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CER
est à peu près sûr de le trouver pour le lancer. Lorsqu’on est convenu de l’instant du lancer, qui se fait à l’aide de limiers ; avec de bons chiens dressés à cet usage, on lasse le cerf en ne lui laissant ni repos ni trêve, jus- {]u’à ce qu’il tombe enfin de lassitude ; il est alors aux abois et on le tue à coups de fusil. Après sa mort, on on fait la curée, puis on le dépouille de sa peau à laquelle on laisse tenir la tête; cette dépouille se nomme la nappe; on découpe ensuite le cerf. La pièce d’honneur est le pied droit de devant, qu’on présente au maître de la chasse aussitôt que l’animal a été tué. Les différents actes de la chasse, depuis le lancer du cerf, sont accompagnés des fanfares des cors, qui annoncent successivement les phases de ce drame pendant lequel l’animation des chasseurs, des chevaux et des chiens va. toujours croissant jusqu’au moment où la victime est à bas.
2" Le C. du CanoÂo. {C. canadensis, Gm.) ressemble au nôtre, mais il est plus grand. 3° 'L'Axis, C, tacheté de rinde{C. axis, Lin.), est fauve en tout temps, tacheté de blanc pur; queue fauve; bois ronds, devenant très-grands avec l’âge, ne portant jamais qu’un andouiller vers la base et la pointe fourchue. On le trouve au Bengale ; il se propage très-bien dans nos pays. Les axis vivent en grandes troupes sur les rives du Gange, d’où ils ont pris le nom de Cerf du Gange; ils sont d’un naturel doux et leur odorat est très-subtil. Ils étaient connus des anciens sous le môme nom à' Axis. 4® Le C. cochon (C. porcinus, Lin.) habite l’Inde, le Bengale; il est de couleur fauve semée de taches blanches : il n’a pas plus de 1"*,10 de long’ ses jambes sont courtes et grosses comme celles du cochon, d’où iui vient son nom; ses pieds et ses sabots très-petits. Son bois n’a guère que 0™,35; il est grêle, bifurqué à son extrémité, un petit andouiller à sa base. On ne sait rien sur les habitudes naturelles de cette c.spèce. 5° Le Chevreuil {C. capreolus, Lin.) (voyez Chevuklil, Vénerie).
Il existe un assez grand nombre de cerfs fossiles; Cuvier en cite sept espèces, parmi lesquelles une des plus remarquables est le C. megaceros (à grandes cornes) ou serf à bois gigantesque de Cuvier, dont les bois ne mesuraient pas moins de trois mètres d’envergure, les perches de ces bois étaient palmées et dirigées horizontalement vers leur extrémité. On en a trouvé dans les tourbières en Irlande, et même, suivant Cuvier, des fragments dans la forêt de Bondy; le Daim fossile d’Abbeville, trouvé près de cette ville ; le Renne d’Etampes; le Chevreuil fossile d’Orléans ;\e, Chevreuil de la Soinme, ont fourni différents débris qui sont, en général, des bois et quelques ossements.
CERFEUIL (Botanique), de chœrophyllum, du grec chaïro,]Q me réjouis, et phullon, feuille, c’est-à-dire feuille dont l’odeur est agréable. — Nous réunissons sous ce nom vulgaire les deux genres Anthriscus, Hoffm., et Chærophyllum, Hoffm., appartenant à la famille des Ombellifères, tribu des Scandicinées, et se distinguant, l’un par ses carpelles rétrécis au sommet en un bec et présentant 5 côtes primaires, apparentes seulement dans la partie supérieure du carpelle, et l’autre par ses carpelles non rétrécis en bec, à 5 côtes primaires obtuses, prolongées jusqu’à la base du carpelle. Le C. cultivé {Anthriscus eere/b/fwm, Hoffm. ; Scandix cerefolium,Lh\. \ Chœrophyllum sativum, Lamk ; C. cere folium, Crantz, etc.) est une herbe annuelle que les anciens paraissent avoir connue dans leur économie domestique. On connaît son odeur aromatique et sa saveur agréable qui nous fait employer tous les jours cette espèce comme assaisonnement. Le cerfeuil cultivé possède des propriétés diurétiques, incisives et résolutives ; on l’emploie en pharmacie pour faire des sucs d’herbe. L’extrait qu’on en obtient entre dansla tisane dite royale (tisane purgative). Suivant différents médecins, il résout les engorgements laiteux. Dans ces derniers temps, la culture maraîchère s’est occupée de propager leC. bulbeux pour ses racines comestibles. Cette espèce, qui est le Chœrophyllum bulbosum de Linné, et le Scandix bulbosa de Roth, est une espèce bisannuelle, à racine turbinée et à tige poilue à la base. Les segments de ses feuilles sont divisés en lanières linéaires. Cette plante est depuis longtemps cultivée en Allemagne, où elle croît môme spontanément. Les racines atteignent par la culture la grosseur d’un œuf de poule et pèsent jusqu’à 30 grammes. Elles donnent un excellent légume, très-nutritif, exhalant une délicieuse odeur de vanille qui le fait distinguer de tous les autres et en fait un mets très-délicat. Le cerfeuil bulbeux a, de plus, l’avantage d’arriver précisément à l’époque où les provisions de pommes de terre s’épuisent et où les chaleurs de l’été
diminuent la production et la qualité des légumes verts. L’amidon qu’on extrait de sa racine est de bonne qualité.
