BEC
bec est très-robuste, il est grêle chez ceux qui se nourrissent du suc des plantes.
Bec (Botanique). — On nomme ainsi certains prolongements plus ou moins consistants et aigus des organes des plantes et dont la forme se rapproche de celle du bec des oiseaux; ainsi Jacquin a donné le nom de bec à la pointe qui termine les cornes intérieures de la couronne staminale des Stapélies. Ce sont surtout les feuilles et les fruits qu’on tr ouve le pi us souvent terminés en bec, ainsi dans le genre Corex. La forme du fruit a môme valu au qéranivm le nom àe bec-de-qrue^ au pélargonium celui de bec^de-cigoynp^ enfin à Verodium le nom de bec-dehéron. On a nommé aussi bec-de-pigeon une espèce de géranium (G. cnlomhinnm),
BEC-CROISÉ (Zoologie), Loxia^ Bris., du grec loxos^ oblique. — Genre d’oiseaux de l’ordre des Passereaux^ famille des Conirostres de Cuvier ; famille des Fringillidœ, tribu des Oscines^ ordre des Passeres, de Ch. Bonaparte ; caractérisé par un bec comprimé, les deux mandibules tellement courbes en sens inverse, que leurs pointes se croisent ; il est d’ailleurs fort, élevé, et assez allongé, et cette forme leur sert admirablement à arracher les semences de dessous les écailles des pommes de pin. Ces oiseaux habitent en général les forêts de pins des contrées septentrionales. Les principales espèces sont : le B. commun ou des pins {L. curvirostra^ Lin.), plumage verdâtre en-dessus, jaunâtre en dessous; on le trouve dans le nord de l’Europe ; dans les premières années de ce siècle, il en parut aux environs du Havre, une quantité prodigieuse, qui firent beaucoup de tort aux pommes ; ils les mettaient en morceaux pour manger les pépins. Cet oiseau a t)*",l(] de long. Le B. leucoptère {L. lencoptera ^ Vieil.), un peu plus petit, le bec noirâtre; se trovivedans l’Amérique septentrionale. On cite encore le B. des .sm/iins {L. pityopsittacus, Bechst.) et le B. de S/hérip (L. Sihirica^ Lath.).
BEC-CROCHE (Zoologie). — Nom vulgaire de VIbis rouqe (voyez ce mot).
BEC DE-CUILLER (Anatomie). — Lame osseuse trèsmince qui sépare la portion osseuse de la trompe d’Eustarhe, du canal par lequel passe le muscle interne du marteau. Selon M. Huguier, le prétendu bec-de-cuiller n’est autre chose que le conduit réfléchi du muscle interne du marteau.
BEC-DE-LIÈVRE (Chirurgie), en latin labium leporinum. — On donne ce nom â une difformité caractérisée ;|)ar la division d’une des lèvres, le plus souvent la supérieure, parce qu'en effet elle offre quelque ressemblance avec la fente qui existe naturellement à la lèvre supérieure du lièvre. Le bec-de-lièvre est le plus souvent mdiirct ; il peut être accidentel^ et résulter d’une plaie qui n’a pas été réunie, et dont les bords se sont cicatrisés. 11 peut être simple^ c’est-à-dire à une seule division, ou <h>nhh\h deux divisions. Il peut être compliqué de l’é. artement des os maxillaires supérieurs et de la voûte palatine ou de la saillie des dents. Le traitement consiste à rafraichir, à aviver avec l’instrument tranchant les boi ds de la division, ensuite à les rapprocher et à les maintenir en contact au moyen de la suture entortillée (voyez Sutciîe) et d’un bandage unissant. Le bec de-liî:vre naturel est très-rare à la lèvre inférieure.
BEC.- Ex\’-C (SEAUX (Zoologie), B/nyncops^ Lin., nommé aussi Couppur d'tau, genre (E Oiseaux palmipèdes^ famille des Ixmgipemie'^ on Grands voiliers,, Cuv.; famille des oidre des Anseres, de Ch. Bonaparte. — Les
Bec-en-cise ux , voisins des Hirondelles de mer, auxquelles ils res'^emblent par leurs petits pieds, leurs longues ailes et leur queue fourchue, en diffèrent, et se distinguent particulièrement par un bec extraordinaire, aplati latéralement; la mandibule supérieure beaucoup
plus courte que l’inférieure, a ses deux bords rapprochés en dessous de manière à former, depuis sa base, une rainure étroite comme le manche d’un rasoir, dans laquelle entre un peu lamandibule inférieure plus longue et brusquement rétrécie dès sa base. En volant mollement à la surface de la mer, ils tiennent le plus souvent dans l’eau cette mandibule inférieure^ afin d’attraper le poisson et
d’autres animaux marins, qu’ils serrent entre les lames de leur bec ; c’est aussi ce qui leur a fait donner le nom de Coupeurs d'eau. On les trouve sur les côtes de l’Amérique. On n’en connaît qu’un petit nombre d’espèces; le B. proprement dit {R. nigra. Lin.), long de 0“,50, noir sur les parties supérieures, blanc sur les inférieures et sur le front ; le bec rouge à sa base, noir au bout, les pieds rouges. On peut citer encore le /?. flnvirostris , Vieil.
