CA N
CAN
-et, le pût-on, que Teau s’écoulant trop rapidement briserait infailliblement le bateau. Les vannes ne laissent que lentement remplir ou vider l’écluse, quoique chaque passage d’écluse ne dépasse guère dix minutes.
Tracé du canal. — Le tracé d’un canal de navigation est un travail important et difficile, parce qu’un plus ou moins grand nombre des points de son parcours sont déterminés par la position de centres commerciaux, de rivières à traverser ou à desservir, etc. En partant de ces données, il faut choisir le tracé qui réunit au plus haut degré les conditions d’économie dans l’exécution et l’entretien, de facile circulation et d’alimentation suffisante; se tenir en dehors de la zone des inondations à craindre et s’élever assez pour donner une issue facile sous le canal aux cours d’eau des vallées latérales. Il faut également, pour les canaux de partage, choisir le point de partage dans une position telle que l’alimentation des deux branches soit toujours assurée; pour les canaux de partage et les canaux latéraux, établir les points extrêmes de manière que l’entrée et la sortie soient toujours faciles.
La section transverse d’un canal est toujours le plus petite possible ; sa profondeur est telle que la hauteur n’y dépasse pas déplus de0“,-40 le tirant d’eau des bateaux en charge, et sa largeur est réglée de manière que deux bateaux seulement puissent passer en travers l’un de l’autre. Mais sous l’action de l’eau ce profil s’altère, le lit du canal s'ensable ou s’envase peu à peu ; il faut donc le curer de temps en temps. Cette réparation a, en général, lieu chaque année à la fin de l’été, époque ordinaire du chômage du canal.
L’établissement d’un canal donne presque toujours lieu à des travaux d’art importants, en dehors même des écluses :
ce sont des réservoirs d’alimentation., des aqueducs., des ponts-canaux., des souterrains., etc. La multiplicité plus ou moins grande de ces travaux, ainsi que les difficultés inégales qu’il a fallu surmonter pour établir le lit des divers canaux, font varier dans d’assez grandes proportions leurs frais de construction.
Ainsi le canal du Berry a coûté, en moyenne, 80 000 francs par kilomètre, tandis que le canal latéral de la Garonne a exigé 309 000 francs. La France possède près de 15000 kilomètres de canaux qui ont coûté environ 800 millions de francs; elle a en outre près de 8 000 kilomètres de rivières canalisées au moyen de barrages, écluses et autres travaux exécutés dans leur lit.
Pour entreprendre de pareilles dépenses, il faut que les canaux procurent au commerce de bien grands avantages ;
■c’est qu’en effet sur l’eau dormante la résistance à la traction est extrêmement faible ; un cheval suffit pour y mouvoir un bateau chargé. Les nombres suivants auront d’ailleurs une signification plus claire. Sur une bonne route macadamisée, les frais de transport sont de 20 centimes par tonne et par kilomètre; sur un canal, ils atteignent à peine 1 centime et demi ou treize ibis moins, en ne comptant pas les frais de péage. On conçoit donc que les canaux dépossèdent partout le roulage pour les marchandises lourdes et encombrantes qui n’ont pas besoin de vitesse. Avec les chemins de fer, la lutte est beaucoup moins inégale, parce que sur les voies ferrées les frais de transport ne s’élèvent qu’à 5 ou 6 centimes par tonne et par kilomètre, et que le chemin de fer présente des conditions de régularité et de vitesse que ne peut donner un canal.
Sur la plupart des canaux, le transport des marchan- ■dises est soumis à un péage destiné à couvrir les frais d’administration et d’entretien du canal en même temps que l’intérêt et l’amortissement du capital engagé dans sa construction. Ce péage est très-variable, certains canaux ayant été construits par des compagnies qui les exploitent , d’autres étant administrés par l’État. Sur ces derniers, le péage est très-réduit et ne s’élève guère, en moyenne, qu’à 2 centimes environ par tonne et par kilomètre. Ces tarifs ne sont nullement rémunérateurs; ainsi la recette de dix canaux administrés par l’État, et for-
mant ensemble une ligne de navigation de 1 970 kilomètres, n’a produit en six ans, de 1844 à i85l,que 25 297 327 francs. Les frais d’administration et d’entretien ont été de 21 921 852 francs. L’excédant n’a donc été que de 3 375475 francs pour six ans ou 562 579 francs par an, ou | p. 100 du capital de 270 millions qu’a coûté leur établissement. Ce serait là, sans doute, une mauvaise spéculation si l’accroissement de richesses qu’ils ont produit ne venait compenser et bien au delà les avances. On estime la circulation sur ces canaux à 100 000 tonnes par an parcourant le réseau dans toute sa longueur.
Sauf le canal qui relie le Rhin au Danube et quelques canaux en Suède, il n’existe pas dans les contrées de l’Europe situées à l’est et au midi de la France, de la Belgique et delà Hollande, de ligne de navigation artificielle qui mérite d’être citée. Mais tandis que la France compte 125 kilomètres environ de canaux par million d’habitants, l’Angleterre en compte 164 kilomètres, et les États- Unis 333. Le réseau américain a 8 000 kilomètres environ. La Hollande et la Belgique sont sillonnées de canaux.
Fig. 401. — Écluse de cana' vue en plan.
Fig. 402. — Manœuvre des vannes d’écluse
Historique. — L’établissement des canaux remonte à une haute antiquité ; les Égyptiens en avaient construit un grand nombre, dont les plus importants sont le canal du Nil à Alexandrie et au lac Maréotis, et le canal de l’isthme de Suez. Ces grands travaux étaient entièrement ruinés faute d’entretien dès le siècle dernier. Les Français rétablirent le canal d’Alexandrie pendant la campagne d’Égypte, et la reconstruction du canal de Suez, en projet depuis plusieurs années, est en voie d’exécution. Les Chinois ont également depuis des siècles construit des canaux; leur plus célèbre est le canal Impérial traversant la Chine du nord au sud, sur une longueur d’environ 1 300 kilomètres. Alexandre, chez les Grecs, forma le projet non exécuté de percer l’isthme de Corinthe. Les Romains creusèrent le canal des Marais pontins, et les émissaires destinés à assurer le niveau de plusieurs lacs en Italie. Le plus important, dû à l’empereur Claude, avait pour but de dessécher le lac Fucin. 30000 hommes furent pendant dix ans employés à ces travaux qui furent détruits par les eaux du lac, lâchées trop brusquement dans leur nouveau lit. Ils n’ont pas été repris depuis.
Charlemagne fit commencer un canal qui devait réunir le Rhin au Danube. Il fut obligé, par suite des difficultés d’exécution, d’abandonner ce projet réalisé depuis 1845 par le canal Louis, qui réunit le Danube au Meiu par l’Altmühl.
CAN
CAN
ooz
C’est au commencement du xv* siècle que deux ingénieurs italiens imaginèrent les écluses à sas. Cette importante innovation fut bientôt appliquée à Venise, en Hollande, en France, où elle fut importée par Léonard de Vinci au commencement du xvje siècle. C’est alors qu’on commença à en comprendre toute l’importance et qu’on en tira tout le parti possible. Dès ce moment, la construction des canaux prit une grande extension ; les projets surgirent de toutes parts. De 1G05 à 1610, Bouteroue et Guyon exécutent le canal de Briare ; celui du Languedoc est creusé par Paul Biquet de Bonrepos, de 1666 à 1684. Le mouvement ne se ralentit pas jusqu’à la révolution, où il fut suspendu pour “recevoir une nouvelle impulsion sous l’empire et les gouvernements qui se sont succédé jusqu’à ce jour. Plusieurs canaux commencés ne sont point encore complètement terminés; mais il est peu probable qu’on en ouvre dorénavant de nouveaux quelque peu importants, toute l’attention se concentrant actuellement sur notre réseau de chemins de fer. M. D.
Canal (Anatomie). — On appelle ainsi toute cavité étroite et allongée, qui donne passage soit à un liquide, soit à un organe quelconque dans le corps des animaux.
— C, de Bichat (nié par la plupart des anatomistes), repli de l’arachnoïde, situé au-dessus des tubercules quadrijumeaux. — C. de Ferrein, prétendu canal qui devait résulter de l’occlusion des paupières. — C. crural, C. inguinal (voyez Crural, Inguinal). — C. nasal, conduit qui succède au sac lacrymal, et qui transmet les larmes dans les fosses nasales. — C. médullaire, conduit qui occupe le corps des os longs, et dans lequel est logée la moelle. — C'. thoracique, tronc auquel viennent aboutir presque tous les vaisseaux lymphatiques. — C. vertébral, conduit formé par la succession des trous des vertèbres, et qui donne passage à la moelle épinière. — C. demicirculaires, nom donné à trois canaux creusés dans l’intérieur de la portion pierreuse du temporal, et qui s’ouvrent dans le vestibule. — C. salivaires, qui transmettent la salive des glandes où elle est produite jusque dans la cavité buccale; ce sont le C. de Sténon pour la parotide, le C. de Warlhon pour la glande sous-maxillaire. — Les C. hépatique, cystique et cholédoque, par lesquels s’écoule la bile, etc.
Canal (Botanique). — Nom que l’on donne à certaines parties de plantes creusées en gouttières ou formant un espace vide plus ou moins long dans leur intérieur. — Le canal médullaire est une lacune cylindrique ou prismatique que l’on trouve au centre des tiges dicotylédones et rempli dans les premières années par un tissu à cellules arrondies qui n’est autre chose que la moelle.
— Les canaux résinifères sont des intervalles qui se développent dans l’épaisseur du péricarpe de la famille des Ombellifères. Ils sont colorés , sécrètent une sorte de résine et sont placés plus ou moins au niveau de l’épiderme. Ils sont souvent visibles extérieurement sous forme de bandelettes.
CANALICULÉ (Botanique). — Terme qui s’emploie plus particulièrement comme une qualification de certains organes dont les parties sont creusées en gouttière. Ainsi, il y a des feuilles, des légumes, des graines, etc., canaliculés Exemple : les feuilles de l’éphémère de Virginie, de l’ornithogalle des Pyrénées, de la soude, du pin sylvestre, etc., sont allongées et creusées, ou pliées en gouttières dans toute leur longueur ; le légume du pois à fleur jaune pâle [Pisum ochrus) est relevé d’une double marge qui forme un canal le long de la suture; enfin, la graine du dattier est aussi canaliculée.
CANAMELLE (Botanique). — Voyez Canne a sucre.
CANARD (Zoologie), Anas, Lin. — Genre nombreux d’Ofseaux qui, avec le genre Marie (Mergus, Lin.), constitue toute la famille des bu me//fro5tr(?^,la quatrième de l’ordre des Palmipèdes. Les canards sont caractérisés par le bec grand, large et garni sur ses bords d’une rangée de lames saillantes, minces, transversales, qui paraissent destinées à laisser écouler l’eau quand l’oiseau a saisi sa proie. Cuvier et Milne-Edwards les divisent en trois sous-genres dont les limites ne sont pourtant pas trop précises. Ce senties Oies, les Cygnes, les Canards proprement dits. Le sous-genre des Oies [Anser, Brisson) a pour caractères : bec médiocre ou court, plus étroit en avant qu’en arrière, et plus haut que large à sa base ; les jambes plus élevées que chez les canards, et plus rapprochées du milieu du corps, leur facilitent la marche. Plusieurs vivent d’herbes et de graines. On les sous-divise en plusieurs sections qui sont : 1“ Les Oies proprement dites;
2° les Berna ches ; 8“ les Céréopsis (voyez ces mots). Le sous-genre des Cygnes {Cycnus, Meyer) a pour carac-
tères : le bec aussi large en avant qu’en arrière , plus haut que large à sa base; les narines à peu près au milieu de sa longueur, le cou fort allongé. Ce sont les plus grands oiseaux de ce genre (voyez Cygne).