On trouve aux environs de Paris le C. sauvage {Anthriscus sylvestris , Hoffm.; Chœrophyllum sylvestre. Lin.), et le C. enivrant (C. iemulum. Lin.) qui passe pour vénéneux. G — s.
CERF-VOLANT (Zoologie). — Insecte (voyez Lucane).
CÉRINTHE (Botanique). — Voyez Mélinet.
CERISE (Vétérinaire). — On appelle ainsi des excroissances charnues qu’on rencontre surtout dans les plaies des animaux. On les observe dans la sole du cheval après les enclouures, dans les cas de carie ou de nécrose de l’os du pied. On est obligé quelquefois de les exciser (voyez Encloüüre, Fourrure).
CERISE (Botanique). — Fruit du cerisier.
CERISIER (Botanique), Cerasus, de Juss. — Sousgenre du genre Prunier {Prunus, Lin.), famille des Bosacées, tribu des Amygdalées. Caractérisé par des feuilles pliées en long avant leur épanouissement, fleurs pédonculées, tantôt solitaires ou en fascicules, ombelliformes ; tantôt en corymbes ou en grappes ; pétales blancs ; drupe glabre; noyau à peine caréné sur son bord dorsal, le ventral caréné et longé par deux petites côtes. Les cerisiers sont des arbres de grandeur moyenne, qui ont les plus grands rapports avec les pruniers et les abricotiers. On dit (Pline), que cet arbre fut rapporté à Rome, l’an 680 de sa fondation, par Lucullus qui l’avait trouvé à Cérasonte, ville du Pont, pendant la guerre où il vainquit Mithridate ; mais il est plus que probable qu’avant cette époque on voyait croître dans les forêts de la Gaule et de la Germanie plusieurs sortes de merisiers; par la culture, elles ont dû produire à la longue un ! grand nombre des variétés de cerises qui enrichissent maintenant nos vergers. La cerise est un des fruits les meilleurs et les plus utiles ; sa venue précoce, au mo- j
ment où les jardins et les vergers ne nous ont encore ]
rien donné, en augmente beaucoup le prix ; aussi la consommation en est-elle considérable à l’état frais. On | la conserve encore sous forme de confitures, dans l’eau- ^ de-vie; on en fait des liqueurs, telles que le marasquin, j le kirschen-wasser, etc. Les cerisiers cultivés aujour- |
d’hui peuvent se rapporter, suivant M. Du Breuil, à j
deux variétés : 1° le Cerisier proprement dit {Prwius cera- j sus. Lin.), Cerisier de Cérasonte; 2® le Merisier {Prunus 'f avium. Lin.; Cerasus avium,ÙQ Cand.), originaire d’Eu- i rope. Le premier a donné, parla culture, toutes les va- i riétés à fruits plus ou moins acides, à chair n:*île, à |
fruits sphériques, et connues sous le nom de Cerises à 1
Paris, et sous celui de Griottes dans le Midi ; le second | a produit les variétés connues sous le nom de Guignes à Paris, et de Cerises dans le Midi, puis les Bigarreaux ;
{fig. 477 ). Enfin, le croisement de ces deux variétés a donné |
lieu à une troisième série de sous-variétés fruits doux, i de forme un peu moins sphérique, à chair plus ferme que J celle de ces dernières, mais moins compacte que celle f des guignes : telle est la Belle de Choisy {fig. 476). Voici, j selon M. Du Breuil, quelques-unes des meilleures variétés I de ces divers groupes ; 1® Angleterre hâtive, fin de mai, |
CER