BEC-FIGÙE (Zoologie). — Buffon et Brisson ont décrit sous ce nom un oiseau, qu’ils ont présenté comme une espèce particulière; de son côté. Cuvier, à l'article Far- LOUSE ou Alouette des prés [Alauda pratensis,, Gm.; Anthus pratensis,, Bechst.) dit : « Elle engraisse singulièrement en automne, en mangeant du raisin, et se recherche alors, dans plusieurs de nos provinces, sous les noms de bec-figue et de vinette. — Buffon avait déjà dit que son bec-figue., qu’il désigne sous le nom de Motacilla ficedula,, Gm., portait en Bourgogne le nom de vinette. Vieillot pense que ce bec-figue n’est autre que le gobemouche noir, d’autres le gobe-mouche à collier, etc. Il résulte de tout ce qui précède, d’un examen attentif et de l’observation des faits que les diflérentes espèces de fauvettes, et presque tous les oiseaux à bec mince et effilé, qui pendant l’été vivent d’insectes, mangent en automne des raisins, des figues surtout, dans le Midi et en Italie, ce qui leur a valu à tous sans distinction le nom de bec-figue; que cette nourriture les engraisse et communique à leur chair un goût exquis, qui en fait un mets très-recherché dans le Midi, où ils deviennent l’objet d’une chasse assidue, soit au filet, soit avec des nappes ou des lacets. 11 paraît donc douteux qu’il y ait une espèce particulière à laquelle on puisse donner le nom de bec-figue., et il faut se borner à renvoyer aux articles Fauvette, Bec-fin, Alouette, etc.
BEC-FIN (Zoologie), , Lin. — Groupe de
Passereaux dentirostres^ composant une très-nombreuse famille reconnaissable à son bec droit, effilé et en alêne, dont la base est plus élevée que large; la mandibule supérieure quelquefois échancrée à sa pointe, l’inférieure toujours droite. On y trouve presque tous les petits oiseaux chanteurs de nos bois; elle est comprise tout entière dans la tribu des Oscines {chanteurs)., de Ch. Bonaparte ; Cuvier la divise en genres, sous les noms de Traquets {Saxicola, Bechst.); Rubiettes {Sylvia., "Wolf et Meyer; Ficedula, Bechst.); Fauvettes (Curruca, Bechst.); Roitelets ovl Figuiers [Regulus., Cuv.); Troglodytes {Troglodytes., Cuv!); Farlouses {Anthus , Bechst.). Hochequeue {Motacilla, Bechst.), comprenant les Hoche-gueue proprement dits ou Lavandières [Motacilla , Cuv.), et les Bergeronnettes {Bud y tes, Cuv.). On a, depuis, détaché des fauvettes, Y Accenteur [Accentor, Tem.), pour en faire un nouveau genre. Tous ces oiseaux vivent d’insectes, de petites graines et de fruits (voyez les différents genres cités plus haut).
BEC-JAUNE ou Béjaune (Fauconnerie). — Ce terme, qui vient de ce que les très-jeunes oiseaux de proie ont le bec jaune, est employé en fauconnerie pour désigner les oiseaux wmwqui ne savent encore rien faire ; il est passé dans le langage vulgaire; on dit, d’un jeune homme simple et sans expérience, qui a fait une étourderie î Il a eu son bec-jaune ou béjaune.
BEC-OUVERT (Zoologie) [Hians , Lacép.; Anastomus, Ilig.). — Qoovo à' Oiseaux échassiers, famille des Cultrirostres, tribu des Cigognes [Règne animal) ; de la famille des Ardeidœ, tribu des Anseraceœ, ordre dos Grallœ, de Ch. Bonaparte. Les Becs-ouverts, très-voisins des Cigognes propres, s’en distinguent parce que les deux mandibules de leur bec ne se joignent que par la base et par la pointe, laissant dans le milieu un intervalle vide ; du reste, ce bec est plus long que la tête, comprimé latéralement; les doigts sont allongés, le pouce portant à terre sur toute sa longueur; les ongles courbés, pointus; on n’en connaît que deux ou trois espèces qui se trouvent aux Indes orientales, ils se tiennent dans les marais et au bord des rivières; où ils guettent les poissons et les reptiles, le B. ou Anastome blanc [Ardea Coromandeliana,'é)OXinov'&X', Anastomus albus. Vieil.) ; le B. de Pondichéry , Anastome cendré { Ardea Pondiceriana, Anastomus Vieil.).
La plupart des ornithologistes pensent que ce n’est qu’une seule espèce prise à des âges différents, peut-être le dernier n’est-ii que le jeune âge, dit Cuvier. Le B. à lames {Anastomus InmeUiger, Tcmm.'' est remarquable parce que chacune de ses plumes a sa tige terminée par une lame cornée qui dépasse les barbes.
BÉGARD (Zoologie). — Nom vulgaire du Harle corne mun (voyez Harle).
Fig. 294. — Tcle da bec-croisé.
BÉC
BËC
Bécard (Zoologie). — Espèce de Saumon.
BÉGARDE (Zoologie), Buffon ; Psarisj Cuv.^ — Sousgenre d' Oiseaux du grand genre des Pies-grièches (Lanius. Lin.), de l’ordre des Passereaux. Les Bécardes ont le bec conique, très-gros, rond à sa base, la pointe légèrement comprimée et crochue, la queue égale et arrondie. On n’en connaît qu’un petit nombre d’espèces, toutes de l’Amérique méridionale; la plus connue est la Pie-grièche grise de Cayenne [Lanius Cayanus.^ Gmel.), cendrée, la tête, les ailes et la queue noires.
