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jardinier de Florence, qui la multiplia par la greffe. Le B. à fruit corniculé, Poit., fleurs grandes, très-odorantes, fruit arrondi, plus large au sommet qu’à la base, muni latéralement d’appendices en forme de cornes;
écorce rugueuse, d’un jaune rougeâtre; pulpe jaune, acide, peu amère. (Consultez le Cours d'arboriculture de iM. Du Breuil, article Oiîanger.) G — s.
BIGARREAU (Arboriculture.) — Variété de cerises qui provient, suivant M. Du Breuil, de la deuxièino espèce de cerisier, le Merisier [Prunus nvium) et qu’il désigne
sous le nom de Bigarreau de mai. Cette cerise est grosse, rouge ou blanche, d’une chair ferme et bigarrée de rouge et de blanc; en pleine maturité, il est rare qu’elle ne renferme pas de ver. C’est une cerise de qualité médiocre, mais qui donne beaucoup.
BIGNONIACÉES (Botanique). — Famille de plantes Gamopétales hypogynes., appartenant à la classe des Personnées dans la classification de M. Brongniart. Caractères : calice à 5 lobes ; corolle hypogyne , caduque , quinquélobée; étamines, 4 à 5 Jnsérées dans le tube de la corolle; anthères biloculaires ; ovaire libre, biloculaire; capsule bivalve, biloculaire, rarement à 4 loges; graines nombreuses aplaties. Les Bignoniacées sont des plantes dressées ou grimpantes, à leuilles opposées, le plus souvent dépourvues de stipules. Elles habitent la plupart les régions équatoriales de l’Amérique. On n’eu rencontre aucune en Europe. Genres principaux : Bi-
gnonie [Bignonia. ^ Tourn.); Millingtonin Spa~
thodea , Pal., Beauv. ; Tecoma, Juss. ; Catalpa., Scop. ; Jacaranda, Juss.; Calebassier {Crescentia, Lin.), etc.
BIGNONIE (Botanique) [Bignonia., Tourn., dédiée à l’abbé Jean-Paul Bignon, bibliothécaire du roi Louis XIV). — Genre de plantes type de la famille des Bignoniacées. Il comprend des arbres et des arbrisseaux grimpants à feuilles opposées. Calice à 5 dents; corolle bilabiée ou presque régulière; anthères glabres; capsule à cloisons parallèles aux valves. Les espèces assez nombreuses de ce genre se cultivent dans les serres chaudes, où leurs fleurs et leur feuillage sont d’un joli effet. La B. orangée (B. capreo la ta., Lin.) résiste seule à la culture en pleine terre. Elle est originaire de la Caroline. La B. chica [B. chica, Kunth.), espèce propre à l’Amérique méridionale et donnant de belles fleurs pourpres, contient dans ses feuilles une sorte de fécule d’un très-beau rouge que les femmes de la Nouvelle-Grenade emploient pour se farder. La B. équinoxiale [B. œquinoctialis. Lin.), plante des Antilles qui donne des fleurs pourpres souvent veinées de rose, renferme aussi dans son écorce une teinture rouge. Ses rameaux sont utilisés par les indigènes pour faire des paniers ou des instruments de pêche. G — s.
BIGORNE, Bigorneau, Bigourneaü (Zoologie) . — Sur les côtes de l’Océan, on donne vulgairement ces noms au Vigneau {Turbo littoreus, Lin.\ mollusque du genre des Littorines (voyez Littorine, Vigneau).
Bigorne (Technologie). — Petite enclume dont les deux extrémités sont amincies en pointe. L’une de ces extrémités est CO nique, à section arrondie; l’autre est à quatre faces, en forme de pyramide.
BIJOU (Technologie). — Objet de luxe et de parure, tirant son prix, soit de la matière employée, soit du travail que cette matière a subi. Les substances employées à la confection des bijoux sont très-variables, la finesse du travail pouvant suppléer au défaut de valeur delà matière première. Les bijoux fins sont en or ou argent, seuls ou ornés de pierres précieuses ; les bijoux faux sont en chrysocale, espèce de laiton doré ou argenté, et les pierres qu’on y emploie sont artificielles, ordinairement en strass blanc ou coloré. Les bijoux, surtout les bijoux faux, dont la forme est le seul mérite, sont devenus pour la France la base d’une immense industrie dans laquelle, grâce au goût de ses artistes, elle ne reconnaît pas de rivaux. Depuis quelque temps on fait en aluminium des bijoux qui peuvent être considérés comme occupant une place intermédiaire entre les deux espèces précédentes.
