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a la tête osseuse très-semblable à celle de l’aurochs et couverte de môme, ainsi que le cou, d’une laine crépue qui devient fort longue en hiver; mais ses jambes et surtout sa queue sont plus courtes. Il produit avec nos vaches dans l’état de demi-domesticité. Les bisons sont d’un naturel farouche, surtout pendant le temps du rut et lorsqu’ils traversent en troupes innombrables les vastes plaines de l’Amérique pour aller chercher de nouveaux pâturages à dévorer. Cependant, pris isolément, ils ne sont pas très-redoutables, et toute la ville de New-York a pu voir, il y a une quarantaine d’années, le voyageur français Milbert faisait conduire par les rues de la ville, avec une simple corde, un bison qu’il envoyait baigner dans l’Hudson ; c’est le môme que les Parisiens ont vu plus tard au Jardin des Plantes. La viande de bison peut fournir une nourriture de bonne qualité ; les voyageurs vantent beaucoup, comme un mets délicieux, la bosse qu’il porte sur le garrot.

BISSECTRICE (Géométrie), du latin bis, deux fois; cnre, couper. — Ligne qui passe par le sommet d’un angle et partage celui-ci en deux parties égales.

Les principales propriétés géométriques de la bissectrice sont les suivantes :

La bissectrice de l’angle intérieur ou extérieur d’un triangle coupe le côté opposé en segments proportionnels aux côtés adjacents.

Les trois bissectrices des angles d’un triangle se coupent en un môme point qui est le centre du cercle inscrit dans le triangle, etc.

BISSEXTILE, du latin bis, deux ; sextilis, sixième. — Année de 366 jours ou comptant un jour de plus que l’année ordinaire. Dans la réforme julienne opérée dans le calendrier romain par Jules César, 47 ans avant J.-C., ce jour intercalaire se plaçait 6 jours avant les calendes de mars et s’appelait bissexto calendas, d’où le nom d’année bissextile. Dans le calendrier grégorien, toutes les années dont le millésime est divisible par 4 sont bissextiles, à l’exception des années séculaires dont les centaines ne forment pas un nombre divisible par 4. Ainsi l’année 1900 ne sera pas bissextile, 2000 le sera (voyez Calendrier).

BISTORTE (Botanique), Bistorta, du latin bis, deux fois, et tortm, tordu, à cause des racines entrelacées de la plante. — Espèce du genre Remuée, famille, des \Polygonées. La Bistorte [Polygonum bistorta. Lin.) présente un rhizome épais, replié sur lui-môme plusieurs fois. Ses feuilles sont ovales-lancéolées. Ses fleurs, disposées en une sorte d’épi, sont purpurines. Elle est indigène, et habite spécialement les prairies et les pâturages des endroits montagneux. Sa racine, très-astringente, contient du tannin et de l’acide gallique ainsi qu’une matière tinctoriale. Les feuilles de cette plante se mangent quelquefois comme les épinards. G — s.

BISTOURI (Chirurgie). — Le savant Huet prétend que ce mot vient de la ville de Pistoria, aujourd’hui Pistoie, en Toscane, où était la meilleure fabrique de ces instruments. Le bistouri est une espèce de petit couteau trèssouvent employé en chirurgie soit pour pratiquer les petites opérations telles que ponctions, ouvertures d’abcès, incisions, etc., soit dans presque toutes les grandes opérations, où son usage est réclamé à chaque instant. Cet instrument se compose d’une lame de 0™,06 à 0“,08 de longueur, montée sur un manche. Ordinairement, cette lame est mobile et se ferme entre les deux châsses du manche ; lorsqu’elle est ouverte, elle est retenue au moyen d’un ressort ou d’un autre mécanisme plus ou moins ingénieux. Dans tous les cas, le chirurgien devra choisir celui qui maintiendra le mieux l’instrument ouvert ; ceci est un point important pour la manœuvre des opérations : c’est pour éviter cet inconvénient qu’on a imaginé des bistouris à lames dormantes, c’est-à-dire fixées sur le manche, de véritables scalpels (voyez ce mot). Mais ils ont l’inconvénient de ne pouvoir entrer dans une trousse (voyez ce mot), que le chirurgien doit toujours porter sur lui. La forme de la lame est la partie la plus importante de la construction d’un bistouri ; elle est généralement droite, pointue et pyramidale, c’est le bistouri ordinaire. Elle peut être convexe par le tranchant; on s’en sert pour faire des incisions sans ponction ; c’est avec ce bistouri que Dupuytren débridait dans la hernie crurale ; cette forme de bistouri est peut-être la plus utile, et à l’exception des cas où on doit commencer par une ponction, il n’y en a pas où il ne mérite la préférence. La lame peut avoir son tranchant sur le bord concave, c’est le bistouri de Pott, auquel Astley Cooper a fait subir une modification heureuse; la partie tranchante commerce

à 0"’,012 ou 0"',013 de la pointe et n’a que 0™,015 à 0'",0I8 d’étendue; elle servait aussi pour le débridemcnt dans les hernies (voyez Débribement, Hernie, Kélotomie). En général, tous ces bistouris sont boutonnés, c’està-dire que la pointe est remplacée par un renflement ou bouton, à la manière des fleurets boutonnés ; les bistouris droits le sont aussi très-souvent. Le bistouri royal était à lame étroite courbe, à tranchant concave, terminé par un stylet boutonné ; c’est celui dont se servit Félix pour pratiquer l’opération de la fistule à l’anus à Louis XIV. Il y a encore le bistouri gastrique dont se servait Morand pour dilater les plaies du bas-ventre; le lithotorne (voyez ce mot), etc.

BISTRE. — Couleur brune que l’on emploie de la môme manière que la sépia et Yencre de Chine, à l’eau, et jamais à l’huile. On la prépare avec la suie de bois, particulièrement de hêtre. La suie broyée, passée au tamis, est lavée à l’eau froide, puis à l’eau chaude pour en extraire les sels solubles et incorporée avec un peu de gomme pour lui donner du liant.

BISULFATE (Chimie), Sulfate acide. — Sulfate contenant pour une même quantité de base une quantité d’acide double de celle qui entre dans la composition des sulfates neutres, tels que le sulfate de chaux ou plâtre (voyez Sulfate).

BISULFURE d’hydrogène (Chimie), Acide sulfhydrique sulfuré. — Composé de soufre et d’hydrogène (HS-) correspondant à l’eau oxygénée (HO^) et renfermant, pour la même quantité d’hydrogène, le double de la quantité de soufre qui entre dans la composition de l’acide sulfhydrique ou protosuif are d'hydrogène. C’est un liquide oléagineux jaunâtre très-peu stable que l’on obtient en versant une dissolution de polysulfure de calcium ou de potassium dans de l’acide chlorhydrique.

Il se décompose promptement au contact de l’eau pute et de l’air en soufre et acide sulfhydrique (voyez Sülfhydrique).