Canards proprement dits, Anas, Meyer. — Ce sousgenre se distingue par un bec moins haut que large à sa base, et autant ou plus large à son extrémité que vers la tête ; les jambes plus courtes et plus en arrière qu’aux oies leur rendent la marche facile; ils ont aussi le cou moins long ; leur trachée-artère se renfle à sa bifurcation, en capsules cartilagineuses. La première section des’ c&nards comprenant les les Garrob?, les Eiders,
les Millouins, est caractérisée par : le pouce bordé d’une membrane, les doigts plus longs, les palmures plus entières, les tarses plus comprimés, la queue plus roide, les ailes plus petites, le cou plus court, les pieds plus en arrière; ces espèces marchent plus mal, vivent plus exclusivement de poissons et d’insectes, et plongent plus souvent. 1" Les Macreuses ont le bec large et renflé ; la Macreuse commune {Anas nigra, Lin.) {fig. 403), est
Fig. 403 — Macreuse commune. (Long. 0'“,40.;
noire, grisâtre dans sa jeunesse, le bec très-large, garni sur sa base d’une protubérance; elle vit en grandes troupes, le long de nos côtes, principalement de moules ; sa longueur totale est de 0“>,40 à 0“,45. Les maci'euses arrivent en bandes nombreuses sur nos côtes ; lorsqu’elles, descendent au midi pour y passer l’hiver, et lorsque, au, printemps, elles regagnent les pays froids, elles nagent avec une grande agilité et courent sur les vagues comme les pétrels. La Double Macreuse [Anas fusca. Lin.) est beaucoup plus grosse et a une tache blanche sur l’aile. Elle est moins commune. 11 y en a encore quelques autres espèces que nous ne pouvons citer. 2° Les Garrots ont le bec court et plus étroit en avant, les uns ont la queue pointue, tels sont le C. de Terre-Neuve {Anas glacialis. Lin.) ; le C. arlequin [Anas histrionica. Lin.) ; les autres,, ou les Garrots ordinaires, ont la queue ronde ou carrée ; nous citerons le Garrot commun {Anas clangulœ. Lin.), qui est blanc, la tête, le dos et la queue noirs ; l’hiver, il vient du Nord, et niche quelquefois sur nos étangs. 3» Les Eiders ont aussi le bec étroit en avant, mais plus long que les garrots, et remontant plus haut sur le front, où il est échancré par un angle de plumes. l/Eider commun [Anas mol lissima,\j^t\\^ est blanchâtre, à calotte, ventre «t queue noirs; la femelle est grise maillée de brun ; il mesure de 0‘n,60 à 0“,65 de longueur sur 0'“,85 d’envergure. Cet oiseau est célèbre par le précieux duvet qu’il nous fournit, et qui est connu sous le nom Aii édredon {fig. 404). Il habite les mers glaciales , et abonde surtout en Islande, en Laponie, au Groenland; on le trouve aussi aux Orcades et aux Hébrides, et même en Suède. Ils ne descendent pas, au midi, plus loin que la côte nord de l’Angleterre, encore n’y rencontre-t-on que des individus isolés. Les eiders nichent au milieu des rochers baignés par la mer, et les familles du pays se transmettent comme une propriété assez importante, les points de la côte qu’elles possèdent, lorsqu’elles sont fréquentées par
CâN
CAN
uO J
CCS oiseaux au moment de la ponte ; c’est là qu’on récolte l’édredon; la femelle en garnit son nid, et lorsqu’on a enlevé cette précieuse dépouille, elle arrache de son ventre «ne nouvelle provision de duvet pour la remplacer. On s’en
Fig. 404. — L’Eider commun. (Long. OnijeO.)
procure aussi une certaine quantité arrachée après la mort, mais il est beaucoup moins estimé. 4® Les Millouins ont le bec large et plat, sans particularité notable. Le Millouin commun {Anas ferinUy Linné) est cendré, finement strié de noirâtre, la tète et le haut du cou roux ; le bas du cou et la poitrine bruns ; le bec plombé clair. Il niche quelquefois dans les joncs de nos étangs. Son cri est un sifflement grave, et ce caractère qu’on retrouve dans plusieurs autres espèces, lui a fait donner, ainsi qu’à celles-ci, par quelques ornithologistes, le nom de C. •iiffleur. h^Millouin huppé [Anas rufîna, Lin.), dit aussi C. siffleur huppé ^ est noir, le dos brun, la tête rousse. Il habite les bords de la mer Caspienne, et est quelquefois porté par les vents jusqu’en nos contrées (Guv.). ~Lq Morillon (A. fuligula Lin.), noir, les plumes de l’occiput prolongées en huppe,» le ventre blanc et une tache pareille à l’aile. Il nous vient assez régulièrement tous les hivers ; 0“,43 de longueur.
La seconde section des canards proprement dits se distingue par : le pouce non bordé d’une membrane, les pattes moins reculées, la marche plus facile, la tête plus mince, le cou plus court ; ils plongent rarement, et se nourrissent de plantes et de graines aquatiques autant que de poissons; ce sont les C. communs^ les Souchets^ les Tadornes^ les Sarcelles. 1“ Les (7. communs.^ parmi lesquels figure en première ligne le C. ordinaire {Anas boschas^ Lin.). Il est reconnaissable à ses pied'S aurore, à son bec jaune, au beau vert changeant de la tête et du croupion chez le mâle , et aux quatre plumes du milieu de la queue, qui chez lui sont recourbées en demi-cercle. La femelle, comme dans toutes les espèces de ce genre, est privée des couleurs qui ornent le mâle. G est la souche de la plupart des races que nous élevons, et il comprend en même temps le C. sauvage et le C.domestiqne.Yers la mi-octobre, les sauvages commencent à se montrer par petites bandes dans nos campagnes ; quelques semaines plus tard, ils deviennent plus abondants, et on les reconnaît à leur vol élevé, aux lignes inclinées, et aux triangles réguliers qu’ils forment dans l’air ; c’est surtout le soir qu’ils voyagent, et le sifflement de leur vol signale leur passage. Ils se tiennent sur les étangs et les rivières, et y vivent de petits poissons, de grenouilles, de graines, etc. Ils vont ensuite passer 1 été dans le nord. Au printemps, ils se séparent par paires et nichent dans les marais sur une touffe de jonc. Leur ponte est, en général, de dix à quinze œufs, qu’ils couvent pendant trente jours. Les petits vont à 1 eau avec leur mère des le jour de leur naissance, mais ils ne peuvent voler que vers l’âge de trois mois ; dans cet état, ils portent le nom de Hallebrans. Il est à remarquer que les petits canards provenant d’œufs de canards sauvages, sont farouches, et ont quelque peine à s’apprivoiser; mais cet instinct cesse au bout de quelques générations. La chair du canard est un aliment agréable, et celle du sauvage est bien plus recherchée. On plume ces oiseaux aux mois de mai et de septembre, et cette récolte est un objet de commerce d’une certaine importance. La voix du canard est bruyante et rauque, et cette résonnance est due à la conformation de la trachée artère qui, avant sa bifurcation pour arriver au poumon, SC dilate en une sorte de vase osseux et cartilagineux Les femelles ont la voix plus forte, plus suscep-
tible d’inflexions, et elles sont plus loquaces que les mâles. La chasse aux canards sauvages se fait à la glanee, à la pince, à la hutte., aux filets, etc.; mais la chasse au fusil , comme exercice et amusement de chasseurs, est la plus intéressante; elle se fait ordinairement en bateau, et lorsqu’on est plusieurs, et que les étangs sont de médiocre grandeur, il est bon qu’il y ait quelques chasseurs sur le bord de l’étang pour tirer ceux qui s’écartent. Il est à peine besoin de dire qu’un chien est indispensable pour cette chasse. On élève aussi dans nos basses-cours une autre espèce, le C. musqué {A)ias moschata, Lin.), désigné mal à propos sous le nom de C. de Barbarie., car il est originaire d’Amérique, où on le trouve encore sauvage ; il se mêle aisément à nos canards ordinaires ; il est beaucoup plus gros; on lui donne jusqu’à 0'",G5 de longueur, et il se distingue par les caroncules rouges dont sa tête est couverte. Il répand une odeur de musc très-prononcée. Ges deux espèces se mêlent facilement, 2° Les Souchets sont remarquables parleur long bec, dont la mandibule supérieure est élargie au bout. Les lamelles en sont si longues et si minces, qu’elles ressemblent plutôt à des cils. Ils vivent de vermisseaux, qu’ils recueillent dans la vase au bord des ruisseaux. Le Souchet commun (Anas clypeata. Lin.), est un très-beau canard à tête et cou verts, blanc sur la poitrine, roux au ventre, qui nous vient du Nord vers le printemps, et se répand dans nos marais. Sa chair est très-recherchée (0™,50 de long). G’est, suivant Guvier, le Chenerotes de Pline ; la Bretagne, dit l’auteur latin, ne connaît pas de mets plus délicat (lautior) que les Chénalopèces (Bernache armée. Oie d’Égypte) et les Chénerotes. 3® Les Tadornes ont le bec très-aplnti vers le bout, relevé en bosse saillante à sa base. Le Tadorne commun (Anas faeforwa, Lin.) est le plus vivement peint de tous nos canards; blanc, à tête verte; une ceinture cannelle autour de la poitrine, l’aile variée de noir, de blanc, de roux et de vert pourpré. Très-commun sur les bords de la mer dans le nord de l’Europe; il se montre aussi en assez grand nombre au printemps sur nos. côtes ; il est un peu plus grand que le canard commun. 4" Les Sarcelles sont un groupe de petites espèces de canards, qui ne diffèrent guère du canard commun que par la taille. La Sarcelle ordinaire (Anas querquedula,lA\\.) est maillée de noir sur un fond gris, un trait blanc autour et à la suite de l’œil ; elle est commune sur nos étangs au printemps et en automne , et se porte dans le Nord pour couver. Sa taille ne dépasse pas 0“,41 . La Petite Sarcelle (Anas crecca, Lin.) est beaucoup plus commune dans nos contrées, où elle fait sa ponte. Elle est finement rayée de noirâtre, la tête rousse , une bande verte à la suite de l’œil. On la trouve aussi dans l’Amérique du Nord. Elle atteint à peine 0“,38 de longueur. Nous n’avons pu citer dans cet article qu’un petit nombre d’espèces du grand sous-genre des Canards proprement dits; nous sommesobligées de renvoyer aux Traités spéciaux de Temminck, de Lesson, etc.; aux Dictionnaire d’histoire naturelle de Déterville; Dictionnaire des sciences naturelles de Levrault, etc. Ad. F.
Ganard (Économie rurale). — On doit ranger au nombre des oiseaux utiles le canard devenu domestique (voyez l’article précédent) ; il se multiplie avec la plus grande facilité, exige peu de soins, môme dans le premierâge ; mais comme il a besoin d’eau, et qu’il ne profite que dans les lieux aquatiques, il ne faut pas trop penser à l’élever avecavantage dans les lieux secs et arides. Il n’y a guère que deux et tout au plus trois variétés qu’on élève dans nosbasses-cours ; savoir : le C. commun ou barboteur; le C. musqué, improprement dit de Barbarie; puis, lorsque la basse-cour est peuplée de ces deux espèces, le C. métis qui en est le produit. Le canard sauvage a fourni le canard domestique auquel il se môle volontiers ; souvent la cane sauvage niche sur la crête d’un arbre, et descend ses petits en les portant avec son bec dans l’eau voisine. Le canard musqué, étant un peu sauvage, s’avance quelquefois très-loin dans les cours^ d’eau, et souvent il ne peut pas retrouver le chemin delà ferme. Il importe donc de ne l’élever que dans des pro~ priétés closes, et d’où il ne puisse sortir. Le canard barboteur pourrait se diviser en deux variétés : la première, plus grosse, se trouve en Normandie, en Picardie et danj^ d’autres provinces, on préfère une espèce moyenne encore plus barboteuse que l’autre ; celle-ci est plus féconde, exige moins de soins, et n’a pas le défaut de déserter la ferme pendant plusieurs jours de suite. Lorsque les canes ont une nourriture suffisante, et qu’elles sont dans un endroit qui leur plaît, elles commencent leur ponte dès les premiers jours de mars, et la continuent jusqu’à la-
CAN
CAN
fin de mai. Il faut alors les surveiller de près , parce qu’elles pondent dans le premier endroit venu, et si l’on ne trouve pas leurs œufs, elles les couvent, et amènent un beau jour à la ferme leur jeune famille. Elles n’abandonnent pas le nid où elles ont pondu une fois. Une cane pourrait pondre de suite cinquante à soixante œufs, si la couvaison ne venait interrompre la ponte; le meilleur moyen de retarder ce moment, c’est d’enlever les œufs à chaque ponte. Les œufs de cane, plus gros que ceux de la poule, sont aussi délicats à manger. Leur coque paraît plus lisse, ils sont de couleur verdâtre ; le jaune est gros, assez foncé. La cane n’est pas naturellement disposée à couver, et pour l’y inviter, on laisse vers la fin de la ponte quelques œufs dans le nid. Elle peut en couver de huit à douze. Pendant le couvage, elle demande quelques soins ; ainsi , on devra lui mettre sa nourriture devant elle ; il faut qu’elle soit suffisante, mais pas en trop grande quantité, elle couverait moins bien. La couvaison dure trente jours , et les premières couvées de l’année sont toujours les meilleures. Du reste, la couvaison des canes a quelques inconvénients résultant, soit de leur négligence, soit de ce qu’elles conduisent trop tôt leurs petits à l’eau ; aussi, arrive-t-il souvent dans les fermes, de faire couver les œufs de cane par des poules ou des poules d’Inde. L’éducation des canetons ne demande pas des soins minutieux ; ainsi, leur nourriture se composera d’abord de pain émietté, imbibé de lait, d’eau, d’un peu de vin ou de cidre ; quelques jours après, on leur fera une pâte avec une pincée de feuilles d’orties cuites, hachées, mêlée d’un tiers de farine de blé de Turquie, de sarrasin ou d’orge ; puis des herbes potagères crues et hachées, etc. Les canards sont très-gloutons, et on peut dire qu’ils mangent de tout ; ainsi, les balayures, les criblures de greniers, les racines, les fruits, tout leur est bon, pourvu que cela soit humecté. Mais c’est surtout dans les eaux des rivières, des étangs et des mares, qu’ils trouvent leur nourriture. La plume des canards est un revenu d’une certaine importance dans les fermes ; mais elle est infiniment moins estimée que celle des oies. Ad. F.