BÉCASSE (Zoologie), Sco/opax^ Lin. et Lath.; Rustico/a. Vieil. — Cuvier, dans son Règne animaC avait fait des Bécasses un grand genre d' Échassiers., qui comprenait presque toute la famille des Longirostres.,^ moins le genre peu nombreux des Avoceties^ il divisait ensuite ce genre en 16 sous-genres, dont les principaux sont : les Ibis., les Courlis, les Barges, les Maubèches, les Alouettes de mer, les Combattants, les Tourne-pierres, les Chevaliers, les Échasses, enfin les Bécasses proprement dites; il ne sera question ici que de ce dernier sous-genre. Voici les caractères que lui donne Cuvier : bec long, droit, dont le bout, renflé en dehors pour dépasser la mandibule inférieure, est mou et très-sensible ; pieds sans palmure ; un caractère particulier à ces ciseaux, c’est d’avoir la tête comprimée, et de gros yeux placés fort en arrière, qui donnent à cet oiseau un air stupide que justifient parfaitement ses habitudes; du reste, les bécasses ont la queue courte, cependant plus longue que les ailes, les doigts libres à leur base, offrant dans quelques espèces des vestiges de membrane interdigitale. Ce sous-genre comprend plusieurs espèces de Bécasses et de Bécassines {voyez ce mot). La B, commune {Scolopax rusticola, Lin.; Rusticola vulgaris. Vieil.) est assez connue par son plumage varié en dessus de taches et de
Fig. 296. — Bécasse commune.
bandes grises, rousses et noires ; gris en dessous -«vec des lignes noirâtres : on la distingue surtout par quatre larges bandes noires, qui se succèdent sur le derrière de la tête. Elle habite l’été sur les hautes montagnes boisées et descend chez nous aux premiers froids ; le jour, elle fait la chasse aux vers dans les bois, en retournant les feuilles avec son bec ; mais le soir, elle se dirige vers les champs fraîchement remués pour y chercher d’autres vers; elle reste peu dans les plaines pendant l’été et nous quitte au mois de mars pour retourner sur les montagnes. La bécasse est un gibier très-estimé, surtout de novembre à février où elje est grasse et charnue ; sa chair est fine, noire et n’est pas fort tendre, ce qui fait qu’on la garde assez longtemps avant de la manger afin qu’elle prenne le fumet qui la fait rechercher. Elle est peu défia.nte et se laisse approcher assez facilement, aussi sa chasse est-elle productive surtout au mois de novembre ; elle peut se faire au fusil, au collet, au filet, etc. C’est surtout le jour, à la brune, en temps de brouillard, qu elle réussit le mieux ; cependant, lorsqu’on a reconnu les lieux que fréquentent ces oiseaux à leurs fientes qui sont de larges taches blanches et sans odeur, on peut les guetter au clair de lune, c’est le moment qu’elles choisissent pour venir chercher leur nourriture. Les endroits qu’elles fréquentent de préférence sont les bois feuillés et touffus et quelquefois les bords des fontaines et des mares. Le plus souvent, elles se tiennent cachées sous les feuilles pendant lé jour, et il faut des chiens pour les faire lever autrement elles partent sous les pieds du chasseur. ’
Bécasse (Zoologie). — Nom donné à plusieurs Poissons de genres différents ; on l’a aussi appliqué à plusieurs Coquilles.
Bécasse de mer (Zoologie). — Deux oiseaux sont appelés ainsi vulgairement VHuitrier et quelquefois le Courlis (voyez ces mots).
BÉCASSEAU (Zoologie). — Ce sont des oiseaux de ri*, vage qui se tiennent sur les bords de la mer, des lacs ou
des étangs et qui se nourrissent de vers, de larves et d’insectes. Leur classement dans le cadre ornithologique est loin d’être bien déterminé ; quelques zoologistes en ont fait un genre sous le nom de Trinya, en y comprenant seulement les Bécasseaux et les Combattants (voyez ce mot). Lesson, en adoptant ce genre, l’a considérablement étendu et l’a divisé en quatre sous-genres. Cuvier et Vieillot ont tout simplement fait des Bécasseaux des espèces du genre des Chevaliers Xl'otanus, Cuv.). Ainsi considéré, le Bécasseau est un Echassier longirostre, du genre des Bécasses, du sous-genre des Chevaliers. On distingue le B. ou Cul-blanc de rivière {Tringa ochropus. Lin.; Tôt. ochropus, Cuv.), noirâtre, bronzé en dessus, blanc en dessous, moucheté de gris au-devant du col, la queue rayée transversalement de blanc et de noir, pieds cendrés verdâtres, longueur totale, 0™,20; il niche dans le sable au bord de l’eau et vit isolément : c’est un fort bon gibier qu’on trouve dans toute l’Europe. Le B. des bois (Tringa glareola, Gm. ; Tôt. glareola, Cuv.) diffère du précédent par sept à huit rayures sur la longueur de la queue; il est un peu plus petit, habite les bois marécageux et niche dans les marais boisés du Nord.