BITESTACÉS (Zoologie), du latin bis, deux fois, et testa, coquille. — Quelques naturalistes ont donné ce nom aux crustacés de l’ordre des Branchiopodes , dont le test est formé de deux pièces ou valves comme celles de la coquille, d’une moule, c’est ce qui a lieu dans les Cypris, ou bien encore lorsque ce test est plié en deux sans charnière, comme dans les Daphnies.

BIT-NOBEN (Médecine). — C’est le nom que donnent les Indous à une préparation dont la composition nous est complètement inconnue, et dont ils font un usage fréquent. C’est une substance blanche, saline ; ils la regardent comme un spécifique dans les obstructions du foie et de la rate, et presque dans toutes les maladies chroniques.

BITUME, Asphalte. — Substance minérale noire ou brune, d’une composition mal définie, formée de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, comme les matières végétales dont elle est originaire, et toujours mélangée avec du sable et du calcaire. On le sépare de ces dernières substances par l’eau bouillante, et il porte alors le nom de brai gras, qu’il, ne faut pas confondre avec le brai, résidu delà distillation du goudron. Sa cassure est brillante, analogue à celle de la poix, d’où le nom de poix minérale qui lui est quelquefois donné ; sa densité varie de 1,07 à 1,16; il fond à 100", s’enflamme aisément et brûle avec vivacité en répandant beaucoup de fumée. Chauffé à 280", il donne une huile volatile particulière, appelée par M. Boussingaultpe/ro^ène (C'^®H^2)^ un peu d’eau, une petite quantité de gaz combustibles, des traces d’ammoniaque et un résidu charbonneux renfermant, outre le charbon, l’asphaltène (C^^^H^^O^), et une très-petite quantité de substances minérales, silice, alumine, chaux, oxydes de fer, de manganèse, etc.

Le bitume a été employé dès la plus haute antiquité à la confection de ciments d’une grande dureté ; on le rencontre à cet état dans les vestiges de la tour de Babel.

Il entre dans la composition des vernis noirs, appelés vernis du Japon, qui servent à couvrir les boîtes à thé. On prépare un vernis très-beau en dissolvant 12 parties de succin fondu, 2 parties de résine, 2 parties de bitume .. dans 6 parties d’huile de lin siccative et 12 parties d’essence de térébenthine.

Les gisements de bitume sont très-nombreux ; le plus anciennement connu est le lac Asphaltite ou mer Morte (Judée), qui en contient des quantités immenses que les flots rejettent sur le rivage, et qui constituent la plus grande partie du bitume livré au commerce. Le plus remarquable est le lac de Poix, qui en est rempli, dans l’île de la Trinité (Antilles); ce bassin, situé au point cul-

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minant de l’ilc, et d’où s’cxlialc à 16 ou IG kilomètres à la ronde une odeur extrêmement forte, a 5 kilomètres de tour et est entièrement rempli d’un bitume solide à une profondeur inconnue. On rencontre également un bitume noir, très- fusible et mou, à Aniches (département du Nord), à Lobsann (Bas-Rhin), à Seyssel (Ain), au Puitsde-la-poix (Puy-de-Dôme). Dans ces localités, près du gisement de bitume proprement dit, se trouve un calcaire poreux imprégné de bitume qu’on exploite à part, qu’on laisse sécher, qu’on pulvérise et qu’on mélange intimement avecun cinquième de son poidsde bitume fondu. La matière est ensuite coulée dans des moules rectangulaires en pains, qui sont livrés au commerce et employés ];our la confection des trottoirs en asphalte. A cet effet, le bitume fondu est mélangé avec la plus forte proportion possible de sable, et coulé en plaques minces sur une aire plane et sablée, où il est étalé au moyen de pelles en bois après avoir été recouvert de sable fin. Le bitume est quelquefois remplacé par le goudron provenant de la distillation de la houille, et rendu suffisamment résistant par l’adjonction de matières calcaires ou sableuses.

BIVALVES (Zoologie), du latin bis, deux fois, et valvœ, portes. — On a donné ce nom aux coquillages composés de deux pièces nommées valves ou battants, jointes ensemble par un ligament et une charnière. Les coquilles bivalves peuvent être équiva/ves, c’est-à-dire composées de valves égales, ou inéquivalves lorsqu’elles sont inégales. Les animaux qui vivent dans ces coquilles sont des Mollusques qui appartiennent à la classe des Acéphales (voyez Mollusques, Acéphales).

BIXA (Botanique), Lin., nom américain adopté par les botanistes. — Genre de plantes, type de la famille des Bixacées, et plus connu sous le nom vulgaire de liocou (voyez ce mot). G — s.

BIXAGÉES, Kunth, ou Bixinées (Botanique). — Petite famille de plantes Dicotylédones dialypétales, nommée Flacourtianées par L. Richard. Elle comprend des herbes et des arbrisseaux à feuilles alternes, simples et accompagnées de stipules géminées, très-caduques; étamines indéfinies, hypogynes; ovaire à 1 loge; fruit capsulaire ou charnu, à plusieurs graines. Les Bixacées, qui sont rangées entre les Gistinées et les Ternstrœmiacées, dans la classification de M. Brongniart, habitent les régions tropicales du globe, et plus particulièrement celles de l’Amérique et de l’Afrique. On les trouve en abondance à l’île Maurice. Genres principaux : Rocou {Bixa, Lin.), Rnmontchi (Flacourtia, L’Hérit.), etc. (voyez Rocou). — Consultez : Kunth, Nov. yen. amer., V, p. 331 ; — de Candolle, Prodromus,\, p. 269. G — s.

BLACK-DROPS (Matière médicale), mots anglais qui signifient gouttes noires. — C’est un médicament fort usité en Angleterre ; il se prépare de diverses manières, qui se réduisent toutes au mélange de l’opium avec un acide végétal, tels que les acides citrique, malique, etc. Pelletier a proposé de les imiter avec une solution aqueuse de suc de réglisse et une quantité déterminée d’acétate de morphine. Les médecins qui les prescrivent prétendent qu’elles n’irritent pas Lestomac, qu’elles ne causent pas de vertiges, de nausées ; enfin qu’elles n’ont pas les propriétés excitantes de l’opium.

BLAIREAU (Zoologie), Meles, Storr. ; Taxus, Geoflf. — Genre de Mammifères carnassiers plantigrades , que Linné plaçait dans le genre des Ours, et qui en a été détaché avec raison pour en former un à part, à côté des Gloutons. Ce sont des animaux grands comme un chien de taille moyenne, bas sur jambes, et ayant la physionomie du mâtin. Le blaireau a les yeux très-petits; à chaque pied, cinq doigts armés d’ongles forts et crochus; sa tête est blanche, excepté le dessous de la mâchoire inférieure, et deux taches noires qui commencent au museau pour aller se terminer derrière l’œil; la plus grande partie du corps est noire ou d’un gris roussàtre ; les côtés, la queue et les alentours de l’anus sont d’un blanc sale. Il porte, entre l’anus et la queue, une poche d’où suinte une matière grasse, très-fétide. 11 a six dents incisives à chaque mâchoire et deux canines ; cinq molaires à la mâchoire supérieure et six à la mâchoire inférieure; la composition et la disposition de ces dents indiquent que le blaireau se nourrit à la fois de fruits et de viande. C’est un animal solitaire; il se creuse avec ses ongles un terrier oblique et tortueux, où il passe la plus grande partie de sa vie, et d’où il ne sort que la nuit pour chercher de la nourriture, ou une femelle dans le temps du rut. Il vit de miel, de fruits, do petits quadrupèdes. La femelle met bas trois ou quatre petits

auxquels elle a préparé un lit d’herbes et de mousse au lond de son terrier, qui, du reste, est toujours tenu très-proprement. Le blaireau est un animal paresseux, défiant, rusé, et qui pourtant s’apprivoise assez facilement. Sa chair est mangeable, et on fait avec sa peau des fourrures grossières, des colliers pour les chiens, et avec son poil des brosses pour les peintres en bâtiments et pour la barbe; sa peau est aussi employée par les bourreliers.