L’or et l’argent, à cause de leur éclat et de leur inaltérabilité, ont été de tout temps employés à la confection des bijoux ; ils y sont toujours alliés avec un peu de cuivre qui leur donne la dureté qui leur manque. Les dernières lois prescrivent trois titres légaux pour les bijoux d’or et deux pour les bijoux d’argent. Ce sont, pour l’or :
1er titre. Or 920 part. Cuivre 80 part.
2® titre, — 840 — — 160 —
3® titre, — 750 — — 250 —
Pour l’argent :
l®r titre. Argent, 950 part. Cuivre 50 part.
2® titre, — 800 — — 2U0
Avec une tolérance de 5 parties en moins pour l’argent et ^ pour l’or.
Ces titres sont vérifiés à la Monnaie par des procédés particuliers (voyez Essais), et à chacun d’eux correspond un poinçon particulier que l’on applique à chaque bijou.
Moulage. — On a quelquefois encore recours à la fusion pour donner leur forme aux bijoux. Le moulage se fait ordinairement dans des os de sèche. La partie tendre de deux os est dressée par frottement sur une pierre plane; puis le modèle, préparé à l’avance, de l’objet à mouler est placé entre les deux os que l’on presse l’un contre l’autre. Le modèle s’y incruste en y dessinant exactement sa forme. Avant de les séparer, on perce ces os de part en part de deux ou trois trous qui serviront de repères pour remettre bien en place les deux parties du moule au moyen de chevilles. Chaque os est ensuite desséché au-dessus d’une lampe et se recouvre ainsi d’une très-légère couche de noir de fumée qui, sans nuire en rien à la finesse des empreintes, bouche les pores de la sèche. On creuse les rigoles qui doivent servir à l’introduction du métal, on réunit les deux pièces du moule et on y coule le métal fondu en se mettant au-dessus d un vase rempli d’eau, afin de recueillir plus facilement et
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sans perte les jets de matière. La fusion donne des bijoux lourds et coûteux auxquels on préfère les bijoux creux. Autrefois, le travail des bijoux creux se faisait au repoussé^ espèce de sculpture au marteau à laquelle prenaient part de grands artistes, tels que Benvenuto Cellini ; mais ce procédé, long et délicat, a été peu à peu délaissé pour des méthodes plus expéditives, dont la principale est Teçtampage (voyez ce mot). Chaque bijou est ainsi formé d’au moins deux parties qui sont ensuite soudées par leurs bords. Pour les bijoux qui représenteraient, par exemple, des fleurs, chaque feuille est estampée séparément et unie autout par la soudure. La soudure est un alliage de même couleur que le bijou, mais d’une nature différente et plus fusible. Qn en emploie trois pour l’or contenant 1/4, 1 /3, l jl d’alliage et dites au quart, au tiers, au demi. Cet alliage est formé lui-même de 2/3 d’argent fin et de 1/3 de cuivre. Les soudures d’argent sont formées d’argent et de cuivre jaune et contiennent 1/0, 1/4, 1 /3 de cuivre jaune. On soude les pièces à la méthode ordinaire au moyen du borax, comme fondant, et du cliaiumrau (voyez Soudure, Chalumeau).
Mise en couleur. — L’alliage d’or ou d’argent qui forme les bijoux fins est loin d’avoir l’éclat du métal pur ; on le lui rend par la 7nise en couleur, qui consiste à tremper le bijou poli dans des liqueurs qui rongent superficiellement le cuivre et laissent à la surface une mince couche d’or ou d’argent pur. Pour les bijoux faux, cette couche est appliquée après coup (voyez Dorure, Argenture).
Sertissement des pierres. — Les pierres fines ou fausses sont montées sur le bijou dans de petits chatons qui y ont été pratiqués par soudure ou par enlèvement et qui présentent un petit rebord mince. Lorsque la pierre est mise en place, on refoule sur elle ce rebord ou on la pince en quatre ou cinq endroits. M. D.
