‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 118 sur 385 · BIP · texte numérisé non relu

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enfin

{x + ar=x'^ + max^-^ +

On peut remarquer qu’un coefficient de rang quelconque se forme au moyen du coefficient précèdent en le multipliant par l’exposant de x dans ce terme, et divisant par le nombre de termes qui précèdent celui que l’on considère.

A l’aide de cette loi, on développera sans peine une puissance quelconque. Ainsi, par exemple :

{x + a)S = j;o -f- bax'* + 1 Oa'^x^ + • 0a3x-2 -j- + a^.

Si l’on forme les coefficients des puissances successives d’un binôme et qu’on les écrive en colonnes verticales, à la suite les uns des autres, on obtient le tableau suivant,

1 3 6 10 lo 21 . . .

qui porte le nom de friangle arithmétiqve de Pascal et qui, une fois formé, pourra servir à faciliter la formation des puissances. La septième colonne, par exemple, donne immédiatement les coefficients du développement de (æ + a)®. Or, on voit aisément sur ce tableau qu’un terme quelconque se forme en ajoutant le terme correspondant de la colonne, verticale qui précède avec le terme qui est au-dessus.

Si l’on considère le tableau par bandes horizontales, on y trouve ce qu’on appelle les nombres figurés. La première ligne ne renferme que l’unité, la seconde les nombres naturels, la troisième les nombres dits triangulaires, la quatrième les nombres pyramidaux, etc. (voyez Combinaisons).

La formule générale de Newton a été gravée sur son tombeau à l’abbaye de Westminster comme une de ses plus grandes découvertes ou mieux comme synthétisant de la manière la plus simple le génie de ce grand mathématicien. E. R.

BIOLOGIE, du grec bios., vie, et logos., discours, c’està-dire science de la vie. — Envisagée de cette manière, qui paraît rationnelle, la biologie embrasse dans sa généralité la connaissance de tout ce qui a trait aux animaux et aux végétaux, aux êtres organisés en un mot. Quelques savants ont cru devoir donner à cette expression un sens plus restreint et n’en ont pour ainsi dire fait qu’une synonymie du mot physiologie générale, qui s’occuperait exclusivement de l’étude des actes manifestés par les êtres organisés. Cette manière de voir n’a pas paru logique à la majeure partie des naturalistes qui ont vu dans la création de ce mot une idée heureuse dont l’application réunissait dans un seul faisceau tout ce qui a rapport à l’étude et à la science de la vie.

BIOXYDE, deux fois oxyde. — Oxyde renfermant pour la même quantité de métal deux fois autant d’oxygène que le premier oxyde ou protoxyde (voyez Oxyde).

BIPÈDE (Zoologie), du latin bi-pes, à deux pieds. — On appelle de ce nom les animaux à deux pieds; l’homme est essentiellement bipède et ne se sert véritablement de ses pieds que pour marcher. Les oiseaux sont aussi bipèdes, mais il yen a quelques-uns pour lesquels ces membres sont en même temps des instruments de préhension.

Bipèdes. — Cuvier a donné ce nom à un petit genre de Reptiles sauriens, qui diffèrent des Scinques et des Seps en ce qu’ils manquent absolument de pieds de devant, leurs pieds de derrière seuls étant visibles; il n’y a qu’un pas d’eux aux Orvets. Il y en a une petite espèce du Cap (Anguis bipes. Lin. ; Lacerta bipes, Gmei. ), dont les pieds se terminent chacun par deux doigts inégaux. Le Brésil en produit une autre {Pygopus cariococca, Spix) verdâtre, avec quatre lignes longitudinales noirâtres.

Bipède. — En économie du bétail, on entend par bipède la réunion des deux pieds, soit de côté, soit de devant ou de derrière ou en diagonale; on dit le bipède antérieur pour les deux pieds de devant, etc.

BIPENNÉE (Botanique), deux fois pennée; — Terme de botanique qui s’applique aux feuilles composées dont les folioles sont rangées comme les barbes d’une plume (pennées) sur des pétioles secondaires attachés eux-mêmes sur un pétiole commun. Les feuilles du carvi, de la fumeterre, du févier monosperme, du mimosa julibrissin et d’une foule d’autres plantes de la classe des Légumineuses présentent cette disposition.