La chasse au blaireau se fait au fusil et avec l’aide d’un chien basset qui s’introduit dans son terrier comme pour le renard; celui-ci, du reste, s’empare souvent de celui du pauvre blaireau qu’il en chasse impitoyablement.

Le genre Blaireau ne renferme véritablement qu’une espèce : le B. d'Europe (Ursus meles. Lin. ; Meles taxas, Schreb.), vulgairement Taisson. Il est grisâtre en dessus, noir en dessous, une bande noirâtre de chaque côté de la tète. Il existe une variété dont quelques naturalistes ont voulu faire une espèce, c’est le B. d’ Amérique {Meles hudsonius), qui n’en diffère pas beaucoup.

BLANC (Pathologie végétale). — On appelle vulgairement blanc ou meunier une maladie des végétaux dans laquelle ils sont recouverts dans une étendue plus ou moins considérable d’une couche de poussière blanche, comme s’ils avaient été saupoudrés avec de la farine; examinée au microscope, cette poussière, présente une multitude de petits champignons du genre très-

voisin du genre Oïdium (voyez ce mot). C’est principalement sur les feuilles qu’on a observé le blanc; il peut attaquer les deux surfaces, mais plus souvent la supérieure ; plusieurs moyens ont été proposés pour guérir cette maladie, et aucun de ceux qui ont été conseillés n’a donné des résultats aussi avantageux que le soufrage, qui a pour effet de détruire le petit champignon, cause apparente de la maladie ; nous disons apparente, parce qu’il est probable que le champignon ne pullule que sur des végétaux déjà malades, et qui lui offrent toutes les conditions favorables à son développement. Et en effet, il y a cinquante ans, bien avant qu’il fût question de ces champignons parasites qui sont aujourd’hui la terreur de l’agriculture, Mirbel avait observé que les arbres que l’on rogne, que l'on pince, ou qui sont couverts de mousse, de chicots, de chancres, etc., y sont plus sujets que les autres.

Blanc de champignon (Botanique). — Espèce de filaments blanchâtres, feutrés, qui constituent la plante du champignon de couches. Agaric comestible (A. edulis), on les trouve dans le fumier qui a servi à la culture des champignons. C’est avec lui que l’on prépare les couches destinées à le reproduire, et il a la propriété de revivre après avoir été conservé à sec pendant plusieurs années. Le meilleur est celui qui se trouve dans les couches qui n’ont pas porté fruit ; on l’appelle blanc vierge. On en trouve encore quelquefois de bon quand on défait les couches à melons (voyez Champignons). G — s.

Blanc d’argent. — Géruse ou blanc de plomb, de qualité supérieure (voyez Blanc de plomb).

Blanc de baleine, Sperma ceti. — Substance blanche à texture cristalline, sans odeur, fusible à h 9®, et se figeant en une masse à larges lames entre-croisées. Elle est insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool bouillant, les essences et l’éther. Purifiée par l’alcool, elle prend le nom de cétine, et sa formule chimique est G®^H®*0'*. C’est une substance combustible , brûlant avec une belle flamme; aussi l’emploie-t-on à la confection des bougies deluxe (voyez Bougies).

Les vastes cavités de la tête du cachalot [physefer macrocephalus) sont remplies d’une huile qui tient en dissolution le spermaceti ; cette matière s’en sépare sous forme cristalline après la mort de l’animal. Quelques autres animaux marins contribuent, avec je cachalot, à nous fournir le blanc de baleine ; mais la baleine n’en donne pas, contrairement à ce que semblerait indiquer le nom donné par erreur à cette substance (voyez Cachalot).

L’importation annuelle du blanc de baleine est de 160 000 kil. environ. Il est presque entièrement employé à la confection des bougies.

Blanc de céruse. — Voyez Géruse.

Blanc d’Espagne. — Argile blanche, très-fine, purifiée par lavage, puis moulée, après dépôt, en pains qu’on sèche à l'air.

Blanc de fard. Sous-azotate ou sous-nitrafe de bismuth (voyez Bismuth).

Blanc de Hambourg, de Hollande, de Venise. — •

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Blanc de plomb, plus ou moins mélangé de sulfate de baryte, employé en peinture (voyez Cérüse).

Blanc de Mecdon. — Craie ou carbonate de chaux très-pur. On le prépare pour Paris, à Bougival, en broyant la craie, la lavant avec soin , recueillant les eaux de lavage après quelques instants de repos pendant lesquels se séparent les grains de sable, puis laissant déposer et moulant la matière en pains qu’on fait sécher à l’air.

Blanc de plomb (Céruse). — Voyez ce mot.

Blanc de zinc. — Oxyde de zinc que l’on obtient en brûlant du zinc au contact de l’air. Il présente ce double avantage de ne pas noircir au contact de l’acide sulfhydrique, comme le fait le blanc de plomb, et d’être presque sans aucune action fâcheuse sur l’économie, tandis que le blanc de plomb est très-vénéneux et occasionne souvent chez les ouvriers qui l’emploient la terrible maladie appelée colique des 'peintres. Déjà, à la fin du siècle dernier, Guyton de Morveau, préoccupé du sort des nombreuses victimes de l’emploi du plomb dans la peinture et la fabrique des papiers peints, avait préconisé l’oxyde blanc de zinc; mais, d’une part, le prix de cette substance était trop élevé, et, d’une autre, on restait encore dans l’obligation de faire usage de siccatifs lithargyrisés., dans la composition desquels entre le plomb, de sorte que le problème n’était que très-imparfaitement résolu. M. Leclaire a repris cette question, et les couleurs qui sont livrées au commerce par son procédé, outre qu’elles sont à peu près complètement inofiénsives, peuvent encore lutter sans trop de désavantage, au point de vue de l’économie de l’emploi, avec les couleurs anciennes, bien que plusieurs peintres reprochent encore au blanc de zinc de couvrir moins bien que le blanc de plomb quand il n’a pas été assez fortement calciné.