GANARDIÈRE (Chasse). — On a donné ce nom l^à un grand fusil, avec lequel on peut tirer de loin les canards, qui sont difficiles à approcher ; 2° à un lieu couvert et préparé dans un étang ou un marais, pour prendre ces oiseaux.
CANARI (Zoologie) . — Nom vulgaire du seiHn de Canarie (voyez Serin).
CANGELLAIRES ( Zoologie ) , Cancellaria, Lamk. — Genre de Mollusques gastéropodes pectinibr anches., famille des Buccinoïdes , détaché par Lamarck du genre Volute. Ce sont des coquilles marines, testacées, univalves, dont presque toutes les espèces d’une forme élégante sont très-recherchées dans les collections.
CANCER (Médecine). — Ce nom tout latin, et qui, dans cette langue, signifie crabe, a été donné à la maladie qu’il désigne, soit parce que les vaisseaux dilatés et engorgés qui rampent à la surface des tumeurs cancéreuses du sein, ont donné l’idée d’une ressemblance avec cet animal, soit parce que, cette maladie désorganisant et détruisant tous les tissus, on a pensé qu’un animal de cette espèce dévorait les parties malades : quoi qu’il en soit, le cancer attaque tous les tissus, excepté l’épiderme et peut-être les cartilages articulaires; cependant le sein, l’utérus, la vessie, l’estomac, le rectum, sont les organes où on l’observe le plus souvent ; puis la peau, et surtout la peau du visage, des lèvres, le foie, les reins, la vessie, la prostate, etc. ; enfin, les os eux-mêmes où il constitue V ostéosarcome (voyez ce mot) ; du reste, il faut dire qu’on a confondu sous le nom de cancer une multitude d’affections qui présentent entre elles des différences assez notables ; l’on est en droit d’espérer que les travaux d’anatomie pathologique et les recherches microscopiques qui se poursuivent viendront éclairer ce point encore si obscur de la pathologie. Aujourd’hui donc on considère les tumeurs cancéreuses comme formées, soit de la matière squirreuse,%o\i àe\di. matière encéphaldide o\\ eéréhriforme {voyez Encéphaloïde). Cette dernière a surtout pour caractère de laisser écouler par la pression un liquide crémeux connu sous le nom de pus eancéreux., qu’on rencontre aussi, mais d’une manière moins constante, dans la forme squirreuse. Au reste, le cancer se substitue à tous les tissus au sein desquels il se développe, et il se reproduit, lorsqu’il a été enlevé, en vertu d’une cause tout à fait inconnue. Il est facile de concevoir, d’après ce qui vient d’être dit, combien sont obscures les causes 4u cancer; signalons seulement les faits : il n’apparaît
pas avant l’âge de trente à trente-cinq ans. Il est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, dans les climats chauds que dans les pays froids ; on le remarque plus souvent à la suite des grandes commotions politiques; les chagrins, les privations, semblent favoriser son développement; enfin l’hérédité paraît jouer un grand rôle dans sa production. Dans l’ignorance où l’on est de la cause du cancer, les auteurs ont admis en général une diathèse cancéreuse (voyez Diathèse), un vice général de l’économie qui vient produire ses effets de dégénérescence spéciale dans telle ou telle partie.
Une tumeur se développe lentement avec un accroissement progressif : elle est d’abord dure, peu ou pas douloureuse, sans chaleur, sans changement de couleur; elle est plus ou moins inégale, les glandes voisines se tuméfient; de tem ps en temps il survient des élancements douloureux, vifs, lancinants; l’accroissement devient plus rapide, les douleurs sont plus vives, plus persistantes ; nous supposerons pour plus de clarté qu’il s’agit d’un cancer du sein : la malade commence à maigrir, son teint devient d’un jaune paille. Ici se manifeste cette altération profonde de l’organisation, connue sous le nom de cachexie cancéreuse [voyez Cachexie), caractérisée par l’air de souffrance, la pâleur, l’amaigrissement progressif, etc. Bientôt la tumeur commence à faire plus de saillie, la peau, qui est devenue adhérente, prend une teinte rougeâtre, livide, les veines superficielles s’engorgent, se gonflent ; alors, à l’endroit où la couleur de la peau est plus vive, il se fait une petite fente d’où s’écoule une sérosité sanieuse ; le cancer est ulcéré; les bords de la petite plaie s’écartent, des végétations s’y forment, l’ulcêre fournit un pus sanieux, fétide, les douleurs sont cuisantes, la plaie s’agrandit tous les jours ; il survient des hémorrhagies, une fièvre de consomption mine les forces de la malade, la mort vient plus ou moins vite terminer ce drame de souffrance ; voilà le cancer dans toute sa laideur, et malheureusement la science n’a que peu de moyens à opposer à' un mai aussi redoutable. Gomme traitement local, on a proposé successivement les résolutifs en topiques, tels que cataplasmes de toutes espèces résolutives, pommades mercurielles ou iodées, ou d'iodure de potassium, emplâtres fondants, de ciguë, de vigo; les antiphlogistiques , sangsues, ventouses, cataplasmes émollients; les narcotiques., tels que cataplasmes, fomentations , embrocations , onctions avec les préparations d’opium, de belladone, de jusquiame, de datura, etc. La compression méthodique au moyen de disques d’amadou convenablement appliqués sur la tumeur, maintenus et serrés avec une bande de toile. La cautérisation a eu des partisans nombreux, plusieurs caustiques ont été mis en usage pour enlever les tumeurs cancéreuses : ainsi la pâte de Rousselot ou de frère Côme., ou pâte arsenicale, qu’on doit employer avec la plus grande circonspection, à cause de l’arsenic qu’elle contient ; la pâte de Canquoin au chlorure de zinc ; le caustique de' Vienne, à la potasse caustique; le caustique sulfo-safrané, de M. Velpeau, à l’acide sulfurique, etc. Tous ces moyens comptent quelques succès. Enfin, V enlèvement de la tumeur par l’instrument tranchant est le moyen le plus efficace, et le succès sera d’autant plus sûr que la tumeur sera moins ancienne et moins volumineuse, qu’elle sera plus localisée, que les glandes lymphatiques voisines ne seront pas i engorgées, que les douleurs lancinantes seront plus rares, . que le malade, en un mot, sera dans de meilleures conditions de santé, et ne présentera aucun des symptômes a
qui caractérisent la cachexie cancéreuse ; cependant il est >
des circonstances où il ne faudrait pas reculer devant ^
une opération avec des conditions moins favorables ; et la '
science est riche de faits qui doivent encourager dans cette voie un chirurgien habile et dévoué : dans tous les cas, lorsqu’on se décide à enlever une tumeur cancé- • reuse, il ne faut rien laisser qui puisse reproduire la maladie, et toute partie suspecte doit être enlevée impi- i
toyablement. Dans le traitement général du cancer, la ’
ciguë tient le premier rang; on l’a donnée en poudre, en t
extrait; mais dans ces derniers temps, MM. Devay et |
Guillermond, considérant que les semences de ciguë mûres et récoltées dans le Midi contiennent plus de co- ' nicine (principe actif de la ciguë) que les feuilles, ont " employé ces semences mômes contre les affections can- i céreuses : on a fait usage aussi de la belladone, de la f jusquiame, de l’aconit, du laurier-cerise, de l’acétate de ■' cuivre, de l’arséniate de soude, de l’hydrochlorate de baryte, de l’iode; enfin, devons-nous citer le lézard gris, ' vanté par J. Florès, médecin de Guatimala ? l’eau pure ? employée par Pouteau, de Lyon? et l’eau distillée, que é
CAN
CAN
William Lambe, médecin anglais, conseillait de donner aux malades pour toute nourriture? F — n.
Cancer, Cancre (Zoologie). — Voyez Crabe {Crustacé]).
CANCHE (Botanique), Aira, Kunth. — Genre de plantes de la famille des Graminées, tvihw des Avénacécs. 11 comprend des herbes gazonnantes appartenant aux régions tempérées. La C, cary ophy liée {A. caryophillea,lÀn.) est une plante annuelle que quelques auteurs font entrer dans le genre Avoine, à cause de sa glumelle inférieure bidentée ou bifide au sommet. Elle ne s’élève guère à plus de 0“,25. Ses tiges sont grêles, dressées, et ses panicules sont étalées après la floraison. La C. flexueuse \A. flexuosa. Lin.) est vivace et plus grande. Ses feuilles sont très-étroites et son arête plus longue de moitié que la glumelle, tordue à la base. Elle fournit un bon pâturage. D’après M. de Gasparin, son produit par hectare est de 3 569 kilog. de foin. La C. gazonnante [A.cespitoso, Lin. ) a les feuilles larges et l’arête presque droite. Ces trois espèces sont indigènes ; elles sont très-répandues sur un grand nombre de points du globe. Les deux dernières font partie, suivant quelques auteurs, du genre Deschampsia, établi par Palissot de Beauvois et présentant, entre autres caractères, l’arête de la glumelle inférieure insérée à là base de celle-ci. Caractères du genre : épillets composés de 2 fleurs, rarement de 3 ; glumelle inférieure tronquée à 3-5 dents ; arête tordue à sa base et naissant sur le dos de cette glumelle. G — s.
CANCRELAS, Kakerlac (Zoologie). — Nom vulgaire Blatte dé Amérique (voyez Blatte).
CANCROÎDE (Médecine), du latin cancer, et du grec eidos, aspect). — Ce nom avait d’abord été donné par Alibert à la maladie connue aujourd’hui sous celui de kéloïde (voyez ce mot). Aujourd’hui, on appelle cancroïdes les tumeurs d’apparence cancéreuse qui affectent la peau et les muqueuses et qui, une fois ulcérées, envahissent successivement les tissus tant en largeur qu’en profondeur ; ces vues nouvelles, basées sur les travaux de M. Lebert, tendraient à distinguer d’une manière tranchée les cancroïdes des affections cancéreuses (voyez Cancer).
CANDI (Économie domestique), — Ce mot vient-il du latin candidus, blanc, ou de ce que c’est dans l’île de Candie que cette préparation a été faite pour la première fois ? — Quoi qu’il en soit, on donne le nom de sucre candi, au sucre cristallisé régulièrement ; pour l’obtenir on prend du sirop de sucre qu’on laisse évaporer par la chaleur, jusqu’à ce qu’une goutte versée sur un corps froid se fige sans s’étaler ; alors on le verse dans un vase qui aura été préparé à cet effet, et dans lequel on aura disposé des fils en différents sens. Les cristaux viendront se former autour de ces fils. On donne le nom de fruits candis, à des fruits confits, entiers ou coupés par morceaux, sur lesquels on verse une couche de sucre qu’on a fait cuire et refroidir.
CANE (Zoologie). — Femelle du Canard.
GANEFICIER (Botanique), Cassia fistula. Lin. — Espèce du genre Casse.
CANEPÉTIERE (Zoologie). — Nom vulgaire de la petite Outarde. ^
CANETON (Zoologie). — C’est le nom qu’on donne au petit Canard.
CANICHE (Zoologie). — Nom vulgaire du Chien barbet (voyez Races canines).
CANICULE ou SiRius (Astronomie), étoile du Grand Chien, la plus brillante du ciel. — Les anciens appelaient jours caniculaires ceux où Sirius se levait le matin en même temps que le soleil : c’était alors l’époque de la plus grande chaleur (voyez Saisons).
CANIN (Anatomie, Physioloaie), du latin caninus, de chien, qui tient du chien. — On appelle faim canine,
une faim que rien ne peut apaiser (voyez Boulimie).
