‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 129 sur 385 · BUG · texte numérisé non relu

BUG

pres^ les Casques et les Vis. Cuvier a établi les sousgenres suivants : les Buccins, les Nasses, les Éburnes, les Ancillaires^ les Tonnes, les Harpes, les Pourpres, les Conchole'pas, les Casques, les Heaumes et les Vis.

Buccins proprement dits, Buccinum, Brug. — Sousgenre de Mollusques, du grand genre des Buccins (voyez plus haut). Caractérisé par une coquille échancrée, sans canal, ovale ainsi que son ouverture; columelle convexe, nue, le bord sans rides ni bourrelet; pied de grandeur inédiocre, trompe longue et grosse; l’animal n’a pas de voile sur la tête; deux tentacules écartés, portant des yeux sur le côté externe; un opercule et un siphon qui s’allonge hors de la coquille. On trouve les buccins dans toutes les mers; mais les espèces qui habitent les eaux tièdes des contrées intertropicales sont assez recherchées des amateurs, à cause de la variété et de la vivacité de leurs couleurs. Les coquilles sont de médiocre grandeur, plusieurs même sont très-petites. Une espèce très-commune sur nos côtes, le B. onde {B. undaturn. Lin.) est une coquille de moyenne grosseur, finement striée à sa surface, avec les tours de la spire supérieure plissés.

BUCEROS, Bucerüs (Zoologie). — Nom scientifique de l’oiseau nommé Calao, genre de Passereaux syndactyles, ainsi nommé du grec bous, bœuf, et keras, corne, parce qu’il a le bec surmonté d’une proéminence en forme de corne (voyez Calao).

BUDDLÉA, Buddleia (Botanique), RMoft/Zem, Lin., dédicace faite par Houston à Buddle, amateur de botanique anglais. — Genre de plantes de la famille des Scropkularinées, type de la tribu des Buddlées. Il comprend des arbres ou arbrisseaux souvent duvetés. Leurs feuilles sont opposées, et leurs fleurs à corolle campanulée, allongée, sont disposées en cimes multiflores. Les espèces de Buddlea sont de très-jolies plantes, la plupart de serre chaude. La B. globuleuse [B. globosa, Lamk), espèce du Chili, à fleurs odorantes. Jaune orangé; et la B. de Bindley [B. lindleyana. Fortune), espèce de la Chine, à fleurs d’un pourpre violacé, sont les seules cultivées en pleine terre sous le climat de Paris. . G — s.

BUFFLE (Zoologie), Bos bubalus. Lin. ; Bœuf sauvage d'Arachosie, Aristote. — Espèce de Mammifères ruminants du genre Bœuf, originaire de l’Inde et amené en Égypte, en Grèce, en Italie dans le commencement du moyen âge ; c’est vers la fin du vi® siècle que les Lombards l’introduisirent dans ce dernier pays et, plus tard, une seconde importation eut lieu par les Arabes. Le buffle a le front bombé, plus long que large, les cornes dirigées en arrière et un peu de côté et marquées en avant d’une arête longitudinale, plus courtes et moins arquées que cellesdu bœuf; il n’a presque point de fanon ; ses oreilles sont longues et pointues; ses jambes courteset épaisses ; il a le port et la physionomie dursetignobles; il est presque en entier noirâtre. La femelle porte plus de dix mois, ce qui établit une différence remarquable avec la vache, qui porte neuf mois. Les buffles sont nombreux dans les climats chauds, dans les contrées marécageuses et voisines des rivières ; ils aiment à se vautrer dans la fange des marais. Malgré sa sauvagerie, ses violences, sa brusquerie et ses habitudes grossières et brutes, le buffle est pourtant utilisé dans certains pays : ainsi dans les marais Pontins, il naît et est élevé en troupeau, et lorsqu’on a dompté sa férocité naturelle, on l’utilise aux travaux des champs. A l’âge de quatre ans, on commence à les marquer avec un fer chaud, puis on opère la castration et, peu de temps après, on leur passe un anneau de fer dans les narines ; on les conduit au moyen d’une corde passée dans cet anneau et peu à peu ils deviennent assez dociles pour qu’on puisse s’en servir. Nous ne pouvons résister au désir de citer quelques fragments de ce que Tessier a écrit sur la domestication du buffle et sur le parti qu’on pourrait en tirer en agriculture. « Depuis quelque temps, écrivait-il il y a plus de cinquante ans, on a établi dans la ferme nationale de Rambouillet un troupeau de buffles venu d’Italie ; ces animaux y ont été aisément domptés et rendus faciles à conduire; ils y vivent bien, y multiplient et y travaillent. Ce troupeau m’a fourni l’occasion de faire les observations suivantes : ce genre d’animal est plus craintif et plus susceptible de s’effaroucher qu’il n’est