Le blanc de zinc se prépare le plus ordinairement avec le métal dans des appareils analogues, soit aux tours servant à la préparation du zinc métallique (voyez Zinc), soit aux fours montés pour la fabrication du gaz d’éclairage (voyez Éclairage). Les moufles ou cornues sont portées au rouge vif, puis on y introduit une charge de zinc ; le métal fond rapidement, puis distille, et les vapeurs qu’il fournit sont brûlées, à leur sortie de l’appareil, dans un courant d’air déterminé par une cheminée d’appel ou un ventilateur. Cette opération pourrait évidemment être produite dans les usines mêmes où on extrait le zinc de son minerai. En dehors de son application à la peinture, le blanc de zinc peut encore être substitué au minium (oxyde salin de plomb) dans la fabrication des cristaux. Comme les silicates de zinc sont moins fusibles que ceux à base de plomb, il faut ajouter de l’acide borique à la matière fondue. On obtient ainsi de très-beaux cristaux.

BLANCHARD (Le) (Zoologie), Falco albescens, Shaw. — Levaillant a désigné sous ce nom un oisenu de proie., du genre Aigle autour [Morplmus., Cuv.). Il a le plumage blanchâtre, une huppe sur l’occiput, le bec bleuâtre et les plumes soyeuses. C’est un oiseau vorace et belliqueux ; il habite les forêts de l’intérieur dans le voisinage du cap de Bonne-Espérance.

BLANCHIMENT (Chimie appliquée). — Opération plus ou moins compliquée dont l’objet est d’enlever aux matières textiles : coton, chanvre, lin, laine, soie... brutes ou tissées, les substances étrangères qui les colorent ou qui pourraient avoir une influence préjudiciable sur les opérations ultérieures de teinture. Chaque espèce de matière textile est soumise à des procédés particuliers de blanchiment appropriés à sa nature et à sa destination ; ces procédés ont cependant un fonds commun, qui varie seulement suivant que la matière est d’origine végétale ou animale.

I- — Parmi les matières végétales, le lin, le clianvre et le coton sont les plus généralement employés en Europe. Leur substance colorante est insoluble, mais, en se combinant avec l’oxygène, elle devient soluble dans les alcalis étendus, et peut être entraînée par le lessivage. Le plus ancien procédé suivi à leur égard consiste à les étendre sur un pré exposé au soleil, et dont l’herbe soit assez longue pour que l’air puisse circuler librement sur les deux faces du tissu entretenu dans un état d’humidité constante. Sous l’influence simultanée de l’air, de l’eau et de la lumière, la matière colorante s’oxyde peu à peu, puis on lessive. L’exposition au pré et le lessivage doivent être répétés plusieurs fois pour arriver à une suffisante blancheur du tissu, ce qui entraîne de grandes pertes de temps et exige des espaces considéra-

bles. On accélère beaucoup le blanchiment en exposant le tissu à l’action du chlore dissous, ou mieux de l’/t//pochlorite de chaux (voyez Chlore). Le chlore agit dans ce cas comme un oxydant énergique ; mais, pour qu’il n’attaque pas le tissu lui-même, il doit être manié avec précaution, et surtout l’étoffe doit être lavée avec le plus grand soin après l’action du chlore.

Blanchiment d,u coton. — Les étofles de coton, en sortant des ateliers de tissage, sont imprégnées : 1" d’une matière résineuse inhérente aux filaments du coton ; 2" de la matière colorante propre à ce végétal ; 3" du parou ou parement du tisserand, composé de matières farineuses qu’on laisse ordinairement fermenter avant de les employer, et qui ont pour but de faciliter le glissement et d’augmenter la solidité des fils pendant l’opération du tissage; 4" d’une matière grasse avec laquelle le tisserand assouplit les fils quand le parou est trop sec; 6" d’un savon cuivreux résultant de l’action de la matière grasse sur les dents de cuivre des peignes employés au tissage; G" de saletés provenant des mains des ouvriers; 7" d’oxydes de fer, de quelques substances terreuses et de poussière. Pour enlever parmi toutes ces substances celles qui sont solubles dans l’eau, on commence par faire tremper les tissus dans ce liquide bouillant ; on les lave ensuite par un procédé mécanique, généralement au moyen de la 'roue a laver (voyez Lavage). Ce lavage est d’une grande importance pour les opérations ultérieures du blanchiment et doit être répété plusieurs fois, surtout en hiver, où il devient plus difficile. Dans ces deux opérations , le tissu perd environ 16 p. 100 de son poids, tandis que dans les opérations suivantes il n’en perdra plus guère que 0,4p. lOO.

Au sortir de la roue à laver, on fait bouillir l’étoffe avec un lait de chaux qui dissout le parou et forme avec les matières grasses un savon calcaire, que le tissu retient à sa surface. Ce savon, ainsi que le savon cuivreux, et la partie des matières colorantes qui s’est déjà oxydée dans les opérations précédentes, sont enlevés par une lessive alcaline faible, marquant tout au plus 1,25 à l’aréomètre.

A ces opérations succède l’exposition au pré ou, plus ordinairement, un traitement à l’hypochlorite de chaux en dissolution marquant au plus 2”, et que l’on maintient à une température de 30" environ au moyen d’un courant de vapeur d’eau ; traitement que l’on fait suivre d’une immersion dans de l’acide sulfurique ou chlorhydrique étendu. Les matières colorantes oxydées par le chlore sont enlevées par une dernière lessive alcaline, que l’on fait suivre d’une dernière immersion dans l’eau acidulée, et on finit par un bain de savon et un rinçage. L’action du chlore doit être ti’ès-ménagée, et il vaut mieux la répéter plusieurs fois que de la mener trop rapidement. Les tissus doivent également être lavés à grande eau et avec le plus grand soin, pour leur enlever l’alcali ou l’acide qu’ils pourraient retenir entre leurs fibres et qui les altéreraient à la longue ; mais quand ces opérations sont bien conduites elles, ne diminuent en rien la résistance des tissus.

Blanchiment du lin et du chanvre. — Les opérations sont en général les mêmes que pour le coton ; toutefois leur nombre est plus considérable, parce que la quantité du principe colorant à faire disparaître est beaucoup plus grande. Dans les bonnes blanchisseries françaises, on fait succéder jusqu’à douze lessivages à autant d’expositions sur le pré ; on passe deux fois au chlorure de chaux et à l’acide sulfurique étendu, puis on lave au savon noir, et ensuite à l’eau pure.

Toutefois, nous devons ajouter que le traitement que nous venons d’indiquer d’une manière générale subit, de la part de chaque blanchisseur, de nombreuses modifications qu’il serait impossible de préciser ; mais, quel que soit le procédé adopté, le blanchissage est toujours suivi d’un apprêtage (voyez Calandre).

II. — Les matières textiles, d’origine animale, telles que la laine et la soie, ne supporteraient pas l’action du chlore. On substitue à cet agent l’acide sulfureux.

Blanchiment de la soie. — La soie brute ou écrue., telle qu’elle vient du cocon, est blanche ou jaune, et recouverte d’un vernis qui lui donne de la roideur et une sorte d’élasticité. La plupart des usages auxquels on la destine exigent qu’on la dépouille de cet enduit natui’el par une série d’opérations qui constituent le décreusage et qui comprennent le dégommage, la cuite et le blanchiment.