On nomme dents canines, ou angulaires ou œillères, celles qui sont placées entre les incisives et les petites molaires, il y en a deux à chaque mâchoire dans l’homme. — La fosse canine est une dépression qu’on remarqué à l’extérieur de l’os maxillaire supérieur, un peu audessus de la dent canine. Le muscle canin s’insère sur cette branche et va se terminer à la commissure des lèvres, c’est le sus maxillo-labial, Ghauss., ce muscle élève la commissure et la porte un peu en dedans, il produit par ses contractions, le mouvement particulier qu’on exécute dans cette espèce de sourire qui marque le dédain et qu’on nomme ns moqueur, ris sardonique ou ris canin • il est surtout remarquable lorsque la contraction n’a lieu que d’un côté.
CANITIE (Médecine), du latin canus, blanc. — Par ce
mot on entend la blancheur des poils et surtout des cheveux. La canitie présente des variétés infinies ; on a vu des canities partielles, d’un seul côté de la tête, par exemple (Gullerier). On l’a vue commencer à quinze ou dix-huit ans, tandis qu’il y a des vieillards de plus de soixante ans qui n’ont pas un cheveu blanc. Elle est originelle c\vqz les Albinos (voyez ce mot). On a dit que les femmes blanchissaient plus tôt que les hommes, les roux plus tôt que le.s bruns ; il ne manque à ces assertions que des faits biea établis. Les causes de la canitie sont peu appréciables, et à part quelques exemples de commotions, de terreurstrès-vives qui ont fait blanchir les cheveux presque instantanément, on en est réduit à de simples conjectures sur l’influence que peuvent exercer les excès de table, les maladies, les travaux de l’esprit, etc. Plusieurs moyens ont été employés, et on peut dire sans succès, pour ramener les cheveux à leur couleur naturelle ; nous ne parlerons pas des nombreux médicaments internes dont l’efficacité est tout à fait nulle ; quant aux moyens externes,, qui consistent tous en des topiques plus ou moins liquides appliqués sur les cheveux, nous dirons que ceux qui, par l’énergie de leur action, pourraient avoir quelque efficacité, ont de graves inconvénients, et que les moyens doux, sont sans effet.
CANNA (Botanique) (voyez Balisier).
CANNABINE (Zoologie) (voyez Linotte).
Cannabine (Botanique). — Nom donné à plusieurs espèces de plantes ; ainsi : VEupatoire chanvrine [Eupat. cannabinum. Lin.); la Guimauve à feuilles de chanvre {Althœa cannabina. Lin.) ; le Chanvre du Canada [Apocynum cannabinum. Lin.) ; le Galeopsis tetrahit ou Cu7inabina; enfin et plus particulièrement la Cannabine de Crète {Datisca cannabina. Lin.) (voyez Datisqüe et lesautres mots cités plus haut).
GANNABINÉES (Botanique). — Petite famille de plantes Dicotylédones qui faisait autrefois partie des Urtice'es et qu’Endlicher en a extraite à cause principalement de ses 5 étamines insérées au bas du calice, son ovaire libre avec un ovule suspendu, son fruit qui est un caryopse indéhiscent, son embryon en crochet ou contourné en spirale et dépourvu de périsperme. Cette famille habite les régions tempérées et ne comprend que deux genres, le Chanvre et le Houblon. G — s.
CANNABIS (Botanique). — Nom botanique du chanvre.
GANNAMELLE. — Voyez Canne a sucre.
CANNE A SUCRE , Ganamelle , Cannamelle (Botanique), de canna, roseau, et mel, miel; canne mielleuse. — Nom vulgaire du genre Saccharum, Lin.; de l’arabe soukar, d’où les Grecs ont fait sakchar, les Latins saccharum, les Anglais sugar, les Allemands sucker, et enfin les Français sucre, appartenant à la famille des Graminées, tribu des Andropogonées. Les canamelles sont de grandes plantes à panicule rameuse, composées d’épillets portant à lem* base de longs poils. Ces épillets sont géminés et biflores, à fleur inférieure neutre, à une seule glumelle, à fleur supérieure hermaphrodite à deux glumelles ; celles-ci sont hyalines, c’est-à-dire présentant la transparence du verre. La C. officinale (S. officinarum,\Àx\.), qui est la canne a sucre proprement dite, est une plante qui s’élève souvent à 4 mètres. Ses feuilles, qu’on ne voit guère qu’à la partie supérieure, parce qu’à la base elles se dessèchent au fur et à mesure que la plante grandit, sont allongées, étalées. Sa panicule, qui atteint quelquefois jusqu’à 1 mètre de long, est très-soyeuse. On s’accorde généralement aujourd’hui à penser que cette espèce est originaire des Indes orientales. Les Chinois, dit-on, ont connu l’art de la cultiver et d’en extraire le sucre près de 2000 ans avant les Européens. Selon Robertson, les Égyptiens, après l’établissement de leur monarchie, furent les premiers peuples qui firent connaître à l’Europe les productions de l’Orient. Ils introduisirent ainsi la canne à sucre par leur commerce. La canne d’Otahiti est la variété la plus importante et la plus généralement cultivée dans les colonies. Apportée de l’île de France par Bougainville, elle a passé de là aux Antilles et ensuite sur le continent du nouveau monde. Les propriétés du suc qu’on extrait des tiges de la canne se retrouvent à peu près semblables dans la C. violette {S. violaceum, Tussac.), cultivée dans l’Inde et en Amérique, et dans la C. de Chine (S. sinense, Roxb.); l’une est employée spécialement pour la fabrication du rhum, l’autre contient encore plus de sucre que la canne ordinaire. G — s. Canne a sucre (Économie domestique). — Voyez Sucre.
GANNEBERGE (Botanique), A des Murais, Vaccinium oxycoccos. Lin. — Voyez Airelle.
CANNELLE (Matière médicale), et non pas Ganelle.
CAN
CAN
comme quelques-uns l’ont écrit. — Seconde écorce des jeunes branches du cannelier [Laurus cinnamomum)^ qui croît surtout dans l’île de Geylan ; cet arbre, qui s’élève à 7 ou 8 mètres, appartient à la famille des Laurinées^ de de Jussieu. Ses feuilles ressemblent à celles du laurier commun ; ses fleurs dioïques situées à l’extrémité des rameaux exhalent une odeur suave. Le fruit est une drupe ovale, d’un brun bleuâtre. La cannelle se tire des branches do trois ou quatre ans ; après l’avoir enlevée, on l’étend sur des linges et on l’expose au soleil, où elle sèche en se roulant ; sa couleur est jaune rouge; elle a une saveur trèsaromatique. On distingue dans le commerce plusieurs espèces de cannelle dont la qualité dépend de l’âge, de la culture, de l’exposition. La première espèce, dite C. fine ou de Ceylan^ est mince comme une carte, roulée, d’une couleur fauve, d’un goût agréable et doux, sans arrièregoût. La seconde, la C. moyenne ou de Cayenne^ se rapproche de celle-ci par l’odeur et le goût ; elle est plus pâle et plus épaisse ; enfin la dernière espèce, la moins estimée, c’est la C. grossière ou de Chine ; celle-ci est encore plus épaisse, rougeâtre, d’une odeur plus forte, d’une saveur moins agréable. On préférera cannelle fine pour les usages médicinaux. On distingue encore la C, mate, qui provient du tronc du cannelier de Geylan ; c’est une variété de la première espèce ; sa cassure est fibreuse et brillante; elle est d’une qualité inférieure. Le prix élevé de la cannelle de Geylan rend son usage assez rare en médecine, et on lui substitue le plus souvent celle de Ghine, qui est beaucoup moins aromatique et moins sucrée. La cannelle est un médicament éminemment tonique et cordial ; on l’emploie en poudre; son huile essentielle et son eau distillée entrent dans la composition des potions, etc. La grande quantité d’huile essentielle que contient la cannelle l’a fait rechercher comme aromate et comme condiment.
On trouve encore dans le commerce, sous le nom de cannelle, des écorces dont l’odeur et la saveur se rapprochent de la véritable ; ainsi on appelle C. blanche celle qui est fournie ou par le Drimys aromatique, suivant les uns, ou par le Winteriana cannella. La C. de Cochinchine ou de Malabar est l’écorce du Laurus cassia ; enfin on désigne encore sous le nom de C. girofle'e une écorce qui provient d’une espèce de myrte, le Myrtus caryophyllata, nommé aussi bois de crabe ou Capelet.
GANNELURE (Ghirurgie). — On donne ce nom à une espèce de sillon creusé dans un instrument dans le but de servir de guide à un autre instrument; ainsi on appelle cannelure du cathéter, le sillon qui existe dans la partie convexe de cet instrument et qui sert à guider ceux qu’on veut introduire dans la vessie pour opérer l’extraction de la pierre à travers l’ouverture faite avec l’instrument tranchant.
Ganneluhe (Botanique). — Ge sont des sillons arrondis, plus ou moins profonds qui séparent les côtes longitudinales dont sont pourvues certaines tiges ; dans ce cas on les appelle tiges cannelées.
GANON (Hippologie). — On appelle ainsi chez les bestiaux et chez le cheval l’article des membres qui représente la paume de la main de l’homme, ou la plante du pied. Selon les espèces, on y trouve un ou plusieurs os j)arallèles, entourés des tendons des muscles extenseurs et fléchisseurs. Ges os sont, aux membres antérieurs, les métacarpiens ; aux membres postérieurs, les métatarsiens. Le canon fait suite à V avant-bras ou à la jambe, et précède le paturon, auquel il s’unit par l’articulation nommée boulet. Ses formes et ses dimensions importent pour les aptitudes des races (voyez Hippologie, Races).
Canon (Artillerie). — Un canon est une bouche à feu destinée à lancer des projectiles pleins. Nous ne parlerons que des canons français.
Tout canon se compose de deux parties : la culasse de M en A et le corps de A en D. La culasse comprend le
bouton et le cul-de-lampe. Le corps comprend \q premier renfort de A en B, le deuxième renfort de B en G, la wolée de G en D. Les accessoires sont les anses, les tourillons et le grain de lumière. Toutes les parties de la pièce sont reliées par des moulures. On donne un renfle-
ment à l’extrémité de la volée pour appuyer la ligne de mire. La portion de la pièce qui reçoit la charge se nomme âme.
On distingue les canons en canons de campagne, do siège, de place et de côte, de marine. Dans les pièces à âme lisse le calibre ou nom de la pièce était le poids du projectile en livres. Depuis le commencement du siècle dernier, les calibres ont subi bien des remaniements.
Gonsulter sur ce point les traités spéciaux d’art militaire.
Quant au système actuel, il diffère surtout des précédents par suite de l’adoption générale, en 1858, des canons rayés. Il se compose de six bouches à feu, savoir : un canon de 24 rayé de siège et de place; deux canons de 12 rayé, id.; un canon de 4 rayé de campagne, un canon de 4 rayé de montagne. Dans ce système les pièces sont dénommées par le poids approximatif de leurs projectiles eu kilogrammes ,
Les canons rayés ne diffèrent des anciennes pièces à âme lisse que par les rayures. Celles-ci sont formées par des canaux plus ou moins profonds, creusés sur les parois de l’âme. Toutes les pièces possèdent six rayures égales et également espacées ; la forme de ces rayures est la môme pour tous les calibres, les dimensions seules diffèrent. La courbe suivant laquelle elles sont tracées est une hélice de pas très-allongé, de gauche à droite et de dessus en dessous, pour un observateur placé à la culasse et regardant la bouche du canon. Le pas de l’hélice et la profondeur de la rayure varient avec le calibre ; pour le canon de 4 rayé de campagne, la rayure a à peu près un centimètre de profondeur.
Les projectiles lancés par les canons rayés ont tous la môme forme ; ce sont des projectiRs creux, pouvant être employés comme boulets ou comme obus, et munis d’ailettes de zinc qui s’engagent dans les rayures.
Leur vitesse initiale est bien moins forte que dans les canons lisses, elle ne dépasse pas 300 ou 325™ par seconde; mais, par suite de leur forme, iis subissent une déperdition notablement moindre, et finalement ils portent plus loin et avec pl us dé sûreté (voy. Projectiles, Affût).
Orusier. — Un obusier est une bouche à feu qui lance un projectile creux appelé obus, destiné à agir surtout par son éclatement. La différence essentielle qui existe entre le canon et l’obusier, c’est que, dans le canon, le rayon intérieur est partout le même, tandis que, dans l’obusier, la portion AB qui reçoit la charge est d’un diamètre
Fig. 40G. — Obusier.
plus petit que le diamètre de la pièce. On la nomme chambre.