BIRMENSTORF (Médecine, Eaux minérales). — Source d’eaux minérales purgatives froides (sulfatées magnésiques) à 2 kilomètres de Bade, en Suisse (Argovie), à 20 kilomètres N.-O. de Zurich ; elles contiennent par litre : sulfate de magnésie, 146’’,30 ; sulfate de soude, 4^'‘,5.S ; sulfate de chaux, 0®’’,()7. Ces eaux minérales, par leur richesse en sulfate de magnésie, qui les place parmi les plus actives, peuvent être appelées à une grande vogue. Elles ne s’emploient que transportées.

BISAILLE (Économie rurale). — Voyez Pois gris, Farine.

BISANNUEL (Botanique). — On applique cette qualification aux plantes qui naissent et produisent des feuilles dans la première année, fructifient et meurent dans la seconde; exemple : plusieurs campanules, l’onagre ou oenothère bisannuelle, le bouillon blanc, etc. On les désigne par ce signe (j ou ®.

BISCAIEN. — Voyez Balles en fer.

BISCUIT (cuit deux fois). — Nom donné à du pain en forme de galette et passé au four deux ou un plus grand nombre de fois, afin qu’il soit d’une conservation plus prolongée.

C’est la nourriture ordinaire des marins dont la ration est de trois biscuits par jour; on en fait usage aussi quelquefois pour les armées de terre en campagne.

Le biscuit était connu des Romains et fut introduit dans l’alimentation des armées en campagne sous le règne des Antonins.

Biscuit de mer (Zoologie). — On désigne vulgairement sous ce nom une espèce de coquille ovale, épaisse, bombée, composée d’une infinité de lames calcaires trèsminces, parallèles, jointes ensemble par de petites colonnes creuses, qui y constituent des espèces de cellules ; cette coquille, à laquelle on a donné le nom d’o.? de la sèche; se. trouve dans l’épaisseur du dos de cet animal, auquel elle sert de soutien; on la rencontre plus ou moins développée, quelquefois seulement rudimentaire, dans la plupart des mollusques céphalopodes ; mais les plus grandes se trouvent dans la Sèche (Sepia, Lamk) ; elle est très-commune sur les bords de la mer; on s’en sert pour polir certains ouvrages et on la donne aux petits oiseaux en cage pour s’aiguiser le bec.

BISE. — Nom donné vulgairement au vent sec et froid qui souffle du nord-est. Dans le midi de la France et en Italie, on l’appelle tra montane (de tra, à travers; montana, montagne), parce qu’il passe au-dessus des Alpes ou des Apennins.

BISERRULE (Botanique) , Biserrula, Lin. , du latin bis, deux fois, et serrula, petite scie. — Genre de plantes de la famille des Papilionacées, tribu des Lotées, soustribu des Astragalinées. Caractères : calice campanulé à 5 divisions partagées en deux lèvres; étendard plus grand que les ailes et la carène; étamines diadelphes; ovaire sessile, multiovulé; gousse à 2 loges et dentées des deux côtés ; de là l’origine du nom générique. La B. commune {B. vulgaris, Lin.) est une herbe annuelle qui donne des fleurs pourpres et qui croît spontanément dans l’Europe méridionale.

BISET (Pigeon) (Zoologie). — Voyez Pigeon.

BISMUTH (Chimie) (Bi = 106). — Métal d’un blanc gris un peu rougeâtre, d’une structure lamelleuse, cristallisant en trémies pyramidales dérivées du cube et formant ainsi des cristaux très-grands et magnifiquement irrisés, ce qui tient à une très-mince couche d’oxyde qui se forme à leur surface. On obtient ces beaux cristaux < n faisant fondre plusieurs kilogrammes de bismuth bien pur, puis les laissant refroidir lentement. Dès qu’il s’est formé une légère croûte solide à la surface du bain, on la perce à l’aide d’un charbon rouge, on fait écouler la portion encore liquide du métal et on enlève la croûte avec précaution ; les parois du vase restent tapissées de cristaux d’une netteté parfaite. Mais la pureté complète du métal est indispensable au succès de l’opération.