Le dégommage s’opère en maintenant pendant une

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demi-heure la soie en échcveaiix, supportée par des bâtons appelés lisoires, dans un bain de savon chauffé à 95”, et contenant pour 10 kil. de soie, 3 kil. de savon et 260 kil. d’eau.

Au sortir de ce bain, la soie est introduite dans des 'poches, sortes de sacs en gros canevas, et plongée dans un bain savonneux, moins chargé de savon, et où on la fait bouillir une heure et demie. C’est ce que l’on nomme la cuite.

Enfin, la soie est transportée de nouveau dans un bain chauffé à Oô», et contenant de 700 à 760 grammes de savon blanc de Marseille par 300 kil. d’eau, et une trèspetite quantité de rocou ou d’indigo fin, suivant la nuance du blanc que l’on veut obtenir. Quand la soie est destinée à rester blanche, on la transporte au soufroir où elle subit l’action de l’acide sulfureux.

Les soies destinées à la fabrication des blondes et des gazes, devant conserver leur roideur naturelle, ne sont pas soumises à ce décreusage. On choisit à cet effet les soies écrues les plus blanches, on les fait tremper et on les rince dans de l’eau claire ou dans une très-légère dissolution de savon, on les tord, on les soufre et on les azuré. Les Chinois, pour obtenir leurs plus belles soies blanches, n’emploient pas le savon, qu’ils remplacent par de la farine, du sel marin et une espèce particulière de fèves blanches, très-petites.

Blanchiment de la laine. — La laine est recouverte aussi d’un enduit particulier, qu’on nomme suint, mélange de matières solubles dans l’eau et de matières grasses, d’autant plus abondant que la laine est plus belle. Le désuintage peut s’effectuer en partie par de simples lavages effectués sur le dos de l’animal. On appelle laine lavée au dos celle qui a été ainsi traitée, et laine surge celle qui provient d’animaux non lavés. Dans l’un et l’autre cas, on ne peut compléter le désuintage que par l’action de l’eau mêlée d’urine putréfiée, ce qui revient à dire dans de l’eau ammoniacale. Les laines surge et lavée sont traitées concurremment. A cet effet, on plonge pendant dix minutes 3 ou 4 kil. de laine surge dans un bain chauffé à 66®, composé de 300 litres d’eau et de 76 d’urine putréfiée ; on répète cette opération jusqu’à ce qu’on ait fait passer 40 kil. de laine; on ajoute alors au bain 6 à 7 kil. d’urine putréfiée, et l’on y passe en deux fois 90 kil. de laine lavée, après quoi on ajoute une nouvelle dose de 6 à 7 kil. d’urine, et on y lave 20 kil. de laine surge. Le désuintage a lieu dans ces conditions, et par le carbonate d’ammoniaque de l’urine putréfiée, et par les matières savonneuses abandonnées par la laine. La perte de poids est, dans cette opération, de 45 p. 100 pour les belles laines et de 36 p. 100 pour les laines communes.

Après le désuintage, les laines sont soumises au lavage en rivière dans des paniers d’osier; celles qui doivent rester blanches sont soumises à l’action do l’acide sulfureux ; toutefois, cette dernière opération donne un produit plus blanc quand elle a lieu sur la laine filée. La laine soufrée est devenue rude au toucher; on lui rend sa souplesse par des immersions réitérées dans de l’eau de chaux, suivies de lavages à l’eau pure.

BLANCHISSAGE ou Nettoyage du linge (Économie domestique). — Cette opération si importante, et qui constitue, même pour les ménages aisés, un article de dépense assez considérable, est généralement exécutée d’une manière grossière, amenant rapidement la destruction du linge le plus solide.

Le blanchissage comprend neuf opérations principales, qui sont :

r Le triage ayant pour but de distribuer le linge à blanchir en plusieurs tas, suivant son degré de finesse ou de malpropreté.

2® Le trempage ou première imbibition d’eau froide, que l’on fait ordinairement subir au linge dans des baquets.

3® V essangeage ou premier lavage du linge dans de l’eau froide, pour enlever tout ce qui peut être dissous ou entraîné par l’eau. Cette opération se fait en tordant et battant brutalement le linge avec des battoirs en bois, ce qui le fatigue beaucoup.

4" Le coulage, qui consiste à faire passer au travers du linge entassé dans un tonneau une dissolution alcaline de soude ou de potasse obtenue au moyen des soudes du commerce, ou par l’emploi des cendres de bois. C’est l’opération la plus importante du blanchissage domestique. Elle se fait ordinairement dans un cuvier en bois, percé en son fond d’une ouverture à moitié bouchée par de la paille. Quand le cuvier est plein presque

jusqu’au bord de linge mouillé, on étend à la surface de celui-ci une forte toile appelée charrier, sur laquelle on étend une épaisse couche de cendre de bois. On verse également à la surface de ces cendres, de l’eau que l’on chauffe graduellement jusqu’à la fin de l’opération. L’eau traverse les cendres dont elle dissout la potasse, filtre au travers du linge, s’écoule par l’ouverture du cuvier et est recueillie dans un cuvier plus petit, d’où on la retire à mesure pour la verser dans la chaudière. Cette eau, chargée de carbonate de potasse, et entraînant peu à peu avec elle les impuretés du linge qui lui communiquent une teinte plus ou moins brune, s’appelle eau de lessive ou lessive. Cette opération peut durer une journée tout entière.

6” Savonnage. — Après le coulage, le linge est repris pièce à pièce et savonné, frotté, battu, tordu, pour achever d’enlever les impuretés qui auraient échappé aux opérations précédentes, et comme cette opération ne marche pas assez vite, les blanchisseuses l’abrègent en frottant le linge avec des brosses, à l’action desquelles il ne résiste guère longtemps.

6® Rinçage. — Complément du savonnage pour enlever le savon, et qui s’applique ordinairement au gros linge dès sa sortie du cuvier sans passer par le savonnage.

7® Egouttage,

8° Séchage.

9® Enfin, étirage, repassage, pliage.

Depuis longtemps on emploie dans toute la Belgique flamande et sur notre frontière du nord des lavandières, appareils généralement très-simples, dans lesquelles le linge est soumis à une agitation régulière, qui en opère le lavage avec rapidité et sans fatigue pour lui. En remplaçant l’eau pure par de l’éau de savon chaude, on opère de même un savonnage qui peut tenir lieu du coulage et du savonnage ordinaires. Une lavandière semblable figurait à l’exposition de 1865. Elle se compose d’une caisse en bois, doublée de zinc intérieurement, dans laquelle plonge verticalement un cadre en bois dont la traverse inférieure est formée de deux règles entre lesquelles on pince le linge, et qui peut recevoir d’un balancier ou d’une manivelle un mouvement plus ou moins rapide d’oscillation verticale. En versant de l’eau de savon dans la caisse et y introduisant 100 ou 200 boules de bois, et agitant le linge au moyen de son cadre, le nettoyage se fait rapidement.