Les obusiers employés par l’artillerie française ont toujours été désignés par le diamètre extérieur de l’obus. Geux qu’on employait tout récemment étaient :
Les obusiers en bronze de 0“,22, 0“,l(i, 0“, 12;
Les obusiers en fonte de 0“,22 de côté, de 0“,22 de place.
Quand l’obusier est chargé, l’obus a sa fusée (voyez Fcsle) tournée du côté de la bouche de la pièce, sans quoi il courrait le risque d’éclater dans l’âme au moment (lu coup.
Ganon-obüsier. — On a adopté, en 1853, un canon de 12 lançant à la fois des boulets et des obus; comme le diamètre d’un boulet de 12 livres se trouve être de 0“,12, les obus lancés par cette pièce étaient de 0“,12. On l’a appelée canon-obusier de 12.
Gomme mesure transitoire pour les batteries à cheval, on a en môme temps adopté un ancien canon de 8, foré au diamètre 0“,121, et on l’a nommé canon-obusier de 12 léger.
Mortier. — Un mortier lance de gros projectiles creux appelés bombes.
Tout mortier est formé d’une bouche à feu très-courte reposant par deux tourillons sur deux flasques en fonte (voyez Affût) réunis par deux entretoises en boi.s. Une anse faisant corps avec le mortier permet de le séparer des flasques. Tous les mortiers français sont en bronze, excepté le mortier à plaque de 0“,32 de la marine, qui est en fonte.
CAN
CAN
L’artillerie française emploie cinq mortiers qu’on distinsue par le diamètre des bombes qu’ils lancent. Ce sont les mortiers de 0“,27, 0“*,22, 0"\16, 0'",32 en
fonte.
Comme les obusiers, les mortiers ont une chambre, c’est-à-dire que l’âme se rétrécit en une cavité où on met la poudre. Les mortiers de 0“,32, 0”,27, û'",22 qui ont une chambre tronconique sont dits à la Gomer. Ceux qui ont une chambre cylindrique sont dits à la Gribeauval.
MonTiER-ÉPRonvETTE. — Il sert à éprouver la poudre en lançant un globe en fonte. Il est également en fonte et a O”,! 9 de diamètre intérieur.
Canons (Fabrication des). — Le nrétal employé pour les canons est le bronze, alliage fusible de lüO parties de cuivre et 11 parties d’étain, avec une tolérance de I partie d’étain en plus ou en moins. Le bronze est plus tenace et moins dur que le cuivre. Pour prolonger la durée des pièces, on y visse un cylindre en cuivre dans lequel est percée la lumière.
On moule le bronze en terre, en sable, en coquille.
Moulage en terre. — Les canons sont coulés massifs; les mortiers seuls sont coulés à noyau, de manière à être obtenus creux ; leur forage serait trop long et trop pénible. En moulant un canon, les dimensions étant impossibles à obtenir exactement par la coulée, et devant être pourtant réglementaires, on se sert d’un moule plus grand que la pièce, en indiquant à peine les moulures, et l’on dégrossit ensuite jusqu’à la dimension voulue. On a soin de faire en outre un moule beaucoup plus long que ne doit l’être la pièce, et cela pour plusieurs raisons : le métal subit un retrait par le refroidissement ; les crasses viennent nager à la surface ; enfin la densité du métal refroidi ne serait pas assez considérable si une masse de bronze ne pesait pas sur lui pendant son refroidissement. Cette masse additive, qui peut aller en longueur jusqu’à 1 mètre ou 1®,50, se nomme la masselotte.
Le moule est fait en terre argileuse, mélangée de bourre de vache et imbibée de jus de crottin de cheval. La dernière de ces substances donne du liant; la bourre de vache sert à rendre solidaires les diverses couches du moule. Le moule est formé de trois parties réunies ensuite : le moule de la masselotte, celui du corps du canon, celui de la culasse. Pour chacune de ces parties, on construit un modèle, soit en terre, soit en plâtre, en entourant un trousseau conique en bois de paille d’abord, et ensuite de couches successives de terre ou de plâtre. Le trousseau est conique pour qu’on puisse facilement l’enlever après la confection du moule, retirer ensuite la paille et briser le modèle dans l’intérieur du moule.
Pour opérer commodément, on dispose le trousseau sur deux coussinets. Une manivelle permet de lui donner un mouvement de rotation et de faire sécher les diverses couches de terre au fur et à mesure de leur pose, en allumant du feu sous le modèle. Sans cette précaution, le rétrécissement postérieur de la terre détruirait le modèle. Une fois qu’il est achevé, on l’entoure de couches successives de terre, et on le consolide par des frettes et des tringles en fer. Le moule se trouve ainsi formé ; on brise le modèle dont on le débarrasse, puis on le fait cuire entièrement par parties. Le moule de la culasse est placé dans un culot en fer, portant des crochets qui servent à le relier à celui du corps du canon. Les trois moules sont alors transportés dans une fosse profonde, voisine du métal en fusion. On les réunit ensemble en les plaçant verticalement, puis on comble avec de la terre l’espace resté vide autour d’eux. Le bronze est alors amené jusqu’à la masselotte.
Les détails de la fabrication du modèle comportent quelques opérations délicates. On arrive à faire un modèle convenable en approchant un gabarit comportant la dimension voulue et faisant tourner le trousseau. Le moule du corps du canon est le plus difficile et le plus long à cause des anses et des tourillons. Les anses placées à l’aide d’un instrument nommé selle, sur le modèle même, sont en cire ou en plâtre. Si elles sont en cire, une fois le moule fait, on les fait fondre et on vide ainsi la cavité qu’elles remplissent; si elles sont en plâtre, on n’attend pas que le moule soit fini pour les enlever. Dès qu’une /égère couche de 0“,01 ou 0®,02 est appliquée sur elles, on les scie parallèlement à l’axe de la pièce, on retire les deux parties du plâtre ( fig. 40? ) et l’on remet avec soin la calotte de terre à sa place. Pareille opération se fait pour les tourillons. Seulement, il n’est besoin de rien scier; on se contente, dès que les premières couches du moule sont placées sur le modèle, de retirer le tourillon
et de boucher l’ouverture ainsi formée par une plaque circulaire, appelée rondel e de tourillon.
Fig. 407. — Moulage des anses du Canon.
Moulage au sable. — Dans ce moulage, les diverses parties du moule sont faites avec un modèle en cuivre qui sert toujours. Il en résulte une bien plus grande rapidité d’exécution et beaucoup d’économie. Mais il présente plusieurs inconvénients dont voici le principal. Le sable, au moment de la coulée, subit un retrait sensible ; dans les petites cavités qui se produisent alors aux jointures du moule, viennent se loger des parties du métal en fusion, très-riches en étain ; après le refroidissement, l’endroit où les moules s’emboîtent l’un dans l’autre est alors formé d’un métal d’une densité et d’une résistance moindres que le mélange. Néanmoins, ce procédé a bien des avantages sous d’autres rapports ; il peut être perfectionné, et s’il n’a pas encore été adopté, c’est qu’il est toujours à l’étude, et que, de plus, on y réfléchit à deux fois avant de faire de nouvelles éducations d’ouvriers et de s’exposer à des écoles inévitables.
Moulage en coquille. — Il a été employé dans des cas très-pressés; mais il est mauvais et doit être rejeté. Le moule est formé de deux parties obtenues avec deux modèles dont chacun est la moitié de la pièce. Celle-ci est coulée horizontalement; or, d’après ce que nous venons de voir pour le moulage au sable, le môme inconvénient se produit pour celui-ci, avec cette différence que le défaut d’homogénéité et de résistance se produit sur deux génératrices opposées de la bouche à feu et dans toute leur étendue.
La pièce étant séparée de son moule, on en exécute le forage., le tournage et le ciselage, opérations dont le sens est assez clair pour que nous n’insistions pas sur leur utilité. On confectionne le grain de lumière en cuivre et on le visse sur la pièce. Elle est ensuite soumise à des visites répétées, et aux épreuves du tir et de l’eau. Cette dernière consiste à comprimer de l’eau jusqu’à 4 atmosphères dans l’intérieur de la pièce. Ba.
Canons de fusil. — Le canon de fusil est un tube en fer forgé, d’une forme exactement cylindrique à l’intérieur et dont la surface extérieure présente sensiblement la forme d’un tronc de cône, de manière que l’épaisseur vers le fond soit plus grande qu’à l’ouverture. Le vide intérieur s’appelle âme. Vers la partie antérieure du canon ou bouche se trouvent brasés : un guidon qui fournit un des points de la ligne de mire, et un tenon qui sert à fixer la baïonnette ; sur la partie postérieure ou tonnerre est soudée la masselotte, petite pièce en acier naturel trempé très-dur, dans laquelle est percé le canal de la lumière et qui reçoit la cheminée. Le tonnerre est fermé par la culasse, qui porte une vis de droite à gauche, afin que les chocs du chien sur la cheminée placée sur la droite du canon ne puissent la dévisser. La culasse porte la visière., qui fournit le second point de la ligne de mire.
Le plus simple des canons de fusil est formé d’une lame de fer enroulée et soudée suivant une des génératrices du tube. La fabrication des autres canons diffère par quelques détails que nous indiquerons ci-après.
On doit employer dans la fabrication des canons de ïusil du fer fort et doux. On prend une quantité de fer un peu supérieure au poids définitif du canon et on l’étire sous le martinet en maquette, barre mince, d’épaisseur uniforme, qui, vue à plat, présente la forme d’un trapèze très-allongé. La maquette, soumise à un nouvel étirage, fournit la lame à canon, plaque mince en forme de trapèze allongé, présentant plus d’épaisseur à la grande base qui doit former le tonnerre. La lame à canon, chauffée au rouge-cerise, est roulée en la plaçant sur une fourche de manière que la hauteur du trapèze se trouve en porteà-faux; on obtient, en forçant la lame à entrer dans la fourche, une espèce de tube creux, et on en rapproche complètement les bords en les frappant alternativement sur l’enclume. Pour souder le, caiion, on se seçt d’une
CAN
CAN
enclume présentant des cannelures et d’une broche, tige en fer qu'on introduit dans le canon. On ne peut souder plus de ü“,05 à 0“,ü6 en deux chaudes et il en faut une troisième pour parer l’ouvrage ; un canon de fusil d’infanterie de de longueur ne reçoit pas moins de
soixante à quatre-vingts chaudes. En soudant le canon, l’ouvrier a soin de répartir également le métal sur le pourtour. On soude ensuite la masselotte et le canon est prêt pour le forage. Pour forer le canon, on se sert d’un banc de forerie ordinaire ; les forets sont fixes ; les lames ont la forme d’un tronc de pyramide quadrangulaire. On enlève très-peu de métal à la fois pour éviter plus sûrement les défauts de forage ; on emploie de vingt à vingt-deux forets, qui n’agrandissent le rayon de l’âme que de 1 en moyenne. Le travail de la forge et celui du forage ont rendu le fer aigre et cassant ; on est obligé de le recuire recuit de passer au polissage intérieur et extérieur. Le avant donné, il faut dresser le canon, c’est-à-dire faire disparaître les renflements ou les dépressions et les ploiements qui ont pu survenir pendant le travail. On polit ràme et on l’amène au calibre définitif en faisant passer une série de for.ets qui enlèvent environ 0“,001 de métourne ensuite l’extérieur sur un tour ordinaire; et l’on tal. On enlève les irrégularités et les ondes produites par le tour; ce travail s’exécute au moyen d’une meule en grès et prend le nom ^ émoulage. Pour que le canon soit terminé, il ne reste plus qu’à tarauder l’intérieur du tonnerre, y visser la culasse, braser le guidon et le tenon, percer la lumière dans la masselotte et donner à ces pièces leurs formes définitives au moyen de la lime et du burin.
Les considérations théoriques indiquent que la résistance d’un tube à la pression intérieure est la plus faible dans le sens des génératricc*s et la plus forte dans la section droite. Or, d’après la fabrication, les fibres du fer sont dirigées dans le sens des génératrices et la résistance dans ce sens n’est produite que par la cohésion des libres, tandis que dans la section perpendiculaire elle est produite par la résistance à la rupture de tout le faisceau des fibres. Il peut, de plus, arriver que des défauts dans la soudure amènent un affaiblissement dans le sens des génératrices. On a cherché à diriger les fibres du fer et la soudure obliquement aux génératrices, afin de remédier à ces inconvénients, et on a fait les canons tordus, à ruban, a rubans triangulaires.
Canons tordus. — On fabrique un canon ordinaire, mais après chaque soudure, on tord la partie soudée sur elle-même; on arrive ainsi petit à petit à faire faire à peu près vingt tours aux fibres du fer. Les fibres et la soudure sont alors enroulés en hélice.