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îuin; fruit moyen, très-fertile. 2® Montmorency àlongue queue, juin; fruit moyen, fertile. 3® Belle de Choisy, doucette,, cerise ambrée [fig. 476), juin; fruit d’un rouge tendre, couleur de rose, fondant, sucré, presque pas du tout acide, très-délicat ; les oiseaux en sont très-friands. L’arbre est sujet à fort peu rapporter. 4° La üoya/e, Cherry-Buck, fin de juin; fruits gros, peau d’un beau rouge brun, chair rouge, un peu ferme, eau trèsdouce ; c’est la cerise anglaise. 6® La Griotte de Portugal., Royale de Hollande, commencement de juillet; fruit gros, peau cassante, rouge brun, chair ferme, eau abondante, noyau petit, pointu à son sommet; à confire. G® La Reine Hortense, Belle suprême. Cerise d’Aremberg, commencement de juillet; fruit gros , obtenue en Belgique en 1821, introduite en France en 1830. 7° Montmorency courte queue, gros gobet, juillet; fruit gros, queue courte, grosse, d’un beau rouge vif, peu foncé , chair délicate, eau abondante, agréable, peu acide. 8° Le Bigarreau de mai. Bigarreau rouge hâtif {fig. 477); fruits tout à fait en cœur, un peu comprimés, marqués d’un sillon longitudinal sur une de leurs faces, chair ferme, cassante, très-adhérente à la peau, qui est d’un beau rouge du côté du soleil, marbrée de rouge et de blanc du côté opposé : donne beaucoup. 9® La Grosse merise noire, à longue queue, peau fine, luisante, chair tendre, d’un rouge foncé, douce, sucrée. C’est le produit de la culture du merisier âes bois. C’est avec ce fruit qu’on fait le ratafia de cerises et le kirschen-wasser (voyez Merisier).
Le cerisier s’accommode des divers climats de la France; il redoute les terrains humides et argileux, les terres légères et un peu calcaires lui conviennent. On le reproduit par greffes sur le merisier, sur le prunier de Sainte-Lucie ou mahaleb, et le cerisier franc. Le merisier est le plus vigoureux. Le Sainte-Lucie l’est moins, mais il est plus rustique ; le cerisier franc tient le milieu : il est assez rarement employé. On greffe à œil dormant vers la fin d’août, et au printemps en couronnes, ou en fente
Fig. — Cerise -Bigarreau rouge hâtif.
anglaise, les sujets qui n’ont pas réussi. Les cerisiers se cultivent dans les jardkis fruitiers ou dans les vergers. Dans le premier cas, on peut leur donner les formes en vase, en cône, en espalier, etc. Dans les vergers, ils reçoivent les soins qu’on donne généralement aux arbres fruitiers. Le bois du cerisier est naturellement roussâtre; il est très-employé en ébénisterie, surtout le merisier dont le bois est plus dur et plus serré.
Cerisier du Canada (Botanique), Cerasus canadensis. Mus. — Ragouminier néga ou Minel du Canada ; arbrisseau qui s’élève rarement au-dessus de 1“,30 ; fleurs petites, portées par des pédoncules longs et minces; fruits ressemblant à ceux dn petit cerisier sauvage; saveur amère. Mûrissant en juillet. Arbrisseau à fleurs et d’ornement. Il croît naturellement au Canada.
Cerisier de la Caroline (Botanique), Cerasus caroliniana, Mich. — Arbre en forme de pyramide, feuilles toujours vertes, luisantes, fleurs en grappes axillaires, fruits ronds qui restent sur l’arbre pendant tout l’hiver.
(.ERisiER TOUJOURS FLEURI (Botanique), Cerasus semper florens, de Cand. — Cerisier de la Saint-Martin ; fleurs naissant sur les pousses de l’année, blanches, solitaires
dans les aisselles des fleurs. Les premières paraissent en juin et se succèdent pendant tout l’été.
Cerisier a grappes (Botanique), Cerasus padus, de Cand. — Vulgairement Merisier à grappes, Putief, Faux Sainte-Lucie, à fleurs blanches, en petites grappes serrées aux côtés et à l’extrémité, des branches ; fruit rond^ petit, amer. Son bois est prisé peur l’ébénisterie.
Cerisier laurier-cerise (Botanique). — Voyez Lauriercerise.