L’égouttage se fait également avec une extrême rapidité au moyen des appareils à force centrifuge (V. Séchaue).

Quant au coulage, l’appareil le plus parlait pour le produire est encore celui de M. René Duvoir, qui a été adopté dans plusieurs établissements publics ou blanchisseries particulières, et dont notre gravure figure une coupe verticale.

En B [fig. 318) est une chaudière en cuivre dont le couvercle est maintenu exactement fermé au moyen d’une vis de pression. Sur ce couvercle est disposée une soupape à flotteur O qui s’ouvre d’elle-même quand le liquide est des cendu au-dessous d’un certain niveau dans la chaudière. En G est un cuvier dont les douves en bois de chêne sont maintenues réunies par des cercles en fer, et que l’on peut fermer par un couvercle en cuivre mobile au moyen d’une corde et d’une poulie. A une petite distance du fond de ce tonneau est disposé un faux fond I en forme de grille en bois supportée par des tasseaux, de manière à ménager au-dessous d’elle un espace où la lessive puisse se réunir. C’est sur cette grille ou faux fond qu’on entasse le linge après l’essangeage. La chaudière et le cuvier sont réunis : 1° par un tuyau H qui vient déboucher au fond du tonneau et qui se ferme au moyen d’une soupape d s’ouvrant de haut en bas ; 2® par un second tuyau plus long F s’élevant jusqu'au sommet du cuvier. La marche de cet appareil est simple, a lieu d’elle-môme et n’exige presque aucune surveillance. On met le sel de soude ou de potasse au fond du cuvier, et on y verse de l’eau jusqu’à ce que la chaudière soit remplie, et que le niveau du liquide soit arrivé à la hauteur de la grille supportant le linge. Le cuvier étant chargé, on chauffe. La pression de la vapeur d’eau dans la chaudière force cette eau à monter par le tuyau A et à se déverser en nappe circulaire sur le linge. Mais pendant ce temps la chaudière se vide, sa soupape s’ouvre. La vapeur ayant une issue, sa pression sur l’eau et l’expulsion de celle-ci cessent aussitôt. C’est alors au tour de la soupape du petit tuyau d de s’ouvrir; la lessive qui a traversé le linge se rend dans la chaudière qui se remplit et dont la soupape se ferme, et le môme effet se reproduit. L’emploi de cet appareil donne économie de main-d’œuvre, de chauf-

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fage et de savon, parce que le linge mieux chauffé s’y nettoie plus facilement. Les buanderies ordinaires contiennent généralement deux cuviers alimentés par la

même chaudière ; on renouvelle la charge de l’un pendant qu’on lessive l’autre.

C’est Chaptal qui, le premier, tenta de substituer au procédé primitif de lessivage du linge le blanchissage à la vapeur, depuis longtemps employé pour le blanchiment du coton écru. Cette méthode fut perfectionnée par Curandeau, qui la recommanda au public dans un essai sur le blanchissage à la vapeur (1806). Il a été adopté pour l’armée par un décret du 10 décembre 1853. La méthode de M. René Duvoir lui est cependant préférée dans les établissements à poste fixe.

Depuis quelques années on préconise un procédé de blanchissage facile à réaliser dans les ménages, et qui peut y rendre de grands services. Avec 1 kilogramme de savon noir et un peu d’eau chaude, on fait une bouillie que l’on étend de 45 litres d’eau ; on ajoute une cuillerée d’essence de térébenthine et deux cuillerées d’ammoniaque, et l’on fouette avec un petit balai. L’eau doit être chaude au point qu’on y puisse à peine tenir la main. On y introduit le linge sec, on bouche le vase et on fait macérer pendant deux heures. Après ce temps on savonne le linge, on le rince à l’eau tiède et on passe au bleu. Le bain réchauffé avec addition d’une demi-cuillerée d’essence et d’une cuillerée d’ammoniaque peut servir une seconde fois. M. D.

BLANCHISSERIE. — Établissement destiné au blanchiment des étoffes ou matières textiles. Le blanchissage du linge se fait dans les buanderies.

BLANC-MANGER (Matière médicale). — Espèce de crème alimentaire recommandée quelquefois aux convalescents et aux gens valétudinaires qui ont l’estomac délicat : c’est une nourriture douce, légère, assez substantielle, et qui ne fatigue pas les organes digestifs ; elle est composée d’émulsion d’amandes douces, de gelée de viande, qu’on remplace quelquefois par de la gelée de corne de Cerf; on y ajoute du sucre et on aromatise avec de l’eau de fleurs d’oranger, ou quelques gouttes d’essence de citron ou de vanille, etc.

BLANC-RAISIN ou Blang-Rhasis (Matière médicale). — Espèce d’onguent siccatif employé contre les brûlures, quelques plaies et certaines maladies de la peau. En voici la formule : Faites dissoudre 20 grammes de cire blanche dans 100 grammes d’huile ; faites couler le mélange dans un mortier de marbre, et agitez jusqu’à ce qu’il soit refroidi et qu’il ne paraisse aucun grumeau ; incorporez 24 grammes d’oxyde blanc de plomb ; agitez jusqu’à ce que le mélange soit exact.

En peinture, on appelle blancs des matières colorantes de natures diverses employées, soit à blanchir les surfaces, soit à étendre les autres couleurs pour dégrader leurs teintes.

BLANQUETTE, Blanchette (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce à.'Ansérine [Chenopodium maritimum.^ Lin.; Suœda maritima, Moquin Tand.). C’est une plante herbacée, rameuse, diffuse, à rameaux droits, quelquefois couchés. Ses feuilles sont longues, convexes, terminées en pointe, charnues, succulentes, molles. Ses fleurs sont sessiles, réunies par 2-3 glomérules axillaires ; le calice est renflé à la maturité. Cette espèce croît

au bord de la mer. Elle se rencontre surtout sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée.

On appelle aussi blanquette une variété de Figuier

{Ficus carica, Lin.) qui donne un fruit de qualité médiocre, du diamètre de 0“,026 à 0“,030 ; il mûrit vers le milieu du mois d’août. Cette variété à figues blanches est une des plus cultivées au nord de la région des oliviers, et surtout à Paris.

La Mâche, Valërianelledes maraîchers ( Valerianelln ol itoria., Mœnch) , porte aussi le nom vulgaire de blanguetie ou blanchette. G — s.

Blanquette (Viticulture).

— On donne ce nom à une espèce de vin blanc produit par un cepage importé, diton, du Levant, et qui se distingue par les caractères suivants ; feuilles un peu cotonneuses en dessous, grains un peu allongés, blancs, à goût agréable ; grappes fortes, abondantes, se desséchant promptement sur la souche ; il mûrit dans le Midi, vers la fin d’août. C’est ce cepage qui produit le vin connu sous le nom de blanquette de Limoux (Aude). La récolte de cette contrée ne donne pas moins de 2 500 à 3 00() hectolitres dans les bonnes années.