Canons à ruban. — La torsion qu’on fait subir au fer lui enlève une partie de ses qualités et peut faire changer le sens des fibres ; on a enroulé autour d’un tube en tôle un ruban en fer de 0'",015 à 0“,018 de largeur sur 0“',OOG d’épaisseur au tonnerre, et on l’a soudé suivant l’hélice dont le pasestde0“,018 à0“,020.Letubeentôle disparaît dans le forage. Ces canons sont plus résistants que les canons tordus. On obtient d’excellents canons en formant le ruban de languettes de fer et d’acier superposées.
Canons à rubans triangulaires. — On a obtenu de très-bons canons en employant deux rubans en forme de prismes triangulaires légèrement amincis d’un bout à l’autre ; on enroule un ruban, ce qui donne une vis triangulaire, dans les filets de laquelle on soude l’autre ruban. Le forage et le tournage de ces canons s’efiectuent de la même manière que pour le canon simple. Si l’on trempe un canon à ruban de fer et d’acier dans une liqueur acide, les deux métaux sont diversement attaqués et on obtient des dessins variés ; ces canons s’appellent canons damas ou damassés. M. M.
CANSTADT (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville d’Allemagne, à 1 0 kilomètres de Stuttgard (Wurtemberg). Il y a plusieurs sources d’eaux salines gazeuses chlorurées sadiques, d’une température de 18 à 20“ cent. ; elles contiennent jusqu’à 5‘>’‘',030 de principes fixes par litre, dont le chlorure de sodium et le carbonate de chaux forment la majeure partie; de plus, 0’“,983 de gaz acide carbonique libre. Elles sont fondantes et franchement laxatives.
CANTALOUP (Horticulture). — Variété de Melons.
CANTHARIDES tZoologie médicale), Cantharis., GeoflT., Oliv.; Meloë, Lin.*, Zj/^/«,Fab. — L’étymologie de ce mot n’est pas connue ; seulement on sait qu’il a été employé par Aristote pour désigner un insecte qui a ses ailes dans un étui. — Sous-genre éJ Insectes coléoptères hétéromères, du grand genre Meloë, de Linné, tribu des Cantharidies, famille des Trachélides j caractérisé par un corselet pres-
que ovoïde, un peu allongé et rétréci antérieurement et tronqué postérieurement, la tête un peu plus large que le corselet. Dans le petit nombre d’espèces de ce sousgenre, on remarque particulièrement la C. des boutiques {Meloë vesicatonus, Lin.), nommée aussi C. vésicante^ Mouche d'Espagne, ou simplement Mouche {fig. 408). On la reconnaît à la belle couleur vert doré dont elle brille; ses élytres sont de la longueur du corps, qui est oblong, subcylindrique; ses antennes sont noires et filiformes. Ces insectes paraissent dans nos climats vers le milieu de juin ; ils vivent en grandes familles dans les régions chaudes et tempérées, sur les frênes le plus souvent, ou sur les lilas, les troènes, les saules, les • chèvrefeuilles, et .répandent au loin une odeur particulière, vive et pénétrante, qui affecte désagréablement 1 odorat. C est au Pig. 40g. — Cantharide vési— mois de juin et de juillet qu’on canie. (Long. = on^, ois.}
en fait la récolte, en secouant
les arbres qu’elles habitent. On les fait périr par la vapeur du vinaigre, et, après les avoir séchées au soleil,, on les conserve dans des bocaux de verre ou de faïence exactement fermés. Le corps de la canthaiûde est long de 0”,015 à 0“,020; elle est très-commune en Espagne, en Italie, et môme en France, et, quoiqu’elle ne vive guère que huit ou dix jours, elle mange les feuilles des arbres avec une telle voracité que bientôt on les voit, dépouillés de leur verdure. Leurs larves, qui vivent de racines dans la terre d’où elles ne sortent qu’à l’état parfait, ont le corps mou, d’un blanc jaunâtre ; elles ont six pattes courtes et écailleuses. Une autre espèce, que Fabricius désigne sous le nom de Villata, se trouve aux États-Unis d’Amérique, où on l’emploie aux mêmes usages. Elle se trouve en abondance sur les pommes de terre. L’analyse chimique des canthaijides, ébauchée parThouvenel, faite avec plus d’exactitude par le docteur Beaupoil, a acquis un nouveau degré de perfection dans les mains de Robiquet, qui y a découvert, entre autres éléments, une substance particulière blanche, cristalline, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant, dans l’éther et dans les huiles, et à laquelle on a donné le nom de Cantharidine.
Les cantharides ont été employées en médecine de temps immémorial ; Hippocrate déjà les faisait prendre à l’intérieur. Elles entrent dans la composition d’un grand nombre de préparations externes surtout ; ainsi^ en première ligne, les vésicatoires (voyez ce mot), la pommade épispastique verte, le taffetas vésicant, la teinture alcoolique, le vin de cantharides, Vhuile de cantharides, etc. Quelques-uns de ces médicaments ont été employés à l’intérieur, mais il faut qu’ils soient maniés par des mains habiles, leur usage pouvant déterminer des accidents formidables du côté de la vessie. F — n.
GANTHARIDIES (Zoologie). — C’est la sixième tribu de la famille des Insectes trachélides (voyez Cantharides), qui forme le seul genre Meloë, de Linné. Elle se distingue par les crochets des tarses qui sont profondément divisés et paraissent comme doubles. La tête est généralement grosse, large et arrondie postérieurement. Ces insectes contrefont les morts lorsqu’on les saisit, et plusieurs font alors sortir par les articulations de leurs pattes une liqueur jaunâtre, caustique et d’une odeur pénétrante. Diverses espèces, les Méloés, les Mylabres, les Cantharides, sont employées comme vésicatoires, et quelquefois à l’intérieur comme un puissant stimulant ; mais ce dernier usage est très-dangereux (voyez Meloe).
CANTHÈRE (Zoologie), Cantharus, Cuv. — Genre de Poisso7is acanthoptérygiens, de la famille des Sparo'ides,. distingués par un corps élevé, épais, le museau court, la bouche peu fendue, mâchoires non protractiles, dents en velours ou en cardes serrées. Parmi les espèces qu’on trouve dans la Méditerranée, on peut citer le C. vulgaire {Spa)ms cantharus, Lin.), gris argenté, rayé longitudinalement de brun. C’est le Canthero de Rondelet. Sa chair est peu estimée. Une autre espèce à peu près de môme couleur, connue sous le nom de Brème de mer {S. b7'ama,hm.). Carpe de mer, a une chair blanche et légère.
CANTHUS (Anatomie), du grec kanfhus, le coin de l’œil où se forment les larmes. — On a donné le nom de I CüŸithus aux angles de Cœil ou commissures des pau-
CAO
CAO
mères. Le Petit C. {C. minor) est l’angle externe. L’angle interne, commissure interne ou nasale,, nommé qrand angle de l'ceil^ est le Grand C. {C. majoi ) ; il répond au bord postérieur de l’apophyse montante de
l’os maxillaire. , j
CANULE (Médecine), en latin cannula, diminum de canna, roseau. — Tube plus ou moins cylindrique, ouvert aux deux extrémités, dont on se sert dans un grand nombre d’opérations chirurgicales ; les canules peuvent être en métal, en bois, en cuir, en caoutchouc ; elles peuvent être flexibles , droites , courbes , etc.
GAOUANE (Zoologie). — Espèce du sous-genre des Tortues de mer, du grand genre Tortues, appartenant aux Reptiles chéloniens : c’est la Testudo caretla de Gmelin ; elle a, comme les tortues franches, la carapace recouverte de plaques simplement juxtaposées; sa tête est plus grosse, et sa couleur est brune ou marron fonce ; elle habite la Méditerranée aussi bien que l’océan Atlantique, et n’atteint pas des dimensions aus^i considérables que la tortue franche. Sa longueur est d’environ l“,3ü, et son poids s’élève à 160 ou 200 kil. Elle est très-vorace ; sa nourriture consiste principalement en mollusques ; sa chair est mauvaise, et son écaille peu estimée; mais elle fournit une huile bonne à brûler. i •
CAOUTCHOUC (Chimie et Technologie). — Vulgairement gomme élastique, s’obtient par la dessiccation du suc laiteux qui s’écoule d’incisions faites à divers arbres, tels que le Siphonia cahucha ou Hevea guianensis, la Ficus elasHca, le Cecropia pellata, etc., qui croissent à Java, au Brésil, à la Guyane. D’autres plantes encore peuvent en fournir ; on en trouve même quelques traces dans nos Euphorbiacées indigènes; mais le caoutchouc du commerce provient presque exclusivement du Siphonia cahucha. Il est importé en Europe sous forme de poires lisses ou tatouées de divers dessins, et généralement de couleur brune, quoique, à l’état de pureté, il soit blanc translucide. Pouj* former ces poires, on fabrique d’abord des moules en terre ayant à peu près la forme d’une poire ; quand ils sont secs, on les trempe dans le suc et on les expose au soleil, ou le plus souvent au-dessus d’un feu dont la fumée donne au caoutchouc sa couleur. On applique successivement de la même manière autant de couches qu’il est nécessaire pour atteindre une épaisseur convenable, puis on met la poire dans l’eau. La terre du moule se détrempe et peut être facilement expulsée.
Depuis quelques années cependant on commence à expédier en Europe le suc lui-même renfermé dans des flacons exactement remplis et bien bouchés. Ce suc, tel qu’il nous arrive, est jaune grisâtre pâle ; il offre la consistance delà crème; sa pesanteur est de 1,012. Le caoutchouc s’y trouve en émulsion, c’est-à-dire en petits globules nageant au milieu d’une liqueur d’une autre nature. Quand le suc dans cet état est chauffé jusqu’à 100", l’albumine végétale qu’il contient se coagule en entraînant avec elle le caoutchouc qui vient nager à la surface de la liqueur. L’alcool produit le môme effet. Appliqué en couche mince sur un corps solide, il se coagule encore en une membrane de caoutchouc élastique, de couleur brun jaunâtre, pesant les 0,45 du poids du suc employé. Malheureusement, une fois qu’il est pris en masse, nous ne connaissons aucun moyen économique de le ramener à l’état d’émulsion, ce qui rendrait son emploi plus facile et plus sûr.
Le caoutchouc pur est solide, blanc, translucide. Pour l’obtenir en cet état, on mêle le suc avec 4 fois son vo- ! lume d’eau additionnée d’un peu de sel marin ou d’acide i chlorhydrique, et on l’introduit dans un vase profond percé en son fond d’une ouverture que l’on peut fermer à volonté. Au bout de vingt-quatre heures, le caoutchouc est monté comme une crème à la surface du liquide ; on écoule celui-ci, et on le remplace par de nouvelle eau, en continuant ainsi jusqu’à ce que l’eau ne dissolve plus rien. Il ne reste plus qu’à dessécher la crème obtenue.
Le caoutchouc a une densité égale à 0,926. A une température douce, il est souple et élastique ; ses surfaces exemptes de tout corps étranger et coupées récemment adhèrent et se soudent entre elles dès qu’on les met en contact les unes avec les autres, sous une faible pression. Près de 0" et au-dessous, il subit une contraction notable, devient dur, très-peu adhésif, à peine extensible, et ne reprend ses caractères primitifs qu’à 36° ou 40o.
Le caoutchouc perd beaucoup de sa ténacité et se ramollît lorsqu’il est exposé à la vapeur d’eau bouillante : chauffé de 46° à 120°, il perd sa consistance et ses morceaux deviennent de plus en plus susceptibles de s’agglu-
tiner entre eux ; entre 148 et 156°, il devient visqueux et adhère aux corps durs et secs; vers 200°, il fond en répandant une odeur forte et particulière; entre 200° et 230°, il est huileux et très-brun, et conserve cet état pendant plusieurs années après le refroidissement. Une température plus élevée, à l’abri du contact de l’air, le décompose et donne lieu à la formation de plusieurs carbures d’hydrogène; l’un d’eux, Vhevéène (G'’®H*‘0), bout à 360°; un autre bout vers 170°; c’est la caout chine (G-OH'6). Ce dernier est, pour le caoutchouc lui-même, un des meilleurs dissolvants connus. 11 présente ce caractère, de former, comme l’essence de térébenthine, avec laquelle il est d’ailleurs isomérique, une combinaison avec l’acide chlorhydrique, une espèce de camphre artificiel. Au contact de l’air, le caoutchouc prend feu et brûle avec une flamme lumineuse et enfumée.
En examinant au microscope des lamelles très-minces de caoutchouc, on y observe des pores très-multipliés, irrég’ulièrement arrondis, communiquant entre eux, qui se dilatent par l’absorption des liquides qui sont d’ailleurs sans pouvoir dissolvant sur cette substance. C’est ce qui explique la facile perméabilité du caoutchouc par des liquides sans action chimique sur lui.