BIJUGUÉ (Botanique), du latin bis, deux fois, Qi ju,gum, joug. — Se dit des feuilles qui portent deux paires de folioles sur le même pétiole, comme dans plusieurs espèces de Mimosa.
BILABIÉ (Botanique), de bis, deux fois, et labium, lèvre. — Terme qui désigne certains organes floraux présentant deux principales découpures, l’une supérieure, l’autre inférieure, un peu inégales et entr’ouvertes comme deux lèvres. Le calice et la corolle sont bilabiés dans les plantes de la famille des Labiées, ainsi nommée, comme on voit, de cette forme des enveloppes florales. Les pétales sont aussi dits bilabiés lorsqu’ils sont tubulés avec un limbe à deux lèvres, comme dans les Hellébores, les Nigelles. Vlsopgre, etc.
BILATÉRAL (Botanique). — Terme de botanique qui s’applique à la direction que prennent certains organes des végétaux. Les feuilles sont bilatérales quand elles se rejettent de deux côtés opposés, comme dans Vif et plusieurs Sapf/v.9. Les lobes de l’anthère sont bilatéraux lorsqu’ils sont attachés des deux côtés opposés du filet, comme dans ]ePodophyllu/n, le Bégonia dichotomu. Dans V Éphémère de Virginie ces lobes sont attachés aux deux côtés op})osés du connectif. Cette direction se présente aussi pour les graines dans les péricarpes. Les parties sur lesquelles elles sont attachées et que l’on nomme placentas, peuvent donc être aussi bilatérales ; ce caractère se rencontre dans les Groseilliers.
BILE (Anatomie, Physiologie), bilis, des Latins ; cliolê, des Grecs. — Liquide sécrété par le foie ; d’un vert sombre, d’une odeur nauséabonde, la bile a une saveur amère qui laisse un arrière-goût fade et douceâtre; elle est rendue visqueuse et filante par le mucus qu’elle contient. Versée dans l’eau, elle gagne d’abord le fond du liquide, et si on l’agite, elle se dissout presque totalement en formant une liqueur mousseuse ; elle dissout facilement les matières grasses acides, ce qui l’a toujours fait considérer comme une espèce de savon ; elle a une réaction alcaline, et c’est, puivant Berzelius, une combinaison des acides gras (oléique et margarique) et de certains acides résineux avec la soude et une base organique, la Inline. Dans un travail remarquable (1838), H. Demarçay dit que la bile résulte de la combinaison de la soude avec un acide résineux et . azoté qu’il nomme acide choléique. Strecker (1848 et 1849) regarde la bile comme une combinaison de soude avec deux acides organiques azotés, Vacide cholique et V acide choléique ; la plupart des chimistes ont adopté ces résultats. Dans la bile du porc, il a trouvé un acide particulier qu’il a nommé acide hyocholéique; cet acide est uni avec la sonde et n’a encore été rencontré que dans la bile de cet animal. On trouve encore dans la bile d’autres parties moins essentielles, telles
que : une petite quantité d’une substance grasse cristallisable, la cholestérine, des acides gras et divers sels à base de potasse^ de soude, d’ammoniaque et de magnésie. Il ne faut pas oublier, dans cette énumération, l’eau, le mucus et surtout une matière colorante verte qui se rapproche de l’hématosine, et que Berzelius a nommée la biliverdine : c’est elle qui, dans l’ictère, se concentre dans le sérum du sang et colore en jaune les humeurs et les tissus. Du reste, il importe de dire que, quoiqu’un grand nombre de chimistes se soient occupés de l’analyse de la bile, on n’est pas encore bien fixé sur sa nature ; cela tient en grande partie aux métamorphoses que peuvent subir ses principes en présence des agents chimiques.
Actions physiologiques. — A mesure que les matières alimentaires pénètrent dans le duodénum, elles sont mises en contact avec la bile; celle-ci arrive par un tronc partant du foie et communiquant dans son trajet avec une poche membraneuse qui lui est adhérente, nommée la vésicule du fiel, habituellement distendue par de la bile; il suit de là qu’il y a véritablement deux sortes de bile : l’une qui vient directement du foie et qu’on nomme bile hépatique; l’autre qui a séjourné plus ou moins longtemps dans la vésicule du fiel, la bile cystique, plus épaisse, plus jaune et plus amère.