BÉCASSINE (Zoologie). — Les Bécassines forment dans la classification de Vieillot un genre, et dans celle de Lesson un sous-genre ; pour Cuvier {Bègue animal), ce ne sont que des espèces du sous-genre des Bécasses proprement dites, grand genre des Bécasses, Les espèces principales sont : la B. proprement dite (Scolopax ga/linago. Lin.), plus petite et le bec plus long que la bécasse, deux larges bandes longitudinales noirâtres sur la tête, le cou moucheté de brun et de fauve, le dessus noirâtre, le ventre blanchâtre, le bas de la jambe dénudé, les formes élancées, l’ongle du pouce plus long que le doigt lui-même. Elle se tient dans les prairies marécageuses, sur le bord des étangs, dans les herbages. En France, elles paraissent en automne; presque toujours seules, elles partent de loin d’un vol rapide, et, après trois crochets, elles filent horizontalement ou s’élèvent à perte de vue ; au nrintemps, on les trouve en grand nombre ; elles nous quittent pendant l’été, en général, et nichent à terre dans des racines d’arbres. La bécassine a environ 0»",25 de longueur, on la trouve presque partout. La Double Bécassine {Sc. major, Gmel.), d’un tiers plus grande, a les ondes grises ou fauves de dessus plus petites et les brunes de dessous plus grandes et plus nombreuses; elle a le vol moins rapide que la précédente, droit et sans crochets ; pHe préfère les eaux claires aux eaux vaseuses. On la trouve en France et surtout en Picardie, en Provence. La Petite Bécassine ou la Sourde [Scolop. gallinula, Gm.), presque de moitié moindre que la première, n’a qu’une bande noire sur la tête, elle reste dans nos marais presque toute l’année et se cache dans les roseaux, sous les joncs secs au bord de l’eau ; il faut presque marcher dessus pour la faire lever, ce qui lui a fait donner le nom de sourde. Son vol est moins rapide et plus direct que celui de la bécassine commune, elle est plus délicate à manger que celle-ci. Elle habite l’Europe et l’Amérique septentrionale. La B. grise [Sc. grisea, Gm.; Macroramphus, Ch. Bonap.) a une demi-palmure entre les doigts externes; on la trouve aussi en Europe. Les bécassines se chassent au fusil, au collet. La chasse au fusil exige une certaine habitude à cause de la manière dont l’oiseau se lève, file et fait ses crochets. Du reste, il tombe au moindre grain de plomb qu’il reçoit.
BEGGABUNGA (Botanique). — Espèce de plante vivace du genre Véronique, famille des Sdofulariées, qui a pour caractères : souche rampante, tige glabre, feuilles pétiolées, ovales, obtuses, arrondies à la base, fleurs en grappes axillaires, corolle un peu plus longue que le calice, capsule orbiculaire, renflée, graines petites, biconvexes. Cette plante, qui croît au bord des eaux et qui a quelque ressemblance avec le cresson, a été nommée, pour cette raison, Véronique cressonnée. Elle a une saveur légèrement acerbe et amère, et agit à la manière des Crucifères, aussi l’emploie-t-on comme antiscorbutique, antidartreuse, etc.
BÊCHE (Agriculture). — Instrument de labourage employé surtout pour les jardins maraîchers et autres et quelquefois dans la grande culture, pour les endroits inaccessibles à la charrue. La bêche se compose d’un manche fort et solide long de 1 mètre à i “*,50, terminé en haut par une partie renflée en forme de pomme, quelquefois par une manette ou une béquille; en bas, ce manche, plus effilé, est reçu dans une douille pratiquée dans l’épaisseur du bord supérieur de la lame ou fer. Celui-ci est un quadrilatère plus ou moins régulier pré-
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sentant des deux côtés une surface plane et dont l’épaisseur doit être calculée de manière à ne pas rendre l’instrument trop lourd, et cependant, lui donner assez de force pour pénétrer dans un sol quelquefois dur, et supporter le poids d’une motte de terre de 8 à lO kil. La longueur du fer de la bêche variera entre 0“,2ô et 0“,35, quelquefois plus, sa largeur est d’environ 0®,20 à 0“,25. Le bord supérieur mousse est assez épais pour supporter le pied de l’ouvrier surtout lorsqu’il laboure une terre forte, le bord inférieur est tranchant, les bords latéraux le sont souvent. Quant à la forme du fer de la bêche, il présente aussi de grandes différences ; celle des environs de Paris, par exemple, est un quadrilatère presque régulier, tandis que dans les pays à terres fortes, le bord inférieur va en diminuant de plus en plus de longueur, et on arrive ainsi successivement à la bêche hollandaise à tranchant triangulaire, ce qui lui donne une grande facilité pour pénétrer dans les sols tenaces et durs (voyez Laboir).
BÈGHE-LISETTE (Zoologie). — Nom sous lequel on désigne, dans quelques provinces de France, une espèce à' Insecte du genre Attélabe, le Rhynchite Bacchus (voyez Attélabe, Rhynchite). C’est encore le nom qu’on donne vulgairement à VEumolpe de la vigne (voyez ce mot et Animaux nuisibles).
BÉCHIQUES (Matière médicale), du grec bêx, béchos toux. — Médicaments contre la toux ; ce sont, en général, ues émollients, des adoucissants, des pectoraux (voyez Pectoral, Toux, Bronchite). — espèces be'chiques sont les Heurs sèches de guimauve, de pied-de-chat, de pas-d’âne et les pétales de coquelicot. — Les fruits be'chiques ou fruits pectoraux sont les dattes débarrassées de leurs noyaux, les jujubes, les figues sèches et les raisins secs.
BÉGUNE (Poisson). — Ce nom a été donné vulgairement à plusieurs poissons, et entre autres à une espèce du genre Sphyrène^ de Cuvier.
BÉDEAU ou Bédeaude (Zoologie). — Nom donné vulgairement à plusieurs insectes dont le corps présente deux couleurs : ainsi la chenille d’une espèce de Vanesse ( Vanessa gamma), dite aussi Robert-le-Diable,^ a les quatre premiers anneaux fauves et le reste du corps blanc; de même la Cigale bédeaude, Geof., Cercope écumeuse [Cercopis spumaria,, Lin.), est brune avec deux taches blanches sur les élytres.
Bédeaude (Zoologie). — C’est aussi le nom vulgaire de la Corneille mantelée.