méchc'nt On accoutume le buffle môme indompté à

être attaché à la mangeoire, à se soumettre au joug et à

traîner des voitures et des charrues comme les bœufs

On n’emploie pour les faire travailler que la voix et la baguette à aiguillon. Ces animaux, attelés parallèlement, labourent seuls ou avec des bœufs. Le buffle aime à se plonger dans l’eau et surtout dans l’eau bourbeuse, vraisemblablement à cause de la sécheresse et de la dureté

de sa peau. Quand l’eau commence à être froide, il n’en

approche pas On peut lui donner le plus mauvais

fourrage sans qu'il le refuse. Si on lui en donne de bon,

il profite davantage. A Rambouillet, les buffles qu’on élèv« deviennent plus hauts et plus gros que leurs pères et mères nés en Italie. Le lait n’est pas abondant ; il est plus blanc que celui de la vache et de moitié à peu près plus crémeux. On a dit qu’il était impossible de traire une femelle buffle sans la présence de son petit ; cette assertion n’est pas exacte. Du reste, ce petit tette sa mère en se plaçant entre ses jambes de derrière et point de côté, comme le veau de la vache. Les essais tentés pour obtenir des croisements avec la vache et le taureau ordinaire n’ont donné aucun résultat. Malgré toute l’utilité dont pourraient être les buffles, je doute qu’on s’occupe en France de les multiplier pour le service de l’agriculture. On est trop accoutumé au profit plus avantageux sans doute des vaches et des bœufs pour adopter un genre d’animal qui n’est utile presque que pour son travail et pour sa peau. » Le temps a donné raison aux prévisions du savant, et il n’est plus question aujourd’hui que du perfectionnement de l’espèce du bœuf ordinaire. Du reste, le cuir du buffle est épais, fort et souple ; on en fait des buffleteries. « Il y a aux Indes une race de buffles dont les cornes ont jusqu’à 3“,30 d’envergure; on l’appelle Arni dansTIndoustan. C’est le Bos arni de Shaw. » Ainsi parle Cuvier. On trouve, en effet, une grande quantité de buffles sauvages dans les contrées de l’Afrique et des Indes qui sont arrosées de rivières et où il se trouve de grandes prairies. Leur taille est gigantesque; ils vont en troupeaux et font des dégâts considérables ; ils sont môme très-dangereux pour les hommes, et on ne les chasse qu’avec de grandes précautions.

BUFO (Zoologie). — Nom latin du genre Crapaud.

BUFONIFORMES (Zoologie). — C’est le nom donné à une famille de Batraciens anoures, dans la classification de MM. Duméril et Bibron; les caractères que lui assignent ces auteurs sont de n’avoir pas de dents aux deux mâchoires ; en général même, ils n’en ont pas au palais ; leur langue n’est pas échancrée en arrière. Cette famille renferme douze genres, parmi lesquels se trouve le genre Crapaud.

BUFONIE (Botanique), Bufonia , Sauvages, de bufo^ crapaud. Herbe à crapaud. Cette plante passait pour croître dans les eaux stagnantes habitées par ce batracien. On a accusé Linné d’avoir fait une épigramme contre Buffon, en adoptant ce nom; mais la présente étymologie dément cette assertion. — Genre de plantes de la famille des Paronychiées, tribu des Polycarpées. Caractères : 4 sépales ; 4 pétales plus courts que ceux-ci ; 4 étamines ;

1 ovaire ; 2 styles ; capsule comprimée, uniloculaire, contenant 2 graines et s’ouvrant en 2 valves ; elles croissent dans les lieux humides de l’Europe méridionale et donnent de petites fleurs blanches. On cultive dans les jarpins la B. annua et la B. perennis.