Le rôle de la bile dans l’acte de la digestion n’a pas encore pu être déterminé d’une manière précise , et il paraîtrait même résulter d’expériences nombreuses qu’c//e 71 est pas indispensable au travail de la digestion, que pourtant son écoulement continuel au dehors n’est compatible avec l’entretien de la vie que si une copieuse alimentation compense cette perte incessante. Quoi qu’il en soit, à son arrivée dans le duodénum, le chyme (voyez ce mot) est arrosé par la bile et le suc pancréatique ; la première lui communique une coloration jaune légèrement verdâtre, bien tôt apparaissent à sa surface des filaments d’une matière blanche lactescente, très-riche en graisse, et que l’on nomme le chyle. Dans ce travail, il paraît bien qu’il y a une véritable incorporation de la bile, que celleci n’est pas un simple liquide d’excrétion, et qu’elle concourt à la digestion d’une classe en 1ère d’aliments, les matières grasses (voyez Chyle, Digestion). La bile peut être altérée dans sa constitution et subir des influences morbides relativement à sa quantité, à ses qualités physiques et chimiques, ces altérations constituent des états pathologiques nombreux que nous ne pouvons exposer dans un article de dictionnaire (voyez Foie).
Depuis longtemps la matière médicale a enregistré dans son catalogue la bile de certains animaux comme agent thérapeutique : ainsi, la bile de bœuf a été surtout vantée pendant un grand nombre d’années comme médicament stomachique, stimulant, contre les faiblesses d’estomac, l’engorgement des organes digestifs, etc. On ne s’en sert plus aujourd’hui. Dans l’industrie, on emploie encore le fiel de bœuf pour enlever les taches d’huile ou de graisse sur les étoiles de laine. La bile entre aussi dans la préparation de plusieurs couleurs.
La bile est toujours plus ou moins alcaline au papier de tournesol ; elle se décompose promptement à l’air, ne se coagule pas par l’ébullition et donne lieu à un précipité abondant par les acides. La constitution chimique de la bile est très-complexe et peu connue. D’après les travaux les plus récents, la bile serait formée par une combinaison de soude avec les deux acides chohque et choléique ; le second de ces acides est sulfuré. On trouve, en outre, dans la bile, en petite quantité, une matière grasse neutre (cholestérine), des acides gras, des sels de potasse, de magnésie et d’ammoniaque. Le principe colorant de la bile a été nommé biliverdine.
BILIAIRE (Anatomie, Médecine), qui a rapport à la bile. — Appareil biliaire : c’est l’ensemble des parties qui concourent à la sécrétion et à l’excrétion de la bile (voyez Foie, Bile). — Canaux biliaires : ce sont les radicules qui, en se réunissant, constituent le canal hépatique. Ils se distinguent des autres conduits vasculaires du foie par leur couleur jaunâtre, par le liquide qu’ils contiennent et par l’aspect de leurs parois. — La vésicule biliaire ou vésicule du fiel est un réservoir membraneux, pyriforme, situé au-dessous du- lobe droit du foie, dans un enfoncement nommé fossette cystique. Maintenue par le péritoine qui la recouvre presque en entier, elle est tapissée à l’intérieur par une membrane muqueuse, teinte en vert ou en jaune suivant la coloration de la bile ; elle communique avec le foie par le canal cystique, qui luimême s’ouvre dans le canal hépatique pour^ former le canal cholédoque ; ainsi la bile arrive à la vésicule par
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le canal cystique et en sort par la môme voie (voyez Foie, Bile). Cet organe manque dans l’éléphant, le cheval, le chameau, le cerf, le surmulot, les perroquets, les pigeons, le coucou, la grue, le merlan, la lamproie, etc. — Calculs biliaires; ils se développent dans la vésicule, dans le foie ou dans le canal cholédoque (voyez Calcul).