Le bismuth a une densité égale à 9,8 ; il est cassant et se laisse facilement réduire en poudre, il fond à 264°, se ternit lentement à l’air humide, s’oxyde par le grillage, et si la chaleur est assez élevée, il brûle avec une flamme

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bleue en répandant des fumées jaunes. Il est peu attaquable par les acides même concentrés, à l’exception de l’acide nitrique qui le dissout assez rapidement. Comme la glace et quelques autres substances, il est plus dense à l’état liquide qu’à l’état solide ; il se dilate en se congelant.

Le bismuth métallique et pur est à peu près sans usages, mais il entre dans la composition de plusieurs alliages utilisés dans les arts ou l’industrie; il abaisse toujours d’une manière très-notable la température de fusion des métaux auxquels il s’allie. Avec le mercure, il forme un amalgame coulant employé à l’étamage des verres courbes.

Le bismuth se rencontre fréquemment à l’état natif ou métallique dans la nature; ses minerais sont, au contraire, très-rares ; son traitement métallurgique est donc des plus simples. La roche qui lui sert de gangue est concassée, triée et introduite dans des tuyaux en tôle ou en fonte disposés dans un four suivant une direction inclinée. Une température peu élevée fait couler le métal que l’on recueille dans des capsules chauffées et que l’on verse ensuite dans des moules. Les résidus de ce traitement sont ordinairement cobaltifères et servent à la préparation du verre de cobalt. Le métal ainsi obtenu contient du soufre, de l’arsenic et quelques métaux étrangers ; on le purifie en le fondant avec un dixième de son poids de nitre (azotate de potasse). Pour l’avoir chimiquement pur, il faut fondre dans un creuset de terre un mélange de sous-azotate de bismuth et de flux noir. Le bismuth peut s’unir à la plupart des métalloïdes.

Le bismuth était confondu parles anciens avec d’autres métaux analogues, étain, plomb. Ce n’est qu’au xvi* siècle qu’il a été distingué et décrit par Agricola.

Bismuth (Oxyde, sesquioxyde de) (Bi^O^). — A l’état anhydre^W est pulvérulent, jaune clair, fusible au rouge, et donne un verre jaune plus foncé attaquant avec une grande énergie les creusets de terre cuite. Sa densité est de 8,45. On l’obtient en brûlant le bismuth à l’air ou en décomposant le sous-azotate de bismuth par la chaleur.

A l’état Jiydraté, il est en poudre blanche et s’obtient en décomposant le sous-azotate de bismuth par un alcali. Si on le fait bouillir avec une dissolution de potasse, il perd son eau et se transforme en une poudre cristalline jaune qui est de l’oxyde anhydre.

Bismuth (Sous-oxyde de). — Poudre noire, de composition mal connue, se produisant quand on chauffe du bismuth à l’air à une température de 300“. A une température plus élevée, cet oxyde bvùle comme de l’amadou et se transforme alors en acide bismuthique (Bi-0^).

Bismuthique (Acide) (Bi^O^). — Poudre d’un rouge clair perdant une partie de son oxygène par l’action d’une température peu supérieure à luO" qui le transforme en oxyde salin (BiO^). On obtient cet acide soit en faisant passer un courant de chlore dans la potasse contenant de l’oxyde de bismuth en suspension, soit en chauffant longtemps au contact de. l’air un mélange de potasse et d’oxyde de bismuth additionné ou non d’un peu de chlorate de potasse dont la présence abrège la durée de l’opération.

Bismuth (Cheoiiure de) (BiT.U). — A l’état anhydre, il forme une poudre blanche facilement fusible, attirant promptement l’humidité et se transformant en un chlorure qui cristallise. On l’obtient anhydre soit en traitant directement le bismuth par un courant de chlore gazeux, soit en distillant dans une cornue un mélange de bismuth en poudre et de bichlorure de mercure. Le môme chlorure hydraté se prépare en dissolvant le bismuth dans l’eau régale et évaporant la liqueur.

Le chlorure de bismuth se dissout sans altération dans de l’eau chargée d’acide chlorhydrique ; dans l’eau pure en excès, il se décompose en partie; il se forme de l’acide chlorhydrique et un oxychlorure de bismuth (Bi^CU, Bi^O^,3HO) employé comme blanc de fard et appelé blanc de perle.

Bismuth (Sulfure de) (Bi^S^). — Composé gris doué d’un éclat métallique et présentant une cassure fibreuse. Il se rencontre tout formé dans la nature ou se prépare directement en fondant ensemble un mélange de soufre et de bismuth en poudre. Le sulfure artificiel est employé en médecine.

