C20H16O2 2H0 = C20HU
Camphre. Camphogène.
Sous l’influence des bases hydratées, la vapeur de camphre fixe au rouge 2 équivalents d’eau et donne l’acide campholique, qui s’unit à l’alcali.
C20H16O2 -P 2HO = C20lI18oi Camphre. Ac. campholiq.
Le camphre s’unit aux acides minéraux, mais en constituant avec eux des combinaisons qui ne paraissent pas bien définies; ainsi, il absorbe des proportions variables avec la température et la pression des gaz chlorhydrique et sulfureux. A froid, l’acide azotique le dissout sans altération ; à chaud , il l’oxyde en le transformant en acide camphorique (C'^oiP^O®). La vapeur de camphre, en passant sur la chaux incandescente, donne un corps huileux, le camphrone (C^^^H^-O). En passant sur le fer au rouge, elle produit des traces de benzine.
L’incision de l’écorce du Laurier camphrier permet l’écoulement d’un liquide qui, en se concrétant, n’est autre que le camphre ; mais ce procédé d’extraction serait fort coûteux. On fendille les branches de l’arbre et l’on fait bouillir l’eau mise en contact avec elles dans la cucurbite d’un alambic. La vapeur d’eau entraîne le camphre, qui vient se condenser dans le chapiteau sur des pailles de riz qu’on y a placées. Le camphre brut est ensuite raffiné dans des fioles à fond plat, oû il prend cette forme de pains hémisphériques sous laquelle on le rencontre dans le commerce. Le Dryabalanops camphora qui croît à Bornéo, fournit une autre espèce de camphre nommé, à cause de sa provenance, camphre de Bornéo; il diffère du précédent par 2 équivalents d’hydrogène en plus. Son odeur est analogue, mais cependant un peu poivrée ; il fond à 200o et bout à 21o”. Par l’acide phosphorique anhydre, il donne un carbure d’hydrogène, la bornéenne (C^ofiiG), isomère de l’essence de térébenthine. Par l’acide azotique, une portion de son hydrogène est brûlé et le camphre ordinaire reparaît.
C20H18O2 + 20 C20H16O2 -f 2HO
Camphre Camphre
de Bornéo. ordinaire.
Certaines essences fournissent aussi un principe concret, un sféaropfène, identique au camphre des Laurinées pour la composition; telle est l’essence de lavande. Traitées par l’acide azotique, les essences de valériane, de
CAN
CAN
tanaisie, de semen-contra, donnent aussi du camphre. 11 existe aussi certains produits obtenus par l’action de l’acide chlorhydrique sec sur les essences hydrocarburées qu’on a nommées camphres artificiels: (C^^H^^.HCl), camphre de térébenthine; (C>SH‘2,HC1), camphre de cubèhe;
camphre de citron. Les principaux chimistes qui se sont occupés des camphres sont MM. Dumas, Blanchet, Sell, Delalande, Peloiizc, Fremy, Gerhardt et Cahours. B.
CAMPHRÉE ou Camphorée (Botanique) , Camphorosma^ Lin., voyez Camphre. Une espèce exhale une odeur de camphre très-prononcée. — Genre de plantes de la famille des Chénopodées, tribu des Cyclolobées. La C. de Montpellier [C. Monspeliaca^ Lin.), qu’on n’avait d’abord trouvée qu’aux environs de cette ville et qui croît dans l’Europe méridionale et le nord de l’Afrique, est un sous-arbrisseau poilu, à feuilles linéaires et élevé de 0“,50 environ. Il suffit d’en froisser légèrement les feuilles pour qu’elles dégagent une odeur complètement analogue à celle du camphre. Cette espèce passe pour vulnéraire, diurétique et sudorifique. On l’emploie quelquefois en sirop ou en infusion avec du miel. Caractères : fleurs hermaphrodites; calice à 4 dents dont
2 opposées plus grandes; 4 étamines saillantes, 2 ou
3 styles soudés par leur base; fruit utriculaire dans le
calice durci et complètement fermé. G — s.