Blanquette, Blanquet (Horticulture). — Variété de poires d’été : on distingue le Gros Blanquet, Boi Louis, fruit jaunâtre, parfois légèrement rosé, chair cassante, bonne qualité, qui mûrit en juillet; et le Petit Blanquet, bon à manger vers la fin d’août.

BLAPS (Zoologie). — Genre Insectes coléoptères, tribu des Blapsides, famille des Mélasomes ; caractérisé par des antennes filiformes, plus courtes que la moitié du corps, le troisième article long, les derniers globuleux ; la bouche munie de deux lèvres, de mandibules à peine dentelées, de mâchoires bifides; ils ont le corselet presque carré, l’abdomen ovalaire, tronqué à sa base ; la plupart manquent d’ailes. Ces insectes ne courent pas trèsvite; on les trouve dans des trous, sous les pierres, dans des caves, etc. Ils répandent une odeur fétide. Parmi les espèces d’Europe, on doit citer le B. mucroné, B. portemalheur {B. mortisaga,0\vf. ; Tenebriomortisaga,\Àn.), long de 0",02, d’un noir peu luisant, sans ailes; on le trouve dans les lieux sombres, malpropres, près des latrines ; il habite le nord de l’Europe : le B. lisse ( B. lævigata, Fab.) est beaucoup plus court, très-convexe. Fabricius dit que les femmes turques mangent cet insecte, cuit avec du beurre, dans le but de s’engraisser.

BLASTÈME (Botanique), du grec blastêma,cp\\ pousse, qui pullule. — Nom donné par de Mirbel à l’embryon végétal, moins les cotylédons, comprenant les deux germes principaux (radicule et plumule) fixés base à base par une partie intermédiaire nommée eollet. G — s.

BLATTE (Zoologie) , Blatta, Lin. — Genre A! Insectes orthoptères-, famille des Coureurs, caractérisé par des antennes longues, en forme de soies , insérées près du bord interne des yeux, articles très-courts, peu distincts, palpes longues, corselet en forme de bouclier ; cinq articles à tous les tarses ; ailes pliées seulement dans leur longueur; corps ovale ou orbiculaire et aplati ; jambes garnies de petites épines; pattes très- longues, surtout les postérieures ; hanches et cuisses larges et aplaties : ce sont des insectes nocturnes, auxquels les anciens avaient donné le nom de lucif'ugæ, qui fuient la lumière ; ils sont très-agiles et vivent dans les cuisines, dans les boulangeries, dans les magasins à farine; quelques-uns habitent la campagne. Ils sont ex-

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trêmement voraces et dévorent non-seulement nos comestibles, mais encore les étoffes de laine, de soie, et môme le cuir. On en connaît un assez grand nombre d’espèces, parmi lesquelles cinq ou six habitent l’Europe : la li. orientale, B. des cuisines (B. orientalis. Lin.) (fig. 3l9), longue de plus de 0“,02, d’un brun marron roussàtre, antennes composées d’un grand nombre d’articles ; pattes épineuses; abdomen terminé par deux appendices. Originaire de l’Asie, et suivant d’autres de l’Amérique méridionale, importée dans le nord de l’Europe, où elle est un fléau pour les habitants; la fî. de Laponie [B. laponica,Lm.), d’un brun noirâtre; elle mange le poisson dont les Lapons font provision ; la B. knkerlac ou kakkerlac {B. americana. Lin.) a près de 0”,03 de long; on ne la connaît que trop dans nos colonies, où elle cause les plus grands dégâts en rongeant les étoffes et gâtant les provisions de bouche : elle a une odeur infecte.

BLÉ, Froment (Botanique), Triticum, Lin. — Genre de plantes Monocotylédones, de la famille des Graminées.ho, blé est une plante herbacée, à tige cylindrique, creuse, à nœuds pleins : les feuilles naissent des nœuds, elles sont alternes, à pétiole en gaîne fendue, embrassant la tige; 3 étamines, 2 styles; il est caractérisé par des épillets stamino-pistillés, des épis simples, solitaires, 2 glumes presque opposées, glumelle inférieure convexe, aristée au sommet, ou mucronée ou mutique ; 2 glumellules entières; ovaire poilu au sommet; 2 stigmates subsessiles. Caryopse oblong, libre ou soudé avec les glumelles. On y distingue plusieurs espèces dont la culture a fait un grand nombre de variétés intéressantes au point de vue de l’alimentation.

Blé (Agriculture). — L’étude des nombreuses espèces, variétés, sous-variétés du genre Ble' ou Froment offre de grandes difficultés ; plusieurs classifications ont été proposées pour faciliter cette étude, et nous adopterons celle qui nous paraît présenter le moins d’imperfections; c’est celle de L. Vilmorin. Les espèces et variétés de ce groupe sont d’abord distribuées en deux genres : les Frolyients et les Epeautres ; les froments renferment toutes les espèces dont les grains se détachent nus de l’épi par le battage. Ils forment deux grandes sections : la section des grains tendres et la section des grains durs. La section des grains tendres comprend les touselles , les seizettes et les poulards.

1" Les touselles, froments sans barbes ou à barbes très-courtes et peu nombreuses, et à paille creuse ; elles renferment un grand nombre de variétés ou de sous-variétés en froments d’automne ou froments de mars connus sous le nom de trémois. Dans le nombre infini des variétés d'automne, on trouve entre autres : A. Le froment d hiver commun {fig. 320) : épi jaunâtre, pyramidal, grain roussàtre et long : c’est le plus cultivé dans le nord et le centre de la France; il en^existe une sous-variété, dite blé anglais, blé rouge d’ Écosse; elle est plus productive. — B. Le froment blanc de Flandre, froment de Bergues: épi blanc, fort et bien nourri, grain blanc, oblong; une des variétés les plus belles et les plus productives dans les bonnes terres. — G. Le froment de Hongrie, ou blé anglais des environs de Blois {fig. 321): épi blanc, ramassé, presque carré, grain blanc, arrondi, de trèsbonne qualité, plus lourd que le précédent. — D. La fouselle blanche de Provence: épi très-blanc, à épillets écartés, grain long, jaunâtre, de première qualité ; c’est la meilleure variété pour le midi de la France, trop délicate pour le nord, où elle dégénère. — E. La richelle blanche de Naples : épi blanc avec quelques arôtes courtes, grain oblong, remarquable par sa beauté et sa qualité; terre un peu légère; craint les grands froids. — F. Le froment d’Odessa, sans barbes, touselle rousse de Provence, blé meunier du Comtat : épi un peu irrégulier, d’une teinte rougeâtre ou cuivrée, craint le froid, résiste à la sécheresse et réussit dans les terrains à seigle. — G. Le froment de Saumur {fig. 322) : grain gros, bien plein, paille très-blanche; variété assez délicate, donne beaucoup dans les bonnes terres de l’Anjou. — H. Le froment de haies, blé de Tunstall : épi carré, épais, régulier, couvert d’un duvet blanc velouté ; ^rain court, blanc jaunâtre, de bonne qualité; cette variété est une des plus précoces. Parmi les touselles de mars, on peut citer : a. Le froment de mars commun; épi plus court que celui d’automne, grain plus court aussi et presque dur : c’est le trémois du nord et du centre de la France. — b. Le froment du Cap; grain blanc, gros et à paille ferme. — c. Le froment bleu ou de Pile de Noë, qui, en raison de sa précocité, est propre aux deux saisons.

