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est devenu l’objet d’nn grand commerce ; il nous arrive dépouillé de son aubier, qui est de couleur jaunâtre, en bûches plus ou moins grosses, pesant quelquefois jusqu’à 200 kil. et vmgues de 1“,50. L’espèce la plus recherchée nous vient, des côtes du Mexique et est connue dans le commerce sous le nom de coupe d’Espagne; les coupes (V Haïti, de la Martinique et de la Guadeloupe sont de qualité inférieure, surtout les deux dernières.
CAMPHORIQUE (Acide). — Acide bibasique composé de carbone, d’hydrogène et d’oxygène (2H0,G2®Hi'»0®), provenant de l’oxydation du camphre par l’acide azotique bouillant. Le produit de cette oxydation est transformé en camphorate de potasse en faisant intervenir le carbonate de cette base afin d’éliminer le camphre non oxydé. On enlève ensuite la potasse à l’acide camphorique en employant un acide minéral. C’est un corps blanc, cristallisé, à saveur amère, soluble dans l’eau chaude, l’alcool et l’éther. Il perd par la chaleur ses 2 équivalents d’eau. Il est remarquable que la formule du camphorate d’ammoniaque représente de la cinchonine, plus les éléments de l’eau.
2(C20H14O6,AzH3,HO) = C40H2’*Az2O2 + 12HO
Camphorate d’am- ^Chichon^e7 moniaque.
Les deux corps dévient tous les deux à droite le plan de polarisation de la lumière.
L’acide camphorique a été découvert par M. Kosegarten et étudié par MM. Laurent, Walter et Malaguti. B.
CAMPHRE (Matière médicale). — Substance dont nous devons la connaissance aux Arabes (voyez Camphre, chimie) ; ils la nomment Caphur^ Camphur, d’où les Grecs de Constantinople ont fait le mot Camphora^ les Français Camphre. Les écrivains arabes ont été les premiers qui en aient parlé, et ils paraissent avoir eu une connaissance exacte de ce corps, dont les Grecs et les Romains ne font aucune mention. Le camphre nous vient de différents pays, et il est le produit de plusieurs plantes diverses; en effet, indépendamment de celui de Chine et du Japon , qu’on tire du Laurus camphora (voyez Camphrier), il nous en vient de Sumatra, de Bornéo, produit par un arbre que les Malais appellent Capour barros, c’est-àdire Camphrier barros; celui-ci est beaucoup plus estimé en Orient, et il passe pour ne jamais perdre de sa force, tandis que celui de la Chine s’altère avec le temps. On ne sait pas au juste quel est l’arbre qui donne ce camphre ; seulement son fruit, envoyé à la Société royale de Londres, a été disséqué, et on soupçonne que l’arbre qui le produit est très-voisin du Shorea robusta^ et probablement, selon Corréa, une espèce de ce genre Shorea, établi par Roxburgh. On a aussi retiré du camphre d’un grand nombre d’autres plantes; ainsi, d’un Cassia caneliifera, cité par Kæmfer; d’un de Perse et
d’Arabie ; de différentes plantes labiées, etc. C’est encore par les Arabes que le camphre a été introduit dans la thérapeutique ; ils lui reconnaissaient déjà une puissance réfrigérante et sédative; tour à tour niée et affirmée par des hommes également distingués , cette action a pourtant fini par être généralement reconnue. Aujourd’hui, il est employé comme antispasmodique, calmant, antiseptique, stimulant, diffusible, etc. dans une infinité de circonstances: ainsi, dans la goutte et le rhumatisme ; dans les fièvres typho-putrides, dans la peste ; les fièvres éruptives ; il a été assez efficace dans quelques maladies des voies urinaires, accompagnées de dysurie et de strangurie. On l’a employé avec succès dans presque toutes les maladies nerveuses. On voit, d’après cette énumération, qui pourrait être beaucoup plus longue, qu’il ne faut, pour l’usage d’un pareil médicament, rien moins que la science et les lumières d’un médecin instruit ; avec d’autant plus de raison qu’il possède des propriétés toxiques bien évidentes et bien reconnues, qui pourraient en faire un agent dangereux dans des mains inexpérimentées.
A l’extérieur , le camphre a rendu de grands services contre les ulcères de mauvaise nature, scorbutiques, dartreux, les gangrènes , la pourriture d’hôpital ; dans ces différents cas, on associe avec avantage le camphre et le quinquina en poudre. Dissous dans l’alcool, il constitue, sous le nom d’eau-de-vie camphrée, un des meilleurs résolutifs. On fait usage aussi de l’huile de camomille camphrée; les médecins prescrivent tous les jours de saupoudrer les vésicatoires de camphre pulvérisé pour neutraliser l’action irritante des cantharides sur la vessie. Dans ces derniers temps, M. Raspail, ayant émis une théorie d’après laquelle toutes les maladies ont pour
cause la presence d’insectes dans l’économie, avança que le camphre était le plus sûr moyen de les détruire, et par conséquent de guérir les maladies ; de là vient l’invention de ces petites cigarettes de camphre. Nous n’avons pas besoin de dire que les médecins n’ont pas adopté ces idees; on dira, et on a déjà dit, nous le savons bien, que c était parce que cela lésait leurs intérêts ; mais les médecins n ont qu’à répondre par la vaccine, dont ils sont
les plus zélés propagateurs. p ^
Camphre (Chimie) (C^<>H‘602). — Produit odorant exsudé par certaines plantes de la famille des Laurinées, et en particulier par le Laurus camphora, qui croît en Chine et au Japon. C’est un corps solide, blanc, formé de lamelles cristallines, élastiques, d’une odeur caractéristique, répandant des vapeurs à la température ordinaire, prenant un mouvement giratoire quand on le projette à la surface de 1 eau, ce qui tient à la production inégale de vapeur sur les divers points de sa périphérie. Il fond à ITà», se volatilise sans altération à 205; sa densité à l’état solide est 0,99 ; à l’état de vapeur, 5,32. Soumis à l’action de nombreuses étincelles électriques, il perd momentanément son odeur. Il est peu soluble dans l’eau, très-soluble dans 1 alcool et l’éther. De là un moyen simple de l’obtenir en poudre très-ténue; il suffit d’imprégner un linge de sa dissolution alcoolique concentrée et de l’exposer ensuite à l’air; l’alcool s’évapore et le camphre, trèsdivisé, peut être recueilli en secouant le linge vivement. On peut aussi le précipiter par l’eau de sa dissolution alcoolique. Il brûle avec une flamme très-fuligineuse. Par les déshydratants énergiques, l’acide phosphorique anhydre par exemple, il perd 2 équivalents d’eau et donne un carbure d’hydrogène, le camphogène.