BUFONOIDES (Zoologie). — Nom donné par Fitzinger à la deuxième famille des Batraciens, dans sa classification des reptiles : il ne lui donne que les deux genres Bufo et Rhinella.

BUGLE (Botanique), sorte de diminutif de buglosse, parce que cette plante en possède un peu les propriétés. — Nom vulgaire du genre Ajuga, Lin., altération du latin abigo, j’expulse, à cause de sa prétendue action pour faciliter l’accouchement. Appartenant à la famille des Labiées, type de la tribu des Ajugdidées, ce genre a. pour caractères : calice à 5 dents; corolle à 2 lèvres, la supérieure très-courte, l’inférieure allongée, étalée, trifide, à divisions latérales oblongues; celle du inilicu plus grande ; étamines dépassant la lèvre supérieure. La

BUl

BUL

B. rampante , vulgairement Consoucl emoyenne [Ajugo. reptans^ Lin.), est une espèce indigène, très-commune, celle à laquelle on attribuait jadis tant de vertus, qu’il y avait un dicton ainsi conçu :Avec la hugleet la sanicle on fait au chirurgien la nique. Elle est aujourd’hui tombée dans l’oubli. La B. pyramidale {A. pyramidalis , Lin.), qu’on trouve dans les bois montagneux et secs, est trèsvelue, sa corolle est petite et bleu pâle. On remarque encore la B. petit-pin., vulgairement Yvette; la B. musquée ou Yvette musquée, etc. G — s.

BUGLOSSE (Botanique), du grec bous, bœuf, et glossa, langue, à cause de la ressemblance de ses feuilles avec une langue de bœuf. — Nom vulgaire du genre Anchusa, Lin., du grec ancliusa, fard, appartenant à la famille des Borraginées , tribu des Borragées. Caractères : calice à 5 dents; corolle à 5 lobes un peu inégaux, à tube droit; 4 achaines rugueux tuberculeux. Les buglosses sont des herbes hispides, à fleurs disposées en grappes terminales. La B. officinale [B. officinalis. Lin.), celle qu’on appelle plus particulièrement Langue de 6a'w/’, donne pendant tout l’été des fleurs â corolle en entonnoir, au tube plus long que le calice et variant du pourpre au bleu et au rose. Les propriétés médicinales de cette plante sont les mômes que celles de la bourrache. On voit depuis quelque temps dans les jardins une espèce de buglosse assez commune en France, mais jusqu’alors négligée : c’est V Anchusa italica, Retz., dont les fleurs bleues, disposées en grappes paniculées, sont d’un très-joli effet, et ont été utilisées pour la décoration des parterres. On classait encore dans le genre Buglosse, VOrcanette {Lithospermum tinctorium. Lin.; Aucanna tinctoria; Tausch Aie. anchusa, Dest ) (voyez Orcanette). G — s.

BUGRANE, Bougraine (Botanique), en grec boucranion; Ononis , Lin., du grec onos , âne, parce que les ânes recherchent cette plante épineuse. — Genre de plantes appartenant à la famille des Papilionacées, tribu des Lotées, sous-tribu des Génistées. Caractères : calice à 5 divisions; étendard très-ample, plus long que les ailes; carène prolongée en bec et égalant celles-ci ; style géniculé ; gousse renflée. Ce genre renferme un assez grand nombre d’espèces dont quelques-unes seulement sont employées pour l’ornement, entre autres la B. à feuilles rondes (O. rotundifolia. Lin.) et la B. frutescente (O. fruticosa, Lin.), toutes deux à fleurs pourpres et croissant dans la France méridionale. La B. épineuse on arrête-bœuf {O. spinosa, Wallr.)apassé autrefois pour une plante apéritive.