BÉDÉGAR ou Bédéguar (Botanique). — On appelle ainsi une tumeur ou excroissance spongieuse produite sur diverses espèces de rosiers, et notamment sur l’églantier, par la piqûre d’un insecte parasite, Cynipsrosœ, Lin. (voyez Églantier, Gynips). Cette excroissance, d’une forme ovale, quelquefois du volume d’un œuf de poule, d’une couleur verte rougeâtre, naît et se développe sur diverses parties de la plante, le fruit, la tige, les feuilles, etc., et c’est dans son intérieur que l’insecte dépose ses œufs ; les larves s’y développent et y vivent jusqu’à leur métamorphose. On a beaucoup vanté les vertus du bédégar comme astringent ; mais aujourd’hui il est à peu près tombé dans l’oubli.
BÉGAIEMENT ou Bégayement (Médecine), en latin linguœ hœsitatio, hésitation, embarras dans la parole, répétition saccadée de la même syllabe et quelquefois de certaines syllabes spéciales, suivie parfois de suspension et d’empêchement complet d’articuler les mots. — ■ Le bégaiement est quelquefois si léger qu’il ne constitue pas véritablement une infirmité ; d’autres fois il est porté à un point tel que les malheureux qui en sont affectés ne peuvent prononcer deux mots de suite sans des efforts inouïs et sans que presque tous les muscles de la face participent aux contractions de ceux qui font mouvoir la langue et donnent à la physionomie une expression pénible. Cette infirmité paraît être plus fréquente dans l’homme que dans la femme. Les causes n’en sont pas faciles à saisir ; il est certain qu’il ne tient que rarement à un vice de conformation de la langue, et en effet celui-ci donne plutôt lieu à une mauvaise prononciation, à un grasseyement exagéré (voyez ce mot), etc. Dire que sa cause réside dans la faiblesse des muscles, dans un état nerveux et spasmodique, c’est en quelque sorte avouer notre ignorance à cet égard, et c’est pour n’avoir pas voulu en convenir, c’est parce qu’on n’a considéré que quelques données anatomiques, sans se rendre compte du rôle physiologique et de l’influence cérébrale, qu’on a proposé une série d’opérations dont le succès n’a pas répondu aux bonnes intentions de leurs inventeurs : ainsi on a fait la section horizontale de la base de la langue, avec différentes modifications, l’excision d’une partie de la pointe de la langue, la sec-
tion des muscles génio-glosses, etc. Ces opérations, pratiquées surtout il y a une vingtaine d’années, sont aujourd’hui abandonnées. Plusieurs autres modes de traitement ont été employés pour remédier au bégaiement ; déjà, en 1817, on connaissait la Méthode d'Ifard, qui avait eu quelques succès, lorsqu’on 1826 M. Malbouche importa en France et perfectionna la Méthode de Leig,, de New- York, dite Méthode américaine. Basée sur une observation exacte et minutieuse des mouvements de la langue pendant le bégaiement, cette méthode en reconnaît plusieurs espèces, soit que la langue reste abaissée derrière les dents, soit que, portée en haut, elle reste appliquée au palais; ou bien, ce qui arrive le plus souvent, qu’elle se rétracte sur elle-même. Ces différentes espèces de bégaiement sont combattues par un ensemble d’exercices de la langue, des lèvres et des muscles de la bouche, en rapport avec la nature de la maladie, le tout sous l’empire d’une volonté forte, d’une constance et d’une fermeté qui ne se démentent pas. Colombat (de l’Isère) et M. Serres (d’Alais) sont partis de la même idée et sont arrivés à des résultats satisfaisants. Colombat, qui en a fait l’étude de toute sa vie, divise le bégaiement en labiochoréique et en gutturo-tétanique, suivant la partie de l’appareil vocal qui lui semble affectée et la nature de cette infirmité, qu’il regarde dans le premier cas comme ayant de l’analogie avec la chorée (voyez ce mot), et dans le second avec le tétanos (voyez ce mot). Ces principes posés, le traitement consiste à remédier à ces mouvements tumultueux de la parole par une série d’exercices qu’il divise en quatre espèces, pectorale, gutturale,, linguale et labiale, et auxquels le malade doit se livrer avec une volonté incessante. Cette méthode compte un grand nombre de succès ; on peut en voir tous les développements dans le Traité complet de tous les vices de la parole, ouvrage couronné en 1833 par l’Académie de médecine et l’Académie des sciences. F — n.
BÉGONIACÉES (Botanique). — Famille de plantes à pétales périgynes que M. Brongniart, ainsi que la plupart des auteurs modernes, rangent à côté des Cucurbitacées. La place qu’elle doit occuper dans la méthode naturelle est cependant très -incertaine. Les Bégoniacées sont des herbes annuelles ou vivaces. Les tiges sont noueuses, articulées; les feuilles alternes, pétiolées, simples. Les fleurs, unisexuées, se composent, dans les mâles, de 4 sépales colorés, pétaloïdes, dont 2 extérieurs plus grands, et de plusieurs étamines insérées au centre; dans les femelles, d’un calice à 4-9 divisions et d’un ovaire à 3 loges et 3 ailes, surmonté de 6 styles courts, épais, cylindriques, bifides. Le fruit est une capsule à 3 loges et munie de 3 ailes membraneuses. Les graines qu’elle renferme sont nombreuses, très-petites et striées. Cette famille, qui ne comprend qu’un seul genre, duquel elle tire son nom {Bégonia, Lin.), habite les lieux humides, les régions chaudes des deux continents, mais plus spécialement l’Amérique équatoriale. G — s.