BILIEUX (Médecine, Physiologie), qui a beaucoup de bile. — Tempérament bilieux dans lequel la bile prédomine ; il est caractérisé par une peau d’un brun jaunâtre, des cheveux noirs ou bruns, des muscles bien accusés, des formes durement exprimées, une charpente forte, vm embonpoint médiocre, un pouls fort et dur, la vivacité, l’audace, la disposition à la colère, une volonté forte, une imagination vive, etc. ; les individus bilieux sont sujets aux affections de l’estomac, du foie, aux lièvres, etc. Leur régime doit être rafraîchissant, léger, peu substantiel (voyez Tempérament). Les maladies bilieuses sont celles dans lesquelles il y a surabondance ou altération dans la sécrétion de la bile, coïncidant presque toujours avec un dérangement des fonctions digestives; ainsi V embarras gastrique, V embarras intestinal, les fièvres dites bilieuses (voyez ces mots), etc. La fièvre bilieuse simple est une des formes de l’inflammation de la muqueuse gastrique, de celle du duodénum, de l’inflammation du foie, avec sécrétion abondante de bile; la fièvre bilieuse des pays chauds ou le causas, avec vomissements bilieux, peau jaune, fièvre ardente, etc., est encore une forme de maladie bilieuse (voyez Fièvre, Causes).
BILIN (Médecine, Eaux minérales). — Ville de Bohême, à 8 kilomètres S. de Tœplitz, célèbre par ses eaux minérales froides, les plus alcalines de l’Allemagne et peutêtre de l’Europe. Elles sont bicarbonées sodiques et contiennent, d’après M. Redtenbacher, par litre : carbonate de soude, 3g,0085 ; carbonate.s de chaux et de magnésie, 0ff,546S ; sulfate de soude, fig,8269 ; du chlorure de sodium et quelques traces de fer. Cette eau est piquante et aigrelette, saturée d’acide carbonique. Son usage se rapproche beaucoup de celle de Vichy (voyez ce mot).
BILLARD, du français bille. — Table longue de 3 à' 4 mètres, large à peu près de moitié, recouverte d’un tapis de drap bien exactement tendu, bordée tout autour de bandes en bois garnies à l’intérieur d’une lame de caoutchouc recouverte de drap et percée généralement de trous ou blouses, quatre aux quatre coins et deux au milieu des deux grands côtés. Nom également donné au jeu qui s’exécute sur cette table au moyen de billes lancées par des tiges en bois appelées queues.
Le mouvement des billes peut se déduire facilement des lois du choc des corps (voyez Choc) toutes les fois que l’on peut négliger les frottements des billes sur le tapis ou les bandes ; mais les effets obtenus se compliquent beaucoup quand ces frottements y jouent un rôle ; les joueurs habiles savent en tirer un grand parti en frappant la bille de manière à lui imprimer, en outre de son mouvement de translation, un mouvement de rotation sur elle-même approprié à l’effet qu’ils veulent produire. On se fera une idée de l’influence de ces frottements en considérant un jeu d’enfant qui consiste à lancer en avant un cerceau auquel on imprime en môme temps un mouvement de rotation inverse sur lui-même. Si le frottement du cerceau sur le sol use son mouvement de translation avant son mouvement de rotation, il revient en arrière en vertu de ce dernier mouvement. On trouvera dans le savant ouvrage de Coriolis {Théorie mathématique du jeu de billard) l’explication des phénomènes complexes et curieux que présentent les mouvements des billes par suite du frottement.
Le jeu de billard est très-anciennement connu en Angleterre où il fut probablement inventé. Il fut mis à la mode en France par Louis XIV, auquel il avait été recommandé comme exercice après le repas. M. D.
BILLARDER (Hippologie). — On dit qu’un cheval billarde lorsque dans la marche, et surtout le trot, il porte ses jambes de devant en dehors de la ligne du corps. Outre ce que cette allure a de disgracieux, il est clair qu’il y a là l’emploi en pure perte d’une force qui fatigue l’animal pendant sa progression.
