurs poids. On trouvera à l’article Projectiles la description d’appareils à l’aide desquelsMM. Pouillet, Shultz, Navet, etc., ont résolu la môme question d’une façon beaucoup plus précise. Consulter le Traité théorique et pratique d' artillerie^ par Piobert-
BALIVAGE, Baliveaux (Sylviculture). — On appelle balivage une opération au moyeu de laquelle, au moment d’une coupe de bois, on désigne un certain nombre de pieds d’arbres qui doivent ôtre réservés et auxquels on donne le nom de baliveaux. Cette désignation se fait au moyen du martelage.^ c’est-à-dire qu’avec une hachette dont le talon se prolonge de quelques centimètres et porte à son extrémité une empreinte en creux, on fait d’abord une petite entaille qui intéresse une partie de l’épaisseur de la peau, et d’un coup frappé vigoureusement avec le talon de l’instrument, on grave l’empreinte. Le balivage se fait suivant certains principes qui ont pour but la conservation des bois : ainsi, la production des graines qui tombent et constituent un semis sans cesse renouvelé ; l’ombrage que portent les baliveaux sur un sol dénudé après la coupe et qui y entretient une certaine fraîcheur surtout dans les terrains arides. On devra conserver des arbres de toutes les essences et de différents âges, veiller à ce que des jeunes soient réservés près des vieux, afin que, si dans la coupe suivante on veut abattre ceux-ci, ils se trouvent remplacés de suite ; sur un terrain plat les réserves se feront d’une manière uniforme ; sur les coteaux exposés au midi on veillera à ce qu’il y ait le plus d’ombrage possible : enfin, dans le choix des jeunes baliveaux, on donnera la préférence à ceux qui viennent de semis ; les rejets de souches ne seront réservés que faute de mieux. Une précaution importante, c’est de veiller, pendant les premières années qui suivent la coupe, à faire détruire les bourgeons ou branches gourmandes qui pullulent sur le tronc du baliveau, et qui nuisent à la végétation des branches qui forment la tôte.
BALLE (Technologie). — Les balles sont les projectiles lancés par les armes à feu portatives. Elles sont en plomb ; leur forme a beaucoup varié dans ces derniers temps, récemment encore quatre modèles étaient en service dans l’armée française : la balle sphérique, la balle Nessler formée d’une demi-sphère, et d’un cylindre de même diamètre terminé par un plan perpendiculaire à l’axe. Cette balle a un petit évidement à la partie postérieure; au fond de l’évidement se trouve un petit téton. La balle cy~ lindro conique, composée d’un cône à profil ogival se raccordant avec un cylindre légèrement aminci en arrière et terminé par un plan perpendiculaire à l’axe de la balle ; le cylindre porte trois raine! res circulaires. La balle évidée (fig. 269 ) : elle a à peu près la môme forme que la précédente, mais la pointe du cône est abattue, et il n’existe
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qu’une seule rainure ; cette balle est évidée à l’intérieur, elle offre une cavité présentant à peu près la forme d’un tronc de pyramide triangulaire dont la grande base serait inscrite à la face postéï’ieure de la balle. Ce dernier mo-
Fig. 269. — Balle évidée adoptée par l'armce française. La balle des clias-
seurs à pied ne diffère que par les dimensions (32 grammes). —
1. Coupe par le milieu de la balle. — 2. Projection de) l’évidement.
(Grandeur naturelle.)
dèle a été adopté exclusivement pour toute l’armée française, depuis que toutes les armes à feu ont été rayées ; lors de la déflagration de la poudre, la pression des gaz fait agrandir la cavité de la balle et force le métal à entrer dans les rayures en se dilatant. Cette balle pèse .32 grammes, et la balle sphérique de môme calibre 27. Les balles sont fabriquées au moyen de moules; les moules pour balles sphériques et cylinàro-coniques se composent de deux parties présentant en creux la forme d’une demi-balle ; les moules pour balles Nessler et évidées sont formés de trois pièces, deux destinées à mouler l’extérieur de la balle et la troisième l’évidement.