BÉGONIE (Botanique), Bégonia, dédicace faite par Linné à Michel Bégon, intendant général de Saint-Domingue et promoteur de la botanique. — Genre de plantes type de la famille des Bégoniacées. Il renferme un grand nombre d’espèces cultivées dans les serres chaudes à cause de leurs feuilles bizarrement irrégulières et présentant de très-remarquables couleurs, ainsi que de jolis dessins de panachures. Les Bégonies se divisent en deux sections : d’un côté, celles qui ont le calice simple et les sépales de môme couleur, et de l’autre, celles qui ont un calice à sépales presque égaux^ les intérieurs blancs, les extérieurs rouges. Dans la première, on remarque la B. à feuilles de géranium {B. geranifolia, Hook.), la B. à feuilles de potiron {B. peponi folia. Ad. Brong.), la B. à feuilles de vigne [B. viti folia, Schott),la B. à feuilles de platane {B. platanifolia, Schott), la B. blanchâtre {B. zncawfljLindl.),la B. sanguine (B. sanguinea, Raddi;, la B. coccinéc (B. coccinea, Hook.), la B. toujours fleurie {B, semperflorens, Link et Otto), etc., etc.; et dans la seconde, la B. à tiges rouges {B. rubricaulis, Hook.), la B. blanche et rouge {B. aïba cociinea, Hook.), etc., etc. La culture a obtenu, en outre, une grande quantité d’hybrides de ces plantes. G — s.
BÈGUE (Médecine). — Celui qui est affecté de bégaiement (voyez ce mot).
BÉHEN (Botanique, Matière médicale). — Les Arabes appelaient Behmen abiad ou Béhen blanc une racine gris cendré à l’extérieur, blanche à l’intérieur, ridée, de la grosseur du doigt. La plante qui la pi’oduit, peu connue, vient du mont Liban. Tournefort pense que c’est le Centaurea behen de la famille des Composées. Ou attribuait
BEL
BÉL
diverses propriétés à cette racine : ainsi, elle a été considérée comme tonique, antispasmodique, vermifuge. Aujourd’hui elle est peu usitée.
Le Béhen rouge est une autre racine, sèche, compacte, qui nous arrive coupée en tranches d’un rouge foncé ; elle est aussi d’une odeur aromatique, d’une saveur styptique. On ne connaît pas au juste la plante qui la produit : on a dit que c’était le Statice limonium de Linné ; d’autres pensent que c’est le StoMce latifolia, de la famille des Plombaginées. On l’apporte du Levant, où elle est regardée comme tonique et astringente. On ne l’emploie plus aujourd’hui.
Béhen blanc (Botanique). — Nom vulgaire de la Si/éne'e gonflée (Cucubalus behen^ Lin.), de la famille des Caryopnyllées^ tribu des Silénées^ de Cand., genre Silénée. C’est une plante à feuilles oblongues lancéolées ; pétales blancs ou purpurins; capsules ovoïdes. Ses feuilles se mangent comme salade ou comme légumes cuits ; elle vient dans les pâturages secs.
Béhen bouge (Botanique). — C’est le Centranthe rouge {Centranfhus ruber^ de Cand.), vulgairement Valériane rouge, B arbe-de- Jupiter, qu’on trouve sur les vieux murs (voyez Centranthe).
BÉJAUNE (Chasse). — Voyez Bec-jaune.
BÉLEMNITES (Zoologie fossile), du grec belemnon, flèche. — On a donné ce nom à un groupe de coquilles fossiles qui ont la forme d’un doigt, d’une flèche ou d’un fer de lance et qu’on trouve en très-grande quantité dans les différentes couches terrestres depuis le lias jusqu’aux régions supérieures du terrain crétacé, sans qu’on en ait jamais retrouvé aucune trace dans les bassins tertiaires ; elles se composent d’un osselet corné, élargi en avant, et pourvu de deux petites expansions latérales qui se réunissent postérieurement et forment une vaste cavité conique, divisée en un grand nombre de petites loges percées latéralement d’un siphon et contenant de l’air, puis en dehors un dépôt calcaire également conique, quelquefois trèslong. Les Bélemnites étaient des animaux céphalopodes dont la coquille devait être logée dans le corps de l’animal. Ces coquilles l’objet des fables les plus ridicules : ainsi on les a regardées comme des pierres de foudre, pierres de tonnerre; d’au-
Beieninuês s’imaginant que c’étaient des pétrifi-
inucronatus. cations de l’urine du lynx^ les ont appelées pierres de lynx, dont les savants avaient fait lyncurion (du génitif grec lunkos et ouron, urine). (Voyez le Mémoire de de Blainville, Sur les Bélemnites, Paris, 1827, in-4“, et celui de J. S. Miller, dans les Transactions géologiques, Londres, 1820. (Voyez Fossiles).