Le caoutchouc est complètement insoluble dans l’eau et l’alcool; il l’est très-peu dans les huiles grasses. Plusieurs carbures d’hydrogène liquides obtenus par la distillation du goudron de houille, l’essence de térébenthine parfaitement anhydre, et la benzine en particulier, le sulflire de carbone et l’éther, le gonflent et le dissolvent en partie. Son meilleur dissolvant, question de prix à part, serait l’huile volatile obtenue de sa distillation ; celui que l’on emploie dans l’industrie est un mélange de 6 à 8 parties d’alcool anhydre avec 100 parties de sulfure de carbone.
L’action partielle des dissolvants montre que le caoutchouc du commerce n’est pas formé d’une substance unique ; en effet, M. Payen l’a trouvé composé : 1° d’un caoutchouc facilement soluble, ductile, adhésif ; 2° d’une matière tenace, élastique, dilatable, peu soluble ; 3° de matières grasses; 4° d’une essence; 6° d’une substance colorante ; G° de matières grasses ; 7° d’une quantité d’eau qui peut s’élever à 20 p. 100. Pur, il est formé par la combinaison de 8 proportions de carbone avec 7 proportions d’hydrogène ; sa formule chimique est donc CHV.
L’acide chlorhydrique, tous les acides faibles, la plupart des gaz et les solutions alcalines n’exercent aucune action appréciable sur le caoutchouc ; le chlore, liquide ou gazeux, l’attaque à peine ; mais l’acide sulfurique et l’acide nitrique concentrés l’altèrent rapidement, surtout quand ils sont mélangés en proportions égales.
Le soufre se combine directement avec le caoutchouc, pourvu que la température soit de 140 à 100° ; cette combinaison a môme lieu à froid, à l’aide de dissolvants spéciaux. Suivant les conditions de l’expérience, le produit obtenu est sec, dur, fragile, ou, au contraire, d’une souplesse et d’une élasticité que les différentes températures ne changeront plus désormais. Dans ce dernier cas, il porte le nom de caoutchouc volcanisé.
Usages. — Les usages du caoutchouc sont très-nombreux et- se multiplient chaque jour : on emploie le caoutchouc ordinaire à effacer les traces de crayon et à adoucir le papier; il entre dans la composition de quelques vernis, de colles, de mastics, après avoir été fondu et uni soit à la chaux, soit au minium ; il entre en particulier dans la composition de la colle navale ou glu marine, employée au calfatage des bâtiments, et dans les constructions marines. On en fabrique des étoffes douées d’une élasticité très-grande, des instruments de chirurgie, tels que sondes, canules, bouts de sein, etc. Son inaltérabilité en présence de la plupart des réactifs chimiques, son élasticité, sa souplesse, l’ont rendu précieux et même indispensable dans les laboratoires ; on en fait des tubes imperméables aux gaz et qui servent surtout à relier les tubes en verre dans les analyses; dans ce cas, le caoutchouc ordinaire a été remplacé par le caoutchouc volcanisé qui conserve mieux ses propriétés ; mais ce dernier a l’inconvénient que, bien qu’inodore par lui-même, il acquiert, par sou contact avec la peau, une odeur prononcée d’acide sulfhydrique, tenant à ce que la sueur réagit sur le soufre qu’il contient ; aussi la plupart des nombreux appareils chirurgicaux confectionnés avec cette substance sont-ils en caoutchouc naturel. Au contraire, dans les cas où l’élasticité du caoutchouc, jointe à sa faible densité, en fait le principal mérite, comme dans les élastiques, les ressorts et tous les tissus dans la compo-
CAO
CAO :
sition desquels entre le caoutchouc fdé ^ c’est le caoutchouc volcanisé qu’on préfère.
Depuis quelques années on emploie le caoutchouc durci parla pression à la confection de cylindres pour la filature du lin. En l’unissant à la magnésie, au brai soc et au soufre, on lui donne assez de dureté pour qu on ait pu remployer avec avantage à la fabrication de peignes, de tabatières, de boîtes, et môme d’objets d’ameublcn)ont, comme tables, secrétaires, commodes, etc.; c’est ce qu’on appelle le caoutchouc durci. Mais une des applications, Jusqu’à présent la plus importante peut-être, est celle qu’on fait de cette substance à la fabrication de chaussures ou vêtements imperméables.
Les tissus imperméables sont simples ou doubles.
Les tissus simples se préparent en enduisant l’étoffe d’une couche de caoutchouc liquide ou, mieux, dissous dans un mélange de sulfure de carbone et d’alcool, et laissant sécher. Les tissus doubles sont plus difficiles à préparer. îl paraîtrait que M. Besson fabriquait de ces tissus dès 17'J3; M. Champion s’en occupa également en 1811 ; mais cette industrie était restée à l’état d’essai en France jusqu’au moment où MM. Rattier et Guibal, en important d’Angleterre le procédé de M. Mackintosb, de Glasgow, dont ils s’étaient rendus acquéreurs, lui eurent fait subir de grandes améliorations. Ces habiles fabricants emploient l’enduit de caoutchouc à l’état pâteux, afin qu’il ne puisse pas traverser l’étoffe et en salir l’extérieur; un cylindre règle l’épaisseur de la couche, et aussitôt que celle-ci a été appliquée, une seconde étoffe est appliquée dessus, et un second cylindre compresseur l’y fait adhérer, tout en égalisant encore la couche de caoutchouc dont l’excédant s’écoule par les bords du tissu. Une dessiccation lente et un apprêt convenable terminent la préparation de ces étoiles, que l’on emploie à la fabrication de paletots, de manteaux, de matelas ou coussins que l’on gonfle en y insufflant de l’air.
Le grand inconvénient de ces étoffes imperméables, employées comme vêtement, c’est qu’en préservant de la pluie elles arrêtent la circulation de l’air autour du corps, et empêchent ainsi l’écoulement des vapeurs fournies par la transpiration cutanée; aussi voit-on, dès que le temps est un peu froid, ces vapeurs se condenser sur la surface interne du vêtement qui se mouille rapidement. Cette humidité, d’une part, et de l’autre l’obstacle à la transpiration cutanée, sont deux inconvénients trèsgraves, et le caoutchouc n’a pas encore donné la véritable solution du problème de la fabrication de tissus imperméables. Cette solution ne sera réellement trouvée que lorsqu’on sera parvenu à faire des étoffes qui, comme le duvet de cygne, de canard ou d’oie, soient à la fois imperméables à'l’eau et perméables à l’air.
Caoutchouc volcanisé. — Caoutchouc combiné avec une petite quantité de soufre qui augmente son élasticité et surtout lui donne la propriété de conserver cette élasticité par le froid et la chaleur.
MM. Hancock, de Birmingham, inventeur du procédé, et son associé Broding, volcanisent le caoutchouc à chaud, soit en immergeant des feuilles pendant dix à quinze minutes dans du soufre fondu à 120°, soit en le triturant à chaud avec lO à 12 p. lOO de soufre, ou avec 7 p. 100 de soufre auquel on a ajouté 5 p. 100 de carbonate de plomb.
M. Parkes, de Birmingham, a imaginé un autre procédé à peu près généralement suivi aujourd’hui, et qui a l’énorme avantage de pouvoir s’appliquer à des objets tout confectionnés et de ne pas leur donner d’odeur désagréable. Les objets en caoutchouc sont plongés dans une liqueur formée par un mélange de 25 parties de chlorure de soufre liquide avec l 000 parties de sulfure de carbone. Au bout d’une minute, ces objets sont retirés, séchés dans une étuve à 22 ou 25° traversée par un courant d’air. Dès qu’ils sont secs, ils sont plongés de nouveau dans la liqueur où ils restent une minute et demie, séchés à l’étuve, puis lavés dans une dissolution alcaline, et enfin à l’eau pure. La durée de l’immersion varie du reste un peu avec l’épaisseur des objets; mais elle doit être toujours très-courte, car si le caoutchouc prenait plus de 15 p. lOO de son poids de soufre, il deviendrait dur et cassant.
Caoutchouc en feuilles. — L’industrie fait une grande consommation de caoutchouc en feuilles, et, comme cette substance est toujours d’un prix assez élevé, que l’on doit par conséquent pouvoir l’utiliser sans perte, M. Nickel aimaginéen 1837 de la traiterdela n.anièresuivante.
Les poires livrées par le commerce, ainsi que les déchets et rognures, sont d’abord ramollis à l’eau bouillante dans une chaudière chauffée à la vapeur; elles sont
ensuite laminées entre deux cylindres constamment chauffés par un filet d’eau chaude, qui, on maintenant la mollesse du caoutchouc, rendent le laminage plus facile; après trois ou quatre laminages successifs, le caoutchouc a pris la forme de longues plaques feutrées, que 1 on fait dessécher à une douce température. Lorsque les plaques sont sèches, on on introduit 25 kil. dans un pétrin en fer, très-solide, et on les pétrit énergiquement pendant trois heures, de manière à en former une pâte molle, homogène, que l’on introduit immédiatement dans un moule en fonte, à parois très-épaisses, où on la soumet à la pression d’une presse hydraulique très-puissante. On obtient ainsi un gâteau dur, compacte, que l’on découpe en lames au moyen d’un couteau bien tranchant, constamment mouillé d’un filet d’eau et animé d’un mouvement de va-et-vient très-rapide, à la manière des scies des scieries, mécaniques.
Caoutchouc fdé. — C’est à Vienne que l’on a, dit-on, fabriqué pour la première fois des tissus avec du caoutchouc. Cette substance était découpée à la main et chaque ouvrier pouvait produire en une journée de travail de 90 à 100 mètres d’un fil irrégulier et d’un prix trèsélevé, dont les usages étaient conséquemment très-bornés.
Ce n’est que depuis l’importation de cette industrie on France et les perfectionnements qu'elle reçut particulièrement de MM. Rattier et Guibal, qu’elle a acquis le développement qu’on lui voit aujourd’hui.
Pour filer le caoutchouc, on coupe en deux parties égales une poire dont on a enlevé le goulot, on ramollit ces deux parties en les plongeant dans de l’eau bouillante, et on les soumet à une très-forte pression, de manière à les transformer en disques suffisamment résistants. Chaque disque est monté sur un axe en fer qui lui imprime un double mouvement de rotation lente sur lui-même, et de transport encore plus lent dans son propre plan.
La machine qui produit ce double mouvement porte un arbre horizontal, sur lequel est montée la lame d’un couteau circulaire qui plonge constamment dans de l’eau froide en même temps qu’elle tourne sur elle-même avec une très-grande rapidité. Chaque rondelle de caoutchouc est découpée par cette machine en un ruban mince, dont la largeur est égale à l’épaisseur du disque et dont 1 épaisseur est réglée par la quantité dont le disque avance parallèlement à lui-mômé à chacune de ses révolutions. Chaque ruban est ensuite découpé en lanières uniformes sur une autre machine formée par deux axes horizontaux, dont les mouvements de rotation sont dépendants l’un de l’autre et qui portejit un égal nombre de couteaux circulaires faisant fonction de cisailles circulaires. L'écartement des couteaux montés sur un môme arbre règle la largeur des lanières.
Une fois amené dans cet état, le caoutchouc est introduit dans de l’eau chaude qui le ramollit, puis étiré au quintuple ou au décuple par la traction d’un dévidoir sur lequel il s’enroule. Le dévidoir ainsi chargé de fil est introduit dans une chambre dont la température est maintenue aussi basse que possible. Au bout de quelques jours de cette exposition au froid, le fil a perdu son élasticité ; il peut être dévidé sans reprendre sa longueur première et soumis aux opérations du tissage; puis quand le tissage est opéré, en passant sur le tissu un fer chauffé à un degré convenable, le caoutchouc reprend son élasticité et sa longueur primitive, et le tissu se rétracte d’autant.
Le filage du caoutchouc peut encore s’opérer d’une autie manière fondée sur une propriété de cette substance découverte par M. Gérard. On prépare une pâte de caoutchouc en employant le sulfure de carbone mêlé avec 5 p. 100 d’alcool ordinaire : celui-ci contient de l’eau ([ui s’oppose à une véritable dissolution. Le caoutchouc ramolli par cette liqueur se malaxe et peut être passé facilement à la filière. On obtient ainsi des fils d’undiamè- ' tre encore trop fort ; mais si on les allonge au sextuple et qu’on les soumette à une température, de lOO», ils conservent cette longueur qui vient de leur être donnée, ‘ et peuvent supporter de nouveau un pareil étirage. En ' réitérant l’opération un nombre de fois convenable, on parvient à donner aux fils un degré de finesse extrême.