Balles en fonte et en fer. — L'artillerie emploie comme mitraille des balles en fonte de plusieurs calibres, les plus petites se font en fer forgé, elles ont 2G““,5 de diamètre. Les balles en fonte se fabriquent comme les boulets, on en moule 12 à 16 dans un môme châssis. Les balles en fer sont fabriquées avec du fer en barreau rond de 2G“”,5 ; on chauffe l’extrémité du barreau au blanc soudant, on le place entre deux étampes présentant en creux une calotte sphérique et on le bat fortement jusqu’à ce que la balle soit façonnée; on la détache alors et on la finit en la tournant entre les étampes.
Ces balles sont quelquefois appelées bisco'iens. Pour les employer, on les place en nombre variable suivant le calibre de la pièce dans des cylindres de fer-blanc fermés aux deux bouts par des rondelles de tôle; dans les interstices des balles on tasse fortement de la sciure de bois pour empêcher le ballottement; ces projectiles portent le nom de boites à balles.
Balles à feu. — ^Dans lessiéges,pouréclairerlestravaux de l’ennemi, on emploie des matières inflammables enveloppées de manière à pouvoir être lancées au loin; dans un sac en toile on place une composition de 8 parties de salpêtre, 2 de soufre pulvérisé et 1 d’antimoine humectées avec YS de leur poids d’eau ; au fond du sac on fixe un obus chargé de manière à défendre l’approche de la balle à feu, le tout est enveloppé de fils de fer et goudronné, et des trous d’amorce sont percés en des points convenables. Les balles à feu sont lancées au moyen des mortiers jusqu’à 600 et 7()(> mètres (voir au supplément'. M. M.
Balle ou Bale (Botanique), du celtique baf signifiant envelop'pe). — Nom donné aux deux bractées qui enveloppent la fleur des Graminées. L’une est extérieure et se termine souvent par une arête plus ou moins allongée; l’autre est opposée, légèrement intérieure, disposée du côté du rachis, bifide et formée de deux parties unies par une membrane. Linné donnait à ces deux bractées le noni de corolle., de Jussieu celui de calice., Robert Brown avait proposé le mot perianthium pour les désigner ; mais aujourd’hui cette enveloppe est généralement nommée glumelle., expression beaucoup plus simple et beaucoup plus facile à retenir lorsqu’on emploie déjà qlume et glumellule pour désigner d’autres organes de la fleur des Graminées. Palisot de Beauvois appelait bâle ou iegmen la glume que forment les deux bractées écailleuses situées à la base de chæiue épillet. La glumelle était alors, 'selon cet auteur, la stragule. On connaît l’usage de la balle d’avoine pour faire des coussins, des paillassons pour les enfants. On en donne aussi à manger aux bestiaux. G — s.
BALLON (augmentatif de balle). — On les formait autrefois en gonflant avec de l’air comprimé une vessie renfermée dans une enveloppe de peau. La vessie est actuellement remplacée par une enveloppe mince en
caoutchouc, gonflée de la môme façon. Cette enveloppe même a reçu une épaisseur assez grande pour pouvoir se passer de l’enveloppe protectrice en peau.
Ballon aérostatique (voyez Aérostat).
BALLOTTE (Botanique), Ballota., Lin. , nom de cotte plante en grec. — Genre de la famille des Labiées., tribu des Stachydées. Plantes qui ont en général une odeur repoussante. Les ballottes sont des herbes vivaces, quelquefois dessous-arbrisseaux à feuilles rugueuses, à fleurs subverticillées garnies de bractées souvent épineuses. Ces plantes sont généralement assez insignifiantes. Une espèce est indigène, c’est la B. noire., vulgairement Murrube noir {B. nigra.. Lin.; B. fœtida., Lamk); on la rencontre communément dans les lieux incultes sur le bord des chemins; fleurs blanches ou rougeâtres : on l’a recommandée comme stimulante.