CAMPHRIER (Botanique), Camphora^ Bauh., Nées; pour l’étymologie, voyez Camphre. — Genre de plantes de la famille des Laurinées., type de la tribu des Camphorées., et qui faisait autrefois partie du genre Laurier, dont il se distingue par des fleurs hermaphrodites, des anthères à 4 loges et à 4 valvules, les intérieures extrorses et le périanthe à limbe caduc. Les camphriers sont des arbres de l’Asie équatoriale, appartenant surtout à la Chine et au Japon. Leurs feuilles sont persistantes, longuement pétiolées, présentant des glandes aux angles des nervures principales, ponctuées à la face inlérieure. Le C. officinal (C. Bauh. ; Laurus
camphora, Lin.) est un arbre de 10 à l5 mètres. Cette espèce paraît être une des plantes qui produisent le plus de camphre. Pour obtenir cette substance, on coupe le bois et mieux les racines de camphrier par copeaux, puis on les met dans un grand vase recouvert d’un opercuie et rempli de paille de riz ; on procède à la distillation, le camphre se sublime et vient se condenser sur la paille de riz. Le bois de cet ai-bre est, en outre, très-estimé dans l’ébcnisterie; il est blanchâtre, veiné, et conserve longtemps son odeur aromatique. G — s.
CANAL. — Cours d’eau artificiel creusé dans le but, soit de dessécher des marais ou terrains inondés en écoulant les eaux dans la direction de lapins grande pente, soit, au contraire, d’amener l’eau nécessaire aux irrigations des terres ou à l’approvisionnement des villes, soit enfin de suppléer aux cours d’eau navigables pour le transport des marchandises.
Dans le premier cas, l’évacuation de l’eau doit être aussi prompte que possible. Dans le second, la pente doit être très-ménagée pour porter l’eau sur les terrains élevés et l’utiliser d’une manière plus complète. La même condition doit être remplie par les canaux de dérivation destinés à alimenter les chutes d’eau. Dans le troisième cas, il faut réduire la dépense en eau aux quantités strictement nécessaires pour faire franchir les écluses. Le canal est alors partagé dans sa longueur en segments dont la pente est nulle ou presque nulle, et, pour racheter l’inclinaison du terrain, ces segments sont reliés les uns aux autres par des écluses à sas (voyez Canal de navigation).
On a souvent besoin de connaître la vitesse moyenne de l’eau dans un canal pour évaluer la quantité d’eau qu’il débite, ou bien, au contraire, de fixer la pente qu’il doit avoir pour débiter une quantité déterminée d’eau. Voici les principaux résultats connus à cet égard.
La vitesse de l’eau dans un canal dont le profil est constant dépend : 1° de la différence de niveau de l’eau à ses deux extrémités, ce qu’on appelle la pente ou charge totale; 2“ des frottements que l’eau éprouve dans sa marche, soit de la part de l’air, soit de la part des parois du canal. Pour s’assurer de l’influence de l’air, même calme, sur la vitesse de l’eau, il suffit de lier ensemble par un fil court deux petits boules de cire mélangée avec d’autres substances, de telle sorte que l’une des boules soit un peu plus légère, l’autre un peu plus dense que l’eau et que l’ensemble de ces deux boules puisse flotter sur l’eau sans que la plus légère dépasse sensiblement le niveau de l’eau. Dao& une eau calme, les deux boules se
tiendront verticalement au-dessous l’une de l’autre ; maïs si on les jette dans de l’eau courante, la boule inférieure devancera toujours l’autre. La vitesse est donc un peu plus grande à une petite distance au-dessous de la surface qu’à la surface môme, ce qüi est dû au frottement de l’eau contre l’air. Le frottement contre les parois solides est beaucoup plus considérable.
Pour mesurer la vitesse V de l’eau à la surface dans un canal à pente et à profils réguliers, il suffit d’y plonger des flotteurs lestés de manière à ne pas dépasser sensiblement la surface du fluide et à mesurer le temps employé par ces flotteurs à parcourir une longueur déterminée du canal. On peut ensuite passer aisément de cette vitesse à la vitesse moyenne ou de régime de l’eau dans le canal. M. de Prony, en discutant les résultats de dixsept expériences de Dubnat, où la vitesse V à la surface et la vitesse moyenne ü étaient exactement connues, est arrivé à la^ formule suivante :
Au lieu de cette formule, on peut recourir au tableau cidessous, qui donne pour diverses valeurs de la vitesse V les valeurs du rapport
Vitesse de l’eau
Vitesse de l’eau
à la surface.
à la surface.
Quoique la vitesse à la surface soit un peu moins grande qu’un peu au-dessous, elle est cependant supérieure à la vitesse moyenne, à cause des frottements sur les parois du canal. L’usage du tableau qui précède est facile. Si l’expérience a démontré que la vitesse à la surface est,
par exemple, 0“,50, comme le rapport ^ correspondant
estO,78G,la vitesse moyenne U sera égale à 0'«,50XO,78G ou 0“,393.
Connaissant la vitesse moyenne de l’eau, pour évaluer le débit du canal ou la quantité d’eau qui passe par chacun de ses points en une seconde, il suffira de multiplier cette vitesse par la section transverse du canal. En désignant par D le débit, par A la section transverse, on a ;