PENTE PAR MÈTRE EN MILLIMETRES
Pour se servir de cotte table, sachant, par exemple, que la largeur est de 0“,7 5 et la pente 0“,0ül, descendez dans la première colonne de gauche jusqu’au nombre 0,76, puis avancez sur la ligne horizontale jusqu’à la colonne 1. Vous trouverez le nombre 0“‘’,4G5‘2.
Canal de navigation. — Il existe un assez petit nombre de cours d’eau naturels, qui réunissent toutes les conditions désirables aux transports par eau. Si leur courant offre aux marchandises qui descendent des facilités très-grandes, il est, au contraire, pour celles qui montent un obstacle que l’on ne peut le plus souvent vaincre qu’à très-grands frais. Ils sont d’ailleurs soumis à des débordements, des débâcles, des sécheresses, dont l’arrivée et la durée échappent aux prévisions, et laissent planer sur les arrivages une incertitude très-préjudiciable au commerce. Enfin, les dispositions du lit et de ses rives, les ponts qui les traversent, les usines qui les bordent, créent souvent des dangers auxquels toute l’habileté des mariniers ne peut pas toujours parer.
D’importants travaux ont pu considérablement améliorer le cours de plusieurs rivières, telles que l’Oise, la Sambre, la Somme. Mais ces travaux seraient impraticables ou entraîneraient à des dépenses extrêmement élevées, sans certitude de succès pour nos grandes rivières, et on a dû recourir à des canaux creusés à côté de ces cours d’eau : tels sont le ca7ial latéi'al de la Marne, le canal latéral de la Loire, le canal latéral de la Garonne.
D’un autre côté, il est souvent d’une grande utilité de réunir entre eux deux cours d’eau navigables, afin que l’on puisse passer de l’un dans l’autre sans quitter la voie par eau. Dans ce cas, on est obligé de traverser les contre- forts plus ou moins élevés qui séparent les deux bassins, et de donner au canal une double pente dont le point le plus élevé s’appelle point de partage. Ces canaux à point de partage sont nombreux en France ; tels sont : le canal des Ardennes reliant la Meuse à la Seine, le canal du Centre reliant la Loire à la Saône, le canal du Midi reliant, par la Garonne, la Méditerranée à l’Océan, le canal de Briare, etc.
Dans le premier cas, la prise d’eau nécessaire à l’alimentation du canal est faite sur le cours d’eau luimême; dans le second, elle a lieu au point de partage dans des réservoirs alimentés par des cours d’eau secondaires. Dans ce dernier cas surtout, la dépense en eau doit être le plus faible possible à cause de la faiblesse des ressources dont on dispose pour l’alimentation. La vitssse de l’eau dans le canal doit donc être presque nulle : dans tous elle est très-faible, et comme la pente générale est souvent considérable, il faut la racheter par des chutes convenablement espacées. Le canal est donc partagé en segments à pente nulle, appelés et
comme l’eau atteint des niveaux différents dans deux biefs successifs, on réunit ceux-ci par des écluses à sas destinées à permettre aux bateaux de franchir l’intervalle. Toute l’économie de ce système de navigation repose donc sur l’écluse à sas dont nous donnons la description sommaire.
Chaque écluse G {fig. 401) formée latéralement par des parois verticales est fermée à ses deux extrémités par des portes mobiles D,D, E,E, munies de vannes à leur extrémité inférieure. Son plafond est au même niveau que celui du bief d’aval B, et l’eau peut s’y élever au môme niveau que dans le bief d’amont A. Dans notre figure, les portes d’amont sont fermées et celles d’aval entr’ouvertes ; l’eau est au même niveau en C et en B. Si dans ces conditions nous voulons faire monter un bateau de B en A, nous le ferons passer d’abord en G, ce qui ne présente aucune difficulté, puis nous fermerons les portes E, E. Nous établirons alors une communication entre A et G au moyen des vannes. Le niveau de l’eau montera en G et le bateau s’élèvera en même temps; puis, quand l’eau sera à la môme hauteur en G qu’en A, on ouvrira les portes D et le bateau pourra passer. Si le bateau devait, au contraire, descendre de A en B, on fermerait les portes E,E, on ferait communiquer A avec G, et quand l’eau aurait atteint au môme niveau dans ces deux points, on ouvrirait les portes D,D, on ferait passer le bateau dans l’écluse, on refermerait les portes D,D, et on établirait la communication entre l’écluse et le bief d’aval. L’eau s’écoulerait de G, y atteindrait bientôt le même niveau qu’en aval, et on pourrait alors ouvrir les portes E,E pour pousser le bateau plus loin. La perte en eau est, comme on voit, pour chaque écluse, égale à la capacité de cette écluse, mais cette eau peut servir à toutes les écluses inférieures. No- . tre gravure 402 montre en perspective les portes dont | l’éclusier est en train d’ouvrir les vannes. Les portes sont d’un grand poids, mais surtout elles supportent de la part de l’eau une pression considérable quand le niveau n’est pas le môme des deux côtés, en sorte qu’il serait alors presque absolument impossible de les ouvrir,