Cerisier luisant (Botanique), Cerasus chamœcerasus. Lin. — Arbrisseau très-touffu, s’élevant à un peu plus de 1“,60; fleurs blanches, assez petites, fruits d’un rouge vif, très-acides. Très-propre à former par la greffe des cerisiers nains.
Cerisier Mahaleb, Sainte-Lucie (Botanique), Cerasus Mahaleb, Mill. — Il s’élève à 6 mètres et plus; fleurs blanches disposées, au nombre de six ou huit ensemble, en petites grappes ; fruits moitié d’une cerise ordinaire, noirâtres, très-amers. Cet arbre est très-commun dans les Vosges, aux environs de Sainte-Lucie, d’où il a reçu son nom ; se plante en bosquets. Il sert aussi très-bien pour greffer les cerisiers ; son bois est roussâtre, assez dur, susceptible de prendre un beau poli ; il a une odeur agréable. Il ne faut pas le confondre avec le bois de palissandre, qui nous vient de Sainte-Lucie, et auquel on a quelquefois donné ce nom (voyez Palissandre).
Cerisier de Portugal (Botanique), Cerasus lusitanica, Lois., Âzarero. — Il nous vient du Portugal; grand arbrisseau toujours vert ; fleurs blanches disposées en épis longs et serrés ; fruits ovales, d’un rouge foncé, presque noirs.
Cerisier de Virginie (Botanique), Cerasus virginiana, Mich. — Arbre de 8 à 10 mètres, qui conserve longtemps sa verdure en automne ; ses fleurs sont blanches et ses fruits, assez gros, sont noirs lorsqu’ils sont mûrs ; les oiseaux les mangent. On le cultive en pleine terre en France pour l’ornement. Son bois rougeâtre, veiné de noir et de blanc, est très-odorant; il prend un beau poli.
CÊRITE (Minéralogie). — Voy. Cérium.
CÉBITHE (Zoolog.), CenWMm, Fab. — Genre de il/o/lusques gastéropodes pectinihr anches , famille des Bucci- 7ioïdes, démembré des Murex de Linné, caractérisé par une coquille univalve, à spire turriculée, à tours de spire nombreux, l’ouverture ovale et un canal court. Les ani» maux portent un voile sur la tête, le pied très-court, uw opercule corné. La C. moluccanum de Renieri est une coquille de 0“,065 de long, dont la spire, composée de treize tours , est couverte de stries transversales; c’est une espèce européenne; on la trouve dans l’Adriatique.
Il existe un grand nombre de cérithes fossiles, parmi lesquelles une des plus remarquables est la C. gigantesque {C. gigas, Lamk) ; coquille turriculée, très-longue, de trente à trente-cinq tours; ouverture oblongue et un peu oblique- (^^. 478). Elle porte deux plis à la columelle; cette espèce est remarquable pour sa taille et par le saut brusque de sa grandeur au-dessus des autres espèces de son genre. Elle a jusqu’à 0“,60 de long. On la trouve à Hauteville (Manche), à Grignon et à Courtagnon (Seine-et-Oise) , et dans toutes les couches du calcaire coquillier des environs de Paris. Il y en a tellement à Hauteville, que dans quelques endroits on en ferre, les chemins.
CÉRIUM (Chimie), de cérite, nom du minéral dans lequel il a été découvert. — Métal simple, que l’on rencontre dans quelques minéraux très-rares de Suède et de Sibérie (la cérite , V allanite , Vorthite, la gadolinite, etc.) à l’état de silicate, de carbonate ou de fluorure. C’est unmétal rare, peu connu, sans importance, découvert enl803, à peu près simultanément par Klaproth, Hisinger etBerzelius.
CÉROÈNE, CÉRouÈNE, CiROUÈNE (Matière médicale), du latin cera, cire. — C’est le nom d’un emplâtre regardé comme résolutil et fortifiant, dont la composition est due aux religieuses du couvent des Miraniiones de Paris. Les substances qui le constituent sont : poix de Bourgogne, 360; poix noire, 90; cire jaune, 120; suif de mouton, 40; bol d’Arménie, 100; myrrhe en poudre, 20; encens pulvérisé, 20 ; minium, 20. On étend sur une toile.
CÉROPÉGIE (Botanique), Ceropegia, Lin., du grec kéros, cire, et pêghê, fontaine, source ; ce qui signifie
Fig. 478.— Cérithe
géant (long. 0m,50).