BUIS (Botanique), Buxus, Tourn., mot altéré de puxos, nom de la plante en grec. — Genre de plantes de la famille des Euphorbiacées, type de la tribu des Buxacées. Il renferme des arbrisseaux toujours verts, appartenant principalement aux régions méridionales de l’Europe. Leurs feuilles sont opposées, entières; leurs fleurs monoïques disposées en glomérules, sont composées dans les mâles d’un calice à 4 sépales et de 4 étamines à filets assez épais ; dans les femelles, d’un calice semblable et d’un ovaire bossué au sommet entre 3 styles épais, terminés par des stigmates recourbés, aigus. Le fruit est une capsule coriace en dehors, à 3 pointes et s’ouvrant en 3 valves, mettant ainsi à nu 3 coques à 2 graines. Le B. commun {B. sempervirens , Lin.) est un arbrisseau de 4 ou 5 mètres, à tronc tortueux, à rameaux opposés. Son feuillage est d’un vert foncé, et ses fleurs jaunâtres exhalent une odeur assez désagréable. Cette espèce croît abondamment dans les terrains secs et montagneux de plusieurs provinces méridionales et centrales de la France. Elle est répandue aussi dans le Caucase, l’Asie Mineure, la Grèce, etc. On en distingue plusieurs variétés et sous-variétés. Le B. à feuilles étroites {B. semperv. angusii folia), le B. à feuilles de myrte {B. semp. myrtifolia), et le B. sous- frutescent {B. semp. suffruticosa), qui est le B. nain, le B. à bordure, le B. cl' Artois; chacune de ces variétés présente des sousvariétés à feuilles plus ou moins panachées ou bordées. Le bois de buis est d’un grain fin et serré, qui le rend précieux pour la tabletterie et la fabrication d’une foule d’objets réclamant de la solidité et du poli. C’est au buis que la gravure sur bois doit la perfection qu’elle a atteinte de nos jours. La médecine a longtemps employé le buis comme sudorifique et purgatif; mais aujourd’hui elle en fait fort peu usage. Enfin, le buis est très-utile dans les jardins pour former des bordures ou des palissades. Il se prête, par la taille, à toutes les formes qu’on veut lui donner. Cet arbre atteint parfois des dimensions assez considérables. Haller cite comme existant aux environs de Genève un individu qui mesurait 2 mè-

tres de circonférence. Le B. de Mahon (B. balearica, Lamk) est une espèce beaucoup plus grande que la précédente ; aussi l’emploie-t-on de préférence pour la gravure sur bois, à cause des plus grandes planches qu’elle fournit. Elle croît dans les régions plus chaudes, surtout en Turquie et en Asie. On cultive aussi le B. de la Chine {B. sinensis, Link.), arbrisseau élevé de 1 mètre, se distinguant par ses feuilles oblongues et ses fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles. G — s.

BUISSON ARDENT (Botanique), nom vulgaire d’une espèce nommée Néflier épineux [Cratœgus pyracantha , Pers.; Mespilus pyraeantha, Lin.), du grec pur, feu, et acantha, épine, épine de feu. — Les fruits de cette espèce sont d’un rouge très-éclatant qui les fait paraître comme du feu. Par le nom de Buisson ardent, on a fait allusion au buisson de feu dans lequel Dieu apparut à Moïse, d’où le nom de Buisson de Moïse qu’on lui a donné. Cette espèce est un arbrisseau qui s’élève à 3 ou 4 mètres; ses feuilles sont persistantes, glabres, ovales, lancéolées; les divisions du calice sont obtuses, les styles au nombre de 5 et les fruits rouges et globuleux. Le buisson ardent fleurit en mai et croît dans l’Europe méridionale, surtout en Provence et en Italie.

BUISSON (Arboriculture). — On donne ce nom, en langage forestier, à une touffe d’arbrisseaux, ou bien à un arbre qui, à force d’avoir été brouté par le bétail, est resté rabougri et a poussé de petites branches sans ordre. En termes de jardinier, c’est un arbre fruitier que l’on a taillé de manière à l’évider dans le milieu ; il présente alors à l’œil la forme d’un cône renversé plus ou moins évasé. L’avantage du buisson sur l’espalier, c’est d’offrir une grande surface et d’avoir toujours une partie de ses branches et de ses fruits garantis du vent dominant et exposés au soleil.