' 2^ Les seisettes sont des variétés en général colorées,

dont la paille est plus ferme que celle des touselles, mais moins estimée pour le bétail, à cause des arêtes ou bar-

Fis. 320. — nié Fig. 321. — Blé Fig. 322. — Blé

d'hiver coininim. de lUngrie. de Saumur.

bes; les plus connues sont : A. Le froment barbu d'hiver, à épi comprimé, grain l ougeâtre ou jaunâtre, moins recherché que le froment d’hiver commun. — B. Le froment barbu de printemps {fig. 323), connu sous le nom de trémois : épi blanchâtre à barbe très-développée; grain gros, renflé, demi-tendre ; s’accommode du terrain à seigle. — C. Le froment à chapeau, de Toscane, sous-variété appauvrie du précédent; paille fine, allongée, recherchée pour la fabrication des chapeaux d’Italie, mais peu estimée pour son épi peu productif. — D. La seisette de Provence, la première de cette section pour la qualité, hâtive, quoique d’automne; craint le froid du nord de la France; elle occupe la région des oliviers. — E. Le froment hérisson {fig. 324) : épi compacte, à barbes divariquées, variété très-productive, grain court, petit, rougeâtre; craint l’hiver.

3“ Les poulards ou pétanielles ont le chaume vigoureux, la feuille très-développée; ces variétés conviennent aux sols humides et aux défrichés riches en terreau ; elles tallent beaucoup, produisent abondamment, mais se vendent moins cher, parce que leur grain rend beaucoup de son, et que sa farine est médiocre. Elles ont les barbes persistantes ou caduques, la paille dure et peu estimée; les principales sont : A. Le poulard carré {épeautre blanc du Gâtinais), à épi blanc ou rouge, lisse; cultivé dans la Savoie, où il sert à faire du gruau. — B. Le poulard carré à barbes noires, garagnon, regagnon du Languedoc : épi blanc, barbes blanches ou noires, paille longue et forte; cultivé dans le Midi. — C. Le froment de miracle {froment de Smyrne) {fig. 325) : épi rameux, productif dans les terrains riches, sensible au froid, farine rude et grossière.

La section des grains durs comprend les aubaines et les froments ou blés de Pologne : 1" Les aubaines, variétés de froments durs des climats chauds, tels que les blés d’Afrique et de Taga?irock, sont partagées en aubaines à barbes rousses , noires, blanches, parmi lesquelles se trouve le trémois barbu de Sicile ; et en aubaines à épi comprimé, très-beau type cultivé en Égypte, à épi large, aplati, lancéolé, couvert de poils, épillets trèsétalés; 2” les froments ou blés de Pologne, appelés aussi seigles de Pologne, ont de grands et longs épis, des balles d’une dimension extraordinaire, des grains très-allongés, glacés et comme transparents : on les cultive, dans l’Ukraine et la Valachie. En général, les blés durs, riches en gluten et en amidon, mais difficiles à pétrir.

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sont réservés pour la préparation des vermicelles et autres pâtes d’Italie.

Les épeautres sont des blés dont le grain ne se sépare pas de la balle au battage ; ils se partagent naturelle-

Fi;». 323 — Blé barbu du printemps. Fij:. 324. — Blé héiisson.

ment en deux espèces : le grand épeaufre et le petit €'peautre. 1° Le grand épeautre {fig. 32G), plus robuste que les froments nus , est cultivé surtout dans les provinces des bords du Rhin ; il y a des variétés blanche et rouge, barbue et sans barbe,- d’automne et de printemps. Uépeautre blanc barbu et Vamidonnier blanc se sèment en mars. 2» Le petit épeautre {engrain^ locular) croît dans les sols les plus mauvais ; il mûrit tardivement.

Quant à la qualité des froments pour le commerce, les blancs sont les plus estimés, parce qu’ils rendent moins de son ; les rouges, à leur tour, passent pour avoir une farine qui a plus -de corps; il y a encore dans le commerce une sorte de blé composée d’un mélange de plusieurs variétés : on l’appelle blé bigarré ; les meuniers en font assez de cas.

En général, le blé aime les terres fortes; quelques rares variétés réussissent dans les terres légères. Tous les engrais favorisent le développement du froment. Cependant, un des meilleurs est un mélange de fumier ■d’écurie avec de la charrée (cendre de lessive) , des os pulvérisés, de la colombine, etc. ; mais il est préférable de fumer copieusement la récolte qui précède, la fumure directe donnant une végétation trop fougueuse et amenant la verse. Le choix des semences est une chose très-importante ; en général, il faut qu’elles soient prises dans le pays môme; elles doivent provenir d’une bonne variété; elles doivent être d’une maturité complète, être restées le pins longtemps possible dans les épis après la récolte, avoir été battues légèrement, parce que ce sont toujours les plus beaux grains qui tombent les premiers au battage ; enfin, il faut qu’elles soient de la dernière, nu tout au moins de l’avant-dernière récolte. Avant de •confier le grain à la terre, il est assez d’usage de le passer à la chaux (voyez Chaülage) pour le préserver, dit-on, de la carie ou du charbon ; mais une pratique qu’il faut ■condamner, c’est celle qui consiste à passer le blé au

sulfate de cuivre ou à l’arsenic ; elle est dangereuse. Le procédé des semailles sera exposé à ce mot.

Le blé est sujet à quelques maladies, parmi lesquelles on doit noter le miellat, sorte de sueur visqueuse, la rouille, V ergot, le charbon; mais les plus dangereuses sont la pourriture du collet ou mal de pieds dans les terrains trop humides ; et la carie, qui attaque l’intérieur

du grain et répand une odeur détestable.

Sur les marchés on admet quatre classes de blés ; blés de choix pesant au moins 80 kil. l’hectol. ; blés de ir® qualité, 78 à 79 kil. ; blés de 2® qualité, 7 G à 77 kil. ; blés de 3® qualité, 75 kil. et au-dessous.

BLEGHNE (Botanique), Blechnum, Smith, en grec blêchnon. — Genre de plantes de la classe des Fougères, famille des Polypodiacées. Il se distingue par ses organes reproducteurs en ligne solitaire, placés de chaque côté et parallèlement à la côte moyenne de la fronde. Une espèce est commune aux environs de Paris; c’est le blechnum spicans, Sm. G — s.

BLEIME (Vétérinaire), du grec blêma, coup. — On donne ce nom à une maladie de la sole (voyez ce mot) du pied, produite par la pression, ou une brûlure du fer, un coup. Elle amène la boiterie du cheval, et pourrait causer des ravages si on n’y portait remède. Pour cela, on déferre le cheval, on amincit la partie de la sole qui est le siège de la maladie, on donne issue au pus, s’il y en a, on

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