BILLON, Billonnage (Agriculture). — On appelle ainsi un labourage en ados plus ou moins large et bombé qu’on pratique ordinairement dans les terrains plats, surtout lorsque la présence de l’argile rend le sous-sol imperméable. On donne le nom de petits billons à ceux qui ne sont formés que par un petit nombre de raies de charrue et qui n’ont qu’une largeur de ()“,50 à 0'",80. Ce procédé est en usage surtout dans les contrées où les terres sont pauvres, mais perméables. Les billons larges
varient entre 3 et .'i mètres de largeur. En général, les billons sont d’autant plus élevés qu’ils sont plus larges ; cette hauteur varie entre 0"',15 et 0"*,40. On emploie beaucoup ce mode de labourage dan la Brie, dans les plaines sableuses de la Basse-Bourgogne, etc.
BILLON (Chimie appliquée), étymologie incertaine, de vellon, monnaie de cuivre {moneda de vellon, espagnol), ainsi appelée de vellus, toison de brebis, animal dont la figure était marquée sur la monnaie de cuivre des Romains; ou, suivant Ménage, de bulla, bille, petite boule. — On donne ce nom, en chimie appliquée, à des alliages où domine le cuivre et qui rentrent par là dans la famille généi'ale des bronzes. Ces alliages servent à faire des monnaies destinées aux achats minimes et journaliers et qui ne peuvent servir que d’appoint aux monnaies principales d’or ou d’argent. Le décret du 18 août 1810 ne rend obligatoire la monnaie de billon que comme appoint de la pièce de 5 francs. Les monnaies de billon ont été d’abord des monnaies d’argent à bas titre. La dernière monnaie de ce genre est la pièce de 10 centimes du poids de 2 grammes, au titre de (loi du 15 septembre 1807), portant en effigie la lettre N couronnée. Beaucoup de ces pièces, reconnaissables à leur teinte rouge, n’eurent pas le titre légal. On applique aussi le nom de billon à des monnaies de cuivre dont les métaux étrangers sont autres que l’argent. Avant le décret du 12 mars 1850, on comptait en France diverses monnaies de ce genre, à savoir : les sous rouges de Louis XV et de Louis XVI, en cuivre du commerce, ne contenant que 0,50 ou 0,75 p. lOO de métaux étrangers ; les sous de cloches simples et doubles, en métal des cloches provenant de la fonte des cloches des églises et des couvents sous la Révolution, contenant environ 86 p. 100 de cuivre et 14 p. lOO d’étain, avec un peu de zinc, de fer, de plomb, des traces d’arsenic, de soufre, d’antimoine. Ce billon était très-beau, très-dur, et s’est à peine oxydé pendant plus de soixante ans d’usage. On a ensuite frappé des sous de 10 et de 5 centimes, à tête de la Liberté, et des centimes (lois des 24 octobre 1706 et 17 février 17 99), avec les poids de 20 grammes pour lO centimes, 10 pour 5 centimes, 4 pour 2 centimes et 2 pour 1 centime, la tolérance étant des du poids. Ces monnaies provenaient du métal des cloches affiné par la liquation et contenant en moyenne 96 p. 100 de cuivre et 4 d’étain. Il y avait encore des pièces de six liards, en alliage blanchâtre à des deux liards et des liards, en cuivre, monnaies à effigies généralement détruites, très-anciennes et dont la circulation impliquait de la part du public une extrême tolérance. Sous Charles X furent frappés des sous pour les colonies françaises, formés de 94 à 96 cuivre, 4 à 6 étain et 7^ à 77-77 de zinc. Un belle monnaie de billon, recherchée des numismates par la délicatesse des empreintes, était constituée par les monnerons ou médailles de confiance, faites à la fin du règne de Louis XVI et destinées à être échangées contre les assignats. Les monnerons contiennent 7^5- à de cuivre et 7^7 à 7-^ de zinc et d’étain, en proportions à peu près égales. Toutes ces monnaies ont été retirées en exécution de la loi du 19 avril 1852, promulguée le 6 mai, et remplacées par un alliage de billon contenant 95 cuivre, 4 étain, 1 zinc. Les pièces destinées à ne servir que de faible appoint n’ont pas la valeur intrinsèque selon le principe en usage dans divers pays et dont les sous de Monaco, à l’effigie d’Honoré V, avaient déjà donné un exemple. Le tableau suivant indique les conditions légales de la seule monnaie de billon actuellement reconnue en France :
DÉXOMISiTION