Bismuth (Sels de). — L’oxyde de bismuth (Bi^O'^) est une base faible, qui forme cependant avec plusieurs acides des seis susceptibles de cristalliser. On les reconnaît aux caractères suivants : généralement incolores, ils supportent mal le contact de l’eau quand ils y sont solubles (voyez

Chlorure et Nitrate). Leur dissolution peu étendue traitée par la potasse ou l’ammoniaque donne un précipité blanc d’oxyde hydraté de bismuth insoluble dans un excès d’alcali et devenant jaune par l’ébullition. Les carbonates alcalins donnent également un précipité blanc de carbonate à peu près complètement insoluble dans un excès d’alcali carbonaté ; l’hydrogène sulfuré et le sulfhydrate y donnent un précipité noir de sulfure insoluble ; le ferrocyanure, un précipité blanc l’iodure de potassium, un précipité brun noir ; le chromate de potasse un précipité jaune.

Enfin le bismuth n’est pas précipité de ses dissolutions par l’acide sulfurique, ce qui le distingue du plomb dont il se rapproche le plus.

Bismuth (Azotate ou Nitrate de). — Le seul des sels de bismuth qui présente quelque intérêt. L’azotate de bismuth, que l’on prépare en dissolvant le bismuth dans de l’acide nitrique, est décomposé par l’eau et y forme un précipité de sous-azotate dont la composition varie avec la proportion d’eau employée. Ce précipité blanc est appelé sous-nitrate de bismuth, magistère de bismuth et employé en médecine. On l’emploie aussi comme blanc de fard; mais comme il est très-impressionnable à l’action de l’hydrogène sulfuré, les personnes qui en font usage s’exposent à voir leur teint devenir blafard ou môme noir, et cette coloration ne disparaît que très-lentement avec l’épiderme ; d’ailleurs, l’emploi fréquent d’un pareil fard flétrit la peau et la vieillit avant le temps.

Bismuth (Sous-nitrate ou Sous-azotate de) (Matière médicale). — L’usage de ce médicament date du siècle dernier et son introduction dans la thérapeutique est due à Odier de Genève (178(1), cependant il était tombé dans l’oubli lorsque Bretonneau et le professeur Trousseau l’ont remis en honneur. La déconsidération qui l’avait frappé tenait probablement à ce que, lorsqu’il n’a pas été bien préparé, il contient une certaine quantité d’arsenic qui a pu donner lieu à quelques accidents (voyez Bismuth) ; mais lorsqu’il est pur, il est tout à fait innocent et peut môme être donné à des doses très-considérables, et d’après les indications de M. Monneret, nous avons pu en donner avec avantage jusqu’à une cuillerée à café et plus,. Il a surtout rendu des services dans les affections de l’estomac avec disposition à la diarrhée, dans les cholérines, dans le choléra ; dans les diarrhées des enfants débiles, surtout au moment du sevrage et dans les dentitions; il réussit aussi contre les spasmes, les crampes d’estomac, etc. La dose ordinaire de ce médicament varie de 1 à 3 ou 4 grammes donnés par moitié avant chaque repas.

BISON des anciens (Zoologie). — Voyez Aurochs.

Bison d’Amérique, Buffalo des Anglo- Américains , Bos americanus., Gm. ■ — Espèce de Mammifères ruminants du genre Bœuf, qu’on rencontre dans toutes les parties tempérées de l’Amérique septentrionale. On a

Fig. 317. — Bison d’Amérique.

dit, à tort, que c’était le môme que V Aurochs, ou tout au moins que c’étaient deux variétés dune môme espèce; mais il en diffère assez pour constituer une espèce à part, par le plus grand développement de sa crinière, parla plus grande longueur des apophyses épineuses des vertèbres dorsales, par sa couleur plus brune et surtout par l’existence de 15 paires de côtes, tandis que l’aurochs n’en a que 14 (voyez Aurochs). En admettant donc que l’aurochs soit le bison des anciens, ce qui paraît probable, il est certain qu’il existe en Amérique un animal appartenant au môme genre, auquel on a donné le nom de bison d’Amérique et qui constitue une espèce à part. Il

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