BALSAMIER (Botanique), Balsamodendron., Kunth, du grec balsamon., baume, et dendron., arbre. — Genre de plantes de la famille des Burséracées. Il comprend des arbres dioïques à calice campanulé, à corolle composée de 4 pétales, étamines au nombre de 8. Le fruit est une baie ovoïde pulpeuse à 2 noyaux renfermant chacun une graine. Le B, de Giléad {B. gileadense^ Kunth; Amyris gileadensis.. Lin.; A. opobalsamum., Forsk.) est un arbre de moyenne grandeur. Son écorce est brunâtre et ses rameaux, de couleur moins foncée, sont divergents : feuilles alternes, entières, à 3-5 folioles; fleurs terminales, solitaires; pétales oblongs, ouverts et les 8 étamines aussi longues que ces derniers. La baie est ovale, pointue, glabre et renferme une pulpe visqueuse. On a rencontré ce balsamier dans divers lieux de l’Arabie. Ce fut Pierre Belon qui donna les premiers renseignements sur ce végétal qui tire son nom d’une région de Judée appelée région de Giléad, Galaad ou Galéad. Le nom à' opobalsamum., employé par beaucoup d’auteurs, vient du grec opo^, suc. C’est Forskahl qui acréé ce mot après avoir trouvé, près de Médine, en 1 763, l’arbre dont il envoya un ramea u àLinné. Le balsamier, ainsi que plusieurs espèces d’ylmym, fournit les baume de la Mecque., baume d'Egypte.,huume blanc., baume de Judée,baume de Constantinople., etc. C’est pendant les grandes chaleurs que s’écoule, à l’aide d’incisions, ce suc résineux d’une odeur très-suave. On lui fait ensuite subir dilférentes préparations suivant l’usage qu’on veut en faiiêt 2 passe pour avoir de grandes propriétés. Les Turcs y voient un remède infaillible contre la peste. Suivant les Égyptiennes, c’est un cosmétique et un parfum qui conservé la beauté en en relevant l’éclat. Elles pensent qu’il fait cesser la stérilité. Le bois se brûle comme de l’encens dans les temples et les palais de Judée. J.e balsamier a donné naissance à une foule de dissertations, de notes, de monographies. Voir pour les principales la liste que donne la Flore médicale de Chaumeton. Le B. de Ceylan {B. Zeilanicum., Kunth; Amyris Zeilanica., Retz) est un arbre plus élevé que le précédent; il atteint jusqu’à 10 mètres. Ses fleurs sont disposées en grappes interrompues, tomenteuses. Le calice est petit. La baie est sèche, à 3 noyaux. Cette espèce produit aussi un baume de la môme nature que celui de la précédente et qui doit être souvent confondu avec lui. G — s.
BALSAMIFLUÉES (Botanique). — Petite famille de plantes apétales périgynes établie par M. Blume et rangée par M. Brongniart entre les Platanées et les Hamamélidées. Elle comprend un seul genre, le Copalme {Liquidambar., Lin.) qu’Antoine L. de Jussieu réunissait à ses Amentacées à fleurs monoïques. Les Balsamifluées sont de grands arbres contenant dans leur écorce un suc trèsbalsamique qui en découle par incision, et que l’on connaît sous les noms de liquidambar., huile de copalme., styrax liquide (voyez ces mots). Leurs feuilles sont alternes. Les fleurs sont, dans les mâles, composées uniquement d’un grand nombre d’étamines, et dans les femelles, d’un ovaire à deax carpelles multiovulés. Les fruits sont des capsules réunies en une sorte de cône. Cette famille habite l’Amérique septentrionale, l’Asie Mineure et l’ile de Java (voyez aussi Baume).
BALSAMINE (Botanique), de baume, parce
que les anciens employaient la balsamine dans la composition d’un baume bon pour les plaies. — Nom vulgaire d’un genre de plante appelée en latin Impatiens, par métaphore, à cause de l’élasticité de la capsule qui s’ouvre comme par un ressort et lance ses graines avec vivacité dès qu’on y touche. Les Balsamines sont le type de la famille des Balsaminées. Les vingt et quelques espèces qu’elles comprennent sont partagées en deux sections : l’une {BalsaminUy Rivin) est caractérisée par des pé-