‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 157 sur 385 · G ER · texte numérisé non relu

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CÉR

dans le sens littéral fontaine de cire^ ou dans le sens usité lustre. Psom donné suivant les uns, à cause des rameaux penchés et redressés à leur extrémité, où ils portent des bouquets de fleurs ressemblant très-bien à un lustre, et suivant les autres, il résulte d’une allusion faite à la couronne staminale divisée en lO et 15 lobes. — Genre de plantes de la famille des Asclépiadées., tribu des Pergulariées. 11 comprend des plantes de l’Inde et de l’Afrique. Leurs tiges sont ordinairement grimpantes. On cultive à peu près une douzaine d’espèces de ce genre dans les serres chaudes.

CÉROPHORE ( Zoologie ) , du grec ke'ras, corne, et phot^os, porteur. — De Blainville, a établi sous ce nom une tribu de Mammifères ruminants'^ ceux à cornes creuses. (Antilopes, Chèvres, Moutons, Bœufs.)

GÉROXYLE (Botanique), CeroxylumdAwcM. etBonph, du grec héros., cire, et xulon., bois; bois qui donne de la cire. — Genre de la famille des Palmiers., tribu des Arécinées, réparti aujourd’hui dans le geurulriartea (à Jean Iriarte, botaniste espagnol) de Ruiz et Pavon. Le C. des Andes [C. andicola., Humb. etBonph; Iriartea andicola, Spreng.) est un arbre dont on a vu des individus atteindre 00 mètres de hauteur. Il croît au Pérou, dans les Andes de Quindin, où il habite jusqu’à près de 3000 mètres audessus de l’Océan. Son tronc est sensiblement plus épais vers le haut ; ses feuilles , ordinairement recouvertes d’une poussière argentée, sont formées d’un grand nombre de divisions linéaires, coriaces, plissées. Ses spadices sont pendants, à fleurs hermaphrodites en haut, et souvent accompagnés de fleurs mâles ; les femelles sont en bas. Le fruit de ce végétal est une baie globuleuse qui se colore de violet à sa maturité. Le céroxyle des Andes est non-seulement un des plus majestueux de la famille, mais encore il donne un intéressant produit. La surface de son tronc est recouverte dans toute son étendue d’une couche de cire mêlée de résine, qui lui donne, dit-on, l’apparence d’une colonne de marbre. Cette cire est employée à faire des bougies, et se vend dans le pays où elle provient à raison de 30 centimes le kil. Un pied peut donner 12 kil. de cette matière. Le bois et les feuilles de cet arbre, comme ceux de tous les palmiers, servent aussi à

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CERTHIADÉES (Zoologie). — Famille d'Oiseaux qui répond au genre des Grimpereaux de Cuvier.

CÉRUMEN (Anatomie), du grec héros., cire. — Humeur particulière fournie par les follicules qui garnissent les parois du conduit auditit externe, et qui sert à lubrifier la peau qui le tapisse et à entretenir sa souplesse. Elle est visqueuse, jaunâtre, d’une saveur amère, d’une odeur assez forte ; l’alcool et l’éther la dissolvent en partie. Cette humeur, qui coule liquide des follicules qui la produisent, s’épaissit à l’air et devient assez semblable à de la cire molle, d’où vient son nom. Lorsqu’on la laisse s’accumuler, elle finit par prendre une consistance telle qu’elle forme quelquefois un bouchon très-dur, qui intercepte les sons et détermine une surdité plus ou moins complète. Lorsque cet accident arrive, il faut ramollir ce bouchon au moyen des injections tièdes, tenir pendant quelques jours dans l’oreille un bourdonnet imbibé d’huile, et enfin enlever cette masse de cérumen avec une petite curette ou un fort cure-oreille.

CÉRUSE (Chimie), Wanc de plomb, blanc de Krems, blanc d’argent, carbonate de plomb. — Substance blanche, friable ou pulvérulente, dont la peinture fait annuellement une immense consommation. Elle est formée par la combinaison de l’acide carbonique avec l’oxyde de plomb; sa formule chimique est (PbO,GO^) quand elle est pure, mais elle contient toujours un excès d’oxyde de plomb hydraté, de sorte qu’on peut la considérer comme un carbonate basique.

Le carbonate de plomb est décomposé par la chaleur à l’abri du contact de l’air en acide carbonique et protoxyde de plorlb ou litharge; mais quand l’air intervient, il donne du minium de très-belle qualité, appelé mine orange. Comme tous les sels de plomb, l’acide sulfhydrique le noircit en le transformant en sulfure de plomb. C’est la principale cause qui fait noircir par le temps la plupart des peintures, la céruse étant employée comme excipient de presque toutes les couleurs.