BELETTE (Zoologie) , MusfeZa vulgaris. Lin. — Espèce ée Mammifères carnassiers digitigrades, appartenant au grand genre des Martes, sous-genre des Putois. On l’a souvent confondu avec V Hermine; mais des différences nombreuses l’en distinguent. Ainsi la belette se trouve indistinctement sous tous les climats ; l’hermine, au contraire, habite les pays froids : il est vrai que parmi les belettes il en est quelques-unes qui deviennent blanches
F'n;. 298. - Belette
en hiver; mais l’hermine, qui est rousse en été et blanche en hiver, a toujours le bout de la queue noir, tandis que la belette a toujours le bout de la queue jaune foncécelle-ci, du reste, un peu plus petite que la première’ mesure de 0”,15 à 0“,25. Elle est généralement d’une couleur fauve, à l’exception d’une teinte jaune clair sous le ventre. La belette, contrairement à l’hermine, vit auprès de nos habitations; l’hiver, elle s’établit même dans les dépendances de nos maisons, dans des trous de vieux murs, dans des greniers, des granges; elle vient même quelquefois faire ses petits dans le foin de nos écuries;
l’été, elle s’éloigne un peu et se loge souvent dans quel que vieux tronc d’arbre. Cet animal, dont les allures sont vives, légères, qui ne va qu'en bondissant par petits sauts inégaux et précipités, est la terreur des bassescours et des colombiers ; lorsqu’elle peut entrer dans un poulailler, la belette tue tous les jeunes et les emporte les uns après les autres; elle fait aussi la guerre aux jeunes lièvres et lapins, aux rats, aux souris, etc. C’est un des animaux les plus carnassiers; elle choisit la nuit pour faire ses expéditions ; et elle dort presque tout le jour. Comme le putois et le furet, elle a une odeur très-forte, surtout en été. On chasse les belettes au fusil, mais ce moyen est peu sûr à cause de la difficulté de les surprendre ; le meilleur moyen est de leur tendre des pièges qu’on amorce avec des morceaux de viande. On ne les détruit du reste qu’en raison du dégât qu’elles causent, leur fourrure n’ayant presque pas de valeur.
BÉLIER (Économie rurale). — Le mâle de la brebis. Tout ce qui a rapport à l'espèce oume sera traité au mot Mouton et au mot Races ovines.
Bélier hydraulique (Mécanique). — Machine destinée à l’élévation des eaux et imaginée par Montgolfier en 17 90. La gravure que nous donnons ici [fig. 299) est une coupe du bélier hydraulique qui existe au château de la Celle- Saint-Cloud, près Paris, et qui y a été établi par Montgolfier lui-même pour l’élévation de l’eau nécessaire aux besoins du château.
L’eau d’un réservoir alimenté par des sources est amenée au bélier par le tuyau A et s’écoule librement, comme l’indique la %ure, par une ouverture au-dessous de laquelle est suspendue une soupape B suffisamment pesante. Lorsque l’écoulement a acquis une rapidité assez grande, la soupape entraînée par l’eau est soulevée et vient brusquement fermer l’orifice d’écoulement. La colonne d’eau contenue dans le tuyau A se trouve donc arrêtée au moment où sa vitesse était maximum ; elle presse alors fortement contre toutes les parties des parois qui la contiennent et soulève les soupapes E, E. Une partie de l’eau monte ainsi dans le réservoir F et de là dans le tuyau d’ascension G. Ce réservoir F est formé, comme l’indique la figure, de deux cloches en fontes concentriques et renversées, l’ouverture en bas. C’est vers l’extrémité inférieure de la plus petite cloche C que sont pratiquées les ouvertures à soupape E, E. Elle retient donc toujours une certaine quantité d’air à sa partie supérieure. Cet air joue un rôle important dans la marche du bélier. Si, au moment où a lieu la ferrneture de B, la colonne d’eau ne rencontrait que des parois solides, son
Fig. 299. — Bélier hydraulique.
arrêt serait trop brusque, le coup de bélier serait trop sec et la machine se détériorerait trop rapidement; l’air, faisant fonction de ressort, amortit le choc sans en amoindrir l’effet quant à l’ascension de l’eau qu’il favorise au contraire. Les soupapes E, E ont, en effet, le temps d’obéir à. la pression. L’air contenu dans la grande cloche F joue un rôle semblable; il empêche que l’impulsion ne soit trop brusquement transmise à la colonne ascendante G.
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L’eau affluente se loge en F, dont elle comprime le gaz, et celui-ci, réagissant à son tour, refoule l’eau dans le tuyau d’ascension G. Pendant ce temps, la soupape B reste appliquée sur l’orifice d’écoulement; mais quand le coup de bélier a été produit, que l’équilibre s’est rétabli, cette soupape retombe, l’écoulement recommence avec une vitesse croissante jusqu’à ce que la soupape soit de nouveau soulevée et qu’un second coup de bélier soit donné.
L’air des deux cloches G, F disparaîtrait assez promptement, entraîné par l’eau dans laquelle il se dissout, s’il n’était renouvelé à mesure. Le tuyau latéral H est destiné à ce renouvellement. L’air comprimé en G à chaque coup de bélier réagit sur la colonne liquide à laquelle il imprime une vitesse rétrograde. Sous l’influence de cette vitesse, son élasticité descend au-dessous même de l’élasticité de l’air extérieur. La soupape intérieure qui ferme le conduit H s’ouvre alors et livre passage à quelques bulles d’air qui viennent remplacer l’air dissous.
Le bélier hydraulique marche de lui-même, presque sans surveillance; quand il a été établi dans de bonnes conditions, il peut donner jusqu’à 60 p. 100 du travail moteur (voyez Travail Machines). L’effet qu’il produit est supérieur à celui de toutes les autres machines élévatoires ; malheureusement, il ne doit avoir que de faibles dimensions, parce que les secousses qui résultent du jeu même de l’appareil amènent la destruction rapide des assemblages des diverses pièces qui le composent dès que ces dimensions sont un peu grandes. M. D.