BULBE (Anatomie), du grec bolbos, oignon, bulbe. — En anatomie, ce mot est employé pour désigner plusieurs corps qui d

ont plus ou moins d’analogie avec , ^

les bulbes végétaux. — B. dentaire {fig. 377), renflement arrondi, saillant dans la cavité dentaire, formé d’une substance granuleuse, dans laquelle se ramifient des vaisseaux et des nerfs, c’est un petit noyau pulpeux, semblable à un bourgeon, renfermé dans un petit sac membraneux logé luimôme dans l’épaisseur de l'os maxillaire, et nommé la capsule dentaire. Ce petit noyau , qu’on appelle encore ou «yerme delà dent, sert à former celleci, qui grandit peu à peu, et qui , en s’allongeant, remonte vers le bord de la mâchoire, qu’elle perce bientôt pour se montrer' en dehors (voyez Dent). — hoB. pileux {fig. 37 8), offre beaucoup d’analogie avec le précédent; c’est un renflement placé au fond du follicule pileux, dans la cavité duquel il fait saillie , sous forme de cône. Il est constitué par une disposition spéciale de la peau autour de la base d’un poil : en effet le derme s’enfonce en une cavité tubulaire dans laquelle l’épiderme un peu aminci le suit et le recouvre encore; au fond de ce tube le tissu épidermique se forme avec ... >

une énergie et une abondance toute particulière et s accumule en un prolongement saillant filiforme qui, saccroissant toujours par sa base, fait bientôt saillie au dehors et peut s’allonger ainsi considérablement ; c est le poil (voyez ce mot). — B. de l'œil, c’est le globe de

(1) Coupe d’une capsule dentaire grossie pour montrer la disposition du bulbe et la manière dent la matière pierieuse se dépose à la surface. — a, capsule, —pi bulbe ou germe. c, vaisseaux sanguins et nerfs qui pénètrent dans le bulbe.

dd, premier rudiment de l’ivoire de la dent. . j

^2) E, épiderme qui descend dans le bulbe jusqu a la base du

Fig 377.— Bulbe dentaire (1).

Fig. 378. — Bulbe pilifère (2).

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l’œil (voyez Œil). — B. rachidien, B. crânien, etc., renflement conoïde qui constitue l’extrémité supérieure de la moelle épinière et l’unit au cerveau et au cervelet ; situé dans la gouttière basilaire, il est plus généralement connu sous le nom de moelle allongée, ,

Bulbe (Botanique), en grec bolbos, oignon, bulbe. — C’est une modification de la tige, très-commune chez les Monocotylédonés. Il se compose de trois parties : i° le plateau, ou tige souterraine ; 2“ les fibres radicales ; 3° le bourgeon. Iuq plateau est une véritable tige, très-courte, très-déprimée, qui donne naissance aux fibres radicales, cylindriques, tantôt simples, tantôt ramifiées. Enfin le bourgeon naît de la face supérieur du plateau, il est charnu à son centre, recouvert de feuilles épaissies. Ce bourgeon est connu vulgairement sous le nom éCoignon, de celui de l’espèce la plus vulgaire des plantes bulbifères. Il est composé d’écailles disposées sur plusieurs rangs, qui sont tantôt des feuilles avortées, tantôt des débris de feuilles des années précédentes.

On nomme bulbes tuniques (fig. 380) ceux dont les

Fig. 379. — Bulbe ou oignon de jacinthe Fig. 380. •— Bulbe tuniqué coupé verticalement. du poireau (1).

feuilles les plus extérieures enveloppent complètement la base de la, tige et lui forment une sorte de tunique {oignon, jacinthe, famille des Liliacées). Ils appartiennent â des végétaux dont les feuilles sont engaîn antes.

On nomme bulbe écailleux {fig. 381) ceux dont les

Fig. 381. — Bulbe écailleux du lis blanc (2).

feuilles les plus extérieures courtes, imbriquées forment à leur surface comme de petites écailles charnues {lis blanc, famille des Liliacées). Les végétaux qui ont des bulbes écailleux n’ont pas de feuilles engainantes.

Enfin, on appelle bulbes solides {fig. 382) ceux qui recouverts d’un petit nombre de feuilles en tunique, offrent un renflement charnu et plein qui n’est autre chose qu’un épaississement de la tige elle-même. Souvent ces bulbes

poil. — D, derme qui forme le bulbe en s’enfonçant sur lui-même. — C, tissu cellulo-graisseux sous-cutané. — P, poil. — 6, tubercule du derme placé au fond du bulbe, et sur lequel le poil se développe. — gs, glandes sébacées dont la matière grasse se répand sur le poil. — -c, substance corticale du poil. — m, substance médullaire.