Les fils de caoutchouc sont ordinairement entourés i d’une gaîne en coton ou en soie au moyen d’un métier à f lacets, et servent immédiatement dans cet état pour colliers ou bracelets, ou bien sont tissés aux métiers ordi- i naires ; depuis quelque temps, cependant, on supprime | cette enveloppe et on emploie, au moyen du métier à la Jacquart, le caoutchouc filé nu, en ayant soin que l’étoffe, C de coton, fil ou soie, le recouvre complètement. /
GAP
GAP
Mastic au caoutchouc. — L’invention du mastic au caoutchouc est due à M. Maissiat ; il le prépare en mélangeant du caoutchouc fondu à 210" avec de la chaux éteinte, en quantité égale à la moitié du poids du caoutchouc ou égale à ce poids, suivant que le mastic doit être plus ou moins mou, tout en restant ductile. Si l’on voulait ■quelemastic séchât à l’extérieur, on mélangerait deux parties de caoutchouc avec une de chaux et une de minium.
Le caoutchouc n’est connu en Europe que depuis un siècle environ ; un nommé Fresneau en fit la découverte •à Cayenne, mais les Indiens savaient fabriquer avec lui de véritables tissus imperméables. La première description scientifique qui nous parvint du caoutchouc est due à La Condamine, en 1751. M. D.
CAPACITÉ. — Se dit, en géométrie, du volume d’un corps ; mais on emploie plus communément ce mot pour ■désigner le volume intérieur d’un vase. C’est en ce sens •que l’on appelle mesures de capacité, le litre et ses dérivés, le stère ou mètre cube et ses dérivés qui servent d’unités pour la mesure des volumes.
En chimie, la capacité de saturation d’un acide se mesure par la quantité pondérale d’oxygène contenue dans la portion de base qui sature 100 parties en poids de l’acide. Ainsi 100 grammes d’acide sulfurique supposé anhydre , exigent pour être saturés une quantité de potasse, de soude, d’oxyde de fer, etc., telle qu’il y entre 20 grammes d’oxygène ; 20 est donc la r.apacité de saturation de l’acide sulfurique. De même, celle de l’acide azotique, également supposé anhydre, sera 14,8 ; celle de l’acide carbonique, 30,36... La connaissance de cette capacité est souvent invoquée et utilisée dans la pratique (voyez Acides, Sels).
En physique, la capacité calorifique éé an corps a pour mesure la quantité de chaleur qui est absorbée par i kil. de ce corps, lorsque sa température monte de 1». Cette quantité de chaleur elle-même s’appelle chaleur spécifique (voyez ce mot). Ces deux expressions, chaleur spécifique et capacité calorifique, sont souvent prises l’une pour l’autre.
CAPELET (Vétérinaire), du latin caput, tête, petite tête. — On donne ce nom à une tumeur qui se développe sur la pointe du jarret du cheval ; elle peut être le résultat de chocs, de frottements contre des parties dures, ou de la fatigue, de l’usure par suite de travaux prématurés; dans ce dernier cas, le capelet est souvent incurable. Quoi qu’il en soit, c’est une tumeur arrondie, plus ou moins volumineuse, molle, sans fluctuation, indolente, le plus souvent sans boiterie, et qui peut exister sur un seul jarret, ou sur les deux. Le traitement consiste d’abord dans l’emploi des émollients, puis des résolutifs, des astringents ; s’il devient chronique, les vésicatoires, les pommades mercurielles, iodurées, etc.; enfin, le feu, mais avec beaucoup de prudence, à cause de la dépréciation qui peut en résulter. Cette maladie passe pour difficile à guérir.
CAPELINE (Médecine), du latin caput, tête. — Espèce de bandage dont le but est de coiffer une partie du corps comme un bonnet coiffe la tête. On distingue la C. des amputations, qu’on emploie à la suite des amputations du bras, de l’avant-bras, de la cuisse et de la jambe ; la C. de la clavicule, qu’on a surtout conseillée dans les fractures de l’apophyse acromion (voyez ce mot) et de l’épine de l’omoplate; enfin, Ja C. de la tête ou bonnet d’Hippocrate, employée autrefois dans les plaies du crâne, et surtout pour rapprocher les sutures écartées ; il se fait avec une bande roulée à deux globes inégaux; on applique le milieu sur le front, et, au moyen des croisés et des renversés, ou recouvre entièrement la tête du malade.
CAPENDU, Court-pendu, Reinette des Belges (Horticulture). — Variété de Pomme à laquelle on a aussi donné le nom de Bardin ; c’est un fruit de grosseur moyenne, gris rougeâtre d’un côté, assez chargé de vermillon de l’autre; la chair en est très-fine, et l’eau trèsdouce et fort agréable ; elle se mange de décembre à la fin de février; plus tard, lorsqu’elle est ridée, elle devient insipide. Son nom lui vient de ce qu’elle a la queue grosse et courte. Le pommier qui la produit se nomme le fenouillet rouge. Pline désigne déjà cette variété sous le nom de Malam curtipendutum.
CAPILLAIRE (Réseau), Capillaires (Vaisseaux) (Anatomie, Physiologie). — Entre les dernières ramifications des artères dans chaque partie du corps et les origines des veines qui en remportent le sang, le système circulatoire est continué par une quantité de vaisseaux excessivementfins, visibles seulement à la loupe ou au microscope,
et qui établissent la communication entre les artères et les veines ce sont les vaisseaux capillaires. C’est dans leurs tubes si déliés et si ténus, que le sang éprouve les phénomènes physiologiques et chimiques qui changent sa co*
Fig. 409. — Un reseau capillaire grossi environ 230 lois en diamètre (1).
loration. Les vaisseaux capillaires, placés entre les extrémités de l’artère pulmonaire et les origines des veines pulmonaires, forment le réseau capillaire respiratoire où, par la respiration, le sang noir se change en sang rouge. Les vaisseaux capillaires répandus dans tous nos organes entre les derniers rameaux des branches do l’aorte, et les premières racines destinées à former les veines caves, constituent le réseau capillaire nutritif; c’est là qu’en nourrissant nos organes le sang rouge devient sang noir. La figure 409 montre un point de ce dernier réseau observé au microscope pendant la vie, dans la membrane qui unit les doigts de la patte postérieure d’une grenouille. Les globules que l’on voit dans l’intérieur des vaisseaux sont les corpuscules organisés que contient le sang et que l’on nomme globules du sang ; leur mouvement même permet de suivre le courant du sang dans les vaisseaux. Pour donner une idée juste de leur calibre, je dirai que les plus fins vaisseaux de notre figure n’ont guère dans la nature que 0““,015 de largeur. On voit en A le rameau artériel qui amène le sang ; en V est la racine veineuse qui le remporte ajDrè^ qu’il a traversé le réseau.
Capillaire (Botanique), de capillus, cheveu. — Nom vulgaire d’une espèce de Fougère, qui est VAdiante cheveu de Vénus [Adianthum capillus Veneris, Lin.), ainsi nommée parce que ses tiges et ses feuilles sont très-fines et simulent, jusqu’à un certain point, des cheveux. Pline prétend qu’on la désignait ainsi parce qu’on l’avait reconnue propre à faire croître et à embellir la chevelure. Cette espèce est aussi communément appelée Capillaire de Montpellier. C’est une plante qui habite les endroits couverts et humides de l’Europe méridionale et du nord de l’Afrique. Ses feuilles sont longues de 0“,25 à bipinnées, glabres, d’un beau vert, et exhalant un léger arôme dont on a tiré parti en médecine. Beaucoup trop vanté autrefois, il ne faut pourtant pas le regarder comme tout à fait inerte; le C. de Canada {A. pedatum. Lin.), jouit des mêmes propriétés. Actuellement encore on les emploie, soit en infusion , soit en sirop, pour faciliter l’expectoration dans de légères affections de poitrine. Ils forment la base du sirop de capillaire souvent prescrit dans les bronchites légères.
On donne souvent le nom de Capillaire à d’autres espèces de Fougères, telles que le C. commun noir [A. nigrum. Lin.), et le C. blanc du polytric [Asplénium trichomanes. Lin.).
Les organes des plantes fins comme des cheveux sont dits capillaires.
CAPILLAIRES (Physique), du X^imcapillus, cheveu.— Se dit des tubes d’un très-petit calibre intérieur, comme ceux que l’on emploie à la confection des thermomètres ; se dit aussi des phénomènes auxquels les divers liquides donnent lieu dans ces tubes.
Si nous plongeons un tube capillaire dans de l’eau, nous verrons celle-ci s’élever dans l’intérieur du tube,
(i) Portion très-grossie du réseau sanguin capillaire de la membrane interdigitale d’une grenouille. — A, dernier ramuscule artériel. — V, premier ramusaule veineux né des vaisseaux capillaires. — c, c, rameaux de communication avec les autres vaisseaux capillaires.
CAP
CAP
notablement au-dessus de son niveau extérieur; nous aurons un phénomène capillaire. On appelle capillarité la force qui le produit.
Par extension, on donne le nom de phénomènes capillaires à des faits auxquels sont étrangers les tubes étroits, mais qui se rattachent cependant à la môme cause, la capillarité.
Voici les lois auxquelles sont soumis les phénomènes capillaires :
l'’ Quand un tube est plongé dans un liquide qui le mouille, ce liquide est soulevé dans le tube et sa surface terminale y est concave.
Quand le liquide ne mouille pas le tube, ainsi que le fait le mercure, il est au contraire déprimé, et sa surface terminale est convexe.
De même, si un liquide est renfermé dans un système de vases communiquants dont l’une des branches soit capillaire, suivant que le tube sera mouillé ou non, le liquide s’élèvera ou se déprimera par rapport à son niveau naturel. C’est ce qu’on voit dans la figure 410 : le tube ABC contient de l’eau et le tube A'B'C' du mercure.
3" La hauteur à laquelle un liquide est soulevé dans un tube dont il a mouillé les parois est indépendante de la nature de ces parois ; la couche excessivement mince qu’il forme à la surface, constitue le véritable tube capillaire qui produit l’ascension du liquide. Il n’en est plus Fig 410. Ascensionnel dépression ^iiisi quand les parois ne sont
pas mouillées.
4° La hauteur de la colonne soulevée ou déprimée est d’autant plus grande que le tube est plus étroit, et lorsque le diamètre de celui-ci ne dépasse pas0"*,002 ou 0“,003, on peut admettre que la hauteur du liquide intérieur au-dessus ou au-dessous de son niveau extérieur est en raison inverse de ce diamètre.
6® Il n’existe aucun rapport entre les densités des liquides et les grandeurs des phénomènes capillaires qu’ils produisent.
G® Cependant, quand il s’agit d’un môme liquide dont la température change, on voit la hauteur de la colonne diminuer à mesure que la température s’élève et que le liquide se dilate, et cette hauteur varier à peu près dans le môme rapport que la densité.
7® En chauffant convenablement un liquide, on peut changer son ascension en une dépression dans un môme tube.
8° Les ascensions ou les dépressions capillaires se produisent aussi bien entre des lames rapprochées, parallèles ou inclinées l’une sur l’autre, que dans l’intérieur des tubes cylindriques.
9® Toutes les fois qu’un liquide touche à un corps solide, sa surface s’infléchit vers le corps et y prend une forme concave ou convexe; elle n’est plane qu’à partir d’une certaine distance du corps. Si deux corps sont éloignés l’un de l’autre d’une quantité moindre que le double de cette distance, les deux courbures se joignent, se prolongent mutuellement en une courbe continue, et les phénomènes capillaires apparaissent.
10® La courbure de la surface d’up liquide dans le voisinage d’un corps solide est due à l’intervention de deux forces : d’une part, l’attraction du solide sur le liquide ;■ de l’autre, l’attraction du liquide sur lui-môme. C’est ensuite la courbure de la surface qui détermine l’ascension ou la Répression du liquide dans les espaces capillaires. A l’époque où Pascal rédigea son Traité sur l'équilibre des liqueurs., il ignorait encore l’existence des phénomènes capillaires, et cependant c’est à peu près vers cette époque qu’ils furent, pour la première fois, soumis à des observations régulières par Rho, Bonelli, Fabri, Sturmius..., et par les académiciens de Florence. Ce fut Newton qui, le premier, les rattacha à l’attraction de la matière sur la matière, à l’aide de laquelle il avait expliqué les lois du système du monde. Ce n’est, toutefois, qu’en 1808 que la théorie de ces phénomènes fut réellement établie par Laplace dans deux suppléments au X® livre de son Traité de la mécanique céleste.
Nous réunissons ici quelques nombres qui pourront donner une idée de l’étendue des phénomènes capillaireso