Bélier. •— Machine de guerre des anciens. Cette machine, qui servait à abattre les portes ou les murailles des places assiégées, n’était primitivement qu’une poutre d’une longueur et d’une grosseur considérables. L’une de ses extrémités était armée d’une masse de fer, le plus souvent en forme de tête de bélier, ce qui lui fit donner son nom [ai'ies). Des soldats, quelquefois au nombre de cent, la portaient sur leurs bras et la poussaient avec violence contre les murs auxquels ils voulaient faire brèche. C’est ainsi qu’on le voit représenté sur la colonne Trajane. Plus tard, la machine se perfectionna
tin peu ; on suspendit la. poutre à Faide de gros câbles ou de chaînes de fer à un châssis de bois, de façon que les soldats employés à la manœuvrer n’avaient qu’à lui imprimer un mouvement de vibration en la retenant en arrière, puis en l’abandonnant ou même en la poussant avec force. Enfin, on recouvrit la machine avec une toiture de planches [fig. 300) pour garantir les soldats contre les traits de l’ennemi, et l’on monta le tout sur des rouleaux ou sur des roues qui permettaient de l’avancer plus facilement jusqu’au pied des remparts attaqués. C’est ainsi que cette machine est représentée sur l’arc de Septime Sévère.
Les Romains se servaient aussi sur mer d’une espèce ■ de bélier nommé asser; c’était encore une poutre, mais moins grosse et moins longue que sur terre, dont les deux extrémités étaient garnies de pointes de fer. On la suspendait comme une vergue aux mâts des navires. Poussée avec violence du côté où les ennemis tentaient l’abordage, elle trouait leurs vaisseaux, en entamait le gréement ou renversait les hommes qui les montaient. (Voyez Vitruve, x; Végècn, De re mil. iv.)
BELLADONE (Botanique), Belladona., mot italien qui veut dire belle dame. En Italie, on tirait de la plante une eau qu’on regardait comme infaillible pour faire disparaître les taches de la peau et entretenir la blancheur du teint. — Espèce de plantes de la famille des Solanées et appartenant au genre /l/ropa. Lin., du nom mythologique A tropos\ celle des trois Parques qui tranchait le fil de la vie des hommes ; (l’Atropa porte un fruit mortel). La Belladone commune [Atropa belladona., Lin.) est une herbe vivace qui s’élève quelquefois à plus d’un mètre. Ses tiges sont herbacées, bifurquées, ses feuilles ovales, elliptiques, aiguës; ses fleurs solitaires et colorées d’un rouge ferrugineux. Ses baies pulpeuses et sphériques sont d’un violet livide et de la grosseur d’une petite
cerise. En général, toute la plante présente un aspect sombre, triste et une odeur nauséabonde qui semblent annoncer des propriétés malfaisantes; et, en effet, elle recèle un des poisons indigènes les plus violents. La
belladone habite les lieux montueux et ombragés des climats tempérés et fleurit en juin et juillet. Indépendamment de ses nombreux usages en médecine, cetteplante renferme dans le suc de ses baies cueillies avant leur maturité, un beau vert dont les peintres en miniature tirent un parti avantageux. Lorsqu’elles sont mûres, leur suc est d’un beau pourpre. Caractères : calice quiiiquépar'.ite; corolle hypogyne campanulée; 5 étamines à filets filiformes et insérés au fond du tube ; anthères à déhiscence longitudinale; ovaire à 2 loges renfermant un grand nomWe d’ovules ; le fruit est une baie accompagnée par le calice étalé. G — s.
Belladone (Toxicologie, Matière médicale). — Toutes les parties de cette plante sont vénéneuses; mais ce sont les baies qui offrent le plus de danger à cause de leur ressemblance avec une cerise et de leur saveur douce ; les propriétés les plus actives se trouvent dans la racine ; le suc exprimé des feuilles est aussi très-énergique. Les. principaux symptômes de l’empoisonnement par la belladone sont les suivants : nausées, sécheresse de la bouche et du gosier, éblouissements, dilatation et immobilité de la pupille, embarras de la tête, vertiges, confusion de la vue, regard fixe, hébété, quelquefois cécité complète, délire extravagant, hallucinations, etc. ; très-rarement de la fureur. Quelle que soit la gravité de ces symptômes, on cite très-peu d’exemples de mort. Le traitement est celui de l’empoisonnement par les narcotiques : ainsi les vomitifs, les purgatifs en lavements, si on espère évacuer une partie du poison ; sinon, les acides, le café, les excitants extérieurs, les bains, enfin les émissions sanguines s’il y a congestion vers la tête.
Il n’y a guère qu’un siècle et demi qu’on a commencé à utiliser les propriétés de la belladone en médecine. Aujourd’hui, c’est un des médicaments les plus précieux de la thérapeutique, mais son usage ne doit être confié qu’au médecin, à cause de ses propriétés toxiques; à dose modérée, la belladone a été employée avec succès dans quelques cas d’épilepsie, dans les gastralgies et les entéralgies, dans les maladies des yeux, dans la colique de miserere., dans la dysménorrhée, dans les vomissements qui accompagnent la grossesse, dans la scarlatine, dans les douleurs en général ; elle a aussi réussi quelquefois dans le rhumatisme, la goutte, quelques cas de paralysie : mais elle a été efficace surtout contre la coqueluche et l’asthme, et môme dans toutes les maladies qui sont accompagnées de gêne de la respiration. Dans ces dernier, cas, on fait fumer aux malades de petites cigarettes de feuilles de belladone; du reste, on l’a employée en infusion (à l’extérieur), en poudre, en extrait, en sirop, etc., à l’intérieur.
BELLE-DAME (Zoologie), Papilio cardai.. Lin. — Geoffroy a désigné sous ce nom une espèce de Papillon diurne