(1) Bulbe tuniqué du poireau {allium porrum). feuilles coupées. — p, plateau. — r, racines. — e, e, écailles qui forment la tunique.

(2) Bulbe écailleux du lis blanc {lilium candidum). — t, ti°-e

coupée, — r, racines. — e, e, e, e, écailles. °

Fig. 382. — Bulbe solide du safran d’automne (3).

reproduisent de côté, et alternativement à droite et à gauche, le bulbe de chaque année {colchique, safran, famille des Colchicacées, des Iridées). '

Certains bulbes produisent, à l’aisselle des feuilles modifiées qui les recouvrent, des bourgeons secondaires nommés caïeux, qui se développeront successivement sur la plante môme, ou qui, dans d’autres espèces, pourront en être séparés et se développer d’une manière indépendante. L’ail vulgaire est ainsi conformé.

En résumé, dans les bulbes, quelle que soit leur forme, on distinguera toujours :

1° Le bulbe proprement dit,^ qui est un bourgeon épais recouvert de feuilles charnues; 2® le plateau, qui est véritablement la tige; 3“ la racine, qui est fibreuse et naît de la face inférieure du plateau.

Voilà pourquoi beaucoup de botanistes ont dit que le bulbe est un végétal complet; il renferme un axe qui est le plateau, un bourgeon, des feuilles et des fibres radicales.

Le rôle du bulbe est de reproduire, chaque année, une branche aérienne sur la tige vivace, souterraine et réduite au plateau. C’est donc un organe assez analogue au rhizome, et, comme lui, il appartient à des plantes vivaces.

BÜLBILLES (Botanique), bulbilli. — On appelle ainsi certains bourgeons organisés pour se développer indépen damment de la tige mère, et produire de la sorte, non pas une simple branche, mais bien un nouveau végétal.

C’est un bourgeon charnu , dont les écailles sont peu nombreuses, mais épaisses, et quelquefois soudées ensemble en une seule masse.

Peu adhérent à l’aisselle de la feuille, il s’en détache bientôt; il peut alors être replanté et produire un nouveau végétal. Le lis bulbifère offre un exemple bien connu de ce mode de reproduction, Le bulbille, qu’on appelle encore gemme, a des analogies remarquables avec le bulbe, dont il est un diminutif (voyez Bulbe),

BULIMES (Zoologie), genre de Mollusques gastéropodes pulmonés terrestres 6.\x grand Escargot {Hélix, lAn.), caractérisé ainsi : coquille ovale, oblongue, le croissant de l’ouverture plus haut que large; celle-ci, garnie d’un bourrelet dans l’adulte, mais sans dentelure; l’animal, pourvu d’un collier sans cuirasse, a le pied comme les hélices, il n’a pas d’opercule. Parmi les nombreuses espèces, on trouve VHelix decollata, Gm., qui a la singulière habitude de casser successivement les tours du sommet de sa spire. De France.

BULLAIRE (Botanique), Bullaria, genre de Champignons épiphytes établi par de Candolle dans la famille des Urédinées, pour de petits parasites qui viennent sous l’épiderme des plantes mortes qu’ils soulèvent et finissent par rompre. Le Bullaria umbelliferum , de Cand. {Uredo bullata, Pers.), forme, sur les tiges des ombellifères, de petits groupes vésiculeux grisâtres et toujours recouverts par l’épiderme.

BULLE (Médecine). — On appelle ainsi de petites tumeurs formées par l’accumulation, sous l’épiderme, d’un liquide séreux ou séro-purulent ; elles se développent quelquefois instantanément, d’autres fois, elles sont précédées d’une rougeur plus ou moins vive ; elles s’ouvrent

(5) Bulbe solide du safran d’automne {crocus satiuus). — /", feuilles. — r, racines. — a, ancien axe flétri et proveuaii de l’année précédente. — a', axe secondaire bulbi forme de l’année présente. — a", point où se développe le bourgeon qui formera le bulbe de l’année suivante.

Fig. 383. — Bulbilles du Lis bulbifère.

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