Le carbonate de plomb est complètement insoluble dans l’eau pure et très-peu soluble dans l’eau chargée d’acide carbonique ; quand il est pur, il est entièrement soluble avec efiervescencedans l’acide nitrique ou l’acide acétique [vinaigre). Mais dans le commerce il est souvent fraudé avec des substances d’un prix moins élevé, telles que le sulfate de baryte, le sulfate de plomb, le

sulfate de chaux ou plâtre. Comme ces substances sont insolubles dans le vinaigre, la fraude est facile à constater ; il n’en est plus tout à fait ainsi lorsque la fabrication est opérée avec de la craie ou carbonate de chaux, qui est également soluble dans cet acide. Il convient alors de traiter la dissolution par un excès d’acide suifhydrique; tout le plomb se précipite à l’état de sulfure, tandis que la craie, s’il y en a, reste dans la liqueur; il suffit alors d’y verser un peu d’oxalate d’ammoniaque pour voir apparaître un précipité blanc d’oxalate de chaux.

La céruse était connue des anciens qui s’en servaient dans la peinture à l’huile, dans la médecine, et même comme objet de toilette, en guise de fard. Sa préparation, retrouvée ou conservée par les Arabes, fut importée d’abord à Venise, puis à Krems en Autriche, puis en Hollande, qui pendant longtemps garda le privilège de fournir presque exclusivement le commerce de cette substance ; mais depuis le commencement de ce siècle, un grand nombre de fabriques de céruse se sont élevées successivement dans les divers pays de l’Europe. Deux procédés principaux ont été mis en pratique dans la fabrication de ce produit, le procédé hollandais et le procédé de Glichy, le premier beaucoup plus généralement employé que le second.

Procédé hollandais. — Dans une fosse en maçonnerie, de 4 mètres de large sur 4 de long et 6 de haut, et ayant par conséquent 90 mètres cubes de capacité, on étend sur le sol une couche de fumier ou de tannée de 0‘“,40 d’épaisseur. Sur cette couche, on place à côté les uns des autres 1 200 pots renfermant chacun un demi-litre de vinaigre; on place dans chaque pot une feuille de plomb roulée sur elle-même et supportée par deux mentonnets au-dessus de la surface du vinaigre ; chaque pot est en outre recouvert par une feuille de plomb.

Sur cette rangée de pots, on établit parallèlement entre elles des traverses de bois de 0“,12 d’équarrissage, que l’on recouvre de planches sur lesquelles on construit une couche semblable à la première, et on continue ainsi jusqu’à ce que la fosse soit remplie. On la ferme alors avec une couche de fumier ou de tannée, et on l’abandonne à elle-même pendant un mois, si on a fait usage de fumier, un mois et demi si on a employé de la tannée of tan épuisé provenant des tanneries. La réaction qui se produit alors est assez complexe. Les couches entrent bientôt en fermentation et leur température s’élève à 35 ou 40®, ce qui donne liou dans toute la masse à un courant d’air que l’on favorise au moyen de quelques ouvertures pratiquées au bas de la fosse. Sous l’influence de cet air et des vapeurs d’acide acétique fournies par les pots, le plomb s’oxyde et se combine avec l’acide pour former un acétate basique. Mais la fermentation des couches donne en même temps lieu à un dégagement d’acide carbonique. Ce gaz arrivant au contact de l’acétate de plomb, le décompose pour produire du carbonate de plomb. L’intervention de ces trois substances, air, acide acétique, acide carbonique, est indispensable au succès de l’opération.

Lorsque l’action des couches est épuisée, on vide la fosse pour la reconstruire. Les lames de plomb en sortent recouvertes d’une épaisse couche de carbonate de plomb, qu’on en détache en les déroulant et pliant en divers sens, opération appelée épluchage, ce qui détache la céruse en lamelles, puis soumettant les lames épluchées au décapage. Cette dernière opération, des plus dangereuses pour les ouvriers quand elle est faite à la main, s’effectue généralement par des procédés mécaniques. Les lames de plomb à décaper sont apportées près de la machine; un ouvrier les prend une à une et les pose doucement sur une toile sans fin mobile, qui les amène à la tête d’un plan incliné sur lequel elles glissent entre deux paires de cylindres cannelés longitudinalement, puis dans l’intérieur d’un crible cylindrique incliné, et de là sur une seconde toile mobile, où un second ouvrier les vient prendre. Sous l’influence des deux paires de cylindres, la céruse est détachée des lames de plomb, tombe dans un chariot placé dans une chambre fermée par une double porte. Tout le mécanisme est contenu dans des compartiments exactement fermés, que l’on n’ouvre que lorsque la poussière est suffisamment abattue, pour qu’elle ne puisse pénétrer dans les voies respiratoires.

La céruse ainsi obtenue doit subir une première pulvérisation à sec, généralement opérée sous des meules verticales en pierre, tournant dans des auges à fond horizontal ; de là elle passe dans un second crible métallique, à mailles très-fines, qui en sépare les parcelles de

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